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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 16 décembre 2025 23 min

Narcotrafic, attentat antisémite en Australie ... Le "8h30 franceinfo" de Manuel Bompard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Manuel Bompard. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour Agathe. On va revenir sur l'attentat antisémite de Sydney, sur la colère des agriculteurs aussi. Mais d'abord, Marseille encore endeuillée un mois après l'assassinat de Médic et Sassi par des narcotrafiquants. Le président se rend sur place aujourd'hui et promet que l'État gagnera la bataille. Vous, Manuel Bompard, le député de Marseille, vous y croyez encore ou vous dites c'est trop tard ?

0:30
Manuel Bompard

Non, ce n'est pas trop tard, mais pour que l'État gagne la bataille, pour que la société dans son ensemble gagne la bataille contre la criminalité organisée, il va falloir changer de méthode et changer de doctrine. Puisque depuis des années et des années, finalement, on s'inscrit dans la même logique, beaucoup de communication, peu de résultats concrets. Le président de la République vient à Marseille aujourd'hui. L'année dernière, la Cour des Comptes disait qu'il y avait, l'année dernière, moins de policiers à Marseille qu'en 2017.

0:56
Invité

L'académie 5 milliards d'euros sur la table, comme vient de le dire Paul Barcelone.

0:59
Manuel Bompard

Si vous voulez, on parlera du plan Marseille-en-Grand. Je ne sais pas si vous voulez qu'on en parle tout de suite.

1:03
Présentateur

Non, pour l'instant, sur la criminalité.

1:04
Manuel Bompard

Mais sur la question de la criminalité organisée, moi je plaide pour un changement absolu de doctrine, c'est-à-dire d'abord se concentrer et concentrer les moyens policiers, les moyens de la justice, sur ce qu'on appelle le haut du spectre, sur le démantèlement des réseaux. Et pour ça, on a besoin de davantage, par exemple, d'effectifs de police judiciaire. On a besoin de davantage de magistrats. On a besoin de davantage de greffiers. Il faut vraiment mettre les moyens pour se concentrer sur le haut du spectre.

1:29
Présentateur

Et pourtant, vous n'avez pas voté la loi Narcotrafic Manuel Bompard. Vous êtes les seuls à l'Assemblée qui avaient voté contre avec 4 députés communistes.

1:36
Manuel Bompard

Précisément pour cette raison, madame, parce que cette loi s'inscrit toujours dans la même logique. On a fait de la communication. On a expliqué qu'on allait créer une DEA à la française. On nous a dit qu'on allait faire un parquet spécial contre... Un nouveau parquet national. Un parquet national, alors qu'il existait déjà une juridiction nationale. Donc en fait, on a changé le mot, mais on n'a pas changé la réalité de ce qu'il y avait en face.

1:55
Présentateur

Alors, ce n'est pas tout à fait la même chose, par exemple, parce que les juridictions nationales, les juridictions régionales, elles sont territorialisées. Là, l'idée, c'était de créer un parquet national qui coordonne justement le tout, qui s'occupe des affaires les plus difficiles. Pardonnez-moi de vous corriger. Ça vous paraît inutile ?

2:08
Manuel Bompard

Pardonnez-moi de vous corriger. Il existait déjà une juridiction nationale qui s'appelait la Junalco et ce qu'on appelle des GIRS qui sont là, effectivement, des juridictions interrégionales.

2:17
Présentateur

Les juridictions de Paris et les autres.

2:19
Manuel Bompard

Donc, en fait, il y avait déjà des outils existants. Donc, le problème, ce n'est pas de changer les mots. Le problème, c'est de consacrer les moyens nécessaires pour changer la réalité des choses. Et du point de vue de la réalité, malheureusement, les choses n'ont pas changé.

2:32
Invité

Pour reprendre l'argument de l'exécutif, sur ce point précis, l'exécutif disait que, par exemple, la GIRS de Nancy ne suivait pas ce que faisait la GIRS de Bordeaux et que, face à un trafic international, ils avaient besoin d'une vision plus d'ensemble. C'est leur argument.

