Budget 2027: Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville, dénonce "une obsession de la censure" chez LFI
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse partielle
On parle de 28 milliards d'économies. Qui va payer la facture ?
- 2:00FerméeÉludée
Vous confirmez ce chiffre, 28 milliards d'économies ?
- 4:00OuverteRéponse partielle
Est-ce que LR suivraient si un geste était demandé aux retraités aisés ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut remettre le sujet des hauts revenus sur la table ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut que le centre et la droite se rassemblent autour d'un seul candidat ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Edouard Philippe parle d'immigration. Vous y êtes favorable ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Vincent JeanbrunFait
« Il y a une espèce d'obsession de la censure, qui est quand même la négation pure et simple du débat démocratique. »
- 1:00Vincent JeanbrunChiffre
« On parle de 28 milliards d'économies. »
- 3:00Vincent JeanbrunFait
« Ceux qui disent la dette, on s'en fiche, il n'y a qu'à l'annuler. Coup de baguette magique, c'est merveilleux. »
- 3:30Vincent JeanbrunChiffre
« Si on en vient justement à ces économies ces 28 milliards d'économies. »
- 5:00Vincent JeanbrunFait
« La première économie, elle est là quand même. Et il y a encore des réformes à faire dans ce pays. »
- 7:00Vincent JeanbrunFait
« Sans rassemblement du Bloc central, de la droite et du centre, on ne sera pas en capacité d'empêcher Jean-Luc Mélenchon d'arriver au second tour. »
- 9:00Vincent JeanbrunFait
« Il est essentiel de mettre en avant la thématique des flux migratoires, c'est important, il faut qu'on les maîtrise. »
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Monsieur le ministre, d'abord peut-être...
On voit, Alexis, que ces derniers jours, il y a une nouvelle fois cette censure qui plane sur le gouvernement pour la troisième année consécutive, 2024, 2025 et 2026, avec une nouvelle fois la question des économies, finalement. On parle de 28 milliards d'économies. C'est en tout cas une information du monde qui a été ensuite évaluée par nos confrères des Echos.
Qui va payer la facture ? Le vrai sujet, c'est qu'on arrive à un moment de données cruciales de l'année, classique, parlementaire, où le gouvernement va devoir proposer un budget aux Français et notamment un budget au Parlement. Et donc les députés, les sénateurs vont devoir se pencher dessus et y travailler.
Ce que je regrette, c'est qu'effectivement, M. Mélenchon a dit « Moi, je ne vais même pas ouvrir le dossier, je ne veux même pas en débattre, je censure quoi qu'il arrive ». Il y a une espèce d'obsession de la censure, qui est quand même la négation pure et simple du débat démocratique.
Après, ce budget, bien sûr, c'est un budget qui devra être utile. Et pour être utile, il faut aussi qu'il soit porteur d'économie pour qu'on puisse donner des marges de manœuvre à notre pays. Parce qu'au bout d'un moment, à force d'avoir à la pire dette qui soit et des budgets qui sont non contrôlés, on risque à un moment donné de perdre toute la souveraineté nationale.
Mais vous confirmez ce chiffre, 28 milliards d'économies ? Non, le sujet, c'est de faire un budget qui porte des économies, mais pas n'importe quelle économie. Et encore une fois, le gouvernement va proposer une copie et c'est le débat parlementaire qui va faire sortir le budget qui est bon pour la France.
Mais déjà, il nous faut un consensus politique, pour dire qu'il nous faut un budget. Parce que le pire, ce serait qu'on n'ait pas de budget, donc qu'on soit en loi spéciale, ce qui coûtera évidemment très cher au pays et très cher aux Français très directement. Et donc ceux qui disent « il n'y a pas besoin de budget, il suffit de censurer le gouvernement comme M.
Mélenchon Ceux qui disent, la dette, on s'en fiche, il n'y a qu'à l'annuler. Coup de baguette magique, c'est merveilleux. Celle qui est détenue par la Banque Centrale Européenne, précisément.
Et donc, par qui derrière ? Parce que c'est bien de l'argent qui nous a été prêté. Il y a une inconscience derrière qui est terrible.
Enfin, si je vous emprunte 100 euros et qu'un jour je vous dis...
Je ne vais pas vous les rendre. Je ne vais pas vous les rendre. Peut-être que la fois d'après, quand je vais venir vous voir en me disant « Vous pourriez me reprêter un petit peu d'argent », vous allez me dire non.
