Valéry Giscard d'Estaing - Campagne présidentielle 1974 (2ème tour) | Archive INA
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Pourquoi les sondages vous décrivent-ils comme moins humain que votre adversaire ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Avez-vous changé au cours de cette campagne ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Êtes-vous fait pour cette familiarité avec les Français ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Pourquoi vouloir être président de la République ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Comment gérez-vous la solitude du pouvoir ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Êtes-vous sensible aux critiques et aux coups reçus ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Fait
« vous êtes brillant vous êtes sympathique convaincant dynamique sincère mais vous êtes moins à l'aise que François mitteran vous êtes moins loyal moins habile et puis ce qui ce qui m'intéresse aujourd'hui vous êtes moins humain moins humain »
- 4:00Fait
« je ne me suis pas transformé au cours de cette campagne »
- 6:00Fait
« je ne crois pas bon je vais vous surprendre parce que quelqu'un qui est là qui est candidat à la présidence de la République qui le dit à ses compatriotes naturellement il exerce une ambition »
- 8:00Fait
« ce qui m'intéresse dans cette candidature ça n'est pas le fait d'être nommé président de la République c'est le fait d'avoir la chance de faire quelque chose comme président de la République »
- 10:00Fait
« être président de la République c'est entrer dans le monde de la solitude dans un désert c'est être au-dessus de tout le monde et n'avoir surtout personne au-dessus de soi »
- 12:00Fait
« je suis quelqu'un dont les réactions sont très fortes et dont le la sensibilité est très forte »
- 14:00Fait
« je suis beaucoup plus passionné que raisonnable par nature »
- 16:00Fait
« j'ai passé un an et demi de ma vie comme soldat de seconde classe dans un régiment venu d'Afrique du Nord »
- 18:00Fait
« quand je fais des discours je l'ai fait moi-même or vous savez très bien qu'écrire un composer un discours lorsque vous parlez 1 heure 1h30 2h c'est un très gros travail qui prend du temps »
- 20:00Fait
« j'ai horreur de l'intolérance horreur d'abord je crois n'avoir jamais pratiqué l'intolérance »
- 22:00Fait
« une victoire si vous aviez cette victoire lundi pourrait être également considérée comme une défaite »
- 24:00Fait
« ce qui est important si vous voulez pour moi c'est pas l'Élysée »
- 28:00Fait
« si vous étiez président de la République et s'il en était d'accord prendriez-vous Monsieur François mitero comme premier ministre »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[Musique] Valé giscardestin je ne vous ai jamais rencontré nous avons échangé nos premier mots il y a quelques minutes en entrant dans ce studio vous avez souhaité vous entretenir avec moi je vous ai demandé vous avez accepté de respecter la règle de mes conversations radiophoniques cette règle ces règles sont très simple je ne vois jamais les personnes que j'accueille avant l'émission elles ne sont pas du tout au courant des questions que je peux leur poser les choses se passent ainsi comme peuvent en témoigner Marchet André mallerau kvine sanginetti mes France et je pourrais en citer beaucoup d'autres nous n'ons pas parlé de politique ce que je veux c'est aller à la rencontre de l'homme que vous êtes il y a eu après le débat télévisé qui vous a opposé à François mitteran un sondage c'est la mode des sondage qui fait apparaître quelques réflexions et je les ai noté ces réflexions vous êtes brillant vous êtes sympathique convaincant dynamique sincère mais vous êtes moins à l'aise que François mitteran vous êtes moins loyal moins habile et puis ce qui ce qui m'intéresse aujourd'hui vous êtes moins humain moins humain voilà la question pourquoi moins humain je pose la question oui je crois que c'est une question d'âge ce qu'on appelle humumain lorsqu'on porte un jugement sur quelqu'un c'est le le fait qu'il est connu enduré traversé un certain nombre de circonstances quand quelqu'un jeune on dit pas que c'est quelqu'un d'humain on dit que c'est quelqu'un de sympathique et puis c'est ensuite en effet plus tard dans l'existence que l'on vous donne cette étiquette d'humain je dirais que être moins à l'aise et être sympathique c'est signe d'une certaine jeunesse c'est plus tard que on peut mériter le qualificatif d'humain vous estimez que vous êtes transformé au cours de cette campagne vous avez parlé de vous une fois mais vous parliez de vous au passé