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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 22 décembre 2021 26 min

Sébastien Chenu : "on laisse ce bordel permanent parce qu’on est dans une stratégie du tout vaccinal"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Alexandra Bensaïd, Jérôme Cadet, le 7-9. Invité du grand entretien avec Alexandra Bensaïd, Sébastien Chenu, bonjour. Bonjour monsieur, bonjour madame. Bonjour. Député du Rassemblement National du Nord, porte-parole de Marine Le Pen dans cette campagne présidentielle. Les auditeurs d'Inter vous posent leurs questions au 01 45 24 7000 ou via les réseaux sociaux et l'application France Inter. Sébastien Chenu, le gouvernement veut accélérer face à la propagation du variant Omicron, dont on sait qu'il est très contagieux mais dont on ne connaît pas encore précisément la dangerosité.

Plus 72 000 cas de Covid recensés hier dans le pays, plus de 3000 patients actuellement en réanimation. C'est du jamais vu depuis le mois de mai. Le projet de transformation du pass sanitaire en pass vaccinal va être présenté en Conseil des ministres dès lundi prochain. Il sera examiné par le Parlement entre Noël et le Nouvel An. Le gouvernement espère une adoption dès la première quinzaine de janvier. Vous avez déjà dit votre opposition à ce pass. Alors faut-il ne rien faire ? Faut-il faire autrement ?

1:01
Sébastien Chenu

Il ne faut pas ne rien faire, évidemment. Quelle est la situation de notre pays aujourd'hui ? On a 90% des Français qui se sont vaccinés. Il faut d'ailleurs saluer la belle discipline des Français sur cette vaccination. Discipline qui a été un peu orientée puisque si vous ne vous vaccinez pas, grosso modo, et ce sera encore plus le cas demain avec le pass vaccinal, vos libertés deviennent excessivement contraintes, voire votre vie sociale sera définitivement abîmée si vous n'êtes pas vacciné. Donc nous avons 90% des Français qui sont vaccinés.

A côté de ça, le virus circule de façon importante et nous avons un nombre de cas excessivement importants d'après les chiffres que vous citez qui montrent une chose, c'est que le vaccin empêche les cas graves, ce qui est déjà formidable, mais en revanche ne peut pas être la réponse à tout puisque vous pouvez vous-même transmettre, vous pouvez vous-même être infecté du virus tout en étant vacciné. Moins en étant vacciné que sans l'être. Donc il est une partie de la réponse et pas toute la réponse.

C'est bien le problème d'ailleurs et c'est bien ce que nous reprochons au gouvernement, c'est cet engrenage du toujours plus, cette espèce de course à la contrainte que les Français sont en train de vivre parce que le gouvernement n'active pas un certain nombre de leviers que nous lui demandons, nous, les oppositions, un certain nombre de médecins également d'activer et qu'ils préfèrent s'en remettre à une politique du tout vaccinal qui, encore une fois, n'est pas l'unique réponse à ceci.

2:30
Présentateur

Vous voterez contre le pass vaccinal ?

2:31
Sébastien Chenu

Je voterai contre le pass vaccinal parce que je pense que ça ne sert à rien et parce qu'en plus je pense que ça rogne sur les libertés des Français.

2:38
Présentateur

Alors, comment fait-on pour convaincre les 5 à 6 millions de Français qui ne sont pas vaccinés de l'être dans les prochaines semaines ?

2:45
Sébastien Chenu

Il y a plusieurs leviers qui ne sont pas activés par le gouvernement. Le premier, j'écoutais hier le professeur Perrault-Mort de l'Institut Cochin, de l'hôpital Cochin, pardon, qui disait cela également, et je trouve que ça avait beaucoup de bon sens, c'est le ciblage des populations à risque. Je vous donne un exemple, je suis moi-même élu d'une ville qu'on dit pauvre, qui est pauvre, la ville de Denain, dans laquelle 30% de la population, m'a dit le maire, 30% de la population n'est pas vaccinée. Dans cette ville, il y a davantage de problèmes de santé qu'ailleurs. Pourquoi ?

