100% Sénat - Violences dans le périscolaire : quelle réponse des maires ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 47 %Attaque 23 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:37OuverteRéponse partielle
Comment avez-vous été mis au courant des suspensions ou suspicions d'agression ?
- 2:46OuverteRéponse directe
Quelles décisions avez-vous prises dans les 24 heures suivant un signalement ?
- 2:51OuverteRéponse directe
En combien de temps l'animateur soupçonné a-t-il été écarté des enfants ?
- 2:56OuverteRéponse directe
Avez-vous procédé à un signalement auprès de la justice et des services préfectoraux de la jeunesse ?
- 3:02OuverteRéponse directe
Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans la procédure de signalement ?
- 3:09OuverteRéponse directe
Quels sont désormais vos processus pour gérer ces situations ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 19:47InvitéChiffre
« Nous avons récemment été marqués par plusieurs signalements de faits de violence sexuelle, quatre, commises sur des mineurs par plusieurs de nos animateurs. »
- 31:28InvitéFait
« La maman de l'enfant était encore dans mon bureau que la décision de suspension était prise. »
- 31:46InvitéFait
« La famille a déposé plainte et la justice a été saisie dans les 48 heures. »
- 38:29Locuteur 6Promesse
« Nous avons besoin d'une chaîne d'action claire, commune et reproductible au sein de nos communes. »
- 40:01Locuteur 6Fait
« Nous devons cesser de laisser les maires seuls lorsque la justice est saisie. »
- 45:23Locuteur 7Fait
« Les trois enfants par classe, il faut aller chercher, on peut arriver à zéro. »
- 48:21PrésentateurFait
« Un classement sans suite n'est pas un certificat d'innocence, ça ne veut pas dire que les faits n'ont pas eu lieu. »
- 1:00:00Locuteur 7Chiffre
« qu'il y a trois enfants par classe »
- 1:00:47Locuteur 7Promesse
« il faut que les signalements remontent »
- 1:02:05Locuteur 7Fait
« on a un principe de précaution, on suspend automatiquement »
- 1:02:16Locuteur 7Promesse
« il faut bien les payer »
- 1:03:17Locuteur 2Fait
« il y a des peines qui sont annulées pour les agresseurs mineurs à leur majorité »
- 1:03:48Locuteur 2Fait
« c'est l'enfant qui est au centre de nos préoccupations »
- 1:04:08Locuteur 2Chiffre
« un enfant il dit la vérité dans 98% des cas »
- 1:05:10Locuteur 2Fait
« l'enfant du fait de son âge c'est une personne vulnérable »
- 1:26:45PrésentateurFait
« 50% des communes font ce qu'elles veulent, puisqu'elles ne perçoivent pas de subvention de la CAF »
- 1:27:17PrésentateurFait
« on a 300 parents révoltés qui nous disent c'est fini, on votera plus pour vous »
Temps de parole
- Locuteur 120 %
- Présentateur17 %
- Invité17 %
- Locuteur 611 %
- ?10 %
- Locuteur 79 %
- Locuteur 27 %
- Locuteur 86 %
- Invité 22 %
≈ 85,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour
à tous, ravi de vous retrouver sur Public Sénat pour un nouveau numéro de 100% Sénat, l'émission qui vous fait vivre les travaux de la Haute Assemblée.
Comme
toute cette semaine, on continue à suivre les travaux de la commission d'enquête du Sénat sur les affaires de violences sexuelles dans le secteur périscolaire. Les sénateurs ont entendu des élus locaux, alors que les communes, je le rappelle, ont la gestion de la compétence du secteur périscolaire dans les écoles et donc sont en première ligne pour lutter contre ce fléau. Je vous laisse écouter cette audition.
Il
était important pour nous de vous entendre en tant que maire, parce que vous le voyez bien dans les médias, il y a une immense émotion des familles et les familles ont droit à la vérité, les familles ont besoin d'explications.
Et donc vous êtes aujourd'hui quatre maires, enfin cinq tout à l'heure, de quatre départements différents et c'est vrai que vous avez un point commun, c'est d'avoir été tous confrontés à des situations de crimes et d'élits, parce qu'on parle de dysfonctionnement, mais il s'agit de crimes et d'élits commis donc sur des enfants, on parle d'enfants de deux ans, de trois ans, de quatre ans, de cinq ans, et que hélas, comme je le répète souvent, si Paris est un cas exceptionnel par l'ampleur des enquêtes pénales en cours, 235 enquêtes pénales en cours, et par l'OMERTA qui y a régné, pour autant, Paris n'est pas une exception.
Et que hélas, quasiment tout le territoire de France, 72 départements selon SOS périscolaire, ont des remontées de signalements en termes, encore une fois, de violences dans le périscolaire. Et donc l'enjeu de cette commission,
ça
a été dit par le président, moi je ne suis pas magistrate, je ne suis pas procureure, nous ne sommes pas un tribunal, c'est encore une fois d'essayer de comprendre pourquoi est-ce que toutes ces défaillances en termes de contrôle, de recrutement, d'organisation du périscolaire,
peuvent
avoir lieu en France. Et on voit bien que vous êtes, comment dire, tous en tant que maire confrontés aux mêmes difficultés. Évidemment, on parlera, j'imagine, de la pénurie d'animateurs formés et qualifiés. Et donc, ce qui compte aujourd'hui, c'est de vous écouter, de comprendre. Et donc,
ce
que je vous propose dans un premier temps, c'est que je vais vous poser des questions sur lesquelles j'aimerais que vous répondiez chacun 3 à 4 minutes. Et ensuite, on pourra revenir, évidemment, sur la situation périscolaire dans vos communes.
Tout
d'abord, un premier bloc de questions auxquelles je souhaiterais que vous répondiez, sur la remontée d'informations et le signalement. Comment avez-vous été mis au courant des suspensions, des suspicions d'agression
? Quelles
décisions avez-vous prises dans les 24 heures qui ont suivi ? En combien de temps l'animateur soupçonné a-t-il été écarté des enfants ? Avez-vous procédé à un signalement auprès de la justice et des services préfectoraux de la jeunesse ? A quelles difficultés avez-vous été confrontés dans la procédure de signalement
? Et
quels sont désormais vos process
?
Ma deuxième question concerne les relations avec la justice. Êtes-vous tenus au courant ou non de l'avancement de l'enquête judiciaire ? Quelles sont là aussi vos difficultés auxquelles vous avez été confrontés ? Madame Libère, Madame la maire, vous évoquiez dans vos réponses au questionnaire l'intervention de la brigade de protection des mineurs dans une classe pour entendre des enfants, ce qui est totalement contraire à la réglementation qui vise à protéger les enfants. Ça a été le cas également à Colombes, ce qui a créé une véritable sidération chez les parents, puisque les parents n'avaient même pas été informés.
Et
donc, aviez-vous l'un et l'autre été informés de ces auditions au préalable
?
Lundi, les procureurs de la République nous ont indiqué que le temps de la procédure judiciaire est long et ne correspond pas au temps de la suspension administrative qui est beaucoup plus courte. Donc là, c'est de vous exprimer sur la synchronisation de l'enquête judiciaire avec la suspension administrative. Comment gérez-vous cette différence de temporalité ou encore une décision de classement ? Et enfin, ma dernière question porte sur les relations avec les parents. J'ai senti une immense émotion de la part des parents, parce qu'en fait, on les tient à l'écart de toute information. Alors après, c'est peut-être lié au secret de l'enquête, mais comme je le répète
souvent,
la présomption d'innocence ne doit pas se traduire par un silence opposé aux familles. Vous imaginez l'angoisse que ça peut générer quand l'enfant a parlé, et c'est à partir de là que et la famille et l'enfant traumatisé doivent être évidemment accompagnés.
Et
donc, combien de temps après les faits avez-vous informé l'ensemble des parents
? Y
a-t-il eu une demande de la part de la justice, de la police, de ne pas communiquer
?
Si oui, dites-le nous. Et en l'absence de consignes de la justice, pourquoi avez-vous pris la décision de ne pas communiquer avec
les
parents ? Voilà, je vous donne maintenant la parole successivement, et ensuite on reviendra plus précisément sur les recommandations et les solutions, parce que les parents attendent des recommandations. Moi, je l'ai dit, cette commission, elle est transpartisane. La protection de l'enfance, elle n
'est
ni de droite ni de gauche. Ce que nous demandent les parents aujourd'hui, c'est de leur dire la vérité et de faire des recommandations pour que plus jamais ça puisse se reproduire. Je vous remercie.
On
va commencer par vous, Madame la maire. Enfin, à Monsieur le Président.
Oui,
merci beaucoup. Merci pour cette commission qui va nous permettre effectivement de mettre en lumière, je pense, un certain nombre de difficultés auxquelles nous sommes tous confrontés et qui se sont révélées être particulièrement la prégnante ces derniers mois avec les difficultés qui ont été mises au jour avec les affaires parisiennes et qui ont, de manière très légitime, suscité les mois chez les parents avec tout un tas de questions. Et je crois que vous avez relevé les plus importantes et des difficultés qui sont réelles dans notre exercice de mère et dans les responsabilités qu'on peut avoir vis-à-vis de ses parents et surtout vis-à-vis de ses enfants.
Alors, concernant les remontées d'informations et les signalements, en fait, ça,
c
'est votre première question. En fait, aujourd'hui, rien n'est extrêmement organisé, de mon point de vue. Nous, à Vincennes, la plupart du temps,
ce
sont les parents qui nous ont informés d'un certain nombre de faits qu'ils suspectaient avoir eu lieu sur leurs enfants. C'est même la très grande majorité, c'est-à-dire que ce sont les parents qui viennent au service de la mairie pour nous dire voilà ce qui s'est passé et voilà comment ça s'est passé. Ça, c'était vrai jusqu'à présent. La situation après Paris, si je peux me permettre, est un tout petit peu différente. Maintenant, il y a une défiance totale vis-à-vis des institutions et
certaines
familles n'osent même plus ou ne veulent plus venir nous indiquer les faits que leur ont répété leurs enfants parce que certains avocats leur disent qu'il ne faut pas le faire, ce qui rend notre fonction de mère encore plus compliquée parce qu'on devient complètement aveugle par rapport à des faits sur lesquels, évidemment, nous sommes tenus responsables, le cas échéant, en tant qu'employeur. Aujourd'hui, il faut bien voir que c'est à l'initiative des familles, la plupart du temps, que nous sommes tenus informés de faits relatifs, en tout cas à Vincennes, de signalements, etc. Alors,
ce
qui pose un problème parce qu'on pourrait, le cas échéant, si nous étions informés tout de suite, suspendre les animateurs en question
quand
ils sont identifiés, quand on n'est pas sur une plainte contre X.
Mais
dès lors que l'animateur en question est suspecté, est identifié, nous pourrions, le cas échéant, suspendre de manière systématique.
