CGT versus RN : La lutte finale ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:24OuverteRéponse directe
Quelles sont les enjeux de ce congrès pour la CGT ?
- 2:51OuverteRéponse directe
Quel est l'état de forme de la CGT et des syndicats en France ?
- 4:58OuverteRéponse directe
Pourquoi les adhérents quittent-ils la CGT ?
- 5:37FerméeRéponse partielle
La CGT a-t-elle réussi à faire bouger un gouvernement sur une mesure ?
- 7:04OuverteRéponse directe
Les syndicats ont-ils raté des occasions de se renforcer ?
- 10:18OuverteRéponse directe
Quels obstacles ont empêché les syndicats de négocier efficacement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:51Agathe RankFait
« « un des défis de Sophie Binet de rassembler une organisation fracturée » »
- 3:34Maxime QuijouxChiffre
« « depuis 2023, la CGT a connu un essor du nombre de ses adhérents. On parle de 50 000 adhérents en 2024 suite au mouvement à la mobilisation des retraites » »
- 4:15Maxime QuijouxChiffre
« « un cinquième des adhérents sont des syndiqués isolés qui n'ont pas de syndicat » »
- 5:37Mickaël DarmonFait
« « la CGT se présente effectivement comme un des syndicats qui officiellement sera un syndicat de masse qui pèse mais qui en réalité pèse peu » »
- 8:56Maxime QuijouxFait
« « les conditions d'exercice d'un mandat syndical sont très compliquées, qui conduisent à beaucoup de défections » »
- 10:18Maxime QuijouxFait
« « pendant la réforme des retraites avec des 49-3, avec un refus absolu en fait de vouloir négocier sur la réforme qu'ils voulaient proposer » »
- 12:21Maxime QuijouxFait
« « il y a des candidats RN qui étaient des anciens syndicalisés de la CGT qui ont été exclus de la CGT à ce titre » »
- 15:34Fait
« « L'extrême droite arrive toujours au pouvoir grâce au soutien du capital. Parce que le capitalisme est en train de muter » »
- 21:28Maxime QuijouxFait
« « la CGT n'est pas rongée par le Rassemblement National ou par les idées d'extrême droite » »
- 22:00Fait
« « on va donner la parole à tout le monde, sauf au Rassemblement national » »
- 23:17Jefferson DesportFait
« « Jordan Bardella n'a pas besoin d'être candidat, il n'a pas besoin d'avoir d'idées, il n'a pas besoin d'avoir de programmes » »
Temps de parole
- ?100 %
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Sous-titrage Société Radio Alors pourquoi nous parlons de la CGT aujourd'hui ? Car ce syndicat organise son congrès cette semaine à Tours, le plus ancien syndicat français qui fait face, je le disais, à cette concurrence de l L'extrême droite qui est de plus en plus populaire au sein de la classe ouvrière. Et puis la CGT subit aussi depuis des années des pertes d'adhérents par période. Et cela illustre de manière générale, et on va en parler, les difficultés du syndicalisme français. Pour en débattre, j'accueille sur ce plateau Maxime Quijoux, bonjour. Bonjour. Vous êtes sociologue chargé de recherche au CNRS, auteur du rapport « Vie syndicale », qu'elle pratique un rapport et un travail de recherche sur la vie
syndicale au sein de la CGT. Et puis j'accueille également sur ce plateau deux éditorialistes politiques, car la CGT c'est un syndicat très politique. Bonjour à vous Mickaël Darmon. – Bonjour, vous êtes éditorialiste politique pour I24 News et pour Public Sénat. Et on accueille également Jefferson Desport, grand reporter au journal Sud-Ouest. Et puis on sera en duplex de tour de ce congrès de la CGT avec Agathe Rank. Bonjour. Bonjour. Vous êtes journaliste au journal Le Nouvel Obs, en charge des questions sociales. Alors Agathe, je commence par vous. Quelles sont les enjeux cette semaine de ce congrès pour la CGT ?
