Grand entretien Ada Colau par François Piquemal - #AMFIS2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Attaque 15 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 5:51OuverteRéponse directe
Comment as-tu été amenée à t'engager sur le droit au logement et à créer la PAH ?
- 17:20OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui a déclenché l'idée de créer une plateforme municipale pour gagner Barcelone ?
- 23:27OuverteRéponse directe
Quels conseils donnerais-tu pour prendre une ville comme Barcelone ?
- 34:42OuverteRéponse directe
Comment avez-vous créé des réseaux de sociabilité et d'intensité politique dans la ville ?
- 35:17OuverteRéponse directe
Comment avez-vous affronté des lobbies comme Airbnb en tant que maire ?
- 45:44OuverteRéponse directe
Peux-tu nous parler de ton expérience de harcèlement médiatique et de lawfare ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:49PrésentateurChiffre
« En Espagne, il y a 87% de petits propriétaires. »
- 7:35Invité politiqueFait
« Des centaines de milliers de familles avaient perdu leur maison, leur travail, leur autoestime et aussi leur famille. »
- 26:00Invité politiqueFait
« Ils ont fait plus de mille logements sous régime coopératif. »
- 49:31Invité politiqueChiffre
« Le nouveau maire de Barcelone, qui est un maire socialiste, n'a gagné qu'avec seulement 300 voix d'écart. »
- 56:22Invité politiqueFait
« le projet politique s'est largement centré sur le programme. »
- 56:59Invité politiqueFait
« ça a fait le succès et la résilience du projet municipaliste barcelonais. »
- 57:16Invité politiqueFait
« ce qui réunissait les gens à Barcelone, autour de la Dacolao, c'était un projet de ville concret. »
- 58:55Invité politiqueFait
« on a voulu faire beaucoup de choses en très peu de temps. »
- 59:19Invité politiqueFait
« Quand on pense, par exemple, aux 300 votes d'écart, on se dit que s'il y avait eu un peu moins de gens énervés à cause des travaux, on aurait peut-être gagné. »
- 59:46Invité politiqueFait
« des bonnes idées, mais qui sont mises en place au mauvais moment, sont des erreurs. »
- 1:00:36Invité politiqueFait
« on avait un sujet qui était très important dans notre ville, qui était le sujet du recyclage. »
- 1:03:50InvitéFait
« sur la question du lawfare, moi, je pense qu'il faut essayer d'apporter une réponse internationale et que localement, on n'y arrivera pas. »
- 1:04:26InvitéFait
« ils ont réussi à atteindre leurs objectifs parce que toutes ces campagnes de l'offert ça venait faire des mauvaises rumeurs à nos propos. »
- 1:15:04Invité politiqueFait
« il y a un racisme institutionnel, avec des lois qui relèvent d'un racisme institutionnel. »
- 1:15:19Invité politiqueFait
« il y a des milliers de gens qui travaillent depuis des années à Barcelone et qui n'ont pas de papier. »
- 1:18:01Invité politiqueFait
« on a ouvert le registre municipal à tout le monde, même aux gens qui n'avaient pas de domicilie fixe. »
- 1:20:14Invité politiqueFait
« on a mis en place un règlement pour obliger cette immobilière qui construise des logements neufs à faire au moins 30% de logements sociaux. »
- 1:26:14Invité politiqueFait
« le génocide à Gaza est la chose la plus grave qui se passe en ce moment dans le monde. »
Temps de parole
- Invité politique30 %
- Invité28 %
- Invité 216 %
- Présentateur15 %
- ?6 %
- Invité 32 %
≈ 22,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour
à toutes et tous.
Est
-ce qu'on est bon
? Il
faut faire le réglage avec la vidéo parce que notre conférence sera diffusée par la suite, évidemment. Et en tout cas, je voudrais vous remercier d'être présente et présent parce que quelque part, il
y
a une sélection qui s'opère entre, on va dire, les personnes qui sont allées voir Lucie Casté, ce qui est très intéressant, et ceux qui préparent déjà les étapes d'après. Et je suis sûr qu'il y
en
a beaucoup qui sont là parce qu
'elles
savent que la lutte va être longue et que la période va être de haute intensité politique avec différentes échéances pour accéder au pouvoir.
Je
voudrais remercier pour commencer tous les militants et toutes les militantes qui se dévouent pour les amphis, pour organiser, pour la technique, pour le service d'ordre, pour le nettoyage, parce que sans elles et eux, il n
'y
aurait pas cette réunion annuelle. Et je pense qu'on peut les applaudir. Remercier aussi Julie et Raphaël qui sont ici présents et qui vont assurer la traduction.
Et
je vais accueillir notre invité exceptionnel, Pascal Lovia de Barcelone. Et moi,
je
suis plutôt FC Barcelone que Real Madrid, donc ça tombe bien.
Je
vais vous faire sa présentation, mais je vous propose de l'accueillir.
C
'est Ada Colau. Merci beaucoup à toi, Ada, d'être là avec nous et de nous faire l'honneur de ta présence. Et je pense qu'on va beaucoup apprendre de ton parcours.
Je
vais faire une petite présentation, même si je suppose que nombreuses et nombreux d'entre vous connaissent déjà Ada Colau. Et après, on entamera un échange, elle et moi, et on ouvrira évidemment les questions à la salle. Alors, on ne pourra certainement pas prendre toutes les questions. Vous savez qu'on est contraints par le temps. Mais le but, c'est d'avoir un maximum d'échanges. Ada, tu es née en 1974 à Barcelone, où tu as passé ton enfance et ta jeunesse. Très tôt, en parallèle de tes études de philosophie, tu t'engages dans le mouvement social, en particulier dans les mouvements anti-guerre et alter-mondialistes. On y reviendra.
Puis, dès 2006, tu t'investis sur la question du droit au logement, avant d'être une des fondatrices de l'APA, la plateforme des affectés de l'hypothèque, en 2009,
qui
va être un mouvement puissant de lutte contre les expulsions des petits propriétaires, puisqu'en Espagne, il
y
a 87% de petits propriétaires. Du moins,
à
l'époque, c'était ce chiffre-là,
qui
avait notamment contracté des prêts revolving, des crédits revolving, qui, suite à la crise des subprimes, sont mis dans la difficulté, nombre d'entre eux, face aux banques et à des groupes financiers comme BlackRock.
En
2014, tu quittes ton mandat de porte-parole de l'APA et tu crées, avec d'autres, la plateforme Guanyem Barcelona, qui vise et réussit à présenter la coalition électorale Barcelona-Encomo avec toutes les forces de rupture à gauche pour gouverner la ville de Barcelone.
Comme
tu aimes beaucoup la victoire et gagner,
en
2015, après une campagne enthousiasmante, tu deviens maire de Barcelone.
Un
mandat que tu vas occuper durant 8 années jusqu'en 2023. Tu es aujourd'hui conseillère municipale de Barcelone et on te souhaite de reprendre la ville en 2027, puisque nous, on va prendre le pays normalement en 2027, donc on aura deux événements heureux
à
célébrer ensemble. Adha,
je
te dis, au nom de toutes et tous ici, que c'est un immense bonheur pour nous de te recevoir, avec beaucoup d'admiration, d'humilité face aux chemins parcourus et beaucoup de questions aussi pour essayer d'emprunter le chemin que tu as tracé, d'autant plus que dans moins de deux ans, il y a en France les élections municipales et que notre mouvement y aura forcément des ambitions. Adha, j'aimerais commencer cet entretien en évoquant la première fois que j'ai entendu parler de toi, pour ma part. C'était en 2012, quand j'étais militant au droit au logement.
