« L’impunité en matière de viol dans notre pays est massive. » Céline Thiébault-Martinez
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
7h36. Bonjour Adrien Jean. Bonjour.
Bonjour. Votre invité ce matin, Céline Thiebo Martinez, députée PS de Sénémarne et autrice de la proposition de loi intégrale sur les violences sexuelles sur les femmes et les enfants. Bonjour, Céline Thbo Martinez.
Bonjour. On va parler effectivement de ce texte dans un instant de l'affaire Liana. Mais d'abord cette information de la nuit puisque on a appris que Patrick Bruel échappait à la détention provisoire.
Il est néanmoins bel et bien mis en examen pour viol, tentative de viol, agression sexuelle, harcèlement sexuel dans plusieurs dossiers. Alors, je précise qu'il est placé sous contrôle judiciaire avec plusieurs obligations. Notamment de justifier de soins psychologiques, mais également de ne pas fréquenter de salon de massage puisque certains faits présumés se sont potentiellement déroulés dans ce type de lieu.
Est-ce que c'est une décision que vous saluez ? Bah déjà, c'est une décision euh qui euh permet euh de enfin de protéger en partie euh des victimes, de protéger en partie des victimes potentiel. Donc ce que ce que ça représente en tout cas ce que ça ce que ça signifie c'est que euh parce que des femmes ont parlé, parce qu'elles ont osé parler, parce qu'elles ont été aussi très nombreuses à s'exprimer, on a une personnalité euh qui aujourd'hui fait l'objet euh d'une mesure.
Et ça c'est un élément qui est remarquable dans le contexte actuel puisque on va l'évoquer sans doute après. Le sujet de l'impunité, le sujet de du silence et des difficultés que rencontrent les victimes pour faire valoir ce qu'elles ont ce qu'elles ont vécu est extrêmement présent dans notre société et très pesant pour les victimes. On va effectivement évoquer cette affaire Liana.
On voit que ça va bien au-delà. Le Premier ministre il y a quelques jours disait d'ailleurs, c'est pas un fait d'hivers, c'est un fait de société. Je vais vous entendre également sur une phrase prononcée par une sénatrice hier, l'écologiste Mélanie Vogel, qui a beaucoup fait réagir l'hémicycle.
Elle a dit la chose suivante : "Le viol est un problème d'homme. Le meurtre est un problème d'homme. La violence est un problème d'homme.
Nous avons un problème avec les hommes. Est-ce que vous considérez vous aussi que la société a un problème avec les hommes ? Alors, peut-être situé le cadre dans lequel Mélanie Beaugel fait cette déclaration.
Elle est dans l'hémicycle du Sénat où il y a 36 % de femmes, 64 % d'hommes et un hémicycle dans lequel il y a un peu plus d'une vingtaine d'années, il y avait seulement 6 % de femmes. Euh dire ce qu'elle dit euh c'est pas euh c'est c'est pas un parti prix, c'est une statistique. 97 % des mis en cause dans des affaires de viol sont des hommes.
Mais parce que ce sont des hommes, c'est le fait qu'ils soient des hommes qui les rend violeurs, meurtriers. Alors ce qu'elle dit dans sa dans dans sa question est assez intéressant et c'est justement un sujet que la la société a beaucoup de mal à aborder. C'est la manière dont nous éduquons les hommes et là c'est l'ensemble de la société he d'ailleurs, elle commence sa question en disant il faut tout un village pour élever un enfant.
La réalité des chiffres c'est que les hommes sont à l'origine de l'essentiel des violences de la délinquence qui est générée dans notre société. C'est ce sont les statistiques du ministère de la justice, du ministère de l'Intérieur. Et je pense que c'est ça qu'elle voulait exprimer.
Euh c'est quelque chose qui peut être choquant parce qu'en effet euh on pourrait assez dans un raccourci, on pourrait euh euh penser qu'on parle de tous les hommes, mais elle le dit bien, ça n'est pas tous les hommes. Ce sont des hommes qui sont d'abord et avant tout les auteurs euh de la violence et particulièrement des viols faits euh aux femmes et aux enfants. Alors, parlons des solutions puisque le premier ministre a dit il faut agir vite.
Il a d'ailleurs fait des propositions pour muscler le propre texte de loi présenté par le gouvernement lui-même il y a quelques jours. renforcer les peines pour les violents serrées sur les mineires, imposer sur les mineurs, imposer un délai maximum de 3 mois pour les actes d'enquête. Là encore dans les affaires qui concernent les crime sur enfant, il est même dit qu'il faudrait désormais que les magistrats motivent les classements sans suite quand des plaintes ne sont pas retenues.
