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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 18 octobre 2025 20 min

"On sait pertinemment qu'elle n'aboutira pas" : le RN ne votera pas la motion de destitution d'Emmanuel Macron déposée par LFI

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Thomas Ménager, on commence avec l'actualité de la nuit et l'agence S&P, agence de notation qui a dégradé d'un cran la note souveraine de la France. Il y a quelques minutes sur France Info, Roland Lescure, le ministre de l'économie, a appelé suite à cette décision chacun à la responsabilité, le gouvernement comme les parlementaires alors que les discussions sur le budget démarrent lundi. Ce serait quoi être responsable selon vous ?

0:28
Thomas Ménagé

Je l'appelle lui à la responsabilité parce que ce qui est aussi condamné dans cette décision de Sandra Rennpour, c'est la trajectoire budgétaire, c'est-à-dire un budget qui continue d'augmenter les dépenses, c'est-à-dire le budget qui est présenté par le gouvernement actuellement, c'est une augmentation de plus de 28 milliards des dépenses et aussi des hausses d'impôts massives qui vont en fait être néfastes pour l'économie, c'est très bien expliqué notamment par le Conseil aux finances publiques.

0:52
Présentateur

Mais ce sont des dépenses qui permettent de contenir justement l'économie, le déficit et c'est plutôt la tendance que souhaite la France Suive.

0:59
Thomas Ménagé

Le problème c'est qu'il y a des mauvaises dépenses et il n'y a pas d'économie structurelle, c'est-à-dire que ce qui va être reproché c'est que ça va être des coûts de rabot et des coûts sur le pouvoir d'achat qui vont en fait dégrader la croissance avec des personnes, des Français, des particuliers qui vont avoir moins les moyens pour investir, pour acheter, pour consommer et donc consommer dans un cercle vicieux négatif.

1:19
Intervenant

La suspension de la réforme des retraites que vous soutenez ?

1:23
Thomas Ménagé

Mais non, je pense qu'il y a un plan d'ensemble qu'il faut avoir avec des économies, c'est pas en prenant une mesure séparément, c'est sûr que s'il n'y a que la suspension de la réforme des retraites et qu'il n'y a pas des économies en face pour pouvoir permettre un équilibre budgétaire, vous avez raison. Mais il y a une vision, une vision globale qu'il faut avoir et aujourd'hui la vision de ce projet de budget qui a été déposé n'est pas la bonne pour preuve puisque Standard & Poor's dégrade notre note.

1:48
Intervenant

On va revenir sur vos mesures d'économie mais avant ça, vous avez fait un trait sur la dissolution après l'échec de vos motions de censure ?

1:55
Thomas Ménagé

Je ne le pense pas, je pense que c'est juste déporté, décalé de quelques semaines parce que cette situation ne tient pas. C'est-à-dire qu'aujourd'hui pour qu'il y ait le vote du budget, il faudra soit que les socialistes acceptent toutes ces hausses, notamment d'impôts, ces baisses de soins, c'est-à-dire ces doublements des franchises médicales, toutes ces mesures qui vont être néfastes pour les classes populaires et les classes moyennes ou que les républicains acceptent de voter la suspension de la réforme des retraites. Donc on va arriver dans quelques semaines à un point de blocage de nouveau et qui mènera, je le pense, à une dissolution.

2:28
Intervenant

Ce qui va arriver aussi très vite à l'Assemblée nationale, c'est une nouvelle motion de destitution d'Emmanuel Macron déposée par la France insoumise. Vous ne la voterez toujours pas ?

2:36
Thomas Ménagé

Non parce qu'on ne veut pas mentir aux Français.

2:37
Intervenant

La présidente a été bloquée, je le précise, par l'abstention notamment des députés de votre parti politique au bureau de l'Assemblée nationale.

2:44
Thomas Ménagé

C'est exactement comme la suspension de la réforme des retraites. On fait croire aux Français que c'est fait. Alors que non, ce n'est pas fait, ça n'aura vraisemblablement pas lieu parce qu'il y a un certain nombre de blocages constitutionnels, de blocages vis-à-vis des démarches à l'Assemblée nationale et au Sénat qui vont faire que ça n'arrivera pas.