Alors déjà, un des enjeux, ce sera d'apparaître moins fracturé que lors du précédent congrès de 2023, donc à Clermont où la succession de Philippe Martinez avait tourné à l'empoignade et où les fractures internes du syndicat avaient vraiment éclaté au grand jour. Et c'était justement un des défis de Sophie Binet de rassembler une organisation fracturée. Donc voilà, depuis le début de la semaine à Tours, du coup, il y a des débats, il y a forcément des désaccords sur des questions structurantes de fonds, de stratégie, d'organisation interne. Mais disons qu'on est revenu sur un format un peu plus apaisé, un peu plus habituel de congrès, d'autant qu'il n'y a pas d'enjeu de succession puisque Sophie Binet est la seule candidate à sa propre succession.
Un des enjeux, et ça s'est vu notamment lors de son discours d'ouverture en début de semaine, c'est qu on est dans le dernier congrès de la CGT avant l'élection présidentielle de 2027. Et donc ça s'est senti dans ce discours d'ouverture, qui est un discours très long, très offensif, dans lequel la secrétaire générale Sophie Benet a vraiment positionné, je dirais, l'organisation en vue de 2027, où elle a dit clairement que la CGT allait se mêler du débat présidentiel. Elle a plusieurs fois interpellé les candidats, mais aussi les des représentants des partis de gauche dont certains étaient présents sur place. Et voilà, et surtout ça rejoint le sujet du débat. Il y a un point qui a été réaffirmé une fois de plus, qui pour le coup fait consensus dans l'organisation,
qui est l l'opposition frontale, désormais à l'extrême droite. – Bien sûr on va en parler mais peut-être d'abord un constat sur l'état de forme de la CGT et puis de nos syndicats en France, Maxime qui jouent. Alors je lisais dans des articles sur la CGT, on parle souvent de paniers percés avec des périodes où il y a de fortes pertes d'adhérents. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'est un syndicat historique mais qui perd globalement d'influence – Non, ce n'est pas ça. Le panier percé, c'est un phénomène qui connaît de nombreux syndicats mais qui a bien été identifié à la CGT, qui consiste en fait à perdre progressivement des adhérents, tout Tout simplement. C'est-à-dire que, par exemple, depuis 2023, la CGT a connu un essor du nombre de ses adhérents.
On parle de 50 000 adhérents en 2024 suite au mouvement à la mobilisation des retraites. Puis la même chose en 2025 donc l'arrivée de nouveaux adhérents sauf qu'on n'arrive pas à retenir ces adhérents alors on sait pas si ce sont les nouveaux adhérents qui s'en vont rapidement ou si c'est un ensemble d'autres adhérents qui s'en vont pour des raisons x ou y donc le panier percée c'est ça c'est à dire qu'on a des nouveaux adhérents qui arrivent dans le panier si je puis continuer la métaphore mais qui visiblement s'en vont à un moment donné ce qui ne permet pas en fait à l'organisation de se massifier puisque la cgt se présente comme un syndicat de classe et de masse sauf que de masse c'est un objectif qu'on n'arrive pas à atteindre si je puis dire en raison justement de
ce panier percé mais alors pourquoi il y a trop d'adhérents qui partent il n'y a pas assez de conflits sociaux pour les garder alors les raisons elles sont très très diverses mais en résumé il y a des problèmes de transformation du marché du travail, transformation de l'emploi, transformation de l'économie c'est à dire que pendant très longtemps on avait des bastions ouvriers qui sont encore présents dans l'énergie, dans par exemple le secteur des territoires, des collectivités territoriales mais le reste de le comment dire du marché du travail et de l'économie, segmentent de plus en plus, isolent de plus en plus les salariés ce qui fait qu'aujourd'hui à la CGT par exemple, un cinquième des adhérents sont des syndiqués isolés qui n'ont pas de syndicat.