2:44
Manuel Bompard

Évidemment qu'il y a besoin. On parle de réseaux qui sont des réseaux nationaux et même internationaux. Donc, ce n'est pas si mal là-dessus ? Mais non, mais encore une fois, pardon, il existait déjà une juridiction nationale, d'accord ? En plus des juridictions interrégionales. Donc, pardon, là, c'est peut-être un peu technique pour les gens qui nous écoutent, mais ça ne change strictement rien.

3:01
Présentateur

En tout cas, ça, c'est votre argument, parce que ce n'est pas ce que dit le gouvernement. Mais vous, vous dites ce nouveau parti national sur le même modèle que ce qu'on a fait pour le terrorisme.

3:07
Manuel Bompard

Non, vous m'avez interrogé sur la raison pour laquelle la loi narcotrafic, nous ne l'avons pas votée. Je vous explique, de mon point de vue, elle était, de ce point de vue-là, purement cosmétique. Et surtout, elle restait dans cette même logique. Elle n'incluait, par exemple, rien sur la question des soins, de comment on sort les gens des addictions. Et on est toujours dans cette idée que c'est en pénalisant les consommateurs qu'on va résoudre le problème de la consommation de drogue et donc de la criminalité organisée. Nous, on a présenté un plan avec 60 mesures pour s'attaquer à tous les aspects de la criminalité organisée. J'aimerais bien plutôt qu'on aille dans cette direction.

3:36
Invité

Mais pour reprendre la première question d'Agathe, quand le président de la République, dans la tribune dimanche, ce week-end, dit « Je sais l'actualité tragique, je ne mésestime pas les passions à l'approche des municipales, mais dans ce combat de long terme, il ne faut pas céder à l'esprit de défaite. » Est-ce que cette guerre, et je pense notamment à Amin Kassassi qui a perdu deux frères,

3:51
Manuel Bompard

est-ce que cette guerre, elle n'est pas déjà perdue ? Non, encore une fois, comme je l'ai dit de mon point de vue, elle n'est pas perdue à partir du moment où on va franchement sur le sujet et on sort de logique, sur des logiques de communication. Écoutez, moi, je suis député de Marseille. Depuis que je suis député de Marseille, dès qu'il y a un nouveau ministre de l'Intérieur qui est nommé, il vient à Marseille, il dit qu'il va tout changer, il rentre à Paris et il n'y a rien qui change. Donc, à un moment, il va peut-être falloir arrêter.

Et enfin, c'est là où je voulais en venir tout à l'heure, moi, j'assume de dire qu'il faut aussi changer de doctrine, c'est-à-dire qu'il faut casser le vivier d'argent sur lequel vivent aujourd'hui les réseaux de la criminalité organisée et que c'est la raison pour laquelle nous, on plaide pour la légalisation encadrée du cannabis, pour couper les sources d'approvisionnement des réseaux de la criminalité organisée. Il faut tarir les sources de financement de ces réseaux qui sont assis aujourd'hui sur des tas d'argent public. Et donc, d'argent public, d'argent...

4:43
Présentateur

Mais la cocaïne, Manuel Bonpart, ça ne règlera pas la question du trafic des drogues dures ?

4:47
Manuel Bompard

Très bien, mais justement, précisément, si vous arrêtez de faire courir les policiers derrière les petits consommateurs de cannabis, alors vous avez la possibilité d'aller concentrer les moyens judiciaires et les moyens policiers sur les autres drogues, sur les réseaux de la criminalité organisée qui, pardon, ne se contentent pas de trafiquer de la drogue. Il y a du blanchiment d'argent, il y a de la corruption. Est-ce qu'à un moment, on peut parler de ces sujets, on n'en parle jamais ? Qu'est-ce qu'on fait contre la corruption, par exemple ? Parce que ça, c'est une vraie question.

5:10
Invité

En tout cas, l'article 5 de la loi promulguée en juin prévoit aussi le gel des avoirs et des outils renforcés, justement, contre le blanchiment. Oui.

5:16
Manuel Bompard

Vous trouvez ça bien, j'ai dit ? Oui, c'est une mesure qui... Cette mesure-là est une mesure qui va dans le bon sens. Je n'ai pas de difficulté, évidemment, avec ça. Et cette question-là du blanchiment, c'est une question à laquelle il faut aussi s'attaquer.