C
'est ce que je fais. Dès lors que la famille est en capacité de nous dire comment ça s'est passé avec quel animateur, moi, je suspends
dans
l'heure, c'est-à-dire qu'à partir du moment où on a vérifié, croisé, etc., et que tout ça corrobore, dans la journée et dans l'heure, l'animateur est appelé,
il
est suspendu pour le lendemain.
Et
sur un temps, et ça rejoint votre deuxième question, qui peut être extrêmement long, puisque pour l'instant, on le suspend pour quatre mois,
jusqu
'à temps qu'on ait une information de la justice, information qui n'arrive jamais. Mais un classement sans suite, si on ne le sait pas par les parents, très rarement, on le sait par l'institution.
Et
donc, en fait, on peut garder des animateurs qui peuvent être en plus complètement innocentés, suspendus pendant des mois, sans que nous sachions que la procédure est terminée.
Donc,
en tant qu'employeur, évidemment, ça pose un problème vis-à-vis de notre agent. Est-ce qu'il faut aussi se mettre côté du point de vue de l'agent qui est innocent ? De faire suspendre pendant quatre mois, plus pendant quatre autres mois, plus un temps infini, en fait, c'est un peu compliqué. Donc, on finit souvent par apprendre, par la rumeur ou par les parents qui nous appellent directement d'un classement sans suite, et auquel cas, eh bien, on rétablit le dialogue. Mais encore une fois, nous ne sommes pas juges. Donc, parfois, nous n'avons pas l'information relative à la procédure. Donc, on ne sait même pas de quoi il a été accusé, parfois. Donc, on l'a suspendu.
Et en fait, on est complètement aveugle,
parfois,
sur toute la procédure, ce qui est relativement compliqué.
Et
on y reviendra après. Mais ensuite, une fois que l'agent a été suspendu, mais il a été nommé par un certain nombre de parents, que fait-on de cet agent ? Reste-t-il en contact ou pas avec les enfants, même innocentés ? Et peut-on, en tant qu'employeur, ça, c'est une vraie question, faciliter son passage dans une autre filière
que
celle de l'animation, s'il le souhaite, pour qu'évidemment, il ne soit pas forcément remis dans la filière animation,
alors
que les parents sont évidemment extrêmement crispés, parce que dans la tête d'un parent, la plupart du temps, à partir du moment où vous êtes dans une procédure judiciaire, vous êtes coupable. Voilà. Les relations avec... Donc, oui, il
y
a une désynchronisation totale entre le temps de
l
'enquête administrative et le temps de
l
'enquête judiciaire, ce qui nous pose des difficultés de communication vis-à-vis des familles. Ça, c'est votre dernière question.
Nous,
on essaye de faire part aux familles,
par
écrit, des signalements
liés
aux violences sexuelles. Parce que des signalements, on en a plein d'autres. Des signalements liés aux violences sexuelles.
Dès
lors qu'on a posé deux conditions, la famille le souhaite.
Elle
est d'accord, parce que certaines familles considèrent que c
'est
leur problème, entre guillemets, et qu
'ils
ne souhaitent pas voir leur nom apparaître en public.
On
peut le comprendre, sur l'intimité de leur enfant, etc. Et le deuxième critère,
et
c'est là où c'est relativement flou, et je pense que dans d'autres départements, c'est pareil, dès lors que la justice nous y autorise, enfin, que le procureur nous y autorise.
Et
très souvent, le procureur nous dit « Le temps de l'enquête est ouvert, donc vous n'avez pas à communiquer aux familles, et vous pouvez juste dire qu'il y a eu un signalement avec des faits
dans
cet accueil de loisirs. »
Ce
qui nous met dans une situation très délicate,
parce
qu'ils ne comprennent pas
que,
un, nous ne puissions,
un,
ne pas avoir d'informations sur le contenu de l'événement, parce que parfois nous n'avons pas la plainte et nous n'avons pas le contenu de l'événement,
que,
deux, nous ne puissions pas communiquer
pour
des raisons qui sont
avancées
par le procureur de la République qui nous dit « C'est le temps de l'enquête, donc il faut
faire
en sorte de ne pas avoir de contacts, de ne pas donner d'informations. »
Voilà,
ce qu
'on
peut comprendre aussi. Mais je pense qu'on peut trouver un juste milieu entre deux comportements
qui
nous permettent quand même d'aller vers les familles sans forcément mettre en péril une enquête. Donc, à nous de déterminer, je pense, quel est le bon niveau d'information que nous pouvons donner aux familles.
Je
crois qu'il y a une circulaire du 23 mars 1926 qui demande aux procureurs d'aller vers les maires pour leur donner un minimum d'informations,
ce
qui, pour moi, de mon côté depuis maintenant quelques temps qu'on a vécu ces épisodes, n'est pas appliqué aujourd'hui. Dans le 94, j'entends, je parle de ce que je connais. Moi, si je n'avais pas forcé la porte du procureur, je n'aurais jamais eu ces informations. Voilà ce que je peux vous dire à ce stade. Je ne sais pas si je réponds à vos questions.
On
reviendra de toute façon sur un certain nombre de points. M. Laurent Catala, M. le ministre. ...d'appuyer sur... Voilà, pour qu'on vous entendait.
Mesdames et messieurs
les
sénateurs,
vous
avez souhaité m'entendre
dans
le cadre de votre mission
d
'enquête.
Je
fais
le
rapprochement
entre
à la fois la table ronde
et
la commission d'enquête.
Et
je vais m'efforcer
d
'y répondre au mieux,
car
effectivement, la question centrale que vous soulevez
est
au cœur des préoccupations de toutes les municipalités,
quelle
que soit leur couleur politique. personnellement, qui porte une attention encore plus grande
de
par ma vie antérieure
comme
secrétaire d'État à la famille, chargée de l'application de la Convention internationale des enfants
en
1991, dans une autre vie.
Mais la
question
se
pose toujours
avec
la même acuité.
et
c'est sur le fondement de trois principes.
Premier
principe, la sécurité,
le
confort des enfants. Deuxième, c'est
la
continuité pédagogique.
Le
temps périscolaire n'est pas un temps mort entre
le
matin
et
la soirée.
Et
enfin,
la
prise en compte globale
de
l'enfant dans
tout
ce parcours.
Par
rapport aux questions que vous avez posées, Madame la rapporteure,
je
ne me reconnais pas tout à fait dans la mesure,
au
cours des cinq dernières années, c'est-à-dire ou six,
le
dernier mandat.
Je
n'ai connu qu'un signalement
au
mois de février 2026, dont la procédure est aujourd'hui encore en cours
et
je n'ai pas la possibilité
de vous
dire exactement quel est son aboutissement.
Toujours
est-il,
et
là je réponds à vos questions, que un, sur le signalement
d
'un parent,
nous
avons informé
l
'école concernée,
plus
exactement la directrice a informé
toute
l'école,
que
chaque parent pouvait
venir prendre
des informations auprès d'elle, mais aussi auprès
du
service de la mairie,
des
réunions ont été organisées avec la classe concernée,
les
enfants, les parents
de
la classe concernée,
et
une réunion a rassemblé non seulement
les
services de l'éducation, mais également
la
ville, la police et la justice
pour
informer les parents.
Cela
dans
le
temps
du
démarrage de la procédure. Depuis,
nous
n'avons pas d'informations
sur l
'évolution
de
la situation.
Nous
n'avons aucun contact
avec
les autérités judiciaires. Nous avons pris la responsabilité d'engager une enquête administrative
qui
nous a permis
de
suspendre
l
'agent
sur
la base de la manière de servir,
plus
exactement parce qu'ils ne respectaient pas
les
consignes
et
qu'ils se trouvaient
à
certains moments tout seuls
dans le
dortoir
ou
les toilettes,
ce
qui est
formalement
interdit.
Mais nous
ne disposions
d
'aucun autre élément.
De
plus, cet agent
avait
été recruté au niveau de la ville, mais avec l'assentiment des services de l'État
puisqu
'il avait un statut
qui
dépassait le cadre de vacataire
et
rien ne permettait
de
s'y opposer.
Il
est clair qu'une meilleure information de la part des services judiciaires
de
la collectivité permettrait d'avancer davantage
dans
le cadre de ces situations qui sont
très
délicates.
Par
à vos questions,
je
crois avoir fait le tour.
Monsieur Jacobini, maire de Colombes.
Monsieur
le Président, Madame le rapporteur, je vous remercie tout d'abord de donner aux élus locaux l'occasion de contribuer à vos travaux sur la prévention et le traitement des violences dans les accueils du périscolaire.
Notre
ville compte près de 95 000 habitants et accueille 8 500 enfants chaque jour au sein de ces 41 écoles.
Comme
dans des milliers de communes, nous avons fait le choix d'organiser les temps des périscolaires en articulation avec la journée scolaire. Cette organisation repose sur les accueils du matin, du soir, la restauration scolaire et les études surveillées ainsi que les accueils de loisirs du mercredi et des vacances.
Ces
services constituent un maillon essentiel de la vie quotidienne des familles et de l'action éducative locale.
Les
collectivités territoriales ont une responsabilité majeure, offrir à chaque enfant un environnement sûr, protecteur et bienveillant.
Cette
exigence est au cœur de notre engagement de services publics et ne souffre aucune exception.
Les
violences pouvant être commises à l'encontre d'enfants dans un cadre éducatif ou pari scolaire suscitent une émotion légitime et profonde.
Elles
constituent une atteinte grave à l'intégrité des enfants, à la confiance des familles et aux valeurs qui font notre action face à de tels
faits. Notre
position est simple, aucune violence, aucun comportement inapproprié, aucun manquement à la protection de l'enfance ne peut être toléré. Toutefois, il est également important de rappeler que les collectivités assurent ces missions dans un cadre contraint et avec des moyens limités.
Comme
beaucoup de villes, nous avons récemment été marqués par plusieurs signalements
de
faits
de
violence sexuelle, quatre, commises sur des mineurs par plusieurs de nos animateurs.
En
tant que nouveau maire,
ce
fut un choc de vivre ces dénonciations.
Mais
même si je n'avais pas recruté ces agents et j'hérite de cette situation
d
'un personnel
auquel
je dois faire face comme employeur. Cependant, je me suis retrouvé également face à l'émotion et la colère des parents
dans
le même temps.
Et
je pense que pour un nouveau maire
ou
plus ancien, cela restera
peut
-être l'histoire qui marquera mon premier mandat.
Je
ne pense pas pouvoir oublier effectivement les déclarations des parents qui viennent vous raconter
le
témoignage de leur enfant
et
des mots qu'ils emploient
qui
sont effectivement
qui
relèvent effectivement de l'indicime.
Vrai
ou pas vrai.
puisqu
'il y
a
une enquête.
Mais
cette petite phrase pour bien rappeler la situation d'émotion dans laquelle ces parents
viennent
se confronter à nous. Dans ces situations, le maire que je suis
a
dû improviser. Émotionnellement, a dû improviser.
