Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 13 mars 2017 50 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsTravail & emploiÉconomie & entreprisesImmigration & asile

MÉLENCHON : «LA CONSTITUTION DE LA 5E RÉPUBLIQUE EST DANGEREUSE»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 37 %Attaque 43 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    On va commencer par parler d'emploi : vous voulez créer 3 millions et demi d'emploi en 5 ans...

  • 4:00RelanceRéponse partielle

    Alors voilà dans quel contexte ils vont devoir embaucher : la fin du CICE et du pacte de responsabilité...

  • 8:00OuverteRéponse partielle

    Alors pour l'industrie de l'automobile par exemple ?

  • 12:00RelanceRéponse partielle

    si vous interdisez par exemple d'utiliser plus de 10 % de CDD dans les PME...

  • 16:00RelanceRéponse partielle

    En 2012, on pouvait lire dans votre programme nous régulariserons les sans-papiers...

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Alors justement, à propos d'internationalisme, au cœur de votre projet il y a l'idée de sortir des traités européens...

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Jean-Luc MélenchonFait
    « je propose qu'on en reste là oui »
  • 4:00Anne-Sophie LapixChiffre
    « vous voulez créer 3 million et demi d'emploi en 5 ans, 1 million et demi d'emplois publics et deux millions dans le privé »
  • 6:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « je prévois 100 milliards, relancent l'activité »
  • 10:00Jean-Luc MélenchonPromesse
    « je propose de passer dans un premier temps aux 35 heures effectives »
  • 16:00Anne-Sophie LapixFait
    « En 2012, on pouvait lire dans votre programme nous régulariserons les sans-papiers, nous décriminaliserons les séjours irréguliers »
  • 20:00Patrick CohenFait
    « l'idée de sortir des traités européens actuels, soit de façon concertée, plan A, soit de façon unilatérale en cas d'échec des négociations, plan B »
  • 22:00Jean-Luc MélenchonPromesse
    « on change le statut de la Banque centrale européenne pour qu'elle ne soit plus indépendante et chargée seulement de la stabilité des prix »
  • 26:00Jean-Luc MélenchonFait
    « la France est bien sûr infiniment plus puissante que n'est la malheureuse Grèce »
  • 30:00Maxime SwiteckFait
    « 13 mars 1017, il y a mille an d'écart ! »
  • 1:00JLMFait
    « J'use ma vie à vous défendre ! J'use ma vie ! »
  • 3:00JLMFait
    « Je hais cette cette forme de société, vous devez le comprendre, Je déteste ça »
  • 5:00JLMFait
    « Lisez le grand Jaurès, ou les autres, c'est toujours pareil les puissants dans le calme de leur réunion ils décident de la mort des uns et des autres »
  • 6:00JLMFait
    « il y a de la violence politique chez lui, dans les mots qu'il prononce à l'égard des individus »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Anne-Sophie Lapix : On accueille notre invité spécial présidentielle c'est un des meilleurs orateurs sur le marché politique capable de se dédoubler pour assurer plusieurs meeting, capable d'expliquer le chiffrage de son programme pendant plus de 5h, capable de s'emporter parfois contre les journalistes il a obtenu ses 500 signatures le weekend dernier, il marchera à Paris pour une 6ème république le weekend prochain de la Bastille à la République et ce soir il vient défendre son programme "L'avenir en commun", un programme à 273 milliards, estime-t'il, On accueille le candidat de la France insoumise "Jean-Luc Mélenchon". ASL :Bonsoir Jean-Luc Mélénchon JLM: La marseillaise ! C'est bien vous apportez votre programme comme ça on en a 3 sur le plateau, c'est très bien.

Anne-Elisabeth Lemoine : il y a les bonnes raisons de voter Mélenchon aussi ASL : Ah oui, Jacques Généreux, forcément C'est lui qui écrit aussi une partie du programme. L'avenir en commun donc contient des centaines de propositions. JLM: oui, il y a le texte là, qui a été finalisé en octobre, et il y maintenant des livrets par domaine.

ASL: nous on s'est arrêté au centaine de propositions, c'est déjà pas mal JLM: oui oui, je propose qu'on en reste là oui. ASL : Alors on va commencer par parler d'emploi : vous voulez créer 3 million et demi d'emploi en 5 ans, 1 million et demi d'emplois publics et deux millions dans le privé, deux millions donc qui ne relèvent pas de votre decision mais de la décision des entrepreneurs. On est d'accord ?

JLM: oui ASL : Alors voilà dans quel contexte ils vont devoir embaucher : la fin du CICE et du pacte de responsabilité donc (ne regardez pas mes fiches) donc 40 milliards en moins, la remise en question de toutes les baisses de charges (JLM: de cotisations) ASL: de charges. Une 6e semaine de congés payés, par l'entreprise donc, passage progressif aux 32 heures payées 35 j'imagine. Oui oui, le passage progressif aux 32h, augmentation du Smic ( ah ben ce qui est bien c'est que j'ai noté toutes les pages donc là on est sûr (JLM: d'accord, d'accord)), auguementation des salaires des femmes à hauteur de ceux des hommes, ça je vous ai entendu en parler il y a peu de temps pour financer les retraites, alors je veux pas tout citer, mais le risque n'est-il pas que beaucoup d'entreprises avant même d'embaucher mettent la clé sous la porte, voire que les plus grosses s'en aillent ?

JLM: évidemment, bien sûr... il y aussi un hiver nucléaire qui est possible.... non sérieusement, je comprends que vous l'ayez pris dans cet ordre là, mais c'est de l'économie, pas de la comptabilité.

La comptabilité ça vient après le raisonnement économique. Le raisonnement économique c'est il y a deux choix, ou bien on pense que est prioritaire de respecter un certain nombre de règles, je sais pas moi 3% pour l'Europe, pas plus de dettes ici ou là; ou bien on considère qu'on va tellement mal, qu'on est en train de mourir petit à petit, à petit feu, et qu'il faut relancer l'activité donc vous avez d'un côté Monsieur Fillon qui dit - 100 milliards et de l'autre côté vous avez M.Melenchon qui dit + 100 milliards.

ASL : vous évacuez mon sujet sur les nouvelles contraintes économiques des entreprises ? JLM: oui mais enfin c'est intéressant quand même de savoir comment je compte les faire fonctionner, vous savez que je ne suis pas que bête. ASL : mais personne, personne n'imagine que vous êtes bête JLM: Je sais pas, on pourrait penser que je suis tellement bête que j'ai pas compris qu'il faut remplir le carnet de commandes avant de commencer à prendre.

Donc les 100 milliards, je prévois 100 milliards, relancent l'activité, d'accord ? alors imaginez vous ça ? c'est un emprunt, c'est 100 milliards, on relance l'activité : le passage aux énergies renouvelables, l'agriculture bio, l'économie de la mer, et ça ça génère de l'emploi, l'emploi ça génère forcément des taxes, des impôts, etc et ça reremplit la caisse à l'autre bout, et ça donne ASL : Alors pour l'industrie de l'automobile par exemple ?

Là c'est pas du tout relancé par votre plan d'investissement ? JLM: non la priorité c'est pas l'industrie (ASL : non mais je donne un exemple) automobile, c'est l'industrie de l'économie de la mer JLM: non mais attendez Lapix, il faut avoir un peu un raisonnement économique, sinon on n'y comprends rien bon. Après, il y a un certain nombre de choses, comme par exemple la réduction du temps de travail, là sans doute le texte n'est-il pas assez clair pour qu'on le comprenne bien.

Moi je propose de passer dans un premier temps aux 35 heures effectives, c'est-à-dire on rétablit le renchérissement des heures supplémentaires pour faire préférer l'embauche aux heures supplémentaires et ça signifie notamment qu'il faut abroger la loi El Khomery puisqu'elle prévoit de réduire le paiement de la première heure supplémentaire à 10 % seulement de majoration, donc pour prendre cet exemple là, rien que ça. Voyez, les 35 heures donc là je me porte garant et je dis pour les 32 heures on va discuter, c'est çà qui est dans le programme, des conférences où on discute, mais moi je m'engage sur le retour aux 35h, et ça c'est 150 000 emplois de plus. Alors vous pouvez penser que quelqu'un qui a un emploi, tout d'un coup va se dire "et ben ça y est j'ai un revenu et justement j'ai besoin d'une voiture, donc je vais aller en acheter une", et quand il va voir son banquier, au lieu d'arriver en disant je suis chômeur de longue durée ou j'ai jamais trouvé un travail, ou j'ai pas de CDI et ben il dira voilà j'ai une paye, j'ai un emploi, donc je peux emprunter pour acheter une voiture.

