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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 18 mai 2017 20 minContradictoireFond programmatiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieSolidarités & famille

Édouard Philippe : "Ce gouvernement est une chance unique de tenter quelque chose encore jamais fait"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:01OuverteRéponse directe

    Le Président de la République a nommé le gouvernement, mais qui a choisi ?

  • 2:13RelanceRéponse directe

    Pourquoi dire que les ministères régaliens sont plus importants que les autres ?

  • 2:50OuverteRéponse directe

    Jean-Yves Le Drian devra quitter la présidence de la région Bretagne ?

  • 3:17OuverteRéponse directe

    Six ministres sont candidats aux législatives. En cas d'échec, ils sortent ?

  • 3:43OuverteRéponse directe

    Ce gouvernement est-il bâti pour faire campagne ou pour durer ?

  • 4:24OuverteRéponse directe

    Pour quel programme en économie ? Macron, Juppé ou Le Maire ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 8:14Invité politiqueFait
    « J'ai travaillé chez Areva entre 2007 et 2010. Je ne compte pas m'en excuser, j'en ai été assez fier. »
  • 19:21Invité politiqueFait
    « Ce que nous tentons n'a jamais été fait. Donc, bien entendu, de transgression. »

Temps de parole

  • Édouard Philippe81 %
  • Présentateur19 %

2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour Edouard Philippe, le Premier ministre propose les ministres, le Président les nomme, ça c'est ce que dit la Constitution dans la réalité, qui a choisi ?

0:15
Édouard Philippe

Comme dans la Constitution, et après des échanges nombreux et confiants avec le Président de la République, vous dites compliqué, ce n'est pas un exercice facile de constituer un gouvernement, pour une raison assez simple, c'est que les contraintes sont multiples. Le Président de la République, quand il m'a chargé de lui proposer un gouvernement, m'a donné des consignes assez claires, il voulait une parité entre les hommes et les femmes, il voulait que le gouvernement qui serait nommé puisse refléter l'effort de recomposition politique que nous sommes en train de mener.

C'est-à-dire associé, pardon, je m'excuse auprès des auditeurs de France Inter, j'ai un petit problème de voix, j'en suis désolé, mais je vais quand même aller jusqu'au bout. Il voulait que le gouvernement soit à l'image de la recomposition politique que nous sommes en train de mener. Ça veut dire associer des personnalités dont l'engagement partisan a pu être à droite et des personnalités dont l'engagement partisan a pu être à gauche. Et des personnalités dont l'engagement partisan a pu être ni à droite ni à gauche mais au centre. Associer à ce gouvernement des personnalités qui existent sans engagement partisan.

C'est-à-dire des personnalités dont on dit qu'elles sont issues de la société civile et qui ont eu des expériences dans des champs très variés de l'activité professionnelle, que ce soit dans le sport, dans le monde économique, bref, il fallait arriver à cet équilibre. C'est pas un exercice facile, mais je pense que le gouvernement qui a été nommé hier est un gouvernement resserré, 22 ministres, dont 4 secrétaires d'Etat, pardon. Un gouvernement à parité qui associe peut-être plus qu'aucun autre des membres compétents de la société civile. Même si le poids politique des femmes n'est pas celui des hommes, vous en conviendrez, Edouard Philippe ?

Je suis très frappé par la remarque que vous formulez. Je l'ai lue sous la plume d'un certain nombre d'éditoriaux. Je ne sais pas pourquoi est-ce qu'on dit ça.

2:13
Présentateur

Simple, il y a trois ministres d'Etat, ce sont des hommes, et les ministères régaliens, il y a une femme. Et donc vous pensez que les ministères régaliens sont par nature des ministères qui sont plus importants que...

2:21
Édouard Philippe

Je regarde la hiérarchie du gouvernement telle qu'elle a été annoncée par le secrétaire général de l'Elysée. Moi je vois une femme ministre des armées, et je vois des femmes dans des postes ministériels difficiles, essentiels, les solidarités, le travail. Je ne crois pas que ce soit un poste exactement simple. Emmanuel Macron avait promis un ministère plein du droit des femmes. Et il y a un secrétaire d'Etat rattaché directement au Premier ministre. Et il n'y a qu'un secrétaire d'Etat. Directement rattaché au Premier ministre, et qui entend bien faire vivre cette politique publique et cette exigence.