Et
puis, a dû prendre le costume de l'institution. finalement, c'est
la
froideur de l'institution face à l'émotion des parents
dans
un cadre réglementaire.
Outre
la suspension à titre conservatoire que nous avons immédiatement engagée à chaque signalement,
je
n'avais en tant que maire aucun pouvoir et que peu d'informations sur l'enquête confiée à la brigade des mineurs.
Je
devais donc répondre aux familles qui se tournaient vers la ville sans avoir aucune information sur les plaintes déposées,
le
nombre de plaintes ou l'état d'avancement de l'enquête.
Si
notre ville demande de longue date les casiers judiciaires et les inscriptions au figé,
nous
ne pouvions garantir aux familles qu'aucune enquête n'était en cours et qu'aucune condamnation n'était intervenue depuis le recrutement de l'agent. Malgré ces contraintes et dans le cadre légal et limité qui est le nôtre, nous devons maintenir un haut niveau de vigilance et renforcer continuellement nos dispositifs de prévention.
Notre
expérience nous conduit à identifier trois priorités essentielles.
La
première est la prévention à travers le recrutement, la formation, la sensibilisation.
La
deuxième,
je
vais peut-être garder cette partie parce que c'était mon propos liminaire mais je ne
vais
pas aller sur les préconisations.
Je
pense qu'on en reparlera après. En revanche,
je
vais vous donner les détails comment est-ce qu'on agit à partir d'un signalement et comment on reçoit des signalements parce qu'effectivement dans les quatre cas, le signalement a été fait par les parents auprès de la direction du centre de loisirs qui nous a fait remonter les informations en mairie centrale.
Les
parents ont prévenu prioritairement les responsables des centres de loisirs
et
la réaction des familles le plus fréquemment observée, évidemment, c
'est
de la colère,
c
'est ce sentiment dont je vous parlais d'effondrement, de culpabilité,
d
'anxiété pour la sécurité de leur enfant et la volonté tout de suite de vouloir rentrer dans une procédure judiciaire en évoquant de vouloir porter plainte. Face à ces signalements, à la seconde même, parce qu'effectivement, dans l'heure, comme
le
maire de Vincennes le disait,
des
mesures
ont
été prises immédiatement en suspension immédiate des animateurs concernés, signalement au SDJES,
un
article 40 au procureur de la République,
des
rendez-vous d'échanges avec les parents, des victimes présumées,
des
réunions d'information avec les fédérations de parents d'élèves et des écoles concernées
et
parfois même
d
'écoles
concernées
parce qu
'on
retrace immédiatement le parcours de l'éducateur. Donc, c'est une vague dans la ville. On n'informe pas que l'école, en fait, puisqu'il faut reparcourir le risque.
Donc,
plusieurs plaintes ayant été signalées, ces réunions réunissant toutes les familles des écoles concernées toutes les fédérations de parents d'élèves des écoles de la ville et tous les directeurs des centres de loisirs ont été également réunis afin de pouvoir échanger et prévenir. Les suspensions à titre conservatoire pour préserver la sécurité des enfants et garantir le bon fonctionnement du service, en fait, il n
'y a
aucun débat. Elles se posent effectivement naturellement. et nous sommes dans la
relation
aux parents, en fait, effectivement, je reviens sur ce point parce que c
'est
le point en fait qui, à mon sens, illustre le plus ce scandale au-delà de l'action qu'il peut avoir eu.
C
'est dans la façon que nous avons de gérer, en fait. Une fois que nous sommes rentrés, nous, dans la procédure génétienne, dans la déclaration du signalement qui ouvre l'enquête,
on
rentre dans un tunnel.
C
'est-à
-dire
que nous serons dans le noir
jusqu
'à ce qu'il arrive quelque chose et qu'un parent nous en informe. Effectivement, nous avons eu des contacts avec les autorités où on les appelle, mais la réponse est laconique. La procédure,
l
'enquête,
et
ça ne va jamais plus loin.
Alors,
je dois modérer parce que, suite justement à l'événement de l'audition sauvage dans l'école où les parents n'étaient pas au courant et l'ont découvert par un mot dans une trousse
au
retour de leur enfant,
pour
des raisons d'enquête, peut-être, moi, je n'étais pas plus au courant.
Je
l
'ai
appris par la directrice, évidemment, qui m'appelait le matin en me disant
on
a des enquêteurs dans les salles de classe. C'est un peu compliqué, mais ça a donné lieu à une réaction car
depuis
le début, de mon mandat, je dois dire sur cette question, j'ai eu l'appui du préfet
en
conseil, en appui du préfet des Hauts-de-Seine
et qui
a créé ce lien avec le procureur. Suite
à
cette intervention sauvage,
cette
audition,
j
'ai eu un échange avec le procureur
en
ayant et en étant assuré d'avoir une ligne
verte
sur mes interrogations sur comment agir.
en
revanche, et d'ailleurs, de lui-même s'est proposé en me disant que si, évidemment qu'on ne souhaite pas avoir d'autres cas, mais
personne
ne peut prédire cet avenir, si jamais la situation se reproduisait, le procureur aussi s'est assuré de pouvoir me dire qu'il serait à mes côtés pour communiquer.
Et
ce qui est vraiment irrasurant pour le maire que je suis
et
je pense
pourrait
être effectivement rassurant pour les parents qui entendraient la parole du procureur parce qu
'en
tant que maire,
on
se retrouve
partie
prenante.
Nous
sommes effectivement l'employeur et nous sommes le visage à l'instant. En fait, il
y
a une confusion dans la répartition. D'abord, ce scandale du périscolaire n'est pas l'institution de l'éducation nationale. Or, elle se passe dans le même lieu.
Donc,
il faut quand même entendre que ce mot périscolaire est en train d'aujourd'hui d'abîmer l'institution scolaire tout court. Et cette confusion des parents scolaires, parce que les directeurs de nos écoles sont en train de souffrir et reçoivent la même accusation que nos responsables de sites de loisirs comme nous la recevons nous-mêmes. Et nous sommes donc tous à un moment dans le mauvais camp pour être celui qui va communiquer
avec
les parents. Et que ce soit une autorité et une figure de l'institution judiciaire près duquel ils vont déposer leur plainte, serait le premier acte de confiance.
Parce
que la parole, à un moment qui n'est pas entachée, c'est celui qui a reçu la plainte, qui a entendu
aussi. Et
je pense qu'il
y a
dans les précautionisations, mais c'est pareil, je devance les choses, mais vraiment penser à un moment à avoir auprès de chaque procureur un interlocuteur sur ces questions auprès des familles pour pouvoir communiquer, ne serait-ce que pour dire que cette enquête est en cours, que les choses avancent. ce serait tout d'un coup une neutralité de communication
et
ça éviterait aussi de nourrir la colère de parents qui pensent réellement qu'on cherche à couvrir, alors qu'il n'y
en
est évidemment pas question puisque nos actes de suspension immédiate sont très clairs, même si j'imagine à quel point, d'ailleurs, j'ai réuni tous les éducateurs en pré-rentrée
en
leur expliquant bien aussi de veiller à respecter ces règles
parce
que la violence de ces situations à titre personnel pour eux également
à
l'instant où c'est déclaré sans connaître évidemment
les
résultats d'enquête est d'une violence inimaginable
et
jusqu'au jour où
le
pire sera atteint.
C
'est indélébile sur ces éducateurs,
ces
animateurs.
Donc
tous les signalements effectivement sur la procédure pour répondre à votre question Mme le rapporteur sont faits, les signalements après, les articles 40 sont faits et voilà, donc les procédures sont parfaitement respectées. Voilà, je pense que, et les parents, qu'est-ce qu'il y avait une deuxième partie à votre question de rapport avec la justice, c'est bon
?
Parfait, merci beaucoup.
Merci M. le maire, M. Arrogeau, maire de Charlie.
M.
le Président, Mme la reporter, mesdames et messieurs les sénateurs, merci de nous avoir
réunis
et de nous donner la parole. Mon propos sera bien sûr celui d'un élu confronté à une situation grave qui
souhaite
aujourd'hui partager avec vous les enseignements que nous en avons tirés. à l'issue de cette intervention sur la partie proposition, je vous proposerai de passer la parole à Émilie Farron qui m'accompagne.
Je
m'exprime donc comme maire d'une commune où les familles, comme vous tous,
nous
confient chaque jour ce qu'elles ont de plus précieux, leurs enfants.
Et
je voudrais commencer par une conviction assez simple. Lorsqu'un enfant entre dans une école à l'accueil périscolaire ou au centre de loisirs, eh bien, les parents doivent avoir une certitude, celle que nous mettons évidemment tout en oeuvre pour qu'il soit en sécurité. Ce devoir de protection, bien sûr, est absolu
et
nous devons pouvoir garantir aussi autre chose. Lorsqu'un signe apparaît, lorsqu'une parole se libère, eh bien, lorsque tout ce système se met en route, notre système doit pouvoir écouter, transmettre et agir. C'est précisément sur ce point que l'expérience que nous avons vécue à Charlie nous oblige aujourd'hui à réfléchir. Notre responsabilité de collectivité est d'examiner sans complaisance notre propre fonctionnement et de nous demander qu'avons-nous fait, qu'aurions-nous nous pu faire de mieux
et
surtout, devons-nous changer pour demain.
À
Charlie, lorsqu'une famille nous a fait part au mois d'avril dernier de faits susceptibles de mettre en cause un agent de notre accueil de loisirs,
nous
avons pris la décision de
l
'écarter immédiatement à titre conservatoire.
La
maman de l'enfant était encore dans mon bureau que la décision de suspension était prise.
Nous
avons constitué dans la foulée une cellule de crise avec les élus, saisi un avocat, travaillé avec les services de l'État et avec les enquêteurs.
La
famille a déposé plainte et la justice a été saisie dans les 48 heures.
Nous
avons ensuite, en interne, engagé une enquête administrative sur notre propre fonctionnement parce qu'évidemment, notre responsabilité
n
'est pas seulement de demander si un individu avait failli, mais aussi
de
s'interroger sur nos pratiques et sur la façon dont nous protégeons nos enfants.
Et
c'est probablement là le principal enseignement que je souhaiterais partager avec vous aujourd'hui.
Un
enfant
ne
vit pas en silo. Il peut être le matin avec sa famille, quelques heures plus tard à l'école, à midi au restaurant scolaire et le soir au centre de loisirs. Et c'est pourtant
toujours
le même enfant.
Mais
les adultes, les institutions qui l'entourent fonctionnent encore trop souvent autour d'un monde séparé en silo. L'éducation nationale possède ses procédures, la commune possède les siennes, les accueils collectifs, les leurs, etc. Chacun peut être compétent, attentif et de bonne volonté, mais si personne ne rapproche les informations, nous pouvons collectivement ne pas voir ce qu'aucun acteur pris isolément ne pouvait comprendre.
La
protection de l'enfance ne peut pas être organisée en fonction de nos frontières administratives.
