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Natalité, présidentielle... L'interview de Marion Maréchal en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

On va recevoir notre invité maintenant dans cette deuxième partie d'émission, la députée européenne, présidente d'Identité et Liberté, Marion Maréchal. Bonsoir. Merci d'être avec nous, avec Amandine Atalaya. Bonsoir Amandine. Dans les dernières nouvelles de l'actualité, il y a la déclaration, il y a quelques minutes, de Vladimir Poutine. On va en parler, c'était au Kremlin, avant qu'il ne commence ses discussions avec les représentants du président Trump. Vladimir Poutine qui cible l'Europe.

0:24
Marion Maréchal

Nous ne prévoyons pas de combattre l'Europe, je l'ai déjà dit 100 fois. Mais si l'Europe décide soudainement de nous faire la guerre et la commence, nous sommes prêts dès maintenant. Il ne peut y avoir aucun doute là-dessus. Si l'Europe choisit de déclencher une guerre, la situation peut très vite arriver à un point où il ne restera plus personne avec qui négocier.

0:51
Invité

Ah bah c'est tout le drame si vous voulez de cette situation. C'est le risque qu'à un moment donné, à travers l'Ukraine, l'escalade verbale entre d'un côté l'Union Européenne et la Russie aboutissent à un moment donné à une escalade guerrière et nucléaire. Donc c'est la faute de la France ?

Non, c'est la faute si vous voulez du fait qu'à un moment donné, quand on a l'opportunité, et ça je m'en félicite, de pouvoir réfléchir à un plan de paix, ce qui n'avait pas été le cas jusqu'ici avec des parties prenantes qui du moins acceptent de discuter, même si ensuite on peut rentrer dans le détail des points qui ont été proposés par Donald Trump et qui ne sont pas absolument idéals, j'en conviens, eh bien il faut tendre vers cette solution diplomatique. Et que eux, ceux qui aujourd'hui veulent par principe fermer la porte à un plan de paix, par principe refuser de discuter autour des propositions... Qui fait ça ?

Vous savez, dans la vie politique française, il y a un certain nombre de responsables politiques, à gauche et d'autres, par exemple Raphaël Glucksmann, qui considèrent par principe qu'il faut aller se battre jusqu'au dernier ukrainien. Et or, on sait aujourd'hui, et tous les experts le disent, moi je ne suis pas une experte militaire, je m'en remets aux analyses de ceux qui connaissent bien le sujet, qui expliquent qu'aujourd'hui c'est très compliqué pour l'Ukraine d'imaginer pouvoir remporter la victoire.

1:53
Présentateur

Donc il faut signer la paix et donner les territoires à Poutine ?

1:55
Invité

Sauf si, une fois de plus, l'Europe et les pays européens et les Français rentraient directement en guerre, envoyaient des hommes, ce que, objectivement, je crois, personne ne souhaite vraiment, parce que ça n'est pas notre guerre directement, bien sûr.

2:07
Présentateur

Il faut signer une paix, une capitulation et donner les territoires à Vladimir Poutine ?

2:11
Invité

C'est pour l'Ukraine d'obtenir les meilleures conditions possibles, mais quand un pays perd la guerre, il ne faut pas imaginer, malheureusement, que les conditions de sortie de cette guerre soient absolument identiques à celles de l'entrée en guerre. Elle doit accepter, par exemple, de perdre l'Ombaz, la Crimée, il faut qu'elle accepte en tout cas des abandons territoriaux pour vous. Madame, moi je ne suis pas en train de souhaiter que l'Ukraine doit faire ceci ou cela. Ce que je vous dis, c'est que moi je suis une Française.

Il n'y a pas 36 solutions, je veux dire, vous savez qu'aujourd'hui, combien la France et l'Europe se sont investis dans cette guerre, ce sont plus de 100 milliards d'euros qui ont été donnés à l'Ukraine, nous avons formé des hommes, nous avons envoyé des armes. La solution supplémentaire, voilà, et à laquelle personne ne veut aboutir, c'est d'envoyer des Français sur le territoire. Mais pas seulement des Français, des Européens en général, qui ont fait un bout. Même si ce sera pour maintenir un cessez-le-feu, si un jour il y a un cessez-le-feu ? Et faire cela, c'est évidemment entrer en guerre directement avec la Russie.

