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interviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 24 mai 2025 23 minAutoproduit

« La valeur travail, à quel prix ? » - Introduction de Jean-Luc Mélenchon

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

L'art de l'introduction me condamne à une concision tout à fait inhabituelle pour moi et euh je vais essayer de m'y soumettre autant que je vais le pouvoir. On vient de dire à l'instant que c'est un cycle qui a été engagé à l'initiative du conseil scientifique de l'Institut Labu ici qui a pensé que on ne pouvait poursuivre le programme tel qu'il était prévu sans intégrer cette question. Et la vérité est que elle a immédiatement reçu un accueil extrêmement favorable de ce que le thème a capté parce que il était entré dans l'actualité.

Mais on peut le noter à au résultat de euh des exposés des cours qu'a donné Daniel Linard qui est la titulaire de la chair de sociologie qui accepte de faire ça pour l'institut la Boessie. et il y a eu plus de 51000 personnes qui ont suivi ces cours au total, soit en direct, bon pas dans cette salle évidemment, mais en ligne. Et c'est un signal du fait que la question du travail dans sa globalité est revenue dans les consciences.

Je dis bien dans sa globalité, c'est pas dire simplement le travail salarié. Et vous savez que c'est une des questions qui nous est posée que la confusion entre toutes les formes de travail euh rejeté tandis que seul aurait sens de travail le travail salarié. En attendant, le thème est revenu en France d'une manière extrêmement malheureuse, en tout cas à nos yeux, par les formes les plus archaïque de passéisme. est revenu par la droite qui s'est lancé dans des grands discours sur la valeur travail et relayé par certains secteurs de la gauche qui sous prétexte de lutter contre ce qu'ils ont osé appeler l'assistana et qui signifie la solidarité pour nous se remettait à parler comme les anciens nervis qui considèrent que le travail est d'abord une valeur morale. prouve qu'on est un être humain responsable et capable parce que on bosse comme un fou au travail salarié et que vous connaissez la suite de la récitation. cette vision du travail concentrée bien sûr sur le travail salarié, bien fait et en silence et si possible sans syndicalisation, c'est-à-dire le travail comme valeur morale est une de ces innombrables manières de le déshumaniser car le fond de la discussion le plus souvent porte sur le fait que le travail est accompli par des travailleurs et que les travailleurs ont cette particularité travailleurs et travailleuses salariés ont cette particularité d'être des êtres humains et que en tant qu'être humain, il n'est pas possible de disjoindre les différents aspects qui constituent leur identité d'êtres humains.

Cette évidence n'est ni comprise ni admise dans le commun des discussions qu'on a sur le sujet et que je me souviens avoir eu avec les fédérations patronales lorsque j'étais ministre de l'enseignement professionnel dans le gouvernement de Lionel Jospin. Or l'idée que le l'être humain étant en tout, le travail est lui aussi en tout et que ce qui contribue à la production du travailleur ne peut pas être mis de côté. C'est le fond de la discussion sur le fait qu'il y a un prix du travail qui ne saurait être inférieur à ce qu'il coûte à la société pour le produire et le reproduire.

Et ce prix global intègre tous les aspects qui bien sûr sont écartés. Je pense par exemple à tout ce que nous a exposé Nancy Fraser lorsqu'elle est venue ici sur tout le travail de reproduction sociale mais tous les autres aspects le travail domestique gratuit le travail artistique tout ce qui constitue non pas des à côté de loisirs au sens de juste loisir mais de constitutif de l'identité humaine et y compris de sa performance au travail car 100 fois il a fallu expliquer qu'un salarié qui est capable de passer du péromptoire à au à l'argumenté est un salarié et un chef de chantier ou une chef de chantier plus efficace que ceux qui lui ne le sait pas et que étant dans cette vision, il va par exemple être beaucoup plus économe des efforts, savoir les appliquer et surtout être plus précautionneux de la vie des autres. Ce n'est pas à rien que notre pays a dévalé la pente et soit doré avant le record d'Europe des accidents mortels du travail et bien sûr c'est partie d'un rapport de force.