2:50
Présentateur

Pas de cumul, Jean-Yves Le Drian devra cette fois quitter la présidence de la région Bretagne.

2:54
Édouard Philippe

C'est une consigne claire qui a été formulée par le Président de la République. Il n'aura échappé à personne que je suis maire du Havre. J'aurai l'occasion de dire samedi matin à mon équipe municipale au Havre le sens de la décision. Mais chacun comprend bien que l'effort de redressement qui nous est demandé exige de s'y consacrer à d'emploi.

3:12
Présentateur

Donc Gérard Collomb va quitter la mairie de Lyon et François Bayrou, celle de Pau. Six de vos ministres sont candidats. En cas d'échec aux législatives, ils sortent ?

3:22
Édouard Philippe

C'est la tradition républicaine. Un ministre qui est candidat aux élections législatives et qui ne l'emporte pas. Et il présente sa démission au Premier ministre. Je crois que ça a toujours été comme ça. Et c'est assez sain. Y compris un ministre important, candidat, Bruno Le Maire, le ministre de l'économie. Mais Bruno Le Maire est un homme politique. D'abord c'est quelqu'un que j'aime bien. Mais c'est un homme politique qui connaît les usages de la République et qui entend s'y plier, bien entendu.

3:43
Présentateur

C'est une équipe bâtie pour faire campagne aux législatives ou c'est un gouvernement installé pour durer, Edouard Philippe ?

3:50
Édouard Philippe

J'ai du mal à comprendre le sens de votre question. Exactement, je la comprends très bien. Évidemment que c'est un gouvernement bâti pour durer. Il y a des élections législatives. Elles ont pour objet de donner une majorité au président et au gouvernement pour s'engager dans la voie qui a été définie par le président de la République au moment des élections présidentielles. Donc le moment des élections législatives est essentiel et il conditionne tout ce qui va se passer par la suite. Mais le gouvernement, il est là pour gouverner. Il est là pour préparer ce redressement. Il est là pour incarner quelque chose. Il est là pour lancer des projets.

4:24
Présentateur

Alors pour quel programme ? C'est la question en économie par exemple. Est-ce que ce sera le programme d'Emmanuel Macron, celui d'Alain Juppé que vous souteniez il y a quelques mois, ou celui de Bruno Le Maire qui voulait, lui, pendant la primaire, 500 000 fonctionnaires de moins et la privatisation de Pôle emploi ?

4:39
Édouard Philippe

Les choses sont claires. Le président de la République, c'est Emmanuel Macron. C'est lui qui a remporté le plus de suffrages au premier tour de l'élection présidentielle, 24%. C'est lui qui a remporté 66% au deuxième tour de l'élection présidentielle. C'est donc autour de lui et de son projet que les Français se sont rassemblés pour faire en sorte que notre pays avance. Donc les choses sont parfaitement claires. Emmanuel Macron a eu l'audace de dire aux Français « Je pourrais me contenter de gouverner avec les 24% de gens, pour les 24% de gens qui m'ont élu au premier tour ». Il a été au-delà.

Et il a dit « Y compris dans les gens qui n'étaient pas avec nous au premier tour, il y a des gens avec qui on peut travailler, il y a des gens avec qui on peut avancer, et on ira plus loin et probablement plus vite si on le fait ensemble ». Donc le cœur, c'est évidemment son programme. Le cœur, ce sont évidemment ses engagements.

5:29
Présentateur

Donc le programme d'Emmanuel Macron, tout le programme, rien que le programme ou un peu plus que le programme ?

5:36
Édouard Philippe

Le programme d'Emmanuel Macron. Et évidemment, une forme de souplesse et d'intelligence et de discussion à chaque fois que...

5:42
Présentateur

Parce que si c'est le programme d'Emmanuel Macron, quelle est la plus-value de Bruno Le Maire, de Gérald Darmanin ou d'Edouard Philippe ?