Non, mais si c'est pour maintenir un cessez-le-feu, c'est pour garantir la sécurité. Si on est rentré ensuite dans un plan de paix et dans le cadre de l'organisation d'un cessez-le-feu, c'est une toute autre chose. Et évidemment que là, on peut imaginer la présence de casques bleus ou autre chose pour garantir la sécurité et le respect surtout des accords de paix. Mais je crois néanmoins qu'à un moment donné, il faut être lucide sur la situation et comprendre que oui, nécessairement un plan de paix implique des concessions, aussi malheureuses soient-elles. Quand le général Mandon, le chef d'état-major des armées, dit « soyons prêts à sacrifier nos enfants », comment vous avez réagi ?

J'en étais étonnée parce qu'en général, un chef d'état-major ne peut pas faire une déclaration aussi tonitruante sans avoir l'aval de la présidence. Donc on est presque à se demander si ce n'est pas le président qui, à travers son chef d'état-major, a voulu tester l'opinion. Il faut quand même avoir conscience que moi, je suis de fait pour l'esprit patriotique et je trouve très beau qu'on puisse se sacrifier pour l'intérêt de sa nation. Mais vouloir faire croire aux Français qu'aujourd'hui, l'intérêt souverain de la nation et du territoire français, c'est potentiellement d'envoyer des Français, soldats ou pas d'ailleurs, sur le sol ukrainien.

Bon, je ne crois pas que les Français aujourd'hui soient prêts à mourir pour l'Ukraine. Alors on peut trouver ça lamentable et déplorable, mais c'est quand même compréhensible. Vous ne croyez pas à l'analyse du chef d'état-major des armées qui pense que la Russie pourrait attaquer les pays baltes, enfin certains pays européens, d'ici trois à cinq ans ? Je pense qu'il y a une différence entre l'Ukraine et un certain nombre d'autres nations. La première étant que, en ce qui concerne la Pologne et d'autres, nous sommes face à des pays qui sont membres de l'OTAN et qu'à ce titre, elle bénéficie de la solidarité militaire induite par le traité.

Et que si évidemment la Russie s'aventurait à attaquer l'un de ces pays, mécaniquement, ça engendrerait une solidarité militaire. Et de ce point de vue-là, quand on regarde aujourd'hui l'état d'armement humain de la Russie et qu'on voit l'extrême difficulté qu'elle a, malgré tout, à arriver au bout de cette guerre qui traîne en Ukraine, j'ai quand même du mal à imaginer qu'elle puisse aller jusqu'à affronter l'OTAN dans son ensemble avec, évidemment, la force américaine qui serait derrière. Alors, en attendant, en France, on s'interroge sur l'idée de labelliser les médias, peut-être distinguer les médias qui donnent une information sérieuse des autres, notamment sur les réseaux sociaux.

C'est une idée qui, visiblement, séduit le président de la République, puisqu'il en a parlé publiquement deux fois. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce qu'il faut, effectivement, inventer ou reprendre un label qui existe déjà pour faire cette distinction entre médias ? Je trouve ça terrifiant. Et je trouve que l'explication du président de la République et d'un certain nombre de ses portes parlantes n'est pas du tout rassurante. Parce que, voyant l'opinion s'agiter, on nous explique, non, non, mais rassurez-vous, ça n'est pas l'État directement qui labelliserait, en gros, la bonne ou la mauvaise information. Mais vous savez, en URSS... Il n'y aura pas de ministère de la vérité.

Oui, sauf qu'en URSS, figurez-vous, ce que je vais vous dire est vrai, ça n'était pas non plus ni le président, ni le parti qui, comment dire, décidait qu'un livre pouvait être publié ou qu'un journal pouvait être édité. C'était, ça va vous faire rire, des associations professionnelles bidons. Je pense notamment à... Alors, ça s'appelait l'Union des écrivains soviétiques et l'Union des journalistes du RSS, et qui, précisément, estampillaient ceux qui avaient le droit d'eux. Alors, évidemment, la forme serait différente, mais... On est en démocratie et pas en dictature.

