François Hollande, avant les européennes : "Je vais voter pour les socialistes, encore faut-il qu'il y en ait"
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Questions et réponses
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Si vous deviez résumer cette crise en quelques mots, que diriez-vous ?
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Est-ce que vous en prenez votre part ?
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Est-ce que c'est finalement un objectif politique qui n'est pas respectable en soi ?
- 7:06RelanceRéponse directe
Est-ce qu'en effet ça n'est pas un peu facile de venir faire l'inspection des travaux finis ?
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Est-ce que vous y croyez ?
- 13:10OuverteÉludée
Est-ce que c'est un bon choix ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:38InvitéFait
« j'ai fait une réforme, l'organisation des territoires, je la pense juste, je la pense nécessaire »
- 3:34InvitéFait
« j'ai redressé les comptes publics dans un moment où ce n'est pas forcément ce qu'on demande à la gauche »
- 3:59InvitéFait
« j'ai demandé aux plus favorisés de faire un effort plus conséquent »
- 4:24InvitéFait
« vous racontez l'exaspération des retraités, le courroux suscité justement par la suppression de l'ISF »
- 4:40InvitéFait
« la crise des gilets jaunes elle vient de loin mais ça cristallise avec une manière de gouverner d'Emmanuel Macron »
- 6:16InvitéFait
« il n'y a plus une décision qui est prise dans ce pays. Il n'y a plus une réforme qui est engagée »
- 7:14InvitéFait
« je ne fais pas l'inspection des travaux finis, j'ai fait mon travail »
- 7:35InvitéFait
« j'ai eu comme président à faire des choix extrêmement douloureux, difficiles »
- 8:53InvitéFait
« en France un danger majeur que l'extrême droite puisse un jour prétendre au pouvoir »
- 21:40InvitéFait
« j'avais fait voter une loi par le parlement permettant qu'à mesure que l'allongement de la vie se concrétisait, il y ait un allongement de la durée de cotisation jusqu'en 2030 »
Temps de parole
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Nous recevons ce matin dans le grand entretien de la matinale d'Inter l'ancien président de la République, François Hollande. Il publie une nouvelle édition enrichie des leçons du pouvoir, désormais disponible au livre de poche. Vous pourrez dialoguer avec lui évidemment dans une dizaine de minutes au 01 45 24 7000 ou dès maintenant sur les réseaux sociaux et l'application mobile France Inter. François Hollande, bonjour. Bonjour. Et merci d'être au micro d'Inter ce matin.
Parmi les pages inédites de cette nouvelle édition, celle que vous consacrez aux Gilets jaunes, vous dites que lors de la grande tournée que vous avez effectuée en France, où vous avez rencontré 30 000 Français à vue de nez autour de votre livre, vous dites donc que vous avez senti, et je vous cite, une colère sourde qui montait, mais que vous n'aviez pas imaginé qu'elle prendrait la forme que l'on connaît depuis 20 semaines maintenant, que dure le mouvement des Gilets jaunes. Si vous deviez résumer cette crise en quelques mots, que diriez-vous ? Est-ce une crise sociale aux racines anciennes, une crise institutionnelle ? Quelle est votre analyse ?
C'est une crise profonde, donc elle remonte à loin, sûrement, c'est-à-dire de territoires qui se sentent délaissés, de personnes qui s'imaginent ou se vivent oubliées, et d'une injustice qui est aujourd'hui devenue intolérable, dans la diversité des situations. Cette colère, elle s'est accumulée, et elle a éclaté à l'occasion de ce qu'a été une mesure, en l'occurrence une mesure fiscale, mais elle n'était que le déclencheur. Et ce que j'avais senti depuis un an, c'est que chacun venait avec une bonne raison de ne pas être content, et de pouvoir à un moment exprimer son désarroi, voire sa colère.
Et qu'il ne trouvait plus, ce citoyen, forcément le canal d'expression auprès des partis politiques, ou auprès des syndicats, alors même que c'est dans la représentation nationale ce qu'il convient jusqu'à présent de faire. Donc il y a cette crise sociale, cette crise territoriale, et cette crise institutionnelle. On doit y répondre avec des mesures qui, justement, doivent traiter les causes, et pas simplement les conséquences.