5:51
Édouard Philippe

Alors, je ne me répondrai pas pour moi, parce que ce serait imodeste, mais s'agissant de Bruno Le Maire et de Gérald Darmanin, c'est assez simple à voir. On a la deux personnalités de talent, issues de la droite, qui veulent contribuer à cet effort jamais vu de rassemblement positif autour d'un projet pro-européen, libéral. Libéral ? Libéral. Au sens économique ? Pas seulement. Au sens où on considère que la liberté individuelle et les libertés publiques sont importantes. Qui rassemblent des progressistes. Moi, je crois que la définition essentielle de cette majorité que nous cherchons à construire avec le président de la République, c'est que c'est une majorité de progrès.

Nous avons envie d'engager la France à nouveau sur le chemin du progrès. Et, pardon, mais le clivage droite-gauche dans cette perspective, il n'est pas opérant. Il y a à droite beaucoup de Français, je ne parle pas forcément des cadres des partis, mais dans l'électorat français, il y a à droite et à gauche des gens qui ont envie de se retrouver dans une politique qui vise le progrès.

7:00
Présentateur

Donc, la plus-value, pour répondre à ma question, elle est politique, mais elle n'est pas forcément programmatique.

7:07
Édouard Philippe

Elle est politique. Je pense que c'est important. Et Nicolas Hulot, est-ce qu'il apporte un contenu écologiste en plus, lui ? Je pense qu'il apporte énormément. Et d'ailleurs, il a souvent été sollicité par des présidents de la République issus de la droite ou issus de la gauche. Je crois que s'il s'engage cette fois-ci, il le fait parce qu'il trouve justement un contexte politique qui lui est favorable, avec une volonté de rassembler et pas de cliver. Avec l'idée que l'impératif de transition écologique, il est très au-delà du clivage politique partisan traditionnel.

Et donc, il a, je crois, l'occasion, dans ce moment unique de la vie politique que nous vivons, et dans ce moment unique de l'histoire de France que nous vivons, de mettre en œuvre des convictions auxquelles il croit. Et je trouve ça extrêmement réjouissant.

7:54
Présentateur

Et auxquelles vous paraissiez jusqu'à présent assez éloignés à cause de vos fonctions à la direction d'Areva, le géant nucléaire, à cause de certaines de vos positions pour défendre la centrale à charbon de votre département, par exemple.

8:08
Édouard Philippe

Contrairement à ce que vous pensez, vous avez raison de souligner le fait que moi j'ai travaillé chez Areva entre 2007 et 2010. Je ne compte pas m'en excuser, j'en ai été assez fier. J'ai été assez fier de travailler dans une grande entreprise publique française, avec des ingénieurs, des techniciens, des gens assez formidables, comme, je crois, sont fiers tous ceux qui travaillent chez Areva ou qui travaillent chez EDF et qui font vivre la production énergétique française, notamment à base du nucléaire. Donc, je ne m'en excuse pas, je l'assume et j'en suis fier.

Est-ce que ça veut dire que, par définition, je verrais dans le nucléaire, parce que j'aurais travaillé trois ans chez Areva, la solution à tous les problèmes d'énergie et que toute remise en cause ou discussion de la place du nucléaire en France serait absurde ? Bien entendu. La France a fait un choix il y a longtemps, avant que je naisse. Je suis né en 1970, ces choix ont été faits presque avant moi. Elle a fait le choix de mettre le nucléaire au centre de sa production électrique. Ce n'est pas faire de table rase du passé dont il s'agit.

La question, c'est de savoir comment est-ce qu'on organise pour les 50 ans qui viennent la production d'électricité en France, en ayant en tête l'impératif de sûreté et de sécurité, qui est primordial, et en ayant l'impératif de souveraineté, et en ayant en tête l'impératif, le nécessaire impératif du développement des énergies renouvelables. On en est, non pas exactement au début, mais il y a des perspectives extraordinaires en matière de développement des énergies renouvelables. Et moi, je le sais, et je partage totalement ce point de vue avec Nicolas Hulot.

Simplement, nous disons, nous allons aborder cette question avec pragmatisme, sans dire de façon doctrinale, c'est très bien ou c'est très mal, en essayant de faire en sorte d'atteindre les objectifs qui sont fixés par le Président de la République, c'est-à-dire une approche fondée sur la sûreté et la sécurité du nucléaire, et un développement rapide, massif, visible, des énergies renouvelables.