2:59
Intervenant

Mais vous ne pensez pas comme Edouard Philippe que la solution passe peut-être aussi par le départ d'Emmanuel Macron ?

3:03
Thomas Ménagé

Laissez-moi expliquer parce qu'il faut être précis, il ne faut pas être dans le slogan. Bien entendu, on est d'accord pour la suspension de la réforme des retraites et on serait très heureux qu'Emmanuel Macron démissionne. Juste, il faut qu'il y ait un vote des deux tiers du Parlement, c'est-à-dire Sénat plus Assemblée pour que la destitution arrive au bout. Aujourd'hui, vous connaissez les équilibres de l'Assemblée et du Sénat qui sont majoritairement pro-Macron ou du moins du bloc central refusant la démission du président de la République ou sa destitution.

Donc on fait croire à des Français qui n'en peuvent plus qu'on va lancer une procédure alors qu'on sait pertinemment dès maintenant qu'elle n'aboutira pas. Il faut arrêter de faire des faux joies aux Français parce que ça crée des ressentiments. De la même manière que moi, j'ai des personnes qui, dans ma circonscription, m'ont dit « je suis très heureux, je vais pouvoir partir un peu plus tôt à la retraite. Ouf, ouf de soulagement parce que j'en ai ras-le-bol. » Et au final, dans trois mois, on va leur dire « au final, tout ça a été une fumisterie » et ça crée clairement des ressentiments et un dégoût vis-à-vis de la classe politique.

3:56
Présentateur

Vous êtes persuadé que ça n'arrivera pas à cause d'un blocage constitutionnel ?

3:59
Thomas Ménagé

Aujourd'hui, pour qu'il y ait la suspension, il faut qu'il y ait déjà un amendement qui soit voté, cet amendement du gouvernement, mais après, il faut qu'il passe les fourches codines du Conseil constitutionnel. M. Schottel, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, s'est exprimé cette semaine, ça serait vu comme, si ce n'était pas dans le texte initial, un cavalier, c'est-à-dire que c'est quelque chose qui n'étant pas dans le texte initial, sera refusé, retoqué par le Conseil constitutionnel. Il aurait fallu, pour pouvoir que ça marche, un projet de loi ad hoc, voté en amont de tout cela.

4:28
Présentateur

Pour en revenir un peu à l'état des forces en présence à l'Assemblée comme au Sénat, la motion de censure que vous aviez présentée n'a récolté que 144 voix cette semaine, c'est 4 voix de plus seulement que votre groupe allié à celui d'Éric Ciotti. Est-ce que ça ne trahit pas une forme d'isolement dans l'hémicycle du RN et du groupe d'Éric Ciotti ?

4:43
Thomas Ménagé

Non, ça trahit le sectarisme, notamment des groupes de gauche qui souhaitent, soi-disant, la censure, mais qui ne votent pas toute l'émotion de censure. Nous, on vote l'ensemble des motions de censure parce que, vous savez, si les oppositions qui se combattent sur tous les sujets ne votent pas ensemble un texte de censure, on n'arrive pas au 289 voix qu'il faut obtenir. Donc, nous, on est cohérents, ce n'est pas des alliances, donc il faut voter toute l'émotion de censure. Voilà, juste la gauche, c'est dans son sectarisme. C'est-à-dire que si nous nous agissions de la même manière, à aucun moment, il n'y aurait la possibilité de voter et d'obtenir la censure de ce gouvernement.

On est intelligents, eux, ils sont dans une logique bête et méchante, très partisane.

5:20
Intervenant

Pardon, mais ça trahit aussi une différence au minimum stratégique de la part de la droite. On voulait vous parler un peu de cette union des droites dont on parle, on entend beaucoup parler ces dernières semaines. D'un côté, on a entendu votre collègue et ami, Jean-Philippe Tanguy, traiter Bruno Retailleau sur une autre antenne de salauds. De l'autre côté, cette semaine, c'est votre allié Éric Ciotti qui propose au président des Républicains une union sincère. Alors, vous êtes plutôt la droite, c'est des salauds, ou alors une union sincère avec eux ?

