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InterviewRadio J — L'interview politique· 9 janvier 2025 14 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsRetraitesTravail & emploiÉconomie & entreprises

Philippe Brun - Le Barbier du matin du 09/01/25

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Est-ce que la fumée blanche approche ? Est-ce qu'on va avoir cet accord de non-censure ?

  • 0:43RelanceRéponse directe

    Ça négocie vraiment ou c'est simplement chacun expose ses vues puis au revoir, merci ?

  • 1:20OuverteRéponse directe

    Avez-vous abordé les points clés, c'est-à-dire les impôts, la réforme des retraites et les postes dans la fonction publique ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Alors reprenons ces sujets. Sur le sujet des impôts, on va vous dire que les armateurs ou l'énergie, ça permet la compétitivité de la France à l'international et d'avoir des marchés. Vous allez affaiblir peut-être l'économie française ?

  • 3:48OuverteRéponse directe

    Sur les plus hauts revenus, là aussi, ce sont des gens qui sont censés investir, consommer, créer des emplois. Est-ce qu'ils ne vont pas fuir ces contribuables ?

  • 4:19OuverteRéponse directe

    Sur les retraites, vous parlez de suspension de la mesure d'âge. La réponse du gouvernement, c'est de dire, attendez, ça coûte très cher, 3, 4, 5 milliards pour une année pleine, la première année.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:11Invité politiqueFait
    « Les Réunions se succèdent à Bercy pour négocier un budget, une absence de censure peut-être de la gauche. »
  • 1:35Invité politiquePromesse
    « Suspendre la réforme des retraites, le temps d'une grande négociation pour un système plus juste. »
  • 1:40Invité politiqueFait
    « Suspendre la mesure d'âge, qui est finalement l'élément le plus injuste du système puisqu'il fait travailler deux ans de plus des gens qui ont déjà leur trimestre et qui ont commencé à travailler très tôt. »
  • 1:57Invité politiqueChiffre
    « Dans 80% des cas, les salariés du privé sont couverts en cas d'arrêt maladie et non pas de jour de carence. »
  • 2:23Invité politiqueFait
    « C'est le cas des armateurs qui nécessitent une niche fiscale qui nous met au niveau de la Grèce aujourd'hui. »
  • 3:21PrésentateurChiffre
    « La filiale Trading d'énergie d'Engie a augmenté son profit de 67% l'année dernière, simplement sur la spéculation sur les matières premières et sur votre facture électricité. »
  • 3:33PrésentateurFait
    « L'intellectricité, on l'a produit à 65 euros du mégawatt à la sortie des centrales nucléaires d'EDF. EDF les vend 42 euros du mégawatt à ses concurrents. Et ses concurrents voulent la facture au tarif réglementé à 280 euros du mégawatt. »
  • 4:52PrésentateurChiffre
    « Il y a aujourd'hui une différence d'espérance de vie entre un ouvrier et un cadre de 8 ans, entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres de 13 ans. »
  • 6:00PrésentateurChiffre
    « Je rappelle que le parti président de la République et ses alliés n'ont recueilli que 7 millions de voix aux élections législatives, que les partis d'opposition, presque 20 millions de voix. »
  • 8:14PrésentateurChiffre
    « Le budget Barnier, selon l'OFCE, allait diviser la croissance française par deux. »
  • 8:57PrésentateurChiffre
    « Nous avons laissé un déficit à 2,5% en 2017, quand nous avons laissé le pouvoir à Emmanuel Macron. »
  • 9:10PrésentateurChiffre
    « Le Covid n'explique que moins d'un tiers, en vérité, de l'augmentation de la dette depuis 2017. »
  • 9:17PrésentateurChiffre
    « 50 milliards de baisses d'impôts essentiellement pour les plus aisés de ce pays, les très grandes entreprises. »
  • 12:40PrésentateurChiffre
    « Je suis le seul député de ce département qui n'est pas membre du RN et le seul député de gauche en France à avoir amélioré son score face au RN entre 2022 et 2024. »
  • 13:51PrésentateurFait
    « Oui, il y a une internationale réactionnaire effectivement, qui est lourdement financée aujourd'hui par des milliardaires, Elon Musk, Vincent Bolloré. »