Elle
doit être organisée autour de l'enfant.
et
je crois même que nous devons aller plus loin que cette notion.
Nous
devons nous demander si notre droit et nos institutions
ne
doivent pas reconnaître à l'enfant une forme de statut protégé et sanctuarisé.
J
'emploie cette expression pour dire qu'un enfant, parce qu'il est vulnérable, parce qu'il dépend des adultes, parce qu
'il
ne connaît pas nos procédures et parce qu'il ne possède pas
toujours
les mots pour s'exprimer,
doit
bénéficier d'un niveau supérieur de vigilance et de protection. Il nous appartient donc de compenser cette vulnérabilité. Et ce principe devrait produire une conséquence très concrète.
Lorsqu
'un doute sérieux existe concernant la sécurité d'un enfant, sa protection doit devenir
la
boussole qui organise notre action.
Nos
procédures devraient alors commencer non pas seulement par la question qui est compétent, mais d'abord par de quoi cet enfant a-t-il besoin maintenant pour être protégé.
cette
approche suppose aussi de mieux comprendre la temporalité de l'enfant.
Il
ne parle pas sur commande, il ne raconte pas nécessairement les événements traumatiques aux premiers adultes qu'il croise, il peut parler bien souvent plus tard, il peut dire les choses de manière fragmentaire et parfois, avant les mots, il y a des comportements que nous devons connaître. Pris séparément, chacun de ces éléments peut avoir mille explications,
mais
rapprochés les uns des autres et observés par plusieurs adultes qui connaissent l'enfant,
ils
peuvent parfois faire apparaître une inquiétude qui mérite attention. Nous devons donc apprendre collectivement non pas à suspecter partout,
mais
à être attentifs partout.
À
Charlie,
nous
avons voulu que cette épreuve ne débouche pas seulement sur la gestion d'une crise, nous avons voulu qu'elle transforme durablement nos pratiques, notre organisation et cela sans complaisance.
une
enquête administrative externe a été menée afin d'analyser le fonctionnement de notre accueil de loisirs, de nos pratiques et de notre organisation des ressources humaines.
En
parallèle, plusieurs chantiers ont été engagés. Nous travaillons tout d'abord
à
la formalisation d'un véritable protocole consacré aux violences et aux maltraitances faites aux enfants.
L
'objectif est assez simple,
qu
'un agent confronté demain à une parole ou à un comportement inquiétant sache
quoi
faire.
Nous
travaillons également sur des situations extrêmement ordinaires de la vie quotidienne, l'accompagnement aux toilettes, le change des plus petits, le respect de l'intimité et de la pudeur,
l
'information des parents et bien sûr la traçabilité de certaines interventions. Cela peut sembler technique, mais la protection de l'enfant se joue aussi sur ce type de détails.
Nous
travaillons également à Charlie à la mise en place d'un registre permettant une meilleure traçabilité des informations préoccupantes et des signalements ainsi qu'à l'identification de référents clairement identifiés dans la commune.
L
'objectif est d'éviter qu'une information ne reste isolée dans un service, dans un courriel ou dans la mémoire d'un professionnel.
Nous
avons communiqué autant que possible auprès des parents.
Nous
avons rencontré les représentants des parents d'élèves de nos trois écoles et organisé, avec l'association L'enfant bleu de Lyon, une réunion d'informations et d'échanges ouverte à toutes les familles de la commune.
Des
documents d'informations ont été remis pour les aider à mieux comprendre les signes susceptibles d'alerter chez leurs enfants,
mais
aussi la manière d'accueillir la parole de leurs enfants sans provoquer
ni
l'influencer.
Nous
avons aussi proposé aux familles qui en ressentaient le besoin
des
consultations individuelles avec une psychologue spécialisée.
Trois
temps spécifiques ont notamment été organisés et les parents ont été au rendez-vous.
Car
après une telle révélation, une question revient chez tous les parents
et
mon enfant.
Cette
angoisse est légitime et doit être entendue,
mais
elle doit aussi être accompagnée avec beaucoup de précautions.
Car
vouloir absolument faire parler à un enfant peut parfois produire l'effet inverse de celui recherché.
Nous
avons également voulu agir directement auprès des enfants et à la fin de l'année scolaire, nous avons remis aux élèves de CM2 un ouvrage pédagogique consacré à la prévention des violences sexuelles accompagné d'un message de prévention.
L
'objectif n'est pas d'effrayer les enfants, il est de leur donner
des
repères simples.
Nous
souhaitons prolonger ce travail en lien avec les écoles et avec les séances d'éducation à la vie affective et relationnelle et nous travaillons également avec l'association Les Papillons
à
l'installation d'un dispositif de boîte aux
lettres. Enfin,
nous avons investi dans ce qui me paraît peut-être être le plus important aujourd'hui, la formation des adultes.
Les
personnels de notre accueil de loisirs ont été formés, notamment avec l'association L'Enfant Bleu, aux différents repérages, les signes de maltrestance et à l'accueil de la parole d'un enfant
et
nous souhaitons désormais élargir cette culture de la formation à l'ensemble des agents municipaux.
Notre
ambition est finalement assez simple qu'à Charlie, demain, aucun adulte confronté à une situation inquiétante ne puisse dire je ne savais pas quoi faire.
Mais
cette expérience nous montre très clairement les limites de l'action d'une commune. Aussi volontariste soit-elle, une collectivité locale ne peut pas construire seule un système complet de protection de l'enfance.
Il
faut désormais un cadre national beaucoup plus solide
et
je donnerai la parole,
si
vous le souhaitez, la parole à Émilie Farron pour développer mes cinq points majeurs.
Merci, merci madame.
Premièrement, nous avons besoin
d'une chaîne...
Allez-y, le
maire de Charlie, il
me reste quasiment
terminé.
Attendez, j'ai commencé, monsieur le maire, franchement, commencer à faire de la polémique politicienne sur un sujet, encore une fois, j'ai commencé en vous disant je ne suis pas dans un esprit partisan, la protection de l'enfance ça dépasse les clivages droite-gauche, il y a des maires de droite, il y
a
des maires de gauche, on n'est ni procureur ni juge, on essaie de comprendre pour
rendre
un peu de vérité aux familles. Vous savez qu'à Créteil, il y a une journaliste qui s'est infiltrée en huit minutes chrono, sans... Voilà, donc puisque vous dites que monsieur le maire le parle trop, enfin pardonnez-moi, mais je ne comprends pas la tonalité
de votre intervention.
Mais
attendez, on a deux heures devant nous, monsieur le maire.
Chacun va pouvoir s'exprimer, ne vous inquiétez pas,
on
va laisser finir le
maire de
Charlie. Merci
monsieur le maire.
La joindre dira quelques mots si vous voulez compléter. Et puis après, le maire de Saint-Ouen prendra la parole également. Merci. Et nous passerons à des questions, vous pourrez revenir sur certains points, ne vous inquiétez pas.
Allez
-y, monsieur le maire. Alors cinq orientations
importantes. Premièrement, nous avons besoin d'une chaîne d'action claire, commune et reproductible au sein de nos communes. Deuxièmement, nous avons besoin de référents identifiés formés dans les structures d'accueil. Troisièmement, la formation doit devenir une priorité nationale. Quatrièmement, et si vous me permettez, je voudrais insister particulièrement sur ce point, nous devons cesser de laisser les maires seuls lorsque la justice est saisie. C'est probablement l'un des enseignements les plus douloureux de ce que nous avons vécu à Charlie. Lorsqu'une procédure judiciaire commence, quelque chose de paradoxal se produit, la commune reste au centre de toutes les attentes,
mais
elle se retrouve en périphérie de l'information.
Le
maire continue à recevoir les parents, il croise les familles, nous continuons à recevoir les enfants, et tout le monde s'interroge.
C
'est vers lui, évidemment, que se tourne naturellement une population qui veut comprendre, être rassurée
et
savoir ce qu'il en est.
Je
veux le dire ici avec beaucoup de mesures, mais aussi avec beaucoup de franchises, dans ces moments-là, le sentiment d'abandon institutionnel des élus locaux
est
immense.
Pour
la partie suivante qui concerne les propositions, je vous proposerai de passer la parole peut-être dans un deuxième temps à madame. Merci.
Vous interviendrez peut-être dans un deuxième temps. On va donner la parole au maire de Saint-François qui nous a rejoint pour un propos liminaire de cinq minutes. Si vous voulez bien, sachant qu'après, on va vous réinterroger sur les différents points. Vous aurez l'occasion et le temps de vous exprimer les uns et les autres. Ah oui, vous n'avez pas encore prêté serment. Comme nous sommes en statut de commission d'enquête, je vais
vous
inviter à dire toute la vérité, rien que la vérité, en l'avant la main, en disant je le jure, je le jure, et nous indiquer si vous avez des liens d'intérêt avec l'objet de la commission d'enquête, s'il y en a évidemment. Je n'ai aucun
lien,
monsieur
le
sénateur, madame la sénatrice. je
vous donne la parole.
Très bien, merci beaucoup, madame la sénatrice, présidente, monsieur le sénateur, monsieur le coprésident, mesdames, messieurs, les collègues
élus,
mesdames, messieurs, membres du Sénat, mesdames, messieurs, agents du Sénat.
Écoutez,
c'est un moment en particulier dans lequel nous nous trouvons, parce que pas plus tard qu'il y a trois jours, nous avons lancé
le
séminaire sur Je protège nos enfants dans la ville de Saint-Ouen et chaque lundi, nous manifestons
en
soutien des familles victimes d'infanticides et de violences sexuelles et sexistes. Donc, mon propos liminaire, c'est je me suis porté candidat pour participer à cette mission, je vous remercie. Tout ce que nous pouvons partager en termes de retour d'expérience pour faire en sorte que nous puissions sauver les trois enfants par classe qui sont victimes de violences sexuelles et sexistes, je le ferai. Tout ce que nous pourrons faire pour sauver les 170 000 victimes par an, nous le ferons. À Saint-Ouen, nous avons une approche que je qualifierais d'holistique,
c
'est-à-dire
le
périmètre du prédateur
ne
se limite pas au périscolaire. Sans ça,
il
suffirait de supprimer les activités périscolaires
pour
que la prédation et les violences
en
direction des enfants disparaissent.
Quand
je parle de vision holistique, c'est
le
parcours de l'enfant comment on protège nos enfants. L'enfant, il va à l'école comment on travaille avec l'éducation nationale. L'enfant, il est à l'école comment on a une réflexion bâtimentaire. On voit bien qu'il y a des angles morts, je pense notamment pendant la pause méridienne, les toilettes, le passage entre le périscolaire et l'éducation nationale et l'éducation nationale et le périscolaire. L'enfant,
souvent,
il a des activités culturelles comme on arrive à sensibiliser les associations culturelles.
L
'enfant, il est souvent, il exerce souvent une activité sportive comme on arrive à sensibiliser les éducatrices et les éducateurs. Sensibiliser, c'est quoi ? C'est la culture du consentement, la culture de je suis souverain, je suis chef de mon corps.