5:43
Thomas Ménagé

En fait, dans la droite, il y a de tout. C'est-à-dire que si c'est la droite qui soutient Emmanuel Macron, qui rejoint le gouvernement, comme tous ceux qui ont accepté d'y retourner, contrairement, en fait, même à la directive du parti, les ministres qui sont aujourd'hui au gouvernement, absolument pas. Après, si c'est avec des députés, des individualités, des cadres, des élus sincères, des militants qui veulent couper avec le macronisme et veulent travailler avec le Rassemblement National sur un projet patriote, de bon sens, sincère, qui baisse les impôts. Et puis, de la même manière, si c'est pour avoir ceux qui, comme M.

Barnier, avaient proposé d'augmenter de 30 à 40 milliards les impôts, ça sera non.

6:24
Intervenant

On voulait justement vous faire écouter François-Xavier Bellamy. Il était à votre place cette semaine. Il répondait à Agathe Lambret sur l'Union des droites.

6:30
Locuteur non identifié

Il suffit d'écouter ce que dit Marine Le Pen qui dit « Je ne suis pas un parti de droite. » La suspension de la réforme des retraites, c'est le programme de Jean-Luc Mélenchon, c'est le programme d'Olivier Faure, c'est le programme de Marine Le Pen. Si nous sommes les seuls à défendre la rationalité nécessaire pour sauver les retraités de ce pays, pour sauver les travailleurs de ce pays, pour sauver les jeunes de ce pays...

6:48
Intervenant

On entend l'eurodéputé, les Républicains, chef de file des Français de droite à Bruxelles parler de vos différences. Vous votez déjà parfois avec lui à Bruxelles. Il a voté, par exemple, la motion de censure que votre groupe a déposée contre Ursula von der Leyen cette semaine. Vous pensez qu'un chemin est possible avec François-Javier Bellamy, par exemple ?

7:07
Thomas Ménagé

C'est à lui qu'il faut poser la question. C'est-à-dire que moi, je vois des contradictions, je vous le dis, par rapport au budget ou ce que peuvent porter parfois les Républicains sur la question budgétaire. C'est-à-dire qu'ils disent qu'ils souhaitent baisser les impôts, mais le dernier gouvernement et premier ministre de droite, c'était M. Barnier. Il a augmenté les impôts. Ils ont soutenu le gouvernement de M. Bayrou et ils étaient au sein, notamment M. Retailleau, du sous-gouvernement Bayrou entre Mme Borne, M. Rebsamen qui est socialiste.

Et aujourd'hui, surtout, on a des Républicains qui, cette semaine, alors qu'ils disent que c'est un budget socialiste, tenu par les socialistes, ont, à quelques exceptions près, vous l'avez dit, refusé de censurer ce gouvernement. Donc, à un moment, ils ne peuvent pas crier, hurler que c'est un gouvernement tenu par les socialistes, mais ne pas prendre les dispositions. Donc, s'ils n'ont pas le courage d'agir dans le sens de leur prétendue conviction et du moins de ce qu'ils défendent devant les Français, on n'aura pas de capacité à travailler ensemble.

7:56
Présentateur

Il y a un sujet sur lequel vous ne pouvez pas vous unir, OLR, justement, c'est la fameuse suspension de la réforme des retraites qu'on évoquait, puisqu'ils y sont opposés. Pour vous, même si on a bien compris que vous n'y croyez pas, ça reste une victoire aujourd'hui ? Ce n'est pas une victoire puisqu'il n'y a rien.

8:10
Thomas Ménagé

Il n'y aura rien. Quand vous l'aviez défendu. Si dans six mois, si dans six mois, les Français peuvent partir plus tôt à la retraite avant une nouvelle réforme, parce qu'il faudra procéder à une réforme de notre système de retraite et il faudra travailler pour pouvoir équilibrer notre système par répartition, ce sera une victoire. Aujourd'hui, c'est que du vent et c'est une escroquerie montée entre les macronistes et les socialistes pour pouvoir permettre aux socialistes de rester plus longtemps en poste, peut-être avant une éventuelle dissolution.