et ce qui nous intéresse qui intéresse téléspectateur le français c'est l'homme d'aujourd'hui l'homme que vous êtes que vous êtes peut-être devenu non je ne me suis pas transformé au cours de cette campagne personne ne se transforme en en quelques SEM en faisant les concessions parfois ça c'est autre chose ça ne serit pas se transformer non je ne me suis pas transformé parce que ce que j'ai essayer d'être dans cette campagne que je suis dans cette campagne c'est ce que je suis mais l'opinion publique avait de moi une idée différente il était naturelle qu'elle est une idée différente parce qu'elle avait au travers de ma fonction elle me connaissait comme ministre de l'économie et des finances et donc elle me jugeait comme elle estime juger un ministre de l'économie et des finances mais d'autres personnes par exemple mes amis ou mes électeurs en ne savent très bien que ce que je suis était différent donc je nai pas changé au cours de cette campagne mais ce qui est différent peut-être c'est que ma communication avec l'opinion française elle a changé vous êtes polytechnicien vous êtes éarc certains disent que vous êtes un ordinateur vous avez le goût les chiffres au début de la campagne vous étiez Valérie giscardestin ensuite vous étiez Giscard vous êtes ensuite Valérie on pourrait penser que si la campagne durait encore vous iriez tutoyer la France et je me demande si vous êtes fait pour cette familiarité par ce que j'ai observéis au cours de cette campagne c'est deux mouvements c'est d'une part un mouvement que j'ai fait en direction de l'opinion publique pour exposer un certain nombre de problèmes pour établir un certain contact qui s'est établi et puis il y a eu un mouvement qui a été fait en sens contraire par l'opinion publique et qui de son côté a apporté quelque chose dans cette campagne apporté quelque chose à ma rencontre je l'ai dit j'étais très frappé et touché par exemple lorsque je sors des salles de réunion par tous ceux qui vous disent bonne chance c'est un mot qu'on adresse à quelqu'un vis-à-vis de qui on établit un lien bonne chance ce n'est pas un mot du langage politique c'est un mot du langage personnel donc je je crois que ce contact très direct entre l'opinion publique et le candidat à la présidence de la République c'est fondamental il n'est pas douteux que vous avez de l'ambition que vous avez le goût de la puissance que vous avez le goût du pouvoir et on peut se poser la question pour quoi un homme veut être président de la République car on le sait être président de la République c'est entrer dans le monde de la solitude dans un désert c'est être au-dessus de tout le monde et n'avoir surtout personne au-dessus de soi non vous avez raison je ne crois pas je il faut faire attention à ce mot d'ambition c'est un mot qui est péjoratif il vous va bien ambition je ne crois pas bon je vais vous surprendre parce que quelqu'un qui est là qui est candidat à la présidence de la République qui le dit à ses compatriotes naturellement il exerce une ambition seulement je je pense au mot ambition au sens habituel le jeune homme ambitieux je ne suis plus ambitieux dans ce sens-là je l'ai été et je l'ai été notamment lorsque j'étais jeune ministre parce que j'étais fier de l'aide j'étais conscient de l'autorité que ça vous donnait du pouvoir que ça vous donnait et puis quand j'ai quitté le gouvernement c'està-dire en 1966 j'ai été éloigné du gouvernement pendant 3 ans et à ce moment-là j'ai mesuré les limites en réalité de l'ambition et lorsque je suis revenu au ministère de l'économie et des finances mon mon intention çaétait plus ambition ce n'était pas la satisfaction d'être ministre c'était de mieux faire ce que j'avais fait la première fois que j'estimais ne pas avoir fait aussi bien ou assez loin que j'aurais dû le faire à l'époque et je dirais qu'à l'heure actuelle qu'est-ce qui s'est passé le président Pompidou devait rester président de la République jusqu'en 1976 donc il n'y avait pas d'échéance pour l'ambition présidentielle pour personne c'est un événement qui a été soudain qui a été frappant et il se trouve que j'étais parmi ceux qui devaient se se poser la question mais je suis conscient comme vous le dites du poids de la chose non pas conscient parce que j'ai peur d'en être écrasé j'ai toujours considéré dans l'existence que lorsqu'on veut faire quelque chose quoi que ce soit il faut vouloir la chose et accepter les inconvénients de la chose on ne peut pas vouloir être président de la République et s'effrayer ou se dérober au poids de la fonction poids qui est effectivement écrasant mais ce