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InterviewPublic Sénat (sur YouTube)· 8 octobre 2026 24 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheTravail & emploiÉconomie & entreprisesSécurité

Ian Brossat : « On a à faire à des gouvernements qui sont incapables de dialoguer avec les gens »

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:05OuverteÉludée

    Est-ce que l'allocution de Sébastien Lecornu a été utile selon vous ?

  • 0:44OuverteRéponse directe

    À qui s'adresse Sébastien Lecornu selon vous ?

  • 1:24OuverteRéponse directe

    La colère multiforme est-elle liée aux insuffisances gouvernementales ?

  • 2:05OuverteRéponse directe

    Quelle est l'origine du mécontentement selon vous ?

  • 2:46RelanceRéponse directe

    Que pensez-vous des propos de Lecornu sur les forces de l'ordre ?

  • 3:29OuverteRéponse partielle

    Le problème vient-il des casseurs ou de la doctrine du maintien de l'ordre ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:24Locuteur 1Chiffre
    « Quand vous avez, au cours de l'année scolaire 2024-2025, 15 millions d'heures non remplacées avec des professeurs qui ne sont pas là et qui n'ont pas de remplaçant en face, ça fait des situations dramatiques. »
  • 3:29Locuteur 1Fait
    « On n'a pas à lancer des grenades sur des enfants. On n'a pas à faire usage de LBD devant des enfants. »
  • 5:21Locuteur 1Fait
    « Soit le Premier ministre n'est pas obéi par son ministre de l'Intérieur et c'est très inquiétant, soit le Premier ministre ment. »
  • 5:57Locuteur 1Fait
    « Il doit démissionner, parce que c'est honteux d'avoir des situations comme celle-là dans un pays comme le nôtre. »
  • 6:29Locuteur 1Fait
    « On a affaire à un gouvernement qui, depuis 10 ans maintenant, des gouvernements successifs sous la présidence d'Emmanuel Macron, qui ne sont pas capables de dialoguer avec les gens qui se mobilisent. »
  • 7:08Locuteur 1Fait
    « La réforme a été passée par 49-3. »
  • 7:43Locuteur 1Chiffre
    « Il est prévu très précisément 1 588 postes de professeurs en moins, notamment dans le secondaire. »
  • 10:14Locuteur 1Chiffre
    « 25 milliards d'euros pour la rénovation des collèges et des lycées. »
  • 14:30Locuteur 2Chiffre
    « Notre engagement est de ramener le déficit public à 5 % en 2027. »
  • 15:14Locuteur 1Fait
    « Il va diminuer dans ce budget si sa copie était retenue la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises. »
  • 16:23Locuteur 1Fait
    « On va leur baisser leur niveau d'imposition. »
  • 18:21Locuteur 1Chiffre
    « En 2021, ça avait coûté 70 milliards quand on a aidé les Français face à la crise énergétique. »
  • 18:56Locuteur 1Chiffre
    « Vous ne pouvez pas d'un côté continuer à verser 211 milliards d'euros d'aides publiques aux entreprises. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:05

Yann Brossat, vous êtes sénateur de Paris, porte-parole du Parti communiste et du candidat Fabien Roussel, qui est votre candidat à la présidentielle. Et face à la colère lycéenne, à l'augmentation des prix de l'énergie, aux inquiétudes du monde agricole, Sébastien Lecornu a donc tenté de rassurer et d'apporter des réponses. Vous allez le voir, Sébastien Lecornu qui fait la une ce matin de la plupart de vos quotidiens régionaux. Et on va revenir sur cette allocution. Yann Brossat, d'abord question un peu large. Est-ce qu'elle a été utile selon vous cette allocution Non, je pense que ce n'est pas une réponse que Sébastien Lecornu apporte. C'est une fin de non-recevoir. Moi, je me suis demandé pourquoi est-ce qu'il a décidé de prendre la parole et en réalité à qui est-ce qu'il s'adresse ?