8:40
Présentateur

Hier, à votre place, il y avait ici Amir Eza Tofighi, le président de la commission des petites et moyennes entreprises, la CPME. Il disait, je le cite, que cette suspension est un mauvais signal. Vous entendez aussi ces critiques, j'imagine ?

8:51
Thomas Ménagé

J'entends les critiques parfois du patronat, mais après, je les appelle aussi à regarder la situation. Il y a un retraité, une personne sur deux qui arrive à la retraite en étant au chômage. Donc, il y a aussi un problème vis-à-vis de l'emploi des seniors dans notre pays et de reporter indéfiniment l'âge de départ à la retraite n'apporte que peu aux finances publiques.

On l'a vu, c'est pour ça que le système par répartition est toujours en déficit dans les années à venir, malgré la réforme Borde, peu ou prou qu'il y ait l'abrogation ou non, c'est toujours déficitaire parce qu'il y a un problème, c'est que quand vous dépassez un certain âge, vous êtes dans une situation où vous ne trouvez pas d'emploi, où vous êtes tellement fatigué, usé, que vous êtes sur d'autres branches de la sécurité sociale, en accident du travail, en maladie professionnelle, au chômage... Mais pardonnez-moi,

9:38
Intervenant

Thomas Ménager, mais vous parlez de finances publiques. Aujourd'hui, sa suspension, elle coûte 2,2 milliards d'euros. Votre réforme des retraites, elle coûterait 9 milliards d'euros selon vos calculs, 34 selon le calcul de l'Institut Montaigne. Comment vous la financez ?

9:51
Thomas Ménagé

On a toujours été transparents sur le fait que nous, c'était un choix société. Donc si, certaines années, il y avait un déficit, on le compensait par d'autres économies. Quelles économies, justement ? Concrètement.

C'est tout le plan d'économie de 100 milliards sur 5 ans qui est proposé par Jordan Bardella qui sera redétaillé cette semaine puisque jeudi prochain, notamment autour de Jean-Philippe Tanguy, il y aura un contre-budget qui sera proposé qui fait des économies très claires mais sur l'ensemble des items que l'on cible et que je vous ai expliqué la dernière fois que j'étais déjà venu qui sont notamment la question du train de vie de l'État, des agences, 80 milliards d'euros par an pour ces agences sur lesquelles nous souhaitons mettre un coup de frein, les supprimer, les fusionner. Allons aussi justement, allons dans le détail.

10:33
Intervenant

L'Office français de la biodiversité, l'OFB, l'Agence de la transition écologique, l'ADEME, c'est beaucoup d'agences environnementales notamment. Vous savez ce que ça fait l'OFB ?

10:40
Thomas Ménagé

Non, mais ce n'est pas que des agences environnementales et après, les actions de l'OFB, les actions de l'ADEME, certaines seront maintenues. C'est juste que...

10:49
Intervenant

J'imagine que lutter contre la pollution de l'eau, le braconnage, la destruction d'espèces protégées, c'est important, y compris pour vos électeurs dans le web.

10:54
Thomas Ménagé

Vous savez, Mme Diogne, ça existait même avant qu'on crée ces agences. C'était en administration centrale, c'était au sein des préfectures. Nous, on croit que notre corps préfectoral, les agents qui sont aujourd'hui, les fonctionnaires qui sont dans les préfectures, pourront, grâce à un certain nombre d'agents qui seront redéployés, certains seront redéployés directement, mais derrière, quand vous créez des structures, vous avez des coûts de structure, vous avez un directeur spécifique dans ces structures qui est souvent un ancien député, un ancien ministre, avec des salaires souvent à 8 000, 10 000 balles par mois. L'ADEME, par exemple,

11:26
Intervenant

que vous citez, reverse 95% de son budget de ces 3,5 milliards d'euros aux entreprises, aux collectivités.