5:25
Présentateur

En tout cas, Manuel Bompard, vous parliez des points de deal. On constate qu'ils sont passés de 4 000 en 2020 à 2 700 aujourd'hui. Donc, vous ne pouvez pas dire que la politique de gouvernement ne fonctionne pas, si ?

5:35
Manuel Bompard

Si, parce que, madame, excusez-moi, ce n'est pas le bon indicateur. Parce que tout le monde sait, tous les gens qui travaillent un peu sur le sujet, qui sont un peu spécialistes, savent que les modalités de distribution de la drogue sont en train de muter. Et qu'on est de moins en moins sur des points de deal, comme vous dites, qui sont des points infibérifs, mais sur le fait d'avoir des livraisons, etc. Donc, le bon indicateur, c'est la vente de drogue, c'est la circulation de la drogue et c'est éventuellement la consommation de la drogue. Ça, c'est des bons indicateurs. Vous êtes dans un pays en France dans lequel une personne sur deux a déjà consommé du cannabis.

Donc, vous pouvez continuer dans une logique de prohibition en considérant que c'est comme ça que vous allez résoudre le problème. Mais de mon point de vue, on ne résout pas le problème comme ça. Donc, je pense qu'il faut faire l'inverse. Il faut avoir une politique de légalisation et ensuite, évidemment, une politique de santé publique. Parce qu'il ne s'agit pas de dire on légalise parce que c'est bien de consommer de la drogue. Ce n'est pas ça. On s'y attaque de manière différente et de manière plus efficace.

6:24
Présentateur

Et justement, il y a plusieurs volets. Il n'y a pas que l'aspect sécuritaire. Il y a aussi ce plan Marseille en grand. C'est pour cela que le chef de l'État va à Marseille lancé il y a 4 ans 5 milliards d'euros. Vous n'êtes pas aligné sur le narcotrafic, mais sur ce plan rénovation des écoles, l'accompagnement des jeunes, rénovation urbaine, ça vous applaudissait ?

6:44
Manuel Bompard

Non, madame. Ce plan, je le dis sincèrement avec mon collègue Sébastien Delogu, député de Marseille. On a produit hier un rapport d'une commission d'enquête populaire qu'on a faite où on a auditionné un certain nombre de personnes à Marseille sur quelle est la réalisation de l'État précis de ce plan. Vous dites qu'il y a 5 milliards d'euros qui ont été débloqués. Non, c'est le président qui le dit. Le président de la République le dit. L'année dernière, la Chambre régionale de la Cour des comptes, d'accord ? C'est la Cour des comptes, ce n'est pas Manuel Bropard qui le dit, disait l'année dernière que 1,3% des fonds avaient été effectivement débloqués. Oui, mais que plus avaient été fléchés.

On est en train de parler de ça.

7:18
Présentateur

Maintenant, c'est 62% des crédits alloués engagés. Non, non, non, ça, c'est les chiffres du président de la République. Effectivement, selon l'État.

7:22
Manuel Bompard

Ça, c'est les chiffres du président de la République. La seule évaluation qui a été faite, précise, indépendante, c'est celle qui a été faite par la Cour des comptes l'année dernière et qui disait que 1,3% des fonds avaient été débloqués. On parle d'un plan qui a été lancé en 2021 et qui est censé se terminer en 2031. Sur les écoles, par exemple, sur les écoles. En 3 ans, on avait débloqué 1,3% des fonds. Alors non, pardon, ce plan est aujourd'hui un fiasco absolu. Alors comment vous expliquez

7:44
Présentateur

que le maire de Marseille, Benoît Payan, a inauguré les écoles depuis des mois ? Chaque semaine, il inaugure une nouvelle école.

7:49
Manuel Bompard

Il y a 188 écoles qui sont concernées par la rénovation, selon les chiffres qui avaient été avancés au moment de la présentation du plan. 58 projets lancés, 20 déjà réalisés. Il y en a 20 qui à peu près ont été rénovés. On est quasiment à la moitié de l'engagement de ce plan. Donc vous pouvez dire que c'est très bien. Mais écoutez, quand le président de la République... Ça prend du temps de rénover une école.

