J-3, quel sera le nouveau Sénat ?
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- ?2 %
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Vous
écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Reparlez du pape, puisque la visite en France du pape pour 4 jours, ça fait la une du grande partie de nos quotidiens. Tout à fait, Auriane. Une visite XXL, souligne même le Telegram. Vous pouvez le voir ici. Metz géante, sécurité hors normes, programme marathon et engouement populaire. Léon XIV passera par Paris, Lourdes et Metz. Une visite estimée à 27 millions d'euros. A Lourdes, 200 000 personnes sont attendues. Et d'après la dépêche du midi, qui est allée prendre le poule engouement, se ressent déjà dans les transports.
Une visite qui intervient, Auriane, dans un contexte sensible pour l'Église, marquée depuis de nombreuses années par des révélations de violences sexuelles en son sein. A Lourdes, le pape recevra 7 victimes à huis clos. Et la Nouvelle République des Pyrénées s'intéresse, elle, au cuisinier du pape à Lourdes. Qui est dans les starting blocks.
Il
s'appelle Guillaume Laé et c'est le cuisinier de l'évêque de Lourdes. Et il va y réaliser son rêve. Il proposera au souverain pontife des produits emblématiques de la gastronomie bigourdane, du port noir, de la truite des Pyrénées, avec un clin d'œil aux racines américaines du pape, une blueberry pie revisitée à la Pyrénéenne. Ça donne envie de grand matin. Ah
bah là oui,
la ferveur qui semble au rendez-vous est plus surprenante, Audrey. Ça concerne aussi les jeunes. Des jeunes qui sont raides dingues du pape, souligne l'aide nouvelle. Mille jeunes axonnés seront d'ailleurs présents au Stade de France pour la veillée organisée à l'occasion de la visite du pape. Et pour financer leur voyage, ils ont créé un maillot de foot collector Pax Léon, vendu au prix de 30 euros. Là c'est ingénieux. Voilà, le pape qui sera accueilli vendredi par Emmanuel Macron à l'aéroport d'Orly. Emmanuel Macron qui doit s'exprimer ce soir à 20h. Oui, et d'après le Dauphiné libéré, il va devoir se livrer à un exercice difficile.
Il doit expliquer aux Français pourquoi les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient ont des conséquences directes sur leur vie et notamment sur le prix des carburants qui battent des records dans les stations-service. Mais surtout, il devra les rassurer. Exercice périlleux, Aureane. Et on va parler justement du pouvoir d'achat,
de
la hausse des prix du carburant et du pouvoir d'achat en général, y compris chez les restaurateurs. On va tout de suite à Aurillac. Bonjour Pierre Reynaud, merci beaucoup d'être avec nous Pierre, directeur départemental du journal La Montagne. Dans le Cantal, Pierre, plus de 4 900 établissements sont en défaillance au niveau national, soit 7% de plus qu'en 2025 sur la même période. Quels sont, selon vous, les principaux facteurs qui fragilisent aujourd'hui ce secteur d'activité ?
Déjà, bonjour. En juin dernier, lors d
'un
déplacement dans le Cantal du chef étoilé Thierry Max, qui est le président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie, qui est l'organisation patronale des hôtels, cafés et restaurants,
avait
alerté sur un constat alarmant pour ce secteur d'activité. Il avait avancé le chiffre de 25 fermetures de restaurants par jour en France.
Il
déclarait dans nos colonnes, je le cite,
«
Beaucoup d'établissements sont écrasés par les charges. Nous avons des combats de fonds à mener. L'énergie coûte plus cher. La matière première coûte plus cher. Le personnel coûte plus cher. Le secteur de la restauration traverse effectivement une crise économique historique marquée par plus de 4 900 établissements en défaillance depuis le début de
l
'année, soit 7 %, comme vous l'appeliez tout à l'heure, de plus qu'en 2025 sur la même période. Les restaurants ont trinqué avec cette hausse des charges, mais ce n'est pas l'unique cause. Il y
a
eu, certes, l'impact des épisodes de canicules répétés cet été, mais le nerf de la guerre, disait Thierry Marx dans nos colonnes, c'est le pouvoir d'achat. Vous ne pouvez pas inciter les gens à mieux manger ou à mieux consommer s'ils n'ont pas de pouvoir d'achat. Si les salles de restaurants ne sont pas forcément moins fréquentées, les clients dépensent moins qu'auparavant. On se rend compte qu'une chose,
c
'est que les Français arbitrent leurs dépenses. Ils se partagent une entrée ou un dessert ou ne prennent qu'un plan, nous a témoigné cette semaine Franck Chemest,
qui
postule pour prendre la suite de Thierry Marx à la tête de l'UMI. Le pouvoir d'achat des Français est effectivement envergne.
À l'entrée de septembre, le pouvoir d'achat des ménages s'impose comme une préoccupation majeure, Pierre, sur fond de hausse des prix à la pompe.
Effectivement, le pouvoir d'achat, cette rentrée de septembre, des Français n
'est
pas prêt de s'améliorer avec la hausse du prix des carburants. Le gazole, par exemple, j'ai vérifié hier, s'affichait en moyenne entre 2,37 euros et 2,42 euros le litre à Aurillac. Et la colère sociale commence à pointer son nez pour preuve demain, en fin de matinée, 4 présidents du comité de commune du nord du Cantal appellent à un rassemblement républicain pour faire entendre la voix des territoires ruraux face à l'inflation grandissante et rappeler que la voiture n'est pas un choix. Elle est indispensable pour travailler, se soigner, étudier, vivre au quotidien. Et l'équation est très compliquée pour le gouvernement.