11:34
Thomas Ménagé

Oui, alors après, il y a aussi des dérives d'un certain nombre de ces agences. Cette agence, l'ADEME, c'est un bon exemple. C'est une agence qui a lancé, et ça avait fait un peu parler, parfois des études sur des sujets qui ne sont pas directement utiles pour les Français. Quand l'ADEME sort un rapport pour vous dire combien de fois par semaine vous devez changer votre soutien-gorge, votre culotte ou votre pull, à un moment, il faut aussi se restructurer et aller sur les vrais sujets. Mais dans tous les cas, si c'est déjà 5%, même s'il n'y a pas de révision, 5% de 3,5 milliards d'euros.

Mais d'expliquer aux Français à quel rythme ils doivent nettoyer leurs fringues, clairement, je pense qu'il y a d'autres priorités pour lutter contre le réchauffement climatique. Il y a d'autres mesures pour lutter contre le dérèglement climatique et le réchauffement climatique qui est un vrai problème et un vrai enjeu.

12:16
Présentateur

On va justement peut-être en parler. On va parler aussi des autres économiques que vous envisagez dans votre propre budget. Thomas Ménage est porte-parole du RN, député du Loiret. Vous restez avec nous. On vous retrouve après le fil-info de Diane Ferschit à 8h46.

12:27
Locuteur non identifié

La France perd son double A. Sa note souveraine devient A+. Pour l'agence de notation S&P, c'est déjà le cas. Avec l'agence Fitch, il y a un mois, la France rétrogradée en raison d'une incertitude budgétaire malgré son nouveau gouvernement. C'est un appel au sérieux et à la responsabilité. L'agence nous dit qu'il va falloir des efforts, réagit sur France Info le ministre de l'économie, Roland Lescure. Face à l'expansion de la dermatose nodulaire bovine, le gouvernement suspend pour 15 jours les exportations d'animaux vivants. Un coup de massue pour les éleveurs, dénonce la FNSEA qui parle d'une décision sans concertation.

Washington pousse pour un accord pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Donald Trump estime que les forces en présence doivent s'arrêter là où elles sont à la ligne de front actuelle. Sinon cela deviendra trop compliqué, insiste-t-il. Le président américain qui a renoué le dialogue ces derniers jours avec Vladimir Poutine, les dirigeants russes et américains doivent se rencontrer dans les prochaines semaines. La huitième journée de Ligue 1 de football, le PSG et Strasbourg font match nul, 3 buts partout. Aujourd'hui, Nice accueille Lyon à 17h, Monaco se déplace à Angers à 19h, enfin à 21h, Marseille affronte le Havre, ce sera au Vélodrome.

France Info Le 830 France Info, Benjamin Fontaine, Camille Vigogne-Lecouat.

13:43
Intervenant

Thomas Ménager, porte-parole du Rassemblement National. Vous êtes toujours avec nous sur France Info. On parlait de vos mesures d'économie, notamment l'un de vos thèmes principaux, c'est notamment l'immigration. Vous comptez faire quelles économies et à hauteur de combien ?

13:56
Thomas Ménagé

Ce qui est aujourd'hui précisément indiqué dans notre contre-budget, ça va être d'abord la question des prestations non-contributives. Nous, on considère qu'un étranger qui est en France légalement et qui travaille, il a le droit aux prestations contributives, c'est-à-dire quand il cotise, il a le droit, bien entendu, comme tout à chacun, comme un système assurantiel, d'obtenir des aides équivalentes à ce qu'il a cotisé. Par contre, il y a ce qu'on appelle les prestations non-contributives, c'est-à-dire celles que vous avez en tout état de cause.

sur celles-ci, nous, ce que l'on souhaite mettre en place, celle que vous avez sans, voilà, c'est la question du RSA, c'est d'autres types de mesures, voilà, c'est pas comme par exemple le chômage où là vous cotisez et vous avez sur votre fiche de paye un certain nombre d'euros cotisés qui vous donnent droit à des droits équivalents. Celle-ci, en fait, ce que l'on souhaite, c'est avoir 5 ans d'équivalent temps plein de travail. C'est-à-dire, si vous avez travaillé pendant 5 ans, même si après vous avez un accident de la vie et que vous êtes sur le sol français, vous pourrez les toucher.