Et
on avait une réunion avec une militante qui a été une de mes formatrices politiques, qui s'appelait Annie Pour et qui s'occupait des relations internationales,
des
mouvements internationaux sur le droit au logement. Elle commence à nous dire, non, mais là où ça se passe en ce moment, c'est en Espagne. Elle nous a cité des noms. Il y avait Ada Colau. Alors moi, je ne connaissais pas. Donc après, je me suis documenté et puis il y avait de plus en plus d'articles sur toi. Et comme j'étais à Toulouse, Toulouse, c'est à 330 km de Barcelone et c'est à 670 km de Paris. Donc on a un petit prisme espagnol. On a été la capitale de l'exil espagnol. Je me suis beaucoup documenté. Je suis même allé voir comment fonctionnait la part en Espagne, à Barcelone et Saragosse. Et jamais je ne
me
serais imaginé à l'époque, moi qui étais militant pour le DAL, le droit au logement, et toi, militante à la part, qu'un jour, des militants comme nous auraient une place dans la politique institutionnelle, que toi, tu deviendrais maire de Barcelone et moi, député de la nation, comme on dit. Donc je suis assez ému de pouvoir te rencontrer dans ce cadre 12 années après. Et c'est aussi une des réussites, je pense, des années écoulées dans la lutte, c'est d'avoir fait émerger aussi politiquement des personnes qui étaient militantes du mouvement social. Et on pourrait en citer bien d'autres. Donc ma première question, ça aurait été de savoir, Ada,
en
France, on connaît beaucoup le mouvement des indignés. Oui,
il
y
a
eu beaucoup de presse autour de ça, mais le mouvement de la part est moins connu. Est-ce que tu peux nous expliquer comment tu en es arrivé à t'engager sur cette question-là et à créer la part
?
Merci beaucoup. Je suis désolée parce que je comprends plus ou moins le français, mais je ne parle pas bien. Donc c'est mieux que je parle espagnol. Et Raphaël et Julien me vont aider, non ? Merci beaucoup de cette invitation. Je
me
remercie parce que c'est un honneur. Je suis très heureuse d'être ici. Et sur la PAH, me demandas. Nous avons créé la plateforme de affectés par la hypothèque en un moment très difficile.
Alors,
la PAH, la plateforme des victimes des hypothèques, a été créée dans un moment très difficile.
Les éxits politiques sont quand les années passent et à tout le monde le semble que c'est facile.
Alors,
on reconnaît un succès politique quand, des années après, on a l'impression que tout a été facile.
Mais
ça n'a pas été facile.
Des
centaines de milliers de familles avaient perdu leur maison, leur travail, leur autoestime
et
aussi leur famille.
Et
personne n'en parlait.
Non
parlava les médias de communication, les partis politiques, les administrations publiques, non existait.
Alors, personne n'en parlait, ni les partis politiques, ni les médias, ni les administrations publiques.
Mais
il y a
beaucoup de personnes qui ont lutté pour le droit au logement depuis des années, comme Ada Colau.
Dans
les quartiers, en luttant contre la spéculation immobilière, tous ces militants connaissaient cette réalité parce qu'ils la vivent.
Et
ils ont commencé à s'organiser depuis rien, depuis zéro, sans ressources publiques, sans argent public.
De
fait,
maintenant,
quand on
en
l'organisation politique dit qu'on a besoin de plus de ressources parce qu'on a
besoin
de plus de
gens
et de plus de
choses,
je me souviens
toujours
d'où je viens et je dis
à la personne
qui maintenant fait politique institutionnelle, que je, quand j
'ai
fait politique dans les moments plus importants de ma vie, nous n'avions pas ni pour faire photocopies. Donc, maintenant, il faut pouvoir faire beaucoup plus.
Parce
que dans les organisations politiques, souvent, on manque de ressources, on a besoin de ressources pour faire des choses, pour former des militants, etc. Et bien, quand elle entend ça, Ada Colau se souvient du moment où elle a commencé en militant et elle n'avait même pas de ressources nécessaires pour faire des photocopies. Et c'était les moments les plus incroyables, les
plus
excitants de sa vie politique.
Alors,
quand Ada Colau est arrivé à la mairie de Barcelone, la première chose qu'elle a fait, c'est coller une petite affiche sur la porte de son bureau pour dire, n'oublions pas qui nous sommes, n'oublions pas d'où nous venons et n'oublions pas ce que nous faisons ici.
Ils
se sont rendu compte qu'ils étaient dans une situation extrêmement difficile parce qu'ils affrontaient, en fait, le pouvoir du capitalisme global. Ils affrontaient un pouvoir énorme.
Ils
ont commencé à organiser les citoyens
avec
une idée fondamentale. Le problème est collectif, social, il n
'est
pas individuel. Et c'est une réalité qu'il faut toujours rappeler, fondamentale en politique.
Alors,
en tête que c'est un problème collectif, ils ont commencé à organiser les gens. Comment ? Alors déjà en faisant du conseil légal, du conseil juridique, mais aussi en organisant les gens contre les expulsions de logement.
Et
une des choses que nous identifiquons, et qui a été importante, ensuite aussi pour l'expérience politique institutionnelle, c'est la idée de que il faut combattre des problèmes structuraux, globales, mais il faut obtenir des changements dans la vie de la personne.
Alors,
ils ont découvert quelque chose dans leur expérience, c'est qu'il fallait tout d'abord combattre des tendances structurelles du système, mais aussi obtenir des changements concrets dans la vie réelle des gens.
Et
c
'est
comme ça qu'ils ont inventé leur petit concept, les petites grandes victoires.
Alors,
c'était un peu une traduction du «Yes, we can » de Obama, c'était le 6 EPOED espagnol.
Et
l'idée c'était de montrer que chaque cas individuel était important et qu'ils allaient lutter jusqu'au bout pour résoudre la situation, que ce soit par du conseil juridique, de la lutte, de la négociation avec les banques, etc.
Alors,
une des choses les plus belles et importantes qu'il a vécu dans la plateforme d'aide aux victimes des hypothèques
et
c'était la transformation des propres personnes.
Personnes qui arrivaient, qui ne pouvaient plus parler,
personnes
qui étaient pleurant tout le temps, casos d'alcoolisme, d'intentos de suicidio.
Alors, l'accueillait des personnes qui ne pouvaient plus parler, qui étaient désespérées, qui pleuraient tout le temps, avec parfois même des cas d'alcoolisme et de tentatives de suicide.
Et
ces personnes, quand elles se sont rendues compte que ce n
'était
pas seulement un problème individuel, que c'était un problème collectif partagé par d'autres personnes qu'elles rencontrées dans ce cadre, et bien elles se sont transformées en superhéros.
Et
aussi, une
autre
chose très importante pour le moment actuel, c'est l'apprentissage. Pour moi, la plateforme d'affectants par la hypothèque est ma scola politique, où j'ai appris plus
en
ma vie.
Pour
Ada Colao, cette plateforme, c'était une vraie école politique, c'était l'espace dans lequel elle a été
le
plus appris.
Et
beaucoup de
choses
que j
'ai
appris dans la plateforme d'affectants par la hypothèque, ensuite, les avons
pu
l'implementer dans le Ayuntement de Barcelone.
Et
beaucoup de choses qui ont été appris dans la plateforme, elles ont pu être mis en place ensuite à la mairie de Barcelone.
Et
autre chose que j
'ai
appris, c'est que quand nous
avons
créé un espace physique, de communauté, de cuidados, où nous nous aidions les uns aux autres, par exemple, venait des personnes avec des idées très raciste, parce qu'ils
avaient
entendu le discours dans les meilleurs de communication, de que la culpation des migrants, que les migrants voulaient vivre sur les possibilités, qu'ils comprennent des cas quand ils
n
'ont pas
d
'argent, etc., etc., etc., la culpabilisation de les migrants dans les meilleurs de communication.
Quand on crée, en fait, ce genre
d
'espace, d'empowerment collectif, alors, on accueille des personnes qui ont, parfois, qui sont victimes aussi, parfois, d'idées racistes, parce qu'ils écoutent les médias, ils peuvent entendre que les migrants vivent au-dessus de leurs possibilités, de l'aide sociale, qu'ils achètent des maisons, etc.
Et
ces gens-là, en fait, qui pouvaient avoir des idées racistes, quand ils s'assemblent dans les assemblées, ils étaient en compagnie de personnes issues de l'immigration, de personnes migrantes, et ils se rendaient compte comment ces personnes migrantes venaient à la porte de leur appartement pour les défendre.
Et
ce racisme a disparu sans avoir besoin de faire aucun discours moralisateur, c'est par l'expérience que ce discours raciste a disparu.
Et
ça a été peut-être l'apprentissage, un des apprentissages les plus importants dans la plateforme.
Merci beaucoup.
Merci, Ada, pour
cette
première réponse.
Et
c'est vrai que, finalement, la lutte ou l'exemple de lutte qui réussissent et où des gens sont impliqués, c'est le meilleur exemple, c'est la meilleure preuve de notre discours politique. Les actes comptent souvent plus que les paroles,
et
c'est bien de le rappeler. Alors, du coup, tu as quand même un peu décortiqué la question que je voulais te poser sur le fonctionnement de l'APA, et comme le temps nous est compté, je vais passer à la question suivante. Toi, tu es porte-parole de l'APA, tu fais les luttes, t'empêches les expulsions, vous atteignez une aura médiatique quand même importante, parce que le phénomène est important partout en Espagne. Tout le monde a quelqu'un dans sa famille qui est concerné ou qui connaît quelqu'un qui est concerné. Et comment tu as l'idée de te dire qu
'on
va créer une plateforme municipale pour gagner la ville de Barcelone
? Qu
'est-ce que c'est qui a été le levier de ça
? Non
c'était ma idée.
