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interviewRMC — Face à Face· 3 juin 2020 5 min

L'interview «Savoir comprendre» : Alexis Corbière - 03/06

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC, 6h-9h. Vaux d'indirect. Alexis Corbière, député La France Insoumise de Seine-Saint-Denis. Donc, notre invité sera Dama Traoré. Il va falloir qu'on tranche à un moment donné ou à un autre. Expertise contre expertise. Sera-t-on un jour la vérité ? Franchement, je le souhaite.

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Alexis Corbière

Mais moi, ce que je dénonce surtout, c'est cette technique type du plaquage ventral, utilisée à prise. On apprend ça aux policiers. On plaque l'individu en se mettant sur son dos. Je pense à M. Cédric Chouvia, si je ne défend pas son nom, qui était un livreur, qui peut-être de manière sanguine avait eu des mots, mais s'est fait plaquer par la police au sol, a perdu la vie. Et c'est le même cas. Et on avait d'ailleurs proposé une proposition de loi. C'était ma collègue Daniel Obono et d'autres. Et j'en étais signataire. Pour qu'on arrête d'enseigner ça aux policiers. C'est une technique dangereuse. Et il est indiscutable qu'Adama Traoré a perdu la vie.

Aussi en raison, parce qu'on l'a plaqué vigoureusement au sol, que trois policiers lui sont tombés dessus. Et que c'est extrêmement dangereux.

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Présentateur

Bien Alexis Corbière, parlons du plafonnement des frais bancaires. L'Assemblée Nationale va examiner jeudi votre proposition de loi. La vôtre est celle de votre groupe, la France Insoumise. Aujourd'hui, je rappelle, les frais sont plafonnés à 25 euros par mois et 300 euros par an pour les personnes fragiles financièrement, dès le mois suivant l'apparition des difficultés. Que demandez-vous ?

1:19
Alexis Corbière

Moi, ce que je demande, c'est une loi pour que tout le monde, tout le monde, pas seulement ce que les banques ont identifié comme étant les clients fragiles, mais par ailleurs, les banques ont compris que ces gens vont terminer, si je puis dire, en commission d'endettement, et que la banque ne touchera plus rien. Mais tout le monde, moi j'ai des cas. Je vais dire, Xavier, 50 ans, il est gérant d'une TPE, métallurgie. C'est des cas concrets que je connais. C'est un travailleur indépendant. Chaque mois, il prend 230 euros de frais bancaires. À la fin de l'année, 2400 euros. Isabelle, 35 ans, elle est auxiliaire puricultrice.

Elle, c'est 150 euros par mois à la fin de l'année, 1680 euros de frais bancaires. C'est un mois de salaire qui s'en va là-dedans. Ce ne sont pas des gens pauvres, complètement. Ce sont des gens, comment dirais-je, qui ont du travail. Mais qui sont en plus, parce que des petites difficultés. C'est quoi le fond du problème ? De quoi parle-t-on ? Lorsque vous émettez un chèque, vous êtes à découvert, la banque vous rejette votre chèque. Très bien. Mais ce refus, en plus, elle vous le facture 15 euros. La simple lettre qu'il vous envoyait, qui est fait aujourd'hui, c'est un ordinateur. Ce n'est même plus un agent de la banque. L'agent de la banque, il a juste cliqué, facturé 15 euros.

C'est scandaleux. Vous comprenez ? Je comprends très bien qu'un client n'a pas à imposer une banque que la banque lui avance de l'argent. Mais le simple non coûte 15 euros. Si Jean-Jacques Bourdin, je vous dis, Jean-Jacques Bourdin, prêtez-moi 50 euros. Vous me dites non. Vous ne dites pas. Non seulement c'est non, mais en plus, mon non, je vous le facture 15 euros. Vous comprenez la absurdité du truc ? Que proposez-vous ? Je termine. C'est 7 milliards d'euros qui sont estimés. C'est énorme. On parle souvent du pouvoir d'achat. Moi, je propose de plafonner par la loi. Pas seulement une incitation dans un accord avec les banques, parce qu'en 2018, il y a eu la même chose.

Et ça a touché finalement peu de personnes. On en estime à peu près à 8 millions de gens qui payent des frais bancaires. Et le dispositif gouvernemental, c'était à peu près 1 million. Moi, je dis pour tous, pas plus de 2 euros le prix de l'opération, pas plus de 20 euros par mois, pas plus de 200 euros par an. Ça, c'est ce que je propose, moi. Un plafond. Un plafond, voilà, plafonné. Je ne dis pas zéro. Je peux entendre que le petit cliquement du matin de l'argent, ça coûte quelques centimes. Et que, bon, mais pas ce matraquage, pas cette logique folle qui se met en place, qui fait que des gens sont en situation de grandes difficultés.

Et je vous dis, perdent quasiment un mois de salaire à la fin de l'année, en raison de tout ça. Alors, le débat avec le gouvernement, c'est que lui, il ne veut pas légiférer. Il me dit, d'abord, ils se sont moqués de moi quand j'avais déjà posé le problème il y a quelques mois, en disant, ah, vous êtes à côté de la plaque. On a réglé, m'ont-ils dit, le problème en 2018. Sauf que maintenant, même Bruno Le Maire, et je l'en remercie à l'occasion de l'émission dimanche dernier, reconnaît qu'il y a un problème qui n'est toujours pas réglé. Il dit qu'il va me répondre demain à l'Assemblée. Je suis partant. On va avoir un beau débat.

Moi, je dis, bien sûr, il faut inciter les banques, mais aussi la loi pour cadrer ça. Et que ça concerne tout le monde. Les particuliers, et aussi, n'oubliez pas, les travailleurs indépendants, parce qu'aujourd'hui, tous ces petits commerçants avec lesquels vous discutez souvent, ils en prennent aussi plein la figure. Et les banques ne les aident pas. Donc, vous voyez, c'est une question importante. 7 milliards d'euros. Dernier argument, les banques, quand je les ai eues, m'ont dit, mais ce chiffre, c'est votre chiffre. Et je leur ai demandé, mais quel est le vôtre ? Ils m'ont dit, nous, on ne peut pas l'estimer.

Moi, je demande aussi dans la loi que les banques rendent publiques combien elles perçoivent de tout ça. Pierre Moscovici, en 2013 déjà, je ne parle pas d'un insoumis. Tout le monde sait qui est Pierre Moscovici. Il va d'ailleurs même être président de la Cour des comptes. Il avait dit à ce sujet, je le cite, « Personne n'ignore que ces frais représentent une part importante des revenus des banques. Il n'est pas acceptable que le modèle économique de la banque repose sur la vulnérabilité de nos concitoyens. » Moscovici disait ça en 2013. Il parlait de vulnérabilité de nos concitoyens et d'un modèle économique où aujourd'hui les banques font du profit là-dessus sur la galère des gens.

Je ne suis pas d'accord.

4:42
Présentateur

Bien, Alexis Corbière, ce matin, notre invité. Nous suivrons le débat demain à l'Assemblée nationale. Merci beaucoup.

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