Donc ne jamais perdre de vue que non seulement il y a un travail global nécessaire à la production du travail salarié, à sa qualification, mais qu'il y a en toute chose un rapport de force sociale et que ne pas le voir, c'est faire preuve d'une naïé, d'une naïveté qui désorganise la bonne conduite du travail tel qu'on peut l'imaginer. Alors, ceci posé, moi je ne peux aller plus avant. Je sais que ça va être traité dans les tables rondes.

Je n'ai aucune des compétences académiques qui vont être mises à contribution dans cette journée. Cependant, compte tenu euh de ma place singulière, euh je ne peux quitter cette introduction sans avoir évoqué la question fondamentale du prix du travail. Et je ne crois pas que je m'éloigne beaucoup du sujet que je viens de planter en disant au moins cette formule, il ne peut pas y avoir de travail payé moins que ce qu'il coûte à produire et à reproduire.

Et chaque fois que l'on paralysera du temps de travail pour en tirer du travail gratuit et produire de l'accumulation, c'est autant de travail que l'on retire à la production globale du travail nécessaire pour que la société soit une société humaine. Autrement dit, le travail qui est pris par exemple sur l'âge de la retraite, c'est du travail confisqué à la disponibilité qu'il mettait auparavant au reste de la société. Je n'apprends rien à personne ici en disant que les personnes de plus de 60 ans constituent plus de 80 % des maires et des conseillers généraux qui animent la démocratie de base de ce pays.

Plus de 90 % de telle ou telle catégorie de travail bénévole. Et je ne parle pas de tout le reste, c'est-à-dire le travail nécessaire à la reproduction de la vie familiale et cetera et cetera. tout temps capté abusivement par le temps de travail salarié sans que le prix du travail suive est un temps de travail qui est volé à la disponibilité générale de la société.

Cette règle me paraît assez indispensable à replanter dans la discussion avec les capitalistes. C'est toujours la même affaire. Le travail est vécu comme s'il avait une référence extérieure et la référence qu'on nous propose le plus souvent, c'est le prix qu'il coûte ailleurs.

Si bien que si on les suivait, euh rien ne vaudrait le travailleur ou la travailleuse payer avec une tartine beurée parce que euh grâce à ça, il serait à un coût inférieur et donc il permettrait une meilleure compétitivité, flexibilité, ragnaga, modernité, je ne sais quoi. Tous ces mots qui sont destinés à une seule et unique chose. supposer que le prix du travail a une valeur qui est extérieure à lui-même et qui viendrait bah tout simplement de l'offre et de la demande.

Et c'est la racine de la crise dans laquelle nous vivons. C'est-à-dire que c'est ce qui a été à la base de la délocalisation massive qui a réorganisé complètement à l'échelle du monde la hiérarchie des puissances et qui aujourd'hui se pay par une guerre commerciale où un pays dominant veut compenser le retard qu'il a pris par des droits de douane, c'est-à-dire se met tout d'un coup à remettre l'état dans le circuit de la formation du prix alors qu'ils ont passé 40 ans à essayer de l'en évacuer par toutes les méthodes possibles. Je me souviens que c'est toujours sur la base de cette référence extérieure qu'a été justifiée la déshumanisation des conditions du travail.

Je me souviens de la discussion sur les 35 heures lorsqu'elle a eu lieu au Sénat. Et bien c'était incroyable, bon pour un intellectuel comme moi, un peu plus jeune que maintenant bien sûr, de voir comment des gens pouvaient oser prétendre devant tous les autres que le temps que consacrait un travailleur à descendre avec des bottes en caoutchou, l'échelle qu'il conduisait jusqu'au souterrain qu'il amenait sur le front de tail du métro éole et météor n'était pas du temps de travail. en gros, comme s'ils étaient là pour se promener sous terre euh comme une activité et pour commencer la journée.

Et de même à chaque fois, j'ai vu que par exemple on refusait aux travailleurs des euh de la boucherie euh à Rangis euh de compter le temps qu'il leur fallait pour s'habiller ou se déshabiller avec la tenue de travail qui permet de survivre au passage d'une salle dans laquelle il fait - 5. Je dis - 5 comme ça, je ne me rappelle pas de combien, à une autre où c'est la température ambiance. C'est absolument impossible pour un être humain de faire ça sans changer de tenue.