Voilà comment l'automobile (ASL: mais vous imaginez quand même que si le SMIC augmente) profite de la relance de l'activité. ASL : si le salaire des femmes augmente, s'il y a plus d'allégement de charges, les 40 milliards dont je parlais, et si en plus d'autres contraintes qui sont pas d'ordre économiques, enfin si d'ailleurs, mais si vous interdisez par exemple d'utiliser plus de 10 % de CDD dans les PME, 5 % dans les grandes entreprises, et puis aussi la possibilité pour les salariés, les comités d'entreprises, de s'opposer aux plans de licenciement, est-ce que vous ne placez pas les entrepreneurs simplement sous tutelle ? JLM : Non, par ce que si je le pensais, je ne l'aurais pas écrit.

Si je pensais que mon plan est une erreur et une addition de stupidité ...

ASL :c'est pas une erreur mais c'est...

JLM : non mais vous posez une question qui induit un raisonnement, je le connais, c'est : il faut que les entreprises puissent payer le moins cher possible les gens avec des contrats ultra-flexibles, et sans aucune Cotisations sociales. ASL : c'est pas ça le raisonnement JLM: mais si ! ASL : c'est une fois qu'elles ont payé tout ça, est ce qu'elles peuvent continuer à vivre, à investir...

JLM: Ahh mais commençons par là, plutôt que de me dire que vous allez les obliger à mettre la clé sous la porte et le reste, et des trucs qui font peur aux gens et qui empêchent de réfléchir. ASL: ah mais là elles vont être assommées, c'est un choc...

JLM : et bien c'est un choc d'activités. Vous savez Madame Lapix, le vrai problème de ce programme c'est est-ce qu'on va trouver les gens pour faire tout le boulot qui à faire ! Parce que quand j'écris qu'on va trouver 300 000 personnes pour l'économie de la mer, je dis ça produit 300 000 personnes et bien figurez-vous qu'on les a pas.

Il va donc falloir les former et il y a donc un temps pendant lequel ce programme va avoir du mal à se met en route simplement parce qu'il y a pas les gens. 200 000 paysans dans l'agriculture de plus, faut les trouver, faut les former. Si vous prenez 60 000 enseignants de plus, c'est pareil, c'est pas en claquant dans les doigts et en comptant dans la rue 1 2 3 4 5 : t'es prof ! que ça se passe.

Il y a donc un temps. La vraie difficulté du programme, c'est sa gestion dans le temps, pour qu'il arrive à maturité, et d'autant que on sera dans un environnement où si on rate notre début je sais très bien qu'on nous sautera dessus après pour dire "Ha ben votre affaire ça marche pas etc". Mais comprenez-moi bien, il y a un raisonnement économique qui est faux.

S'il était juste, vous triompheriez ! On devrait dire : bien regarder c'est magnifique, les allègements de charges sociales, le CICE, puisqu'on en parlait, regardez comme ça marche ! ASL : non mais les grandes entreprises, si vous leur imposer toutes ces contraintes supplémentaires et ces coûts supplémentaires, elles peuvent partir.

JLM: Je ne crois pas ça moi, je crois pas ça du tout, c'est vrai qu'aujourd'hui il y a beaucoup de délocalisations, et qu'elles se font sur un unique critère : la compétition des salaires. Pas sur la capacité productive, les gens l'ont, ni sur la qualification. Une délocalisation sur deux a lieu en Europe donc ça devrait ouvrir un autre débat : au lieu de me dire "tout le monde va s'en aller" on pourrait peut-être dire ben comment on va empêcher qu'ils partent, parce que Madame Lapix c'est quand même dégueulasse qu'on nous prenne nos usines et notre travail juste parce qu'on va faire travailler des gens moins chers ailleurs qui vont être malheureux.

Donc déjà ça...

ASL : on pourrait vous répondre, que c'est juste parce que c'est intenable, voilà, c'est que financièrement on y arrive pas et, entre guillement, on déménage, c'est l'argument qu'elles pourront vous donner. JLM: Non, donc on paiera tout le monde au niveau d'un travailleur de l'Ukraine ou du Bangladesh, 130 € par mois c'est absurde. ASL : Entre augmenter les charges et dire redescendre au niveau de l'Ukraine...

JLM: non mais ce n'est pas ce que je suis en train de dire, je prends votre argument : vous me dites "si vous faites ce programme économique les entreprises s'en iront." Pourquoi s'en vont-elles ? C'est la question que je me pose, c'est pas parce que l'air est pas bon ou parce ce que les gens sont pas compétents, ni parce que les routes...

Pourquoi je vous dites tout ça ? l'air est pas bon ? les routes ? les écoles ? parce que figurez-vous qu'il y a un autre paramètre pour un employeur quand il a un gros investissement à faire, c'est qu'il veut être certain de trouver des conditions favorables.

Faut qu'il y ait de l'électricité toute la journée, pour ça faut que ça marche, il faut qu'il y ait des ouvriers qualifiés, il faut qu'il y ait des routes pour aller au boulot, il faut que les enfants puissent aller à l'école et quand on est malade figurez-vous qu'il faut pouvoir soigner les gens pour qu'ils ne rendent pas tous les autres malades. donc ça, ça nécessite un certain niveau de développement de la société, autrement dit la compétitivité, chère Madame Lapix, n'est pas qu'une comptabilité de fin de mois, c'est un concept global. ASL : Excusez ma comptabilité de fin de mois.

Je vous parle de la liberté d'entreprendre mais d'autres droits sont remis en cause dans votre programme : le droit à la propriété. Vous parlez de réforme agraire pour faciliter l'installation des jeunes agriculteurs vous voulez limiter la concentration des terres, vous allez exproprier les propriétaires terriens. JLM : si il faut, oui, parce que la concentration de la propriété de la terre donne un résultat lamentable.

Ce résultat c'est d'abord une spéculation foncière incroyable, ensuite c'est des gens qui plantent des subventions pour les récupérer, plus ils produisent plus ils vont avoir de subventions et cette production en masse va produire la malbouffe va produire la destruction du sol, puisque vous savez que la productivité du sol de notre beau pays est en pleine décroissance et si on veut installer une agriculture bio, si on veut développer une agriculture maraîchère , il nous faut des terres. Donc on va compter sur le mouvement naturel évidemment d'abord, c'est à dire les gens qui s'en vont ou qui vendent, on va pousser à ce qu'il y ait un lotissement des grandes surfaces, et si ça suffit pas et bah en effet il faudra exproprier des terres. Alors c'est une atteinte au droit de propriété, non pas du tout, ASL : parce qu'on a le droit de le limiter ce droit, c'est ça ?

JLM: ben oui, tous les droits peuvent être ...

ASL : oui mais exproprier des agriculteurs...

JLM: Mais ça arrive tout le temps, tous les jours il y a quelqu'un qui est exproprié, ça s'appelle le droit de préemption de la collectivité locale. ASL: il est rémunéré alors ? JLM : Ah mais évidemment.

J'ai pas dit sans indemnités ni rachats, on rachètera la terre et on dira bah ça ce morceau là où vous le prend parce qu'on veut le partager en X lot. ASL : autre...

JLM :Je ne vois pas ce qu'il y a là-dedans de choquant (ASL: ben des expropriations!) Mme Lapix comme vous avez des enfants, vous, vous vous payez de la bouffe bio, (ASL: oui), bien sûr, moi aussi, parce qu'on a les moyens vous et moi, mais la plupart des gens non. Et pourquoi, pas parce qu'ils aiment pas le bio, c'est parce qu'ils ont pas les moyens ou, et pourquoi ils ont pas les moyens parce que le bio coûte très cher parce qu'il n'est pas assez développé dans notre pays même s'il progresse.

Donc si nous voulons passer à une agriculture biologique, il devrait n'y avoir qu'une agriculture, Il faut donc (ASL: exproprier les gros propriétaires) des terres disponibles. Mais non madame Lapix caricaturez pas, je suis pas en train de proposer de collectiviser toute la terre en France, c'est pas les Kholkozes. ASL : non, mais c'est un pas vers...

Patrick Cohen : "La propriété, c'est le vol" JLM: ça c'est votre avis, ce n'est pas le mien. PC: non c'est une citation JLM: non ça c'est l'avis de qui, de Proudhon ? ça n'est pas mon avis.

Je ne suis pas anarchiste. Les anarchistes le disent, on a droit de le dire. D'un certain point de vue c'est vrai, parce que la propriété, des fois, mais pas la votre quand vous achetez votre voiture, ni vous quand vous achetez votre frigo, ni vous quand vous achetez votre maison de campagne Mais quand vous êtes à la tête d'une immense entreprise qui se donne pour but une LBO qui vient dans une entreprise, qui ravage le fond, qui prend les brevets, qui vire tout le monde, oui la propriété est un vol.

ASL : En 2012, on pouvait lire dans votre programme nous régulariserons les sans-papiers, nous décriminaliserons les séjours irréguliers, nous fermerons les centres de rétention, nous rétablirons le droit aux séjours pour raison médicale. Aujourd'hui vous voulez raccompagner aux frontières les migrants économiques, quand avez-vous changé d'avis ? JLM: Ca ne présente pas... je voudrais quand même donner des aspects qui puissent aller dans votre sens pour faire peur aux gens un peu, il reste quand même un aspect ASL : C'est un revirrement ! je m'interroge JLM : Je voudrais exposer ma position si vous le voulez bien.