Vous l'a dites ancienne, cette crise, François Hollande, l'exécutif parle d'une crise vieille de 30 ou 40 ans qui vient d'exploser là, donc au mois de mi-novembre dernier. Est-ce que vous en prenez votre part ?
Si je dis qu'elle est profonde, j'ai gouverné la France, j'ai présidé pendant 5 ans le pays, je ne peux pas m'exonérer de quelques responsabilités. Alors lesquelles, en l'occurrence ? Par exemple, sur la question du territoire, j'ai fait une réforme, l'organisation des territoires, je la pense juste, je la pense nécessaire, mais il y a des citoyens qui se sentent éloignés. Les métropoles, par exemple, qui paraissent être une nécessité pour construire des politiques, sont regardées, sont vécues comme des lieux où le pouvoir se concentre, la richesse s'accumule, les moyens d'information également sont à la disposition des mêmes, donc il faut remettre de l'égalité entre les territoires.
Ça c'est votre père Coulpa,
et il s'arrête là.
Non, mais après, il y a aussi des politiques de pouvoir d'achat qui n'ont pas été à la hauteur de ce qui était attendu. Ça veut dire quoi ? On a traversé quand même une crise économique profonde depuis 2008, et donc moi j'ai eu à prendre des décisions qui n'étaient pas faciles. Je les ai prises. Néanmoins, avec le principe de la justice, et c'est là que je veux en venir. Moi j'ai redressé les comptes publics dans un moment où ce n'est pas forcément ce qu'on demande à la gauche. j'ai été amené à faire des choix sur les politiques industrielles de soutien aux entreprises. Ce n'est pas non plus qu'on spontanément on attendait le CICE. Je l'ai fait et je le revendique.
Parce que c'était la seule manière de sauver des entreprises, donc des emplois. Mais je l'ai toujours faite, cette politique, avec le souci de la justice sociale. J'ai demandé aux plus favorisés de faire un effort plus conséquent. Ce qui s'est passé depuis maintenant presque deux ans, c'est cette rupture. C'est-à-dire le fait que l'on a exonéré les plus fortunés et que l'on a demandé à tous les autres, je dis bien à tous les autres, de faire l'effort qui aujourd'hui n'était pas forcément nécessaire dès lors que la croissance avait été retrouvée par les choix que j'avais faits.
Alors dans ce livre vous racontez l'exaspération des retraités, le courroux suscité justement par la suppression de l'ISF. Vous dites l'indignation devant les injustices alors que la croissance revient, l'arrogance et une pratique du pouvoir qui a fini par insupporter. Bref, ce que vous dites c'est que la crise des gilets jaunes elle vient de loin mais ça cristallise avec une manière de gouverner d'Emmanuel Macron. Il faut le dire clairement là. Mais je le dis aussi clairement que je le fais à ce micro, je l'écris dans le livre. Le pays il a besoin d'apaisement. On peut regarder ma politique ou ma présidence de multiples façons. Je n'ai jamais heurté la société française.
Je n'ai jamais voulu la diviser. Et lorsqu'il s'est produit les attentats, j'ai veillé plus qu'à aucun autre objectif que nous puissions tenir debout ensemble. Donc je sais ce qu'est la fragilité d'une société. J'ai également mesuré l'individualisation, la fragmentation. Chacun a son problème et évite de regarder la globalité. Évite de pouvoir comprendre ce qui le lie à d'autres. Nous sommes dans une société qui aujourd'hui est plus tendue, parfois même plus violente. On en a eu l'expression. Donc dans ces périodes-là, ce que l'attend du président, au-delà des choix qu'il peut faire, c'est qu'il apaise. C'est qu'il... Il voulait tout changer.
Est-ce que c'est finalement un objectif politique qui n'est pas respectable en soi ? Est-ce que la France n'est pas réformable, n'est plus réformable ?
Si, je pense qu'elle l'est. Changer, réformer, ça fait partie de ce que tout président doit porter avec ses orientations et ses convictions. Il y a plusieurs façons de réformer, il y a plusieurs changements, d'autres certains qui sont bons, d'autres qui sont mauvais. Mais la méthode compte beaucoup. Et d'ailleurs, c'est très intéressant ce qui se produit en ce moment, hélas, assez déplorable. C'est-à-dire à vouloir tout brusquer, tout changer, tout réformer, le pays s'est arrêté. Mais le gouvernement aussi s'est arrêté. Depuis six mois. Six mois. Depuis le début de ce qu'on a appelé le mouvement des gilets jaunes. Il n'y a plus une décision qui est prise dans ce pays.
