"La vie gagnera !" : Christine Boutin, l'espérance face à la loi sur la mort
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- Christine BoutinFait
« La France est dans une situation vraiment de brouillard absolu vis-à-vis de la dignité humaine de la réalité humaine qu'on soit croyant ou pas croyant. »
- Christine BoutinPromesse
« Même si cette loi est votée, et bien il y aura quelque chose qui va se passer dans le temps pour réhabiliter la vie. Et ces jeunes en sont les témoins. »
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On débute avec Christine Boutin, ancienne ministre et députée fondatrice du Parti chrétien démocrate et de Via ainsi que d'Alliance Vita. Bonjour et merci d'être avec nous Christine Boutin. Bonjour.
On va parler de cette marche pour la vie 2026 qui a eu lieu hier. Énormément de Français se sont retrouvés dans la rue pour défendre la vie dans un contexte bien particulier d'ailleurs puisque dans 2 jours au Sénat sera débattu cette loi baptisée pour la fin de vie. On va en discuter.
Mais donc avant de de se concentrer sur ce sujet, rappelons peut-être l'objectif de cette marche pour la vie qui va bien au-delà de cette de ce risque de légalisation de l'euthanasie dans notre société. Pardon ? Christine Boutin, vous nous entendez ?
Oui, oui, oui, je vous entends. Oui, oui, bien sûr. La marche pour la vie, c'est une c'est une magnifique démarche que je salue j'ai salué hier particulièrement en rappelant 25 ans, 30 ans ou 40 ans où à l'époque où nous démarrions nous portions le la marche pour la vie, nous étions que quelques dizaines et et je tiens à saluer tous ceux qui ont porté à l'origine et ont senti le danger qui arrivait de non respect de respect de la Je me tiens à saluer en particulier Michel Raout qui était un de mes amis très proches et qui avait été assassiné à lors du conseil municipal de Nanterre en 2020 20 je crois 21.
Enfin voilà. Euh oui, bien sûr que cela va bien au-delà mais aujourd'hui si vous voulez malheureusement la France est dans une situation vraiment de brouillard absolu vis-à-vis de la dignité humaine de la réalité humaine qu'on soit croyant ou pas croyant. Aujourd'hui, nous sommes en train de de tuer l'enfant enfin dès sa conception en et en mettant dans la Constitution.
Et aujourd'hui, nous sommes à la veille de voir voter cette loi sur l'euthanasie. C'est-à-dire que la mort est le seul axe qui nous est proposé politiquement à notre pays. C'est c'est monstrueux, enfin c'est ahurissant, c'est incompréhensible.
J'ai tellement de choses à à j'ai tellement de choses à vous dire, mais moi je ne suis pas une femme inquiète, je suis une femme d'espérance et je pense que la folie des hommes va finir par s'arrêter par nécessité. Par nécessité. Alors parce que justement pour raviver cette espérance Christine Boutin dont vous nous parlez, je pense qu'on peut regarder du côté de Paris de ce qui s'est passé ce dimanche avec donc des dizaines de milliers de jeunes qui se sont retrouvés de jeunes et de moins jeunes d'ailleurs mais qui se sont retrouvés dans la rue et donc je dis de jeunes parce que effectivement on a tendance à à entendre dans les médias ou en tout cas nous faire croire que la défense de la vie les préoccupations autour de l'avortement mais aussi de l'euthanasie sont des sujets assez ringard.
En réalité, on voit que la jeunesse s'intéresse énormément à ces sujets, même s'engage bien sûr. Et alors vous vous me parlez de la belle manifestation hier et de la participation de ces jeunes et moins jeunes, mais plutôt des jeunes et c'est ce qui est réconfortant. Mais il faut faut pas oublier qu'il y a des tas de Français qui en France n'ont pas pu monter à Paris mais qui partageaient qui ont partagé ce moment particulier.
Il y a beaucoup plus de 10000 personnes qui étaient concernées hier après-midi par la marche pour la vie. C'est ces ces personnes qui étaient là et bien représenter l'ensemble des Français croyants ou non croyants du reste et qui euh qui veulent défendre la vie et qui sentent bien la menace qu'il y a derrière cette obsession de supprimer la vie au début ou à la fin. Voilà.