qui m'intéresse dans cette candidature ça n'est pas le fait d'être nommé président de la République c'est le fait d'avoir la chance de faire quelque chose comme président de la République et si je peux vous en faire la confidence lorsque le soir je rentre de ces réunions tard et qu'on pense qu'on a un moment de tranquillité je me dis qu'est-ce que je penserai dans quelques années si j'étais élu président de la République qu'est-ce que j'aurais fait est-ce que j'aurais le sentiment véritablement d'avoir accompli quelque chose alors c'est ça si vous voulez mon ambition dimanche c'est une élection capitale mais si c'était une exécution capitale si vous perdiez comment réagiriez-vous d'ailleurs vous êtes dans la position de l'homme qui veut gagner qui gagné nous sommes deux dans deux dans la position d'hommes qui voulont normalement gagner on le veut vraiment on le veut vraiment oui on le veut vraiment je considère vous avez dit que c'est un choix grave pour moi c'est un choix grave pour la France c'est un choix grave pour moi dans une certaine mesure mais c'est un choix grave pour la France et ça me ferait profondément de l'angoisse et de la peine de voir la France se tromper c'est en ce sens-l que c'est un choix grave alors je ne raisonne pas en terme de victoire et de défaite et je vous dirais je n'aime pas vocabulaire il ne s'agit pas d'écraser l'adversaire ou d'être écrasé par lui il n'y aura personne de décapiter c'est un choix il faut Imagineer que la France est sur une route qui a une bifurcation qu'elle peut prendre l'une ou l'autre de deux voix et si elle choisit l'autre voie si c'est l'autre voix qu'elle choisit et bien la France aura choisi démocratiquement et pour moi je suis quelqu'un qui suit de tempérament et de nature démocratique lorsque je dis que je suis libéral c'est ça que je veux dire je respecte le choix des autres je vais tout faire pour que la France fasse le bon choix tout faire j'ai fait cette campagne je vous parle aujourd'hui je parlerai encore vendredi pour que la France fasse le bon choix mais si elle en fait un autre je respecterai son choix vous avez de l'estime pour votre adversaire je considère que c'est un homme très capable très capable et qui mène une campagne qui est une campagne de candidat à la présidence de la République j'estime j'ai suivi comme peut-être comme vous d'ailleurs des campagnes dans d'autres grands pays et bien cette campagne faite par mon adversaire c'est une campagne normale de qualité d'un candidat à la présidence de la République il y a beaucoup d'adjectifs pour vous désigner dit aviser réfléch prudent cieux d'ailleurs prudent acieux ça me pasble oui il vous manque peut-être d'être un peu maladroit on dit ça moyennant quoi l'autre jour dans une émission de télévision j'ai fait trois petites erreurs de langage mais j'ai pas fait mon émission en général je fais toujours une fois simplement et on m'a dit ah vous voyez vous avez fait trois erreurs de langage alors il faut à la fois être maladroit une pasêtre si je comprends bien non si vous croyez que je suis à droit c'est pour une raison simple je suis quelqu'un qui fait attention au choses et aux gens parce que je considère que les choses et les êtres c'est fragile et qu'il faut toujours faire très attention il faut jamais être brutal faut jamais être brusque il faut trancher dans le vif comme on comme on le dit il faut au contraire faire très attention alors quand vous êtes attention vous êtes ce que l'on appelle à droit parce que en effet vous évitez le les décisions soudaines ou brusques ou les erreurs ou les choses qui qui blessent les êtres dans mon ministère par exemple au milieu de mes collaborateurs avec lesquels j'ai travaillé pendant de longues années bien j'ai toujours évité qu'il ait des tensions des antagonismes et lorsque je sentais qu'il en existait avant la fin de la journée même j'essayais qu'elle disparaisse avez-vous changé de ton en vous disant je serai président de la République il faut que je sois un autre homme et changez-vous de ton en ce moment pas alors que nous parlons tous les non j'ai pas changé de ton j'ai pas changé de ton si vous voulez on prend effectivement conscience de quelque chose c'est d'ailleurs très surprenant puisque être candidat à la présidence de la République ça n'est évidemment pas être président de la République les 12 que nous étions voici 15 jours n'tions pas président de la République seulement comme vous êtes amené à à penser à la dimension du problème et comme lorsque vous parlez aux autres les autres vous regardent eux en se disant c'est peut-être un