Il n'y a plus une réforme qui est engagée. Il n'y a plus une négociation qui est menée à bien. Là, on dit c'est le débat, c'est le grand débat. Le débat, il sert effectivement à pouvoir retenir ce qu'au plus profond de la société française, les citoyens souhaitent. Mais ça n'empêche pas de décider, ça n'empêche pas d'agir, ça n'empêche pas de réformer. Donc c'est la paralysie aujourd'hui en France. Mais oui, parce que quand on veut aller trop vite, le moteur s'arrête et puis le conducteur est mis en cause. Les réactions à vos propos, elles ont été violentes quand même. Hier, Yannick Jadot qui dit quel culot, ce type est quand même incroyable. Il continue à donner la leçon à tout le monde.
Gérald Darmanin qui était assis à votre place dans la matinale de France Inter parle du grand causeux et du petit feuseux. C'est vous. C'est vous dont on parle. Est-ce qu'en effet ça n'est pas un peu facile de venir faire l'inspection des travaux finis pour délivrer une leçon de bon gouvernement ? Mais moi je ne fais pas l'inspection des travaux finis, j'ai fait mon travail. Ce n'est pas pareil. Je ne viens pas sans avoir moi-même ma propre expérience, sans avoir moi-même mon propre bilan. Je ne viens pas comme ça si j'étais sorti de nulle part. J'ai pris ma part dans le redressement du pays, dans ce qu'il a pu affronter comme crise.
J'ai eu comme président à faire des choix extrêmement douloureux, difficiles. J'ai assumé un certain nombre de décisions intérieures, extérieures. Donc aujourd'hui qu'est-ce qui se passe dans notre démocratie ? Précisément toutes ces phrases. C'est le manque de responsabilité. Parce que tout le monde change. L'un était écologiste, il se retrouve au gouvernement, l'autre était de gauche, il est devenu de droite et inversement. Où est la constance ? Où est la conviction ? Où est la responsabilité ? Face à ce nationalisme qui progresse partout, à cette extrême droite qui est là, qui attend son tour.
On a une vie politique où on fait comme si ce qui comptait c'est simplement sa petite place ou son rôle dans un gouvernement ou sa quête de responsabilité, en fait, d'irresponsabilité. C'est ça qui se passe. C'est l'irresponsabilité généralisée ? Le macronisme ? Je n'ai pas dit... Non mais vous dites l'un était à droite, il est devenu à gauche. Je parle aussi de ceux qui sont dans les partis de gouvernement et c'est ça le plus grave.
Quand il y a cette crise dont on vient de parler, quand il y a ce monde qui est devenu encore plus menaçant, quand il y a Donald Trump qui érige le nationalisme en règle de conduite et de comportement, quand il y a en Europe une extrême droite qui progresse scrutin après scrutin et qui gouverne un certain nombre de pays, lorsqu'il y a en France un danger majeur que l'extrême droite puisse un jour prétendre au pouvoir, et bien on fait comme si tout ça était de la conversation ou de la polémique de bas étage. Non, il y a un moment où les partis de gouvernement, moi je ne mets pas simplement en cause le pouvoir actuel, je pense que les partis de gouvernement ne sont pas à la hauteur.
Quand la droite prend un candidat ou une orientation qui est plus à droite encore que certains propos du Front National, comment comprendre ? Et quand la gauche est en train de savoir qui va faire 6 ou qui va faire 7 pour arriver en tête dans un scrutin où l'enjeu c'est quand même l'Europe et de savoir comment on l'oriente, oui, je dis attention, il y a un moment où une parole doit être prononcée, la mienne, j'ai exercé le pouvoir, j'ai dirigé longtemps la gauche, et bien aujourd'hui je pense que tout le monde, à commencer par moi, on doit faire preuve de responsabilité.
Et quand je mets en cause une pratique du pouvoir, je ne fais pas ça pour régler un compte ou prendre une revanche, c'est parce que je pense que ça peut conduire à des solutions extrêmes. C'est dangereux ce qui se passe donc ? Oui, c'est très dangereux.
Très dangereux, pourquoi ?