10:01
Présentateur

Le ministre de tutelle d'Areva, ce sera Nicolas Hulot, il aura les transports et l'énergie dans ses attributions,

10:06
Édouard Philippe

vous nous le confirmez, le ministre de la Transition écologique sera en charge de l'énergie et des transports, et ensuite, comme toute entreprise publique, mais vraiment comme toute entreprise publique, quel que soit son secteur, vous savez que les participations de l'État sont gérées par l'Agence des participations de l'État, et que les décisions du gouvernement sont fondées sur une discussion entre les gouvernements et des arbitrages pris par le Premier ministre.

10:29
Présentateur

Notre-Dame-des-Landes ne se fera pas, on ne peut pas imaginer que Notre-Dame-des-Landes, l'aéroport puisse se faire avec Nicolas Hulot au gouvernement, nous disait il y a quelques minutes ici même Pascal Canfin, l'un des proches de Nicolas Hulot.

10:42
Édouard Philippe

Sur Notre-Dame-des-Landes, c'est un sujet, Nicolas Hulot ou pas, c'est un sujet compliqué. Enfin, là c'est Nicolas Hulot avec là. Non, non, mais, très bien, mais Notre-Dame-des-Landes c'est un sujet qui est redoutablement complexe pour une raison simple, c'est que l'ensemble des autorités administratives, juridictionnelles, se sont prononcées dans le sens d'un feu vert au projet. Et accessoirement, quand on a organisé un référendum, les électeurs se sont prononcés en faveur du projet. On ne peut pas rayer ça d'un trait de plume. Ça existe, c'est important pour l'action de l'État, pour l'autorité de l'État, et pour l'action collective, on ne peut pas dire tout ça, ça ne compte pas.

On sait aussi que le problème est rendu complexe par le fait que la tension sur place est à un point considérable. Emmanuel Macron a dit clairement qu'on ne pourrait prendre une décision en la matière que lorsque lui et l'ensemble des décisionnaires auraient la totalité des éléments clairement en tête pour faire un choix éclairé. Moi, je crois beaucoup, et je le dis ici, j'aurai l'occasion de le redire, en matière de choix public, il faut faire des choix éclairés. Un choix éclairé, c'est quelque chose qui est mûri, qui est pensé, qui est discuté, et qui ensuite est assumé.

11:57
Présentateur

Ça fait à peu près 15 ans que ça mûrit, Édouard Philippe.

11:59
Édouard Philippe

Oui, mais je ne considère pas qu'on est arrivé aujourd'hui. Moi, j'ai été nommé Premier ministre il y a 48 heures. Je ne considère pas qu'aujourd'hui, on soit en mesure de prendre un choix éclairé s'agissant de Notre-Dame-des-Landes. Donc, il y aura un médiateur. Donc, il y aura un médiateur qui va permettre de mettre l'ensemble des choses sur la table, d'étudier l'ensemble des options, et ensuite, nous prendrons une décision qui sera assumée, qui sera claire.

12:20
Présentateur

Un médiateur qui sera, y compris, chargé de proposer des solutions alternatives à Notre-Dame-des-Landes.

12:26
Édouard Philippe

Quand on met tout sur la table, on met tout sur la table.

12:28
Présentateur

On ne laisse pas des choses sous le tapis. Des choses alternatives. Premier dossier, l'un de vos premiers dossiers, une loi sur la moralisation de la vie publique. Vous vous êtes rallié à l'idée de transparence en politique, Édouard Philippe ?

12:39
Édouard Philippe

Je suis parfaitement conscient du fait que si on veut rétablir le lien de confiance qui est distendu entre les Français et les hommes politiques, et en vérité tous ceux qui exercent des responsabilités, il faut qu'on fasse mieux que ce que nous faisions auparavant. Et je ne prétends pas l'exemplarité en la matière, parce qu'il se trouve qu'à titre personnel, je n'aime pas beaucoup parler de ma vie privée, et que donc l'impératif de transparence absolue ne m'a jamais enchanté à titre personnel. Donc vous n'avez pas donné l'exemple, et vous en convenez ce matin ?