Ce qui fait qu'au bout d'un moment quand vous n'avez pas de syndicat et que vous avez adhéré à un syndicat, ça pose problème. Et ce qui fait que vous ne pouvez pas négocier, vous ne pouvez pas créer de rapport de force. En fait, vous vous dites « ça ne sert à rien que je sois dans un syndicat si je suis tout seul » à être adhérent à cette confédération. – Michael Darmont, la CGT qui sort de dix ans de macronisme avec ses deux quinquennats d'Emmanuel Macron, on aurait pu se dire Emmanuel Macron c'était l'adversaire idéal pour la CGT, un président plutôt libéral qui voulait réformer. – C'est-à-dire qu'en fait le macronisme n'aura pas réussi à faire bouger une tendance, c'est que dans le paysage français qui est déjà extrêmement faiblement syndiqué,
8 % des salariés, la CGT se présente effectivement comme un des syndicats qui officiellement sera un syndicat de masse qui pèse mais qui en réalité pèse peu. Et d'où les problèmes internes que l'on voit d d'ailleurs à chaque congrès parce que la grande difficulté, et ça a bien été expliquée, c'était comment au fond continuer à expliquer qu'on est un syndicat de masse, qu'on influe considérablement sur la vie sociale du pays alors qu'en réalité on a très peu d'adhérents en réalité, eu égard à la proportion de salariés et qu'on a de plus en plus de difficultés au fond à acter des conflits sociaux. Depuis combien de temps la CGT n'a pas réussi, a-t-elle réussi à faire bouger réellement
un gouvernement sur une mesure ou sur une politique ? Ça fait des lustres. Donc de ce point de vue-là on comprend la crise aussi je et la lucidité de certains syndiqués qui voudraient confier leurs intérêts mais qui voient bien qu'il y a un problème d'efficacité, parce que le paradoxe français c'est que faible faible syndicalisation, mais pouvoir institutionnel et normatif très fort. C'est pour ça qu'on a le sentiment que c'est un syndicat de masse. Et puis Jefferson Desports, si on regarde les conflits sociaux de ces deux quinquennats d'Emmanuel Macron, le seul conflit social où il a vraiment bougé, c'est la crise des gilets jaunes et elle n'était pas pilotée par les syndicats. Sur la forme des retraites, il est resté impassible.
Je ferai deux observations parce qu'en fait on peut regarder la situation de la CGT maintenant à l'aune de l'inter syndicale qui s'est ressoudée à la faveur de la réforme des retraites et des manifestations qu'on a connues. Là, les syndicats peuvent dire un grand merci à Emmanuel Macron parce qu'il a fait ce travail pour ressouder les syndicats entre eux. Là, en revanche, oui, à mon sens, il Ils ont complètement perdu la main et raté le coche. C'est sur le conclave lancé par François Bayrou sur la réforme des retraites, parce que l'intuition était bonne pour sortir du conflit, on va redonner la main aux pouvoirs sociaux. C'était la feuille de départ aux partenaires sociaux, pardon. Et à la fin, ce conclave a complètement échoué. Ils ont rendu une copie particulièrement navrante.