Je voudrais quand même signaler un fait qui est de nature à faire peur, donc il va vous intéresser, c'est que je suis pour donner des papiers aux travailleurs sans-papiers, ça veut dire partout il y a des gens qui sont dans cette situation, ils travaillent, ils payent leurs impots et le reste, et puis ils n'ont pas de papiers donc on les surexploite, ils peuvent pas se plaindre. ASL : Ça avant vous vouliez déjà le faire, vous vouliez donner des papiers aux autres, ceux qui ne travaillaient pas. JLM: Et bien je ne le présente pas comme ça parce que j'ai réfléchi avec d'autres, je sais que c'est des situations qui vont mériter examen approfondi, mais on peut pas confondre les migrations en 2016 avec celles des années 70 ou 80 ou même du début des années 2000 vous voyez madame Lapix.

Ce n'est plus possible, pourquoi ? parce que nous avons des flots ininterrompus de gens qui partent à cause de nous. Parce que la vraie question, que pose mon programme, je regrette que vous n'ayez pas lu jusqu'à ce point ASL : vous savez très bien que je l'ai lu JLM : oui mais pourquoi ce point n'a pas retenu votre attention ?

ASL : pour limiter les causes de l'immigration ? arrêtez les guerres ? mais ça...arrêter les morts aussi, mais c'est pas si simple que ça.

JLM : non, parce que vous croyez que donner des papiers à tout le monde c'est simple. ASL: bien sur que non, je vous parle de vous, ce que vous proposiez et ce que vous proposez aujourd'hui. JLM : Justement.

Qu'est-ce que je propose : je renverse le raisonnement parce que sinon je rentre dans une logique qui est inmaîtrisable, je renverse ce raisonnement je commence par dire à chaque personne "nous sommes coupables de cette situation". Je mets de côté le dérèglement climatique, ça va nous faire 250 millions de personnes sur les routes un peu partout dans le monde et d'abord dans le sud, mais deuxièmement il y a notre responsabilité, ce sont, c'est l'Europe qui impose le démantèlement des protections des agricultures vivrières du tiers monde et le démantèlement des droits de douane qui protègent les productions de ces pays et c'est à cause de ça que les gens s'en vont et c'est à cause de ça que les gens s'en vont et c'est à cause de ça qu'ils arrivent ici, et ici, vous pouvez vous rendre compte comme moi je suppose, que nous n'avons pas de quoi occuper tout le monde puisque nous avons déjà plusieurs millions de chômeurs, de toute nationalité soit dit, ,par parenthèse. Par conséquent, le premier devoir est de tarir le flux et nous devons avoir comme mot d'ordre : "chacun doit pouvoir vivre dans son pays" et cela est valable en Corrèze comme dans le Zambèze.

L'internationalisme, qui est le mien, puisque je vous rappelle que c'est ma culture, ASL: oui, c'est pour ça, je vous parle de vos principes, vous me parlez d'un point de vue pratique : on n'a pas de travail pour eux, donc on arrête...

JLM : Oui, mais du point de vue des principes, je veux camper fermement sur l'internationalisme traditionnel qui le mien, c'est-à-dire les gens ont le droit de vivre et de travailler au pays. J'ai dit l'autre soir dans une émission que je regrettais d'avoir dit une bêtise dans une interview, on m'avait dit est-ce que c'est une chance et j'avais dit "bah si c'est 10 000 médecins c'est une chance" et ben non je retire, parce que dix mille médecins qui arrivent de chez les autres en venant chez nous c'est 10 000 de moins sur place et ce n'est pas juste. PC : Alors justement, à propos d'internationalisme, au cœur de votre projet il y a l'idée de sortir des traités européens actuels, soit de façon concertée, plan A, soit de façon unilatérale en cas d'échec des négociations, plan B, l'UE on la change ou on la quitte, écrivez-vous.

Alors on discute beaucoup de la faisabilité et de la crédibilité de ces hypothèses, moi je ne veux pas aller sur ce terrain là, Je voudrais savoir vous, au fond de vous-même quel est votre préférence, quel est votre idéal entre les deux solutions ? JLM : Clairement celle qui fiche le moins la pagaille parce que, PC : le plan A ? JLM : Attendez, oui.

Le temps passe et les formules changent, et je suis placé dans une situation assez particulière, je suis candidat et je pars de l'idée que je vais être élu. Il faut donc que j'inspire, comment dire, une saine et utile heu.. (PC: confiance?) comment dire, peur, ou obligation de réfléchir en me voyant arriver parce que j'ai vu comment Tsipras a été traité, et au minimum je ne voudrais pas être traité de la même manière sur le plan personnel.

La France est bien sûr infiniment plus puissante que n'est la malheureuse Grèce, mais enfin voilà, donc premier pourquoi je suis pour que le plan A réussisse ? parce que il réussirait pour tous les peuples, pas pour le peuple français seulement. Le plan A en gros à quoi on peut le résumer ? on change le statut de la Banque centrale européenne pour qu'elle ne soit plus indépendante et chargée seulement de la stabilité des prix, PC: ce qui n'est pas une mince affaire à l'égard des allemands JLM: non mais on est d'accord, rien n'est simple M.Cohen, dans ce plan rien n'est simple je ne vais pas raconter d'histoires, le plus simple c'est de ne rien faire et d'attendre que tout s'effondre.

Deuxième élément c'est le changement, on vire des traités l'interdiction de l'harmonisation sociale, si on fait de l'harmonisation sociale plus personne ne délocalisera en Europe, vu que ça ne présentera aucun intérêt. Et supprimer l'interdiction de l'harmonisation fiscale car c'est la différence de fiscalité qui permet à Monsieur Junker d'organiser ce rapt sur les trésors publics PC : elle n'est pas formellement interdite dans le traité de Lisbonne, mais elle n'est pas encouragée JLM: si, non non non monsieur Cohen, hélas j'ai pas amené ma feuille mais elle est interdite dans le TUFE PC: C'est l'harmonisation sociale qui est formellement interdite, l'harmonisation fiscale n'est pas formellement interdite, mais je referme cette parenthèse JLM : si, mais bon alors nos amis qui nous écoute vont rechercher ça et le mettre en circulation sur les réseaux sociaux...

PC: il y a des articles, bref JLM: Non non j'en suis certain M.Cohen, parce que ça fait quand même 10 ans que je fais campagne, alors donc faites-moi la grâce de penser que je sais de temps à autre de quoi je parle. Alors ça, c'est le plan A.

Si nous appliquons le plan A, ça profite à tous les travailleurs d'Europe je suis raisonnable, si on me dit "M.Mélenchon on ne peut pas d'un seul coup harmoniser tout, ben faisons des critères de convergence, imaginons des mécanismes de protection...

Ça c'est le plan A. Mais supposons qu'on nous dise, ben non, on le fera pas, ce qui serait d'une grande présomption, parce que c'est à la France qu'on parlerait c'est pas pareil de dire non à la France que de dire, qui pèse 18% de l'économie si on ne s'intéresse qu'à ça, Il y en a d'autres qui s'intéresse à qui nous sommes et qui disent ben on ne peut pas faire l'Europe sans la France, ça n'a pas de sens, et je le pense profondément. Alors les gens pourrait se dire bon on va discuter.

Qu'est-ce qui a de nouveau dans tout ça ? c'est que pour la première fois il y a quelqu'un qui veut discuter : moi. Parce que jusqu'à présent les présidents de la République française sont arrivés et ils ont dit où est-ce qu'on signe !

Les deux, Sarkozy et Hollande, et on peut pas reprocher à Mme Merkel d'avoir appliqué ce qui lui paraissait bon, puisque les autres lui donnaient raison, donc c'est pas à elle que le reproche doit être fait, c'est pas au gouvernement allemand, même s'il est de droite, c'est à nos présidents de la République qui deux fois de suite ont fait une forfaiture en n'appliquant pas ce qui était décidé, alors il faut que je puisse dire bah écoutez mesdames messieurs, si vous n'en voulez pas, au revoir". Et nous allons faire quoi ? Le plan A, avec ceux qui veulent, c'est-à-dire que si certains pays disent mais il a raison et nous on n'en peut plus, c'est le cas de l'Italie, c'est le cas de l'Espagne, c'est le cas du Portugal et qui comme moi et comme vous qui vous intéressez à l'économie, vous savez une chose: personne ne paiera jamais la dette parce qu'elle est trop importante, donc il faut bien trouver une solution avec cette dette et ces gens-là le savent comme moi, ils savent qu'on ne pourra pas la payer, et que le banquier central lui-même a pris des dispositions extravagantes, auxquelles On ne pouvait même pas penser, M.Cohen, puisque vous me dites ça sera difficile avec les Allemands, est-ce que vous imaginiez il y a 5 ans qu'un gouvernement allemand aurait accepté que le banquier central distribue tous les mois 85 milliards d'euros aux banques privées !