Vers quoi ? C'est dangereux parce qu'aujourd'hui il n'y a pas d'alternative qui se précise, il y a ce face-à-face entre le pouvoir actuel et l'extrême droite, il y a des partis de gouvernement qui sont dans des tendances qui ne sont pas les leurs, qui ont dérivé, il y a des syndicats qui ne demandent qu'une chose, c'est de pouvoir négocier, on les éconduit, quand on ne les empêche pas, il y a des citoyens qui s'expriment et un débat qui s'éternise. Oui, il y a un moment qu'il faut quand même que le pays se reprenne et que l'on arrête de regarder samedi après samedi ce qui va se passer. Vous avez le sentiment que ce quinquennat là, il est déjà fini ?
Non, un quinquennat dure 5 ans et je ne me permettrais pas de dire qu'au bout de 2 ans il faudrait passer déjà à autre chose. Moi je souhaite qu'à la suite du débat, du grand débat, le président, le gouvernement prenne des décisions, je souhaite que les partis de gouvernement comprennent qu'ils doivent reprenter des alternatives crédibles. Je pense qu'il est très important qu'on sente ce qui se passe dans le pays, c'est-à-dire avec une tentation de l'enfermement, du repli ou de la violence. Je crois qu'il faut l'entendre. Mais il y a aussi ce qui est positif dans le pays. Il y a plusieurs choses positives.
Aujourd'hui je fais rencontre avec les lycéens parce que je voulais leur parler de l'Europe. Il y a plusieurs choses positives. D'abord il y a un besoin de justice sociale. On ne va pas se plaindre. Il y a un besoin d'égalité. Il y a un besoin de pouvoir avoir sa part dans la démocratie. Il y a une deuxième expression très positive. C'est la mobilisation pour le climat. Une génération est en train de se lever en disant ça ne peut plus durer. Et on veut que les pouvoirs publics ou qu'ils soient prennent des décisions. Donc je pense qu'il y a aussi une vitalité dans la société française.
Une question encore. Ismaël Emelien, le conseiller d'Emmanuel Macron, a déclaré que si Emmanuel Macron n'avait pas de résultat, il ne se représenterait pas en 2022. Est-ce que vous y croyez ? Ça rappelle ce que vous disiez vous-même sur l'inversion de la courbe du chômage à laquelle vous aviez conditionné votre propre candidature.
Les résultats bien sûr conduisent à des décisions à un moment ou à un autre pour demander un nouveau mandat. Mais moi ce n'était pas ça qui m'a empêché. Ce qui m'a empêché ce n'était pas l'absence de résultats. Il y avait des résultats et notamment la version de la courbe du chômage. C'est le fait de la division de la gauche. C'est le fait de l'incapacité qu'on avait à se rassembler et à éviter face à face entre la droite et l'extrême droite. Eh bien ce que je dénonçais hier continue de se produire aujourd'hui.
Et ça ça ne se reproduira pas avec Emmanuel Macron vu que La République En Marche marche mieux que le Parti Socialiste
à votre époque. Ça on verra bien. Mais ce que je veux dire c'est qu'on ne peut pas imaginer que le pouvoir ait comme stratégie de se retrouver face au Front National. Nous avons besoin d'alternatives démocratiques. Il y a des grandes forces de gouvernement à droite comme à gauche qui doivent prétendre à être au second tour d'une élection et écarter l'extrême droite. Alors la division de la gauche François Hollande c'est un fait sans précédent pour le Parti Socialiste Olivier Faure a décidé de ne pas aller lui-même aux élections européennes. Il fait liste commune avec le mouvement Place Publique. La tête de liste est confiée à Raphaël Guxman. Est-ce que c'est un bon choix ?
Moi je ne m'intéresse plus à la vie des partis et du Parti Socialiste que j'ai dirigé en son temps. Vous ne vous intéressez plus au Parti Socialiste ? Je ne m'intéresse pas à la vie des partis. Je ne suis plus un dirigeant de partis. Je ne veux pas me mettre dans cette situation. J'ai dirigé pendant 11 ans le Parti Socialiste. Et puis ensuite j'ai été plus tard son candidat puis président. Aujourd'hui je laisse les responsables du Parti Socialiste faire leur choix. Ce que je peux leur dire tout simplement c'est d'être eux-mêmes. C'est de croire en leurs idées. De défendre leur propre bilan.