Or, ce temps de habillage et déshabillage, bah ça représentait jusqu'à une demi-heure de travail que on nous demandait de ne pas compter comme du travail productif. Si bien qu'à la fin, quand on regardait ce qui nous était proposé, le résultat était toujours le même. Il ne fallait compter que le geste productif.

Mais c'est une comme si ce geste était fait par une machine. Or, une machine n'aura jamais la compétence qu'à un être humain de réviser le process de travail. à mesure qu'il se déroule.

Je l'ai encore vu en allant à cette entreprise à Turin qui est occupée par ses salariés où on nous a expliqué comment on leur avait divisé par deux le nombre de travailleurs sur la chaîne de production en disant bah maintenant vous met des machines donc elles vont conduire le double donc vous avez besoin d'être la moitié et on va arriver à un résultat plus productif. Les petits génies qui avaient inventé ça avaient oublié deux choses. D'une part c'est qu'il faudrait mettre une commande numérique et que derrière la commande numérique faut mettre des gens.

Donc le bénéfice en poste de travail n'était pas celui qu'ils imaginaient. et deuxièmement que l'un et l'autre c'està direit celui qui est sur la machine numérique et le robot était incapable de faire face au fait que à un moment donné et ben la tole s'engageait mal dans le dans le process et la machine se bloquait et s'il y avait pas quelqu'un qui venait pour désengage ça bah il y a rien qui marche. Et donc eux avaient fait le calcul, les syndicalistes et montré que on narriverait jamais à atteindre le doublement qui valait mais que à l'inverse on à partir de là les travailleurs auraient plus de gestes à faire dans le travail puisque eux aussi étaient soumis à ce calcul extrêmement étroit du geste productif.

Et de même, je le cite juste pour l'anecdote parce que c'est encore quelque chose qui m'a fait sourire moi, c'est que ils sont aperçus que les machines tombaient en panne dans un secteur de l'entreprise tous les ans, entre avril et la fin mai euh à fin de de matinée et naturellement tout le monde était perplexe et tous les types du numérique étaient perplexe. personne n'arrivit à trouver la qu'est-ce qui se passait dans ces foutues machines pour que elle te elle tombe en panne jusqu'à ce que un ouvrier, c'est-à-dire quelqu'un qui savait comment marchai ces machines s'aperçoivent et disent aux autres écoutez il y a un trou dans le plafond et entre 11h30 et 12h30 il y a un rayon de soleil qui aveugle les machines qui captent le passage des tôles et par conséquent comme ça aveugle ça bloque tout et j'ai je me suis beaucoup intéressé à cette démonstration parce que c'est toujours l'idée que la machine est capable de remplacer l'homme mais qu'elle le fait si bien que il faut d'abord que l'homme ressemble à la machine. Et le but entier du travail est donc de n'être qu'un acte productif et pour le capitalisme de ne payer que l'acte productif.

Par conséquent, la règle du prix du travail n'est pas une règle annexe. Elle a non seulement une valeur puisqu'on peut dire nous demandons à être payé au moins le prix qui nous permet de reproduire notre existence et d'ailleurs ce prix n'est pas libre dans ce pays puisque il y a un SMIC mais ce n'est pas le cas de tous les pays de l'Union européenne et les statuts de l'Union européenne prévoi explicitement l'interdiction de l'harmonisation des normes sociales. Autrement dit, l'Union européenne s'est organisée pour annexer 10 pays à la fin de l'URSS et les 10 pays sont payés sont censés se payer leurs infrastructures nouvelles pour se mettre au rythme de la cadence de la machine capitaliste sur les investissements qui seraient faits par les autres et les délocalisations.

Et comme ça n'a pas suffi, on a même voulu décoliser délocaliser le travailleur lui-même. Ce sont les contrats, vous savez, qui sont conclus à l'étranger et qui se déroulent ici. Ces formes là, je les évoque juste pour souligner que la question du prix du travail est une question anthropologique et pas seulement une question de prix de marché.

Combien ça coûte là-bas ? Donc ça doit coûter ici la même chose. C'est une question qui concerne l'organisation de la vie de la société et de sa propre reproduction.