président de la République alors vous prenez conscience de quelque chose qui dans une certaine mesure vous change certains coups vous ont fait mal alors nous n'avons jamais vu une trace évidente sur votre visage de ces coups reçus êtes-vous insensible d'abord c'est peut-être parce que vous nes pas bien regardé j'ai regardé et ensuite si vous connaissez la nature humaine je pense qu' vous étiez fi à ce moment voilà mais vous n'étiez pas touché un homme comme vous qui qui la connaît qui j'essaie de conna qui l'étudier n'est-ce pas ceux qui en effet de montre pas certaines choses ce ne sont pas les gens insensibles ce sont les gens très sensibles parce que si les gens très sensibles laissent apparaître soit la blessure soit le sentiment ils font apparaître beaucoup de blessure ou beaucoup de sentiments je suis quelqu'un dont les réactions sont très fortes et dont le la sensibilité est très forte et c'est pourquoi en effet devant certaines blessures qui existent je suis amené à ne pas les laisser apparaître quelqu'un de secret aussi parce que le giscar d'avant giscar on ne le connaît pas non je suis pas quelqu'un de secret c'est quelqu'un de réservé non d'abord je respecte la loi du secret chose fondamentale et pour un homme d'État fondamentale je l'ai dit à propos par exemple du général de Gaulle j'ai été comme comme ministre le familier du général de Gaulle puisque j'avais avec lui une conversation par semaine bon vous avez vu le nombre de mémoires de citations qui ont été écrites à propos du général de gaau comme je considérais que c'était des conversations en tête à tête avec le chef de l'État je n'ai jamais utilisé une seule de ces conversations de ces citations vous les utiliserez peut-être un jour enfin le jour où ça ne sera plus utile ou utilisable je veux dire si un jour je dois écrire ce qui s'est passé à un certain moment peut-être le ferai-je mais certainement pas dans le combat ou dans la lutte politique et je crois qu'un homme d'État a le devoir de respecter le la loi du secret il y a dans votre période une suite anecdotique de situation il y a eu l'homme au boulover il y a l'homme qui prenait le métro il y a eu l'homme qui jouit au football à chavalière il y a eu l'accordéoniste et encore tout récemment vous étiez h mat de rugby qui opposé B à Narbon et je crois savoir que vous êtes beaucoup plus passionné de oui vous êtes plus passionné de de football que de rugby alors je me demande si vous êtes battu si vous irez à la finale de la coupe de de football bien sûr si vous voulez tout ceci sont des anecdotes mais dans ces anecdotes oui mais elle elle témoigne d'un personnage elle témoigne d'un personnage parce qu'on les interprète je prends le cadre de mon match de football l'année dernière à chamalière on a dit que ça avait été un montage ou quelque chose d'organisé on pouvait s'enseigner les commerçants de la ville organisation de commerçants avait eu l'idée à l'occasion de la Fête municipale de chavalier au début juin de jeter un défi au conseil municipal et mais adjoint mavait ditce que nous relevons le défi bien sûr nous allons relever le défi et faire ce match donc c'était quelque chose de local et de spontané pas du tout d'apprêter mais ce qui est vrai c'est que je me suis toujours efforcé et si je suis élu président de la République je continuerai à m'efforcer de faire que les hommes d'État en France apparaissent comme des êtres plus simples nous avons derrière nous une tradition de convention de protocole tout à fait excessive et qui n'est pas moderne car vous savez très bien que dans les autres grands pays ça n'est pas comme ça le fait pour un président des États-Unis d'pparaître en pouau vert n'aurait intéressé ou frappé personne il n'y a pas de ridicule non seulement il n'y a pas de ridicule mais l'idée que finalement ce sont des hommes comme les autres qui exercent seulement des fonctions plus importantes qui leur sont confié pour une certaine durée mais que ce sont des hommes comme les autres ceci est est accepté et jugé normal je souhaite qu'en France et d'ailleurs j'ai l'idée d'initiative à prendre à cet égard que le Président de la République soit considéré comme quelqu'un d'importimportant naturellement de respectable mais quelqu'un qui commettêtre comme homme en réité comme les autres vous êtes raisonnable Valérie jusgardestin mais êtes-vous capable de jeter une passerelle entre la raison et les passions je suis beaucoup plus passionné que raisonnable puisque vous me posez la question raisonnablement passionné non je suis beaucoup plus passionné que raisonnable par nature mais lorsqu'il