"Je préfère qu’il y ait un peu moins d’agents, mais qu’ils soient mieux rémunérés", affirme le maire d’Istres
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:11OuverteRéponse directe
La ville d'Istres, 45 000 habitants, mais trois fois plus endettés que Salon de Provence, 51 millions d'euros. Comment l'expliquez-vous ?
- 2:00RelanceRéponse directe
Vous étiez conseiller municipal dans l'opposition pendant 12 ans. Pourquoi n'avez-vous pas chiffré les mesures à prendre dès la campagne ?
- 2:53OuverteRéponse partielle
Maintenant que vous avez l'audit, sur quoi allez-vous économiser à Istres ?
- 3:30RelanceRéponse directe
Vous n'allez pas éponger les 51 millions de dettes avec 300 000 euros d'économies, quand même.
- 4:07OuverteRéponse directe
Qui dit qu'Istres risque une mise sous tutelle ? Le préfet ou la Chambre régionale des comptes vous a alerté ?
- 5:15ComplaisanteRéponse directe
Robin Préteau, ce n'est pas vous qui allez dire qu'il faut augmenter les fonctionnaires aujourd'hui.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:33Invité politiqueFait
« C'est tout à fait le cas, c'est-à-dire qu'on est anormalement et paradoxalement une commune riche, puisqu'on bénéficie notamment à travers la métropole d'une attribution de compensation qui est importante. »
- 1:57Invité politiqueFait
« Si on continuait le scénario tel qu'il était prévu par les budgets précédents, on aurait été très vite quelque part sous tutelle de la Chambre régionale des comptes. »
- 2:24Invité politiqueFait
« Dans le mandat précédent, quand j'expliquais que ce niveau de dépense allait avoir un coût pour les distrains, on s'est retrouvé après les élections de 2020 à l'époque, avec une première hausse d'impôts. »
- 2:34Invité politiqueChiffre
« Il y en a eu trois dans le mandat précédent, trois hausses d'impôts, ce qui fait qu'aujourd'hui, Istres a la taxe foncière la plus élevée de la région, avec un taux communal de 53%. »
- 6:12Invité politiqueChiffre
« À titre personnel, pour un 110 m² que je paye en centre-ville, sans garage, sans jardin, sans piscine, je paye 2300 euros de taxes foncières. »
Temps de parole
- Invité politique59 %
- Présentateur32 %
- Présentateur 27 %
≈ 1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Ici Provence, ici Matin. Il est 7h47, David Doucy, l'invité d'ici Provence pour parler d'une ville de Provence dans une situation financière très délicate. La ville d'Istre, 45 000 habitants, autant qu'à Salon de Provence, mais trois fois plus endettés, 51 millions d'euros. Et surtout une ville qui dépense beaucoup, 2359
euros
par habitant chaque année, contre 1535 en moyenne dans les communes comparables. Hier soir, le maire qui a été élu en mars dernier a présenté aux Istréens un audit des finances. Le constat est préoccupant, la ville vit au-dessus de ses moyens. Elle a pourtant des recettes, Istre. Oui, le problème ce n
'est
pas ce qui entre dans les caisses, mais c'est ce qui en sort. Prenez le personnel, 1700 agents municipaux, ça représente 1486 euros par habitant et par an. Donc à Salon, la ville de taille comparable,
c
'est 911 euros. Et à force de dépenser, Istre ne dégage plus suffisamment d'épargne, 150 euros par habitant, contre 204 en moyenne. Moins d'épargne,
ça
veut dire moins d'argent pour investir, pour assurer les services publics, pour rembourser les emprunts. Alors il va falloir économiser sur le fonctionnement, sur les investissements, peut-être les fêtes, les subventions aux associations, avec une promesse du nouveau maire de ne pas augmenter les impôts. Bonjour Romain Préteau. Bonjour. Bienvenue, vous êtes le maire d'Istre depuis le mois de mars. Vous avez dit hier soir aux habitants de votre ville, nous devrons faire des choix courageux et difficiles. Vous voulez dire en fait que la ville a tout simplement vécu au-dessus de ses moyens pendant des années
?