Ça
n
'a
pas été mon idée.
C
'était une idée colective. C'était une idée colective. Fueron varios éléments qui coincidient en le même moment. Il y
a eu,
par une partie, le mouvement des indignés, le 15M, il y a
eu
beaucoup de gens à la plazes pour denuncier la corrupção et le mal fonctionnement de la démocratie.
Il
y a eu plusieurs éléments, par exemple, le mouvement des indignés où des milliers de personnes sont sortis sur les places publiques pour dénoncer la situation. Entonces, il y
a
eu une exigence citoyenne de que querions plus et meilleure démocratie. Il
y a eu
une exigence citoyenne, les gens voulaient plus et une meilleure démocratie. En ce contexte, a fait que surgit Podemos pour les européens, se présentait Podemos comme un proyecto estatal mais qui se présentait à l'élection européenne. Et à ce moment-là,
il
y a Podemos qui est arrivé et qui s'est présenté aux élections européennes et qui a lancé un mouvement national, finalement.
Los
compañeros de Podemos hablaron con nosotros, con Barcelona, de si queríamos participar del proyecto en clave estatal
et tuvimos el
debate. Les camarades de Podemos sont venus nous voir pour savoir si on voulait prendre part à ce mouvement de Podemos et on a eu un débat à ce sujet. En
ese
momento, nous n'avons pas
voulait entrer
dans ce projet.
À
ce moment-là, nous, on n'a pas du tout voulu rentrer dans ce projet.
Je
n'ai
jamais
demandé d'être ni en un parti politique ni en un cargo institucional et beaucoup moins de la alcaldesse de Barcelone.
Moi,
je n'ai jamais imaginé me présenter au moindre poste politique et encore moins comme à la mairie de Barcelone. Mais le débat social était. Et il
y
a
eu
aussi un point d'inflexion
qui
a été la droite, le Parti Populaire, qui nous débat publicement et nous a
dit
que ceux qui protestent dans la rue tout le jour, si vous
voulez
changer les choses, présentez-vous à l'élection. Et à ce moment-là, il y
a
eu un élément déclencheur qui a été la droite avec le Parti Populaire qui nous a dit que vous, si vous allez tout le
temps
dans la rue gueuler et râler, vous avez qu'à vous présenter aux élections.
Et
au final, nous présentons à l'élection et nous gagnons.
C'est pour
ça qu'on s'est présenté aux élections et qu
'on
a gagné. Mais c
'est
vrai que en Barcelona en concreto éramos un tejido social preexistente, real, non c'était une hypothèse médiatique, ça c'est différent avec d'autres expériences. Éramos un tejido de mouvements sociaux, de gens de la université, de gens du art et de la culture. Éramos un tejido que nous faisons activisme beaucoup d'années
et
il
s
'est fait un débat à fond. Et à Barcelone, peut-être à la différence d'autres villes, il y avait un tissu social préexistant avec beaucoup de mouvements sociaux, d'universitaires, du mouvement de l'art et de la culture. Et tout ça, ça a participé à cette lutte. Hicimos le débat de si nos planteábamos la politique institucional à niveau estatal ou à niveau local.
On
a eu le débat de savoir si on allait faire de la politique au niveau local ou national.
Et
nous avons en notre cas que, en un moment de crise
de
la idée de la démocratie, il
était
mieux de commencer par le local. Parce que c'est dans le lieu de la proximité, où tu parles avec la personne physiquement et où tu puisses generer espaces de communauté pour fortifier la démocratie. Et en fait, ça nous a paru évident que dans un moment de crise sociale, il fallait le faire au niveau local, puisque c'est là où sont les gens, c'est là où il
y
a la proximité.
Et
avec cette hypothèse, nous avons
décidé
de nous présenter à les élections municipales avec beaucoup de l'apprentissage des mouvements sociaux comme la paix. Par exemple, les petites grandes victories. Esa misma philosophie que nous avait servido pour que l'appât pudiera planteer grandes thèmes,
mais
en obtenir des
choses
concrètes pour la vie de la personne, c'est la même idée qui inspirait la création de Barcelone en commun.
Et
en partant de cette théorie, on s'est lancé et tout ce qu'on avait appris dans l'appât, ça nous a permis de pouvoir répercuter aussi dans la mairie ces choses-là, comme par exemple le concept des petites grandes victoires de les mettre au service de la mairie pour faire des choses très concrètes. et je n
'ai pas
comme condition que je me présente, parce qu'ils me demandent que je
me
présente,
je
n
'ai pas
que je
me présente,
je
n'ai pas que
je
n
'ai pas que
je n'ai pas
que
je n'ai pas un
parti classique, mais que je n'ai pas que
je n'ai pas un
peu comme le Frente Popular, humilment, à niveau de la personne,
qui
est là, c'est
de pouvoir
ajouter à beaucoup de
gens
différents, certains de partis politiques, autres non de partis politiques, mais avec objectifs concrets, avec un programme, que j'ai aussi entendu beaucoup. Et moi, les gens m
'ont
demandé de me présenter à la mairie et j'ai mis une condition. Ça a été celle de ne
pas
faire un parti politique classique, mais de rassembler des gens différents, des gens qui viennent de partis politiques, d'autres non, et surtout d'avoir des objectifs concrets.
Merci, Ada. Alors, avant d'entrer dans ce que tu as pu vivre comme maire, j'aimerais revenir sur la période de campagne et de conquête de Barcelone. Et peut-être que tu as quelques éléments essentiels du mode d'emploi pour prendre une ville qui peuvent intéresser des camarades ici présents. Qu'est-ce que tu conseillerais ?
Parce
que vous, tu m'as dit d'ailleurs que vous aviez fait une campagne enthousiasmante en allant sur les lieux publics et qui restait pas dans l'entre-soi militant. Mais est-ce qu'il y a d'autres choses sur lesquelles tu prêterais attention toi
? Beaucoup
de
choses.
C'est assez difficile de choisir.
Alors,
une des choses les plus belles ça a été d'arriver à la mairie, même si au début ça a été très difficile.
Parce
que je n'avais jamais été en l'Ajuntement de Barcelone et donc, sans passer par l'opposition, goberner une institution avec 15.000 travailleurs et plus de 3.000 millions d'euros de budget, ce
n
'est pas facile.
Alors,
auparavant elle n
'avait
jamais été élue à la mairie de Barcelone, ni même dans l'opposition. Et donc, diriger une organisation, une administration avec 15.000 travailleurs et...
plus de 3.000 millions d'euros.
Donc,
plus de 3 milliards d'euros de budget, et bien c'est quelque chose qui n'est pas simple.
Donc, alors, nous tenions très clair pourquoi nous étions là. Par exemple, par le droit au logement. Que le droit à la maison n'est pas une compétence municipale, c'est une compétence statale et régionale, mais affecte, impacte en la ville.
Ils
savaient très bien pourquoi ils étaient là. notamment pour le droit au logement. Alors, même si le droit au logement c'est quelque chose qui relève d'une compétence de l'État, ça a bien évidemment des impacts sur la vie municipale.
Donc, nous apprenons de la paix et nous faisons beaucoup de
choses
que nous disaient que nous ne pouvions pas faire. C'est un des orgulles que nous avons. Nous avons fait beaucoup de
choses
que, quand j'étais activiste et j
'ai
parlé avec l'ayuntament, ils
me
disaient impossible, impossible.
Et
nous avons fait ça une fois et une fois et une fois.
ils ont appris beaucoup de la paix et ils ont pu faire, en fait, des choses
qui
étaient censées être complètement impossibles. On n'a pas arrêté de leur dire, ah, mais vous ne pouvez pas faire ça,
c
'est impossible. Et eux, ils ont réussi à le faire. Et c'est le plus grand motif de fierté.
Ils
ont, par exemple, créé un service de médiation
qui
a arrêté des milliers d'expulsions de familles.
ou,
par exemple, faire plus de mille casas en régime coopérative, que nous proposions comme activistes et nous disaient que c
'était
impossible, parce que économiquement ce
n
'était pas viable. Et aujourd'hui, les coopératives sont une réalité dans tous les barrières de Barcelone.