Parce que les gens qui ont des difficultés sociales se soignent moins, parce qu'on est dans une ville de mineurs, donc il y a eu davantage de maladies, parce qu'il y a de la malnutrition, donc on a des gens qui ont plus de problèmes de santé. 30% de la population n'est pas vaccinée, avec des gens qui sont des populations beaucoup plus à risque. Donc c'est le ciblage des gens qui peuvent déclencher des formes graves, qui doit être orientée. Je ne vois rien du côté des politiques publiques qui sont menées. La deuxième chose...

3:41
Présentateur

Mais il y a des centres de vaccination à Denain comme ailleurs.

3:43
Sébastien Chenu

Mais monsieur, parfois, lorsque vous n'avez pas de moyens de transport, lorsque vous êtes très démuni, pour des raisons économiques, pour des raisons logistiques, pour des raisons sociologiques, vous êtes loin de la vaccination et loin de cette approche-là. La deuxième chose, ce sont des campagnes de tests et d'autotests gratuits à lancer au maximum. Là encore, le gouvernement n'est pas dans cette logique-là. Nous, nous pensons qu'effectivement, il faut que les Français soient des gens responsables et libres. Être libre, ça veut dire être responsable, et inversement. Eh bien, ce n'est pas fait par le gouvernement. Ce ne sont pas les voies qu'il a choisies.

4:17
Présentateur

Mais quand les soignants vous disent « On n'en est plus là, la cinquième vague est trop haute. L'omicron va être une déferlante. » Nous, dans nos services, ce que nous avons, c'est, je cite par exemple Jean-Paul Stah, l'infectiologue, professeur au CHU de Grenoble, il disait en début de semaine, « Dans mon CHU, sur les huit personnes hospitalisées en réanimation, sept n'étaient pas vaccinées. » Est-ce qu'on en est encore là ? Est-ce qu'il ne faut pas en effet se décider à passer la vitesse supérieure ?

4:41
Sébastien Chenu

Mais on en est encore là parce que c'est effectivement les personnes qui ont des risques de faire des cas graves qui ne sont pas ciblées. Mais vous touchez du doigt le troisième levier qui n'a pas été activé par le gouvernement, ça fait deux ans. Ça va faire deux ans. Enfin, on a commencé à parler du Covid en décembre, il y a deux ans. C'est la situation dramatique de l'hôpital public. Je reprends cette source hier qui m'a beaucoup interpellé, du professeur Perrobord, qui nous dit que, par exemple, à Cochin, 50% des salles d'opération sont fermées. 5 700 lits ont été fermés.

Donc, en réalité, les soignants vous disent qu'au-delà d'ailleurs de la problématique de la suradministration de l'hôpital public, qui est gérée comme une administration et non pas comme un service public de soins, eh bien, vous avez cette problématique de l'hôpital public qui n'a pas été traitée depuis deux ans. Bien avant, évidemment.

5:27
Présentateur

Il y a une ségure de la santé,

5:28
Sébastien Chenu

disait le milliard ? Mais, madame, qui n'a servi à rien, vous disent tous les professionnels. Moi, j'ai regardé un petit peu. L'hôpital est toujours suradministré. Il est toujours géré de façon comptable. On a fermé des lits. On ferme des services d'urgence. Je vous donne l'exemple, par exemple, de l'hôpital, moi qui suis des Hauts-de-France, de l'hôpital de Sanlis, dans l'Oise. Les urgences qui ferment... Faute de personnel. Faute de personnel. Mais est-ce que, dans un pays comme la France, on peut accepter, pour répondre au Covid, d'avoir un hôpital public dans un tel état d'effondrement ?

Et on dit, avec beaucoup de cynisme, le Premier ministre dit, avec beaucoup de cynisme, faites des heures supplémentaires, elles seront payées. Les infirmières ne peuvent pas prendre des heures supplémentaires.

6:04
Présentateur

Dans cette situation d'urgence, que feriez-vous de différent ? Vous dites, ce problème de l'hôpital, il est structurel, il y a eu beaucoup d'argent mis sur la table qui n'infuse pas visiblement assez vite. Peut-être que c'est difficile de modifier toute la structure de l'hôpital public. Dans une situation d'urgence, que ferait le Rassemblement national au pouvoir ?

6:21
Sébastien Chenu

Madame, ça fait deux ans que ça dure. Ça fait deux ans que l'hôpital public est effondré. Donc la première des choses, ce serait effectivement de retaper l'hôpital public. Ça met du temps. Évidemment, ça demande des moyens, mais c'est un levier qui n'a pas...