Avant, ça, cela permet d'économiser 18 milliards d'euros parce qu'aujourd'hui, certains arrivent sur notre sol, ne travaillent pas forcément, ne trouvent pas de travail et coûtent à l'ensemble de notre système social. C'est une question de justice, de droit et de devoir. On parle de gens en situation régulière. Oui, de gens en situation régulière, bien entendu. Après, il y a la question de l'aide médicale d'État, donc la 18 milliards. L'aide médicale d'État, on souhaite la transformer en une aide médicale d'urgence. Par exemple,

15:15
Intervenant

combien coûte par an l'aide médicale d'État ?

15:20
Thomas Ménagé

On est à 1,5 milliard en fonction des années.

15:21
Intervenant

1,16 milliard en 2024.

15:23
Thomas Ménagé

Oui, enfin 1,2 milliard, 1,5 milliard, ça dépend des années.

15:26
Intervenant

Mettons que vous récupériez la moitié en limitant au très, très, très strict besoin de survie. Je crois que c'était vos termes. Ça fait 500 millions d'euros, 600 millions d'euros par an. C'est le micro-pollin. On est vraiment sur de l'anecdotique.

15:39
Thomas Ménagé

Vous savez, si on récupère 500 millions ou presque 1 milliard en fonction du panier de soins qui est aujourd'hui... Aujourd'hui, l'AME,

15:46
Intervenant

ça coûte 18 euros par an et par français.

15:48
Thomas Ménagé

Oui, enfin, c'est-à-dire que c'est 18 euros par français qui va aujourd'hui pour soigner des personnes qui sont rentrées illégalement, qui sont situées illégalement dans notre territoire, qui n'ont rien à faire sur notre sol. Excusez-moi, quand en même temps, Mme Vigol-Nokoat, on propose de doubler les franchises médicales, qu'on propose de, c'est dans le budget, de fiscaliser les indemnités journaires des personnes qui sont en infection de longue durée, c'est-à-dire quelqu'un qui a un cancer, qui touche une infection de longue durée parce qu'elle doit faire ses traitements, être en chimio, on va les taxer.

Pardonnez-moi de vous dire que je considère que les clandestins qui sont dans notre pays doivent avoir des soins minimum parce qu'on ne peut pas, par humanité, bien entendu, laisser des personnes dans une situation de santé qui se dégrade de manière trop forte mais à un moment, la balnéothérapie ou le recollement des horaires, ça, c'est plus possible.

16:37
Intervenant

Si on entend le corps médical, les médecins sont unanimes, ils disent, ce n'est pas une question de soins, de confort, plus l'AME permet une prise en charge précoce de pathologies qui sont surreprésentées parmi ceux qui touchent l'AME, les aturoberculoses, le VIH, les troubles psychétriques et grâce à l'AME, on évite des hospitalisations longues qui sont beaucoup plus coûteuses. Est-ce que vous entendez cet argument ? C'est un argument de rationalité économique également.

17:01
Thomas Ménagé

Non, je ne l'entends pas parce que dans tous les cas, ces personnes, après, doivent retourner dans leur pays. Ils n'ont pas à coûter au système social et je ne l'entends pas parce qu'on regarde ce qui se passe dans les autres pays. Quand on regarde ce qui se passe en Allemagne, ils n'ont pas le même panier de soins. Non, non, non, vous allez en Allemagne, c'est un panier de soins qui est très, très réduit et à ma connaissance, il n'y a pas plus de cas de tuberculose ou je ne sais quelle maladie grave vis-à-vis des clandestins et de la population générale dans d'autres pays européens. Donc, à un moment, c'est un coup que nous ne pouvons plus supporter. J'aimerais être généreux.