Et
ça commence très tôt.
La
prévention, c'est comment on arrive à former nos agents.
et
la formation, encore une fois, est évolutive parce que le prédateur a des techniques évolutives. Il s'adapte, je pense notamment aux techniques digitales, aux techniques d'IA, aux techniques modernes qui lui donnent la possibilité de mieux appréhender sa proie. C'est comment on arrive à former les parents. Et c'est ce que vous avez probablement évoqué, chers collègues,
vous
avez évoqué, le travail précis,
le
travail fécond avec la justice,
le
ministère de l'Intérieur réactivé au sein du CLS-PDR, le Conseil local de sécurité et
de
prévention de la délinquance et contre la radicalisation, la notion de protection de l'enfance. Cette notion n'apparaît pas.
Donc
c'est très concret. Et nous, et je terminerai là-dessus mon propos linéaire, nous avons créé un service spécifique
protection
de l'enfance, violence sexuelle et sexiste en direction des enfants, contre les enfants. Nous avons, et parce qu'on s'est rendu compte qu'on ne peut pas être jugé parti,
il
ne faut pas laisser ça
au,
je pense, au service éducatif, c'est trop compliqué ou au service santé, c'est trop compliqué. Il faut énormément de hauteur, énormément de recul pour pouvoir traiter ce type
de
sujet
pour
pouvoir mieux gérer les signalements. Les signalements,
comment
j'ai fait ? J'ai une ligne directe
pour
éviter justement qu'on ait des effets de volonté, de camoufler, quoi que ce soit. Et je terminerai mon propos.
Le
juge Durand avec lequel je travaille, l'association 160 000 Mouv'enfants avec lequel je travaille, Arnaud Gallet, nous donne un élément très clair. Les trois enfants par classe, il
faut
aller chercher, on peut arriver à zéro, sauf qu'on sort du déni.
On
a trois dénits dans notre pays, le déni démographique, on a un pays qui vieillit, le déni climatique, on l
'a
vu cet été, et puis le déni face à la protection de nos enfants.
Donc
ça existe.
Quand
je discute avec certains collègues maires qui me disent chez moi, ça tient,
c
'est de l'auto-persuasion.
Au
moment où je vous parle, j'ai pris la parole il y a exactement quatre minutes, il y a un gamin qui s'est fait agresser parce que la réalité c'est celle-ci. Donc soit on sort du déni et on se donne les moyens, gauche, droite, peu importe, mais on arrive à sanctuariser la parole de l'enfant et faire en sorte que la protection de l'enfance est au centre
d
'un pays comme le nôtre parce qu
'on
mesure la grandeur d'une nation comme la nôtre, d'une république comme la nôtre, d'un pays comme le nôtre,
la
manière avec laquelle on protège
nos
femmes
et
nos enfants, les deux qui sont le plus exposés aux violences. Merci.
Merci.
Je vais donner la parole à notre rapporteur pour des premières questions pour que les choses soient totalement transparentes et évidemment
soyez
le plus concret et précis possible. l'objet de la commission c'est de faire des recommandations qui seront bien sûr
en
appui des familles, des collectivités, des employeurs que vous êtes donc n'hésitez pas à faire des propositions les plus précises pour que nos recommandations soient, nous le souhaitons, efficaces. Madame la rapporteure.
Merci infiniment Monsieur le Président. Juste vous dire qu'en vous entendant on voit bien que malheureusement on fonctionne, il y a un fonctionnement en silo
et
ce fonctionnement en silo a des conséquences absolument dramatiques
en
fait il y a une très claire perte de confiance des familles dans les institutions scolaires mais également dans les institutions municipales parce qu'elles se rendent bien compte qu'en fait quand il y a un problème dans une école à cause de ces directions bicéphales on va voir la directrice qui renvoie vers le périscolaire c'est-à-dire vers la mairie et la mairie dit secret de
l
'enquête je ne peux rien dire et donc c'est un renvoi de balles sans fin et donc une déresponsabilisation totale moi je vous dis on a reçu énormément de familles de victimes
qui
sont comment dire il y avait déjà une perte de confiance dans les élus je le dis
mais
là
je
trouve que ce qui se passe sur le plan des institutions démocratiques et même vis-à-vis des élus est assez grave et donc l'objectif de cette commission encore une fois je le redis je ne suis pas magistrate je ne suis pas procureur c'est de proposer des recommandations et ce que j'entends là tout de suite c'est ce fonctionnement en silo qui fait que chacun est dans son couloir de nage et qu'on dit allez voir de l'autre côté ça c'est la première chose j'ai des questions précises à commencer par vous madame la maire de Vincennes on a reçu les procureurs de la république de Paris général de Nanterre et de Paris
et
en fait ils nous disent très clairement et c'est écrit dans le questionnaire un classement sans suite n'est pas un certificat d'innocence ça ne veut pas dire que les faits n'ont pas eu lieu ça veut juste dire qu'en fait la parole de l'enfant n'était pas corroborée elle n'a pas été suffisamment claire or on voit bien que les délais d'audition des enfants sont parfois de 4 mois 4 mois après une agression c'est à dire que la mémoire de l'enfant s'efface au bout de 3 semaines on parle d'enfants de 3 ans de 4 ans de 5 ans donc forcément la mémoire elle s'efface donc ça c'est la première chose et donc je voulais savoir si vous aviez vous fait des enquêtes administratives systématiques et avez-vous été amené d'abord à licencier des agents
qu
'est-ce que vous avez pu justement pour essayer comment dire de rassurer un peu les familles pour leur dire qu'en fait elles étaient entendues parce que ça fait des années et des années qu'il
y a
un déni structurel enfant c'est un mépris de la parole de l'enfant un mépris c'est-à-dire que parfois des parents me disent mon enfant a été entendu ou devant la brigade de protection des mineurs ou au commissariat et ça c'est gravissime parce qu'un enfant se sent coupable quand il est face à un policier en uniforme il pense qu'il a fait une bêtise mais que finalement est-ce que mon enfant a été vraiment entendu et c'est là où nous pouvoir public on a une responsabilité pour faire de l'accompagnement ne serait-ce que de l'explication de la pédagogie beaucoup apprennent les classements sans suite par hasard même pas par leur avocat quelques mois après c'est une seconde violence pour eux ces classements sans suite sont une seconde violence quand il n'y a pas
de
courrier éclat et c'est la loi et quand ils ne sont pas accompagnés sur le plan juste de la pédagogie
Madame
le maire
Oui
alors évidemment quand nous nous retrouvons dans des situations similaires à celles que nous avons tous vécues dès lors qu'à Vincennes nous avons un signalement donc comme je le disais on suspend immédiatement l'animateur quand il est identifié sinon on essaye de regrouper pour essayer de trouver le profil qui peut ressembler le plus à celui que l'enfant parfois même a du mal à décrire
bon
on y arrive en général ensuite bien entendu on enclenche une enquête administrative de manière systématique la seule difficulté à laquelle on est confronté c'est que comme vous le dites et c'est d'autant plus vrai pour les maternelles
c
'est qu'un enfant qui a 3 ans moi je suis mère de 4 enfants donc je sais à peu près de quoi on parle quand on a un enfant de 3 ans ou 4 ans qui relate des faits il lui est parfois difficile de le situer dans un espace temporaire le dans un lieu et encore moins parfois d'essayer de reconnaître l'adulte en question donc
bien
sûr qu'il faut mener une enquête administrative mais bien sûr que nos équipes sont dans la difficulté à parfois donner en fait un cadre à ce que l'enfant peut dire et donc c'est là où effectivement il faut qu'on apprenne pas nous parce que c'est pas notre boulot entre guillemets au moment de l'enquête mais il faut qu'on arrive à trouver je pense que dans d'autres pays on y arrive à faire parler l'enfant pour préciser en fait sa parole il faut qu'elle soit entendue cette parole bien entendu et très vite et dans des délais qui sont effectivement assez courts alors en ce qui concerne les récents événements à Vincennes ça a été le cas parfois au détriment des procédures réglementaires comme vous le dites et comme mon collègue l'a vécu parfois avec des maladresses la brigade des mineurs qui déboule dans une classe sans que personne ne soit informé
c
'est pas possible voilà on doit parce que alors là pour bloquer la parole d'un enfant il n
'y a
pas mieux donc en fait on laisse aujourd'hui les familles un peu seules se débrouiller sur la manière dont ils peuvent questionner les enfants avec un risque majeur quand même c'est que
un
parent qui émotionnellement est pris dans ce temps là
il
vit de la culpabilité il vit beaucoup d'autres choses etc et dans la façon dont il questionne son enfant forcément il l'oriente et il l'oriente forcément beaucoup donc il faut qu'on arrive aussi à donner aux parents les moyens de questionner leurs enfants ce qui est très compliqué de manière totalement neutre et le faire dans des délais pour le coup avec les institutions qui en ont la charge
assez
court et là effectivement il y a assez rapidement un problème de moyens
puisqu
'on voit bien que les brigades des meneurs en tout cas en ce moment sont complètement débordées
et
qu'elles ne peuvent pas matériellement intervenir auprès des familles dans des délais qui sont très courts pour des enfants des jeunes enfants notamment
sachant qu'en effet le procureur hier nous disait qu'il ne pouvait pas compte tenu des moyens traités avec suffisamment de diligence il a employé le terme c'est écrit dans le questionnaire de diligence ces affaires liées aux périscolaires justement sur cette descente dans la maternelle et l'audition de 90 enfants c'est-à
-dire
90 enfants ça veut dire deux minutes par qui
a
proposé cette liste sur quels critères en fait la liste de ces enfants auditionnés a été établie qui a établi cette
liste qui
a décidé en
fait en fait je ne suis pas sûre qu'ils aient entendu en tout cas pour ma part ils n
'ont
pas entendu les 90 enfants ils sont rentrés dans l'école ils ont tiré au sort quelques enfants
pour
sentir et prendre le pouls en fait ils n'ont pas entendu des enfants ils sont
venus ils sont venus
prendre le pouls moi c'est ce qui s'est passé à Vincennes après je ne
sais
pas comment ça s
'est
passé chez
les collègues pour vous oui mais
pas à Colombes
à Colombes je
crois que les enfants ont été véritablement auditionnés et 90 enfants imaginez le traumatisme c'est-à-dire que c'est contraire à toutes les règles encore une fois de protection de l'enfance puisqu'en fait c'est sur le lieu de traumatisme qu'on les réinterroge c'est
ce
qu'on appelle la seconde victimisation c'est là où la brigade de protection des mineurs a des salles Mélanie qui permettent justement de mettre l'enfant en confiance
alors
je vous écoute là-dessus
non
on n'a pas transmis une liste directement puisqu'on n'était pas au courant qu'ils venaient en fait
donc
en fait
oui
nous ils sont arrivés à l'école
ils