Temps de parole

  • Présentateur83 %
  • Philippe Brun17 %

2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:07
Philippe Brun

Philippe Brun, bonjour. Bonjour. Les Réunions se succèdent à Bercy pour négocier un budget, une absence de censure peut-être de la gauche. Hier, vous étiez plusieurs partis politiques, socialistes, écologistes, communistes, là-bas à discuter. Est-ce que la fumée blanche approche ? Est-ce qu'on va avoir cet accord de non-censure ?

0:23
Présentateur

Une négociation, ça dure longtemps et il y a une date limite, c'est le discours de politique générale du Premier ministre qui aura lieu mardi prochain à 15h.

0:30
Philippe Brun

Ça ne peut pas aller plus loin parce que le budget, ça sera fin février.

0:32
Présentateur

Non, il y a une décision à prendre et il faut que le Premier ministre ait dans son discours de politique générale des annonces fortes et des annonces surtout précises qui puissent conditionner notre non-censure. Ça négocie vraiment ou c'est simplement chacun expose ses vues puis au revoir, merci ? Non, ça négocie, ça discute vraiment, ce qui est un grand changement par rapport à ce que nous avons connu durant les deux dernières années. Vous savez, il y avait les dialogues de Bercy qui étaient organisés par les ministres du budget successifs qui n'ont rien rapporté puisqu'on était dans de la communication. Là, on a des réunions d'ailleurs qui ne sont pas médiatisées.

La meilleure manière de réussir une négociation, c'est justement de ne pas la médiatiser. Il y a des réunions très régulières, chaque jour depuis lundi en vérité. Notre objectif, c'est d'aboutir avant mardi à une série de mesures qui pourraient justifier une non-censure de la part de la gauche et des écologistes.

1:20
Philippe Brun

Avez-vous abordé les points clés, c'est-à-dire les impôts, la réforme des retraites et les postes dans la fonction publique ?

1:27
Présentateur

Nous avons évidemment évoqué l'ensemble de ces questions. Je rappelle les revendications qui sont les nôtres, qui sont publiques, que nous avons défendues lors des débats parlementaires. D'abord, évidemment, suspendre la réforme des retraites, le temps d'une grande négociation pour un système plus juste. Suspendre la mesure d'âge, qui est finalement l'élément le plus injuste du système puisqu'il fait travailler deux ans de plus des gens qui ont déjà leur trimestre et qui ont commencé à travailler très tôt.

Sur la fonction publique, nous demandons là aussi le retrait des mesures sur le jour de carence, qui en vérité crée une vraie inégalité avec le privé puisque dans 80% des cas, les salariés du privé sont couverts en cas d'arrêt maladie et non pas de jour de carence. Nous pensons qu'il est injuste d'imposer trois jours, ce qui est immense. Mais c'est beaucoup d'argent, ça ! Et ensuite, il faut beaucoup de propositions sur la question fiscale. On ne propose pas d'arroser les gens d'impôts, des assassinés d'impôts. Il y a un certain nombre de secteurs que nous pensons devoir être mis à contribution.

C'est le cas des armateurs qui nécessitent une niche fiscale qui nous met au niveau de la Grèce aujourd'hui. C'est le cas également d'un certain nombre de secteurs économiques très peu taxés. Nous proposons de taxer davantage les marchés de l'énergie aujourd'hui qui sont très peu taxés, les gens qui spéculent sur l'électricité et le gaz, ils ne sont pas taxés. Les marchés financiers également. Et puis, une fiscalité du patrimoine pour les très très très très très hauts revenus. Il y avait une disposition dans le projet de loi de finances de Michel Barnier. Malheureusement, avec les effets de la loi spéciale, ces dispositions vont tomber pour cette année.