D'avancer avec la foi et la conviction que la justice sociale, l'écologie, l'éducation ce sont des valeurs très fortes qui méritent d'être incarnées. et que si c'est normal de s'ouvrir à des personnalités nous avons toujours fait ça il faut y aller avec son drapeau. Parce que quand on ne croit plus à ce qui a été une grande histoire et qui doit être encore une idée d'avenir comment voulez-vous que les électeurs vous rassemblent et vous ressemblent ? Donc c'est ça qui aujourd'hui est le point majeur il faut que les socialistes croient en eux-mêmes.
Moi aussi j'ai fait ce voyage en France j'en ai rencontré vous savez des électeurs je ne parle pas des militants des électeurs de gauche votant le plus souvent socialistes qu'est-ce qu'ils disent ? Ils disent mais nous on veut une force qui avance on veut un espèce de rassemblement on veut une perspective que les grands partis
se régénèrent enfin grand parti autrefois parti socialiste les républicains se régénèrent en prenant des profils qui n'ont rien à voir avec ceux de politiciens professionnels qui sont aussi des intellectuels François-Xavier Bellamy aussi pour citer les républicains ça n'est pas bien ?
Mais les ouvertures à des personnalités ont toujours existé c'est pas ça que je mets en cause il faut aussi renouveler C'est juste ça c'est un changement de visage là selon vous ?
Non non il faut sûrement renouveler les équipes et les personnes c'est pas ça que je mets en cause il y a une idée forte et je la développe dans le livre encore aujourd'hui c'est que la social-démocratie le socialisme il doit pas simplement s'incarner autour de visages ce sont des idées c'est une pensée c'est une méthode et aujourd'hui pour régler les questions de la lutte contre les inégalités du défi climatique de la question des territoires dont je parlais je pense que la gauche et le socialisme ont des réponses que je donne d'ailleurs dans le livre et qui me paraissent être de nature à justement organiser la vie politique à remettre du clivage là où il doit être et pas cette espèce de confusion générale ou de dérive politique qui voudrait qu'aujourd'hui il n'y ait pas de parole qui ne soit qu'écologiste c'est pas vrai c'est pas vrai l'écologie fait partie de notre engagement mais tout ne se réduit pas à l'écologie on l'a bien vu d'ailleurs avec la question de l'écotaxe ou de la taxe carbone il y a besoin de justice sociale il y a besoin de croissance il y a besoin d'emploi il y a besoin
de perspectives industrielles avant de donner la parole aux auditeurs de France Inter une question rapide vous allez voter aux élections européennes ? je vote à toutes les élections et alors pour qui là ?
je voterai pour les socialistes je vote toujours pour les socialistes faut-il encore qu'il y en ait ? donc ? j'attends de voir la composition de la liste j'ai compris que Raffaël Glucksmann était le tête de liste la question que je pose c'est à quel groupe vont-ils ces candidats s'inscrire ? parce que c'est une élection européenne c'est une élection où à la fin les candidats élus doivent dire dans quel groupe ils vont s'inscrire donc à ce stade il y a pas de socialiste à ce stade je pense que les socialistes s'inscriront au groupe socialiste mais j'attends de voir si notamment Raffaël Glucksmann s'inscrira au groupe socialiste européen il peut pas y avoir
d'autres points d'atterrissage
lesquels ?