8:04
Présentateur

Parfois, il a fallu tout casser, tout reconstruire tellement les écoles étaient vêtues. Vous ne pouvez pas reconnaître juste que ça, au moins ça va dans le bon sens.

8:11
Manuel Bompard

Est-ce que vous savez que la mairie de Marseille a été condamnée par le tribunal administratif parce qu'ils avaient décidé dans le plan de rénovation des écoles de confier la gestion de la maintenance des écoles aux privés ? Et c'était illégal et le tribunal administratif les a condamnés qui a fait perdre du temps, par exemple. Donc, madame, moi, j'aimerais bien que les écoles soient effectivement rénovées.

Mais ce que je vous propose, c'est de venir faire avec moi un tour sur ma circonscription, d'aller rencontrer, par exemple, les enfants qui sont dans des écoles dans lesquelles il y a des infiltrations quand il y a de la pluie, dans lesquelles il y a des punaises de lit ou des cafards, pas des punaises de lit, des cafards, dans lesquelles les cantines sont trop petites et vous êtes obligés de faire 5 ou 6 services à midi et donc les gamins, ils ont 15 minutes pour manger. Si vous trouvez que ça, c'est une situation idéale, moi, je ne le trouve pas. Et quand le président de la République est venu à Marseille en 2021, quels étaient les problèmes ?

Les écoles, le transport, le logement, la sécurité et la criminalité organisée. Venez à Marseille aujourd'hui et quels sont les problèmes ? Les écoles, le transport, la criminalité organisée, le logement. Donc, excusez-moi, j'aimerais bien vous dire que les choses ont bougé. Mais moi, je crois que c'est de la communication, c'est des grandes annonces. La Cour des comptes disait c'est quand même absolument inouï, il n'y a aucun pilotage, aucun plan, aucun document qui permet de savoir où on en est des objectifs de ce plan. C'est un plan qui n'est ni fait ni à faire.

9:26
Présentateur

On n'entend que rien ne se passe à vos yeux dans ce plan. Dimanche, après l'attentat de Sydney en Australie, vous avez tweeté pour dénoncer un horrible attentat terroriste antisémite. Ce sont vos mots. Vous avez posté ce message juste après Jean-Luc Mélenchon et juste avant que d'autres insoumis n'embrayent à leur tour. Trop coordonnée, pour être sincère, pour la ministre chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Berger, elle était à votre place hier sur France Info. Toutes celles et ceux qui, depuis le 7 octobre, ont participé à nourrir cet antisémitisme, ont déversé une espèce de haine obsessionnelle d'Israël, sont en partie responsables de ce qui se passe.

De manière très coordonnée, en quelques minutes, ils ont immédiatement posté et publié un message. Ce n'est pas un tweet qui va effacer deux ans d'un antisémitisme débridé. Il n'y a pas un Français juif aujourd'hui qui n'a pas peur de la menace que représente la France insoumise.

10:12
Manuel Bompard

Que répondez-vous ? C'est absolument indigne. Voilà ce que je réponds. Écoutez, Mme Berger s'étonne que, quand ce terrible drame a été rendu public, que nous ayons réagi. Mais enfin, il n'y a pas que la France insoumise qui a réagi heureusement.

10:26
Invité

C'est le côté coordonné, effectivement, quand on a regardé. Le Blanchon a tweeté à 11h46, à midi 3, vous publiez un tweet évoquant vous aussi un horrible attentat terroriste qui s'est mis. C'est incroyable. Entre 12h15 et 13h09, vous tweetiez tous en même temps

10:36
Manuel Bompard

les mêmes termes. Donc, il fallait quoi ? Qu'on attende chacun 2h alors que le drame venait d'être annoncé ? Évidemment que tout le monde a réagi. Vous pourriez dire que j'étais coordonné avec les membres du gouvernement qui ont réagi à ce moment-là. Évidemment que vous réagissez à partir du moment où vous apprenez un drame. Enfin, qu'est-ce que c'est que cette histoire ? C'est vraiment un procès totalement fou, totalement indigne. Il y a un drame, vous réagissez pour dire votre émotion et votre indignation. Évidemment. Et maintenant, on vous reproche de réagir ou de réagir... Il faudrait, je ne sais pas, laisser 3h entre chaque tweet pour donner l'impression...