sont arrivés à l'école le matin et la directrice a tout de suite effectivement informé le service de la mairie mon directeur général des services m'en a informé dans l'air mais sans possibilité d'intervenir dans ce cadre moi j'ai même proposé de me rendre à l'école parce que je me suis dit ça va se avoir dès midi les parents vont bouger bon finalement c'était pas la solution retenue mais après ils se sont adressés via la responsable du centre de loisirs à la liste de tous les enfants qui avaient été en contact avec cet éducateur
alors
après moi j'ai aucun détail depuis sur qui a été interrogé comment je sais juste la seule chose en fait factuelle et qui est violente c'est de découvrir que en fait quand le parent vous dit j'ai appris par un mot dans la trousse
justement
j'ai lu dans le questionnaire que vous aviez reçu un écrit du brigadier vous demandant de ne pas communiquer aux parents
est-ce
que vous le confirmez est
-ce
que vous pouvez donner cet élément matériel à la commission d'enquête
pouvez-vous le
confirmer
je vous le communiquerai mais oui effectivement nous nous a demandé à posteriori de ne pas justement de ne pas communiquer sur les enquêtes
c
'est notre réponse précise
mais
ça n'empêche pas de communiquer aux parents
de
les accompagner
on
communique pas sur l'enquête mais c'est pour autant pas forcément communiquer
et accompagner ça ne se traduit pas
par un silence qu'on oppose aux familles la présomption d'innocence je la respecte et j'y suis attaché mais toutefois on se doit aussi de tenir informé ou d'accompagner ou d'expliquer tout simplement aux parents
communiquer et accompagner c'est pas la même chose communiquer c'est répondre dans l'instant T à des questions dont on n'a pas les réponses accompagnées devant la souffrance que ressentent les parents rencontrer les psychologues de l'éducation nationale faire les réunions voir les associations de parents d'élèves voir les animateurs communiquer avec tout le monde pour avoir la situation oui c'est fait et je pense qu'on le fait tous parce que ce sont les seules armes réellement qu'on a dans les mains pour montrer qu'on remplit ce vide finalement on remplit juste une absence totale de que devons-nous faire à part nous dire de ne pas communiquer nous ne sommes pas des enquêteurs
et
c'est la phrase qu'on entend le plus souvent vous n'êtes pas enquêteur et pourtant en face de nous on a des parents qui veulent
qui
aimeraient qu'on le soit parce que d'abord ils aimeraient que ça aille plus vite
c
'est très long vous avez dit les délais je reviens sur l'introduction de votre question depuis le mois d'avril
j
'ai déclenché systématiquement dans la minute la suspension et les procédures
mais
ça n'a pas toujours été le cas
ça
n
'a
pas toujours été le cas parce que
quand
je suis au courant et que je remonte les dossiers
et
qu'on maintenant a posteriori on me redonne des cas d'agression qu'elle soit sexuelle ou pas parce que les enfants ne sont pas
dans
le périscolaire toutes les agressions ne sont pas sexuelles
et
que j'ai l'historique du mail des parents qui remontent
en
signalement à deux ans à six mois avec le nom d'un adjoint d'un élu à l'enfance et qu'on a juste déplacé l'animateur dans une autre école
ça
veut
dire
qu'on n'entend pas on n'a pas entendu
et
rien n'a été fait
donc il
y a un changement de comportement effectivement et je pense que la vague parisienne a sensibilisé peut-être très vite tout le monde plus
en
tout cas
oui
aujourd'hui les signalements sont faits les enquêtes et je pense qu
'il n'y a
pas une mairie qui jouerait et qui prendrait le risque effectivement de ne pas répondre et de ne pas agir
et
de ne pas agir
mais
la procédure est là la communication elle ne se résume qu'à être présent et à montrer que l'institution est aux côtés du drame que vivent les parents sans solution
je
n
'ai
pas apprécié
l'intervention de monsieur le maire de Colombes en relativisant et en décontextualisant le terme victime évidemment évidemment qu'une victime ça reste une victime évidemment on ne
nous
apprend pas à faire des immeubles sauf qu'il y
a
le PLUI sauf qu'il y a le droit de l'immobilier sauf qu'il y a les domaines mais ce que je suis en train de dire c'est que alors peut-être que vous avez une force psychologique que je n'ai pas mais quand vous vous retrouvez devant 300 personnes
pour
gérer des informations la colère
la
rumeur
le
tribunal populaire pardonnez-moi mais
c
'est compliqué
c
'est compliqué
et
en tout cas ça exige minima
minima une
prise de conscience que parce que nous sommes tous dans le même
bateau une
formation ou en tout cas une prise de conscience
de minimum
minimum de préparation
nous
oui en 2020 quand je suis élu je n'étais pas préparé à ça
et
heureusement heureusement heureusement qu'on a été formé la formation continue sur
la
première intervention est-ce qu'on a changé de paradigme automatiquement
il
y
a
eu un avant et après l'IANA
on
a changé
tous
les lundis il y
a
des manifestes en place Vendôme les associations sont de plus en plus entendues madame la rapporteuse l'évoquait dans son propos préliminaire
il
n'y a pas de clivage gauche droite le point commun c'est que les 70 millions de françaises et français c'est le seul point commun c'est que nous avons tous été enfants
bon ça
parle
première
réunion que j
'ai
avec Arnaud Gallet
je
le croise
dans
une émission télé quand il me dit qu'il y
a
trois enfants par classe
je
lui demande de reformuler quatre fois j'ai du mal à y croire
donc
on avait intériorisé nous élus locaux en tout cas une partie des élus locaux en responsabilité que lorsqu'il n'y avait pas signalement il n'y avait pas de problème
et
c'est là
où
je fais le lien avec la question sur l'éducation nationale
monsieur
le président monsieur le sénateur
la
culture
qui
prévaut
qui
prévalait un peu partout dans toutes les institutions
à
partir du moment où il n'y a pas de signalement
il
n'y a pas
d
'agression il n'y a donc pas de problème
et
ce que je dis de façon
on
va dire
un
peu brutalement honnête
pour
traduire un anglicisme
il
faut que les signalements remontent
on
ne pourra pas
être
dans la prévention traquer les prédateurs
dans
l'éducation nationale le bâtimentaire ce sont les prérogatives des maires
le
contenu c
'est
l'éducation nationale et en plus dans l'éducation nationale le chef d'établissement n'a pas de rapport hiérarchique donc il faut parler avec l'IEN il faut parler avec la DAZEN
c
'est compliqué
non
pas de parler avec eux mais c'est compliqué de réinstaurer rapidement la culture du
on
sanctuarise la voix de l'enfant et la culture du signalement parce que parce qu'on se dit si jamais il
y a
du signalement ça va faire
du
bad buzz
dans
mon département
et
je ne peux pas le permettre pour
l
'évolution de ma carrière et c'est là où il faut changer de paradigme
plus
il y
a
des signalements pardon exactement c'est le pas de vague et là ce que je dis
il
faut faire des vagues
il
faut que ça remonte
et
je terminerai par un point oui on est parfois monsieur le sénateur
en
opposition avec un principe
qui
est consubstantiel à nos valeurs politiques
en
tout cas les miennes
le
principe
d
'innocence présomption d'innocence
pour
les animatrices et les animateurs concernés par les affaires
on
a un principe de précaution on suspend automatiquement
c
'est dur
c
'est compliqué mais dans le recrutement des animatrices et des animateurs on les informe et on leur explique que vous faites un travail difficile c'est pour ça qu'il faut bien les payer et je terminerai par ce point
le
BAFA
n
'est pas
un
certificat
de
non-agression
si
tous les animateurs qui avaient le BAFA n'étaient pas
des
prédateurs
ce
serait facile
si
tous les prédateurs étaient des animateurs ce serait facile
voilà
chers collègues du moins chers collègues
merci
monsieur le maire qui d'autre madame Farron
bonjour
monsieur le président bonjour madame la sénatrice messieurs et mesdames les sénateurs du coup
je
vais me permettre de donner quelques idées auxquelles on a réfléchi dans le cadre de la prévention et du traitement donc on a beaucoup parlé d'effectivement de chercher de traquer les agresseurs des défaillances qu'il pouvait y avoir dans le le B2 et le FIGES je rajouterai juste à cet ordre là par rapport à ce qu'a dit madame la maire de Vincennes que du coup il y a des peines qui sont annulées pour les agresseurs mineurs à leur majorité le FIGES est effacé
donc
en fait il faut aussi penser à modifier ça en fait un agresseur mineur à partir de 18 ans pourra postuler et il aura une attestation d'honorabilité vierge
donc
traquer les agresseurs c'est important mais en fait c'est pas suffisant dans le cadre de la prévention en fait c'est l'enfant qui est au centre c'est l'enfant qui est au centre de nos préoccupations donc il faut travailler pour moi c'est indispensable il faut travailler sur la libération de la parole de l'enfant les enfants ils parlent mais ils parlent encore pas assez ils parlent pas forcément avec des mots
ils
sont pas forcément entendus au moment où ils parlent
ou
alors quand on leur pose la question là c'est ce qu
'on
va faire avec les questionnaires anonymes au moment où on leur pose la question ils auront peut-être pas la capacité de parler ou ce sera peut-être pas le moment pour eux
donc
en fait pour pouvoir libérer la parole il faut leur donner des clés de compréhension des violences adaptées à leur âge et à leur niveau de développement dès la maternelle il faut renouveler régulièrement au moins annuellement à mon sens ces informations donc avec l'éducation avec l'aide de l'éducation nationale dans le cas des dispositifs EVAR et VARS qui existent
et
qui doivent être vraiment appliqués et uniformisés
il
faut autoriser la parole questionner systématiquement ces enfants pour qu'au moment où ils auront la possibilité de le dire ils pourront nous le dire
voilà
et une fois qu'ils l'ont dit et bien il faut qu'il soit entendu
il
faut qu'il soit cru
voilà
un enfant il dit la vérité dans 98% des cas donc a priori
un
enfant il dit la vérité il faut qu'il soit protégé rapidement efficacement et durablement dans tous ces lieux de vie je me permets de rappeler qu'au terme dans la loi française l'enfant du fait de son âge c'est une personne vulnérable et que cette vulnérabilité dans le cadre de la justice elle est prise en compte dans on punit plus sévèrement les infractions commises sur des personnes vulnérables mais on ne prend pas forcément en compte la parole d'une personne vulnérable
après
pour la prévention le repérage et la protection
c
'est aussi faire un repérage systématique c'est organiser l'accueil de la parole de l'enfant et sa prise en charge en formant les équipes qui travaillent auprès des enfants donc au repérage des signes de maltraitance de manière systématique il faudrait que dans le cadre du BAFA par exemple tous les animateurs puissent avoir une formation comme pour les premiers secours en fait on a une formation si on ne pratique pas on oublie il faut qu
'on
soit recyclé pour les violences faites aux enfants c'est pareil les signes de maltraitance les signes de violence en fait si on ne les a pas régulièrement en
tête
si on n'y pense pas on oublie et on ne peut pas le concevoir on ne