0:44

Il ne s'adresse pas aux lycéens. Il ne leur a rien proposé. Il ne s'adresse pas aux parents. Il ne leur a rien promis. Et donc en réalité, mon sentiment, c'est qu'il s'adresse au marché et il dit au marché dans la période de crise financière que nous traversons. Rassurez-vous, je ne lâcherai rien à la population qui se mobilisait donc oui je trouve ça très inquiétant et en tout cas ça n'est pas à même à mon avis de calmer la colère qui s'exprime depuis maintenant plusieurs semaines on va revenir en détail sur ces propos mais faire une allocution sur les lycéens sur la colère du monde agricole, sur la hausse des prix du carburant, sur le maintien de l'ordre également on va en parler. Est-ce que finalement ça ne renforce pas malgré lui la convergence des luttes ? Si, assurément.

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En tout cas il y a une colère multiforme qui s'exprime dans notre pays, qui est directement lié aux insuffisances de la politique gouvernementale, à la fois sur les enjeux du pouvoir d'achat avec l'envolée du prix des carburants, sur la question de l'éducation avec la mobilisation lycéenne qui pointe du doigt un certain nombre de dysfonctionnements majeurs. Quand vous avez, au cours de l'année scolaire 2024-2025, 15 millions d'heures non remplacées avec des professeurs qui ne sont pas là et qui n'ont pas de remplaçant en face, ça fait des situations dramatiques et des lycéens qui se mobilisent en masse. Et donc oui, d'une certaine manière, le Premier ministre est contraint de constater que le pays va très mal. Ce qu'il oublie, c'est que ce qui est à l L'origine

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de ce mécontentement, c'est la politique gouvernementale et qu'elle doit être revue de A à Z. Sébastien Lecornu qui a débuté son intervention en parlant des violences et de la question du maintien de l'ordre. On va l'écouter. Contrairement à ce que certains racontent et répètent les forces de l'ordre non pas pour instruction d'affronter les lycéens leur mission est de protéger les biens mais surtout les personnes de faire respecter la loi et de permettre l'accès aux établissements scolaires. Elles doivent agir pour cela de manière proportionnée, dans un contexte souvent très difficile, il faut le reconnaître et je veux leur redire notre soutien. Mais lorsqu'un jeune est gravement blessé, les enquêtes doivent d'en établir

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les circonstances en toute transparence, comme pour toute atteinte aux personnes. Je l'ai rappelé hier à l'Assemblée nationale, le respect de l'État droit s'impose à chacun. Dontacte, qu'est-ce que vous avez pensé en entendant ça ? D'abord il y a des mots qui contredisent Sébastien Lecornu. Lorsque le ministre de l'Intérieur dit explicitement qu'il ne recommande aucune retenue aux forces de l l'ordre, dans le maintien de l'ordre dans le cadre de ces manifestations, c'est contradictoire avec ce que dit Sébastien Lecornu. Lorsque des enfants se retrouvent avec une main arrachée, avec un oeil en moins, avec une mâchoire cassée, tout ça ne va pas dans le sens de ce que dit Sébastien Lecornu. Et donc oui, je pense que la question de la doctrine du maintien de l'ordre doit se poser.

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Il n'est pas acceptable que dans notre pays qui s'enorgueille d'être le pays des droits de l'homme, on ait des événements comme ceux qui se produisent, je le redis, ce sont des enfants. On n'a pas à lancer des grenades sur des enfants. On n'a pas à faire usage de LBD devant des enfants. C'est exactement ce qui s'est produit. Tout ça a d'ailleurs suscité une grande émotion. Est-ce que le problème, Yann Brossa, c'est qu'à cette mobilisation lycéenne viennent se greffer des casseurs ? Est-ce que ce n'est pas ça aussi qui rend compliquée la doctrine du maintiennement ? – Bien sûr, et pour ce qui me concerne, je condamne toutes les violences, mais je condamne aussi les violences policières. Parce que quand on est policier, quand on porte l'uniforme, on représente l'État.