Donc ce prix ne peut pas être libre et il nous appartient nous dans le combat politique, c'est pas l'objet direct et immédiat de ce que nous allons faire dans cette journée, d'établir des normes pour le faire. Or la norme, il y en a que deux sur le continent. L'une est celle de l'ancienne social-démocratie qui a produit beaucoup de bienfaits dans le passé.

C'est le syndicat a créé le parti où le parti a créé le syndicat et ensuite on ça va négocier avec la branche patronale. On négocie avec la branche patronale et si vous êtes employé d'une entreprise où le patron a signé l'accord de branche patronale, vous avez accès à l'avantage qui aura été signé si vous êtes vous-même syndiqué au syndicat ouvrier qui a signé avec le patron. C'est pourquoi toutes les fables qu'on a entendu sur les travailleurs français sont moins syndiqués que les autres dans le reste de l'Europe et donc ça leur vaut parce qu'ils sont politisés, ils sont moins syndiqués et donc ils ont moins d'avantage.

C'est un bobar absolu. C'est le contraire qui est vrai. Les syndicats français sont plus politisés que tous les syndicats du reste de l'Union européenne et les syndicats français bénéficient de ce qu'on peut appeler la règle de la République sociale.

C'est-à-dire lorsqu'un accord est signé, un accord de branche, il est étendu à tous les travailleurs de la branche. Et il y a pas besoin ni que le patron soit syndiqué au syndicat patronal, ni que l'ouvrier soit syndicat soit syndiqué au syndicat ouvrier pour bénéficier de l'avantage qui a été acquis. D'où ce résultat que nombre de branches ont encore des minimums qui ne sont pas conformes au SMIC et que la première chose qu'a fait monsieur Macron dans son projet révolutionnaire, je rappelle que c'est le nom de son livre hein dans la campagne présidentielle, ça a été de par terre le code du travail en renversant le principe de faveur qui faisait que la loi était au-dessus puis l'accord de branche puis l'accord d'entreprise mais aucun de ces accords ne pouvait être inférieur à la loi.

C'était le principe de faveur. En détruisant ça, on a tué de l'intérieur la possibilité de ce type de négociation. Voilà aussi pourquoi le président Macron est une des personnes qui a été depuis toujours le plus hostile à ce qu'ils appellent les corps intermédiaires et a passé son temps à détruire tout ce qui pouvait contribuer favorablement au rapport de force des travailleurs.

Et c'est la raison pour laquelle des milliers de postes de délégués ont été supprimés dès le début du mandat de monsieur Macron. Il y avait donc dès le début, comme dans tous les débuts de présidence, une intention, je dis contre révolutionnaire en faisant référence au caractère révolutionnaire des événements de la libération ou des années 80 qui ont modifié complètement les relations de travail et la capacité des travailleurs d'intervenir dessus. C'est entre les deux qu'il faut choisir et que nous faisons notre choix, celui de la République sociale.

Non, le prix du travail ne sera pas un prix libre et nous devons établir à quoi il est attaché. Ça ne peut pas être la comparaison des prix, ça peut être qu'une chose, ce que coûte la production de la qualification et comment elle se transmet. Car qualification n'est pas compétence.

La bataille internationale, c'est qu'ils veulent qu'on reconnaisse des compétences et pas des qualifications. Et qu'il les découpe en petit bout les qualifications pour en faire des compétences comme toujours pour déshumaniser le travail et pour empêcher un travailleur de contrôler une chaîne trop longue de la production ou de du geste professionnel qu'il est capable de produire. Donc les qualifications ne sont pas des compétences, elles vont au-delà et elles intègrent le fait que elles sont la propriété, si j'ose dire, je mets des grosses guillemets à propriété du travailleur et que donc c'est ce qui justifie sa rémunération et non pas le poste de travail qui l'occupe.

Là encore, je donnerai un exemple. C'est ma France he que nous sommes allés voir où on m'a expliqué en long en large et en travers comment la bataille s'était livré contre le patron sur le thème suivant le poste de travail auquel tu es é différemment. Or, les types disaient "Mais nous on est nous on n'est pas des personnes différentes suivant qu'on va là ou qu'on va là et le trimestre prochain tu vas pas me coller à tel endroit où je vais gagner 10 % moi et le trimestre d'après, si j'étais bien mignon, j'irai à l'autre où je pourrais avoir un petit chouya de mieux." En tout cas le le chouat prévu.