Qu'est-ce que dit M. Mélenchon si ce n'est ça, dire en fait je vais déchirer le contrat de confiance que j'ai avec les prêteurs qui prêtent à la France. C'est extrêmement grave.
Il faut que les Français qui entendent ça se rendent compte qu'en fait dire ce qu'il a dit, c'est-à-dire je vais jeter au feu la dette française, c'est gravissime y compris pour leur pouvoir d'achat très directement Si on en vient justement à ces économies ces 28 milliards d'économies encore une fois Alexis Cuvillier, une piste qui a été évoquée par Roland Lescure justement le ministre de l'économie c'est d'aller, on va dire, chercher l'économie sur les retraités et les retraités les plus aisés. Alors encore une fois, il y a un flou autour des retraités les plus aisés. D'ailleurs, c'est quoi un retraité pour vous, les retraités les plus aisés ?
C'est quand on gagne quoi, 2000 ou 3000 euros Je ne vais pas rentrer dans le débat des chiffres Ce qui est certain, c'est qu'il va falloir qu'au global On puisse défendre un budget Qui soit à la fois un budget de soutien de notre économie Donc d'un budget qui continue à avoir des investissements Sur la défense par exemple, sur l l'éducation, sur la santé. Il y a des budgets qui doivent être préservés parce qu'ils apportent de l'économie. Il faut soutenir ceux qui travaillent et il faut aussi demander un certain nombre d'efforts aux Français.
Et ça me paraît important. Vous faites partie des ministres issus des Vous êtes proche de Laurent Wauquiez sur un certain nombre de sujets. Laurent Wauquiez, en 2024, au moment de l'examen du budget de Michel Barnier à l'époque, il en avait fait une condition sine qua non.
On ne pouvait pas toucher aux retraités aisés, sinon les Républicains ne soutenaient pas le budget à cette période-là. Vous avez, on le sait, pris un peu de distance malgré vous par rapport à LR, mais est-ce que vous pensez que LR suivrait cette fois-ci les députés LR que vous côtoyez est-ce qu'ils suivraient si un geste était demandé aux retraités aisés ? C'est évidemment une question qu'il faut leur poser à eux et pas à moi, mais en l'occurrence la bonne question c'est de se dire est-ce qu'il faut ou pas un budget pour la France et qu'est-ce que ça coûte s'il n'y en a pas ?
S'il n'y en a pas, il y a une loi spéciale qui n'est pas un budget, qui est un filet de sécurité et ça a été chiffré par des données que le Premier ministre a tenues à partager avec l'ensemble des forces politiques. C'est plusieurs milliards, on parle de 15 milliards d'euros si on était en loi spéciale. Donc ça veut dire qu'à un moment donné, cet argent, on ne l'a pas, il faudra le trouver et ça finira par impacter.
Il faut aller chercher les compromis des alliants. Si déjà on est tous d'accord sur le fait qu'il faut un budget, alors comment on fait en sorte qu'il y ait un budget ? Et là, il faut des compromis, et là, il faut des alliances.
Et c'est pour ça que le gouvernement va arriver avec sa copie, que cette copie sera présentée aux différentes formations politiques, et que ces formations politiques auront vocation, en ayant bien conscience des enjeux et des chiffres, à A dire, cette partie-là, moi, elle ne me va pas. Peut-être que ce sera le cas, peut-être que ce ne sera pas le cas. Mais derrière, ok, ça veut dire que c'est X milliards qu'il faut aller chercher.
Donc comme c'est X milliards qu'il faut aller chercher, j'apporte d'autres solutions, d'autres propositions. Et c'est comme ça qu'on construit un compromis. C'est ce qui s'est passé sur le budget de la sécurité sociale l'année dernière.
On a réussi à faire voter ce budget alors qu'il n'y avait pas de majorité. Donc on peut trouver ce chemin. Maintenant, vous avez raison de le dire.
Les RLR ont toujours défendu ceux qui travaillent et ceux qui ont et qu'on doit regarder où est-ce qu'on peut mettre les uns et les autres la contribution. Et particulièrement, continuer la chasse au gaspillage. Parce que la première économie, elle est là quand même.
Et il y a encore des réformes à faire dans ce pays. La première économie, elle est où ? J'y vais refléter, c'est ça Non, je dis que la première économie, c'était la chasse au gaspillage.
Donc il y a des gaspillages encore dans le budget de la France pour qu'on peut être plus efficace sur certains sujets. Il faut qu'on aille faire ça en priorité, ça me paraît évident. Vous dites que vous êtes ouvert aux compromis.