C'est ce qu'il est en train de faire, c'est 60 millions de smics qui sont distribués tout les mois ! Et le gouvernement allemand, pourquoi il l'a avalé ? parce que sinon c'est la catastrophe ! alors vous trouvez, alors nous avons le brexit, nous avons la pagaille dans toute l'Europe, et nous on va dire bon écoutez on continue comme avant voilà...

PC : est-ce qu'on peut dire, Jean-Luc Mélenchon, que l'Europe plan A / plan B c'est la question, je reviens sur le terrain politique, la question qui vous sépare de Benoît Hamon ? C'est l'Europe pour l'essentiel qui rend vos deux projets irréconciliables ? JLM : C'est un point d'achoppement, pas qu'avec lui, avec tous les autres, parce que Monsieur Macron lui alors c'est encore plus caricatural il a purement et simplement recopié les recommandations de la Commission européenne à la France, alors bon comme ça il n'a fait aucun effort PC : On va parler d'Emmanuel Macron, mais Benoît Hamon c'est un cas particulier...

JLM: mais écoutez, moi je me mets à la page, j'ai connu le feuilleton Juppé/Le Pen annoncé au 2eme tour, ensuite on a eu c'est Fillon/Le Pen, maintenant on en est à Macron/Le Pen, à chaque fois que le feuilleton change...

PC: est ce que je vous en ait parlé ? JLM : non mais moi je vous en parle, ouvrez un journal M.Cohen, il y vos collègues qui travaillent, il y a pas que vous ! donc il y en a d'autres qui écrivent ça partout, et quand je vais quelque part on me dit "Et qu'est ce que vous ferez au 2ème tour, au 3ème tour, au 5ème tour et je sais pas quoi...

PC: ça tombe bien je ne vous l'ai pas demandé JLM: Ouais, mais c'est pourquoi je prends l'exemple de M.Macron, puisque en ce moment il a l'air d'être bien en cour, et bien lui il a recopié, il a dit on restera dans les clous, on appliquera ci, on appliquera là, enfin bref il appliquera la politique voulue par la Commission européenne, ce qui à mes yeux est un désastre. Et il propose de supprimer des centaines de milliers de fonctionnaires, mais M.Fillon aussi, donc tous ces gens là sont dans l'épure.

PC : la gauche ? JLM : Une seconde, parce que moi je suis en compétition avec eux tous, pas qu'avec M.Hamon, je joue pas dans le bac à sable...

PC : oui mais est ce que vous êtes complémentaires ou est ce que vous vous cannibalisez ? JLM : Ha, alors heu PC : Deux candidats à la gauche du PS, même si Benoît Hamon on l'entend essayer de se recentrer, ça fait deux fois moins de chances d'accéder au second tour, c'est ce que se disent beaucoup d'électeurs de gauche...

JLM : Ah oui, bon ben c'est bien qu'ils trouvent une voix à vous M.Cohen, parce que...je suis content PC: C'était la votre de voix, Jean-Luc Mélenchon, parce que ce raisonnement vous l'avez tenu pendant longtemps, quand vous étiez au Parti socialiste.

On va regarder cette petite plongée dans les archives de vos déclarations. Vidéo (JLM) : Ce sectarisme de l'extrème gauche qui consiste à dire c'est ou moi ou rien, je trouve que c'est stérile. Il faut aussi savoir un moment donné se rassembler, sinon il n'y aura jamais de gauche au pouvoir.

Une gauche en miette est une gauche perdante, donc il faut qu'on trouve le moyen de se rassembler. La grande leçon maintenant, c'est qu'il faut savoir se rassembler. Il le faut absolument, parce que sur cette lancée là on va dans le mur si personne de gauche ne va au 2ème tour de la présidentielle.

Ou les gens se rassemblent, ou sinon c'est la triquée du siècle quoi. Si maintenant, la mode, c'est de se maintenir dès qu'on a 10% des voix quoi qu'il arrive, il n'y aura plus un seul élu de gauche dans ce pays. JLM : Ouais.. alors c'est très intéressant de voir comment vous procédez, parce que vous auriez pu remonter à la bataille d'Alésia, pendant qu'on y est, non mais attendez c'est important, si on se rassemble on va y arriver.

Non non mais j'ai très bien compris, mais je veux quand même me moquer de vous, puisque vous vous moquez de moi. PC: non JLM : Tout à l'heure vous avez passé 1992, ça fait un moment que ça tourne, c'est votre spécialité, 1992: on m'entend dire : "Si on se maintient à partir de 10% alors tout est perdu". oui, mais je parlais d'un 2ème tour!

Mais ça le journaliste à oublier de le préciser. Au 2ème tour, quelqu'un s'est maintenu contre moi qui faisait 10% et qui m'a fait perdre mon siège de Conseiller général alors que j'étais passé loin en tête de la gauche, donc voyez, faut toujours mettre hein, c'est un truc de profesionnels de l'information, remettre les infos dans leur contexte. Alors maintenant je vous dis : oui c'était vrai, non ce n'est plus vrai.

Parce que se rassembler aujourd'hui dans la confusion, je vais citer le grand Jaurès, c'est se condamner à la catastrophe. Figurez vous qu'il y a des personnes qui disent "Oui oui il faut vous rassembler, il faut vous entendre." Mais moi je veux bien, pourquoi pas, je l'ai dit à plusieurs reprises, mais où est le programme sur lequel on va se rassembler ? "On s'en fout faut se rassembler, vite, dépêchons nous !" Le programme de M.Benoît Hamon sera connu vendredi, le mien est prêt depuis le mois d'octobre dernier.

Qu'est ce que vous me proposez de faire M.Cohen ? PC: la gauche...

JLM : Non monsieur Cohen, à partir de vendredi j'ouvre des discussions sur le programme, vous pensez que c'est sérieux de créer un programme commun trente jours avant le 1er tour d'une élection ? PC: Non, il avait un programme pour la primaire, il l'avait présenté, JLM: Ha bon, d'accord, alors c'est sur celui-là... vous êtes formidable, venez vous nous manquez, pour nous aider à ça PC: non, non, non, non JLM : Vous m'avez posé une question...non non M.Cohen, vous avez commencé par une question, puis avant que je réponde vous avez passé vos films pour montrer que, en gros, je suis quelqu'un qui se contredit tout le temps et par conséquent pourquoi pas maintenant (PC: pas du tout) donc non, ça ne marchera pas ! je veux que vous entendiez ça.

Il y a eu un quinquennat de M.Hollande qui a tout détruit : la confiance, maintenant on sait qu'il y a des gens qui peuvent vous promettre, les socialistes peuvent vous promettre...

PC : c'est ça qui a changé, c'est que la gauche comme vous disiez à l'époque...

JLM: Ecoutez, on aura un jour un débat passionnant sur ce que je disais en 1993, bon, moi je vous parle d'aujourd'hui, écoutez-moi, écoutez-moi PC: Est-ce que la gauche ça veut encore dire quelque chose, voilà c'est ça la question ? aujourd'hui JLM: Attendez, c''est pas seulement la question. PC: je vous ai entendu dire que vous ne disiez plus gauche, vous employiez d'autres mots parce que pour vous ça ne vous ne voulait plus dire la même chose qu'à cette époque on a vu vous étiez au parti socialiste.

JLM : Vous êts sûr, c'est ça que j'ai dit ? PC : oui JLM: bon, alors je vais parler moi-même comme ça, ça sera plus simple, je vais d'abord répondre à votre question si la réponse vous intéresse autant que la question (PC: ça m'intéresse) mais, à propos de la gauche, il y a un événement que vous n'avez pas l'air de comprendre pour des millions de gens, quand vous êtes, vous vous faites pas ça mais moi je le fait, vous venez avec un tract et vous dites "C'est la gauche. Ha la gauche ça va on connait, c'est Hollande!" donc les gens dans leur tête, les gens font pas de la politique tous les jours pour eux tout ça c'est tout du pareil au même, Menteur traître et gens qui ne tiennent pas leur parole, c'est la raison pour laquelle je parle du peuple et des revendications, je parle de le fédérer, j'ai un programme sur des idées que je présente et je ne demande pas aux gens "Soyez d'accord avec moi" parce que moi je suis un homme de gauche , tout le monde le sait, mais c'est pas le sujet de savoir ce que je suis moi, c'est de savoir si ce qu'il y a dans le programme vous convient.