Est-ce que vous ce sont des propositions que vous soutenez, cette action là du gouvernement ? Oui, forcément toutes les actions qui peuvent être entreprises, on a envie de les soutenir compte tenu du contexte. Après ce que nous on attend et c'est le le sens des prochains jours et des prochaines semaines, c'est qu'on ait une action qui dépasse ce que moi je qualifie de pointillisme.
C'est-à-dire que on a un fait divers, il se passe quelque chose de grave dans notre société et donc on va apporter un sparadra, une rustine ici ou là. Donc bien sûr que ces mesures elles sont importantes et qu'il faut les prendre mais pour autant ça n'empêche pas une réflexion de fond et une action de fond. Vous vous avez depuis plusieurs mois, je précise que ça ne date pas des derniers jours, rédigé une proposition de loi qui comprend des dizaines d'articles avec plusieurs collègues d'ailleurs de plusieurs couleurs politiques.
Le chef du gouvernement, il a dit que vos travaux étaient utile, qu'il allait les utiliser mais il s'est montré tout de même très prudent sur la manière de les utiliser. Il a pris un exemple d'ailleurs sur ce qui de son point de vue peut apparaître comme une contradiction parmi d'autres dans le texte. Vous avez des éléments qu'il faudra trancher.
Vous avez un article de cette loi qui dit faut supprimer les cours criminels départementales que le parlement a voté pour établir la cour d'assise avec un jury populaire. Puis vous avez un article ensuite qui dit faut plutôt aller vers une cour de magistrat mieux formée. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Alors déjà, je lui réponds que faut être qu'on soit on se mette bien d'accord sur pourquoi on se voit lundi. Euh parce que vous allez rencontrer le premier ministre à son invitation pour discuter de vos propositions. Voilà.
Donc lundi avec une délégation de parlementaires qui seront les représentants des groupes politiques qui ont signé le texte. Je rappelle qu'il y a huit groupes politiques de l'Assemblée qui ont signé ce texte. Donc c'est pas une initiative personnelle, c'est une initiative transpartisane.
C'est l'initiative de la coalition parlementaire qui s'appuie sur les propositions de la coalition des associations féministes et enfantistes. Donc ce texte, il a été travaillé. Ces propositions, elles ne viennent pas de de nulle part. ne sont pas spontanées.
Euh ce que je voudrais dire, c'est que euh si on commence la discussion par relever des soi-disant des incohérences dans le texte, ça démarre pas très bien. Après, sur l'exemple qui est pris par le Premier ministre, euh je comprends qu'il soit ne soit pas satisfait par l'idée qu'on supprime les cours criminels départementales. La réalité du contenu du texte, c'est que les cours criminels départementales aujourd'hui, elles jugent majoritairement des affaires de viol de la bouche du garde des sauts.
Ce sont les cours du viol, ce sont les juridictions du viol. Or, ce que nous proposons dans la loi, dans la proposition de loi intégrale, ce sont des juridictions spécialisées. On peut très bien qu'il y ait des spécialistes des crimes sur enfant, crimes sexuels, par exemple.
Donc des juridictions spécialisées pour enfin sur les violences sexistes et sexuelles à l'encontre des femmes, des enfants, enfin de toute personne qui serait victime de violence sexiste sexiste ou sexuelle. Donc on peut très bien dire on va maintenir les cours criminels départementales pour les 15 17 % de contentieux qui ne sont pas du viol et qui sont aujourd'hui jugés par les cours criminels départementales. Dans notre texte, dans la logique de changement de paradigme, on on s'est dit puisqu'on va vers des juridictions spécialisées qu'aujourd'hui les cours criminels départementales ne conviennent pas à ce contentieux, nous supprimerons les cours criminels départementales.
Mais c'est posé sur la table, c'est un débat et c'est une discussion qui va donc s'ouvrir. Tout à fait. Un tout dernier mot, en quelques secondes, le ministre de la justice a dit "Cette loi, votre loi, n'aurait pas empêché la mort de Liana." Est-ce qu'il a raison ?
Moi, je vais pas réécrire l'histoire. Je je je ne je ne le sais pas. Ce qui est certain, c'est que l'impunité en matière de viol dans notre pays, elle est massive et qu'aujourd'hui, il y a une attente de la société, il y a une mobilisation de la société qui est telle que le gouvernement ne peut pas échapper à ce débat. et il faut que nous ayons un débat et un débat de fond et c'est le sens tout le sens des travaux qu'on pourrait avoir autour de la loi intégrale.
Merci beaucoup Céline Théo Martinez.
Céline Thiébault-Martinez