On pensait qu'ils pouvaient reprendre la main, montrer qu'ils avaient la responsabilité, qu'ils savaient travailler ensemble, qu'ils savaient sortir de la crise et qu'ils étaient des interlocuteurs crédibles. En réalité, le MEDEF a tout fait pour torpiller ce conclave, tout fait pour éviter qu'on revienne sur la réforme de 2023 et la réforme de l'âge. FO et la CGT ont claqué la porte d'entrée de jeu. La CFDT a tenté à tenter de tenir les deux bouts de l'accord mais à la fin il ne s'est rien passé les syndicats là ont perdu une occasion en or de rappeler que c'était des interlocuteurs du pouvoir public. On veut aujourd'hui dans le débat politique de la présidentielle, on va en parler, on veut leur confier la gestion du régime général des retraites parce qu'ils gèrent les complémentaires
et tout le monde s'accorde à dire qu'ils savent le faire avec une notion d'équilibre financier. Là, ils ont raté le coche. Donc, ils se sont certes ressoudés avec la réforme des retraites, ils ont Ils ont perdu la crise des gilets jaunes et à la fin, ils n'arrivent pas à se mettre d'accord. Ils n'arrivent même pas à faire une proposition et à s'entendre pour sortir du clash des retraites. Maxime Quijoux, les syndicats français ont raté certaines occasions de se renforcer alors qu'ils sont plutôt affaiblies en France. Alors je pense qu'on a beaucoup tendance à se concentrer sur la politisation des syndicats, à leur trouver beaucoup de fautes et effectivement sans doute c'est des problèmes d l'organisation, c'est ce que pointe le rapport dont je suis co-auteur,
sur l'accueil des nouveaux syndiqués. Il y a beaucoup de problèmes internes, de problématiques internes au syndicat. Il faut rappeler aussi ce qu'est le monde du travail et ce qu'est être syndiqué dans une entreprise aujourd Aujourd'hui, pour beaucoup de syndiqués, c'est être sujet de discrimination. Donc ça, il faut rappeler, les conditions d'exercice d'un mandat syndical sont très compliquées, qui conduisent à beaucoup de défections. Il y a eu une réforme très importante en fait de la représentativité syndicale ces dernières années, les ordonnances Macron en 2017 qui ont fusionné l'ensemble des instances représentatives du personnel en un CSE, donc le comité social et économique, qui a considérablement centralisé en fait les négociations d'entreprise,
affaiblit en fait la représentation des salariés dans les entreprises et a conduit finalement à compliquer considérablement le travail. C'est syndicales d'une certaine manière. Donc effectivement le syndicalisme a ses propres problématiques internes mais les conditions de réalisation des tâches syndicales se sont aussi considérablement compliquées. Juste sur la question des retraites, alors effectivement peut-être que les syndicats auraient pu mieux manœuvrer mais il y a eu deux obstacles majeurs. Il y a eu l'État quand même pendant la réforme des retraites avec des 49-3, avec un refus absolu en fait de vouloir négocier sur la réforme qu'ils voulaient proposer. Et puis pendant le conclave, c'est quand même le MEDEF qui refusait absolument de lâcher quoi que ce soit sur ces thématiques-là.
Donc quand il faut une négociation, il faut être deux. Donc en l'occurrence, s'il l'un des deux ne veut pas négocier, c'est problématique. En l'occurrence, ce n'étaient pas les syndicats. – Alors les syndicats vont s'engager dans la campagne présidentielle de 2027 et notamment dans un rapport de force avec le Rassemblement national qui est en tête des sondages. On va retrouver Agathe Ranck en direct de Tours, là où il y a ce congrès de la CGT. Agathe vous l'avez senti cette importance de combattre le rassemblement national, de combattre l'extrême droite quand vous avez dialogué avec les membres de la CGT ? Oui c'était complètement, enfin c'est vraiment un enjeu mais alors ce n'est pas un enjeu qui est nouveau et qui naît
uniquement à la veille de la présidentielle mais c'est vraiment un sujet qui traverse la CGT depuis très longtemps et là le sujet se renforce évidemment à l'approche de la présidentielle et donc ça a été dit comme je vous le disais longuement dans le discours d'ouverture en début de congrès. L'opposition à l'extrême droite est très importante, parce qu'au-delà du fait que c des questions de valeur historique, etc., il y a quand même un enjeu aussi vital pour les syndicats à combattre l'extrême droite, notamment pour la CGT puisqu'on parle d'eux, mais parce que le
Le Rassemblement national n'a jamais caché le fait que son objectif était d'écarter les syndicats, de réduire leur financement, de s'attaquer aussi à la formation syndicale qui est une question très importante pour les syndicats. On voit déjà ce qui se passe dans les mairies qui ont été remportées par des maires RN, notamment à Carcassonne, où la mairie menace d'exclure les syndicats de la Bourse du Travail. Donc voilà, c'est quand même un enjeu de survie pour les syndicats aussi de s'opposer à l'extrême droite. Maxime qui joue une vraie question sociologique. Est-ce qu'il y a à l'intérieur de la CGT une sorte d infusion aussi à des idées du Rassemblement national qui séduit la classe ouvrière ?
