Ajaccio : Stéphane Sbraggia réclame "un peu plus d’autonomie" face à l’exécutif de Corse
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:29OuverteRéponse directe
Pourquoi cette charge si virulente maintenant ?
- 1:02RelanceRéponse partielle
Où s'arrête votre responsabilité et où commence celle de la collectivité ?
- 1:55OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que Gilles Jovanangeli refuse aujourd'hui à Ajaccio ?
- 2:55OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui bloque concrètement aujourd'hui sur l'entrée de ville ?
- 3:59OuverteRéponse directe
Pourquoi le propriétaire devrait-il être minoritaire dans la future gouvernance du port ?
- 4:32RelanceRéponse partielle
L'exécutif territorial vous accuse de vouloir préserver une chasse gardée électorale.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26PrésentateurFait
« on essaye de vous tordre le bras »
- 1:08PrésentateurFait
« vos déboires financiers, du téléphérique à la taxe foncière »
- 1:22InvitéFait
« Ma responsabilité, elle s'arrête lorsque le maire d'Ajaccio ne dispose pas de l'ensemble des moyens pour exécuter l'ensemble de ses compétences et de ses prérogatives. »
- 2:02InvitéFait
« Il refuse déjà de répondre à mes courriers. »
- 3:10InvitéFait
« L'entrée de ville a fait l'objet d'une convention entre les différentes parties prenantes, dont la collectivité de Corse qui est propriétaire du foncier. »
- 4:37InvitéFait
« C'est des accusations un peu diffamantes. »
- 6:35InvitéPromesse
« la CAPA gardera cette compétence en titre des mobilités »
- 7:01InvitéPromesse
« Je veux un peu plus d'autonomie. »
Temps de parole
- Invité73 %
- Présentateur21 %
- Présentateur 23 %
- ?2 %
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À 8h moins le quart, en effet, on accueille le maire d'Ajaccio et le président de la CAPA. Stéphane Sbradge, au cœur d'un bras de fer, Roland Frias, avec l'exécutif de Corse sur plusieurs dossiers. Stéphane Sbradge, bonjour.
Je
suis surpris en dénonçant brutalement l'inertie de la collectivité de Corse sur plusieurs dossiers ajaxiens, jusqu'à affirmer qu'on essaye de vous tordre le bras. Pourquoi cette charge si virulente maintenant
? Écoutez,
franchement, je pense qu'il n
'y
a aucun effet de surprise. Malheureusement, on est dans une continuité d'une forme d'inertie dans les relations de travail entre nos deux institutions. Il n
'y a
pas du tout de polémique personnelle sur le sujet. C'est ni plus ni moins que rappeler un certain nombre de dossiers qui sont vitaux pour notre territoire. Et je me plaignais, effectivement, de ne pas avoir suffisamment de relations de travail dynamiques au regard des enjeux que représentent ces dossiers pour le territoire ajaxien et le territoire communautaire.
L'exécutif territorial vous accuse, lui, de chercher un contrefeu politique pour masquer vos difficultés de gestion. Et je cite vos déboires financiers, du téléphérique à la taxe foncière. Où s'arrête votre responsabilité et où commence celle de la collectivité
? Ma
responsabilité, elle s'arrête lorsque le maire d'Ajaccio ne dispose pas de l'ensemble des moyens pour exécuter l'ensemble de ses compétences et de ses prérogatives. Moi, je ne fais pas de commentaire sur les gestions des autres institutions. Je respecte le principe d'indépendance administrative.
Moi, j'aimerais surtout que l'énergie qu'il consacre à me répondre sur un communiqué de trois pages non signées qu'il consacre plutôt à organiser des réunions avec des calendriers, avec des financements fléchés sur des sujets dont je rappelle l'entrée de vie, le domaine routier, le port, qui sont des sujets dont on parle depuis de nombreuses années, qui le font l'objet aujourd'hui d'aucune avancée significative. Et moi, je demande ni plus ni moins que les portes institutionnelles travaillent au service de nos concitoyens.
Mais au fond, Stéphane Usbrad, qu'est-ce que Gilles Jovanangeli refuse aujourd'hui à Ajaccio
?
Il refuse déjà de répondre à mes courriers. Donc, après, j'aimerais surtout... Moi, je n'ai aucun problème personnel avec Gilles Jovanangeli, comme je n'avais pas de problème personnel avec Gilles Simeone. J'aimerais simplement qu'on sorte, je dirais, des débats, on va dire, interpersonnels. Moi, ça ne m'intéresse pas, je ne suis pas là pour polémiquer. Je demande simplement que, au regard du poids démographique, économique, institutionnel que représente Ajaccio, j'aimerais surtout qu'il soit respecté au regard de ses enjeux. Après, on ne peut pas être d'accord sur un certain nombre de choses, mais le maire doit rester maître de son aménagement.
Il faut l'écouter en échangeant, en travaillant, respectant les compétences de chacun. C'est l'esprit qui a animé, je dirais, l'impulsion que j'ai lancée autour du travail sur l'entrée de ville. Aujourd'hui, je n'ai aucune réunion significative sur ces sujets. Je voudrais simplement qu'on puisse établir un plan de travail sérieux et qu
'on
apporte des réponses concrètes à notre territoire sur ces sujets qui sont des sujets d'enjeux majeurs.
Vous l'évoquiez à l'instant, l'entrée de ville, vous réclamez le transfert du foncier pour pouvoir l'aménager. Vous étudiez notamment la possibilité de déplacer la gare. On en parlait ce matin dans nos journaux. Qu'est-ce qui bloque concrètement aujourd'hui
?