s'agit des chose de la raison de l'esprit il faut être raisonnable pas très souvent on mélange les deux et il faut pas raisonner dans un esprit de passion par exemple il a le sujet de la passion la souffrance le malheur la solitude l'affection sont des sujets de passion il faut être passionné et puis il y a au contraire les sujets de la raison l'organisation de la société les rapports des des uns avec les autres la façon de faire progresser tel ou tel institution il faut être raisonnable et lorsqu'il s'agit de traiter un sujet raisonnable il faut le traiter de façon raisonnable donc la passion c'est pour tout ce qui souffre et pour tout ce qui vit et la raison c'est pour la solution des problèmes vous avez toutes l'égalités non je dis pas j'ai toutes leségalités mais je dire ce sont deux choses qu'il faut constamment éprouver et je pense qu'un chef d'État qu'un président de la République doit éprouver les deux parce que il doit avoir le sentiment de la quantité d' l'accumulation de souffrance et de peine de son époque à l'intérieur et à l'extérieur je dis par exemple que la France devait avoir à mes yeux une politique étrangère libérale dans le monde c'est-à-dire une politique qui est pour objet d'alléger la souffrance des autres ou de respecter mieux les droits des autres bon et bien ça suppose qu'on le sente ça ne peut pas se faire uniquement par la raison la raison peut conduire au contraire des politiques plus réalistes et bien en même temps je dirais qu'un président de la République doit être un homme raisonnable surtout en France c'est-à-dire dans un pays qui est toujours vous le savez fragile et sujet à certains comportements ou à certains risques comment êtes-vous avec les autres fier Autin je ne crois pas c'est à vous de me le dire mais vous vous interrogez non je ne crois pas seulement d'abord on a le son appence physique se trouve que je suis r responsable ou victime de son physique al on est de sa ta on n'est pas pour grand-chose je suis quelun de plutôt mare bon ça me donne une certaine apparence je suis ainsi mais dans mes rapports personnels je crois vraiment que mes rapports personnels sont très directs j'avais raconté d'ailleurs dans l'émission de télévision je parlais de de moi au MO du prier tour j'ai passé un an et demi de ma vie comme soldat de seconde classe dans un régiment venu d'Afrique du Nord et composé pour l'essentiel de d'Africains du Nord c'est des musulmans d'Algérie qui qui constituaient bien j'ai vécu vraiment dans un milieu qui était unie qui milieu actuel si vous voulez les travailleurs immigrés en France j'ai eu avec mes camarades avec mes amis de l'époque les rapports les plus simple et plus direct et j'en garde un un souvenir un souvenir très fidèle d'ailleurs l'un d'entre eux au début de la campagne électorale j'avais jamais revu depuis est venu m'apporter une photo qu'il avait pris garder dans une enveloppe et on on nous voyait tous les deux en 1945 il y a ement les formules je veux regarder la France au fond des yeux moi je voudrais savoir ce qu'il y a au fond des yeux de giscardesttin alors les formules n'est-ce pas il faut voir que c'est utile vous les préparez les formules elles ne viennent pas toutes seules non on est réfléchi on réfléchit à un sujet puis tout à coup la formule vient mais regardez par exemple quelqu'un les grands hommes d'État comme Churchill ou comme rosevelt ont toujours cherché des formules de GO trouver des formules parce que à un certain moment la formule illus et permet à la population à l'opinion de comprendre quelle est l'essentiel ou quelle est la direction qu'on lui propose de choisir il se trouve que j'ai eu un certain nombre de formules qui en effet ont été connu comme par exemple 8 mai oui comme par exemple le 8 mai le 8 mai c'était une chose très simple c'était l'analyse de la situation politique du moment et quand j'ai prononcé ce mot je ne m'attendais pas du tout à ce qu'il est le le succès ou l'écho qu'il a eu par la suite vous êtes obligé de reconnaître que vous êtes l'homme d'un milieu l'homme d'une caste lorsque vous serez si vous y êtes au sommet de votre ambition serez-vous capable de dépasser ce milieu et cette caste et sans vous renier bon alors d'une caste sûrement pas n'est-ce pas parce je dis le mot s rien de péjoratif milieu une origine en effet j'att pas beaucoup d'importance et j'espère que dans la France de demain on s'occupera pas éternellement de l'origine des uns ou des autres il n'y a pas de raison d'avoir une espèce de racisme en réalité politique ou sociale à cet égard de toute façon je ne Renis jamais ce