Est-ce qu'il y a des membres de la CGT qui aussi ont pris leur carte au RN ? Ou alors est-ce que c'est vraiment étanche ? C'est très probable, sauf que ça ne se sait pas puisqu'en fait – C'est un tabou ? – Hein ? – C'est un tabou ? – Je pense, oui effectivement c'est un tabou, c'est peut-être pas un tabou partout, de souvenir il me semble qu'il y a des candidats RN qui étaient des anciens syndicalisés de la CGT qui ont été exclus de la CGT à ce titre, voilà la CGT n'est pas étanche au phénomène politique de l'hexagone donc nécessairement on retrouve des électeurs d'URN et des électrices d'URN au sein de la CGT, c'est un problème qui a été identifié en fait par les responsables de la CGT, ils ont mis en place des formations sur la question de l'extrême droite,
ils mettent en place des collectifs inter-syndicaux de vigilance contre l'extrême droite comme ils l'appellent afin justement d'essayer de lutter contre la diffusion des idées du Rassemblement national et de l'extrême droite en général au sein de leur organisation. Est-ce que ça joue aussi sur le logiciel de la CGT, la modification des idées par rapport au monde du travail ? – Alors ça, c'est difficile à dire. Je ne pense pas. Très honnêtement, parce que ça fait vraiment partie de l'ADN… – Par rapport à l'immigration, par exemple ? – C'est difficile à dire. Vraiment, je ne pense pas, parce que justement, la CGT est très vigilante justement à complètement verrouiller son discours sur ces questions de l'extrême droite, sur l'internationalisme
qui est quand même une dimension très importante de la CGT. Et donc on refuse absolument toute diffusion de ce type d'idées au sein de la CGT. On va très ferme de la direction de la CGT face au Rassemblement National lequel un parti qui est de plus en plus populaire chez les travailleurs. On pourrait même peut-être dire qu'aujourd'hui le Parti des Travailleurs c'est l'ERN. C'était une des conditions de la réussite de ce qu'on appelle en politique, en histoire politique aujourd'hui, la campagne parfaite de Nicolas Sarkozy en 2007. Parce qu'en fait, il pose le principe que la même La même population ouvrière en particulier qui va être favorable aux procédés des heures supplémentaires défiscalisées est également la même population qui est sensible aux thèses
vis-à-vis de l de l'immigration et de l'identité nationale. C'est la raison pour laquelle, à ce moment-là, Nicolas Sarkozy parle avec Bernard Thibault et lui vend cette disposition. Et c'est pour ça que l'architecture sociopolitique de cette Cette campagne a pu permettre aussi d'avoir un apport électoral. Là, on voit bien, et Sophie Binet, en mettant un long accent et en faisant un long discours dans l'introduction, le montre très bien parce que c'est le C'est le problème de la CGT, pas seulement de la CGT. En 1996, la CFDT reconnaît qu'il y a un problème d'adhérents au FN à l'intérieur de sa propre centrale et comment on a un rapport également pour pouvoir établir.
Et c'est la grande difficulté et le grand non-dit, bien entendu, dans ces centrales syndicales. Ce sont les électeurs qui, parmi leurs adhérents, sont tentés par l'ERN. Vous parliez du discours de Sophie Binet. Justement, on va écouter cet extrait sur ce combat face à l'extrême-droite.