Comment donner un peu d'air aux Français asphyxiés sans pour autant mettre en péril un budget qui a des plus grandes difficultés à boucler
? –
Merci beaucoup, merci Pierre Reynaud d'avoir été avec nous. On regarde votre une du jour, c'est un autre sujet, dans l'ombre des catastrophes, l'entraînement d'une unité de la gendarmerie qui identifie les corps avant de les rendre aux familles à lire ce matin dans la montagne Cantal. Merci beaucoup Pierre Reynaud d'avoir été avec nous. Bonne journée à vous. La situation, Audrey, qui est aussi très compliquée pour les étudiants. – Oui, regardez, à Nancy, le succès du repas à 1 euro face à la précarité étudiante fait déborder les restaurants universitaires et met sous pression les personnels du CRUS. C'est ce que nous explique l'Est républicain.
Après une première grève ce mardi, ils annoncent un nouveau mouvement dès la semaine prochaine. Mais la précarité étudiante, c'est aussi le logement, l'Est républicain, mais le focus sur les hébergements d'urgence pour étudiants à Strasbourg. C'est une association qui propose des logements pour 13 nuits en moyenne en auberge de jeunesse souvent. Ça, c'est la solution d'urgence pour trouver ensuite une solution pérenne. La demande est telle que l'association lance des appels aux particuliers.
– Un
maire d'extrême droite veut rayer de sa ville les références au soutien du FLN. – Steve Fortel, le tout nouveau maire d'extrême droite d'Elnes et au sud de Perpignan, vient de débaptiser le cinéma de la commune. L'indépendant rapporte que le cinéma René Vautier s'appellera désormais la bobine illibérienne.
–
Pour rappel, René Vautier,
c
'était une figure majeure du cinéma politique, entrée en résistance à 16 ans, décorée de la croix de guerre, soutien ensuite au mouvement politique et militaire pour l'indépendance de l'Algérie sans en être encartée. Tout de même trop pour le nouveau maire qui se justifie en disant ne pas vouloir de connotation politique pour son cinéma. – C
'est
la polémique littéraire de la rentrée. – Le premier roman de l'Haïtien, Télison Aurélien, «
C
'est ça ou mourir » est le best-seller de la rentrée. Il est sur la première liste du Goncourt, mais l'auteur est accusé via un compte anonyme sur X, anciennement Twitter, d'avoir écrit son roman en ayant presque intégralement eu recours à l'intelligence artificielle. Le compte publie d'ailleurs les résultats du logiciel. L'auteur et la maison d'édition grassaient sans défendre, mais le poison du doute est là, signe le midi libre. Le président du Goncourt s'est exprimé, même si les éléments apparaissent troublants. Évitons de crier au loup, affaire à suivre sur cette polémique littéraire. – Allez, on termine par les sénatoriales. Là, c'est la toute dernière ligne droite.
Les sénatoriales, c'est dimanche. Et l'Est éclair s'intéresse aux forces, aux présences dans l'aube. – Huit candidats sont en lice pour décrocher les deux sièges de sénateurs dévolus à l'aube. Voilà, c'est le petit encart que vous pouvez voir sur le côté. Le département est historiquement, André Ancré, à droite et au centre. Pour l'instant, c'est plutôt la droite et le centre. Mais l'ERN, fort de ses succès récents dans l'aube, espère faire des sièges de sénateurs, transformer ça auprès des grands électeurs, Oriane.
– Merci
André, merci beaucoup d'avoir été avec nous pour cette semaine. Et on va continuer à parler des sénatoriales. Ce sera le thème du débat avec nos éditorialistes et la presse régionale dans quelques instants. Mais d'abord, dernier épisode de notre série sur la campagne dans les départements. Direction les Bouches-du-Rhône. Neuf listes ont été déposées, c'est un record. Huit sièges à pourvoir et la large victoire de Benoît Payan à Marseille pourrait assurer la réélection des trois sénateurs de gauche. Le bloc central a l'air macroniste. Par lui, diviser le président de la région. Renaud Muselier vise une entrée au Sénat. Un reportage de Clément Guignonneau et Céline Schmitt.
C
'est une tradition provençale à laquelle les candidats aux élections sénatoriales ne peuvent pas déroger.
– Bon,
c'est parti, on y va. Rencontre avec les maires et plus particulièrement le maire de Pélissane, M. Monteco. Voilà pour le fameux Agnoli.
– Brigitte Deveza est sénatrice sortante UDI. Elle est à la tête d'une liste d'union de la droite et du centre.
– On
a le soutien des LR,
on
a le soutien de l'UDI, on a le soutien de tous les partis finalement, et de Gérard Larcher et de la majorité sénatoriale, ce qui n
'est
pas rien. Donc pour nous, c'est important. Il faut expliquer aux grands électeurs l'intérêt effectivement de soutenir notre liste.