La gauche, les élus que nous – Est-ce que vous, vous pensez que ça aussi, c'est une vraie piste ? Et est-ce que finalement, là où Emmanuel Macron a parfois préservé ses plus hauts revenus en disant qu'il contribuait à la richesse de la France, est-ce qu'il faut cette fois-ci remettre ce sujet sur la table il faut défendre l'économie productive parce que c'est la garantie de notre souveraineté et de nos ressources futures et ensuite au regard de la situation économique du pays voir comment on fait en sorte de faire la chasse au gaspillage et derrière, faire en sorte qu'on demande à chacun de contribuer à l'effort global, ça va de soi en préservant les plus fragiles. C'est la réflexion qui est celle du gouvernement, c'est comme ça qu'on va venir présenter la copie aux différentes formations politiques de l'Assemblée nationale et du Sénat, et on va, on l'espère, co construire un budget pour la France, parce que ne pas avoir de budget serait pire que tout.
Donc, pour ceux qui nous regardent, et c'est aussi une préoccupation également, est-ce que vous nous dites ce soir sur ce plateau qu'il n'y aura pas de hausse d'impôt, tout simplement pour pour financer ces 28 milliards d'économies. Encore une fois, nous sommes en démocratie, et telle que fonctionne la République française, c'est le Parlement qui vote le budget. Donc je ne vais pas vous dire ce qui va sortir du Parlement, puisqu'on n'a même pas encore présenter la copie.
Mais il y a déjà des pistes sur lesquelles, on imagine, vous avez travaillé à M. Mélenchon pour dire qu'il censure alors qu'il ne connaît même pas la copie. C'est quand même assez scandaleux.
On imagine que des pistes ont d'ores et déjà été évoquées. En revanche, ce ne sera pas un budget pour rien. Ce ne sera pas un budget où on met la poussière sous le tapis parce que ce serait tellement facile de dire il y a la présidentielle on fait un truc consensus mou au tiède et les problèmes se reporteront plus tard.
Ce n'est pas la stratégie que nous avons choisie au gouvernement autour de Sébastien Lecornu dont on souhaite proposer un budget ambitieux qui soit utile pour le pays, donc avec un certain nombre d'économies. Maintenant ces économies, elles seront discutées avec les parlementaires et c'est important que les parlementaires aient envie de cette discussion, soit au travail parce qu'ils ont eu un mandat de la part de nos concitoyens français qui attendent d'eux qu'ils travaillent une copie budgétaire vous rapidement après peut-être qu'on évoque d'autres sujets de rentrée politique vous ministre du logement nous l'évoquions juste avant le début de cette interview c'est par exemple des enjeux sur ma prime rénove c'était ça le sujet de la loi spéciale l'année dernière il y a énormément d'enjeux mais vous avez raison de rappeler ma prime rénove l'année dernière on l'avait dit très clairement s'il n'y a pas de budget il n'y a pas de guichet ma prime rénove ma prime rénove c'est ce qui aide les français à rénover leur maison que ce soit pour le confort d'hiver ou le confort d'été après les canicules qu'on a subi cet été je crois que ce serait un message terrible pour les formations politiques que dire aux français ben non on va supprimer le guichet ma prime rénove parce qu'on est en loi spéciale pas de budget donc il n'y a pas ce type de dispositif mais de la même manière qu'il y pas les dispositifs pour renforcer la défense nationale, et on voit le climat du monde, c'est fondamental qu'on puisse investir là-dessus, ou les entreprises du bâtiment par exemple qui ont besoin de réformes et être aidées, les entreprises ou les pompiers, on a cette question de la lutte incendie qui a fait énormément. On imagine qu'il n'y aura pas d'économie faite sur le dos des pompiers ?
Non, pas d'économie, mais par contre, pas d'investissement complémentaire si on n'a pas de budget. C'est ça qu'il faut comprendre et entendre aussi. On doit renforcer nos moyens sur un certain nombre de domaines.
On ne peut pas le faire s'il n'y a pas de budget à voter. Donc cette nécessité d'avoir un budget, de demander à chacune des forces politiques de faire un compromis, pas de donner un blanc-seing, mais un compromis. C'est important pour les candidats à la présidentielle qui ont, j imagine, l'envie de gagner et donc l'envie de pouvoir déployer une politique publique dès qu'ils arrivent.
Donc avoir un budget. Ils pourront le corriger. Mais c'est plus facile de corriger un budget qui a été initialisé que attendre peut-être septembre, octobre 2027.
C'est-à-dire qu'ils commenceront leur quinquennat avec une année en moins. Ce n'est bon pour personne. Pour transition.