Ils
ont fait plus de mille logements sous régime coopératif.
On
leur avait dit que ce n
'était
pas viable économiquement, que c'était impossible. Mais maintenant, ces logements fonctionnent et sont une réalité dans l'espace Barcelone.
Et
c'est une politique qui n'est pas possible,
non
?
Parce
qu'une des politiques qui ont plus d'éxito, non ? Tu peux mettre plus d'argent sur les
services
sociaux, tu peux donner plus d'aide, mais pour moi, les politiques qui ont plus d'éxito, sont politiques comme les qui refourent un collectif quand tu te vayes.
Alors,
bien évidemment, tu peux donner plus d'argent aux services publics, à l'aide sociale, mais les politiques qui sont les plus importantes, sont celles qui renforcent le pouvoir d'un collectif, de la société qui restera, quand toi, eh bien, tu seras plus dirigeant de la ville.
Et
c'est hyper important d'avoir été activiste
pour
comprendre cette réalité fondamentale. Les politiques passent et partent et les gens restent.
Et il faut
donc redonner le pouvoir au peuple. Il ne s'agit pas seulement du fait que toi, en tant que dirigeant d'une ville, tu dois faire des choses, mais tu dois permettre aux gens de pouvoir faire des choses.
Et
ils ont fait vraiment plein de choses, donc le développement des coopératives, le développement de l'économie sociale en donant notamment des espaces, des infrastructures et des moyens pour que les gens mobilisés dans l'économie sociale puissent poursuivre ces activités.
Que
sont des
choses
que non se peuvent desmontar, que permanecent, non
? Et
ce sont des choses qui ne peuvent pas être démantelées, ce sont des choses qui perdurent.
Et
une gestion aussi civique des voisins du quartier, des infrastructures publiques, notamment des centres sociaux qui sont gérés directement par le quartier, le voisinage, et non de là-haut par la mairie et ses dirigeants.
Au
début,
ils
nous disaient que c
'était
impossible parce que la normative européenne l'impedirait.
Et
au début, ils nous ont dit que c'est impossible puisque les règles européennes l'interdisent. Et en fin de compte, ça a été possible de le faire.
On
pourrait parler de plein d'autres thèmes et sûrement que dans les questions pour aborder ça, mais un des thèmes centrales, c'est celui de l'urbanisme. L'urbanisme, c'est ce qu'il y
a
de plus visible dans une ville.
Nous
sommes arrivés avec un modèle de ville pour changer la ville.
Et cela faisait beaucoup de décadas que ce
n
'était
pas
passé, depuis le 92, quand les Olympiades
se faisaient.
Un tel projet, ça n'avait pas été pensé depuis des décennies. La dernière fois,
c
'était en 1992, quand les Jeux Olympiques ont été organisés à Barcelone.
Et après,
malheureusement, il y a eu l'inertie neoliberal, qui consiste à laisser les multinationales et le secteur privé gérer le développement de la ville.
Ils
sont
arrivés pour changer ça. Une des premières choses qu'ils ont changé, c'est un grave problème de polution qui causait un grave problème de santé publique.
De
polution, mais aussi d'injustice
sociale.
De
polution, mais aussi d'injustice sociale.
Parce que resulta que seulement le 25% de la population
de
Barcelone usa le voiture.
Seulement 25% de la population de Barcelone
utilise
la voiture.
Mais
ils
occupent 60
% du espace public. Aparte du problème de la polution. Alors,
ils ont dit que ces choses ne devaient plus continuer, devaient changer. Donc ils ont commencé à reorganiser, à piétoniser Barcelone avec le modèle
de...
Superilla. Superblocs, en ingles.
Superblocs.
Et ça signifie, non seulement quitter les
voitures,
mais transporte public, plus de bus.
Mais
aussi
mettre plus d'espace vert.
Et
ça donne plus de
qualité
de
vie. Parce qu'il donne aussi de l'ombre dans des espaces de chaleur, ce qui donne plus de qualité de vie, de sécurité, etc.
Et
aussi, nous avons utilisé la pacification pour créer des espaces de communauté. C
'est
-à
-dire,
des espaces pour que la gente soit dans la rue comme si ils étaient en leur maison.
Et
ils ont profité aussi de cette réorganisation
pour
créer des espaces de communauté pour faire en sorte que les gens se sentent dans la rue comme si ils étaient un peu chez eux.
C
'est-à
-dire, plus
de espaces pour les enfants, des tables pour jouer aux échecs, des tables pour jouer au ping-pong, mais aussi des espaces où les gens se
sentent dans la rue comme si ils se sentent dans la rue. Les gens
peuvent manger dehors en apportant leur nourriture et dîner, déjeuner avec les voisins, un peu comme pique-nique.
Et
pour
les élites de Barcelone, ça a été perçu comme quelque chose d'insupportable.
Pour
ces élites, voir des gens manger dans le centre de Barcelone, c'était quelque chose de vraiment insupportable, horrible.
Et
c
'était la première fois que le ayuntament ne leur demandait pas
une
intervention urbaine.
Et
c'était la première fois que la mairie ne leur demandait pas une autorisation pour faire ce genre d'intervention dans l'espace public.
Et
pour cette
raison,
ils ont eu du conflit qui s'est traduit par du lawfare avec l'establishment barcelonais.
Mais
on parlera
de
ça après.
Merci beaucoup, Ada, pour ces éléments. Alors, tu as parlé de beaucoup de choses sur lesquelles je voulais t'interroger, les superia, les besinos. Jean-Luc Mélenchon, il a écrit un livre qui s'appelle Faites mieux.
Et
dans ce livre, qui a été traduit en japonais, mais pas encore en espagnol, puisqu'il
y a
une anomalie, il y a un chapitre consacré à la ville. Et notamment, il développe la théorie des réseaux et que les lieux de sociabilité, là où en fait les gens fonctionnent en réseau, sont des lieux d'intensité politique. Vous, comment vous avez fait ? Tu en as parlé un peu. Comment vous avez créé ces réseaux-là ? Ou alors desquels vous êtes partis pour influer sur la ville ? Ça, c'est ma première question.
Et
la deuxième, en tant que maire, tu fais des choses qui sont liées à ton programme, tu as une volonté politique et toi, tu en as une.
Mais
quand tu es confronté à des lobbies comme Airbnb, par exemple, comment tu t'y prends, sachant que tu n'as pas forcément tous les tenants et les aboutissants pour les combattre
? Une
chose qui m'a marqué quand je suis arrivée à la mairie,
c'est
qu'avec toute l'inertie institutionnelle, quand je suis arrivée, mon agenda était plein. Alors que en fait je n
'avais
encore rien fait.
Et
c'était un problème, parce que nous avions venu pour faire la politique de la gent avec la gent, en la rue, dans les barrières. C'était un problème car nous sommes venus pour faire de la politique pour les gens et avec les gens dans les rues et dans les quartiers.
Et
on me disait, non mais c'est pas possible, tous les autres maires avant aller tout le temps à tel événement, à tel événement, tu dois y aller, on ne
peut
pas faire autrement.
Alors
je me suis dit, on a qu'à créer une nouvelle façon de faire, de constitucionnelle. Et un des exemples, ça a été un point de rendez-vous régulier avec les habitants.
Donc,
de manière formale, je, chaque 15 jours, je vais à un barri de Barcelone, chaque 15 jours, et je
me
réunis avec les voisins sans pression.
Et
de façon très formale, tous les 15 jours, j'allais dans un quartier rencontrer les voisins.
Il
n
'y
avait pas de médias, pas de presse, il n'y avait pas de sujet interdit, et c'était pas un meeting, c'était vraiment un endroit où on pouvait, c
'était
une réunion, on pouvait parler de tout.
Et
c'était quelque chose qui avait vraiment un succès fou, c'était tout le temps plein, et c
'est
quelque chose qui nous a servi pour court-circuiter le bruit ambiant médiatique et néfaste, et parler directement avec les gens.
Et
c'est ce qui nous a permis de mettre en place, par exemple, les budgets participatifs, donc avec les citoyens et les citoyennes, ou la centralité pour l'école. Con le modèle urbano, à mi, ça m'a plu beaucoup l'attention, que en Barcelone, comme dans beaucoup d'autres grandes villes, tu peux voir à 200 mètres, où il
y
a un parking pour les voitures, parce qu'il y
a
un P très grand, avec un azul et blanc. Quelque chose qui m'a marqué dans le modèle urbanistique de Barcelone, c'est que n'importe où dans Barcelone, à 100, 150 mètres à la ronde, on peut voir où sont les parkings pour les voitures, parce qu'il
y
a un énorme panneau signalétique avec un gros P dessus.
