🌹 Prise de parole de Boris Vallaud - 81e Congrès du Parti socialiste
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
M. [Musique] Mes chers camarades, cher Mathieu, merci de ton accueil ici à Nancy. Commençons, si vous le voulez bien, par un aveu, un aveu un peu gourmand, un aveu un peu fier.
Ce congrès a été un très beau congrès et je voudrais commencer par vous remercier, vous militantes, vous militants sincère, dévoué, engagé, courageux, indulgent parfois avec beaucoup d'entre nous. Je voudrais vous remercier pour l'accueil toujours bienveillant que vous nous avez réservé partout en France, dans vos fédérations, dans vos sections et vous êtes définitivement le meilleur de notre parti. Et je veux dire merci au vieux grognards là depuis toujours comme aux jeunes socialistes qui ne manquent jamais d'énergie pour nous rappeler à notre devoir de socialiste.
Mais je voudrais aussi en confidence vous faire un petit aveu. Je me suis beaucoup amusé. Je me suis beaucoup amusé à débattre, à convaincre, à créer le Nouveau Populaire ou l'académie Léon Bloom.
Je me suis beaucoup plu à vous écouter quand vous aviez des choses à nous dire et si vous m'y autorisez, j'aurai un mot tout particulier pour celles et ceux des militants qui m'ont accompagné dans ce congrès. Des militants libres, désintéressés, enthousiastes, créatifs, récréatif parfois. Merci pour votre enthousiasme, merci pour votre fraternité, merci pour vos sourires, merci pour nous fourires.
Et j'ose le dire, cette campagne n'a pas été seulement une campagne de camarades, ça a été à bien des égards une campagne de copains. Je voudrais aussi féliciter celles et ceux qui ont porté des contributions générales et fait vivre le débat démocratique dans notre parti. Mesurons le privilège qui est le nôtre.
Je voudrais tout particulièrement féliciter et saluer Olivier Fort, notre premier secrétaire. Je voudrais le féliciter pour sa réélection et féliciter aussi Nicolas Meerosignol pour la belle campagne qu'il a mené partout en France et nous nous sommes souvent retrouvés ensemble à débattre dans un climat apaisé et respectueux. Je veux les en remercier et l'un et l'autre.
C'était je crois à notre honneur collectif. Mes chers camarades, je suis venu avec dans mes bagages les paysans tourmentés de ma petite Chalosse avec les ouvriers d'Arcelor rencontrés à Dinkerk qui ont tout donné à leur entreprise et l'entreprise veut tout leur reprendre. Je suis venu avec les aides soignantes des épades de Gironde, le cœur généreux et les bras fatigués.
Je suis venu avec tous ces français modestes au prise avec des services publics chamboulés par l'austérité. Je suis venu dans mes bagages avec ces hommes et ces femmes qui n'ont que leur force de travail pour vivre et qui n'en vivent pas toujours. Je suis venu avec celles et ceux pour lesquels le socialisme a été inventé. ces hommes et ces femmes qui subissent les duretés, l'histoire avec sa grande hache.
Je suis venu avec leur peur, avec leur colère, avec leurs espoirs, avec leur joie aussi. Ce congrès, mes camarades, beaucoup d'entre vous l'ont dit, et pour eux, nous avons besoin de ce retour aux choses humaines sans lesquelles la politique manque de sincérité. Nous avons besoin d'un socialisme et d'un parti socialiste encré dans la vie.
Mais je suis aussi venu avec un rappel à l'ordre, celui qu'ils nous ont adressé un soir de juillet 2024 dans ma circonscription, celle du grand Henri Emmanuel comme dans beaucoup d'autres. Ce sont ces électeurs qui pour plus d'un sur deux dans ma circonscription ont trouvé plus utile à leur vie de glisser un bulletin Jordan Bardella que Boris Valot. comme partout ont trouvé plus utile de glisser un butin rassemblement national plutôt que Parti socialiste.
Mes camarades, la démocratie que l'on pensait menacé à ses marges est désormais menacé en son cœur. Et voilà que tout ce que nous avons construit de grand depuis 200 ans, le plus souvent sans l'extrême droite et même contre l'extrême droite est menacé d'être emporté. Car oui, l'extrême droite a désarmé l'organisation politique et la force sociale pour l'emporter.
Nous devons avoir pour obsession pour obsession obsédente l'objectif de battre le Rassemblement national au premier tour des élections présidentielles. Alors, je le dis aussi avec netteté, voilà pourquoi l'union l'Union des socialistes est nécessaire à l'Union de la gauche de Gluxman à Ruffin. Et je veux en son cœur un nom qui soit socialiste.
À nous de le faire émerger. À nous de le porter haut jusqu'à la victoire. Voilà pourquoi l'Union des socialistes dans l'Union de la gauche est nécessaire à la République, est nécessaire à la démocratie, est nécessaire aux françaises et aux Français.