Et et là, on est arrivé euh au terme. Alors, est-ce que la loi sera votée ? Euh, je n'en sais rien.
Vous savez, il y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir. Le hier, les jeunes étaient très nombreux. C'est pas la première année, ça fait moi quand à mon époque, c'était des vieux.
Effectivement, moi j'étais à l'époque dans les jeunes mais on recevait les colibés et cetera. Mais c'était plutôt des personnes vieillissantes qui étaient là. Mais elles étaient là.
Elles ont eu le mérite de tenir malgré tout. Et si aujourd'hui il y a une si belle génération, moi c'est c'est mon espérance et c'est ma certitude. C'est-à-dire que ces jeunes-là qui n'ont pas été encore confrontés à tous les problèmes de la vie savent où est l'essentiel. savent où est l'essentiel.
Et nous sommes très nombreux en France à à défendre la vie. Nous ne sommes pas d'accord avec ce qu'on est en train de nous proposer dans ce domaine. Ce domaine là est le plus grave.
Nous vous allons mal sur le plan politique, sur le plan économique, sur tous les plans, sur le plan juridique, sur le plan de la de la justice et cetera. La France est dans un dans un très profond déclin et naturellement on veut consacrer ce déclin par la mort. Et bien personne ne peut arrêter la mort.
Il suffit même de regarder les personnes qui sont sensibilisées par la la l'environnement. Regardez la nature. La nature, elle renaît toujours, qu'on le veuille ou pas, elle est toujours là.
Et donc la la vie euh gagnera. C'est une c'est un orgueil et un besoin de toute puissance qui s'exprime dans cette loi. Et le Sénat euh n'a n'a rien fait.
Enfin, je veux dire, elle a un petit peu diminué les choses, mais je suis sûr l'Assemblée nationale ayant ayant comment dirais-je le dernier mot, je pense que cette loi va euh va être votée. Même si comme fervante croyante, je crois dans le Christ, je crois dans la résurrection, je suis une catholique fervante, et bien je pense que le Seigneur est là et que de toute façon, même si cette loi est votée, et bien il y aura quelque chose qui va se passer dans le temps pour réhabiliter la vie. Et ces jeunes en sont les témoins.
Ces jeunes quand ils vont être des adultes, ce qui est bientôt pour eux, et bien ils vont redresser la France par leur exigence et leur radicalité, leur radicalité dans l'amour. Je je n'ai aucune aucune interrogation. Je suis certaine de cela.
Il y a des hommes et des femmes qui par l'idéologie, le goût de la tout-puissance, du rejet de la transcendance, croit tout dirigé. et bien il se trompe. Il ne faut pas que vos vos téléspectateurs soient défétistes, pessimiste et ce n'est pas la première fois que l'on a l'impression et même pour la France que la France a l'impression d'être au plus bas et qu'elle ne s'en sortira pas.
La France s'en est toujours sortie et elle s'en sortira par l'incarnation de ces jeunes qui sont là. Ils sont magnifiques et je tiens à les à les remercier, les féliciter et pour moi c'est quelque chose qui les dépasse même. Ils sont portés par autre chose, par cet instinct de vie, la nécessité de vivre.
Rien n'est plus beau que la vie. H alors Christine Boutin, évidemment, je pense que beaucoup d'auditeurs partagent votre avis. Maintenant, on pourrait vous dire, voilà, la marche pour la vie, ça a lieu une fois par an.
C'est toujours un grand événement. on l'a dit, il y a eu près de 10000 manifestants euh et donc qui s'oppose qui s'oppose clairement à ce projet de loi de l'euthanasie et donc même qui rappelle leur position sur des sujets comme l'avortement. Euh maintenant, on pourrait vous répondre "D'accord, mais quel quels sont les effets politiques ?" puisque euh Jean-Frédéric Poisson, que vous connaissez bien euh et s'est rendu à la marche et il l'a rappelé, il est il fait partie donc de de Via et du seul parti politique donc qui a inscrit dans ses statuts euh ce souci, cette défense de la vie.
Euh les autres partis eux on évitent de s'engager trop sur ces sujets. On a l'impression que c'est généralement ça peut les mettre mal à l'aise, que c'est assez épineux. Donc la marche pour la vie, oui, mais quels sont les effets politiques derrière ?