Pour le pouvoir d'achat des Français, je veux le redire, si on n'a pas de budget, c'est l'augmentation des taux d'intérêt. Taux d'intérêt qui augmente, c'est la France qui emprunte beaucoup plus cher, mais après qui comprit eux à titre personnel. Et là c'est le ministre du Logement qui est très préoccupé par la capacité de nos concitoyens à acheter des logements par exemple, qui vous dit si les taux d'intérêt venaient à monter parce qu'on n'a pas voté de Ce sera la responsabilité des forces politiques qui siègent au Parlement.
La transition est très bonne puisqu'on parle de politique. Vous parliez également de ces candidats à la présidentielle. On va en parler.
On voit d'ores et déjà ce duel un peu à distance entre Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe sur la question de Mayotte mais on voit que le centre est éclaté, que la droite est éclatée, que la gauche est éclatée et on voit c'est vrai dans les récents sondages que Jean-Luc Mélenchon trace sa route pour la qualification, pour se qualifier au deuxième Qu'est-ce qu'il faut pour vous, pour votre formation politique pour réussir à aller à ce fameux deuxième tour face peut-être à Marine Le Pen ou en tout cas faire opposition à Jean-Luc Mélenchon ? Est-ce qu'il faut que le centre et la droite se rassemble autour d'un seul candidat ? Là on a Gabriel Attal, Edouard Philippe, Bruno Retailleau très certainement.
Vous définissez parfaitement quelle est ma ligne stratégique ? C'est-à-dire que moi je pense que déjà il faut parler du fond avant de parler des personnes et il faut évidemment porter un rassemblement parce que c'est le seul moyen de pouvoir desserrer cet étau mortifère, d'avoir les deux extrêmes au second tour de l'élection présidentielle. Moi ça fait longtemps que je dis que sans rassemblement du Bloc central, de la droite et du centre, on ne sera pas en capacité d'empêcher Jean-Luc Mélenchon d'arriver au second tour ce que je veux absolument éviter donc je prône ce rassemblement avec un certain nombre d'amis et de collègues parce que je suis convaincu que c'est la seule solution.
Mais ce n'est pas se rassembler pour se rassembler, c'est se rassembler autour d'un projet, autour d'une vision pour notre pays. Où est-ce que va la France pour les 5, 10, 15 prochaines années si on met un bulletin bloc central dans l'isoloir et peu importe derrière quel est le candidat chef de file de tout ça ? Parce qu'encore une fois, on élit certes le président mais derrière c'est toute une équipe, c'est un gouvernement, ce sont des parlementaires et donc c'est un collectif qui est pour moi la clé de la victoire et du fait d'éviter à notre pays de devoir sombrer dans les extrêmes.
Vous êtes convaincu par la rentrée d'Edouard Philippe qui part parler d'immigration, un sujet là aussi on le disait vous venez de la droite républicaine, un sujet que vous avez porté aussi ces revendications, il va en parler à Maillot c'est une rentrée réussie de la part de l'ancien Premier ministre ? En tout cas il est essentiel de mettre en avant la thématique des flux migratoires, c'est important, il faut qu'on les maîtrise. Le climat du monde oblige notre pays à être capable de décider qui rentre et qui il sort avec beaucoup plus de clarté et de fermeté.
Beaucoup de pays en Europe s'y sont mis, on fait des réformes structurelles, on ne peut pas être le dernier sur ces sujets-là. Et effectivement, Mayotte est un exemple criant d'un département français qui souffre de différents maux, mais particulièrement de celui-ci. Et donc il a été important, je crois, de mettre en lumière ce thème.
Il n'est pas le premier à l'avoir fait, mais oui, il a eu raison de le faire. Je ne sais pas si vous avez vu son interview, celle qu'il nous a accordée hier à Sophie Dupont depuis Mayotte. Nous l'interrogeons sur un bruit qui a agité l'été politique.
Sébastien Lecornu, candidat à la présidentielle. Édouard Philippe, il dit qu'il n'y croit pas. Vous avez un avis sur cette question ?
Il ne faudra poser la question à Sébastien Lecornu lui-même. Mais ce que je peux vous dire, c'est que Sébastien Lecornu est à la tâche, que la tâche est difficile. On en a parlé ce soir.
Essayer de faire voter un budget lui prend toute son énergie avec l'ensemble de l'équipe gouvernementale. C'est ça notre priorité aujourd'hui. Il n a pas d'autre.
Merci en tout cas, monsieur le ministre, d'être venu sur ce plateau.
Vincent Jeanbrun