6:32
Présentateur

Mais vous mettriez plus d'argent encore ?

6:34
Sébastien Chenu

Ciblage, bien entendu. L'hôpital public et le service public dans notre pays, les services publics dans notre pays, doivent redevenir des priorités. Service public, vous le voyez, la magistrature, l'école, tous les services publics crient famine. On ne peut plus continuer comme ça. Je vous dis ce que nous ferions. Oui, ciblage des populations à risque. Campagne de test et d'autotest gratuits. Contrôle des eaux usées. Gestion des frontières, car on nous a dit que fermer les frontières n'empêche pas un virus d'arriver, mais retarde son arrivée. C'est ce qu'on nous avait dit.

Or, j'ai bien noté que pendant trois semaines, un mois, on nous a parlé d'Omicron et que les frontières étaient restées désespérément ouvertes. Là encore, alors que la dernière fois, le gouvernement, lors d'une dernière vague, avait au bout d'un an accepté de fermer et de contrôler les frontières. Ils ont du mal parce qu'idéologiquement,

7:22
Présentateur

ils ne veulent pas le faire. Vous parlez des tests et des autotests, Sébastien Chenu. Une fois qu'on est testé positif, qu'est-ce qu'on fait ? Alors, il faut isoler plus strictement les populations ? Non, mais quand on est testé positif, on s'isole. Il faut plus de contrôle parce que personne ne contrôle l'isolement des malades aujourd'hui.

7:37
Sébastien Chenu

Je ne crois pas du tout à l'infantilisation des Français. Je crois à leur responsabilisation. Et on a bien vu, les Français sont des gens responsables. Mais si vous voulez, quand vous leur dites qu'ils vont être contrôlés lorsqu'ils prennent le train, le TGV, et qu'ils ne le sont pas lorsqu'ils prennent le métro, vous ne pouvez pas ensuite demander aux Français d'être responsables. Non, mais parce que vous avez des situations de la vie qui sont absolument ubuesques. Moi, je crois à la responsabilisation des Français. Mais pour l'isolement, il faut donner aussi les possibilités de l'isolement.

Vous avez des gens qui, dans des situations professionnelles, familiales, n'ont pas forcément les moyens de s'isoler. Vous parlez de liberté, l'isolement, c'est moins de liberté. Non, mais l'isolement qu'on fait soi-même, bien sûr. Mais quand on est atteint, quand on est contagieux...

8:18
Présentateur

Donc, est-ce qu'on ne vient pas forcément à rogner sur les libertés dans cette situation ?

8:21
Sébastien Chenu

Mais ce signe, ça fait deux ans que ça dure. Les possibilités d'isolement, elles n'ont pas été non plus anticipées. Est-ce qu'on a proposé à des femmes qui vivent avec leurs gamins dans des appartements, si elles se découvrent malades, comment elles vont s'isoler ? Est-ce qu'on a proposé à des gens qui travaillent ? Non, on laisse, en fait, cette espèce de bordel permanent parce qu'on est dans une stratégie du tout vaccinal qui n'est pas la seule réponse.

8:42
Présentateur

Et j'aimerais mieux comprendre votre position, Sébastien Chenu. Les scientifiques, les soignants, le professeur Alain Fischer, à votre place, lundi, disent auprès de 6 millions de non-vaccinés, vaccinez-vous. Vous qui êtes un élu, vous leur dites quoi ?

8:56
Sébastien Chenu

Je dis, soyez des gens libres et responsables. Regardez le bénéfice-risque, par exemple. Je vous donne un exemple. Donc, vous dites, c'est votre libération. Ne vous vaccinez pas obligatoirement. Non, non, moi, je ne suis pas du tout un anti-vax. Vous êtes vacciné ? Je me suis vacciné. C'est une question un peu intrusive. Vous êtes élu. Oui, mais ce n'est pas parce qu'on est élu qu'on doit vous donner votre bilan médical. Mais je me suis vacciné parce que j'ai considéré, deux choses, que le bénéfice-risque, pour moi, était intéressant. Je n'avais pas envie d'attraper le Covid et peut-être d'en faire une forme grave. Pourquoi pas ?