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Et donc, on doit faire preuve d'une forme d'exemplarité. Par ailleurs, oui, la question du maintien de l'ordre, elle doit se poser quand on voit, par exemple, que les Grenades, nous sommes l'un des seuls pays de l'Union européenne à les utiliser. Et d'ailleurs, le ministre de l'Intérieur a fini par reconnaître qu'il y avait un problème puisqu'il a annoncé hier chez vos confrères de RTL que la police n'en ferait plus usage dans le cadre du maintien de l'ordre de ce mouvement social de grenade assourdissante. Vous le saluez ? Je le salue, ça vient un peu tard parce que c'est une grenade assourdissante qui a conduit au drame qu'on a connu à Lens. Mais s'il le fait, c'est bien qu'il y a un problème et que donc on a eu une forme de déni pendant les premiers jours qui a conduit à des drames.

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Et donc un ministre de l'Intérieur contraint de rétro-pédaler. Mais enfin quand même, posons-nous ces questions. Ne balayons pas ça d'un revers de main comme l'a fait le Premier ministre hier. Il ne le balaye pas d'un revers de main, il dit juste, et il l'a dit d'ailleurs devant l'Assemblée aussi avant-hier, qu'il y avait quelque part une forme d'instrumentalisation politique de ceux qui répètent à l'envie que les forces de l'ordre ont pour instruction d'affronter les lycéens. – – Mais c'est un fait que des forces de l'ordre ont affronté des lycéens et l'ont fait d'une manière totalement disproportionnée, ce qui est à l'origine des drames dont je viens de parler. – Mais pourquoi son ministre de l'Intérieur a dit « Ne faites preuve d'aucune retenue

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lorsqu'il s'adressait aux forces de l'ordre. Soit le Premier ministre n'est pas obéi par son ministre de l'Intérieur et c'est très inquiétant, soit le Premier ministre ment. Mais en tout cas, il y a un problème. Il y a quelque chose qui ne convient pas dans cette affaire. D'ailleurs, je vous le dis, je ne comprends pas comment Laurent Nunez peut de rester en responsabilité après ce qui s'est produit. Il doit démissionner ? Oui, il doit démissionner, parce que c'est honteux d'avoir des situations comme celle-là dans un pays comme le nôtre. Une fois de plus, ce sont des enfants, les personnes dont je Celui qui a été bornier, celui qui a perdu son bras et sa mâchoire. Ce sont des enfants, des mineurs, des lycéens. Personne ne devrait accepter ça dans un pays comme le nôtre.

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Et donc oui, le ministre de l'Intérieur devrait en tirer les conséquences. Et on a également des forces de l'ordre blessé, des personnels de l'éducation qui sont blessés, qui sont attaqués. Comment on fait ? C'est bien la raison pour laquelle je vous dis que je condamne toutes les violences. Mais comment on fait ? D'abord en répondant aux revendications. On a affaire à un gouvernement qui, depuis 10 ans maintenant, des gouvernements successifs sous la présidence d'Emmanuel Macron, qui ne sont pas capables de dialoguer avec les gens qui se mobilisent. C'est exactement ce qu'on a vécu pendant le mouvement des Gilets jaunes. Et puis il y a aussi une autre question à se poser. Quand vous avez des mouvements socio-pacifique, le gouvernement n'en tient aucun compte.

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Souvenez-vous du mouvement sur les retraites. Quand des enfants voient ça, quand des enfants voient que leurs parents se sont mobilisés contre la réforme des retraites par millions, ils ont fait grève, ils ont défilé, ils n'ont rien obtenu. Inévitablement, la leçon... Elle est suspendue, la réforme des retraites ? Après une négociation avec le Parlement. Elle est très partiellement suspendue en lien avec les élections de 2024. Et le mouvement social y a évidemment contribué. Mais enfin, la réforme a été passée par 49-3. Donc inévitablement, c'est un encouragement à la violence quand vous avez un pouvoir qui ne respecte pas les mobilisations pacifiques. Et donc, on a besoin de tourner la page de cette manière, de faire de la politique et de cette manière de gouverner.