C'est pourquoi je dis fédérer le peuple, partir du programme, pas des personnes ni des étiquettes. Et il faut que vous le sachiez M.Cohen, c'est vrai qu'il y a des gens qui disent "Vous devriez vous rassembler", ils sont pas trop regardants bon sur quoi il y a des problèmes "boh boh boh tout ça", mais en avez pleins d'autres qui disent exactement le contraire. et moi je leur dois des comptes à ces gens-là parce que c'est eux qui ont porté ma candidature, qui m'ont accompagné dans tous les combats pendant 5 ans, je leur dois des comptes, ils me disent : "Si tu fais un accord à deux avec le Parti socialiste, qui nous a toujours menti et bien ne compte plus sur nous".

Et bien, je crois qu'ils ont raison, vous savez pourquoi ? parce que M.Cambadélis viens de dire "Restez au Parti socialiste parce que demain quand M.Macron" pense-t'il, "sera élu, Il faudra faire une majorité parlementaire avec lui" .

Autrement dit tous les gens qui ont été dans la majorité de Hollande qui sont à nouveau candidat socialiste, qu'on me demande de fermer les yeux dessus et de faire comme si je l'avais pas vu, se préparent en cas de victoire de Monsieur Macron d'aller gouverner avec Monsieur Macron. Si bien qu'aujourd'hui il y a deux candidats socialistes, du Parti socialiste, auquel des deux me proposez-vous que je me rapproche ? PC : Quoi ?

Emmanuel Macron est un candidat du Parti socialiste ? JLM : écoutez, combien de dirigeants socialistes sont passés chez M.Macron ?

ASL : ça ne fait pas de lui un candidat socialiste, des supporters socialistes, enfin si vous le trouvez socialiste...

JLM: non, non, non ,non PC: C'est une information intéressante, vous lui mettez une étiquette socialiste JLM: ce n'est pas une information, ne caricaturons pas, c'est un point de vue. C'est une manière de regarder. Quand vous avez des dizaines de parlementaires socialistes qui disent "mais qu'est-ce qu'on fait là, on devrait être avec Monsieur Macron", quand vous avez des ministres, quand lui- même M.Macron vient de l'entourage direct du chef de l'État, vous ne pouvez pas dire il n'a rien à voir avec cette équipe !

Quand le premier secrétaire du PS dit "nous constituerons une majorité parlementaire avec lui" vous ne pouvez pas dire ils n'ont rien à voir ensemble enfin, M.Cohen à la fin c'est une comédie sinon. Donc nous avons devant nous deux personnages qui présentent deux programmes, et je suis d'accord avec vous pour dire que celui de Monsieur Hamon a par maints aspects une musique proche.

Mais je vous donne un tout petit exemple pour montrer, vous allez me le régler parce que vous avez l'oeil sur tout, voyez-vous je suis partisan de la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisation, bon, c'est mon point de vue, j'explique comment on le finance, tout ça. M.Hamon est pour la retraite à 62 ans avec 43 annuités.

C'est normal, il était au gouvernement qui a décidé ça. Qu'est-ce que je dois faire les amis, dites-le-moi vite ? parce qu'on aura très peu de temps pour négocier, je laisse tomber ? sur l'Europe, il veut un parlement de la zone euro et un gouvernement économique de la zone euro sans changer le statut de la Banque centrale, sans changer les traités sur l'harmonisation fiscale, qu'est-ce que je fais ? je laisse tomber ?

Je dis "allez, non, non, il faut qu'on se rassemble ?" C'est à dire qu'on me deamnde quoi ? On me demande de tout laisser tomber et d'aller faire l'appoint de quelqu'un qui a perdu la moitié de ses voix, pas à cause de lui mais à cause de Monsieur Hollande.

Car la vraie nouveauté de la situation, c'est que le candidat socialiste, c'est pas dû à M.Hamon qui a beaucoup de talents, c'est pas son sujet, c'est que le candidat socialiste il a la moitié des voix que faisait le Parti socialiste il ya 5 ans, pourquoi ? ASL : Vous restez avec nous on va accueillir Maxime Switeck pour le 5/5.

ASL : bonsoir Maxime MS: bonsoir Anne Sophie, bonsoir Jean-Luc Mélenchon JLM : bonsoir monsieur. ASL : bonsoir, le 5/5 avec pour commencer ce soir un petit déjeuner ? MS: oui, copieux et tendu le petit-déjeuner.

Vidéo : (Marine Le Pen) C'est décevant pour moi, c'est décevant pour ceux qui nous écoutent Jean-Michel Apathie : non, je ne suis pas sûr, vous ne pouvez pas savoir ce que pensent ceux qui nous écoutent. Vous ne pouvez pas tout savoir. Merci d'avoir accepté notre invitation.

MLP : D'accord, au revoir, ok. MS: D'accord, au revoir, c'était ce matin sur France Info, Marine Le Pen face entre autres à Jean-Michel Apathie, grosse tension à l'heure du laitier, je vous montre ça dans un instant, mais d'abord le D-Day pour François Fillon, il présentait ce matin son projet présidentiel à son QG de campagne avec regardez bien un bug, une boulette, alors que le discours n'a même pas commencé. Vidéo : encore, encore "Test son" "Je continue à faire mon test son" "c'est toujours faible" MS: Jean-Luc Mélenchon est-ce que vous l'avez repéré ou pas la boulette ? on va vous remontrer les images.

JLM : on voit rien alors...

MS : on va vous remontrer les images, attendez, on vous aide, on vous aide. ASL : 13 mars 1017, il y a mille an d'écart ! MS: Et voilà ! 13 mars 1017, 1000 ans de retard chez François Fillon, c'est balot quand même.

Boulette réparée (on est taquins, évidemment) boulette réparée illico, on voit les images, hop "Fillon 2017. Fr" ça c'est fait, JLM: ils s'en sont rendus compte ! MS: oui, ils s'en sont rendus compte.

François Fillon peut présenter son programme le même que pendant la primaire : 100 000 postes de fonctionnaires supprimés...

JLM : 1017 c'est quoi, c'est une croisade non ? MS: Je suis pas allé vérifier... 100 milliards d'euros d'économies, la suppression ISF etc, même projet à quelques retouches près, retouches importantes sur le pouvoir d'achat notamment : baisse plus importante des charges payés par les salariés, hausse de la TVA moins forte que prévu.

Vidéo (François Fillon) : "Ceux qui décrivent mon projet comme une purge ont tout faux. Ils sont aveuglés par la mauvaise foi et l'idéologie, ou empétrés dans leur propre manque de volontarisme. En réalité, ce projet est un projet de croissance." MS : "Ce n'est pas une purge", François Fillon déroule, mais ne dit quasiment pas un mot de la dernière affaire soulevée par le JDD, ces 48 500 € de vêtements offerts par un mystérieux ami.

Quasiment pas un mot, du coup notre reporter Tancrède Bonora est allé poser ces questions à ceux qui soutiennent François Fillon Vidéo : (TB) Vous trouvez ça normal que François Fillon se fasse offrir des costumes de ce prix là ? Eric Woerth : mais moi je réponds pas à cette question là TB : Pourquoi ? EW: Je réponds pas parce que je réponds pas TB : ça vous gène ?

EW : non ça me dérange pas ?? : Si on peut plus, dans notre pays, se laisser offrir des cadeaux par des amis, où en est t'on ?

TB : Est-ce que vous trouvez normal que François Fillon se fasse offrir des costumes de ce prix là? Eric Ciotti : je ne répondrai pas à votre question TB : pourquoi ? EC : c'est une question de caniveau TB : les affaires des costumes, vous en pensez quoi ? ?? : je m'en fous mais complètement !

Vous, écoutez vous devriez aller chez... voir quelqu'un vous habiller un peu mieux que ça.

TB : 13000€ le costume c'est pas donné à tout le monde non plus ??: et alors ? vous avez vu qui s'habille là-bas ?

Y-a tous les politiques, y-a tout le monde, et alors ? MS: 48500 € de cadeaux et alors ? C'est la ligne de défense adopté dès hier par François Fillon, c'est la ligne reprise par l'équipe de François Fillon, mais attention, certains dans son équipe, ont un peu de mal à cacher leurs doutes.

Vidéo : (Charles de Courson) je ne sais pas à qui est cette personne qui lui a offert ces costumes. Moi a titre personnel, je ne le ferai pas. TB : Pourquoi ?

CDC: Parce que j'ai toujours été quelqu'un de très indépendant. C'est toujours le danger, même si c'est un de vos plus vieux ami, vous dites, mais, est-ce que, un jour il va pas venir en disant "tu sais dans telle chose, est-ce que tu pourras adopter telle position" etc, vous voyez. Il faut éviter ce genre de chose.

TB : C'est moi, où il y avait de la gêne dans les propos de Charles de Courson ? PC : Des amis comme ça....

TB : oui, on est d'accord! François Fillon avant sa conférence de presse avait été interrogé sur ces généreux cadeaux c'était ce matin, sur Europe 1, pas très loquace. ?? : 48 500 € de vêtements vous auraient été offerts FF: ça n'est pas exact, naturellement, ?? : dernier achat de 13000€ par chèque signé le 20 février offert par un ami qui témoigne et qui dit "j'ai payé à la demande de François Fillon et sans en avoir d'ailleurs le moindre remerciement depuis".