–
Elle fait campagne avec le président de la région PACA, Renaud Muselier. Un temps pressenti en troisième place sur cette liste de la droite et du centre, la sortante Valérie Boyer a finalement décidé de se lancer seule dans la course. Elle a reçu le soutien de Bruno Retailleau. – Madame Deveza, c'est une ex-modem UDI, comme Renaud Muselier qui est président de Renaissance, le parti de Gabriel Attal. Ce n'était pas possible pour moi, qui ai toujours été dans l'opposition à Emmanuel Macron, d'être derrière des personnes que je combats depuis toujours. – L'extrême droite n'est pas épargnée par les divisions, on compte pas moins de deux listes dans les bouches du Rhône.
– 27e à Ioli en un mois et demi, j'en peux plus. –
Le
sortant Stéphane Ravier espère bien garder son siège. Entré au Sénat avec le Front National il y a 12 ans, il n'a pas reçu l'investiture du RN cette année.
–
Vous êtes présent sur le terrain et que vous défendez le territoire au Sénat, vous êtes considéré comme un sénateur avant tout, avant d'appartenir à une quelconque boutique parisienne.
– C
'est Marie-Pierre Calais, ancienne LR, qui est la candidate officielle du parti à la flamme.
–
Mes convictions n'ont pas changé. C'est le parti auquel j'appartenais avant,
c
'est-à-dire les LR, qui ont changé, qui ont glissé petit à petit vers le centre, et donc vers la Macronie, chose que je ne suis pas. Et aujourd'hui, donc, je retrouve au sein du Rassemblement National mes convictions de droite, tout simplement.
–
Ici, dans les bouches du Rhône, on l'a vu, la droite est plus morcelée que jamais, est également candidat à le maire d'hiver droite de Gardanne, Hervé Granier. Une autre liste compte, elle aussi, bien peser dans ses élections. Elle se revendique de centre-droite et centre-gauche et est menée par la sénatrice sortante, Mireille Joux. – Je crois que certains élus en ont un peu haussé aussi, des querelles politiciennes. Tous les gens qui sont sur ma liste, eh bien, sont dans ce même état d'esprit.
–
À Marseille, nous rencontrons la liste d'union de la gauche, qui espère gagner au moins trois sièges sur les huit, comme en 2020. –
Donc, on
a un planning à finaliser et il nous reste quelques zones qu'on n'a pas encore couvertes.
–
La sénatrice sortante, Marie-Arlette Carlotti, est deuxième sur cette liste conduite par le communiste Jérémy Bacchi. L'union rassemble aussi des écologistes.
–
On est différents, on est dans des groupes politiques différents, mais on a toujours travaillé de concert concernant les territoires, tout le temps. Ce n
'est
pas pour autant une liste partisane, parce que derrière,
il
y aura beaucoup de maires,
des femmes, bien sûr, une liste paritaire, c'est évident, c'est la loi, mais aussi qui couvre l'ensemble des territoires et qui ne sont pas des gens engagés dans des partis politiques. Donc vraiment, c'est une liste, je crois, qui représente les bouches du Rhône.
– Mais un autre candidat propose une liste dissidente. Jean-David Ciott, maire et ancien député PS, espère grappiller des voix à gauche et obtenir un siège au Sénat.
–
J'entends beaucoup les grands électeurs de ce département, de gauche ou du centre, ou en tout cas qui sont sans étiquette, mais plutôt dans un esprit républicain, nous dire « nous, on veut être représentés par des gens comme vous ». Et on ne veut pas avoir des gens qu'on ne voit pas, ou qui sont plus intéressés par des sujets métropolitains ou nationaux. – Enfin, la France insoumise présente elle aussi une liste menée par Michel Blanchard-Svoboda, une présence qui s'annonce plutôt symbolique au vu du faible nombre de grands électeurs insoumis dans le département.
– Allez,
on va continuer à parler de ces sénatoriales. C'est le thème du débat avec nos éditorialistes et la presse régionale. J-3, avant l'élection, quel sera le nouveau Sénat
? Et
c'est la dernière élection avant la présidentielle. Dimanche, le Sénat sera renouvelé de moitié, 178 sièges en jeu. Alors vous n'êtes pas tous appelés aux urnes, loin de là. Les sénateurs sont élus par les grands électeurs. 172 000 au total des élus locaux, en très grande majorité des conseillers municipaux, des sénateurs élus avec deux modes de scrutin. Scrutin majoritaire dans les départements les moins peuplés qui ne compte qu'un ou deux sénateurs. Scrutin à la proportionnelle dans les départements plus peuplés qui compte au moins trois élus. Et puis à noter que le vote est obligatoire pour les sénatoriales et pour les grands électeurs si vous n'allez pas voter 100 euros d'amende.
On va parler des enjeux politiques de cette élection avec Jefferson Despoirs. Bonjour Jefferson.
Bonjour Ariane. C'est vous
qui représentez ce matin la presse régionale. Grand reporter à Sud-Ouest. Michael Darmon est avec nous. Bonjour
Michael.
Merci d'être là. Et puis Aurore Malval, grand reporter au service politique de Marianne. Bonjour Aurore.
Bonjour. Merci
également d'être avec nous. On va commencer par les enjeux politiques de ces sénatoriales. Je le disais, c'est la dernière élection avant la présidentielle. Et on parlera tout à l'heure des conséquences de ce vote sur la présidentielle. Mais d'abord, même si le mode de scrutin, on le disait, un Sénat relouvenait de moitié, élu par des grands électeurs, on est moins dans la réaction politique que quand on élit des députés. Mais quand même, c'est un scrutin en jeu, Michael.