Mais ce qu'on est en train de nous expliquer, c'est qu'en fait, demain, on mettrait en place une pseudo-autorité indépendante avec un socialiste à la tête, qu'on mettrait en place une organisation professionnelle avec des journalistes de Mediapart, de Libération, du Nouvel Obs, et qui aurait expliqué toute la journée que la presse d'opinion de droite fait des face news. Donc, en fait, c'est une attaque contre le groupe Bolloré, par exemple ? Ça me paraît absolument manifeste. Voilà, j'ai le sentiment qu'aujourd'hui, il y a un certain nombre de libérations de la parole, un pluralisme qui déplaît. Et moi, je pose une question encore plus centrale.

6:35
Présentateur

Là, vous écrivez un scénario de fiction destiné à Sherper, en disant, attention, le soviète suprême va se mettre en place en France.

6:41
Invité

Excusez-moi, quand je vois aujourd'hui ce que s'autorise... On est dans une démocratie, il y a des contre-pouvoirs. Excusez-moi, quand je vois comment se comporte l'ARCOM, le deux poids de mesure que l'on voit sur l'ARCOM, qui est extrêmement pointilleuse et extrêmement dure en termes de sanctions, lorsqu'il s'agit de traiter CNews et les groupes Bolloré, et qui ferme totalement les yeux sur le manque de pluralisme aujourd'hui dans le service public français... C'est pas vrai, l'ARCOM a désavoué une émission d'enquête du sein public récemment.

Mais au-delà de ça, on aimerait, par exemple, qu'elle se penche sur le fait, ça c'est une étude de Thomas More qui a révélé cela, qu'aujourd'hui, 66%, par exemple, du temps d'antenne de France Culture et 60% du temps d'antenne de France Inter est consacré à de la parole de gauche. Mais je vais vous dire, je vais au-delà de ça, parce qu'allons au bout du sujet. Qu'est-ce qu'une fausse information ?

Parce que moi, je vais vous dire, je l'ai vécu en direct, à l'époque du Bataclan, on a commémoré malheureusement ce drame il n'y a pas très longtemps, il y avait un certain nombre de responsables politiques dont je faisais partie qui expliquaient qu'il y avait un risque d'infiltration des terroristes parmi les migrants. Une grande partie de la presse expliquait que c'était une fake news. Moins longtemps, on expliquait que la répartition des migrants qui étaient à l'époque dans le 93 sur l'ensemble du territoire était là encore une fake news. Tout cela s'est avéré vrai. Mais vous savez, il y a même parfois des mensonges d'État.

Quand Laurent Nunes, par exemple, explique au départ dans une émission qu'il y a 200 000 clandestins, qu'il finit par avouer qu'il y en a 700 000 quand la journaliste lui met la pression. Quand Gérald Darmanin explique au moment des émeutes du Stade de France que ce sont les supporters anglais qui ont commis évidemment ces émeutes. Donc moi, je vous le dis juste que... C'est souvent la responsable politique. Oui d'accord, mais donc on peut avoir une parole d'État qui ment et on peut avoir à un certain moment donné... Je pourrais vous multiplier les exemples. Vous voulez un label pour les politiques ? Donc moi, je suis... Parfois, je pense que ce serait une bonne chose.

Mais donc le vrai sujet, et je conclue par là, c'est que le rôle de l'État, ça n'est pas de certifier la vérité. Le rôle de l'État, c'est de garantir le pluralisme. Et là, de ce point de vue-là, on aimerait que l'État soit plus actif sur le service public.

8:30
Présentateur

Ce matin, Marine Le Pen était l'invité de BFM TV et DRMC. Marine Le Pen bien décidée à aller à la présidentielle si la justice le lui permet. Mais aujourd'hui, la dynamique, elle est plutôt en faveur de Jordan Bardella. Donc le candidat, c'est Jordan Bardella pour le Rassemblement National ?