je sais pas l'écologie c'est ce que dit la sociale écologie alors c'est une élection européenne le mouvement socialiste va être sans doute la deuxième force du parlement européen qui pourrait même prétendre être la première c'est ça qui compte moi je suis pour l'Europe et je suis pour une Europe qui soit davantage orientée vers le social si on veut parler de l'Europe je dirais qu'aujourd'hui je pense qu'au-delà des élections européennes au-delà de ce qui va se passer et de la nécessité d'avoir une représentation aussi forte que possible de la gauche en Europe la vraie question c'est est-ce qu'on peut continuer comme ça à 27 et ma réponse c'est dans l'Europe à 27 il faut créer une Europe à deux la France et l'Allemagne et autour de laquelle ça s'agrègera
Catherine de Brive-la-Gaillard est au standard de France Inter et ouvre le dialogue avec François Hollande bonjour Catherine bienvenue
oui bonjour bonjour monsieur Hollande bonjour Alexandra bonjour Nicolas bonjour
bonjour
monsieur Hollande vous ne cessez de viléponder monsieur Macron élu président de la République en 2017 vous avez été président de la République je n'ai pas voté pour vous j'ai accepté votre élection ce qui me surprend c'est facile de critiquer monsieur Macron en le traitant de président des riches alors que vous lors de votre campagne électorale à la présidence vous n'avez vous avez dit que l'ennemi c'était la finance or il me semble que les financiers pendant votre mandat n'ont cessé d'avoir des gâts augmentés pouvez-vous m'expliquer cette attitude vis-à-vis de monsieur Macron est-ce que c'est un petit peu de rancœur est-ce que c'est parce qu'il fait des choses que vous auriez pu faire expliquez-moi
merci Catherine pour cette question réponse assez rapide François Hollande je vous paye
à beaucoup d'auditeurs oui essentiellement la question sur la finance parce que elle est importante c'était dans l'engagement que j'avais pris le discours du Bourget nous avons bâti au niveau européen une union bancaire qui évite justement que les défaillances bancaires soient payées par les contribuables j'ai taxé les bonus des financiers j'ai fait en sorte de voter une loi bancaire pour séparer les activités de marché et les activités de spéculation donc je considère qu'on a fait une part du travail il y a encore beaucoup à faire notamment la lutte contre les paradis fiscaux la fraude fiscale et je ne doute pas que le président actuel ira dans ce sens Alexandra dans le parisien vous dites que l'extrême droite arrivera au pouvoir en France peut-être dès 2022 vous nous assénez cette prédiction est-ce que pour vous c'est un fait avéré est-ce que vous n'avez pas de doute il y a un danger majeur c'est ce que j'ai voulu signifier le danger est majeur mais il n'y a pas de fatalité c'est pour ça que je fais cette alerte c'est parce que je vois au niveau mondial une tendance se dessiner l'élection de Donald Trump ce n'était pas l'élection d'une personnalité simplement exubérante extravagante et provocatrice Donald Trump est le leader de l'extrême droite à l'échelle du monde est-ce qu'on l'a suffisamment compris protectionnisme unilatéralisme isolationnisme quand on n'y ajoute pas la xénophobie et les murs donc nous sommes devant un mouvement de fond qu'on retrouve également en Europe et qui en France a des racines également profondes donc nous sommes dans une situation politique extrêmement dégradée et nous avons des partis de gouvernement extrêmement affaiblis et des corps intermédiaires qui peinent à trouver leur place dans ces conditions là il y a un danger majeur que l'extrême droite puisse être regardée comme la seule alternative et je dis nous devons tout faire pour l'empêcher et ça suppose que le pouvoir actuel fasse un certain nombre de réponses à l'occasion du grand débat notamment sur la question de la justice fiscale et sur la question des territoires et notamment de la décentralisation et ça suppose que les partis de gouvernement puissent être l'alternative et pas l'extrême droite
sur l'application France Inter trois questions d'actualité Maria vous demande si vous êtes pour l'allongement de l'âge de la retraite j'ai 60 ans dit-elle je fais un travail difficile et je sens que je ne peux pas continuer 3 ou 4 ans encore sur l'âge de départ François Hollande