C'est un scrutin très fort en jeu.
C
'est-à
-dire
que ça va être la première lecture, je dirais, au microscope, des mécanismes qui sont en train de se mettre en place dans les rapports de force politique pour l'élection présidentielle que vous avez évoquée, effectivement, et qui est en fond, avec ces sénatoriales, dans une logique de lever de rideau. On voit effectivement comment, je dirais, l'onde de choc et les conséquences du scrutin des municipales, qui évidemment donnent maintenant son expression aux élections sénatoriales, de quelle mesure le paysage politique s'en trouve effectivement modelé.
Et on comprend d'ailleurs à quel point, au moment des municipales, il est important pour les formations en lice, à chaque fois, si ce n'est de gagner des villes, mais d'avoir, d'engranger, si je puis dire, des élus locaux parce qu'il y a, à la fin, ce scrutin qui, certes,
effectivement,
renouvelle de manière tranquille, puisque c'est par touche qu'à chaque fois la Chambre se renouvelle, mais qui restitue un tableau qui va être quand même celui, une toile de fond, une trame pour le grand combat présidentiel qui commence.
–
Oui,
effectivement, vous l'avez assez bien décrit, les élections sénatoriales, elles sont un peu à l'image du Sénat. C'est-à
-dire
qu'on a effectivement,
c
'était un peu, on a le sentiment en tout cas d'une certaine pesanteur aussi, même dans son renouvellement, et ça se fait par petites touches. Les équilibres ne seront pas bouleversés de façon magistrale, mais effectivement, ça dessine quelque chose. Alors, ce qui est intéressant, et je pense qu'on va le voir quand on rentrera dans les cas particuliers, c'est qu'on a un petit peu deux enjeux. On a à la fois des départements, effectivement, comme les Alpes-Maritimes, comme dans une moindre mesure, d'ailleurs, le Var.
Vous le disiez, c'est intéressant parce que le RN n'a pas gagné Toulon, il a quand même gagné énormément d'élus au Conseil municipal de Toulon, donc ça pèse aussi, ça compte aussi. Et puis, vous avez dans
d'autres départements… Et il a gagné d'autres villes
dans le Var. Et il a gagné Sifour, il a gagné, effectivement, d'autres villes dans le Var.
Il
a conservé.
La
Seine-sur-Mer aussi.
Et
vous avez dans d'autres départements, des départements où le RN n'a pas réalisé de vraies percées, mais par contre bénéficient d'une sympathie, ou en tout cas, envers des élus non-encartés, des élus un peu aussi de la ruralité, et même parfois, ce que j'appellerais peut-être presque un vote caché, c'est-à-dire des gens qui ne se déclarent pas ouvertement soutien du RN, mais qui peuvent le soutenir lors de ces élections. Donc ça, c'est aussi… ça va être intéressant de voir. Et c'est ce qui donne, finalement, parce qu'on dit souvent que ces élections sénatoriales, elles sont très prévisibles, parce qu'on peut mesurer les rapports de force. Le fait est qu'on n
'est
pas capable encore aujourd'hui de dire, pour chaque groupe, voilà, le RN, par exemple, peut faire entre… ils disent leur prévision, ils la jouent un petit peu modeste, je pense, entre 9 et 11. À 9, on n
'a
pas de groupe, à 11, on en a un. Donc effectivement, ce sont des enjeux qui sont très importants. – Parce qu'effectivement, il faut 10 sénateurs pour avoir un groupe. Jefferson, là-dessus, c'est intéressant sur le ressort du vote, parce qu
'on
le disait, ce ne sont pas tous les Français qui votent au sénatorial, ce sont les grands électeurs, les élus locaux. Est-ce qu'ils votent de manière partisane ? Est-ce qu'il y a un vote caché ? Est-ce qu'il y a d'autres ressorts ? Sachant que la majorité des conseillers municipaux n'ont pas d'étiquette.
– En tout cas, pour faire le lien avec ce qui vient d'être dit, une partie des masques vont tomber dimanche soir, notamment sur ce qu'on appelle le fameux vote caché, c'est-à-dire les votes sans étiquette. Et ça va être particulièrement vrai en Gironde, parce que c'est la Gironde qui fera, ou ne fera pas, qu'il y aura un groupe parlementaire RN au Sénat. C'est l'un des enjeux majeurs, puisque le mode de renouvellement fait qu'en fait, les grands équilibres ne changent peu ou pas beaucoup, et ce sera encore le cas cette année, mais l'intérêt c'est de savoir s'il y aura un groupe RN au Sénat. Donc le dixième siège, selon les calculs du RN, ce qu
'on
me disait encore cette semaine, il va se faire ou ne se fera pas en Gironde, c'est-à-dire sur la candidature d'Edjige Diaz, la députée de Gironde, qui est aujourd'hui candidate au sénatorial et qui fait une intense campagne de terrain. Il y a eu un premier atterrissage chez les municipales, avec un début d'implantation, puisqu'ils ont eu une commune, mais ils sont rentrés dans plusieurs conseils municipaux. Donc ça vous fait déjà un contingent d'une centaine de voix, il faut aller en chercher un peu plus de 300 encore pour avoir ce fameux siège, qui sera le sixième sénateur de Gironde. Parce qu'en fait, l'intérêt de la Gironde,
c
'est que vous avez six sénateurs, c'est un des départements qui donne le plus de sénateurs. Et donc c'est là où vous avez le plus de chance pour le Rassemblement national. J'ai essayé de synthétiser,
de
faire court, mais en tout cas c'est là où ça va se jouer. Et donc pour le RN, on va voir ces maires sans étiquette, ces grands électeurs sans étiquette se dévoiler.