Ça c'est faux ? FF: oui, oui, c'est tout à fait faux ??: est ce qu'on peut clarifier ? qui est cet ami, pour éteindre la polémique ?

FF: D'abord, je vais pas vous répondre sur ces sujets, c'est ma vie privée, ça ne regarde personne. Ce sont des... j'ai parfaitement le droit de me faire offrir un costume par un ami.

MS: Jean-Luc Mélenchon, est-ce que pour vous tout cela relève effectivement de la vie privé ? JLM : Au sens où c'est lui qui met le costume, oui ! Sur le reste non, c'est incroyable qu'il réponde ça.

Vous savez ce qui est le plus frappant là-dedans, je trouve qui est le plus frappant pour notre époque, c'est qu'ils ne comprennent pas ce qu'on leur reproche. C'est même pas la somme qui leur parait invraisemblable pour un costard, c'est qu'ils ne comprennent pas pourquoi on trouve pas ça normal ? et pourquoi pleins de gens trouvent ça suspect...suspect.

Et puis, après vous avez vu ce qu'a dit De Courson, c'est terrifiant! parce que lui a mis directement le doigt là où ça fait mal ! il dit "oui, on vous fais pas des cadeaux gratuitement", on vous les fait en échange d'une bienveillance.

Il a été loin, il a dit "après on vient vous dire faudrait plutôt voter comme ça ou comme ça" PC: on devient un obligé, c'est ça l'idée ? JLM : Bah enfin ! écoutez ça va de soi que vous êtes un obligé.

Par exemple, cette émission me fais cadeau d'un petit sac dans lequel il y a des produits de beauté. bon, ben clairement...

MS : C'est pareil pour tous les invités Jean-Luc Mélenchon...

ASL : qu'est ce que ça va changer ça alors ? JLM : ben peut-être qu'après, je vais être plus beau gosse quoi. Alors ça c'est possible...

ASL: on va observer, on va observer PC: Ca vous incite à revenir c'est ça ? JLM : Ce qu'il y a de plus choquant dans ces activités, j'ai trouvé ce qui est le plus choquant c'était qui soit conseil de compagnies d'assurances qui lui versent 200 000 € de conseils... mais quels genres de conseils il a pu donner pour pour ça ? il a dû trouver la formule magique qui fait que tout le monde signe un contrat d'assurance, ce n'est pas possible...

Donc c'est autre chose, et tout le monde comprend que ce sont des moyens de pression sur lui. Il peut pas dire "je ne dois rien à quelqu'un qui m'offre un costard de 13000 €", à supposer qu'il soit capable de se le mettre sur le dos...vous auriez pas peur vous ? c'est combien le votre?

MS: Oh, beaucoup moins ! JLM: Moi pareil hein ! ASL: Et il l'a payé en plus MS : Je l'ai payé, c'était pour le mariage de la petite...enfin bref, je poursuis ce 5/5 avec ce petit déjeuner musclé ce matin sur France Info.

Marine Le Pen invitée de la Matinale, Marine Le Pen et l'une de ses cibles privilégiée : les journalistes, incapables de lui poser ce matin une question digne de ce nom. Vidéo : (Marine Le Pen) C'est décevant pour moi, c'est décevant pour ceux qui nous écoutent. Jean-Michel Apathie : non, je ne suis pas sûr, vous ne pouvez pas savoir ce que pensent ceux qui nous écoutent.

Vous ne pouvez pas tout savoir. MLP : Les français eux, ils n'attendent pas cela de vous et du service public que vous représentez. Le service public qu'ils payent avec leurs impôts, ils attendent de l'information sur les projets des candidats ?? : vous considérez que ça n'est pas de l'information ?

MLP: que pense un tel ou un tel de la retraite, de l'insécurité, du terrorisme, du logement ?? : de l'euro, nous on vous parle de l'euro, de l'euro avec lequel nous avons commencé cette émission.

MLP : D'accord, on a eu deux questions sur l'intégralité de l'émission" MS: deux questions à peine posées sur l'euro, sujet pourtant primordial, Marine Le Pen a raison, mais les auditeurs de France Info qui ont écouté l'interview ce matin ont quelque peu halluciné, parce qu'à vue de nez, mais à vue de nez, les journalistes présents face à elle lui ont posé un peu plus que 2 questions sur l'Euro...mais un peu...

Vidéo (JMA) Est-ce que vous êtes parfois sensible à certains de ces arguments, est ce que vous doutez parfois ? MLP: le concert des experts... les mêmes qui d'ailleurs avant le Brexit nous avaient expliqué que ça allait être un drame.

JMA : Vous ne doutez jamais sur la sortie de l'euro ? JMA: Vous convenez qu'il se dévaluerait, dans toutes les hypothèses ? MLP : bien sûr JMA : C'est pas mal 10% de baisse...

MLP: on est d'accord, mais...

JMA : quand vous êtes épargnant...

MLP : d'accord, non mais parfait MLP : c'est considérable...

JMA : pas le seul mois de janvier, 50 milliards d'euros,hein ?? : le TPE quand on est payé en franc désormais mais qu'on rembourse en euros, est-ce qu''il risque pas d'y avoir s'il y a une dépréciation de ce nouveau franc, il risque d'y avoir un problème au milieu, non ? ?? : L'idée c'est que ça ne marche que si les autres suivent MLP : non,non, ce n'est pas ce que j'ai dit JMA : mais ils veulent pas quitter l'euro MLP: Les tickets de rationnement ils sont en train de... non non non pardon M.Apathie, ils sont en train à nouveau de réfléchir.

MS: 8 questions sur l'euro, 5 minutes complètes d'interview, autre cible privilégiée de Marine Le Pen, après les journalistes, Emmanuel Macron. MLP : et je suis désolée mais il y a beaucoup à dire sur M.Macron, certes aucun journaliste ne le dira à parce que manifestement ils sont tous hypnotisés par le personnage MLP: Je n'irai pas sur BFM Macron... ??: BFMMacron ?

MLP: BFMacron on l'appelle, j'irais pas sur BFMacron pour aller discuter avec M.Macron, voilà MLP : Il se trouve que Monsieur Macron a, avec toute une série de dirigeants de groupes de presse, que ce soit France Télévisions, que ce soit Radio France, que ce soit le groupe de M.Drahi, des amitiés qui font qu'on se pose la question de savoir si des débats se déroulerait dans des conditions de neutralité qui sont pourtant exigées par la démocratie MS : Jean-Luc Mélenchon, je ne vous ferai pas le coup du cas de conscience Macron-Le Pen au deuxième tour parce que vous ne me répondriez pas, je vais vous poser la question différemment : comment allez-vous faire...

JLM: vous connaissez d'avance que c'est la même, allez-y ! ASL : fallait pas lui dire ça ! MS : Comment, aller vous faire pour éviter d'avoir à choisir entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron au deuxième tour ?

JLM: bonne question, je vais arriver au deuxième tour. MS : Ha ha ha, Bonne réponse, merci.Pierre.

Pierre Lescure : tout à l'heure on évoquait la gauche, que représente-elle encore, j'aurais juste une question sur le vote ouvrier. Le vote ouvrier a muté on va regarder dans quelle proportion, le dernier sondage en date dit que 17 % du vote ouvrier se porterait sur vous, Jean-Luc Mélenchon, 43 % pour Marine Le Pen, c''était illustré hier soir d'assez belle manière par un jeune homme, un jeune militant du FN, que suivaient les caméras de France 3, regardez c'est très court. Vidéo: ?? : Je suis rentré au Front National il y a 5 ans maintenant en 2011... aujourd'hui j'ai pas encore 20 ans, dans 10 jours j'ai 20 ans. ?? : Vous aviez, vous étiez dans un milieu politisé? ?? : pas du tout pas du tout pas du tout.

Pour tout vous dire, je suis issue d'une famille d'ouvriers qui a longtemps votée à gauche, et qui a été victime si vous voulez de trahisons, des promesses électorales, qui a été victime du chômage aussi, et J'avais envie très jeune de m'engager politiquement alors que mes parents et mes grands-parents ne souhaitaient plus le faire. PL: Vous imaginez pouvoir sinon renverser la vapeur, en tout cas inverser cette tendance sur le vote ouvrier ? JLM : en tout cas, Pierre Lescure, en tout cas me battre contre, et, alors la situation est plus terrible encore que ce que montre ce sondage en vérité 60 % des ouvriers ne votent plus.

Ca veut dire considèrent que tout ça c'est une mascarade, et parmi ceux qui votent, il y a des proportions en effet qui sont consternantes, mais c'est la raison pour laquelle il faut monter en ligne d'une manière claire , implacable, dire qui on est, quelle autre vision du monde on a, et pas recommencer la tambouille, les arrangements les programmes oui il y en a un mais je m'en fous je signe avec toi un papier... oui d'accord on a été odieusement trahi mais on fait comme si on s'en souvenait pas c'est ça qui me démoralise, tue et détourne.