L'extrême droite n'a été au pouvoir dans autant de pays du monde. Cela ne se produit ni par magie, ni par hasard. L'extrême droite arrive toujours au pouvoir grâce au soutien du capital. Parce que le capitalisme est en train de muter. Nous passons du capitalisme néolibéral qui visait à mettre les Etats à son service, au capitalisme libertarien, qui veut détruire l'État et supprimer toutes les règles. Agatranc en direct de Tours. On aimerait savoir comment ont réagi les militants, les adhérents de la CGT à cette partie du discours
– Pour le coup, je parlais tout à l'heure d'une organisation qui avait été assez fracturée. Ça pour le coup, les discours contre l'extrême droite, c'est quand même une partie du discours de la CGT qui fait consensus, en tout cas sur place au Congrès. Après, voilà, il y a des... On en parlait sur le terrain, c'est toujours plus difficile, mais en tout cas, sur place, ça, ça fait consensus. C'est une sorte de combat existentiel pour les cégétistes ? Je voulais juste revenir, si vous me permettez, sur ce que vous disiez sur le vote
des syndiqués de la CGT pour le RN, je pense qu'il faut quand même rappeler que dans l'ensemble, le syndicalisme reste ce qu'on appelle un rempart face à l'extrême droite, c'est-à-dire avec des variations selon les organisations, mais les syndiqués ou les personnes proches d'un syndicats, votent toujours moins à l'extrême droite que l'ensemble de la population. Néanmoins, évidemment, c'est un phénomène qui n'est pas nouveau, mais le RN progresse, comme vous le disiez aussi, chez les syndiqués et notamment à la CGT. La question, c'est de savoir s'il peut y avoir des fissures dans ce rempart di Fersen des Sports sur ce rassemblement national. C'est un peu une pieuvre qui essaye de se développer de tous les côtés, c'est-à-dire d'essayer d'aller chercher peut peut-être des cégétistes,
mais aussi de parler au patronat ? – Bien sûr, ils sont obligés de faire l'exercice d'édiabolisation de Marine Le Pen, qui a montré sa pertinence sur les dernières législatives de 2024, législatives ont anticipé. Et cette position de Sophie Binet à l'égard de l'extrême droite et du RN, elle est attendue, elle est convenue, c'est pas une surprise. Moi ce qui m'intéresse plutôt, c'est de savoir comment la CGT va naviguer avec la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Et je crois que c'est aussi ça qu'il faut regarder dans ce contexte-là, parce qu'on sait que les relations entre Jean-Luc Mélenchon et Sophie Binet sont houleuses. On l'a vu sur les Venezuela, l'intervention américaine, la capture de Maduro. Jean-Luc Mélenchon a fait un tweet plutôt violent à l'égard de Sophie Binet,
où il acte des ruptures fondamentales. Sophie Binet condamne l'intervention américaine, mais en revanche, elle insiste aussi sur le fait que Maduro, ce n'est pas non plus un saint non plus. Et donc Jean-Luc Mélenchon, lui qui est extrêmement complaisant à l'égard du dictateur Maduro, n'a pas du tout le même discours. Et là on voit là qu'à l'extrême gauche il y a aussi des ruptures et pour autant si la rupture avec l'extrême droite est actée et ancienne à l gare de la CGT, quand bien même il y aurait des porosités chez leur vivier d'adhérents. En tout cas la question du positionnement de la CGT avec l'extrême gauche parce qu'il y a un moment où il va bien falloir discuter avec d'autres partis politiques et on voit là que c'est tendu et je parle sur le contrôle de Maxime
et de Mickaël mais en tout cas cette situation -là à l'égard de LFI va être très intéressante. Et juste un dernier point, on les attend sur les questions politiques mais pardon il y a des révolutions industrielles en ce moment en tout cas sur l'intelligence artificielle. C'est aussi là-dessus qu'on attend la CGT, c'est comment cette transformation du travail, quelle va être la place à l'égard des droits sociaux, à l'égard de ces entreprises qui se transforment avec une dématérialisation accélérée. Là, il y a des enjeux qui dépassent le de syndicalisme et qui sont des enjeux véritablement de société. – Michael Larmand, vous vouliez réagir ? – Oui parce qu'effectivement cette stratégie, en tout cas de la part du RN,