Alors
que c'est quelque chose, c'est une des choses les plus importantes d'une ville,
les
écoles.
Alors
que c'est là où il
y a
nos enfants, qui sont aussi notre futur, et que les valeurs qui vont apprendre dans cet endroit là seront le futur de notre société.
Et
c'est pour ça qu'on a voulu sécuriser les écoles, on les a entouré de places avec des banques, des services, des commerces. Des verres,
pour se
asseoir, pour pouvoir
se rencontrer. Et
avec cet exemple des écoles, c'est vraiment un des leviers les plus importants pour la politique de la ville.
C'est à
dire, quand on a voulu faire des projets de alimentation saludable, quand on a
voulu
faire des
projets
de ambientaux, des refugies climatiques, beaucoup de choses que nous aimons travailler dans la ville, les avons travaillé avec les écoles. Et tous les thèmes qui nous ont à cœur, comme la alimentation durable, le climat ou la thématique des réfugiés, on a pu le faire à travers l'école. Et
ça
a été merveilleux,
parce
que les enfants ont vraiment un courage fort beaucoup plus que les adultes. Donc, ça a été très important. Et une autre chose qui a marqué, qui nous a marqué, ça a été le dérèglement complet de la massification touriste.
Et
à nous, on nous appelait les antisistèmes, et nous on disait, ben non, en fait, nous sommes venus remettre de l'ordre ici. Il
y avait
un manque de contrôle absolu, il y avait plus de mille appartements loués, mais illégalement.
Et
une gentrification qui était déplacée la maison, mais aussi le commerce traditionnel des barrières.
Et
une gentrification énorme qui déplaçait l'habitat des gens, mais aussi... Le commerce traditionnel. Et le commerce traditionnel de la ville.
Donc,
nous deux faisons un plan pour ordiner. Et nous disons, nous ne pouvons pas faire plus d'hôtels dans le centre de la ville. On a fait un plan et on a dit, ben là on ne
peut
plus construire d'hôtel dans le centre de la ville. Il faut fermer tous les appartements touristiques.
Il
faut limiter les groupes de touristes qui
se
déplacent dans le centre. Il faut protéger le commerce traditionnel. Il faut protéger le commerce traditionnel et empêcher que il y ait tant de petites boutiques de souvenirs.
Et,
sans doute, vous pouvez deviner ce qu'on nous a dit quand on a dit qu'on allait faire ça. Mais aujourd'hui, finalement, tout le monde est d'accord. Et même les hôteliers sont aujourd'hui d'accord avec nous et à Bruxelles ils sont en train d'étudier comment on a mis ça en place à Barcelone pour réguler aussi à Bruxelles.
Et
une chose importante pour avoir du pouvoir sont les mouvements sociaux.
On
a appris des mouvements sociaux comment gagner du pouvoir quand on n
'a
pas de pouvoir, quand on part sans pouvoir.
On
a fait un sort de syndicat de la ville.
Donc
on s'est regroupé avec d'autres villes pour mettre la pression sur Airbnb.
Et
on
est arrivé.
Surtout qu'une plateforme comme Airbnb n'a pas d'impôts, elle ne suit les règles d'aucun pays puisque elle est sur Internet et du coup, elle est en dehors des lois. Mais
la
campagne comme nous,
on
a fait en premier lieu, ça a cassé leur image.
Et
nous, à Barcelone, on a fait quelque chose qui n'existait pas avant et on leur a mis des amendes de plusieurs milliers d'euros.
Et
ça, ça les a fait changer d'avis.
Merci, Ada.
Le
temps passe vite, mais je ne
vais
pas poser toutes les questions et puis on va ouvrir après à la salle. Mais juste, tu en as parlé du fait que tu avais été confronté à des lobbies comme Airbnb, à la réaction, on va dire, de la classe dominante. Mais toi aussi, en Espagne, c
'est
une pratique courante, tu as subi du harcèlement médiatique
et
même ce qu'on appelle du lawfare, c'est-à-dire une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Est-ce que tu peux nous en parler parce que nous, c
'est
quelque chose qu'on connaît, le harcèlement médiatique, un tout petit peu à la France insoumise, avec parcimonie. Voilà. Est-ce que tu peux nous parler de cette expérience-là et de comment toi, tu y as fait front
? Alors,
après huit ans comme maire de Barcelone, Ada a huit plaintes qui ont été faites contre elle.
20.
20. 20. Ah
oui, excusez-moi, j
'ai
dit
20. 20, 20.
Je dis huit pour les années 20. Excusez-moi,
20. Mais
elles ont toutes été classées sans suite.
Ah oui,
c'est bon.
Mais
ces plaintes after clone une personne qui a été
pris sur leours pour cetteurité.
qui est quelqu'un de sans précédent, la mairie de Barcelone, c'est quelqu'un qui vient d'une famille ouvrière, activiste, et c'était quelque chose de nouveau.
La
première femme,
c'est important,
bisexuelle. Et donc, ce
qui explique que contre elle, ils ont fait ce qu'ils n'avaient pas fait contre les autres maires.
Et
donc,
chaque semaine, des campagnes de fake news,
de
mensonge, d'attaque contre sa vie, sa vie personnelle et sa famille.
Et
donc, insultes machistes, classistes, de tout type.
Insultes, machistes, en de classe, le típique.
Même
si ces plaintes sont classées sans suite, elles ont des effets, puisque les juges font durer le processus, et après, la presse sort des informations à ce sujet, au sujet des plaintes dont est victime à Dacolau.
Donc,
c'est
clair,
quand nous regardons le final provisional de la histoire,
et
on
voit
que,
en
les dernières élections,
le
actuel alcalde du Parti Socialiste, c'est alcalde seulement parce qu'il
a
300 votants plus que nous, 300 votants, ou c'est, de 131 000 votants que nous avons, chacun, ils ont seulement 300 votants plus. En une ville comme Barcelone, le actuel alcalde socialiste est alcalde.
Quand
on regarde de façon rétrospective, on se rend compte
que
le nouveau maire de Barcelone, qui est un maire socialiste, n'a gagné qu'avec seulement 300 voix d'écart. Ils ont sorti environ les deux, 300 000 voix chacun.
Donc,
seulement 300 votants, quand nous avons eu toute la campagne de fake news, de l'offer, que le Parti Socialiste auparavant et amplifié.
Il
n'y a eu que 300 votes d'écart, alors que nous avons subi une campagne de harcèlement de l'offer, qui a profité au Parti Socialiste.
Donc, je
dis,
c
'est
un final de la histoire provisional, parce qu'en 2027,
il
y
aura
des élections.
Mais
c'est une fin de l'histoire provisoire, puisque en 2027, il y aura de nouvelles élections.
Alors,
ce qu'il faut savoir, c'est qu'à la mairie, on a fait en sorte de s'attaquer à des privilèges que personne n'avait osé attaquer. Par exemple, on a fait en sorte que les grandes compagnies électriques payent des impôts qu'ils ne payaient pas auparavant.
Ou,
ils ont mis en place le débat sur l'idée de municipaliser la gestion de l'eau.
L
'eau à Barcelone est privatisée de façon mafieuse. Il faut oser ce mot.
Et cette compagnie privée, la multinational de l'eau, nous a fait le l'offre plus agressif que nous avons souffrions, plus que le du pouvoir immobilier. Ou,
c
'est-à
-dire,
la plus agressif de toutes a été le negocié de l'eau.
Le l'offre plus agressif que nous avons subi c'est celui de la compagnie multinational de l'eau. Leur l'offre a été encore plus agressif que celui des sociétés immobilières. Mais aussi, les sociétés immobilières nous ont fait la vie dure parce qu'on a mis en place des mesures qui ont limité leurs bénéfices et on a créé plus de logements sociaux.
Comme
certains exemples.
Merci
beaucoup, Ada.
Alors,
je crois qu'il nous reste 30 minutes, me semble-t-il. C'est bien ça ?
C
'est ça ? Donc, ce que je propose, c'est qu'on fasse une première tournée de questions
à
laquelle Ada va répondre. Je vous demande d'essayer d'être synthétique dans les questions ou les réflexions que vous avez afin qu'il y
ait
le maximum de personnes qui puissent en poser et qu'elle ait le temps d'en répondre. Et évidemment, on va faire très attention à la parité.