J'ai répondu à un certain nombre de questions lorsqu'elles m'étaient posées, avec une forme de mauvaise humeur, que ce n'est jamais la bonne conseillère. Je crois que l'incident est clos, puisque la haute autorité a indiqué d'abord qu'elle avait suffisamment...

13:24
Présentateur

pour avoir répondu avec des involtures à une déclaration de patrimoine.

13:29
Édouard Philippe

Elle avait désormais suffisamment d'éléments pour répondre aux questions qui étaient posées, et que par ailleurs, j'ai obtenu l'équitus de la dite autorité pour les déclarations de patrimoine que j'ai faites ultérieurement. Ce qui est vrai, d'abord à titre personnel, je préfère les règles claires plutôt que l'inquisition. Et donc je pense que dans la vie politique, dans le texte qui viendra, nous aurons à définir des règles claires. Qu'est-ce qui est autorisé, qu'est-ce qui ne l'est pas ? Beaucoup plus que cette transparence absolue, dont j'observe d'ailleurs qu'elle suscite questions et questions et questions et questions.

Mais c'est une discussion que nous allons avoir, c'est un texte que nous proposerons rapidement. Le garde des Sceaux sera chargé de proposer toute une série d'initiatives, et je pense que nous irons beaucoup plus loin dans cette voie, parce qu'encore une fois, indépendamment des mots, le sujet c'est comment est-ce que nous rétablissons ce lien de confiance entre les Français et ceux qui exercent des responsabilités publiques. Il n'a échappé à personne qu'au moment des élections présidentielles, le niveau de colère qui s'est exprimé et d'insatisfaction qui s'est exprimé a atteint un point quasiment historiquement élevé.

La bonne réponse à apporter, c'est des résultats, et ce gouvernement a été nommé pour cela, et de la confiance retrouvée. Et nous allons nous y employer, à la fois dans notre façon de fonctionner, dans le sérieux de nos annonces, dans la modération de notre ton, et je l'espère, dans les excellents résultats que nous aurons.

14:57
Présentateur

Le ton et les annonces, justement, c'est un gouvernement qui contient, qui recèle des personnalités très différentes et des opinions divergentes. J'en ai donné quelques exemples. Est-ce que les désaccords seront publics ou est-ce qu'ils seront interdits pour parler de façon un peu triviale ? Est-ce que les ministres auront le droit de l'ouvrir ?

15:18
Édouard Philippe

Interdire les désaccords, ça n'a pas de sens, Patrick Cohen.

15:20
Présentateur

Interdire l'expression des désaccords ?

15:22
Édouard Philippe

Et ça, c'est assez différent. Interdire les désaccords, ça voudrait dire interdire la liberté intellectuelle de gens qui sont amenés à prendre des décisions. Ce serait la pire des choses. Vous ne pouvez pas prôner le rassemblement autour d'une majorité de progrès et faire venir des gens qui, effectivement, viennent d'horizons, de cultures politiques différentes et dire, mais maintenant, il n'y a plus de désaccords. Ça, ça n'existe pas. Donc, il faut des discussions. Après, il faut une efficacité dans l'action collective. Il faut une loyauté dans l'action collective. Et le président de la République, il y est extrêmement attaché. Nous en avons longuement discuté. Il y aura donc discussion.

Mais je sais que tous ceux qui se sont engagés dans cet exercice unique dans la vie politique française auront à cœur d'avoir cette loyauté et cette efficacité de l'action collective toujours à l'esprit. Ferez-vous campagne pour les... Et moi, je l'aurai toujours à l'esprit, croyez-moi.

16:15
Présentateur

Ferez-vous campagne aux législatives, Édouard Philippe, pour les candidats d'En Marche, de la République En Marche, parfois contre des candidats de votre famille ou de votre ex-famille politique, c'est-à-dire celle des Républicains ?