peut
pas se dire que ça peut arriver autour de nous la prévention le repérage la protection c'est enfin accompagner efficacement les familles vous nous avez posé une question là-dessus les familles c'est compliqué parce qu'à partir du moment où ils apprennent et chez nous ils l'ont appris par voie de presse donc en fait ça a été le raz-de-marée auprès de la mairie au moment où ils l'ont appris en fait quand il y
a
une suspicion de violence dans une institution nous on n
'est
pas on n'a pas été autorisé à en parler aux familles parce qu'il y avait le secret de l'enquête qui s'imposait à nous donc on a répondu au coup par coup à toutes les familles qui se sont adressées à nous mais on n
'a
pas pu faire une communication à tout le monde quand il y
a
une suspicion de violence dans une institution l'annonce devrait être la plus rapide possible auprès des familles potentiellement concernées dans un cadre on est d'accord judiciaire défini et réfléchi pour préserver la présomption d'innocence mais sans attendre que la presse s'empare du sujet
c
'est trop compliqué derrière accompagner les familles c'est aussi les accompagner dans leur questionnement de parents autour de la crainte que leur enfant ait aussi été victime parce que c'est la question qui nous pose comment on fait nous pour en parler avec nos enfants et les seules personnes vers qui peuvent se tourner c'est la mairie dans ces cas là
et
les accompagner et les orienter pour leur donner des pistes très concrètes d'outils et de communication des contacts à solliciter en cas de besoin parce que même ça ils n'en ont pas
il
faut arrêter de voir les violences enfin il faut arrêter
l
'idée c'est que les violences la protection de l'enfance c'est transversal
en
fait ça ne peut pas être réfléchi en silo comme on l'a dit on ne
peut
pas s'occuper que du périscolaire et donner des consignes et des recommandations pour le périscolaire on ne
peut
pas s'occuper de l'école et donner des consignes et des protocoles pour l'école on ne peut pas s'occuper des clubs sportifs en fait il faut vraiment une transversalité et donc pour qu'il y
ait
une transversalité il faut qu'il y
ait
des protocoles qui soient réalisés qui soient communs et qu'il y ait potentiellement des référents qui soient formés à tous les niveaux qui puissent communiquer dans le cadre du secret partagé et que du coup les informations elles puissent transiter et que du coup
il y
ait un protocole commun qu'on sache comment signaler comment transmettre une information préoccupante mais que ce soit toujours la même la même la même manière de faire à tous les niveaux
si
c
'est
la même manière de faire à tous les niveaux ce sera beaucoup plus facile pour la personne qui a un questionnement déjà si on peut communiquer ensemble on pourra partager les idées et se dire cette situation oui elle nous inquiète il faut faire remonter ou cette information prise toute seule c'est un signal faible du coup je vais plutôt le mettre sous le tapis puis je vais attendre qu'il
y ait
un signal fort qui arrive puis quand le signal fort arrive en fait on se dit
6
mois, 2 ans avant j'avais déjà l'information et après de pouvoir les protocoles permettent de rassurer les équipes de rassurer les administratifs les professionnels et de se dire en fait on a quelque chose d'établi qui nous permet de transmettre
quelle
que soit l'information qu'on a
merci
un mot sur la formation quand même parce que Jean-Gérard 1er vous posez la question est-ce que du fait de la libération de la parole quand même depuis quelques semaines et puis les faits constatés vous avez été amené à accroître la formation de vos animateurs et si c'est le cas
vous
appuyez sur le SNFPT il y
a
une formation il y
a
une offre satisfaisante ou est-ce que vous avez des besoins
en
termes de formation madame le maire
je
crois qu
'on
va tous être amené à renforcer la formation de nos animateurs et c'est normal alors nous on a fait le choix de la rendre obligatoire c'est-à-dire qu'un animateur aujourd'hui ne peut pas prendre son poste tant qu'il n'a pas été formé à minima alors on est en train de choisir le bon
le
bon support probablement que ce sera par une vidéo comme ça se fait beaucoup en entreprise tout simplement avec un questionnaire à la fin pour être sûr que les à minima les premiers éléments ont été intégrés avant même la prise du poste ce qui veut dire qu'ensuite probablement il y aura une autre formation à l'issue de la mise en situation mais à minima qu
'on
ait ce premier niveau d'information parce qu'on recrute parfois dans l'urgence comme vous l'avez très bien dit il ne
faut
pas du tout que les parents que les animateurs puissent en contact avec des enfants sans qu'il y ait eu à minima cette première formation
excusez-moi
une formation à la détection des signaux faibles chez l'enfant ou une formation aux violences sexistes et sexuelles
les deux en fait oui non mais c'est important
parce qu'on n
'a
pas parlé de la formation sur toutes les affaires jusqu'à maintenant il n'y
a
eu aucune anticipation c'est à dire que c'est parce que l'enfant a parlé
qu
'on a pu ensuite faire un signalement et c'est ça qui est assez grave c'est à dire qu'aucun adulte sur place n'a pu anticiper en disant tiens cet enfant est en colère tiens cet enfant se met à pleurer tiens cet enfant hurle devant la porte de l'école
et
ça c'est pour ça que cette formation là elle est absolument essentielle et d'ailleurs est-ce que les agents sont formés au signalement article 40 qu'ils peuvent évidemment est
-ce
qu'ils le savent tous
oui
ça pour le coup enfin il me semble quand même que dorénavant nos agents tous enfin en tout cas ceux qui sont titulaires et qui sont là régulièrement et permanents ils sont maintenant très au courant de ce que c'est que l'article 40 et comment ils doivent l'utiliser et la chaîne hiérarchique elle est je pense
suffisamment claire pardon excusez-moi
je suis très franche avec vous il y a des maires qui ne savent pas
que
l'article 40 peut être déclenché que c'est une obligation légale voilà donc je le
dis
pour éviter qu'il
y ait
une déclenche contreuse pour ça sur
l'aspect formation
il
faut
expliquer
oui
donc cette formation à minima sur la détection des signaux faibles en tout cas moi dans ma collectivité à minima les directeurs les directeurs adjoints des centres de loisirs l'ont suivi et c'est un travail qu'on est en train sur proposition du DAZEN du 94 d'ailleurs il monte un groupe de travail avec quelques maires
pour
justement vous parliez de protocole madame
pour
fixer un protocole dans toute la chaîne en fait de prévention traitement et clôture d'une situation similaire pour que et l'éducation nationale et la partie périscolaire parlent d'une même voix et que à aucun moment on puisse mettre une feuille de papier entre nos institutions
donc
ça c'est un travail qui est expérimental qui va être fait dans le 94 peut-être que ça se fait dans d'autres collectivités que ça a d'ores et déjà été fait
mais
je trouve que c'est plutôt un bon signal que de cesser de réfléchir en silo comme on l'a tous dit
l
'enfant il rentre à l'école et il ne sait pas dire si effectivement il était sur le temps périscolaire ou sur le temps scolaire je voudrais revenir sur une question relative à la parole et à la libération de la parole évidemment qu'on a beaucoup encore à faire et à traiter sur ce sujet néanmoins moi j'ai quand même le sentiment que
depuis
quelques temps on dote les outils les parents parce que ce sont quand même les premiers qui peuvent questionner leurs enfants d'un certain nombre d'outils à disposition c'est à nous peut-être d'en mettre dans nos bibliothèques dans nos supports différents au sein de nos collectivités mais je pense que bien sûr on a une responsabilité énorme côté employeur à former nos animateurs mais il faut aussi qu'on dote les parents d'un certain nombre de réflexes sur la manière dont ils peuvent accueillir cette parole et sur la manière dont ils peuvent ensuite la porter vers la bonne institution donc il y a accueillir la parole bien sûr
et
ensuite savoir vers qui se tourner pour pouvoir avancer sur ces questions
moi
j'ai quand même le sentiment que ça va
un
peu mieux ces derniers temps heureusement alors là je m'oppose fermement
à
ce que a dit mon collègue tout à l'heure heureusement qu'on n'a pas attendu l'affaire Liana pour déjà mettre en place des procédures dans nos collectivités parce
que non il n
'y a
pas plus de moi ce n'est pas ce que j'ai dit j'ai dit
non
mais la parole à juste
non mais vu qu'on a
enregistré il ne
faut
pas que pour préciser il ne faut pas dévoyer les
propos on
va vous redonner la parole mais laissez finir la
maire de
Vincennes
bien
sûr
qu'il y a avant et après Liana
si on me cite
qu
'on reprenne bien mes propos je réponds à la question de monsieur le sénateur est-ce qu'on a changé de paradigme définitivement il y
a
eu un avant et un après je n'ai pas dit qu'on a commencé à mettre en place des dispositifs depuis l'affaire Liana je suis maire depuis 2020 je n
'ai
pas attendu l'affaire Liana pour mettre en place des dispositifs
donc
s'il vous plaît
heureusement
voilà
si vous me citez soyez honnête
je
pense l'être
assez mais je voulais juste dire qu'on a peut
-être renforcé un certain nombre de procédures mais on n
'a
pas découvert qu'il fallait mettre en place des procédures voilà c'est juste mon point de vue je ne
suis
pas tout à fait d'accord avec la manière dont ça a été exprimé voilà je
le dis juste
mais quand
on parle de ces sujets-là
s'il vous plaît soyez bien précise c
'est ce que je fais
d'accord non vous ne
l
'avez pas été vous avez été imprécise pardonnez-moi mais je suis mis en cause dans un propos que je n
'ai
pas du
tout tenu vous avez pu
faire votre précision
merci
elle était importante très importante
je
ne vous ai pas mis en cause je vous ai juste dit que je n'étais pas d'accord avec vous ce qui est sensiblement différent
sur
un propos que je n'ai pas tenu
sur
les comités locaux pour répondre à madame oui je pense qu'effectivement nous devons réfléchir à formaliser finalement des temps de partage de l'information alors il faut réfléchir à la forme que ça prendra et s'il faut les institutionnaliser s'il faut les rendre obligatoires etc ça je ne sais pas mais oui manifestement nous avons besoin de partager cette information entre nos institutions pour éviter de réfléchir en silo et c'est nécessaire et c'est urgent on ne peut pas laisser la main sur ces sujets là à chacun de nos collectivités à faire un peu comme on veut finalement c'est tout ce que disait madame sur des protocoles qui finalement alors pour une fois que les maires demandent des normes vous voyez c'est quand même mais sur ce sujet je pense qu'effectivement on peut un peu protocoliser un certain nombre de choses pour que nos institutions soient forcées à se parler et à échanger l'information qui est nécessaire pour protéger nos enfants
alors
monsieur le maire de Colombes monsieur le maire de Créteil pour terminer si vous voulez bien parce qu'il est 16h on va s'arrêter
alors madame Brossel quel moment le rapport avec la justice