Une
femme, un homme. Voilà, donc, levez la main et il y a quelqu'un qui va faire tourner le micro.
C
'est Victoria.
Un,
deux. Ça marche. Merci beaucoup et félicitations. Vous êtes une aspiration. Moi, je suis de Suisse et de partout dans le monde. Ma question, ce serait sur le processus de construction de pouvoir que vous avez eu à Barcelone avant la première fois.
Qu
'est-ce que ça a été ? Parce que j'avais entendu qu'il y avait de la construction du programme en commun. Également, d'aller voir les gens, leur demander du soutien. Et du coup, c'est quoi les éléments, selon vous, les plus importants de cette construction de pouvoir et d'accumulation ? Et aussi, est-ce qu'il a changé les fois d'après que vous avez eu les élections ? Est-ce qu'il y a des choses que vous avez fait plus fait, moins fait ? Et voilà, les leçons de tout ça. Merci beaucoup.
Est
-ce qu'il y
aurait
une femme pour prendre la parole
? Est
-ce qu'elle peut lever sa main ?
Je
ne la vois pas. Non
? Pardon.
Alors, moi, j'aimerais connaître le modèle économique de la coopérative, Ada, parce que tous ces projets coûtent de l'argent, je suppose. Et le modèle coopératif, sur quel modèle économique vous vous êtes fixé
? Merci,
Ada, pour toute l'exposition très intéressante. Et je voudrais savoir, après ton expérience avec l'offre que tu as offert,
comme
c'est une problématique qu'il y a beaucoup dans mon continent,
l
'Amérique latine aussi, et aussi en Espagne, du fait que Jean-Luc Mélenchon a écrit un livre qui s'appelle « Ainsi de suite
» sur
la question de l'offre. Est-ce qu'il y
a
une réflexion sur ça, sur comment combattre la problématique
? Je
vais prendre une dernière question d'une femme, si c'est possible, avant qu'elle réponde.
Ah,
merci.
Bonjour,
moi, je suis psychologue, et je sais que vous avez donné l'accès aux soins psychiques à des psychologues gratuitement, et aussi à d'autres aspects de la santé, comme des ophtalmo. Est-ce que vous pouvez nous en dire un petit mot, si on a le temps ? Merci. La construction... Empezons par le principe, non ? Oui. La construction du projet politique se centra beaucoup dans le programme.
Alors,
le projet politique s'est largement centré sur le programme.
Alors,
beaucoup, il y a
eu
beaucoup de débats avec des gens différents, issus de différents quartiers, et l'idée c'était de les réunir, non autour des sigles d'un parti politique, mais autour d'un projet pour la ville.
Et
c'est, je
crois,
un éxito de Barcelona, respecte à d
'autres
expériences municipalistes, qui ont moins de temps en Espagne, et qui ne pouvaient faire ce processus. Et on a monté beaucoup la différence. Parce que nous, vraiment, n'étions pas
une
coalition de partils, éramos un projet de ville. Et cela nous cohésionait, et nous a donné la force pour aguantre tous les attaques qui arrivent après.
Et ça,
ça a fait le succès et la résilience du projet municipaliste barcelonais par rapport à d'autres initiatives municipalistes dans d'autres villes d'Espagne, parce que ce qui réunissait les gens à Barcelone, autour de la Dacolao, c'était un projet de ville
concret,
et non une réunion de sigles de partis politiques. Et, en rétrospectivement, est-ce que je ferais des choses différentes
?
Bien sûr que oui, et effectivement, il faut toujours apprendre de ces erreurs, et le contraire serait pas très bien.
Il y a
eu des choses très difficiles au début, qu'on ne pouvait pas savoir, donc nous avons tenté de faire de notre mieux.
Alors,
elle a quelques questions sur certains sujets, elle ne sait pas si ce sont des erreurs, mais elle se questione sur ça. Alors, par exemple, on a voulu faire beaucoup de choses en très peu de temps.
Et le
problème c'est qu'à la fin du second mandat, ça a causé le fait que toute la ville était en travaux.
C
'est vrai que nous avons fait une transformation que nous n
'allons
pas pouvoir les faire.
Alors,
mais après, on a fait une transformation, et ils ne pourront plus la remettre
en cause. Mais quand on pense en les 300 votes de différence,
tu
penses, si il y avait des gens moins enfadés par les objets, nous aurions gagné.
Quand on pense, par exemple, aux 300 votes d'écart, on se dit que s'il y avait eu un peu moins de gens énervés à cause des travaux, on aurait peut-être gagné.
Peut-être.
C'est
une question.
C
'est une question. Ensuite, une
autre
chose que j
'ai
appris, c'est qu'il
y a
des bonnes idées, qui, en un mauvais moment, sont un erreur.
Une chose aussi que j'ai appris importante, c'est que des bonnes idées, mais qui sont mises
en
place au mauvais moment, sont des erreurs.
Par
exemple, quand on est sorti de la pandémie du Covid, on a très bien géré cette pandémie, on a été très efficace sur Barcelone.
Oui,
on avait un sujet qui était très important dans notre ville, qui était le sujet du recyclage, et on avait un système, en fait, de porte à porte pour mettre en place plus facilement ce système de recyclage.
Mais
faire le système de porte à porte, juste quand la personne sort de la pandémie, qui est hâte de dire quand on peut sortir, quand on ne peut sortir, si on peut aller avec la mascarine, si on peut aller sans mascarine. Nous avons trois ans d'infirme de gestion de la Covid, avec beaucoup de normes, beaucoup de normes.
Mais faire ça dans un moment après la Covid, où les gens ont envie de toutes les règles, de savoir quand on pouvait sortir ou pas, s'il fallait mettre un mascar ou pas, après des mois de gestion infernale au niveau national du Covid.
Et
c'était une erreur de faire le porte à porte sur le recyclage après le Covid, même si on l'avait dans le programme, donc il aurait fallu, en fait, s'adapter au moment.
Ése serait un exemple de
choses
aprendues.
C
'est un exemple de choses qu'on a appris.
Ensuite,
la question de la coopérative en viviendas, nous avons un grand referent en Amérique latine. En Amérique latine,
il
y
a
grandissime d'experience de coopérativisme avec la viviendas. Par exemple, le food ban en Uruguay. Et en général, en Europe, il y
a
trop de arrogance, et nous avons beaucoup de
choses à
apprendre de l'Amérique latine et de nombreux autres pays du monde.
A
propos des habitats coopératifs, on s'est beaucoup inspiré de le food ban, par exemple, en Uruguay. Et moi, je dis toujours qu'on a beaucoup de choses à apprendre, en particulier de l'Amérique latine.
C'est
en viviendas, mais ensuite, en général, l'économie sociale et coopérative, en Barcelone et en Catalogne, il y
a
une tradition très forte en la République, que la dictature reprimait.
Et
en réalité, il y
a
de l'économie
d'y
aider à récupérer un territoire qui
existait. A
propos du logement,
il
y avait avant quelque chose au niveau des coopératives, mais le républicanisme a réprimé ça. Non,
le républicanisme, non
? Franco, la dictadura. Franco a réprimé ça. Donc, en fait, il s'agit plutôt d'aller récupérer du préexistant et de le refaire surgir, plus ou moins. Sous-titrage Société
Radio-Canada
et de
l'économie d
'économie
d'économie
d'économie
d
'économie d'économie d'économie d'économie d'économie. Nous avons appris à gestionarlo avec le temps.
Au
début, nous avons fait l'errore de dire que le défaire, un objectif que nous cherchons, c
'est
distrair, c'est changer tes priorités, c
'est
concentrure, que se parle du défaire et ne pas de les politiques que tu veux faire. Donc, au début, nous minimisons la réponse au défaire. Et sur la question du lawfare, moi, je pense qu'il faut essayer d'apporter une réponse internationale et que localement, on n'y arrivera pas. Au début, on a un peu laissé ça de côté parce qu'on se disait que c'était quelque chose qui était fait pour nous distraire, pour nous éloigner de nos objectifs.
Et
on a minimisé ce problème. Mais finalement, en fait, ils ont réussi à atteindre leurs objectifs parce que toutes ces campagnes de l'offert ça venait faire des mauvaises rumeurs à nos propos. Et aujourd'hui encore on en parle, même si aujourd'hui on pourrait en rire, mais ça a quand même atteint l'objectif. Chaque semaine,
on
me demandait si j'avais déménagé ou pas.