Nous souhaitons les actualiser et les augmenter afin de rétablir une justice fiscale dans ce pays.

3:00
Philippe Brun

Alors reprenons ces sujets. Sur le sujet des impôts, on va vous dire que les armateurs ou l'énergie, ça permet la compétitivité de la France à l'international et d'avoir des marchés. Vous allez affaiblir peut-être l'économie française ?

3:10
Présentateur

Je ne crois pas qu'on affaiblisse qui que ce soit en taxant les spéculateurs, par exemple, des marchés de l'énergie. Il y a eu des super profits gigantesques qui ont été réalisés par les énergéticiens. Par exemple, la filiale Trading d'énergie d'Engie a augmenté son profit de 67% l'année dernière, simplement sur la spéculation sur les matières premières et sur votre facture électricité. Regardez la situation aujourd'hui. L'intellectricité, on l'a produit à 65 euros du mégawatt à la sortie des centrales nucléaires d'EDF. EDF les vend 42 euros du mégawatt à ses concurrents. Et ses concurrents voulent la facture au tarif réglementé à 280 euros du mégawatt.

On voit bien là qu'il y a quelque chose qui ne va pas.

3:48
Philippe Brun

Sur les plus hauts revenus, là aussi, ce sont des gens qui sont censés investir, consommer, créer des emplois. Est-ce qu'ils ne vont pas fuir ces contribuables ?

3:56
Présentateur

Nous réfléchissons à des dispositifs qui sont semblables dans d'autres pays. Par exemple, aux Etats-Unis, la contribution différentielle sur le patron que nous souhaitons mettre en place existe également. Il y a un certain nombre de dispositifs que nous décisions de mettre en place. Vous savez qu'il y a des négociations internationales aussi au niveau de l'OCDE pour qu'elles puissent trouver à s'appliquer dans les pays les plus développés, les plus avancés sur le plan industriel.

4:19
Philippe Brun

Sur les retraites, vous parlez de suspension de la mesure d'âge. La réponse du gouvernement, c'est de dire, attendez, ça coûte très cher, 3, 4, 5 milliards pour une année pleine, la première année.

4:28
Présentateur

Écoutez, la négociation peut durer moins longtemps et ça coûtera moins cher. Et puis il y a la conférence de financement que nous souhaitons réaliser avec notamment les syndicats, doit permettre de trouver des solutions financières. Il est évident en tout cas qu'il est injuste et incompréhensible que l'on fasse l'essentiel des économies sur la réforme des retraites, sur le dos des gens qui commencent à travailler le plus tôt, qui exercent les métiers les plus pénibles et qui ont l'espérance de vie la plus faible. Je rappelle qu'il y a aujourd'hui une différence d'espérance de vie entre un ouvrier et un cadre de 8 ans, entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres de 13 ans.

Et donc on ne peut pas dire, on fait travailler 2 ans de plus des gens qui commencent à travailler à 18 ans ou à 20 ans et on fait reposer sur eux seuls finalement l'équilibre du système des retraites. Seriez-vous favorable à un retour, à une résurrection de la retraite par points ? C'est une question qui peut venir dans le débat entre les syndicats. Nous nous croyons au dialogue social. Si c'est le choix qui est fait par les syndicats, alors nous plierons le genou devant le dialogue social.

En tout cas, il faut trouver des mesures de financement du système puisque cela se dégrade considérablement par rapport aux prévisions du gouvernement et dès 2030, nous allons nous retrouver dans de graves difficultés. Donc il faut impérativement que de toute façon une conférence de financement soit réunie et il faut évidemment suspendre cette réforme. C'est la condition sine qua non avec d'autres pour que la gauche ne censure pas ce gouvernement qui est intrinsèquement minoritaire.

5:45
Philippe Brun

Si Éric Lombard, homme de gauche, va dans votre sens, est-ce que vous pensez que Bayrou peut y aller aussi ? Et surtout, est-ce qu'Emmanuel Macron ne mettra pas son veto ?