8:47
Invité

Écoutez, en ce qui concerne Marine Le Pen, on a assisté ces derniers mois à une élimination judiciaire. On est en train d'assister à une élimination sondagière. Et maintenant, on me demande de participer à une élimination médiatique. Moi, je ne me prêterai pas à ce jeu-là parce que je continue de penser qu'il est honteux que Marine Le Pen ne puisse pas se présenter à l'élection présidentielle. Et jusqu'à preuve du contraire, elle l'a dit sur votre antenne tout récemment, et c'est d'ailleurs aussi la position de Jordan Bardella, elle est candidate à l'élection présidentielle.

Donc à partir de là, ne me demandez pas de jouer à un scénario dont moi-même, d'ailleurs, je ne suis pas directement responsable puisqu'il s'agit de la candidature du Rassemblement National auquel je suis alliée, mais dont je ne fais pas directement partie. Donc je ne vais pas commencer à rentrer dans ce récit. – Si vous êtes alliée, si vous vouliez le meilleur candidat pour gagner aussi. – De qui est mieux placé ou de qui est moins bien placé. – Alors on peut poser la question différemment. – Puisqu'aujourd'hui, c'est elle la candidate officielle. – D'accord, mais vous portez le projet de l'Union des droites. – Oui, absolument.

– Quelle est la meilleure personnalité pour porter ce projet, Jordan Bardella ou Marine Le Pen ? – Je porte. – Marine Le Pen qui dit « je ne suis ni de droite ni de gauche », donc qui rejette cette idée d'Union des droites. – Vous savez que c'est un désaccord plus général, d'ailleurs, que j'ai avec le Rassemblement National. – Et Jordan Bardella ne serait pas plus proche de vos idées là-dessus ? – Bien au-delà de Marine Le Pen. Pour l'instant, de fait, je considère que cette alliance ne va pas assez loin. D'ailleurs, quand bien même Jordan Bardella serait aujourd'hui président du parti.

Et je pense qu'on devrait être beaucoup plus ambitieux et ouvrir bien au-delà de la simple alliance avec l'UDR d'Éric Ciotti. Mais allez, je l'ai dit, il y a de nombreuses reprises, j'ai compris jusqu'ici, au LR de Bruno Retailleau, jusqu'à Nicolas Dupont-Aignan et même à Reconquête. Parce que je pense que c'est le seul chemin aujourd'hui pour permettre d'atteindre les 50 plus 1. Bon voilà, je n'en démore pas. De fait, j'ai obtenu une petite victoire symbolique. Peut-être qu'on me l'accordera, puisqu'il y a quelques mois de cela, je plaidais pour une alliance qui aille même jusqu'à une partie d'horizon. On me regardait avec des yeux ronds en me disant « c'est n'importe quoi ».

Et c'est cette majorité qui a permis de remettre en cause à l'Assemblée nationale les accords de 68, il y a quelques semaines de cela. Donc c'est possible. Voilà, donc il y a du chemin jusqu'en 2027 et je compte bien contribuer à ce que cette coalition se fasse ici-là. Il faut un candidat ou une candidate pour porter cela. Mais une fois de plus, de toute façon, il y aura un candidat du camp national, quoi qu'il arrive, une fois de plus, permettez-moi de ne pas être l'homme de main des juges politisés qui ont, selon moi, disqualifié de manière...

11:02
Présentateur

Vous avez parlé d'élimination judiciaire.

11:06
Invité

Moi, je considère, pour parler du sujet sur le fond, je considère que tout indique dans cette affaire qu'il y a une dimension politique... Et si elle est relaxée en appel ? Que ce soit dans les réquisitions qui ont été faites. Écoutez, si elle est relaxée en appel... Qu'est-ce que vous diriez ? Finalement, la justice n'est pas si politique que ça ? Peut-être qu'elle aura pris conscience de l'indignité de cette décision. Pas trop tard pour... Elle est innocente ? ...révéler une erreur. Ce qui est sûr, c'est que moi, je considère que la lecture qui est faite aujourd'hui de l'utilisation de ses assistants parlementaires est une mauvaise lecture, puisqu'il n'y a pas d'enrichissement personnel.