16:28
Édouard Philippe

Moi, j'ai fait un choix. J'ai fait le choix de répondre positivement à la proposition qui m'était faite par le président de la République et de dire qu'au-delà des vieux clivages partisans, qui sont après tout légitimes, j'ai été moi-même le premier directeur général de l'UMP. Quant à l'HUP, on était son premier président. Donc, je ne pars pas de nulle part. Je suis clairement un homme qui a eu un engagement politique à droite et je le revendique. Je ne crois pas que ce soit une droite fermée, sectaire, qui considérait que par définition, tout ce qui se dit à gauche serait absurde et que tout ce qui se dirait à droite serait intelligent. Mais il est clair que je viens plutôt de la droite.

Par définition, lorsqu'on accepte l'offre qui est faite par le président de la République, comme ça a été fait il y a quelques jours, on rentre dans une logique nouvelle et on essaie de donner au président de la République et au gouvernement que je dirige une majorité pour faire avancer le pays. Donc, bien sûr, je participerai aux élections législatives et bien sûr, j'essaierai de donner au président de la République la majorité dont il a besoin pour garantir une stabilité politique dans le pays et pour faire en sorte que nous puissions avancer. Je pense que le défi est considérable.

Et je vois bien les appareils partisans inquiets, parfois agressifs et parfois ne comprenant pas le sens de cette démarche.

17:48
Présentateur

Pas seulement les appareils, deux de vos menteurs en politique, vous en avez cité, Alain Juppé, Antoine Ruffnarkt, tous deux ont dit qu'ils vous ont déconseillé d'accepter le poste de Premier ministre et d'aller à Matignon. Pas seulement les appareils,

18:00
Édouard Philippe

je vois aussi beaucoup d'électeurs, y compris des électeurs de droite, beaucoup d'électeurs, y compris des électeurs de gauche, qui se disent qu'on a là une chance unique de tenter quelque chose qui ne s'est jamais fait, d'essayer de donner une majorité de progrès au pays en s'appuyant sur des hommes issus de la droite qui ont envie de travailler avec d'autres, sur des hommes et des femmes issus de la gauche qui ont envie de travailler avec d'autres, et sur des hommes issus de la société civile. Je déteste ce terme, pour vous dire la vérité. Parce que je ne sais pas très bien ce qu'il veut dire. Alors, ce sont des experts, des spécialistes ?

Non, ce sont des hommes et des femmes pour lesquels l'engagement partisan n'est pas la raison pour laquelle ils sont connus. et qui ont une vie professionnelle complète, riche, une activité remarquable, qui leur donne, me semble-t-il, des compétences qui sont formidables à utiliser dans l'action publique. Pardon, mais je ne me pose pas la question de savoir, quand je parle à Mme Buzyn ou quand je parle à Mme Nyssen, de savoir si elles viennent de la droite ou de la gauche. Je vois deux parcours exceptionnels. Ministre de la Santé et ministre de la Culture.

Je vois deux parcours exceptionnels qui donnent une légitimité très forte pour s'occuper de la santé et des solidarités, s'agissant de Mme Buzyn et de la Culture, s'agissant de Mme Nyssen. Et ça me va très bien.

19:04
Présentateur

Un dernier mot, non pas pour répondre aux appareils, mais à ceux que je citais il y a un instant, Alain Juppé, Antoine Ruffenarck. Vous avez un sentiment de trahison ? Sûrement pas, mais de transgression au moins, alors Philippe, par votre démarche ?

19:18
Édouard Philippe

De transgression à l'évidence, puisque, encore une fois, ce que nous tentons n'a jamais été fait. Donc, bien entendu, de transgression. Mais j'ai aussi, et je le dis d'abord, des liens, vous avez cité Alain Juppé et Antoine Ruffenarck, des liens de très grande affection pour Alain Juppé et Antoine Ruffenarck. J'ai évidemment discuté de cette décision avec eux deux. Antoine Ruffenarck m'a indiqué qu'il pensait que ce n'était pas une très bonne idée. Alain Juppé a été plus bienveillant.

19:48
Présentateur

Merci, Edouard Philippe, d'être venu ce matin au micro de France Inter. Nous devons vous libérer pour des obligations, je crois, d'ordre présidentiel. Enfin, vous avez rendez-vous avec le Président de la République, c'est ça ? Merci beaucoup. Des obligations officielles. Merci à vous. Nous marquons une pause avant d'entendre la revue de presse et de passer en revue l'actualité avec nos chroniqueurs et éditorialistes. A tout de suite.