J'aimerais être, peut-être comme vous l'êtes, Mme Bigogne, généreux en vous disant il faut soigner tout le monde. Mais aujourd'hui,

17:44
Présentateur

la situation ne nous permet plus. Thomas Ménager, on va se projeter un petit peu pour ces dernières minutes puisqu'il y aura l'an prochain des municipales, il y aura peut-être des législatives si nouvelle dissolution il y a puisqu'il vous y croyez encore visiblement. Vous êtes en charge, vous, de la sélection des candidats au sein du RN. Est-ce que vous allez arriver la prochaine fois à évacuer ces fameuses brebis galeuses dont on a tant parlé ?

18:04
Thomas Ménagé

Alors, moi, je suis un membre de la Commission nationale d'investiture et je suis en binôme avec mon collègue Julien Oudoul en co-direction de campagne pour organiser ces futures élections. On a tout mis en œuvre pour que l'ensemble des candidats, ce qui était le cas de 99% de nos candidats, mais il y a eu et nous l'avons assumé et c'est le rôle d'un parti qui se veut, un parti de gouvernement, d'assumer quand il y a des erreurs, des erreurs de casting et nous faisons tout aujourd'hui en auditionnant nos candidats, en vérifiant nos candidats pour être certains qu'ils soient sur la ligne du RN. Ça veut dire que tout le monde

18:31
Présentateur

aura un casier vierge ? Bien entendu.

18:34
Thomas Ménagé

Ça, l'ensemble des casiers judiciaires sont demandés après ce qu'on peut demander. Moi, je ne peux pas lutter contre la nature humaine si quelqu'un ment ou donne un mauvais document, mais aujourd'hui, ça n'existe pas. Aujourd'hui, ça dépend après concrètement quel est le cas qui est ciblé dans le casier judiciaire.

18:51
Intervenant

C'est quoi une condamnation disqualifiante ?

18:53
Thomas Ménagé

Après, ça, c'est une décision qui est souveraine de la Commission nationale d'investiture. Et s'il y a des cas... Une conduite sans permis en récidive, c'est le cas par exemple ? Vous savez, on n'a pas une grille. Je vous pose la question

19:01
Intervenant

parce qu'il y a un maire RN à Camaray-sur-Aigle dans le Vaucluse, Philippe de Beauregard, qui a été condamné en 2018 pour conduite sans permis en récidive. 2020, il est de nouveau arrêté par la gendarmerie, toujours sans permis selon la presse locale. Est-ce qu'il doit rester candidat du Rassemblement national en 2026 ? Je précise qu'il est aussi membre du bureau national de votre part.

19:18
Thomas Ménagé

Alors, ça, c'est une décision, je vous le dis, de la Commission nationale d'investiture. On regarde, on écoute les personnes. On n'est pas... Ce n'est pas stalinien, c'est-à-dire que ce n'est pas décidé tout seul dans un bureau. On dit ce gars-là, on lui coupe la tête, on écoute les personnes. Il y a des situations, on a le droit à la seconde chance, on a le droit à avoir une deuxième chance, on a le droit, dès lors qu'on a purgé sa peine en France, de pouvoir de nouveau... Donc, on peut être candidat avec un casier judiciaire. Éventuellement, on a besoin de connaître le casier judiciaire pour voir éventuellement s'il y a eu des condamnations et après prendre une décision.

Ce n'est pas une décision stricte qui sera prise simplement parce qu'il y a quelque chose sur votre casier judiciaire parce que vous avez le droit d'avoir purgé votre peine et de recommencer à vous engager dès lors que vous avez changé. Merci. Thomas Ménager,

19:58
Présentateur

le QTRN du Loiret porte-parole du Rassemblement National. Le 8.30 est à retrouver en intégralité sur la page YouTube de France Info. Merci Camille. On se retrouve demain. L'info continue sur France Info.

"On sait pertinemment qu'elle n'aboutira pas" : le RN ne votera pas la motion de destitution d'Emmanuel Macron déposée par LFI — Thomas Ménagé · Pourquijevote