Donc, on est sur une affaire qui relève de l'arbitrage politique. Est-ce que, pour vous, le pays est prêt à un président, potentiellement Jordan Bardella, si l'on en croit aujourd'hui les sondages qui est bien placé et s'il était candidat, à un président aussi jeune que l'est Jordan Bardella ? Ou est-ce qu'il y a toujours une prime à l'expérience comme celle de Marine Le Pen qui serait une meilleure candidate ? Moi, je suis désolé, je veux bien qu'on passe l'émission sur la perspective de Jordan Bardella, président de la République et candidat. Mais à l'heure où je vous parle, lui-même... C'est un scénario qui existe quand même. À un moment donné, lui-même refuse de rentrer dans ce scénario.

Non, le scénario existe, puisque Marine Le Pen elle-même l'a mis sur la table en disant que ce sera soit moi, soit lui. Jordan Bardella, lui-même, aujourd'hui, refuse de rentrer dans l'hypothèse de sa candidature tant qu'on n'a pas la décision définitive. Il ne peut pas commencer à vous faire le... Vous pourriez dire qu'il est un aussi bon candidat que Marine Le Pen, si vous en êtes certain ? Au moment, si vous voulez, où la candidature de Marine Le Pen, si par malheur elle n'était pas confirmée, devait amener à transférer la main et à ce moment-là, construire un nouveau leadership. Il faut attendre. Il faut attendre. D'ici là, c'est tabou. On ne doit pas évoquer le sujet. Mais pas du tout.

D'ici là, Marine Le Pen est candidate. Et donc, on construit cette candidature. Et moi, je plaide pour, comme je vous le disais, une coalition des droites plus large avec elle. Et je tâche d'y contribuer à mon niveau. Et vous poserez toutes ces questions le moment venu. Mais je ne suis pas sûre que ce soit ça qui passionne les Français.

12:53
Présentateur

Mais quant à vous, pas de campagne élyséenne. Pas de candidature.

12:58
Invité

Non, pas de candidature. C'est sûr ? Oui, oui, c'est tout à fait sûr. Moi, je suis là, une fois de plus, pour rassembler un maximum de Français. Je ne suis pas, avec mon mouvement Identité Liberté, pour apporter de la division. Mais au contraire, pour incarner une ligne qui est singulière. On va vous surprendre. Plus libérale sur les questions économiques. Plus conservatrice sur les sujets de société. Parce que je considère qu'elle n'est pas absolument représentée ailleurs. Mais une fois de plus, les coalitions, c'est additionner les singularités.

13:23
Présentateur

Vous pourriez être dans un gouvernement de Jordan Bardella, président.

13:25
Invité

Mais moi, mon objectif, ce n'est pas moi pour moi-même. Mon objectif, c'est que la ligne...

13:28
Présentateur

Si, parce que vous dites que vous êtes alliée, vous voulez être utile au pays.

13:31
Invité

Mon objectif, c'est que la ligne que je porte soit représentée d'une façon ou d'une autre. Et donc, évidemment, je souhaite qu'elle soit représentée partout où elle peut être représentée. Ensuite, la question de l'incarnation, ça, c'est un autre sujet. Il y a la Cour des comptes qui vient de publier un nouveau rapport concernant la chute de la natalité. Et les sages s'inquiètent de ce vieillissement de la population qui va avoir forcément des conséquences sur les finances publiques. Puisque l'objet de la Cour des comptes, c'est de regarder les finances publiques. C'est votre combat, le réarmement démographique. Oui. Visiblement, la Cour des comptes est comme vous. Oui, oui.

Nous faisons en effet un colloque à ce sujet parce que je suis assez interpellée par le fait que ce soit un des grands absents, par exemple, de la question budgétaire. Or, c'est un sujet absolument central. On ne va pas refaire le diagnostic, mais il n'y a jamais eu aussi peu d'enfants en France depuis 45. Il y a plus de personnes aujourd'hui qui meurent que d'enfants qui naissent dans notre pays. On a une population qui vieillit. Avec plein de sujets, évidemment, qui touchent à la solidarité. Il n'y a jamais eu autant de migrants en parallèle qui rentraient dans notre pays. Donc, ça pose des questions, évidemment, culturelles, identitaires.