Bref, la qualification est attachée à la personne du travailleur et c'est elle qu'on rémunère. C'est elle qu'il faut évaluer, c'est elle dont il faut apprécier. Si on veut aussi d'après certains critères de marché et bien on peut aussi apprécier la rareté ou l'abondance, la disponibilité mais en tout cas il n'y aura jamais un prix qui sera inférieur à celui que coûterait sa production et sa reproduction.

Là aussi, il y a eu souvent des discussions sur le sujet, mais pour ma part, je dois dire que même si je ne le suis pas dans toutes ces conclusion, parce que comme je lui ai dit une fois, bah il y a plus cas, mais Bernard Friot nous apporte beaucoup dans la démarche qu'il a à propos de ces points que je viens d'évoquer, la qualification comme cœur de la rémunération dans la lutte de classe et deuxièmement le fait qu'il est attaché à la personne et pas au poste. Je je dis que je me mets à distance de Bernard Friot juste sur un point parce que pour réaliser son projet politique, il faut collectiviser toute la plusvalue. Bah je dis à plus enfin bon ça ça s'appelle une révolution.

Alors c'est pas tout à fait ce qu'on a prévu dans le moment la confiscation de toute la plusvalue. Je dis pas que je sais pas les circonstances historiques amèneront les plus jeunes d'entre nous à procéder à cette opération salutaire mais à porter de vue ça a pas l'air encore dans nos moyens de rapport de force tel qu'on l'a aujourd'hui dans la société. Donc, je vais achever là-dessus au fond la question de l'estimation correcte du prix du travail, c'est-à-dire respectueuse de la qualification et du caractère anthropologique global de la place du travail dans la société. et ce qui nous permet de nous poser correctement les deux modèles.

Le modèle du moins cher en face du modèle du le carnet de commander plein parce que les gens sont bien payés et comme ils sont bien payés alors ils se payent du travail salarié pour s'éviter la peine de le faire soi-même. Si bien que le point de repère n'est ni l'accumulation dont le process est ralenti, tout le monde le sait, depuis maintenant 40 ans et même plus 50 ans, l'accumulation, le process d'accumulation a été divisé par de ce qu'il ne faut pas confondre avec le process de concentration du capital, c'est pas la même chose, et de concentration de la richesse. Et donc la parade qu'a trouvé le capital, c'est cette surexploitation du travail par la délocalisation, par la déshumanisation.

Et cette réponse atteint sa limite aujourd'hui puisque tous les pays sont affectés de la même crise interne qui est que bah pour produire faut encore qu'il y ait quelqu'un qui achète parce que le capital n'est pas une chose mais un processus et il est tout à fait clair que si vous avez une voiture que vous l'avez acheté c'est une voiture vous déplacez avec si vous l'achetez pas c'est un tas de ferraill donc par conséquent ils sont tous engagés là-dedans et il faut qu'ils en ressortent et la voie qu'ils ont choisi n'est pas la bonne. en tout cas à nos yeux et dès lors on doit être vigilant sur les conditions dans lesquelles le travail s'effectue. Je pense en particulier à ne pas croire au Baliverne qui ont conduit à ce que eux-mêmes des chiffres désastreux.

Baliverne c'est "Ah bah quand je suis arrivé dit monsieur Macron, il n'y avait que 300000 apprentis." Bah encore heux, il y en ait déjà trop. 300000 apprentis, il y en a 1 million maintenant. l'apprentissage du point de vue de l'acquisition des connaissances scientifiques globales nécessaire parce que tout métier est devenu une science pratique de nos jours.

Le métier sans qualification, ça n'existe pas et les qualifications sans savoirs généraux, ça n'existe pas non plus. Donc cette idée d'avoir mis des milliers de jeunes en apprentissage 100 m d'apprentissage et combien même il y en aurait-il ? Le rôle d'un salarié, c'est pas forcément de former les autres.