Enfin, qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Qu'est-ce que c'est que cette attaque ?

11:09
Présentateur

C'est absolument indigne. Peut-être que les insoumis ont perdu en crédibilité dans la lutte contre l'antisémitisme. Non, peut-être qu'il y a eu des propos, par exemple, quand Jean-Luc Mélenchon avait déclaré que l'antisémitisme restait résiduel en France. Est-ce qu'aujourd'hui vous regrettez ce type de propos ?

11:22
Manuel Bompard

Vraiment, franchement, je vous le dis sincèrement. Je ne sais pas pourquoi sur un drame qui a lieu à 15 000 km d'ici, qui a un drame absolu qui, je pense, a choqué, a stupéfait tout le monde. Pourquoi, en plus, vous avez des gens comme Mme Berger, ministre, qui viennent chercher à faire des polémiques, mais de manière absolument abjecte, en fait. Donc, non, excusez-moi, ne cherchez pas. Il n'y a aucune sincérité dans l'indignation de Mme Berger. Il y a juste une instrumentalisation absolument indigne de cet attentat pour essayer d'en faire de la politique politicienne à l'échelle nationale. Ce n'est pas parce que vous avez tardé à qualifier les attentats du 7 octobre. Alors, voilà.

Donc, maintenant, en plus, hier, j'ai entendu Mme Berger dire absolument n'importe quoi, dire que la France insoumise n'avait pas condamné les attentats du 7 octobre, alors qu'évidemment qu'on l'avait tardé. Vous n'avez pas parlé de terrorisme. Mais non, on n'a pas tardé. Enfin, tout ça est une réécriture de l'histoire quant à Mme Berger. Il y a eu un problème de qualification des faits à l'époque, Manuel Bompard. Vous n'étiez pas d'accord entre vous, à gauche. Il n'y a eu aucun problème. Je veux dire, la Cour pénale internationale, encore, il y a quelques jours, Amnesty International aussi, c'est exactement les mots et la terminologie qu'on a employés à l'époque.

Donc, franchement, s'il vous plaît, à un moment, j'aimerais bien qu'on sorte la question de la lutte contre le racisme, contre l'antisémitisme, des enjeux politiciens et qu'on s'attaque sérieusement à cette question. Et vous pensez toujours que les actes antisémites sont résiduels ? Mais, monsieur, s'il vous plaît, monsieur Mélenchon, mais non, c'est pas important parce que j'ai déjà répondu 40 fois à cette question. Monsieur Mélenchon, quand vous avez cherché à polémiquer avec lui sur ce sujet, a parlé des manifestations de solidarité avec le peuple palestinien en disant qu'il n'y avait pas d'antisémitisme dans ces manifestations.

Évidemment pas du problème de l'antisémitisme en France qui, évidemment, a augmenté de manière significative ces derniers mois et contre lesquels il faut lutter de manière résolue et de manière déterminée. Or, que dit aujourd'hui une instance comme la Commission nationale consultative des droits de l'homme, par exemple ? Elle dit que la lutte contre le racisme et contre l'antisémitisme en France souffre d'une absence de pilotage politique et de détermination politique. Voilà. Ça, c'est concret, par exemple, vous voyez.

Et Mme Berger qui est au gouvernement, elle devrait plutôt répondre à cette question-là de sa propre responsabilité et de la responsabilité de son gouvernement dans cette absence de détermination politique plutôt que d'aller chercher à polémiquer sur un drame. Vraiment, je trouve ça mais abject et indigne ce que fait Mme Berger en tant que ministre du gouvernement. Elle n'est pas digne de la fonction qui est la sienne. Le 830 France Info Agathe Lambret Paul Larouturou

13:52
Présentateur

Avec Manuel Bompard coordinateur national de la France Insoumise député des Bouches-du-Rhône le monde agricole se mobilise Paul.