parce qu'en fond un des enjeux pour 2027 ça va être comment la démocratie sociale peut-elle s s'organiser pour le cas où, effectivement, l'URN arriverait au pouvoir. Et on parlait, effectivement, de ce rapport au syndicat et du RN. Dès 1995, Bruno Bruno Maigret, à l'époque, qui était numéro 2 du Front National, avait pris l'initiative de créer des syndicats FN dans divers secteurs. Je me souviens d'avoir fait un reportage sur la création d'un syndicat FN pénitentiaire qui était dirigé par un ancien de la CGT et qu'en réalité, ce fameux gaucho-lepénisme qui avait été mis au jour, notamment par Pascal Perrineau en 1995 après la présidentielle,
commençait aussi à se matérialiser dans ce secteur-là. Mais aujourd'hui, effectivement, l'enjeu, il est comment avec tout ce qui se passe à l'intérieur du marché du travail, les grandes mutations de la société également, qui ne sont pas simplement économiques, mais sociales, anthropologiques, culturelles. Comment la CGT va-t-elle expliquer à ses adhérents les mutations qui sont en train d'être en courant ? Maxime Tijoux. Oui, non juste, il ne faut pas qu'on envoie un un message erroné aux personnes qui nous regardent, la CGT n'est pas rongée par le Rassemblement National ou par les idées d'extrême droite. C'est important de le dire. Compte tenu de la nature de nos débats, on peut avoir l'impression que la CGT commence à ça va être un peu gangréné, si je puis dire, entre guillemets.
Ça serait en tout cas leur terme par une montée de l'extrême droite. Ce n'est pas le cas. Ça reste quand même... Je pense que ce qu'a précisé Agathe est très important. Ça reste quand même des bases où justement, grâce aux formations syndicales, grâce aussi, je pense parce que s'il y a le côté secteur public, au secteur public, la CGT est très présente, dans le domaine social, les domaines sociaux qui sont plus proches sans doute de la gauche ou de l'extrême gauche pour reprendre les termes. Donc voilà, il n'y a pas de renversement de la CGT au profit de l'extrême droite. Gaucho-élepénisme, ce genre de choses, ça n'existe pas. Ça existe peut-être un peu plus dans d'autres syndicats. Mais en tout cas la CGT, la CFDT, justement parce qu'ils essayent
de tenir une ligne juste face à l'extrême droite et arrivent, je pense, quand même, à maintenir quand même beaucoup cette supposée pression. – Justement sur le syndicat de la CFDT, premier syndicat français, on va écouter la leader de la CFDT, Marie-Lise Léon, qui était cette semaine sur notre plateau et qui parlait de cette campagne présidentielle et elle disait « on va donner la parole à tout le monde, sauf au Rassemblement national ». – On questionnera sur ces enjeux du travail, en tant que CFDT, l'ensemble des responsables politiques... – Vous le ferez sous quelle forme ? – Sous forme de débat ? – Sauf l'extrême droite, je le précise. – Par reconquête ? – Tous les partis d'extrême droite, donc que ce soit s'il y a plusieurs candidats,
si Éric Zemmour est candidat, il ne sera pas questionnée par la CFDT, ni Jordan Bardella, ni Marine Le Pen. Et nous sommes extrêmement attachés à ne pas participer en tant que CFDT à leur banalisation. Nous ne considérons pas que ce sont des partis comme les autres. – Jefferson Desport, il y a quand même une question qui se pose pour le dialogue social en France. On a un parti qui est en tête dans les sondages, qui est aux portes du pouvoir et les syndicats, même le syndicat un réformiste, la CFDT qui d'habitude est dans le dialogue ne veut pas parler à ce parti. Mais là encore c'est des positions qui sont connues mais vous parlez des sondages qui réservent quasiment à 10 mois du premier tour une place au second tour pour l'URN mais je vous rappelle