Il y
avait des histoires qui disaient que j'avais acheté des palais dans plein de quartiers de Barcelone. Alors
que
moi j'ai toujours vécu et pendant tous les mandats dans le même logement que j'avais en location dans un immeuble. Et quand j
'ai
passé, j'ai de
sortir
de ma maison, de toujours, et rencontrer une vécine
qui
me demande, «Ah, comment tu par ici ? »
Et
ça m'est déjà arrivé de sortir de chez moi, de croiser une voisine et qu'elle me dise, «Ah, mais qu
'est
-ce que
tu
fais là ? Mais toi, tu n'habites plus ici
? »
C
'est
très difficile d'enlever ça et de rétablir la vérité derrière, alors qu'en fait on m'avait vu sortir de chez moi plein de fois, mais non, c'était la fake news qui perdurait dans les cerveaux. Et ils se disaient même que dans mon quartier le wifi ne marchait plus, il n
'y
avait pas internet qui marchait parce que c'est moi qui avais demandé à ce que ce soit enlevé.
Absurde.
Bon, donc, avec tout ça, nous avons commencé à faire un travail légal de exigir rectification à chaque fake news, de répondre à l'offer. O sea, c'est qu'on a fait ensuite, c'est qu'on s'est organisé et on a répondu métodiquement à chaque fake news en exigant des rectifications, des démentis.
Mais
en
plus
de cette réponse, qui est réactif, je crois que il y
a
un travail international entre nous, toutes les forces progresistes, parce qu'en fait,
on
se rend compte que partout, derrière ce sont les mêmes élites, les élites financières, les élites immobilières, les élites technologiques. Et
je
crois que là-dessus, on doit apprendre, ça peut paraître une provocation, mais on doit apprendre de l'extrême droite, qui est très efficace sur ça.
Et
même si il
y a
déjà une solidarité internationale qui est en place, je crois qu'il faut vraiment qu'on s'organise pour avoir vraiment des campagnes communes, internationales, efficaces et organisées. Denunciant de nous autres à les élites et non seulement defendiéndonos, mais que se sommes nous qui les denunciem à elles.
Et
juste, ne pas seulement se défendre, mais nous, attaquer les élites et aller leur demander des comptes directement, sans être dans la réaction.
Et
finalement, la question de la santé mentale, c'est vrai que nous, on l'a fait, mais on n
'a
pas fait seulement ça, sur renforcer les services publics qui existaient dans la ville,
mais
que nous avons créé nouveaux services
et
on a créé de nouveaux services parce qu'on avait, on a vu qu'il y avait des choses qui n'étaient pas couvertes et il fallait créer de nouveaux services. C
'est
un parti de traditionnel, non le haria nunca, parce qu'il n'y avait pas
la
demande, personne ne lui demandait à l'ayuntement que nous
avons
créé un psychologue municipal.
Et
ça, avant, dans les partis traditionnels,
ça
n
'était
jamais arrivé, parce qu'il n
'y avait
personne qui pouvait leur demander d'aller créer un nouveau poste de psychologue.
Mais
nous, nous savions que c'était une nécessité. Nous avons créé un psychologue municipal, nous
avons
créé un dentiste municipal qui a été très important, ou c'est, mille de personnes qui avaient des années
sans
pouvoir sonreur, qui avaient des
problèmes
de autoestima, qui avaient des
problèmes
pour chercher travail par la boca que avaient, qui est une partie du corps igual d'importante que la tête ou les pieds, mais qui
n
'ont pas dans la santé publique, nous avons créé un dentiste municipal qui a t'attendre à mille de personnes.
Et
au-delà du psychologue municipal, on a aussi ouvert un poste de dentiste municipal, où il y a plusieurs milliers de personnes qui sont allées. Et c'est des gens qui ne pouvaient plus sourire depuis des années, souvent qui avaient perdu leur autoestime, qui n'arrivaient pas à trouver de travail, parce que c'est quelque chose d'important de se sentir bien pour pouvoir aller chercher du travail.
Et
donc, ça a démontré l'importance de qu'effectivement, la politique doit être au service des nécessités de la personne. Et si il
y
a des nécessités non couvertes, comme la santé mentale ou le dentiste, même si ce
n
'est pas une compétence municipale, nous avons cherché des ressources pour le
faire
possible.
Et
le service public doit répondre aux demandes des gens. Même si ce n
'est
pas la compétence de la municipalité, on doit trouver des réponses concrètes aux problèmes des gens.
Merci
beaucoup, Ada. On va peut-être reprendre deux, trois, quatre questions maximum, mais on va demander d'être synthétiques. Là-bas, il
y
a quelqu'un qui
peut... Ada,
merci beaucoup pour ce moment, ma admiration totale, Hermana. A mi me gustaría, tal vez, faire une question concernant la migration. Comment se gestionait la migration dans ce qui est Barcelone ? Qu'est-ce qui
a été
fait pour la population migrante ? Merci.
Je vais juste traduire cette question. C'est une question relative aux migrations. Qu'est-ce qui a été fait à Barcelone pour les personnes migrantes pendant qu'Ada était maire ?
Bonjour
et merci, Ada, pour cette présentation. Je suis architecte urbaniste de formation et Barcelone a toujours été un cas d'école vraiment très intéressant. Et le chapitre que vous avez ouvert avec la transformation de la ville et la réappropriation est vraiment passionnante.
La
question, elle est, aujourd'hui, on a beaucoup de spéculations foncières en France. Nous,
on
vient de Nantes, par exemple, une ville qui est depuis 30 ans en main des socialistes et qui laisse complètement les investisseurs gérer tout ce qui est logement, tout ce qui est... Comment vous avez mis,
la
question,
elle
est, comment vous avez mis, finalement, autour de la table ce monde-là de l'investissement et comment vous avez posé les règles de ce nouveau mandat pour, justement, ouvrir
le
logement à plus de personnes et aux habitants ? Merci. Bonjour. Moi, j'ai une question sur le lien avec les partis. Il ne me semble pas qu'on en ait beaucoup parlé. Quels sont les liens ? Enfin, qu'est-ce qui fait, à un moment, quand on est municipaliste et qu'on vient du mouvement social, qu'on se dit qu'on va se présenter, alors qu'il y a déjà des partis qui sont là et qu'il y a cette petite musique de... Ça va nous diviser. Et comment ça s'est passé pour vous
? Je
vais en prendre une dernière.
Merci, Ada, pour tout ce que tu... Ah, pardon. OK. J'avais une question très simple d'ordre d'organisation. Vous êtes, à part cela en commun, un mouvement, parce que ce n
'est
pas un parti, mais un mouvement municipaliste super organisé. et je voulais savoir, selon vous, qu'est-ce que vous avez fait d'innovant dans l'organisation interne qui a permis tout simplement de gagner des voix pour gagner ? Qu'est-ce qui fait que vous avez été plus efficace que les autres mouvements politiques en termes d'organisation
? Alors, on
va laisser, bien sûr, Ada répondre. Juste, il nous reste moins de 10 minutes. Donc, après, on devra laisser les lieux.
Merci. Migration, un thème fondamental, c'est plus de un quart de la population de Barcelone, c'est de origen migrante extracomunitaire.
Alors,
la migration c'est un thème absolument fondamental, puisque plus du quart de la population de Barcelone est d'origine étrangère, migrante, extracomunitaire.
Nous
vivons dans la honte de vivre dans un pays où il y
a
un racisme institutionnel, avec des lois qui relèvent d'un racisme institutionnel.
Il
y a des milliers de gens qui travaillent depuis des années à Barcelone et qui n'ont pas de papier, et donc qui n'ont pas accès à des droits élémentaires.
Ça
génère un énorme sentiment d'impuissance et de frustration, d'autant plus que la gestion des étrangers ne relèvent pas de la ville de Barcelone.
Une des situations que plus de douleur et plus d'impotence nous généreux durant les 8 ans de gouvernement c'est la falsa polémique que les élites et certains secteurs policiaux ont généré avec la vente ambulante
Et
il y a une chose qui nous a provoqué beaucoup de douleur et de frustration c'est la campagne ignoble qui a mis en place les pouvoirs médiatiques et les élites contre les personnes migrantes qui font de la vente ambulante.
Parce que c'est vrai que la policière doit appliquer la loi et la loi est raciste. Mais nous ne voulions pas que la policière de Barcelone ait cette loi. Mais tu ne peux pas
le
dire au policier que desobedece la loi. Donc c
'est
vraiment une situation très difficile.