7:08

J'espère que ce sera le cas après les élections de 2027. Sur le fond, et les réponses aux lycéens hier, il a parlé de la plateforme. 40 000 contributions, a-t-il dit, auxquelles il promet de répondre ? Et puis, il a rappelé qu'il avait engagé cinq chantiers pour assurer les cours, améliorer les conditions matérielles, organiser le temps scolaire. Là aussi, il promet des décisions avant fin octobre. Est-ce qu'il a quand même entendu les lycéens sur le fond ? Non, c'est une manœuvre dilatoire. Pourquoi il dit fin octobre ? Il attend les vacances scolaires. Il mise sur le fait que les vacances scolaires feront que le mouvement social s'essoufflera et donc il va pouvoir continuer sa petite popote tranquille. Mais la réalité, c'est qu'il y aura un moment de vérité

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et ce moment de vérité, c'est le budget dans le prochain budget, le budget 2027. Il est prévu très précisément 1 588 postes de professeurs en moins, notamment dans le secondaire, dans les lycées, ceux qui sont mobilisés en ce moment, lycées dans lesquelles d'ailleurs la démographie dans les cinq prochaines années, va augmenter. Si vous avez moins de professeurs et que vous avez plus d'élèves, ça fait que vous aurez des classes plus chargées. J'étais professeur à Sarcelles quelques années. C'est une équation qui est assez simple à comprendre. Donc tout va continuer comme aujourd'hui, ce qui provoque le mécontentement des lycéens. Par exemple, cette question-là, elle doit être revue par le gouvernement. Et en même temps, il rappelle, puisque vous parlez du budget

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et on va y venir plus largement, mais sur l'éducation, il rappelle que c'est un des seuls budgets augmentés, plus 1 ,2 milliard d euros. Et d'ailleurs, il dit que les parlementaires ont un mois jusqu'au 12 novembre, jour où ils seraient examinés à l'Assemblée pour se mettre d'accord sur des amendements. Quels amendements vous allez proposer ? Par exemple, il est hors de question pour nous de continuer à supprimer des postes de Vous vous rendez compte, je l'ai dit tout à l'heure, 15 millions d'heures qui partent en fumée parce que pas remplacer, ça n'est pas normal. Enfin, on devrait quand même au moins, au moins avoir un consensus national. Fabien Roussel l'a souligné il y a quelques jour, un consensus national autour de l'idée

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qu'il doit y avoir un professeur devant chaque classe et que donc toutes les heures non effectuées doivent être remplacées. C'est simple, c'est basique, typiquement ça, ça doit pouvoir être réglé dans le budget. Et on va revenir Justement sur les mesures présentées par le Parti communiste, par Fabien Roussel, Quentin, puisqu'il présentait mardi un pacte pour la jeunesse et l'éducation. C'était au siège du PCF. Oui, exactement. La conférence de presse était organisée juste avant les grandes mobilisations de mardi, le temps de présenter son plan. Puis Fabien Roussel, le candidat des communistes à la présidentielle, est allé rejoindre les cortèges parisiens. Fabien Roussel qui a appelé l'ensemble des forces politiques, des groupes parlementaires à s'engager pour la nation,

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pour l'avenir de notre jeunesse. Ce que vous étiez en train d'évoquer, Yann Brossat, ce pacte qui doit concerner tous les groupes politiques. Écoutez donc le secrétaire national du Parti communiste français. Un, limiter le nombre d'élèves par classe et selon les niveaux. Et y mettre les professeurs correspondants. Avoir des professeurs remplacés en 24 heures, partout. Mettre en place un plan de rénovation des bâtiments. Avoir une meilleure reconnaissance des enseignants et abroger Parcoursup. On va avoir deux mesures du plan jeunesse 2027-2032 présenté mardi. Fabien Roussel qui veut plus, 18 000 professeurs par an.

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Cela ferait donc 90 000 sur la période. 25 milliards d'euros pour la rénovation des collèges et des lycées. Fabien Roussel qui a promis aussi des classes moins chargées avec moins d'élèves, passé d'environ 21 élèves à 18-19 aux primaires, d'environ 26 à 22-23 au collège et de 30 30 élèves dans les classes au lycée à 26-27, a dit le secrétaire national du Parti communiste. Pourquoi l'idée de ce pacte, Yann Brossa ? C'est dire que les mesures, elles doivent faire consensus aujourd'hui sur l'échiquier politique C'est dire en tout cas que cet engagement pour la jeunesse ne doit pas attendre l'élection présidentielle et que dès le budget 2027, il faut un certain nombre d'avancées parce que le mouvement social y a lieu tout de suite.