que Jordan Bardella n'est toujours pas candidat. Est-ce que vous avez vu un programme du RN ? Ou est-ce que vous avez vu le début du commencement d'une idée ? Si vous lisez les sondages aujourd'hui, Jordan Bardella n'a pas besoin d'être candidat, il n'a pas besoin d'avoir d'idées, il n'a pas besoin d'avoir de programmes. C'est assez édifiant. Les questions des sondages sont des photos à l'instant T. Elles posent la question et si l'élection avait lieu demain ? L'élection n'a pas lieu demain, elle n'a pas lieu après-demain, elle aura lieu dans 10 mois. Il va y avoir une campagne, profitons-en. Et en fait, on ne peut pas faire comme si les Les campagnes n'existaient pas. Pour autant, que chacun annonce la couleur du côté syndical sur leur dialogue avec les différents candidats
quand ils seront déclarés, attention avec ces sondages. Ce ne sont pas des prévisions, ce ne sont pas des prédictions, ce sont des instantanés. Des instantanés qui testent des gens qui sont candidats déclarés de longue date et des gens qui ne sont même pas candidats. Donc, attention. Il faut prendre ça avec beaucoup de prudence. Il y a quand même une vacuité sondagère en ce moment qui est C'est assez édifiant. Oui, quand même, le Rassemblement national est de plus en plus populaire dans notre pays. Il représente de plus en plus de Français. Michael Darmand, est-ce que ça ne pose pas un problème que des syndicats disent qu'on ne va pas dialoguer avec ce parti d'abord je suis entièrement d'accord avec ce que dit Jefferson on le dit assez régulièrement à chacun de nos plateaux notamment
ici un public Sénat que les sondages d'aujourd'hui ne donnent pas le suffrage de demain, ça c'est clair en revanche ce que l'on peut constater et ça c'est un fait c'est que d D'élection après élection, l'ERN, dans les urnes, dans des résultats tangibles exprimés par les électeurs, progresse. Donc ça, c'est aussi une donnée politique qu'il faut prendre en compte. Donc une campagne présidentielle, elle est toujours faite pour créer de la surprise. Donc on ne sait pas comment ça va se terminer. Et effectivement, on attend d'abord déjà le 7 juillet de savoir, après une décision de justice, si c'est Jordan Bardella ou Marine Le Pen qui seront candidats. Mais pour revenir à cet enjeu des syndicats, effectivement il va falloir
quand même qu'il y ait des décisions liées à l'avenir de cette démocratie sociale très importante pour la France parce qu'une fois de plus si les syndicats sont faiblement représentés en termes numériques, ils ont un pouvoir institutionnel et normatif en France que personne ne peut ignorer. On va finir cette émission en retournant une dernière fois à Tours, retrouver Agatranc, Tours où se déroule ce congrès à la CGT. Un mot peut-être pour conclure sur l'enjeu de la présidentielle pour la CGT, c'est essayer de se renforcer face à des partis politiques qui sont eux aussi affaiblis ? Oui, ça a été largement dit mais ce sera évidemment renforcer largement ces effectifs et faire en sorte de gagner des adhérents mais aussi de les garder.
Et puis évidemment l'enjeu pour 2027 ça va être aussi quel positionnement va avoir la CGT par rapport aux parties, notamment de gauche, puisque là on parle du RN, mais ça a été dit aussi, la question des parties de gauche va être intéressante. Là, à l'ouverture, à Tours, il y avait plusieurs représentants du nouveau Front populaire, enfin de Feu le le nouveau Front populaire qui était présent. Donc voilà, on sait que la CGT en 2024 avait appelé à soutenir ce programme du nouveau Front populaire. Donc là, on verra comment l'organisation va réussir à se positionner et comment les autres organisations vont aussi se positionner. Ce sera intéressant à suivre. Ce sera très intéressant à suivre dans le cadre de cette campagne présidentielle.
Merci beaucoup à Agatranc d'avoir été en duplex de Tours. Merci à tous les trois d'avoir participé à ce débat, Maxime qui joue, je rappelle le sujet de votre travail de recherche, de votre rapport sur l'organisation de la vie syndicale à la CGT. Merci à tous d'avoir suivi cette émission. On se retrouve lundi pour une nouvelle semaine et ce sera Orianne Mancini aux commandes. Très bonne journée sur Public Sénat et puis très bon week-end. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous a proposé « Bonjour chez vous