Nous nous tenons ici à Nancy dans ce 81e congrès du Parti socialiste, non par tradition, non par habitude, mais parce que chacun le comprend, le temps l'exige. Chers camarades, j'ai souhaité, vous le savez, dans ce congrès, qu'il soit un congrès de réconciliation et d'idées. Certains dans un haussement d'épaule ont vu une forme de naïveté.
Je leur dis avec Bloom, j'y crois parce que je l'espère. Et je plaide invariablement et ici encore devant vous cher Olivier, cher Nicolas, votre responsabilité est immense pour cette unité des socialistes. Et à vous, militants, je dis que c'est dans un même souffle et d'une même voie que vous devez réclamer l'unité, l'unité, l'unité comme avant nous le grand Jores, comme avant nous le grand Bloom, comme avant nous le grand François Mitteran.
Nous ne demandons pas l'unité par conforme et par nécessité. Non pour nous rassembler dans le silence, mais pour marcher ensemble vers la clarté. Car il faut à nouveau faire de nos mots des armes, de nos idées des phares, de notre unité un front.
Et je sais trop ce que la division nous coûte. Quand nous parlons d'unité, nous ne parlons pas de discipline vide. ou de silence convenu.
Nous parlons d'une éclaire, pas qui éteint, d'une unité qui élève, pas qui écrase. Une unité forgée non pas dans la peur du conflit, mais dans l'amour du débat et de la vérité. Car une idée vraie n'a jamais peur des voix sincères.
Notre camp, celui des socialistes, n'a jamais été celui des résignés. Nous sommes ceux qui croient qu'il n'y a pas de libération sans conscience, qu'il n'y a pas de fraternité sans combat, pas de victoire sans pensée. Et c'est cette pensée que nous avons à bâtir, ce fit rouge qui relie nos combats, ce socle que nul vent ne renverse.
C'est cela que nous appelons que j'ai appelé dans ce congrès l'unité dans les idées. Mes chers camarades, dans cette campagne, j'ai proposé au socialistes orphelin d'une idée neuve et juste. Une idée bien imparfaite, sans doute, mais que je crois tranchante, celle de la démarchandisation.
Une aspiration profonde qui emporte l'adhésion populaire par la simplicité de son évidence. Un mot fort pour un parti de combat, pour se rassembler, pour rassembler les hommes et les femmes pour lesquelles nous avons choisi de nous engager. Nous le constatons toutes et tous avec lucidité, la brutale accélération du capitalisme et de ses échecs monstrueux.
Il ne s'agit plus simplement d'accumulation de richesse, mais d'appropriation systématique, d'accaparement mécanique, de prédation sans limite. Tout est devenue marché qui resserre son étreinte sur nos vies et souvent sur la vie des plus pauvres et des plus modestes d'entre nous. La naissance, la vieillesse, la mort, tout est bon à vendre.
L'eau, la terre, nos biens communs abandonnés à la spéculation. l'éducation, la santé, la culture, le sport, nos services publics livrés à la propriété privée. Nous avons aussi proposé des outils pour travailler ensemble nos idées, pour concevoir un grand projet ancré dans la vie, pour former et informer nos militants. chez l'Amie Bloom, c'est le Nouveau populaire et je souhaite qu'il soit demain l'outil de tous les socialistes partout en France dans tous nos territoires pour que nous puissions reprendre l'initiative et l'offensive face à cette extrême droite.
Mettons mes camarades imagination au pouvoir. Renouons avec la geste de la rupture. Réconcilions comme je comme je reste avant nous le rêve et l'action.
Mes camarades, il est des soirs où le peuple doute, où le vent tourne sans direction, où les boussoles s'affolent. Il est des heures grises où les mots perdent leur poids, où la lutte semble dispersée sans port, sans rivage, où le spectacle formidable de l'injustice semble décourager la justice elle-même. Dans ces moments-là et ce congrès s'y prête, il faut se souvenir de qui nous sommes.
Un feu qui couve, une vérité qui veille, une promesse que l'histoire n'a pas oubliée. À ceux qui pensent avec Bernanos que le démon de nos cœurs s'appelle à quoi bon, nous disons que nous sommes le camp de ceux qui ne renoncent jamais, qui ne cèdent jamais à la fatalité, pas plus qu'à la festilité. Nous sommes les héritiers que ce qui de ceux qui faceent à l'injustice, n'ont jamais baissé la tête mais toujours tendu le point.
Nous sommes cette multitude que l'on croit divisé mais que l'idée réunit inlassablement dans un seul souffle, une seule marche, une seule espérance. Mes chers camarades, le moment est venu après Marseille, funeste congrès de donner à ce congrès de Nancy son nom dans l'histoire et il ne tient qu'à nous que ce congrès soit celui de la réconciliation, de l'unité, de la conquête. Mes chers camarades, divisés nous ne sommes rien.
Unis, soyons tout. Vive le socialisme ! Vive le Parti socialiste !
Vive la France ! Vive la République ! [Applaudissements]
Boris Vallaud