Donc, je me suis vacciné parce que je n'ai pas de défiance vis-à-vis du vaccin à titre personnel. Puis, je me suis dit que ça pouvait protéger les gens qui pouvaient m'entourer. Donc, j'ai fait cette démarche. Mais c'est compliqué de dire aux gens ce matin « Allez-y, vacciner. » Je l'ai faite librement. Mais lorsque j'entends qu'on en est à vouloir vacciner des gamins, je vous cite d'autres médecins, le docteur Kirzek, le docteur Perromore, dont j'ai parlé ce matin, qui vous disent que c'est une hérésie. Ce qu'il faut, c'est vacciner, suivre, cibler les gens qui ont des problèmes de santé. Et de l'autre côté, laisser les Français, avec liberté et responsabilité, poursuivre leur vie.

Sinon, cette course à l'enfermement que nous dépeint Emmanuel Macron, mais d'autres aussi, Valérie Pécresse, etc., pour affoler les Français,

10:05
Présentateur

n'aura d'effet qu'inverse. Le Conseil de la stratégie vaccinale devrait donner son accord aujourd'hui pour la vaccination des enfants. Vous en parliez, Sébastien Chenu, pour les 5-11 ans. Le journal Le Parisien rappelle quelques chiffres ce matin. 145 enfants hospitalisés hier pour cause de Covid, 27 en réanimation. Là encore, ce sont des chiffres jamais vus. Si ça peut empêcher cela, pourquoi ne pas proposer la vaccination pour les moins de 12 ans ?

10:28
Sébastien Chenu

Non, mais la proposer, c'est une chose. Ce sont les parents, de toute façon, qui prennent les décisions. Donc moi, ce que je crois, c'est que là encore, ce sont les parents qui arbitreront, ils feront bien ce qu'ils voudront. Mais j'entends des voix du monde médical, je ne suis pas médecin, je suis un politique. Je ne suis pas médecin, et j'entends des voix du monde médical qui vous disent, ça n'a pas d'intérêt, parce que le nombre de cas graves est extrêmement faible, parce que les enfants sont entourés, a priori, de gens qui sont vaccinés, leurs parents, etc. Donc ça n'a a priori pas d'intérêt.

Parce que si vous voulez, cette course à l'enfermement, cette course au toujours plus de vaccination va nous amener à quoi ? Vous vaccinez 10 fois dans l'année ? On finira quoi ? Par se vacciner tous les mois ? Il y a un problème quand même. Pourquoi ? Parce qu'à chaque variant, on va devoir redire, écoutez, revaccinez-vous, vos défenses baissent à nouveau.

11:17
Présentateur

Chaque année, on se vaccine contre la grippe.

11:19
Sébastien Chenu

Oui, mais enfin, la grippe, d'abord, il n'est pas aussi efficace, donc ce n'est pas exactement pareil, le vaccin contre la grippe n'est pas d'ailleurs aussi efficace. Ça n'empêche pas la contamination ? Ça n'empêche pas la contamination. Ça empêche de mourir. Les publics qui se vaccinent contre la grippe sont des publics cibles en réalité. D'ailleurs, la gratuité du vaccin contre la grippe, il est fait vis-à-vis de publics cibles. Donc on a fait avec la grippe cette démarche d'aller vers des publics cibles qui sont généralement des gens plus âgés.

11:43
Présentateur

Vous êtes un politique, Sébastien Chenu, vous l'avez dit, on passe à la politique. Le contexte Covid pèse évidemment sur cette campagne. Le Rassemblement national a une convention présidentielle importante avec beaucoup de monde prévu les 15 et 16 janvier à Reims. Est-ce que c'est maintenu ?

11:59
Sébastien Chenu

Oui, a priori, c'est maintenu. Nous n'avons pas... Nous en sommes remis aux avis du Conseil constitutionnel qui permet qu'en période préélectorale, les réunions publiques se tiennent avec évidemment les gestes barrières, les masques, ce qui permet de se rassembler. C'est maintenu. Vous savez, nous nous sommes des gens disciplinés. Mais nous considérons aussi que la démocratie, elle doit pouvoir vivre. Et moi, je n'aimerais pas que Emmanuel Macron, profitant et agissant sur les peurs des Français, en vienne à essayer de faire disparaître tout débat démocratique, c'est-à-dire absence de réunion, de débat, etc., parce que le pays traverse cette crise et cette pandémie.