13:59
Invité

Intensément Agathe il se mobilise le monde agricole contre la gestion par le gouvernement de la dermatose nodulaire vous le savez cette maladie contagieuse en cause l'abattage des troupeaux pour éviter sa propagation un abattage vivement critiqué par vous à LFI que Jean-Luc Mélenchon qualifie même je cite d'absurde sur ce point Philippe Baptiste le ministre de l'enseignement supérieur vous répond sur France Info hier.

14:18
Présentateur

c'est pas faire preuve d'une très très grande responsabilité la responsabilité aujourd'hui c'est essayer de faire confiance justement aux scientifiques aux vétérinaires qui travaillent au quotidien pour essayer de trouver des solutions et leur faire confiance c'est pas justement générer de la polémique et générer du malheur sur le marreur.

14:33
Invité

Mathilde Panot a même publié une lettre ouverte à la ministre de l'agriculture demandant de cesser au plus vite l'abattage total systématique ces protocoles je le rappelle ont été mis en place par des vétérinaires par des scientifiques par des épidémiologistes mais vous à la France Insoumise

14:45
Manuel Bompard

vous dites que c'est absurde ?

Non ce que vous dites pardon ne correspond pas à la réalité il y a un débat y compris parmi la communauté scientifique sur l'ampleur de l'abattage à utiliser il y a par exemple des études de l'EFSA qui est une agence européenne de sécurité alimentaire qui dit que par exemple si vous avez une stratégie qui est une stratégie de vaccination globale mais c'est trop tard pour ça alors attendez oui mais ça c'est pas ma responsabilité vous voyez là j'ai un courrier écoutez écoutez j'ai un courrier envoyé par Mathilde Panot à madame Genevard que je viens de citer je viens de citer à la seconde non non pas celui-là celui-là il date du 16 juillet 2025 d'accord le 16 juillet 2025 Mathilde Panot présidente de mon groupe parlementaire alertait la ministre de l'agriculture sur la difficulté que nous allions connaître avec l'extension et la propagation de cette épidémie cette maladie et qu'est-ce que nous disions à l'époque nous disions il faut d'abord travailler de manière concertée avec les éleveurs sur un protocole qui soit accepté par tout le monde vous pouvez pas imposer les choses de manière autoritaire comme le fait aujourd'hui la ministre de l'agriculture et l'EFSA puisque c'est le sujet que vous m'interrogez et que vous essayez en quelque sorte de laisser entendre que ma parole serait contre la parole scientifique l'EFSA a dit dans une stratégie de vaccination globale il peut y avoir une stratégie d'abattage partiel qui produit les mêmes résultats qu'une stratégie d'abattage global d'un point de vue de la propagation de la maladie mais qui permet de réduire les souffrances vis-à-vis des éleveurs parce que quand vous êtes éleveur et que pendant toute votre vie vous avez passé votre temps à constituer un troupeau effectivement c'est une stratégie c'est une décision d'une brutalité absolue de leur imposer l'abattage total de leurs troupeaux

16:15
Présentateur

effectivement mais le gouvernement s'appuie sur un consensus avec des scientifiques des épidémiologistes

16:20
Manuel Bompard

mais dites-moi si l'éthique de l'EFSA que j'ai cité n'existe pas

16:23
Présentateur

il y a des vétérinaires qui disent que cela va dans le même sens

16:25
Manuel Bompard

un consensus c'est de donner l'impression que tout le monde dit la même chose il y a un débat parmi la communauté scientifique certains moi-même je suis scientifique si je peux me permettre donc je crois pouvoir dire que je n'ai pas une vision par rapport à la science qui soit une vision aveuglée mais il y a un débat parmi la communauté scientifique entre les différentes mesures qui sont sur la table

16:42
Présentateur

et est-ce qu'il n'y a pas une volonté de surfer un peu sur l'émotion parce que bien sûr vous le dites c'est dramatique quand on n'a pas le travail de toute une vie tout un troupeau

16:52
Manuel Bompard

je ne sais pas pourquoi vous voulez toujours sur tous les sujets polémiquer ou remettre en cause la sincérité de l'engagement d'une personne je vous ai cité qui est douloureux pour eux