5:53
Présentateur

Écoutez, c'est simple. Je pense que Emmanuel Macron ou François Bayrou ne sont pas aujourd'hui dans une situation où ils peuvent mettre un quelconque veto. Je rappelle que le parti président de la République et ses alliés n'ont recueilli que 7 millions de voix aux élections législatives, que les partis d'opposition, presque 20 millions de voix. Et donc les Français ont décidé assez nettement de punir la politique du président sortant. Il se trouve qu'une sorte de magie, il se retrouve seul au pouvoir avec un gouvernement intégralement à sa main. Il faut donc aujourd'hui construire des compromis.

C'est ce que nous avons permis de nous les socialistes en prenant notre responsabilité avec cet accord de non-censure, qui est un concept que j'ai inventé, qui a été repris par l'ensemble des socialistes et qui est un moyen de sortir le pays de l'ornière et de l'instabilité politique. Mais pour cela, il faut des concessions réciproques.

6:39
Philippe Brun

Une suspension de la réforme borne jusqu'en juillet. Et si les partenaires sociaux ne tombent pas d'accord, on reprend la réforme borne, ça vous irait ?

6:46
Présentateur

Quand on est en train d'en discuter, les modalités sont en cours de discussion. En tout cas, il faut une suspension suivie d'un accord majoritaire avec les syndicats qui permette de préserver l'équilibre du système.

6:58
Philippe Brun

Où sont dans vos négociations les baisses de dépenses de l'État ? Vous ne voulez pas qu'on supprime des pauses dans l'éducation nationale ? Vous ne voulez pas du jour de carence ? Est-ce que l'État va, grâce à vous, dépenser moins ?

7:08
Présentateur

Vous savez, nous avons fait des propositions de baisse de dépenses. On avait proposé par exemple de revenir sur cette réforme de l'uniforme à l'école qui avait coûté près de 4 milliards d'euros. On avait proposé de revenir sur le service national universel qui ne fonctionne pas très bien et qui coûte très cher. Il y a un certain nombre d'efforts qui peuvent être faits s'agissant de la rationalisation de l'immobilier de l'État. Il y a plusieurs milliers de mètres carrés de bureaux inutilisés aujourd'hui au sein du périmètre de l'État. Et puis, il y a un certain nombre de travail à faire également sur la fraude sociale et la fraude fiscale.

7:38
Philippe Brun

Tout ça, mis bout à bout, ça ne fait pas les 50 milliards qu'on recherche quand même ?

7:42
Présentateur

D'abord, nous posons la question aussi de la trajectoire. Aujourd'hui, ce que je constate, compris en parlant avec ceux qui possèdent la dette française aujourd'hui sur les marchés, sont moins intéressés par le niveau facial de déficit que par la stabilité politique. Et donc, ce qu'il faut aujourd'hui, c'est s'engager sur une trajectoire crédible de réduction des déficits et qui peut être d'ailleurs transpartisane avec une loi transpartisane qui nous permettrait de s'engager sur cette trajectoire. Mais il faut le faire sans casser la croissance. Parce que les économies rapides, c'est celle où vous coupez les budgets d'investissement. C'est ce que prévoyait le budget Barnier.

Je rappelle que le budget Barnier, selon l'OFCE, allait diviser la croissance française par deux. Les réformes structurelles, de toute façon, ça prend du temps à amener des économies. Donc, si on veut des économies, des vraies économies, elles vont prendre du temps. Sinon, on va casser la croissance en coupant dans toutes les subventions d'investissement, en faisant du mal au secteur du bâtiment, en faisant du mal à notre économie.

8:34
Philippe Brun

On commence en 2025 par quoi ? 5,5%. Vous pensez pouvoir tenir cette ligne ?