Et là on a affaire à un homme jeune, hein. Moi je passe...

ASL : 20 ans JLM : Oui alors il faudra qu'on regarde, il est pas, pour l'instant disons que c'est pas...le Front National est pas devant moi dans la jeunesse et moi j'ai passé des...

Si vous saviez le nombre de conférences, je suis allé dans des écoles, les grandes écoles, pour essayer de convaincre, avancer, il y a pas d'autre chemin. ??: La jeunesse hésite entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen a égalité : 24% pour chacun...

JLM : Alors, bon ça veut dire qu'il faut se battre, que voulez-vous je vous dise ? nous sommes un pays démocratique, elle a eu la possibilité de développer ses idées pendant 40 ans son père d'abord et elle ensuite, elle a bénéficié, je sais que vous aimez pas qu'on dise ça, mais d'une espèce de fascination médiatique qui l'a dédiabolisée, dans la même période où moi, oh souvenez vous comment j'ai été traité, et je continue à l'être. Quand je passe sur le plateau de France2, toute la soirée c'est pour démontrer que je suis pareil que Madame Le Pen.

Et lorsque, ça va jusqu'au moment...

MS: eux tiennent le même discours JLM : où M.Pujadas se tourne vers moi et dire : "Mais, les Droits de l'Homme, qu'est ce que ça représente pour vous, vous n'en parlez pas souvent ?" ce qui est pour moi une offense absolument... bon, j'ai dû subir tout ça et le faire avec patience, et puis que voulez-vous, il faut convaincre ASL: vous avez le sentiment qu'elle a été privilégiee dans cette émission ?

JLM : Pardon ? ASL: Vous avez le sentiment qu'on l'a privilégiée lors de son émission politique ? JLM : J'ai le sentiment qu'elle a tendu un piège dans lequel d'innombrables nombre de gens sont tombés en la dédiabolisant, bon.

Ca c'est un fait, vous ne pouvez pas dire le contraire, mais bon allez on va laisser tomber sinon on peux plus parler. PC: Est ce que vous en faites un combat dans cette élection présidentielle ? On a le sentiment que c'est moins présent qu'en 2012, où c'était l'un de vos adversaires privilégié, après aux législatives vous êtes allé la combattre directement à Hénin-Beaumont, là cette fois-ci vous en parlez beaucoup moins, Marine Le Pen qu' Emmanuel Macron dans vos meeting JLM : Ha bon, bon bah, c'est que vous suivez mal mes meeting parce que le dernier que j'ai fait à Brest, montre en main, il y a le même temps sur elle et sur l'autre, et je ne mets pas un signe égal entre les deux.

Mais, attendez, je voudrais quand même rappeler que dans tout ça, moi je suis pas un pion, je suis pas un rouage, je suis un être humain. Quand je suis allé à l'assaut ça a été un mur contre moi. Dans la presse c'était "c'est parce que il aime la lumière, il veut qu'on parle de lui", le soir où elle m'est passée devant, j'ai gagné 1000 voix en trois semaines.

Faut le faire hein, gagner 1000 voix en 3 semaines, mais elle était devant moi bon. La personne qui m'a interviewé, votre collègue de BFM, qu'est-ce qui, comment il s'est adressé à moi, il dit "alors ça y est vous êtes KO, vous êtes au tapis, vous êtes groggy, etc" et toutes sortes de gens ont dit "mais cette tactique est ridicule, front contre front ça ne veut rien dire". Madame Le Pen est mon ennemi numéro 1, pas elle je la connais pas comme personne, mais au-delà de tout y compris si vous dites "Ha mais tel endroit elle dit comme vous etc", je m'en fous, elle aune vision de la France qui nous conduit tout droit à une bagarre généralisée parce qu'elle est pour une république ethnique.

PC: elle peu gagner ? Je vous ai entendu dire que vous n'y croyiez pas ? JLM : non parce que bon bah là moi je suis un amoureux de la République française, et je crois que le peuple français a un ressort républicain qui lui fera dépasser éventuellement la tentation qui pourrait être très forte de manifester sa colère en la faisant élire.

Je ne crois pas à ça. Et surtout ce que je voudrais dire c'est qu'on comprenne bien, au fond, vous avez trois groupes : l'un qui dit d'abord ma tribu et les autres on s'en fiche et d'ailleurs fichez le camp, vous êtes pas de la bonne couleur, vous n'êtes pas de la bonne religion etc, c'est Madame Le Pen; vous avez une deuxième famille qui dit tout pour l'argent et puis le reste s'arrangera, on verra le climat le reste on verra après; et puis vous avez "Tous ensemble", c'est ma vision du monde, "Tous ensemble" c'est l'idéal républicain. Car nous sommes dans une démocratie, nous avons tous fait un choix contre mon avis d'ailleurs à un moment donné, moi j'étais pour les interdire y a 20 ans, on a fait un choix de les laisser s'exprimer, de leur donner de l'argent avec l'argent des impôts, tous les ans le Front national reçoit 1,60 € par voix ramassée pendant les élections législatives, vous, moi on paye pour le Front national.

Bon, maintenant acceptons la règle de la démocratie, 30 jours avant une élection vous pouvez pas dire, la traiter autrement qu'en examinant ce qu'elle dit en essayant de faire reculer ses idées. Vous connaissez un autre chemin ? il y en a pas !

Qu'est ce que je peux faire, c'est la même question que pour vous, que vous me posiez y a un instant. Qu'est-ce qu'on peut faire en démocratie sinon essayer de convaincre ? Et ensuite, mesdames messieurs vous n'aurez pas d'autres choix que de vous incliner devant la décision du souverain qu'est le peuple.

Et on l'a tous fait ici, je sais pas quelles sont vos opinions, je vais pas vous les demander mais bon c'est un gouvernement de gauche, vous êtes de droite, bon vous vous soumettez à la loi, c'est un gouvernement de droite, vous êtes de gauche vous vous soumettez à la Loi. Si cette femme gagnait, il faut que les gens comprennent qu'ils devront se soumettre et que la Constitution de la Vème République parce qu'on l'a pas dit mais si on va marcher nous le 18 mars de la Bastille à la République, C'est aussi pour dire attention cette constitution en plus elle est dangereuse! Madame Le Pen n'aura pas besoin d'établir une dictature, il lui suffit d'utiliser les bons articles de la Constitution de la Vème République et tous autant qu'on est ici on devra fermer notre bouche !

MS: J'ai une autre question pour vous Jean-Luc Mélenchon, autre question : je sais que vous êtes très actif sur les réseaux sociaux, est-ce que vous avez repéré l'apparition de ce mot-clé regarder #QUOIQUONENDISE JLM : Alors j'ai vu ça tout à l'heure quelqu'un m'en a parlé. MS: Alors je vous explique, ce mot clé JLM : oui c'est un truc pour Hollande MS: exactement, on l'a d'abord vu sur des affiches, c'était en novembre dernier, des affiches collés par des militants PS qui pensaient alors que François Hollande pourrait se représenter et qui voulait défendre son bilan, "Quoi qu'on en dise, le bilan de François Hollande n'est pas si mauvais", c'est ce que disaient ces affiches et ce mot clé et bien il a droit aujourd'hui à une deuxième vie depuis quelques jours il a beaucoup été utilisé, on a regardé ça cet après-midi, notamment par le conseiller com' de François Hollande, Gaspard Gantzer, il a beaucoup retweeté, mais aussi par des nostalgiques déjà du quinquennat Hollande, je vous lit quelques messages #quoiquonendise: "il a engagé 60000 profs de plus" JLM : c'est faux MS: #quoiquonendise: "il a rendu possible le mariage pour tous" JLM : (?) MS: et celui-là "la droite se moquait de Hollande, François Hollande, avec sa manche trop courte et sa cravate pas droite mais #quoiquonendise il paye ses costumes lui-même", Jean-Luc Mélenchon si vous aussi vous aussi vous deviez finir cette phrase : #quoiquonendise: "François Hollande..." JLM : il a fait la loi El Khomri, il a fait le projet de déchéance de la nationalité, quoi qu'on en dise il a fait un million de chômeurs de plus, et un million de pauvres de plus, quoi qu'on en dise ça va beaucoup plus mal que ça n'allait et c'est pas juste, parce que c'est la première fois de notre histoire, nous les gens de gauche, c'est la première fois de notre histoire qu'à la fin d'un quinquenat on est pas capable de dire une mesure sociale qui a amélioré la vie des nôtres MS: Vous n'êtes pas exactement dans la philosophie de #quoiquonendise, mais bon JLM : mais si, j'utilise hastag !c'est bon ! tu y mets ce que tu veux dans le hastag !