D'autres pays ont eu des élections très importantes, je pense aux Etats-Unis par exemple, en pleine pandémie. Nous avons traversé aussi des élections régionales et municipales avec la pandémie. Je pense que la démocratie doit pouvoir vivre. Et je pense surtout qu'il y a des tas de sujets parce que tant qu'on parle du Covid, on ne parle plus de rien d'autre. Précisément, qu'est-ce que ça change à votre campagne ? Ça limite les choses. Aujourd'hui, vous êtes de toute façon beaucoup plus limité. Vous faites attention. Vous savez, quand vous venez dans une réunion avec un masque, vous avez peut-être moins envie d'y aller.

Vous avez plutôt envie de rester devant votre télévision, regarder un meeting plutôt que de venir. Donc ça ralentit considérablement les échanges démocratiques. Ça veut dire que ça va donner une importance plus importante

13:16
Présentateur

aux réseaux sociaux, aux médias, plutôt qu'une forme plus traditionnelle ? Probablement. Est-ce que vous redoutez que certains s'abstiennent ? Que justement, l'abstention touche plus encore cet électorat populaire que vous visez et que vous êtes parvenu à conquérir ces dernières années ?

13:34
Sébastien Chenu

Oui, évidemment, et c'est aussi l'enjeu de cette élection présidentielle, qui est celui de l'abstention, qui est en nette augmentation dans notre pays, pour, à mon avis, plusieurs raisons. La première, si on met à part la Covid, qui, j'espère, sera dépassée, c'est aussi le résultat de politiques qui ont dit pendant des années qu'ils s'opposaient les uns aux autres et qui, lorsqu'ils sont au pouvoir, mènent les mêmes politiques, ont la même logique, avec la même absence de résultats.

Je pense que ça, c'est terriblement des mobilisateurs pour des Français qui, à un moment, espèrent envers des politiques des ruptures et qui voient que lorsqu'ils sont aux responsabilités, je pense notamment à la droite, puis à la gauche, puis à Macron, font exactement les mêmes politiques. Ça, je pense que c'est très des mobilisateurs.

14:18
Présentateur

Le premier tour, Sébastien Chenu, de cette élection présidentielle est dans trois mois et demi. Le dernier sondage, Ipsos Soprasteria, réalisé pour Le Monde, la fondation Jean Jaurès et le Civipof, la semaine dernière, auprès de 10 000 Français, confirment la percée de Valérie Pécresse, qui est donnée en deuxième position derrière Emmanuel Macron. Elle est à 17 %, quand Marine Le Pen et Éric Zemmour se situeraient autour de 14,5, donc éliminés dès le premier tour. Est-ce qu'ils vous plombent, Éric Zemmour ?

14:41
Sébastien Chenu

Bon, alors, le chiffre du sondage d'hier est un peu différent. Valérie Pécresse est en baisse et Marine Le Pen est à un point d'aide. 17, 16. On est dans la marge d'erreur. Éric Zemmour est à 13, ce qui n'est plus exactement la même chose. Donc, on a aujourd'hui une offre politique qui est un peu différente. Qu'est-ce qu'on a sur la table ? On a une Valérie Macron qui est une candidate des Républicains. C'est ainsi que vous l'avez baptisée ? Oui, je crois que c'est comme ça. Ça évite un long discours. Valérie Macron, c'est le même profil, c'est le même profil, la même logique, la même philosophie qu'Emmanuel Macron. Il y a des différences de degrés, mais pas des différences de nature.

Ce que je dis n'est pas infamant. Valérie Macron est une libérale, est une européiste. Elle l'a montré. Elle a le droit. C'est son chemin, mais elle ne l'assume pas tellement en ce moment. Et donc, je pense qu'en réalité, elle ressemble beaucoup au président de la République. Nous, nous proposons, et Marine Le Pen va proposer à Valérie Macron-Pécresse, Pécresse-Macron, un débat, justement, pour voir quelles sont les vraies différences qu'il y a, parce qu'elles sont nombreuses, avec cette candidate libérale qui est en baisse aujourd'hui. On l'a vu à l'œuvre.

On sait très bien que la volonté des Républicains, ou en tout cas leur expression, à 20h01, le soir du premier tour, s'ils ne sont pas qualifiés, ce sera d'appeler à voter pour le président de la République. Donc, Marine Le Pen va proposer un débat à Valérie.