10:56

D'ailleurs les jeunes qui se mobilisent passent le bac cette année. Donc si on leur dit après les élections présidentielles, les choses vont changer, ça ne résout pas le problème immédiat auquel ils sont confrontés. Et oui, il y a un certain nombre d'exigences qui sont des exigences basiques. Avoir un professeur devant chaque classe, ce n'est pas une demande exorbitante, ça devrait être l'évidence même. C'était le cas d'ailleurs il y a un certain temps simplement. On paye aujourd'hui une situation où d'année en année on ne recrute pas les professeurs en nombre suffisant et on en arrive à qu 15 millions d'heures non remplacées. Et c'est à cela qu'il faut remédier. Ça se complique peut-être sur le financement des mesures, la rénovation des bâtiments scolaires et qui se ferait en prenant sur

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les ados entreprises. Les recrutements eux se feront en prenant 3 ,5 milliards d qui seront obligés de la défense. En fait, il faut choisir dans nos politiques publiques la baisse du taux de prélèvement sur les entreprises. Par exemple, ce n'est pas quelque chose qui vous intéresse. La lutte contre les menaces à l'international non plus ? C'est la base, l'arbitrage politique. Quand on fait de la politique, quand on fait un budget, on arbitre entre différents choix. Est-ce qu'on décide de continuer à augmenter de manière totalement démesurée le budget de la Défense qui a pour objectif d'être doublé avec Emmanuel Macron ? Ou est-ce qu'on considère que la question de l'éducation, elle est absolument fondamentale ?

12:09

Quand on traite de la question de l'éducation, je le dis aussi là aussi comme ancien professeur, évidemment, c'est la question de nos jeunes. Mais c plus largement la question de l'avenir du pays. Un pays qui sacrifie son éducation, qui ne permet pas qu'on ait un professeur devant chaque classe, c'est un pays qui se sacrifie lui-même et c'est exactement la situation dans laquelle nous sommes en ce moment. Oui, moi j'assume, je pense que nous n'avons pas besoin d'augmenter de manière démesurée, comme on le fait en ce moment le budget de la Défense, et qu'on ferait mieux d'utiliser cet argent pour faire en sorte qu'on ait un professeur devant chaque classe. Si on a envie d'être un pays fort, il faut aussi être un pays bien éduqué.

12:44

J'ai une dernière question, avec la conférence de presse qu'on a vu le jour de la mobilisation, est-ce qu'il n'y a pas l'aveu d'un retard à l'allumage aussi chez les communistes ? Parce qu'aussi on sait que vous avez peut-être moins de succès chez les jeunes que Jean-Luc Mélenchon qui est très populaire auprès de cette catégorie. En tout cas, nous avons été présents depuis le début pour l'avoir suivi en tant que directeur de campagne de Fabien Roussel dans cette mobilisation et d'ailleurs, Bastien Bonargent qu'on voit tout à l'heure sur vos images qui est secrétaire général des jeunes communistes a eu la Bonne idée de lancer des cahiers de doléances qui visent avec les jeunes communistes partout dans le pays à recueillir les exigences des lycéens.

13:19

Et donc nous sommes à l'initiative, porteurs de propositions et vous l'avez montré tout à l Et on va aller voir ce que pensent les élus locaux de ces annonces de Sébastien Lecornu. On va en Seine-Maritime. Bonjour Virginie Lutrault, merci d'être avec nous. Maire de Port-Jérôme-sur-Seine, vice-présidente de la région Normandie, vous suivez vous aussi de près sur le terrain, cette mobilisation. Vous allez d'ailleurs vous rendre dans quelques minutes dans un lycée. Les annonces du Premier ministre sont-elles à même de répondre à la colère de la jeunesse ?