Est-ce que est-ce que vous êtes malgré tout satisfaite ? Oui. Oui.
Oui. Oui. Oui.
Bien sûr. De toute façon, ceux qui font des critiques sur la marche pour la vie parce qu'il y en a pas tout le temps, tous les jours et bien euh c'est tellement facile naturellement. Mais si elle n'était pas là, qu'est-ce qu'il dirait ?
Vous voyez bien, personne ne se mobilise. Non non, ne rentrons pas dans cette logique de de destruction. Aujourd'hui, sur le plan politique, effectivement, nous sommes le seul parti à inscrire dans nos statuts la doctrine sociale de l'église et le respect de la vie.
C'est pour nous, moi j'ai j'ai donné ma vie pour défendre politiquement la vie euh à l'Assemblée nationale et même quand j'ai été ministre aussi. Euh mais nous étions minoritaires. Ce qui est ce qui est nécessaire aujourd'hui, c'est que les personnes qui croient dans la vie, qu'il soi croyant ou non croyant, regardez Ulbe qui vient de faire une belle tribune euh et qui n'est pas du tout croyant et qui qui est absolument hostile à cette loi sur l'euthanasie.
On n'est pas nécessaire d'être croyant. Quand on est croyant, on est encore plus plus armé pour pour défendre la vie. Mais il suffit d'avoir du bon sens euh pour savoir que euh la vie sans la vie, qu'est-ce que qu'est-ce que veulent ces gens qui veulent tuer tout le monde ?
Comment est-ce que l'on peut dire euh que la dignité de la personne euh n'existe plus ? Mais c'est complètement faux. Euh dans par exemple l'incontinence, on dit l'incontinence des vieillards, mais un bébé il est incontinent.
Est-ce qu'il est indigne cet enfant ? Enfin, c'est c'est complètement grotesque. La dignité, elle est elle est elle ne dépend pas de l'utilité sociale de la personne, ni de sa performance physique, ni de sa conscience de soi.
La dignité, c'est quelque chose qui est profondément humain, qui nous dépasse tous. Alors pour ceux qui croient, ils pensent que c'est Dieu ce que je pense moi personnellement. D'autres par bon sens simplement pratique disent que c'est pas possible de d'avoir comme valeur supérieure la mort.
Et vous verrez, ça viendra. Le temps de Dieu n'est pas celui des hommes. Il y a 40 ans, nous étions 30 à défiler dans les rues sur les colibés.
Aujourd'hui, c'est des milliers de personnes et de jeunes en particulier qui qui s'expriment à Paris et qui sont soutenus par tous ces jeunes qui sont en France. N'ayons pas peur. N'ayons pas peur.
Même si cette loi est votée, il se passera quelque chose en France et la France se relèvera. J'en suis absolument convaincu. J'appelle tous ces jeunes les chevaliers des temps modernes.
C'est eux qui vont redresser la France et qui vont nous permettre de de d'être amoureux de la vie. Hm. Nous le sommes nous amoureux de la vie.
Ce qui est assez intéressant, c'est qu'on présente souvent la jeunesse comme étant une jeunesse assez éteinte, désintéressée, très matérialiste. Et là, on se retrouve face à des foules de jeunes qui s'engagent sur des sujets euh très très philosophiques finalement avec effectivement euh ces interrogations sur la place de l'homme dans la société, mais aussi l'équilibre entre la vie et la mort. Et vous avez prononcé ce mot qui est très important, c'est cette notion d'utilité.
On essaie aujourd'hui de nous faire croire que l'individu doit être utile à la société et qu'à partir du moment où il ne l'est plus, où il est où il est trop affaibli, et bien dans ces cas-là, il n'a plus de raison d'être. Et ça c'est assez intéressant de de voir justement tous ces jeunes qui vont s'interroger sur c des questions aussi profondes. Ça vient un peu à contre-courant de l'image qu'on pourrait avoir.
Mais oui, alors ce qui Oui, oui, c'est oui. Alors, quand vous dites utilité, vous avez parfaitement raison, mais quand on traduit utilité telle qu'elle est conçue par beaucoup de gens, c'est en fait de l'esclavage. C'està-dire que la vie n'a n'a raison d'être que si on sert à quelque chose.