17:00
Présentateur

est-ce qu'il n'y a pas aussi certains consensus politiques qui sont censés qui ont la volonté d'instrumentaliser cette souffrance

17:06
Manuel Bompard

encore une fois je vous ai dit ce courrier date du mois de juillet on n'a pas attendu qu'il y ait des blocages et une indignation dans tout le pays pour commencer à nous intéresser à ce sujet il n'y a aucune volonté de surfer sur quoi que ce soit il y a une compréhension de la détresse et de la colère des éleveurs qui je crois est d'ailleurs assez largement soutenue dans la population et il y a le refus absolu des méthodes brutales du gouvernement quand vous voyez le gouvernement qui plutôt

17:33
Présentateur

elle-même dit que la vaccination massive est une menace pour le secteur bovin

17:39
Manuel Bompard

pour l'export notamment vous avez raison sur le fait que la FNSEA est d'ailleurs je suis en désaccord avec leur stratégie soutient aujourd'hui le gouvernement ce n'est pas le cas de la Confédération Paysanne la coordination rurale c'est vrai il y a des accords aussi chez les agricoles mais vous avez raison sans doute que pour certains et peut-être pour la FNSEA il y a un refus de généraliser la vaccination parce qu'il y a des règles européennes totalement absurdes qu'il faut que si vous généralisez la vaccination vous rendez difficile l'export des bêtes françaises à l'étranger donc moi je dis il faut changer de protocole et je dis évidemment qu'il faut renégocier au niveau européen parce qu'il n'est pas normal que si vous vous accidez

18:15
Invité

vous ne puissiez plus faire d'exportation on est obligé d'avancer excusez-moi vous avoir interrompu c'est sérieux comme sujet c'est tellement sérieux qu'il y a un autre grand point de la colère agricole c'est évidemment le Mercosur l'accord de libre-échange entre l'Union Européenne et les pays d'Amérique latine qui sera notamment débattu samedi au Brésil par Ursula von der Leyen elle veut le signer elle veut le signer vous avez raison malgré ces concessions de Bruxelles la France s'oppose toujours à sa signature est-ce qu'elle peut encore s'y opposer Sébastien Lecornu a officiellement demandé dimanche le report du vote des 27 vous qui êtes opposé de très longue date est-ce que vous saluez cette initiative du Premier Ministre

18:42
Manuel Bompard

je vais attendre de voir parce que pour l'instant effectivement le Président de la République prétend demander le report du vote sauf que pour l'instant on lui oppose une fin de non-recevoir et les amours sans contre également j'attends de savoir ce que la France a l'intention de faire pour obtenir le fait que cet accord de libre-échange avec le Mercosur ne soit pas ratifié et encore moins ratifié contre l'opposition de la France enfin pardon c'est pas juste ma position parce que tout le monde a l'air d'avoir oublié qu'il y a un mois dans la niche parlementaire de la France insoumise l'Assemblée Nationale a l'unanimité c'est pas juste la France insoumise a l'unanimité a voté l'opposition du Parlement français à la ratification de l'accord de libre-échange avec le Mercosur donc voilà moi ce que je dis c'est que si Emmanuel Macron comme j'en ai un peu le pressentiment en quelque sorte cède cette semaine aux pressions qui sont faites sur la France pour faire accepter l'accord de libre-échange avec le Mercosur ça sera vraiment une forfaiture d'un point de vue démocratique vis-à-vis de la parole qui a été donnée par l'Assemblée Nationale Française

19:40
Présentateur

Emmanuel Bompard Brigitte Macron donc l'épouse du Président s'est dite désolée hier soir si elle a blessé des femmes victimes elle réagissait pour la première fois à ses propos après la polémique elle avait qualifié de sale conne des militantes féministes qui avaient interrompu le spectacle d'un numérus d'un humoriste elle dit qu'elle est désolée mais elle ne regrette pas ses propos non plus car elle estime qu'ils ont été tenus dans un cadre privé qu'est-ce que vous pensez de ces explications