MS : J'ai comme l'impression qu'il manque une chose dans le cinq sur cinq de ce soir. ASL : il était pas si mal, c'est ça l'idée MS : une chose manquante JLM : #quoiquonendise: "vous pouvez rien faire vous avez 18 mars" MS: Voilà une petite touche de glamour voilà ce qui manque dans le 5/5 JLM : vous savez ce que c'est au moins ? MS: oui bien évidemment JLM: qu'est ce que c'est le 18 mars ?

MS: votre marche ? attendez vous venez de le dire JLM : ah oui pardon ASL : vous venez d'en parler, de Bastile à République, pour la 6eme république MS: C'est bon c'est pour moi, c'est pas grave, une petite touche de glamour manquait dans ce 5 sur 5, et voilà que Scarlett Johansson est ravie de vous l'apporter ce soir, l'actrice était invitée samedi de l'émission américaine Saturday Night Live, elle a tourné une fausse pub dans laquelle elle joue une business woman, une multimillionnaire, la fille de Donald...

Complice, mais glamour, quoi qu'on en dise. JLM : Hahaha, on sera très glamour aussi le 18 mars, excusez-moi j'avais besoin de le dire...

ASL : non mais c'est obsessionnel, j'avais compris, vous n'êtes pas là pour ça... mais elle sera là peut-être ?

Elle habite Paris hein, JLM: ben qui sait, il va y a voir toute sorte de gens remarquables, vous manquerez vous, mais il y en aura d'autres très bien, ASL: c'est vrai, je participerai au défilé ?? : Quoi qu'on en dise, vous avez un tempérament volcanique, Jean-Luc Mélenchon, à tel point que le psy Gérard Miller s'est penché sur votre cas, il vous a consacré un documentaire JLM: lequel ?

Gérard ? ??: Gérard Miller; ça s'appelle l'homme qui avance à contre-courant, ça a été diffusé sur France 3.

Documentaire dans lequel il évoque vos points forts, il en trouve beaucoup d'ailleurs et quelques points faibles et notamment JLM : allez, on les oublie, parlons des points forts ??: non, non, non, non, c'est votre point faible qui nous intéresse, votre propre personne, Jean-Luc Mélenchon détonne, bouillonne, invective, et il vous montrait dans l'une des colères, de vos colères que l'on voit régulièrement à la télévision, on en a choisi une, assez récente, JLM: Haa comme c'est neuf ! ?? : Vous êtes face à un cheminot qui vous prenait à partie, on regarde.

Cheminot : "droite, gauche, mélangé...attention, faites bien attention on arrive à un point de rupture JLM : Pourquoi tu me parles comme ça ? pourquoi on vous respecte pas ?

J'use ma vie à vous défendre ! J'use ma vie ! et quand on vote contre les directives européennes, Cheminot : Et pourquoi personne nous filme quand vous vous énervez ? moi personne me filme ?

JLM : T'es mon ennemi c'est ça ? c'est ça que tu veux ? alors va voir les mecs de droite, c'est eux qui vous ont mis dans la merde, c'est le PS qui vous a mis dans la merde" ??: Vous avez confié ce jour-là "j'ai pas pu m'en empêcher", vous pensez que la colère est une vertu, il n'empêche elles peuvent donner le sentiment que vous perdez votre sang-froid Jean-Luc Mélenchon.

JLM : Mais c'est le cas, c'est le cas j'ai perdu mon sang froid, et je vous remercie de jouer le rôle de la maman, de venir le rappeler ?? : ha mais pas du tout !

JLM : non mais c'est bien. non mais clairement je suis un, je suis pas un pion je vous l'ai dit. Cet homme, que j'ai pas envie d'accabler, cet homme dit... ??: "il faut tuer tous les politiques", c'est ça ?

JLM: Il a dit "vous êtes tous des pourris." Alors vous vous en foutez, moi non. Ensuite il dit "Ça va être la Révolution et on sait pas qui on va assassiner" tout ça c'est pas dans le truc et moi je lui dit "t'assassineras personne", et quand il a dit je vais faire la révolution, je lui ait dit ben vas-y fait là au lieu d'en parler.

C'est une...je suis comme ça, j'accepte le débat, le type quand il me dit "T'es un pourri", "Je vais t'assissner", c'est pas des paroles bienveillantes, et-ce que vous n'avez pas montrer là, qui est intéressant, c'est que les copains autour là, les cheminots qu'il y avait autour m'ont applaudi d'accord, et j'ai fait une erreur parce que il y a une vieille règle, qui dit que quand quelqu'un à l'air un peu survolté, ce qui était le cas de cet homme, c'est pour ça que je lui jette pas la pierre parce qu'ils sont dans une station affreuse ces pauvres cheminots de ce dépôt.

Oui alors, mais vous savez si je garde en moi cette capacité, demain ça me permet de m'indigner contre le fait qu'on ait si maltraité un cheminot de Sud à la gare Saint-Lazare, qui s'est jeté sur les rails, mais ceux-là.. et combien d'autres choses comme ça, oui je suis cet homme-là tout à fait.

Alors après perdre son sang-froid, je vois le truc, vous pensez quoi que je vais avoir le bouton du nucléaire et je vais appuyer dessus comme ça un soir. ?? : non ça fait dire à certain de vos adversaires que vous avez de la violence politique en vous, et c'est notamment Manuel Valls qui le dit.

Vidéo : " (JLM) tu vois tout le mal qu'ils se sont donnés, ben ça fait chier quoi, c'est tout voilà, d'accord il arrive devant, 164 à Delanoë, 145 à Royal, 95 à Aubry, et c'est les bonnes qui se tapent le cul toute l'année à faire des manifs et des machins, tu vois les autres ils sont là....ils regardent et ils comptent les points" "Si je reconnais les qualités et le talent de Jean-Luc Mélenchon, il y a de la violence politique chez lui, dans les mots qu'il prononçe à l'égard des individus et c'est dommage." ?? : "J''aime la baston et ça me perdra" c'est vous qui l'avez dit.

Oui, je n'aurai pas dû dire ça, j'aurai dû être plus méfiant. Là, la scène que vous montrez date de 2008, hein quand même PC: c'est juste avant votre départ JLM : Je n'en pouvais plus parce que c'était une escroquerie et maintenant je sais que c'en était une parce que j'ai pu voir à quel point ça l'était : cette ambiance, ces votes arrangés, ces...

Voilà, alors est-ce qu'il y a de la violence en moi, mais oui mais vous la trouvez... ?? : mais ça vous perdra ? c'est le constat que vous faites ?

JLM : sans doute madame, comme ça vous serez contente ??: mais non, je vous cite JLM : Mais oui, mais c'est bien, j'ai compris j'ai compris, alors allez-y relisez le un petit coup ça va vous faire du bien, un petit passage peut-être ? ??: mais pas du tout !

JLM : Alors écoutez, comprenez une chose : si vous dites à quelqu'un "vous sur-réagissez" mais quelles sont les causes pour lesquelles je sur-réagis madame ? l'indignation que m'inspire le monde dans lequel je vis, il me révulse. Je hais cette cette forme de société, vous devez le comprendre, Je déteste ça, je hais d'avoir des gens couchés par terre quand j'arrive en bas de chez moi, je pourrais rester chez moi tranquille, vous savez combien gagne un parlementaire, peut-être que vous-même vous avez cette somme là ?

C'est 6000 € par mois, je pourrai rester tranquille...

J'ai fait un autre choix celui de m'engager à corps perdu dans la cause que je défends, je le fais avec passion pourrais-je le faire autrement ? Quand M.Manuel Valls dit il y a de la violence, il n'y a pas de violence dans monsieur Valls, avec son petit costume étriqué, ses épaulettes, sa manière de parler comme ça, de dire mettez-moi du "Whitoss" là où il y a trop de "Blackoss", c'est pas de la violence ça ? c'est pas de la violence d'inventer la loi El Khomey ? c'est pas de la violence de faire passer avec 6 "49-3" une loi dont personne ne veut ? non, Mais ça pourquoi ?

Lisez le grand Jaurès, ou les autres, c'est toujours pareil les puissants dans le calme de leur réunion ils décident de la mort des uns et des autres, toi ton usine est fermée...

ASL : merci JLM : attendez pas merci ASL : non mais c'est fini, l'émission est terminée JLM : Ah pardon. ASL : je ne vous coupais pas, je rappelle que donc...

JLM : Ben je vous remercie d'avoir mis en avant les aspects qui peuvent paraître intéressants dans un personnage. ASL : Ho, mais écoutez, on a été..

JLM : non mais je suis très content, ça me fait plaisir et ceux qui nous regarde...

ALS : on n'a pas été désagréables...

JLM : Oh ! pensez-vous ! c'est très agréable de vous voir ressortir...

ASL : donc le 18 mars, c'est la marche pour la 6ème République, c'est samedi de la Bastille à la République.