Si
jamais il y a un sénateur RN, c'est-à-dire que ce sera le sixième siège, ce sera un mini-séisme
en
Gironde, terre radicale par excellence, terre socialiste évidemment, en tout cas ça dira quelque chose, et ça fera cette bascule pour ce groupe parlementaire. Ça va se jouer là, et donc dimanche soir, on va avoir un très gros focus sur
la Gironde et ce vote caché. – Mais est-ce que vous arrivez
à percevoir, c'est une question difficile, pardon que je vous pose Jefferson, mais est-ce que vous arrivez à percevoir les ressorts du vote ? Est-ce que par exemple les incendies qui ont lieu en Gironde cet été, ça joue dans les ressorts du vote ? Est-ce que c'est plutôt national ? Est-ce qu'il y
a
des cas particuliers, des choses que vous arrivez à sentir chez les maires ?
– Ce qu
'on
peut dire, c'est que la carte électorale, si on la colle sur les incendies pour le RN, c'est gagnant. C'est-à-dire qu'ils sont déjà dans une zone de confort où il y a du vote RN. En tout cas, ce qu'on peut dire, c'est que l'ambition est très forte, puisque Marine Le Pen est venue au Porsche, qui est la ville sinistrée où il y a eu 183 maisons brûlées, elle est venue la semaine dernière, et en parallèle, à la fin de cette visite au Porsche, le soir même, aux portes de Bordeaux à Saint-Thauvin-du-Médoc, il y a eu une réunion de Marine Le Pen dédiée au sénatorial et exclusivement au sénatorial, avec des élus locaux, des maires sans étiquette, etc.
Tout ça autour d'Edvige Diaz, le message est très clair, il faut que ce siège émerge. Et l'ambition de Marine Le Pen a fait cette réunion, c'est pour ça. Donc si vous voulez, il
y a
une vraie pression de ce côté-là. Edvige Diaz a réussi à décrocher des maires sans étiquette, elle a réussi à construire une liste qui a été parfaitement lue par ses adversaires politiques. Donc voilà, maintenant, je ne peux pas vous donner le score, mais ce qu'on voit apparaître pour l'instant, sauf surprise, c'est que ça se jouera à très peu de choses, la défaite ou la victoire, mais même si ça passe d'un cheveu, ça montrera encore le renforcement de cet atterrissage au plan local.
Et c'est l'un des enjeux du scrutin, Mickaël. L'entrée, la constitution ou l'autre d'un groupe RN. Alors on dit RN, mais c'est RN-UDR, parce que l'UDR a son importance dans
la constitution de ce groupe.
Et pour parler effectivement des ressorts que l'on peut-être pas toujours voir ou toujours discerner dans une culture politique du Sénat, qui est quand même dans le combat feutré, derrière les tentures en velours, enfin on connaît aussi ce genre de démarche, qui fait aussi un peu d'ailleurs les délices de cette maison. Parmi justement les ressorts du vote, il y a aussi des inimitiés personnelles. Il y a aussi des vengences politiques. Et le reportage que vous avez diffusé sur la situation des Bouches-du-Rhône l'illustre bien. Il y a un enjeu d'Éric Ciotti qui vient aussi régler ses comptes avec Renaud Muselier.
Et
de ce point de vue-là, il est clair qu'il y a une activation de candidats pour pouvoir justement arriver à cette fin-là et pouvoir également jouer le rôle de capacité d'organiser et de pouvoir former un groupe avec l'aide de la plateforme UDR
qui
enverra cette fois-ci un message pour l'élection présidentielle. Parce qu'à ce moment-là, l'UDR enverra ce message en disant je suis la plateforme d'atterrissage pour les élus LR qui veulent quitter, venir vers le RN sans aller jusqu'au RN, venez chez moi.
Et
c'est comme cela aussi, après les sénatoriens, on verra dans quelle mesure Éric Ciotti jouera un rôle président de l'UDR, jouera un rôle important ou pas
dans
cette campagne présidentielle comme étant l'allié actif
et
attractif
pour
une partie de la droite au profit de Marine Le Pen.
Parce que ça aura des conséquences sur la recomposition. Un mot sur cet enjeu pour le RN et l'UDR. Jefferson parlait de la Gironde, évidemment c'est son département. Vous nous parliez tout à l'heure, au-hors du Var. C'est là que Jordan Bardella a choisi de se rendre dimanche soir. C'est de là dont parlera le président du Rassemblement national. Ça veut dire que c'est aussi là que le RN place ses espoirs de conquête. Il peut y avoir effectivement, le RN espère faire un siège dans le Var. Et c'est tout à fait possible lorsqu'on lit en tout cas la carte électorale et les équilibres.