L'entrée de ville a fait l'objet d'une convention entre les différentes parties prenantes, dont la collectivité de Corse qui est propriétaire du foncier. Les questions de mobilité sont évidemment abordées dans le cadre de ce travail. La question de l'entrée du train, de le maintenir en gare ou de le faire stationner à un autre niveau se pose. C'est la raison pour laquelle nous avons commandé un certain nombre d'études. À titre personnel, il m'est arrivé de changer d'avis sur ce sujet. Moi,
je
n
'ai
pas d'idée à arrêter. Il ne s'agit pas de mettre en avant celui qui a eu la meilleure idée. Ce n
'est
pas un concours entre le maire d'Ajaccio et le président du conseil exécutif. C'est simplement s'assurer des meilleures études, de la meilleure analyse, pour faire en sorte que la question du train, par exemple, joue son rôle de report modal sur une stratégie de mobilité qui consiste à offrir au territoire des solutions alternées auto-voiture qui saturent aujourd'hui l'entrée de ville.
Autre point de friction, Stéphane Desbradge, sur le port Charles-Hornan, qui appartient à la collectivité de Corse, vous voulez que le bloc local reste majoritaire dans la future gouvernance. Pourquoi le propriétaire devrait-il être minoritaire
? Parce
que l'autorité de gestion,
c
'est la ville. C'est la ville qui a construit les infrastructures. C'est la ville qui gère depuis des années. C'est la ville qui a fait en sorte aujourd'hui que ce port soit un port dynamique. Et c'est un équipement structurant qui est essentiel d'un point de vue de ressources pour la ville d'Ajaccio. Donc voilà, historiquement, il s'agit simplement d'être dans une continuité de gestion qui a fait
s'éclat en termes de gouvernance. L'exécutif territorial accuse lui
de vouloir préserver une chasse gardée électorale.
Écoutez, c'est des accusations un peu diffamantes. Moi, je ne
suis
pas en campagne, je viens d'être élu, donc je n
'ai
pas de problème à ce niveau-là. Encore une fois, j'aimerais qu
'on
pose les choses, je dirais, techniquement. Je ne conteste pas la propriété juridique de la collectivité de Corse, ce n
'est
pas le sujet. Je dis simplement qu'aujourd'hui, la ville d'Ajaccio, elle a géré un équipement de manière remarquable. Elle a des projets et c'est absolument vital d'un point de vue du développement économique pour notre ville. Et en fonction de cela, il faudrait établir cette gestion avec un principe de domination, au titre de la gouvernance, j'entends, du bloc local, ville et capa. Je pense qu'il y a beaucoup de villes qui disposent de leur port. Je ne
vois
pas pourquoi Ajaccio, ce serait différent. Et j'aimerais surtout qu'on entende, je dirais, les besoins d'un territoire et les enjeux qu'ils représentent. Et donc, cet équipement portuaire est évidemment vital pour la ville d'Ajaccio.
Et
puis, il
y
a les transports du quotidien. Depuis le 1er septembre, Moïdar fonctionne sous régime d'urgence. Les syndicats redoutent une liquidation, voire une reprise par le privé. Quelle sortie de crise leur proposez-vous aujourd'hui
? Vous
savez, c'est un sujet sur lequel nous discutons depuis de nombreux mois. On fait souvent valoir un effet de surprise sur des réalités qui ne
sont
pas nouvelles. Les difficultés liées au fonctionnement de la société, elles ne sont pas nouvelles. Il y
a
un certain nombre de mesures qui ont été prises. Ces mesures-là, elles vont faire l'objet d'effets qu'il faudra apprécier dans un temps plus ou moins long. Aujourd'hui, ce qui est important, c'est d'assurer le meilleur service à la population. Pour ma part, j'ai mis tout en œuvre pour faire en sorte que cette société qui est l'opérateur puisse répondre au mieux aux obligations de service public. Je rappelais aux organisations syndicales qu'elles avaient aussi leur part et que chacun devait jouer son rôle dans le maintien et dans l'unité de l'intérêt social au bénéfice de nos concitoyens. Moi, ce qui est certain,
c
'est que la CAPA gardera cette compétence en titre des mobilités. On fera tout pour faire en sorte que ce soit avec cette société. Mais après, si ce n
'est
pas possible, il faudra trouver une autre option.
Très vite, Stéphane Usbrad, derrière ses bras de fer revient finalement la question des compétences. Vous réclamez une métropolisation du pays ajaxien. L'exécutif territorial y voit un contre-pouvoir. Vous voulez plus de moyens pour agir ou plus de pouvoir pour décider
? Je
veux un peu plus d'autonomie. Ça ne devrait pas trop leur surprendre parce qu'à leur niveau, ils demandent aussi plus d'autonomie. L'autonomie, c'est au service d'une meilleure gestion. Moi, j'ai un empiètement aujourd'hui, un télescopage de compétences qui fait que sur mon territoire, sur lequel j'exerce des compétences importantes et vitales pour le territoire, je me retrouve en fait contrarié par l'exercice de compétences qui rentrent en conflit avec les miennes. Donc, je demande simplement plus de souplesse, plus de flexibilité. La métropolisation, c'est simplement un statut qui soit plus adapté pour exercer ses compétences pleines et entières.
C'est un vocabulaire qui, normalement, devrait avoir un écho sympathique à leurs oreilles.
Céphane Sbraja, maire d'Ajaccio et président de la CAPA, merci d'avoir répondu à nos questions ce matin sur ICI RCFM. Merci pour votre invitation.