Mais c'est complètement faux. C'est absolument euh c'est c'est c'est l'espérance de l'esclavage. Non non, c'est pas du tout ce que je croient ces jeunes.
Ces jeunes du reste, c'était c'est une surprise. C'est une grande surprise euh de de les voir si nombreux, si radicaux, si exigeants. Certes, ils sont encore minoritaires.
Mais regardez, tous ceux qui n'ont pas découvert la beauté de la vie vraiment dans dans sa conception philosophique et spirituelle sont en recherche de quelque chose. C'est tout de même extraordinaire. de voir tous ces jeunes qui sont à la recherche de de Dieu.
Enfin, regardez ce développement des baptêmes, des confirmations, des et cetera. Euh c'est quelque chose qui est inattendu et qui naturellement ne peut qu'inquiéter ceux qui sont favorables à la mort. Mais d'où sortent ces jeunes ?
Mais d'où viennent-ils ? Et tous les autres qui cherchent et qui viennent voir l'Église catholique en particulier. Euh mais comment se fait-il qu'ils arrivent ?
D'où viennent-ils ? Nous ne le savions pas mais ils étaient là. Le temps de Dieu, je le redis, n'est pas celui des hommes.
N'ayons pas peur. Faisons confiance. Euh, comment dirais-je ?
Abraham a fait confiance. Lui aussi, on lui a demandé son fils. Il a été jusque- là et il est arrivé quelque chose qui a sauvé son fils.
Non, non, soyons dans l'espérance. Moi, je je pourrais être complètement euh comment dirais-je écrasé, mais je ne le suis pas. Je ne le suis pas parce que ces jeunes sont là, ils sont encore minoritaires.
Pour répondre à votre question plus politique, et bien pour que ça marche mieux, il faut qu'il y ait davantage de de Français qui s'engagent euh en politique ou pas, si c'est leur charisme, mais s'engage pour la vie et qu'il le manifeste, qu'il le disent, qu'il n'ait pas peur de d'en parler à leur voisins. Qu'est-ce que vous pensez de la vie ? Qu'est-ce que vous pensez de l'avortement ?
On n'en parlait pas, il fallait se taire. Et comme nous sommes dans une dans une société laïque où on nous dit depuis la Révolution française qu'il ne faut surtout pas parler de sa foi, qu'il faut garder ça dans le sphère privée, et bien petit à petit tout le monde s'est tue et tout le monde a eu peur d'être un gare. Mais figurez-vous qu'aujourd'hui défendre la vie c'est moderne. quelque chose de qui qui qui naturellement pour tous ceux qui monsieur Touren en particulier qui veut même aller plus loin nous a même expliquer que il fallait avancer sur le problème de la mort à petit pas parce qu'il fallait pas faire peur mais on sait très bien qu'ils veulent pas s'arrêter simplement au texte qu'ils ont aujourd'hui.
Donc n'ayons pas peur. N'ayons pas peur. La vie a déjà gagné.
C'est une certitude. Et pour ceux qui ne croient pas en Dieu, ils n'ont qu'à regarder la nature. Moi, je vois, j'habite dans les bois.
Tous les ans, il y a les feuilles qui tombe et puis ça revient vert, ça devient orange et puis ça retombe et ça repart et c'est magnifique. Voilà. Et c'est comme ça.
Alors, si vous voulez, nous avons notre responsabilité. Il faut que les Français parlent ceux qui croient dans la vie. Il faut qu'il n'aiit pas peur de parler de la vie.
Rien n'est plus beau que de respecter la vie. Il ne s'agit pas de juger, de condamner les femmes qui ont été amenées à avorter. Au contraire, je les ai trop bien conttoyé.
J'ai eu trop de confidence dans ma permanence pour savoir à quel point cette cet ces avortements font souffrir. En deux mots, Christine Boutin, excusez-moi. Non mais merci beaucoup d'avoir été avec nous et de porter ce message des sports qui était celui de tous ces jeunes effectivement qu'on a pu voir dans la rue ce dimanche à Paris.
Et dans tous les cas, on va on va continuer à parler de ce sujet notamment dans 2 jours avec donc cette étude de la loi au Sénat. Évidemment, on en rediscutera. Donc merci beaucoup et je vous dis à très bientôt.
Christine Boutin