en
fait
je
vois tous les lundis matins le commissaire de ma ville police municipale et nationale
eux
-mêmes ne sont pas au courant
donc
en fait déjà je me demandais puisque vous posez la question à quel moment je sais si des parents ont déposé une plainte finalement en dehors de la ville parce que c'est aussi le cas souvent donc peut-être que j'ai plus de cas et je n'en sais moi-même rien donc peut-être que le premier rapport le premier rapport ce serait la signalisation d'une plainte
relevant
d'un territoire doit l'autorité du territoire pour être au courant
on
sait qu'il se passe quelque chose donc au moins on est alerté parce que sinon
sans
le signalement des parents jamais 100% des cas c
'est
trop voilà ce sont les parents donc et voilà je vous dis juste le premier contact c'est ça je continue de penser que je ne suis pas partie prenante de l'enquête donc en revanche une clôture d'enquête ou une évolution de procédure oui on peut être au courant on est on est le premier officier de police judiciaire sur la ville je pense qu'effectivement il y
a
des choses qu'on peut nous confier et qui peuvent relever d'une relation de secret
sur
les faits les faits est-ce que les faits sont plus nombreux ou la libération de la parole l'actualité pousse en ce sens et c'est tant mieux je pense que tout le monde
alors
oui c'est toujours pas de vague effectivement je pense qu'on est tous inquiets quand ça arrive on aurait préféré effectivement que ça n'arrive pas tout court pas que ça n'arrive pas sur notre territoire mais que ça n'arrive pas tout court
mais
c'est vrai qu'il faut le gérer alors c'est sûrement mieux effectivement que ça puisse sortir je l'accompagnerai d'un petit bémol
dont
on ne parle pas
c
'est la médiatisation de ces affaires
sont
-elles à 100% bonéfiques parce que les parents ont ce souci avec normalité de vouloir médiatiser
pour
avoir la force et d'être sûr que l'enquête avance je l'entends parfaitement et surtout rien ne peut s'opposer à la douleur des parents
mais
pensons
aussi à
l'empreinte numérique que nous laissons sur des mineurs
qui
demain dans un monde où le harcèlement est déjà une priorité dans le monde de l'école retrouveront
leur
histoire même si les noms sont souvent cachés
mais
la médiatisation de ces affaires appellent quand même à une protection des mineurs à venir aussi à un moment
la
formation des animateurs à part les convoquer et les sensibiliser actuellement je pense que on les sensibilise au risque on leur donne on leur rappelle les règles on leur rappelle mais je pense qu'effectivement elle est insuffisante
et
puis surtout comme l'a dit mon collègue de Saint-Ouen
on
n'est pas dans Minority Report en fait à aucun moment un diplôme une précaution n'empêchera et ça appelle le troisième point qui est effectivement cette organisation du périscolaire cette existence même du périscolaire qui n'est pas une compétence communale
qui
est évoquée dans un article du CGCT de la même façon qu'on pourrait organiser des cours de sport et
de
théâtre
et
qui pose finalement
cette
existence
de
notre cette responsabilité qui nous est transmise en fait
et
ce coût d'ailleurs
finalement
c'est dans un même lieu un enfant dans un même lieu qui change d'autorité et de règles de signalement en fonction de la cloche du matin 8h30 et de 16h30
qui
passe
et
moi je pense que cette compétence dans l'école de la
République
ou privée en tout cas dans l'école de la République à un moment elle ne peut pas être dispensée elle est inaudible pour les parents
et
puis effectivement c'est encore moins un enfant évidemment de primaire qui fait la différence on doit savoir sur quel temps il est
et
qu'à un moment il doit y avoir une unicité des règles
de
la protection de l'enfance j'ai entendu tout à l'heure ce que vous avez dit du recrutement des contrôles et rien de mieux que finalement l'éducation nationale pour le faire
sur
les moyens patrimonial bâtimentaires de la mairie de la commune mais je pense qu'il faut aussi se poser la question pourquoi dans un temps passé c'est pas seulement le silence ou la libération de la parole je pense que nous sommes tous allés à l'école il y avait un temps aussi d'accueil pré-cours il y avait un temps de restauration et un temps post peut-être que les choses étaient organisées sous une autorité qui était l'éducation nationale
et
je pense que
les
sujets n'étaient pas les mêmes donc je pense réellement qu'il faut rendre à l'éducation nationale cette compétence du périscolaire
monsieur
le maire de Créteil
vous voyez quoi
je voulais intervenir pour rappeler quand même
nous avons votre
micro
bon
j'arrive à ne
pas
le trouver
quelques
responsabilités comme maire
l
'AMF a dernièrement
signalé que
60%
des
accueils
dans
le périscolaire n'étaient pas signalés à l'état
ce
qui pose problème ce qui
pose problème ce n'est
pas la faute de la justice
c'est
une responsabilité qui nous incombe
donc
la nécessité comme je le disais tout à l'heure d'essayer d'avoir une approche globale
et
la formation à mon avis peut largement y contribuer maintenant je reconnais
que
la formation ça coûte cher et qu'il est certainement
plus
facile de dégager des moyens dans une grande commune
que
dans une commune
tout
à fait et aujourd'hui si on regarde je parle à partir de ce que nous faisons au Créteil cette formation elle porte sur quoi
elle
porte sur le harcèlement
en
milieu scolaire
elle
porte sur la violence
elle
porte sur tous les points qui sont au coeur de nos préoccupations
mais
une fois que cette formation a lieu comment
elle
est utilisée
est
-ce que c'est pas le moment de se poser la question est-ce qu'on se limite au BAFA chacun d'entre nous reconnaît que c'est pas suffisant
ou
est-ce qu'on va vers un diplôme d'état avec ces contraintes
mais
aussi une certaine cohérence
sur
le plan national
moi
je suis persuadé qu'on doit aller vers un diplôme d'état
le
BAFA avec le
le
diplôme qui est supérieur au BAFA c'est aujourd'hui encore insuffisant
et
c'est à travers la formation qu'on peut réduire ce que à juste titre
tu
soulignes
voilà
ce que je voulais ce que je voulais dire
sur
la formation
on
forme également
à
la prise en charge du handicap
pas
forcément comme vous l'avez signalé madame la rapporteuse avec la journaliste RTL
à
propos de classe ULIS parce qu'il n'y
avait
pas de classe ULIS dans l'école concernée mais quelque chose qui se produit beaucoup plus souvent c'est l'inclusion des enfants handicapés dans le milieu scolaire
dont
ils étaient 7 enfants
dont
loin d'un dispositif ULIS
mais
est-ce que si on témoigne
pas
comme on devrait ça suppose une mise en cause
ce
que la journaliste que vous parliez tout à l'heure dans le cadre du recrutement a dit un certain nombre de contre-vérités
donc
je viens de vous en parler d'une
d
'accord merci infiniment monsieur le maire je voudrais tous vous remercier parce que c'était très éclairant
de
vous entendre parce qu'on entend c'est vrai énormément de familles de victimes et de ce point de vue là je suis en totale opposition avec ce qu'a dit le maire de Colombes sur le fait que cette médiatisation était un sujet y compris pour les victimes c'est tout l'inverse c
'est
-à-dire qu'on a en France il faut le dire une omerta systémique sur ces questions-là
il
y
a
un déni structurel et comme vous le disiez monsieur le maire je pense que l'affaire Laïana va permettre un sursaut collectif et une prise de conscience collective parce que beaucoup de parents beaucoup de parents m'ont dit que s'il n'y avait pas eu de médiatisation
ça
aurait aboutu à une inertie totale sans médiatisation il n'y aurait pas d'article 40 sans médiatisation il n'y aurait pas de signalement et donc vous ne pouvez pas en tant que maire contribuer à participer comment dire à cette omerta dont j'ose espérer que justement tous nos travaux vont permettre attendez de mettre fin parce que encore une fois c'est une seconde violence pour les parents vous le dites vous-même il y a un silence institutionnel c'est-à-dire que dès lors qu'ils sont même reçus à la brigade de protection des mineurs ils nous disent l'enfant est reçu seul il a 3 ans il a 4 ans et nous on nous dit vous reviendrez plus tard on ne veut plus les parents les familles ne revoient même pas la brigade de protection des mineurs ni les juges ils apprennent donc ça c'est une première chose la deuxième vous disiez monsieur le maire
de
Créteil il y a 50% des communes en effet qui ne perçoivent pas la subvention de la CAF et qui donc sont exemptes de toute obligation
est
-ce que les français savent qu'en effet il n'y a aucune uniformité c'est-à-dire que certains ACM accueil collectif de mineurs ne déclarent pas à l'état leur périscolaire et donc
pas
de contrôle d'honorabilité
pas
de taux d'encadrement
et
donc en fait si le jardinier municipal veut encadrer 150 enfants dans sa commune il a tout à fait le droit sauf que le jardinier municipal il arrive à exquiler
s
'il a l'habitude de prendre des enfants sur les genoux il va prendre les enfants sur les genoux parce qu'il n
'a
pas été formé
ça
c'est un vrai sujet vous avez tout à fait raison de le pointer donc je pense qu'en effet une des recommandations ce serait plutôt d'uniformiser
tout
en fait ces accueils collectifs de mineurs pour que ce soient les mêmes protocoles partout
il
n
'y
a pas de protocole il n'y a pas de process puisqu'encore une fois je le redis 50% des communes font ce qu'elles veulent puisqu'elles ne perçoivent pas de subvention de la CAF
et
enfin il y avait un troisième sujet sur l'information notamment des familles et des relations entre les mairies et les procureurs je pense que vous serez tous d'accord et on va tous se mettre d'accord là-dessus sur la notion de secret partagé
parce
que quand il y
a
cette notion de secret partagé dans la transmission des informations entre le procureur et les maires et bien les réunions dont vous parlez où on a tous connu ça y compris dans le 15e arrondissement on a 300 parents révoltés qui nous disent c'est fini on votera plus pour vous parce que vous avez été en capacité non seulement de nous soutenir de nous accompagner mais surtout de nous donner des informations donc je pense qu'en effet il faut qu
'on
travaille sur cette notion de secret partagé pour que les maires puissent en effet être informés pour pouvoir au moins être en solidarité en fait active de leurs électeurs voilà voilà ce que je voulais vous dire
voilà
pour cette commission d'enquête du Sénat sur les violences sexuelles dans le périscolaire la semaine prochaine ne manquez pas des auditions importantes de la commission d'enquête sur le scandale des violences sexuelles dans le périscolaire parisien mardi à 9h30 les sénateurs vont auditionner Anne Hidalgo l'ancienne maire de Paris et le lendemain à la même heure ce sera Emmanuel Grégoire l'actuel maire de la capitale qui sera entendu par la commission d'enquête du Sénat
c
'est la fin de cette émission merci de l'avoir suivi continuez à suivre l'actualité politique et parlementaire sur notre plateforme numérique publicsénat.fr je vous souhaite une très bonne journée sur Public Sénat