C'est aussi le département qui se trouve être entre les Bouches-du-Rhône d'un côté et les Alpes-Maritimes de l'autre. Et donc ça permet finalement d'avoir une position assez centrale pour couvrir tout ce Sud-Est qui est déterminant effectivement pour le groupe, en tout cas le groupe RN-UDR, vous l'avez dit, avec des divisions de la droite. Alors dans les Bouches-du-Rhône, on l'a vu dans votre reportage, tout le monde est un petit peu divisé. Il y a à la fois deux listes, enfin une liste d'union du centre et de la droite, puis une liste aussi avec Valérie Boyer qui n'a pas voulu, candidate LR qui n'a pas voulu figurer sur la liste d'union du centre et de la droite.
Et vous avez aussi d'ailleurs, pas tout à fait de la même façon, pas tout à fait pour les mêmes raisons, mais également deux listes dans les Alpes-Maritimes qui sont là, deux listes investies par les LR avec à leur tête Alexandra Borkio et Dominique Estrosi-Sasson justement pour pouvoir tenter d'arracher deux sièges dans ce département qui pourrait fournir un gros contingent des lieux au groupe RM. Et qui sont deux sénatrices
LR. C'est
intéressant que vous parliez des Alpes-Maritimes. Les Alpes-Maritimes, c'est cinq sénateurs, c'était cinq sénateurs LR. Et Éric Ciotti a remporté la ville de Nice qui pourrait faire ce qu'il devrait, sans trop grande surprise, faire perdre des sénateurs au LR. Est-ce que c'est symbolique finalement, les Alpes-Maritimes, de cet électorat UDR-RN qui grignote finalement les Républicains ?
Il y a un côté laboratoire dans tout ce qu'on vient de parler, de tout ce que vient de raconter Aurore et Mickaël juste avant. C'est ce côté laboratoire sur ce qu'on appelle l'union des droits possibles, ces espèces de passerelles qui pourraient arriver. On voit bien qu'il
y a
une porosité entre LR, UDR et après RN. UDR a l'air d'être le sas de décompensation avant le transfert ultime vers l'ERN. Donc on verra comment tout ça se formalise. Mais moi je retiens plutôt ce côté laboratoire parce que l'idée c
'est
d'envoyer un signal, ce que disait Mickaël tout à l'heure, c'est
-à
-dire que c'est la dernière élection avant la présidentielle. Là il y
a
l'occasion d'envoyer des signaux, c'est
-à
-dire qu'on peut avoir quitté LR comme l'a fait Éric Ciotti en claquant la porte, monter sa propre franchise, tout en s'alliant avec le Rassemblement national. Là on voit bien qu'il y a un espèce de continuum qui est en train de se dessiner. Est-ce qu'il sera juste limité au VAR à cette partie du Sud-Est ou est
-ce
que ça peut aller plus loin ? C'est là où l'atterrissage d'un groupe
au
Sénat fera sens. C'est là où ça enverra des signaux. C'est là où on verra si c'est viable ou pas et si c'est acceptable.
Sur les Alpes-Maritimes, je pense que c'est très intéressant ces départements du Sud où en fait ça montre non pas tant d'ailleurs la porosité de l'électorat mais la porosité du personnel politique. C'est-à-dire qu'il y
a
eu un vrai remplacement d'étiquettes. C'est-à-dire que ce qui d'ailleurs existe déjà dans l'histoire, vous avez dans les Alpes-Maritimes des gens qui ont fait des allers-retours assez nombreux entre le RN et les Républicains, même le FN et le RPR il y a longtemps. Ce n'est pas quelque chose du tout qui est nouveau. Effectivement, vous avez ces mouvements d'élus et les électeurs suivent derrière, votent pour des gens qu'ils connaissent. Ce qui est intéressant dans les Alpes-Maritimes, c'est que vous avez quand même une union des droites en bonne et due forme, qui dirige le conseil départemental depuis maintenant presque plus de trois ans avec une majorité UDR, LR.
Donc c'est vraiment, personne n'en parle, ça se passe à bas bruit, mais vous avez les LR et l'UDR qui dirigent ensemble cette collectivité. Donc là, ça montre bien…
Mais parce que,
pour expliquer, parce qu'Éric Ciotti
est passé à l
'UDR et qu'il a emmené une partie de son groupe.
Et sont
tiraillés entre fidélité à Éric
Ciotti,
mais en même temps gardé
leur étiquette à l'air. Et vous avez quand même
Charles Anginesi, qui a d'ailleurs failli participer…
Qui est le président du département. Qui est le
président du département, qui a failli participer à cette liste des sénatoriales, qui a finalement renoncé parce qu'il n
'a
quand même… Enfin, il n'assumait pas, en tout cas, il ne voulait pas apparaître comme étant sur une liste avec des candidats. RN, UDR ne l'aurait pas dérangé.
Et d'ailleurs, c'est en ça qu'on peut comprendre pourquoi Jordan Bardella choisit d'aller dans le Var, dans cette région du Sud-Est qu'on vient d'évoquer, qui est celle de ce laboratoire de l'Union des droites. Parce que lui, il est pour l'Union des droites. Marine Le Pen a fait campagne
en
Gironde, là où c'est un siège, je dirais, RN pur qui peut l'emporter, et non pas dans une logique de l
'Union
des droites. Et là, on retrouve en fait la ligne de clivage à l'intérieur du parti, entre les tenants de l'Union des droites, Jordan Bardella, et Marine Le Pen qui se refuse absolument
à
entrer dans cette matrice en disant « Moi, je suis au-delà et au-dessus
», prenant
une sorte de dépassement paradoxal qui serait dans une prolongation, un dépassement politique qu'on a pu entendre depuis une décennie.