8:39
Présentateur

Nous, en tout cas, nous pensons qu'il faut être au-dessus de 5,5%. En tout cas, dans le plan que nous avons proposé, si on met bout à bout l'ensemble des mesures que nous avons proposées, et également les mesures en recette, on est à peu près à un peu plus de 5,5%. Mais en même temps, c'est quelque chose de crédible. Je rappelle que nous avons une forme de crédibilité à parler de ces sujets. Nous, nous avons laissé un déficit à 2,5% en 2017, quand nous avons laissé le pouvoir à Emmanuel Macron.

9:03
Philippe Brun

Il y a eu la Covid, la guerre en Ukraine, voilà, il y a eu des événements extérieurs aussi.

9:07
Présentateur

Bien sûr, mais enfin, comme vous le savez, la Cour des comptes l'a dit, le Covid n'explique que moins d'un tiers, en vérité, de l'augmentation de la dette depuis 2017. Le reste, ce sont des baisses d'impôts non financées, 50 milliards de baisses d'impôts essentiellement pour les plus aisés de ce pays, les très grandes entreprises. Et puis, une gestion budgétaire qui n'a pas été très rigoureuse. Je crois qu'il faut aujourd'hui peut-être retrouver cette rigueur.

9:26
Philippe Brun

Votre cycle de négociation, c'est une forfaiture. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Jean-Luc Mélenchon. Que lui répondez-vous ?

9:32
Présentateur

Écoutez, moi, je ne comprends pas très bien sa position. Aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise s'isolent du reste de la gauche. Il y a aujourd'hui les communistes, les écologistes, socialistes qui négocient pour sortir le pays de l'ornière. Et si nous ne remportons pas de victoire, eh bien, nous censurons le gouvernement Bayrou. Il n'y a aucun doute là-dessus. Et donc, nulle forfaiture. Essayez d'avancer ensemble. La France Insoumise a décidé de se mettre à côté de ce processus qui rassemble aujourd'hui une majorité écrasante de députés de gauche. Je le regrette.

9:58
Philippe Brun

Aujourd'hui, le nouveau Front Populaire n'existe plus sur ce sujet budgétaire.

10:03
Présentateur

Il y a en tout cas une divergence d'analyse entre LFI d'un côté, le reste de la gauche de l'autre. LFI souhaite une crise de régime pour obtenir la démission du président de la République. Nous pensons qu'il n'y aura pas de démission du président de la République. Et donc, il faut essayer de trouver des solutions pour que l'hiver soit moins dur pour les Françaises et les Français et que notre programme soit pris en compte le plus possible par ce gouvernement minoritaire.

10:25
Philippe Brun

Si le discours de politique générale de François Bayrou vous déçoit que les annonces ne sont pas au rendez-vous, vous le censurez tout de suite, en profitant d'une motion de censure que déposeraient LFI, ou vous attendez quand même le budget ?

10:36
Présentateur

Dans le censurant tout de suite, ça ne sert à rien de faire perdre du temps. C'est-à-dire que s'il n'y a rien dans son discours de politique générale, dans la continuité absolue du macronisme, sans aucune prise en compte des négociations que nous avons ici, il n'y a aucune raison de le laisser continuer. On va perdre du temps, comme avec Michel Barnier, pendant deux mois pour à la fin finalement se rendre compte que le gouvernement n'a pas les moyens de sa politique. Il vaut mieux censurer d'emblée. C'est pour ça que nous prenons nos responsabilités, nous avons ouvert ce cycle de négociations, nous avons été à l'origine du concept même d'accord de non-censure.

Aujourd'hui, il faut que le gouvernement cède sur un certain nombre de points et comprenne qu'il n'a pas gagné les dernières élections, comprenne également un besoin de justice fiscale dans ce pays, comprenne également que sur le plan du pouvoir d'achat, sur le plan des retraites, les Français ont des attentes fortes qu'il faut les construire avec nous.

11:19
Philippe Brun

Est-ce que le vrai enjeu de tout cela, à la fois vos propositions et puis les évolutions d'Olivier Faure, ce n'est pas finalement le congrès du PS ?