que je suis vous avez dû voir que je n'ai jamais pris une attitude de facilité ou de renimement par rapport à quoi que ce soit et je ne le ferai pas mais par contre ça ne constitue pas du tout pour moi un obstacle ou une différence d'abord les choses que je suis ce que je suis devenu je le dois pas du tout à une origine je le dois à des concours je dois des élections bon des élections dans une circonscription qui est typiquement populaire dans un département qui une majorité socialiste pendant des années donc véritablement ce que je suis dans la vie politique française vient de ce que j'ai fait non pas de l'endroit d'où je viendrai et continurai par la suite à avoir les rapportsêre les plus directs les plus simples avec tous ceux avec lesquels j' aur l'occasion de travailler je le sais vous méditer vous travaillez seul et il paraît que lorsque vous travaillez vous êtes inabordable concentré et je ne veux même pas employer d'autres mots très concentré oui très concentré mais ça ça tient si voulais une méthode de travail c'est quelqu'un qui essaie d'aller au fond des choses et qui essaie d'aller relativement vite au fond des choses parce que je crois que il faut pas délayer l'analyse d'une situation peut-être capable de trancher assez vite d'autre part quand je fais des discours je l'ai fait moi-même or vous savez très bien qu'écrire un composer un discours lorsque vous parlez 1 heure 1h30 2h c'est un très gros travail qui prend du temps alors à ce moment-là en effet je me concentre je me concentre seul mais c'est une méthode c'est un choix de travail vous êtes tolérant et constant dans votre tolérance j'ai horreur de l'intolérance horreur d'abord je crois n'avoir jamais pratiqué l'intolérance et j'ai horreur de l'intolérance et lorsqu'il y a dans une société quelconque la manifestation de l'intolérance h ur de cette intolérance je dirais même que VO au cours des dernières années dans certains mouvements dans certaines tendances de la jeunesse française qui est une tendance une jeunesse extraordinairement vivante et capable c'est pas que nous allons voir arriver au pouvoir parce que c'est une des caractéristiques de l'époque actuelle il y a un trait par exemple que j'ai regretter ou je ne comprends pas qui chez certains d'entre eux une certaine intolérance vous croyez à la méchanceté à l'agressivité qui sont une fores d'aujourd'hui oui oui vous les pratiquez pas du tout non vous pouvez être très méchant vous pouvez être très agressé non j'ai jamais été très méchant il peut y avoir chez vous une agressivité rentrée ce qui est encore pire non je crois vraimentf très difficile de réondre des questions pareilles je crois vraiment navoir aucune forme de méchanceté je ne crois pas d'agressivité je nen sais rien parce que tout le monde est véément peut s'emporter naturellement moi aussi mais la méchanceté c'estàdire le désir de blesser de chercher la partie faible de faire mal c'est vraiment je crois quelque chose que je n pas votre courtoisie c'est une politesse ou c'est un alibi c'est ni l'un ni l'autre c'est le sens de l'existence de des autres une victoire si vous aviez cette victoire lundi pourrait être également considérée comme une défaite vous y avez penser moi je réagis suivant les 50 50 je m'entiens au dernier sondage pas j'ai regretté qu'on donne cette présentation à la campagne présidentielle elle est donnée oui elle a été donnée je crois que c'est une mauvaise action c'est une mauvaise action parce que il faut bien comprendre de toute façon il y a deux candidats dans notre système présidentiel et ces deux candidats l'un aura un peu plus de 50 % l'autre aura un peu moins de 50 % quel qu' il soit mais c'est la règle du jeu ça ne coupe pas la France en deux c'est la modalité de désignation du président de la République et donc l'idée que parce que pour choisir un président de la République il y a deux candidats ça veut dire que les Français vont se battre entre eux c'est à mon avis une très mauvaise présentation et c'est rendre un très mauvais service que de décrire des choses comme celle-là dans cette affaire les Français ne se battent pas les uns contre les autres ils ont à choisir ils ont à choisir entre deux hommes qui représentent deux tendances deux conceptions de l'avenir politique de la France mais un choix ne comporte pas à mes yeux de de victoire ou de défaite et par exemple pour moi les les Français qui ne voteront pas pour moi le 19 mai ne seront pas du tout des Français donc je me dirai en me réveillant le 20 mA ces Français ont été vaincus je me dirais simplement ils ont fait un autre choix et