13:48

Ah ! On a un petit problème technique Virginie Lutreau, on va essayer de rétablir la connexion et on va revenir avec vous. On va écouter parce qu'au-delà, on le disait en début d'émission Sébastien Lecornu qui n'a pas parlé que de la mobilisation lycéenne, qui a plalé plus largement notamment de la question du budget. On va l'écouter. Le premier, c'est ce qui pointe un risque pour le pays si le Parlement n'adopte pas de budget. Le budget que nous proposons porte donc un effort de redressement précis de 54 milliards d'euros. Je suis donc convaincu que le Parlement permettra à la France d'avoir un budget. L'opposition a le droit de contester. Le texte peut être évidemment discuté, amendé, modifié, ligne à ligne s'il le faut.

14:30

Mais c'est la responsabilité du Parlement, sa première des responsabilités, que de donner un budget au pays. J'en appelle donc au patriotisme de chacun pour que les échanges engagés aboutissent aux compromis nécessaires. Notre engagement est de ramener le déficit public à 5 % en 2027. Je le dis avec gravité, pas davantage. La cible initiale est de 4 ,8 et nous l'avons porté à 5 pour les besoins de notre défense nationale. Yann Brossat, vous allez être patriote ? Vous allez contribuer à ce que la France ait un budget au 31 décembre ? 'est quand même paradoxal, quand on a mis le pays dans un État pareil, de faire appel au patriotisme des autres. En l'occurrence, le Premier ministre a mis le pays avec ses amis macronistes dans un État pathétique, une crise sociale, une crise économique,

15:14

une crise financière, budgétaire. Et il nous dit qu'il faut continuer les mêmes recettes et en plus de ça, il faudrait que vous me souteniez. Ben non. Et en l l'occurrence, les mêmes recettes produiront les mêmes catastrophes. Donc un nouveau tour de vis budgétaire, des services publics à nouveau mis au régime, ça provoquera de nouveaux désastres. Et donc il n'est pas question pour nous d'accompagner ça. Vous vous rendez compte ? Oui, mais il dit que ça met la France en difficulté s'il n'y a pas de budget, ça va être pire si on reste 7 mois sans budget, si un nouveau président de la République arrive sans budget. Vous ne l'entendez pas cet argument ? Sans parler de la lettre qu'il vous avait écrite cet été où il disait la loi spéciale, c'est 15 milliards.

15:49

Je l'ai lu, mais sa politique est mauvaise et les conséquences de sa politique sont visibles à l'œil nu au point qu'on a des mobilisations sociales tous les jours. Et donc à un moment donné, il faut en tirer un certain nombre de leçons. J'ajoute par exemple, il n'arrête pas de nous dire qu'il n'y a pas d'argent. Il va diminuer dans ce budget si sa copie était retenue. La contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises, c'est pas indécent. Dans une période où on a autant de difficultés, où on n'a même pas un professeur devant chaque classe, vous avez un Premier ministre qui dit « les grandes entreprises, les entreprises du CAC 40 qui viennent de verser 60 milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires, on va leur baisser leur niveau d'imposition ».

16:23

C'est indécent. C'est impossible d'accepter ça. Et donc, oui, bien sûr. Elle était sur cette temporaire, déjà. Oui, elle peut prolonger un peu. On peut prolonger un peu cette contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises. Ça ne mettra personne sur la paille. M. Pouyanné, avec ses 10 millions d'euros annuels, on peut considérer qu'il peut continuer à faire un petit effort. Et donc, oui, on a un problème de justice sociale, on a un problème de cohésion sociale dans ce pays et ce budget, malheureusement, ne répond absolument pas à cet enjeu. Allez, on va retourner en Seine-Maritime, retrouver Véginie Lutreau, maire de Port-Jérôme-sur-Seine. Virginie Lutreau, comment vous, en tant qu'élu local, vous avez accueilli cette allocution de Sébastien Lecornu ?