20:08
Manuel Bompard

qu'elle aurait dû s'excuser qu'elle devrait s'excuser qu'on ne parle pas comme ça elle dit qu'elle est désolée que cette fable qui consiste à faire croire que ses propos n'avaient pas vocation à être rendus public elle dit qu'elle n'a pas vu la caméra oui enfin me semble vraiment pas convaincante du tout et par ailleurs que ça soit dans un cadre privé ou dans un cadre public pardon je pense qu'on ne parle pas comme ça et on parle encore moins comme ça de femmes qui expriment une indignation que personnellement je comprends et je partage la semaine dernière

20:38
Invité

les députés ont adopté le projet de loi de financement de la sécurité sociale à six petites voix prêts pour avoir la majorité un nouveau vote définitif est prévu aujourd'hui est-ce que vous croyez

20:46
Manuel Bompard

qu'il puisse être différent ?

chacun sera devant sa responsabilité cet après-midi mais je m'adresse en particulier à ceux qui ont été élus sous l'étiquette du nouveau front populaire parce que quand on a été élus sous l'étiquette du nouveau front populaire on a été élus pour augmenter les moyens de l'hôpital public pas pour les diminuer or ce budget de la sécurité sociale se traduirait par une diminution des moyens de l'hôpital public quand on a été élus sur l'étiquette du nouveau front populaire on a été élus pour le pouvoir d'achat pas pour augmenter le prix des mutuelles pour les personnes qui sont déjà écologiques je parle des écologistes je parle des socialistes puisque les socialistes ont voté pour la semaine dernière le budget de la sécurité sociale et les écologistes se sont abstenus moi je dis à tout le monde sur le site de la France insoumise nous avons produit un simulateur de quel serait l'impact sur la vie des gens de ce budget de la sécurité sociale s'il était adopté je conseille à tous les députés en particulier ceux qui ont été élus sur l'étiquette du nouveau front populaire d'aller consulter ce simulateur avant de voter cet après-midi et j'espère qu'ils vont changer d'avis et que le budget de la sécurité sociale pourrait être rejeté parce que c'est notre responsabilité quand on a été élu pour rompre avec le macronisme de ne pas permettre la continuité de sa politique 8h57 et quasiment 30 secondes

21:52
Invité

sur France Info il est l'heure de la question qui est à retrouver sur l'Instagram et le TikTok de France Info aujourd'hui la question qui va au zoo est-ce que vous avez écouté Nicolas Sarkozy dans le très populaire podcast Légende Daniel Obono et Hugo Bernalicis qui ont amené un photographe dans la prison de la santé et il dit notamment ceci eux ils sont venus me voir comme on vient de voir le panda blanc au zoo de Beauval voilà j'ai passé la partie mignonne du zoo de Beauval mais il y a une autre partie moins mignonne où il est vraiment très remonté contre vos dos députés

22:22
Manuel Bompard

mais nos députés sont effectivement comme le font de nombreux parlementaires en particulier les parlementaires de la France Insoumise puisque c'est un droit dont bénéficient les députés à aller constater les conditions de détention des détenus dans les prisons en France donc si monsieur Sarkozy a un problème avec le fait que des parlementaires exercent le droit parlementaire c'est son problème mais en l'occurrence moi je trouve que mes camarades ont raison de s'interroger sur les conditions de détention en France qui sont dans un certain nombre d'établissements absolument ignobles et pas dignes d'une démocratie comme la France

22:52
Présentateur

vous allez lire le livre de Nicolas Sarkozy

22:54
Manuel Bompard

non je trouve par ailleurs cette opération assez choquante en vérité donc non je n'ai pas l'intention si vous voulez de participer à la publicité de monsieur Sarkozy son livre m'intéresse assez peu

23:06
Présentateur

merci beaucoup pourtant il parle de vous dans son livre merci Manuel Bonpart si tous les livres

23:11
Manuel Bompard

qui parlent de moi je suis obligé de les lire je vais laisser un Noël un peu difficile

23:14
Présentateur

merci Paul merci à vous bonne journée

Narcotrafic, attentat antisémite en Australie ... Le "8h30 franceinfo" de Manuel Bompard — Manuel Bompard · Pourquijevote