la première décision que j'ai prise comme président de la république en 2012 c'est de faire que ceux qui ont une carrière longue qui avaient travaillé plus de 42 ans puissent partir à 60 ans en retraite et je pense que c'est la durée de cotisation qui doit fonder le départ à la retraite et pas un âge qui devrait être repoussé dans le temps donc j'avais fait voter c'était Jean-Marc Ayrault le premier ministre j'avais fait voter une loi par le parlement permettant qu'à mesure que l'allongement de la vie se concrétisait il y ait un allongement de la durée de cotisation jusqu'en 2030 et je pense que cette formule là est la meilleure tout en permettant deux choses à ceux qui ont eu des métiers pénibles de pouvoir constater la tâche qui a été la leur et donc de pouvoir partir plus tôt et de permettre justement à ceux qui ont des durées de cotisation longues de pouvoir partir avant 62 ans mais l'idée est la même François Hollande l'idée c'est que les français travailleront plus longtemps c'est ce que vous êtes en train de dire ce matin la question c'est les français vivront-ils plus longtemps si oui ils devront au fur et à mesure du temps travailler plus longtemps mais c'est très différent entre l'âge légal de la retraite aujourd'hui 62 ans certains voudraient la porter à 65 ans et la durée de cotisation vous pouvez avoir vos 42 ans de cotisation et ne pas avoir 62 ans et a fortiori si on reportait à 65 ans vous auriez les fait vos 42 ans vous auriez eu des métiers pénibles et vous devriez attendre 65 ans sans d'ailleurs souvent avoir un emploi ça je pense que ce n'est pas la bonne réponse
on retourne au standard bonjour Sylvia bonjour bienvenue
bonjour à tous bonjour bonjour monsieur Hollande je fais partie de vos 13% je vous ai toujours apprécié et soutenu mais aujourd'hui je ne vous sens pas bien je voudrais que vous me disiez si vous êtes conscient que le problème numéro 1 de la France c'est tout de même la montée du Front National et je voudrais savoir comment vous pouvez aider à combattre ce mouvement et à le contenir soyez élégant s'il vous plaît
merci Sylvia pour cette question qui revient très souvent ce matin au standard vous avez sonné l'alarme Alexandra Ben Saïd vous posez la question
de conforter ce que je dis la menace elle est là le danger il est là vous le faites pourquoi de dire ça aujourd'hui si parce que chacun doit faire preuve de responsabilité d'élégance dit madame je dirais de responsabilité il ne s'agit pas simplement de lever des critiques à l'égard du pouvoir actuel il faut que le pouvoir actuel prenne conscience de ce qui se passe dans le pays c'est à dire d'une forme de rupture d'une forme d'éloignement par rapport à l'acte politique et à la démocratie
vous voulez rediaboliser comme on disait avant le Front National
le Rassemblement National je ne pense pas qu'il faille le diaboliser il faut répondre aux questions que se posent les citoyens notamment la question de l'éloignement de l'abandon de la perte de vision nationale globale de leur pays deuxièmement je pense que les partis de gouvernement ne doivent pas se livrer à des surenchères ou à des outrances ils doivent être fondamentalement des partis d'alternance pour préparer justement la reconquête et il y a une dernière question qui est la question des classes populaires j'y reviens beaucoup dans le livre parce que c'est ça le problème c'est le décrochage de ce qu'on appelait autrefois les catégories populaires les ouvriers les employés les retraités de la politique et de la gauche donc la responsabilité de la gauche et notamment des socialistes c'est d'aller vers les catégories populaires pour essayer de leur faire comprendre ce que nous devons faire ensemble et de prendre conscience de la situation parfois très douloureuse qui est la leur et notamment sur des territoires où les gilets jaunes se sont exprimés des territoires qui se sentent abandonnés éloignés et qui quelquefois sont privés de toute perspective
la responsabilité de la gauche dites-vous quelle est votre responsabilité vis-à-vis de la gauche vous êtes arrivé en 2012 au pouvoir la gauche détenait donc l'Elysée l'Assemblée le Sénat les villes les régions Matignon évidemment et le gouvernement à votre départ le PS est rayé de la carte est-ce que ce bilan vous met dans la meilleure position aujourd'hui pour dire la gauche ceci la gauche cela il faut reconstruire
je vous ai dit qu'elle était la part d'avoir gouverné mais la plus grande responsabilité ce serait de ne plus gouverner vous voyez de rester là à regarder ce qui se produit et attendre l'affrontement entre le pouvoir actuel et l'extrême droite sans être sûr que ce sera toujours la bonne solution qu'il emportera j'ai vous dites perdu des élections je ne me suis pas présenté moi à l'élection parce que je ne voulais pas qu'il puisse y avoir une division de la gauche enfin ce que je constate depuis maintenant deux ans c'est que cette gauche qui me faisait quelquefois beaucoup de reproches est aujourd'hui dans une dérive qui fait qu'elle n'est plus écoutée donc permettez il y a une chose que j'ai quand même réussi c'est de devenir président de la république et de faire venir la gauche au pouvoir et bien je voudrais que demain il soit possible de laisser cette perspective ouverte oui il est possible que la gauche revienne au pouvoir à condition qu'elle se réforme elle-même
les leçons du pouvoir signé François Hollande dans la nouvelle édition de Poche enrichie de trois chapitres dont l'un sur les gilets jaunes merci beaucoup c'est moi qui vous remercie d'être venu ce matin sur France Inter et d'avoir dialogué avec les auditeurs et d'avoir regardé cette vidéo
François Hollande