Alors,
c
'est
vrai que la policière devait appliquer la loi contre les personnes migrantes qui font de la vente ambulante Mais nous, on a considéré cette loi était raciste et donc on a demandé à la police de ne pas... On ne pouvait pas demander...
Non, non, non le podemos
pedir. On ne pouvait pas... Excusez, perdón la parole. On ne pouvait pas demander à la police de ne pas appliquer cette loi raciste.
Mais
oui, nous demandons qu'on change la loi. Comme ayuntament,
nous
avons fait beaucoup de initiatives pour demander le changement de la loi et que les personnes réguliezent les personnes, en premier lieu.
En
premier lieu, nous avons fait beaucoup de demandes depuis la mairie pour que cette loi soit changée et pour que ces personnes soient régulierées.
Et
avec les instruments que nous avons de municipalité, nous avons essayé de inventer manières pour donner des droits et protéger les personnes migrantes.
Et
avec les instruments que nous avons depuis la mairie, nous avons créé des manières et des outils pour donner plus de droits à ces personnes migrantes.
Par
exemple, le padron, le registre municipal, où les citoyens
sont registrés,
nous avons fait libre pour que chaque personne, même si elle n'ait pas domicilie, même si elle
n
'ait pas une direction, nous
avons
donné la direction du ayuntament pour que tout le monde puisse se registrer et puisse accéder à la santé, à l'éducation et aux services basiques.
On
a ouvert le registre municipal à tout le monde, même aux gens qui n'avaient pas de domicilie fixe, ce qui permettait à des gens de s'enregistrer, notamment à l'adresse de la mairie, et donc avoir accès à des droits, des services publics, des services sociaux de base, telles que la santé.
Oui,
et donc la droite et les médias nous ont critiqués en disant, en fait,
que
des gens de d'autres villes allaient à Barcelone pour s'enregistrer sur une adresse et donc avoir accès aux services sociaux, et donc la droite disait que Barcelone faisait la promociation d'un appel d'air de personnes migrantes.
On
a maintenu cette politique et on est même allé plus loin, puisqu'on a mis en place des politiques de coopérative pour que des personnes sans papier puissent plus facilement accéder aux papiers.
Ce
sont des exemples qui montrent que même si on ne peut pas changer la loi, on peut essayer de faire notre maximum pour corriger cette injustice.
Avec
les loisiers c'est un peu le même problème, c'est une loi nationale.
Alors,
c'est une loi, effectivement, c'est une loi nationale, mais nous, on a mis en place un règlement pour obliger cette immobilière qui construise des logements neufs à faire au moins 30% de logements sociaux pour chaque nouvel immeuble construit.
Autre norme que nous avons
fait
sur l'urbanisme, c'est très technique, tanteo et retrace. C
'est
que cualquier vivienda que se vende en Barcelone, premièrement, elle doit se
la
offrir à l'ayonnement,
pour
si elle veut la compter. Pour si elle veut la compter, non
?
En fait, c
'est
aussi un règlement urbanistique,
c
'est-à-dire la mise en place d'un droit de préemption.
Et
grâce à ce droit de préemption, ils ont pu acheter de nombreux logements à un prix qui était plus bas que celui du marché.
Et
avec cette norme, on a pu éliminer l'argent, l'argent sale, en fait, de beaucoup de transactions immobilières, puisque le marché de l'immobilier, en fait, est parasité par l'argent sale.
Et
ce système nous a permis d'acheter des logements dans des endroits où il n'y avait presque pas de logements sociaux, et donc de construire des logements sociaux partout dans la ville, même dans les quartiers d
'un
n'y avait pas. Et donc, on a fait tout un lobby auprès de l'État pour enfin obtenir une loi que au début le Parti Socialiste rejetait, une loi de régulation des loyers qui est enfin mise en place, notamment grâce à notre lobbying.
Et
aussi,
notamment, et aussi de l'immobilier de l'immobilier.
Et puis, pourquoi me présenté si me disaient que nous devions à dividir la izquierda ? Nous nous présentons parce qu'il y avait une crise de la même représentation démocratique.
Donc,
nous avons beaucoup de
gens
qui ne pouvaient à aucun parti. qui
ne
pouvaient pas à dividir. Nous avons mis en train d
'un
programme et à un projet de la ville.
Si
je me suis présentée, c'est parce qu'il y a plein de personnes qui, de toute façon, n'auraient pas voté pour aucun des partis politiques de gauche. Et donc, on n'a pas divisé. Au contraire, on a rassemblé des gens qui n'auraient pas voté pour des partis.
Et,
sur comment nous organisons, Barcelone en commun, nous avons essayé d'apprendre de beaucoup d'autres expériences, de l'Amérique latine, de expériences aussi de syndicalisme, de base en les pays américains, d'autres pays européens. Nous avons appris de beaucoup d'autres endroits et nous avons fait organisation dans les barrières, avec les barrières
de l
'Assemblée. Et comment on s'est organisé ?
Qu
'est-ce qu'on a fait à Barcelone en commun ? On a beaucoup appris des expériences étrangères, beaucoup d'Amérique latine, européenne, le syndicalisme de base, donc l'auto-organising des États-Unis.
Et
on a, par exemple, créé des assemblées de quartier.
Une
organisation totalement abierta, que non nécessitas carnet pour participer.
Avec
une organisation complètement ouverte, où il n
'y a
pas besoin de prendre une adhésion pour participer. Et où, par exemple, nous avons fait campagnes toujours basées sur la rue,
en
faire des
choses
avec la personne, avec beaucoup de créativité, aussi utilisant beaucoup d'éléments artistiques, beaucoup de musique, d'éléments culturels.
Et
on a toutes nos campagnes, c'était des campagnes de rue, des campagnes où on prenait toutes les volontés, enfin, on mettait de la culture, de l'art, ces innovations-là, de la musique. Et aussi, avec des systèmes que nous avons essayé, comme le porte-à-porte, pour aller parler avec la personne directement, maison par maison. Et, par exemple, le système du porte-à-porte, où on va voir directement les gens, un par un, et leur parler. Les appelés téléphoniques.
Les appels
téléphoniques. On n'a pas voulu faire de campagne traditionnelle, on a voulu mettre de la créativité et être en contact directement avec les gens, tout le temps, tout le temps.
Merci beaucoup, Ada. Notre entretien touche à sa femme, mais je vais te laisser le dernier mot, évidemment. Je tiens à remercier Julie et Raphaël qui ont traduit. Et je voudrais venir sur le dernier mot qui boucle un peu la discussion qu'on a eue et qui, à mon avis, a semé des graines un peu partout. Et j'espère que dans deux ans, peut-être, tu viendras nous soutenir sur les listes municipales qu'il y aura ici ou là. Mais autour de ton coup, tu as un kéfier parce qu'un de tes premiers engagements, c'était dans le mouvement pour la paix. Et je crois que tu es très investi sur la cause palestinienne et ce qui se passe en ce moment à Gaza. Est-ce que tu veux dire un dernier mot là-dessus
? Alors,
le génocide à Gaza est la chose la plus grave qui se passe en ce moment dans le monde.
que
c'est une vulnéation de tous les droits
de la population palestinienne.
Mais
c'est aussi la remise en cause des droits de l'homme pour l'humanité entière.
A
Gaza, ce qui est en jeu, c'est notre futur, le futur de nos enfants et le futur de notre planète.
Moi,
je dis toujours aujourd'hui que les seigneurs de guerre sont en
train
de gagner des positions.
Que
ce soit avec l'Ukraine, avec Gaza, on entend de plus en plus en Europe des discours bellicistes qui veulent augmenter les dépenses militaires et nous amener vers la guerre.
Mais
si nous demandons à la population mondiale qui veut vivre dans un contexte de guerre, plus de 99% va bien sûr répondre on veut vivre en paix et non en guerre.
Pour
le temps, nous ne pouvons pas permettre
que
pocs, les seigneurs de la guerre, les grandes industries armamentistes et tout l'intérêt économique qui se muevent à son autour, nous ne pouvons pas permettre qu'ils nous prennent au génocide et au désastre qu'ils nous prennent.
Et
on ne peut pas se permettre que ce petit groupe de seigneurs de guerre avec ses industries et ses intérêts économiques nous amène à la catastrophe, au génocide vers lequel ils nous poussent.
la apartheid et le genocidio, mais surtout de la paix comme une seule option de futur.