j'essaierai d'ailleurs par la suite si je suis élu de leur faire sentir pourquoi finalement le choix qui a été fait par la majorité des Français était le meilleur pour vous l'important c'est l'Élysée c'est le couronnement de vos ambitions non non pour moi ce qui est important je suis dans une grande confrontation nationale dont je mesure l'ampleur et je dirais c'est très très impressionnant pour quelqu'un qui n'a pas 50 ans de se dire que c'est vous jouez beaucoup avec votre âge non parce qu'il est là vous savez comme le ves n'est-ce pas làâ il est toujours là et puis il est là jusqu'à ce qu'il s'en ave alors c'est quand même très important quand on a pas 50 ans de se dire que l'on représente pour pour ses compatriotes la possibilité d'un choix parce qu' a été très frappant dans le premier tour de la campagne présidentielle pour moi c'est que je n'avais pas d'organisation pratiquement et donc ceux qui ont voté pour moi ils ont voté pour m'aider ils n'ont pas voté pour le parti Intel ou pour le syndicat Intel ils ont voté pour m'aider donc il y a 8 300000 personnes qui ont voté pour m'aider et qui aailleurs me l'ont dit parce qu'ils m'ont écrit ou ils se sont manifestés comme comme cela dans la campagne alors ce qui est important si vous voulez pour moi c'est pas l'Élysée n'est-ce pas c'est pas imaginer que la semaine prochaine je franchirai le le Porsche oval de l'Élysée ce n'est pas ça c'est de représenter un certain choix pour la France vous faites des promesses démagogiques ce que vous promettez pourquoi ne l'avez-vous pas accordé plutôt d'abord ne sont pas démagogiques je fais ENF entre guillemets si vous voulez très bien metrez guillemets je promets j'ouvre un certain nombre de perspective parce qu'il y aura un avenir mais votre question est très intéressante parce que là-dessus il y a une volonté d'égarer les Français on dit comment se fait-il que quelqu'un propose quelque chose pour l'avenir qu'il n'a pas fait dans le passé mais c'est toujours le cas car il y a toujours quelque chose d'autre à faire supposez que soit monsieur vééran soit moi-même soyons président de la République et bien à la fin de notre mandat il y aura encore d'autres choses à faire nous ne dirons pas le monde s'arrête parce que notre mandat s'arrête alors en 1974 il y a des choses à décider pour l'avenir et de même qu'au cours des dernières années nous avons fait beaucoup de choses la France a fait beaucoup de choses et je regrette que dans cette campagne présidentielle on cherche à lui faire croire qu'elle n'a rien fait parce que vous circulez dans le monde moi je je l'ai fait aussi vous savez très bien tout le monde considère que la France est un pays qui a énormément progressé et on dit mais en effet ce qui s'est passé en France c'est très remarquable alors l'idée que la France est resté les bras croisé depuis 10 ans c'est une idée qui est injuste pour la réalité française mais il y a toujours d'autres choses à faire si vous étiez président de la République et s'il en était d'accord prendriez-vous Monsieur François mitero comme premier ministre question importante oui une question importante il y a un choix clair à faire c'est un choix entre deux organisations économiques et sociales qui sont très différents celle que je propose d'une part celle que propose monsieur mitéran et elles sont très différentes or pour moi la règle dans la politique c'est la clarté et puisque les François les Français choisiront un certain type d'organisation il faut que les hommes qui conduisent la politique dans l'esprit ce type d'organisation donc comp tenu du choix de Monsieur François miteran à l'heure actuelle je vous réponds non par contre il se trouve que dans le ce qu'était le parti de Monsieur mitteran lorsqu'il jusqu à la 5e République c'est-à-dire l'UDSR il y a beaucoup d'hommes la plupart d'entre eux qui ont opté en ma alors si monsieur miteran était resté en somme dans ce parti c'est quelqu'un qui aurait eu vocation à participer au respons pour l'avenir vous pourriez dire non mais pour un socialiste je voudrais vous poser une dernière question vous connaissez cette phrase de Michelet le difficile n'est pas de monter mais en montant de rester soi non ça n'est pas difficile de rester soi et je veux dire ce n'est pas pour moi le problème j'espère rester moi j'espère me perfectionner un peu mais j'espère rester moi non le difficile en réalité c'est de rester avec les autres comme les autres ce n pas d'être soi-même c'est d'être aussi possible aussi semblable que possible aux autres c'est d'être comme les autres [Musique]
Valéry Giscard d'Estaing