17:05

Ça ne marche pas. Alors là, cette fois, vous m'entendez, mais c'est nous qui ne vous entendons pas. Bon, on va essayer. Il nous reste encore 5 minutes pour régler le problème et on va quand même essayer de vous retrouver, Virginie Lutreau. Autre sujet abordé hier par le Premier ministre, évidemment, au sujet extrêmement concernant pour les Français, c'est les prix de l'énergie, les prix du carburant. Sébastien Lecornu qui a dit « on va libérer 10 millions de barils de nos stocks stratégiques, ça va faire baisser le prix à la pompe de 12 à 18 centimes ». C'est une bonne mesure C'est déjà ça de prix, c'était d'ailleurs une proposition que Fabien Roussel avait faite. Ça reste très insuffisant parce que malheureusement le prix des carburants va demeurer, malgré la petite baisse escomptée

17:45

avec cette mesure, va rester très élevé. C'est la raison pour laquelle nous plaidons-nous en faveur de la baisse des taxes et notamment la baisse de la TVA sur les carburants, sur l'énergie de manière générale dont nous estimons qu'elle devrait passer de 20 % à 5 ,5 parce que c'est un produit de première nécessité. Donc ça vous allez le redemander pendant la discussion budgétaire ? Bien sûr, nous allons le redemander pendant la discussion budgétaire et comme nous sommes des gens cohérents et que quand on baisse les recettes d'un côté il faut bien les récupérer de l'autre si on veut défendre le service public, nous allons réclamer une taxation beaucoup plus élevée, des profits notamment de Total parce qu'on a besoin de récupérer de l'argent pour financer nos services publics.

18:21

Alors vous avez également j'imagine entendu le Premier ministre qui dit on n'a pas les moyens, on n'a plus les moyens, de faire des aides massives. En 2021, ça avait coûté 70 milliards quand on a aidé les Français face à la crise énergétique. Est-ce que compte tenu de l'état de nos finances, il n'a pas raison ? Non, il a tort. D'abord c'est eux qui ont vidé les caisses et puis par ailleurs, vous ne pouvez pas d'un côté continuer à verser 211 milliards d'euros d'aides publiques aux entreprises et dire on n'a pas d'argent pour aider les plus modestes. Et en l'occurrence c'est toute notre économie qui souffre du fait qu'on a aujourd'hui des classes populaires et des classes moyennes qui sont prises à la gorge par l'envolée des carburants.

18:56

Donc c'est rendre service à notre économie que de faire en sorte que le pouvoir d'achat des Français soit mieux défendu. Et donc non, c'est une mauvaise politique. Et puis une fois de plus, comment peut il dire qu'il n'y a pas d'argent et dans le même temps baisser la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises ? Ça n'est pas cohérent. S'il n'y a pas d'argent, c'est parce que précisément, il ne va pas le chercher. Donc pour vous, il faut… Vous allez relancer cette idée d'être globale, pas forcément d'être ciblée mais il faut aider plus largement et plus globalement ? Baisser les taxes, ça n'est pas une aide. En l'occurrence, nous, nous sommes favorables à ce qu'on sorte de cette politique des petits chèques qui est une politique qui prétend être ciblée,

19:32

qui en réalité est tellement ciblée qu'elle ne touche personne, et donc oui nous nous sommes favorables à la baisse des taxes. Quand on est de gauche, on est favorable à l'impôt progressif, on n'est pas favorable à ces taxes proportionnelles qui touchent de la même manière tout le monde, quel que soit son niveau de revenu, ce sont les plus fragiles, qui souffrent de ces taxes les plus modestes, les travailleurs. Et donc oui, il serait grand temps de les baisser, d'autant qu'une fois de plus, ce sont des produits de première nécessité qu'on ne choisit pas d'utiliser. Vous ne choisissez pas de faire votre plein. Vous en avez besoin pour aller au travail. Un mot sur les prix de l'énergie, sur les prix de l'électricité puisque là aussi il s'est exprimé.