Ça pose la question des retraites, qui est quand même un sujet absolument central. Celui, en effet, de la solidarité entre les générations. Et un angle dont on parle beaucoup moins que vous venez d'évoquer, qui est celui, si on suit la trajectoire actuelle d'après l'INSEE, on perdrait entre 3 et 5 points de PIB d'ici 2050. Donc, c'est spectaculaire. Donc, ça devrait être une obsession, aujourd'hui, du politique, pas seulement de limiter la casse, mais de permettre que les Français qui ont un désir d'enfant de 2,4 enfants par femme, je rappelle qu'on est aujourd'hui à 1,50, puissent avoir ces enfants et les moyens de faire ces enfants. Et donc, il manque une ambition.

Parce que c'est vrai que depuis les socialistes... Ça passe par des aides. Des aides au logement, des primes, des prêtres au zéro... En Italie, par exemple, c'est une prime de 1 000 euros pour les mamans. Absolument. Et je vais vous dire, il y a un modèle qui est intéressant, qui est le modèle hongrois, qui, depuis une dizaine d'années maintenant, a obtenu des résultats, puisque de mémoire, on est passé de 1,3 à 1,5 enfants, où on a, par exemple, des mesures extrêmement ambitieuses, comme typiquement le fait qu'une mère qui a plus de 3 enfants ne paye plus d'impôts sur le revenu.

Et donc, je pense qu'il faudrait avancer vers des mesures, en effet, dans le cadre de l'accès au logement, dans le cadre des avantages fiscaux qui peuvent être accordés, qui donnent de l'oxygène à ces familles. Et puis, j'ai envie de vous dire, c'est presque aussi une rupture philosophique. C'est-à-dire qu'il faut, à un moment donné, que l'État n'ait plus de complexe à pouvoir aussi valoriser ce modèle familial. Ça veut dire qu'on est face aujourd'hui à des idéologies, y compris jusque dans le service public, qui sont des idéologies quasiment no-kids. Ça veut dire qu'il y a eu une inversion de la charge de l'égoïsme.

C'est-à-dire que pendant très longtemps, je parle pour les gens, évidemment, qui peuvent en faire, bien sûr, les égoïstes étaient ceux qui ne voulaient pas faire d'enfants, parce que finalement, c'était des gens qui voulaient simplement être dans leur plaisir immédiat, ne pas s'ennuyer avec ce sujet, et qui desservaient la société pour toutes les raisons que je viens de vous donner. Aujourd'hui, on a quasiment inversé la chose. C'est-à-dire que c'est les gens qui font des enfants qui seraient des égoïstes parce que vous comprenez, l'avenir va mal, le bilan carbone des enfants.

Et donc, je crois qu'il faut réussir à mener un combat culturel qui restaure l'idée que des parents qui sacrifient leurs loisirs, qui investissent dans les nouvelles générations, qui consacrent du temps, ils rendent un service pour la vie en général, bien sûr, mais même pour l'avenir donné à la société, et donc de réhabiliter finalement ces modèles. – Vous êtes macroniste, vous voulez faire comme le président de la République. – Oui, enfin… – Tu disais ça en 2024. – Le seul problème d'Emmanuel Macron, c'est qu'en effet, il y a six mois, il a découvert le réhabilité. – Petite archive, petite archive. – Il ne s'est rien passé depuis. – C'est il y a deux ans. – Il ne s'est rien passé depuis.

– Votre France sera aussi plus forte par la relance de sa natalité. – Nous étions jusqu'à récemment un pays dont c'était la force, sans doute la singularité en Europe, quand on se comparait aux voisins. Et c'est moins vrai depuis quelques années. Je crois profondément que la mise en place d'un nouveau congé de naissance sera un élément utile dans une telle stratégie. Les mœurs se changent, on fait des enfants de plus en plus tard. L'infertilité masculine comme féminine a beaucoup progressé ces dernières années et fait souffrir beaucoup de couples. Un grand plan de lutte contre ce fléau sera engagé pour permettre justement ce réarmement démographique.

– Voilà, le congé de naissance notamment pour ce réarmement démographique, ça va dans le bon sens ? – Vous savez, moi j'ai été députée entre 2012 et 2017 et à cette époque-là c'était François Hollande qui était à la tête et son ministre de l'économie s'appelait Emmanuel Macron. Et c'est précisément durant cette période que la politique familiale française, qui était un des grands modèles en Europe, a été détricotée, avec notamment, et pas seulement, la fin de l'universalité des allocations familiales. Donc si vous voulez, moi je veux bien qu'on écoute… – On avait raboté aussi le quotient familial. – …

le président de la République, mais depuis qu'il est aux affaires, nous n'avons rien vu de ce point de vue-là.