16:00
Présentateur

Vous avez du mal à vous exprimer sur Éric Zemmour, Sébastien Cholot ?

16:02
Sébastien Chenu

J'y viens. Éric Zemmour avait fait un pari qui était celui d'être devant la droite classique et devant Marine Le Pen. À Noël, d'ailleurs, il avait dit je serai devant eux et donc je serai celui qui réunira les deux. Ce pari, il faut s'est constaté qu'il n'est pas tenu. Le score d'Éric Zemmour, on peut dire, s'érode, le temps passant. Et moi, ce que je ne vois pas, c'est la valeur ajoutée d'une candidature d'Éric Zemmour aujourd'hui. Je ne vois pas ce qu'il apporte de plus, c'est qu'il a une solution incroyable. Il dit la même chose que vous ? Oui, mais, monsieur, son pari n'est pas tenu mais surtout son maintien aujourd'hui permet la qualification de Pécresse face à Macron.

C'est son maintien qui permet ça. Divise les voies du camp national alors que s'il n'était pas candidat, Marine Le Pen avec beaucoup plus de facilité se qualifierait face à Emmanuel Macron et avec la possibilité de proposer deux chemins très différents. Emmanuel Macron propose un chemin à Marine Le Pen en propose un autre. Ils sont très différenciants. Aujourd'hui, la candidature d'Éric Zemmour est une candidature qui n'apporte rien de plus mais qui divise. Donc, je ne vois pas tellement le sens de continuer ainsi.

17:04
Présentateur

Est-ce qu'il va y avoir un débat, Marine Le Pen et Éric Zemmour ?

17:06
Sébastien Chenu

Marine Le Pen est d'accord pour faire tous les débats avec tous les candidats. Elle avait dit... Mais la question,

17:11
Présentateur

est-ce que ça va arriver ?

17:11
Sébastien Chenu

Non, mais elle l'a proposée elle-même. Donc, ça arrivera. Il y a des contacts avec l'équipe de campagne d'Éric Zemmour ? Non, mais ce n'est pas nous qui organisons le débat. Mais je crois qu'elle a proposé un débat à Éric Zemmour. Elle a proposé un débat à Valérie Pécresse-Macron. Elle l'affrontera dans les débats les gens qui sont candidats à l'élection présidentielle sans aucun problème. Et c'est vrai que cette proposition de débat à Valérie Pécresse-Macron, nous la faisons finalement aujourd'hui de façon un peu plus officielle.

17:37
Présentateur

Dernière question avant d'accueillir les auditeurs d'Inter à l'antenne. Éric Zemmour a publié hier une vidéo dans laquelle il lance un appel au maire car il craint de ne pas avoir les 500 signatures. Est-ce que vous pensez qu'il aura du mal à être candidat ?

17:49
Sébastien Chenu

Mais nous avons tous Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Éric Zemmour des difficultés à rassembler des signatures de maires. C'est une réalité.

17:58
Présentateur

Vous en êtes à combien vous ?

17:59
Sébastien Chenu

Je crois qu'on en est à peu près à 420 au moment où je vous parle. Je vous donne un chiffre qui me semble correspondre vraiment à la réalité. C'est difficile. Les maires vous disent nous sommes dans des moments qui sont des moments budgétaires dans les collectivités. Ils vous disent je ne veux pas être embêté par mon président d'agglo. Ce n'est même pas par les électeurs. Je ne veux pas être embêté par mon président d'agglo qui me dit si tu signes pour tel ou tel candidat on ne te financera pas ton école. Ça suffit.

Donc évidemment tout ça est difficile et ce n'est pas le signe d'une démocratie très mature que d'obliger des candidats qui pèsent si fort dans l'opinion à passer autant de temps à chercher des signatures.

18:35
Présentateur

Vous souhaitez qu'Éric Zemmour soit candidat ? Je souhaite que tous ceux

18:38
Sébastien Chenu

qui représentent quelque chose dans l'opinion puissent s'exprimer en bénéficiant des 500 signatures.

18:42
Présentateur

Jean-Luc est au standard de France Inter et il nous appelle du Var. Bonjour Jean-Luc.

18:47
Auditeur

Oui bonjour monsieur.