20:04

Il prendra les décisions nécessaires pour qu'il n'augmente pas cet hiver, c'est ce qu'il a dit, en appelant également à EDF. Qu'est-ce que vous en attendez ? Tant mieux, en tout cas nous serons vigilants à ce que ces décisions soient vérifiées dans les faits. En l'occurrence, c'est une intention qui est exprimée par le Premier ministre. Il faut des faits parce qu'effectivement aujourd'hui, le prix de l'énergie de manière globale pèse très lourd dans le budget des ménages. Allez, on fait une troisième, on espère que la troisième sera la bonne. Tentative pour aller en Seine-Maritime, Virginie Lutroux, est-ce que vous nous entendez ? Moi je vous entends. Super ! Et on vous entend aussi. Allez, maire de Fort Jérôme sur Seine, je le Je rappelle, on le dit,

20:40

vous êtes aux côtés des lycéens, vous allez y aller dans quelques instants. Est-ce qu'en tant qu'élu local, vous dites que Sébastien Lecornu a apporté les bonnes réponses hier ou pas ? – Je pense qu'il y a encore beaucoup d'attentes de nos lycéens. J'en discuterai avec eux lors de la... une manif assez calme. Je pense que sur notre territoire, il n'y a pas eu de cas. Il y a eu beaucoup de respect mutuel entre les forces de l'ordre des lycéens et des revendications qui sont ma foi justifiées des profs absents. Un lycée qui nécessite de gros investissements en termes de rénovation, la région a mis 1 ,3 milliard depuis 10 ans sur les lycées, mais ça n'est pas encore suffisant. Ce n'est pas avec les ponctions que l'on subit depuis quelques années que malheureusement

21:18

on va dégager des marges budgétaires pour pouvoir accélérer la rénovation des lycées. Leurs revendications sont légitimes, mais je crois que c'est difficile d'y répondre en 24 heures quand on croit du temps, quand on parle de remplacer des profs en 24 heures, c'est toute une organisation à mettre derrière. J'espère, je ne dis pas, je ne suis pas aussi déçue que, mais j'espère qu'il y aura des vraies mesures concrètes d'ici la fin octobre. Ça fait des années qu'on subit des profs non remplacés, même du personnel d'accompagnement avec le stress de Parcoursup, avec cette société anxiogène que vive quand même cette génération Covid. Et ça, je pense qu'il ne faut pas du tout ne pas en avoir conscience. C'est aussi du personnel accompagnant, psychologue,

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infirmière qui manque dans les établissements. Donc on espère des mesures concrètes et on sera aux côtés des lycéens mais aussi aux côtés des pouvoirs publics pour pouvoir nous faire en sorte que ces mesures soient vraiment réalisées pour la rentrée après les vacances de Toussaint. Un mot rapidement, puisque vous êtes aussi vice-présidente de la région Normandie. Sébastien Lecornu qui s'est entretenu hier avec les présidents de région, est-ce que vous savez ce qu'il est sorti de cette réunion ? Non, à ce matin je ne sais pas du tout. Je pense que je connais bien mon président, il a dû réclamer des moyens supplémentaires parce que lui aussi a conscience qu'un établissement qui est à la hauteur de l'enseignement, c'est aussi un élément important et prépondérant pour nos élèves.

22:38

Merci beaucoup, merci Virginie Lutrault d'avoir été avec nous, maire de Port-Jérôme-sur-Seine, vice-présidente de la région Normandie. Pardon pour les petits problèmes de connexion mais on a fini par vous entendre un mot sur les élus locaux et les élus régionaux notamment qui en chargent la gestion des lycées et on entend dans le même temps la colère de ces élus locaux face à la baisse du budget pour les collectivités qui est prévu dans le budget 2027. Comment vous allez y répondre en tant que parlementaire, Yann. En tout cas, ils ont raison, les élus locaux, de dire qu'ils ont subi les baisses de dotations et que les difficultés budgétaires auxquelles ils sont confrontés sont directement liées à l'État. Et donc nous, nous allons défendre le budget des collectivités.

23:17

C'est d'ailleurs notre rôle de sénateur, nous le faisons tous les ans et nous continuerons à le faire, notamment si on veut par exemple que les conseils régionaux puissent améliorer la situation du bâtimentaire dans les lycées, qui est l'une des revendications et exprimer dans ce mouvement. Merci beaucoup, merci Anne Brossard d'avoir été notre invité.