– Oui, parce qu'effectivement, on le disait en dernière élection, avant la présidentielle, cette élection, elle aura un enjeu, évidemment, à sept mois de la présidentielle. On a parlé de ce que pourrait être politiquement le symbole de l'arrivée d'un groupe RN en vue de la présidentielle. Jefferson, est-ce que ça pourrait donner une dynamique ? Il y a LFI aussi qui espère rentrer au Sénat. Est-ce que là aussi, ça pourrait être un symbole qui donnerait une dynamique aux candidats à la présidentielle ?
–
Je relativiserais quand même cette dimension sur le côté, ça peut être une rampe de lancement pour la présidentielle parce que d'abord, les gants d'équilibre ne vont pas changer, il y aura toujours une majorité de droite, Gérard Larcher est de nouveau candidat au plateau, donc voilà, tout ça va quand même se passer, ça va être une forme de continuité. Je trouve que le Sénat, pour l'instant, c'est un peu quand même le monde d'avant 2017. On a une majorité de droite, on a une opposition de gauche, dans les votes, ça se retraduit de la même manière.
Je prends la loi Duplomb avec la réintroduction des pesticides, la droite l'approuve, la gauche désapprouve la loi fin de vie, la droite détricote le texte, le vide de la substance, la gauche le soutient. En fait, on a vu que depuis 10 ans, le Sénat est hermétique aux grands changements qui se sont passés à l'Assemblée nationale, il est hermétique au macronisme, et pour autant, ces deux pôles, de droite et de gauche, n'ont pas servi à faire émerger un candidat ou une rampe de lancement pour la présidentielle. Le renouveau de la gauche et le renouveau de la droite, je mets Bruno Retailleau à part, n'a pas servi de rampe de lancement.
Bon, voilà, le Sénat avait vécu quand même dans une forme de bulle, une bulle spatio-temporelle, si je puis m'exprimer ainsi, et puis voilà, ça n'a pas donné les ressorts pour cette présidentielle-là. Donc, je relativiserai un peu l'impact de cette élection-là pour la présidentielle contre LFI.
Je
suis juste une petite parenthèse, les pronostics chez LFI, c'est zéro. Parce que règlement de compte avec les écologistes, mais sauf accident, ils auraient un siège.
Effectivement, ils partent divisés dans le
Rhône et chez les Français de l'étranger, où
ils
auraient pu
faire
des sièges. En fait, en termes de plaques sensibles sur ce qui se passe dans la société, dans la vie politique, l'arrivée potentielle et possible d'un groupe RN au Sénat montre justement qu'il y a une intégration de
l'ambitation
politique quand même. Mais c'est juste ça. Donc, de ce point de vue-là, effectivement, il y a quand même cette répercussion.
Pardon,
ce
qui pourrait éventuellement donner une indication sur l'idée de dynamique, ce sera si jamais il y a des ralliements de sénateurs LR justement au groupe RN ou au non-groupe. Alors ça, moi, j'y crois beaucoup moins. C'est-à-dire que si le RN n'arrive pas à constituer un groupe, je doute qu'il soit en tout cas dans un premier temps aidé par des sénateurs LR qui se diraient, tiens, finalement, je vais passer à l'UDR et je vais les aider à constituer un groupe. Peut-être qu'en revanche, ça arrivera dans un second temps lorsqu'il faudra vraiment jouer la clarification beaucoup plus proche de l'élection présidentielle et que là, vous aurez des ralliements du
personnel politique. Mais avant ou après ?
Est-ce que c'est en cas de victoire de Marine Le Pen que
là, il y aura une éclosion
du groupe LR ? Il peut peut-être y en avoir un petit peu juste avant parce que c'est toujours quand même plus intéressant. Vous êtes souvent mieux traité quand vous vous ralliez avant la bataille. Mais ça pourra aussi avoir lieu après parce qu'évidemment que selon où vous souhaiterez vous positionner, en tout cas dans la majorité, il faudra voir ce qui se passe aussi à la Chambre basse, il faudra voir ce qui se passe à l'Assemblée nationale.
Si jamais, par impossible, vous aviez une majorité, si le RN remportait l'élection présidentielle, alors là, je fais vraiment de la politique fiction, qui a ses chances d'advenir, mais le RN remporte l'élection présidentielle et doit ensuite, pour les législatives, finalement n'obtient pas la majorité absolue et doit nouer justement des accords. Et vous auriez peut-être à ce moment-là, effectivement, des députés LR qui passeraient. Ce même mouvement pourrait aussi s'observer au Sénat, même s'il peut y avoir aussi le mouvement inverse où vous aurez au contraire un Sénat comme un
peu
une chambre de résistance contre cette poussée à l'Assemblée nationale.
–
Effectivement, pour prolonger ce que vous dites, Jefferson, le Sénat, c'est
-à
-dire le président ou la présidente élue en mai 2027, elle devra composer avec ce Sénat élu en septembre 2026. Il n
'y
a pas de possibilité de dissolution. Ça veut dire qu'elle devra composer, enfin que le président ou la présidente devra composer avec une majorité de la droite.