Et que peut faire l'apprentissage sinon reproduire tout le temps les mêmes process vous savez pas. Essayez de passer d'une machine à commande manuelle à une machine à commande numérique et vous verrez qu'il suffit pas de donner une banane au travailleur quand il appuyait sur le bon bouton pour être sûr qu'il continue à appuyer sur le bon bouton. Donc il y a une acquisition de savoirs généraux qui est absolument indispensable et que évidemment le capital a toujours intérêt à sous-évaluer.

Moi, j'ai vu des jeunes gens faire des carlingues de bateau ou d'avion. ça se règle au micron et on le le proviseur de l'établissement m'avait expliqué que bon bah là c'était des trucs qui faisaient à Matelem pour refroidir tout le monde. Mais je vous garantis que les jeunes gens qui étaient là étaient pas payés à la sortie le même prix que les autres qui étaient sortis des grandes écoles et qui pourtant faisaient la même chose.

Donc ne pas croire. Alors pourquoi je dis ça alors vaut des chiffres désastreux ? Parce que après quand ils repassent, ils se disent "Ah où est passé la productivité du travail ?" Ben évidemment, si tu as collé 1 million de gens dans les entreprises qui n'auront jamais encore heureux la productivité du travail des gens formés, bah à la sortie, vous avez une baisse de la productivité du travail.

Et comme partout, ils ont collé des gens avec des niveaux de compétences extrêmement limités volontairement pour pouvoir exploiter, y compris la production de du prix de du travail lui-même. J'en donne qu'un seul exemple. Il y avait un programme au Mexique qui existe toujours qui était payé.

Alors ça consistait, alors le gars venait ou la fille venait, il arrivait devant l'usine, on lui disait "Bon, bien sûr, vous êtes bienvenu tout ça, mais vous savez faire des voitures vous ?" "Ah bah non, c'est la première fois que je viens, c'est si compliqué que ça ?" Non non, c'est pas si compliqué.

Il faut serrer deux boulons, pousser trois tôes. Alors bon bah oui, mais il faut savoir le faire. Donc vous avez qu'aller là, il y a une école justement, c'est l'école de l'entreprise que tu payes pour aller te faire ta formation et tu reçois un papier avec lequel tu reviens voir le même gars que tu as vu avant et tu lui dis "Bah voilà, j'ai le papier." Alors l'autre lui dit "Bon ben c'est très bien là, vous avez une bonne durée de compétences avec une péremption à 5 ans." Donc voilà, c'estàd tu as un diplôme qui vaut 5 ans et évidemment au bout de 5 ans, bah tu as plus qu'à aller chercher l'autre mais la durée de vie d'une bagnole c'est 7 ans.

Donc tu es certain que au bout de 7 ans, ce que tu as ton papier, tu en fais un chapeau sur ta tête, c'est à peu près tout ce que tu peux faire avec parce que la même entreprise va te demander de retourner pour aller acquérir la compétence suivante, c'est-à-dire le petit bout de qualification. pour serrer tel ou tel boulon plutôt que que tel autre. Donc, on voit que c'est d'un bout à l'autre, c'est-à-dire la production de la capacité de travail qui n'est pas juste produire et reproduire un être humain, c'est l'éduquer, l'entourer, qu'il ait une vie qui lui permette ensuite d'être présent sur le poste de travail salarié avec une efficience qui nécessite le recours à toutes ces choses, aussi bien artistiques que scientifiques.

Et puis ensuite, ça va être dans le déroulement du travail. Est-ce que c'est le poste ou est-ce que c'est le qualifier ? Et puis ensuite, ça va être ben dans la valeur d'usage de ce qui est produit.

Et pourquoi le produit-on dans ces conditions et pourquoi accepte-ton de le faire ? Chaque fois vous achetez un t-shirt, pensez que vous faites partie de l'immense l'immense armée des gaspilleurs puisque 30 % de tous les t-shirts qui sont produit ne serviront jamais à rien, ne seront jamais vendus et sont immédiatement détruits. C'est-à-dire que ce système a prévu une abondance qui lui permet de saturer des marchés dans le seul but de les dominer mais sans qu'il y ait aucune valeur d'usage ou aucune valeur d'échange par la totalité de ce qui est produit.

Bon voilà, j'espère que j'ai été assez concis mais la question est globale, la question du prix du travail et une question anthropologique et le résultat d'un rapport de force sociale. [Applaudissements]