11:27
Présentateur

Je ne pense pas. Je crois que là, pour le coup, nous avons plutôt fait prévaloir l'intérêt du pays sur les questions partisanes. Si c'était le congrès du PS, alors pourquoi les écologistes et les communistes seraient avec nous ?

11:38
Philippe Brun

Vous serez quand même candidat, vous, pour prendre la tête du PS ?

11:41
Présentateur

Pour l'instant, il n'y a pas de candidature. Il n'y a même pas de congrès pour l'instant. Il n'y a même pas de congrès non plus. En tout cas, avec mes amis, nous réfléchissons à participer au débat. C'est un débat interne sur le sujet central qui est celui de notre mobilisation pour gagner en 2027 face à l'extrême droite et adopter une ligne populaire là où les ouvriers et les employés ne nous font plus confiance aujourd'hui.

12:01
Philippe Brun

Un mot de la disparition de Jean-Marie Le Pen. L'extrême-gauche fait en slag du champagne sur les places publiques. Qu'est-ce que ça vous a inspiré ?

12:08
Présentateur

Je pense que c'est une opération qui n'est pas très habile puisqu'elle victimise Jean-Marie Le Pen. Je rappelle ici à cette radio qu'il est l'homme qui a donné finalement à l'antisémitisme et au racisme un parti politique puissant et qui diffuse ses idées nauséabondes depuis maintenant près de 50 ans. Plus de 50 ans même. Plus de 50 ans.

12:28
Philippe Brun

Dans l'heure, il y a 5 députés, il y a 4 RN. Est-ce que c'est un département de fascistes et d'antisémites ?

12:35
Présentateur

Non, ce n'est pas. Je connais bien ce sujet. Je suis le seul député de ce département qui n'est pas membre du RN et le seul député de gauche en France à avoir amélioré son score face au RN entre 2022 et 2024. Le RN prospère sur le terreau de nos renoncements. Et comme je le pense souvent, le RN est une mauvaise herbe qui pousse sur les terrains que nous laissons en jachère. C'est la gauche qui doit se ressaisir ? Bien sûr. C'est parce que la gauche est insuffisante que le RN est aussi élevé. Ce n'est pas parce que le RN est très fort. La vérité, c'est que quand on débat face au RN, on se rend assez vite compte qu'on peut assez facilement gagner nos débats et gagner les arguments.

Le problème, c'est que la gauche a perdu les ouvriers et les employés avec un discours déconnecté métropolitain en décidant finalement d'appliquer cette fameuse note Terra Nova, vous le savez, de 2011 qui est proposée...

13:17
Philippe Brun

Plutôt les minorités que le social.

13:19
Présentateur

Et puis, vous savez, les gens aisés des centres-villes avec un fort capital culturel. Moi, je propose qu'on soit le parti des ouvriers et des employés, qu'on présente 40% des investitures qu'on les réserve à des ouvriers et employés au Parti Socialiste et qu'on ait une ligne extrêmement claire sur les services publics, sur la santé, sur le pouvoir d'achat, les gens nous disent quoi ? Ils disent quoi ? Non, ma circonscription, ils me disent la gauche est à côté de ses pompes. Il est temps qu'aujourd'hui nous retrouvions le sens du combat et de ceux pour lesquels nous devons nous battre.

13:44
Philippe Brun

Éric Zemmour est officiellement invité à l'investiture de Donald Trump. L'internale réactionnaire

13:49
Présentateur

décrite par Macron, elle existe ? Oui, il y a une internationale réactionnaire effectivement, qui est lourdement financée aujourd'hui par des milliardaires, Elon Musk, Vincent Bolloré. C'est effectivement extrêmement dangereux. Et donc, à nous de nous mobiliser, de tout faire en sorte pour repousser cet international. Philippe Brun, négociateur du budget de la France. Merci et bonne journée. Merci beaucoup Christophe. Rendez-vous demain matin. Votre invité sera le candidat à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire. Merci à vous.