18:49
Présentateur

Votre question pour Sébastien Chenu.

18:50
Auditeur

Bonjour France Inter et votre équipe extraordinaire qui fait toujours d'excellentes émissions. Donc je voudrais poser une question à monsieur Sébastien Chenu pour savoir si lui et son clan de Marine Zemmour n'ont pas honte pour ratisser des voix de militer pour l'antivax. Parce que pour connaître pas mal de copains qui sont médecins chez SOS Médecins et tout ils savent très bien que l'appeler trois quarts des gens qui sont aujourd'hui en grand danger dans les hôpitaux parce qu'atteints par le Covid sont des gens non vaccinés. Est-ce que quelque part il n'a pas honte de remuer cette corde-là pour essayer d'acquérir des voix ?

19:32
Présentateur

Merci Jean-Luc qui vous interpelle Sébastien.

19:35
Auditeur

C'est mon clan de Marine Zemmour.

19:36
Présentateur

Voilà. Votre réveille Jean-Luc

19:38
Sébastien Chenu

Monsieur et merci pour cette question si modérée et mon clan Marine Zemmour vous embrasse Monsieur vous qui êtes dans le Var et qui avez probablement bien de la chance Monsieur soyons sérieux nous ne militons pas nous ne sommes pas des antivax Monsieur nous sommes des gens de liberté nous sommes des gens de responsabilité j'ai passé beaucoup de temps à expliquer ce matin que la réponse vaccinale n'était pas tout ce n'est pas être antivax que de dire cela j'ai proposé j'ai proposé des solutions nous avons proposé des chemins si vous ne voulez pas les entendre Monsieur vous avez parfaitement le droit faites ce que bon vous semble Monsieur faites ce que bon vous semble pour votre santé et la santé des autres mais considérez que la liberté est encore une valeur cardinale dans ce pays en tous les cas c'est comme ça que je la conçois cher Monsieur Claude nous appelle de Nice

20:25
Présentateur

bonjour Claude

20:25
Auditeur

oui bonjour

20:27
Présentateur

nous vous écoutons

20:29
Auditeur

et bien écoutez je voulais dire à Marine Le Pen qu'elle n'a qu'à continuer comme ça et les élections sont bouclées pour elle en général la base de la politique c'est que l'intérêt général doit être passé en premier l'individu n'est pas libre quand il est en société il doit suivre les règles qui sont fournies par le CHS il suffit de suivre le texte d'Antigone et M. Chenoulou ne connaît pas et bien il apprendra

20:57
Présentateur

intérêt général face à intérêt individuel nous dit Claude

21:01
Sébastien Chenu

bon je vois que Monsieur cette seconde question est encore celle d'un fan alors il y a énormément de questions sur l'application sur ce que vous dites

21:12
Présentateur

sur le vaccin

21:12
Sébastien Chenu

nous ce que nous proposons Monsieur c'est de rendre aux français leur pays et leur argent c'est à dire que nous sommes dans une guerre de préservation de ce qu'est notre pays et l'intérêt général il est celui-ci la laïcité est effondrée dans notre pays Monsieur nous sommes minés par toutes ces idéologies en isme l'islamisme le wokisme avec toutes ces conneries de cisgenres binaires intersectionnelles tout ce qui fait du mal à notre société toutes ces idéologies en isme nous menacent et il est là l'intérêt général Monsieur et donc oui nous sommes un rempart nous sommes les militants de la préservation de ce qu'est notre pays de la préservation de ce qu'ont construit les français dans l'intérêt général notre système social nous sommes là pour le défendre face à un président qui est un président déconstructeur alors c'est vrai nous ne sommes pas dans la même logique que le président de la république mais nous nous considérons encore que la France l'état-nation a quelque chose à dire sur la scène nationale a quelque chose à préserver et bien peut-être que vous n'êtes pas d'accord vous avez parfaitement le droit mais sachez qu'il y a des français qui veulent encore préserver ce qu'est la France et rendre aux français leur payer leur argent

22:16
Présentateur

je parlais de la vaccination des enfants de 5 à 11 ans le gouvernement donne son feu vert à la vaccination de tous les enfants de 5 à 11 ans voilà ce que dit ce matin le cabinet du ministre de la santé vaccination qui ne sera pas obligatoire mais ouverte donc à ces enfants énormément de questions pour vous Sébastien Chenu sur cette vaccination je vous y lis celle-ci ne faudrait-il pas faire supporter les frais d'hospitalisation en soins intensifs par les patients qui y sont admis et qui ont refusé de se faire vacciner sans avoir de contre-indications médicales et là justement c'est la question de la collectivité qui serait obligée de supporter le choix individuel quand pensez-vous ?