– Bien sûr,
mais c'est déjà le cas. C'est déjà le cas. Et à la fin, vous le savez très bien, le dernier mot revient à l'Assemblée. Donc en fait, on a vu émerger la notion de contre-pouvoir à la faveur de commissions d'enquête, notamment au Sénat, où le Sénat a retrouvé une latitude, une expression et une expression, en tout cas, du biquemérisme à la française. Donc on a vu ça. Mais en dernier recours, c'est quand même à l'Assemblée que ça se joue. Donc la question, c'est, selon qui l'emportera à la présidentielle en 2027, il y aura vraisemblablement une dissolution pour espérer une majorité.
Si on retombe dans une situation de blocage sans majorité à l'Assemblée, on repart comme avant et on se demandera à quoi ça a servi. Donc l'idée,
il
y a quand même, on parlait de clarification tout à l'heure, la clarification, elle interviendra
pas
nécessairement ici. Il faut qu'elle intervienne d'abord à la présidentielle et ensuite on verra ce qui se passera. Mais le rôle du Sénat aujourd'hui, il est parfaitement clair, il est parfaitement connu. La majorité est stable. Il y a une vie parlementaire particulièrement claire ici. Ce n
'est
pas le cas à l'Assemblée où il n
'y
a pas de majorité. Donc là-dessus, la situation du Sénat, on la connaît. L'inconnue, elle est plutôt de l'autre côté.
Oui, mais il va falloir quand même s'appuyer, le président de la République aura besoin de s'appuyer sur le Sénat. Parce qu'il y a les textes de loi, évidemment, qui sont navettes entre les deux chambres, donc le Sénat a
son
nom à dire. Et puis il
y
a des réformes constitutionnelles, puisque beaucoup dans leur programme ont des réformes constitutionnelles. Et ce n
'est
pas possible de faire une réforme constitutionnelle.
Ça dépendra de qui
veut
s'engager dans une réforme de la Constitution ou d'un référendum, s'il veut réunir le Congrès ou pas. Mais ça, il faut savoir quels seront les programmes et celui qui l'emportera.
Mais ça veut
dire difficile de faire sans le
Sénat.
Difficile de faire sans le Sénat. Et c'est bien pour ça d'ailleurs que le Rassemblement national, en tout cas, parle de ces révisions constitutionnelles, jusqu'à présent en tout cas, même en évoquant l'article 11 et non pas l'article 89, qui est normalement, du coup, qui doit servir à réviser la Constitution et qui nécessite justement un vote favorable au Sénat. Et c'est bien parce qu'ils savent qu'ils ne l'obtiendront pas. Alors
que l'autre, c'est le référendum. Alors que l'autre, c'est le référendum. On comprenne bien.
Voilà, qui doit normalement porter sur l'orgueil de la conduite de la politique économique sociale de la nation. Et aujourd'hui, le Rassemblement national persiste à parler de ce référendum direct en se passant, finalement, de l'accord des chambres.
Et
quand même, elle sait, Marine Le Pen, qu'elle doit absolument préserver cette chambre.
C
'est la raison pour laquelle, récemment, elle a dit qu'elle ne comptait pas supprimer le Sénat. C'était bien le mot en pleine campagne sénatoriale.
Et
il a
eu
égard
au projet éventuel.
Effectivement. Juste parce qu'on a parlé du RN, on a parlé des chances de la France insoumise. sur le bloc central. Là, c'est peut-être un petit peu plus subtil. Mais en fait, au Sénat, on le disait, il
y a
une majorité de la droite et du centre. Il y a des groupes horizon, mais pas que horizon. Il y a un groupe macroniste. Il y a un grand groupe centriste dans lequel siègent notamment des UDI, des modems. Bref, il y
a
une explosion du bloc central sur les groupes. Est-ce que c'est aussi un enjeu pour les candidats, notamment pour Édouard Philippe, de renforcer son groupe au Sénat
?
Effectivement, c'est très important,
en
fait. Alors, le groupe, enfin le centre, règne un petit peu en maître. Et les équilibres, en tout cas, entre eux, ce ne sont pas le premier groupe, mais effectivement, les équilibres entre la droite et le centre vont être scrutés. Parce qu'effectivement, Édouard Philippe,
c
'est le parti, enfin horizon, c'est un parti qui s'est constitué justement sur cette réserve des élus locaux, des maires, et donc de cette expression aussi au Sénat. Vous avez également François Patria, qui était le chef du groupe, justement, des macronistes, qui est mort cette année. Et du coup, eh bien, ça a fait aussi un petit peu, enfin, c'est ce qu'ils disent, prendre conscience à ce groupe, aux autres élus, justement, de renaissance au Sénat, que leur groupe était important, qu'ils devaient se mobiliser. Alors, on prédit depuis longtemps la disparition de ce groupe. À chaque fois, on leur prédit de mauvais résultats.
En tout cas, eux, pour l'instant, sont quand même confiants sur le fait qu'ils vont réussir à se maintenir.
Mais
bien sûr,
tous ces équipes... D'autant qu'on le
rappelle, le Sénat renouvelé de moitié.
Ça veut dire qu'il y a des sénateurs qui ne sont pas concernés par le renouvellement.
Tout à fait. Merci. Merci, Mickaël. Merci, Aurore. Merci, Jefferson. Merci à tous de nous avoir suivis. Très bonne journée.