18:03
Présentateur

– Donc c'est que de la com' là ?

18:05
Invité

– Oui, bon, ça ne nous surprend pas. On finit par être actué.

18:07
Présentateur

– Est-ce que, comme le dit Gabriel Attal, il faut par exemple, dès la naissance, mettre 1000 euros sur un compte ? Est-ce que ça peut aider ou pas ? Est-ce que c'est une bonne proposition ?

18:14
Invité

– Je ne suis pas sûre que ça passe nécessairement par une redistribution directe de ce point de vue-là. Je pense que ça passe par facilité sur le plan, par exemple, parce que, vous savez, je pense qu'il faut une politique cohérente, notamment sur les questions d'assistanat. Donc je crois que c'est important de toujours faire en sorte que les gens qui travaillent soient aussi les premiers favorisés par rapport aux familles. Et donc je crois que l'un des angles prioritaires serait d'abord et avant tout de revoir les avantages fiscaux sur la part de l'IR, notamment sur le quotient familial. Je vous ai parlé de ce modèle, on croit qu'il est aussi un modèle à creuser.

Et puis, vous avez raison de le rappeler, la question du logement social. Parce que quand on fait des logements sociaux aujourd'hui, on se rend compte que la part dans la construction accordée aux logements familiaux n'est pas aussi importante que celle qui devrait l'être. – Mais il faut être cohérent aussi. La réforme des retraites, le Rassemblement national, par exemple, était contre la dernière réforme, celle d'Emmanuel Macron, qui tendait à faire travailler les gens un peu plus longtemps puisqu'il y a ce vieillissement de la population. – Je ne vous apprends pas que ma position n'est pas celle du Rassemblement national sur la question des retraites.

Et je fais partie de ceux qui plaident depuis très longtemps déjà, même pour une ouverture de part à la capitalisation. – Et il ne faut pas repartir à quel âge à la retraite, idéalement ? – Non, mais je considère qu'il faut aujourd'hui allonger la durée de cotisation. – Mais idéalement, c'est quel âge ? – Mais c'est plus d'ailleurs une question de durée de cotisation. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que le statu quo aujourd'hui n'est pas possible. – Donc il faut travailler plus longtemps ? – Parce que de fait, l'espérance de vie s'allongeant et le nombre de cotisants pour le nombre de retraités se réduisant comme peau de chagrin.

Aujourd'hui, expliquer aux Français qu'ils peuvent continuer dans ce modèle sans aggraver le déficit, c'est malheureusement un mensonge. Maintenant, ce que j'entends de la part des Français, et je le partage, c'est le sentiment de dire « ah oui, oui, d'accord », mais c'est toujours au même qu'on demande des efforts, quoi. C'est-à-dire les Français qui bossent et qui portent tout à bout de bras, qui doivent être les premiers finalement à faire des sacrifices.

Donc je crois qu'avant cette réforme, il s'agit d'abord de s'attaquer à un certain nombre de sujets que les Français considèrent comme injustes, notamment la question aujourd'hui des largesses de la politique sociale liées à l'immigration, la question des dérives de la cistana. Est-ce qu'aujourd'hui, quand on a un RSA qui coûte 15 milliards d'euros par an, il n'y a pas des priorités à avoir sur le fait de favoriser les gens qui travaillent ? Vous avez essayé d'aider les jeunes. Le Rassemblement national proposait lors de ses dernières campagnes d'exonérer les moins de 30 ans de tout impôt sur le revenu. Ça, vous n'y êtes pas favorable ? Il me semble qu'ils sont revenus dessus depuis.

Oui, et vous, vous trouvez que c'était une mauvaise idée ? Non, moi je suis à la limite, s'il devait y avoir une exonération d'impôt sur le revenu, je vous l'ai dit tout à l'heure, je serais plus pour les mères de famille qui ont au-delà de trois enfants.