22:51
Sébastien Chenu

je trouve ça épouvantable parce que cette logique vous amènerait à faire supporter à des gens qui consomment de la drogue le coût de leur prise en charge à des gens qui sont tombés dans cette maladie de l'alcoolisme leur prise en charge je crois que c'est pas la logique française en tous les cas moi je ne crois pas à ça je m'y opposerais je pense que notre grandeur c'est effectivement de soigner nos compatriotes alors certes notre système social il est aujourd'hui ouvert à tous les vents c'est peut-être ça qui a un coût aujourd'hui quand on voit que la France est une sorte de guichet médical ouvert à tous les vents on l'a vu la semaine dernière expliquant le nombre de milliards que cela coûtait oui ça pose un problème mais si l'idée c'est de dire aux gens lorsqu'ils ont une maladie qu'ils ne seront pas pris en charge parce qu'ils ont fait d'autres choix de vie ou parfois ils n'ont pas pu d'ailleurs les faire ils y ont été contraints je ne crois pas du tout à ce schéma là et je me battrai pour que jamais la France ne ressemble à ce genre de pays

23:40
Présentateur

quand vous parlez de guichet ouvert à tous les vents et du coût que ça représente pour la France vous avez vu Sébastien Chenu j'imagine ce rapport de l'OCDE qui dit que l'immigration ne coûte rien à la France au contraire les immigrés apportent un petit peu au budget français et en tous les cas ne creusent pas son déficit qu'en pensez-vous ?

24:00
Sébastien Chenu

oui j'ai vu d'autres rapports aussi madame moi j'ai vu vous savez c'était un vieux débat qu'on va avoir est-ce que l'immigration est une chance et rapporte ou est-ce qu'elle a un coût là ce n'est pas un débat ce sont des chiffres oui mais moi j'ai d'autres chiffres l'AME ça coûte un milliard les mineurs non accompagnés ça en coûte deux justement

24:14
Présentateur

ils ont fait l'équilibre entre les coûts et les impôts et cotisations versent les immigrés

24:20
Sébastien Chenu

oui mais je crois qu'il n'y a pas enfin moi je conteste formellement ces chiffres parce que j'en ai d'autres moi je pense que l'immigration c'est un coût pour notre pays et pas seulement un coût direct sonnant et trébuchant je pense que c'est un coût indirect je pense que le regroupement familial est un coût indirect je pense que l'AME est un coût indirect je pense que le fait que 27 000 habitants d'Algérie d'Ivoire du Congo viennent se soigner chez nous chaque année c'est un coût très lourd pour nos finances qui pourront être mieux utilisées pour nos compatriotes

24:48
Présentateur

un dernier mot Sébastien Chenu Marine Le Pen était en visite à Mayotte le week-end dernier à Mayotte la majorité des français sont de confession musulmane et la FP a raconté une scène cocasse elle a été accueillie sur scène par ses partisans au cri d'Allah Ouagbar Allah est grand est-ce que ça vous a amusé est-ce que ça vous a dérangé

25:04
Sébastien Chenu

c'est une scène effectivement cocasse nos compatriotes de Mayotte sont effectivement en grande majorité musulmans moi je suis attaché à la laïcité les chants religieux dans un meeting les chants religieux dans un meeting moi ça me laisse pour le moins interrogatif maintenant vous savez bien que la situation de Mayotte est très particulière dans notre pays et j'aimerais qu'on considère nos compatriotes maorais comme des citoyens français à part entière et qu'on travaille plutôt sur le coût de la vie la submersion migratoire l'octroi de mer toutes ces problématiques sur lesquelles Marine Le Pen s'est exprimée plutôt que sur ses anecdotes

25:36
Présentateur

merci à vous Sébastien Chenu député du Nord député du Rassemblement National invité du Grand Entretien ce matin merci à vous

25:44
Locuteur

merci à vous