C'est tout à fait le cas, c'est-à-dire qu'on est anormalement et paradoxalement une commune riche, puisqu'on bénéficie notamment à travers la métropole d'une attribution de compensation qui est importante. Et pour autant, on a un niveau de dépense qui est largement au-delà de nos moyens, et qui en plus n'était vraiment pas soutenable sur le long terme. Si on continuait le scénario tel qu'il était prévu par les budgets précédents, on aurait été très vite quelque part sous tutelle de la Chambre régionale des comptes, parce qu'on n'avait pas les moyens de subvenir à nos besoins.
Mais vous étiez conseiller municipal dans l'opposition depuis 12 ans, vous alertiez, c'est vrai, sur la dette. Pourquoi vous n'avez pas chiffré tout de suite les mesures à prendre ? Et pourquoi vous ne l'avez pas tout de suite dit pendant la campagne ?
Alors, on l'a dit, on l
'a
dit pendant la campagne, et je l
'ai
répété surtout pendant 12 ans. Je n
'ai
pas arrêté de répéter que les finances de la ville prenaient une mauvaise tournure et qu'on allait vers des jours difficiles. D'ailleurs, les faits m'ont donné raison, puisque dans le mandat précédent, quand j'expliquais que ce niveau de dépense allait avoir un coût pour les distrains, on s'est retrouvé après les élections de 2020 à l'époque, avec une première hausse d'impôts. Il y en a eu trois dans le mandat précédent, trois hausses d'impôts, ce qui fait qu'aujourd'hui, Istres a la taxe foncière la plus élevée de la région, avec un taux communal de 53%. Donc, tout ça est la conséquence de cette gestion.
Il a fallu augmenter les impôts trois fois dans le mandat précédent pour pouvoir subvenir à nos besoins. Donc, c'est bien pour ça que j'avais conscience qu'il y
avait
un problème et qu
'on
a commandé très vite en arrivant un audit financier et R.A.
Maintenant que vous avez l'audit, vous pouvez nous dire ce matin sur quoi vous allez économiser à Istres
?
Après, il y a tout un travail qu'on va être en train de faire, notamment avec le personnel, parce qu
'on
voit qu'on a des charges de personnel qui sont importantes, mais il faut aller dans le détail maintenant, dans une maille fine, pour voir quels sont les leviers d'action. Il y a évidemment des dépenses, j'allais dire, superflues, que l'on commence à économiser. Et vous voyez l'exemple de la vente aux enchères qui a eu lieu ce week-end, où on a vendu 54 véhicules sur un parc auto de 320 véhicules, ce qui est juste disproportionné pour une ville comme Istres. Ça permet de rapporter 300 000 euros d'économie à la ville.
Ce n'est pas grand-chose, sur 51
millions d'euros de dettes, vous n'allez pas éponger les dettes avec ça, quand même.
Ce n
'est
pas grand-chose, mais quand on a failli passer sous tutelle pour 100 000 euros de déficit dans un budget annexe cette année, en mars, ça permet quand même de venir corriger cela. Après, il y a d'autres efforts qu'il va falloir faire, effectivement. Donc, on va regarder s'il faut remplacer tous les départs à la retraite ou pas. Est-ce que dans la vie associative, il ne faut pas qu
'on
fasse un peu d'économie ? J'ai prévenu aussi les associations que les temps allaient être compliqués, qu'on n'allait pas pouvoir non plus les accompagner au même niveau qu'auparavant. Donc, on va faire un effort. Maintenant, de quel montant ? C'est tout le travail qui va être fait à l'issue de cette audite à travers un cycle de conférences budgétaires aussi qu
'on
va lancer en interne.
Mais, Robin Préteau, qui dit que Istres risque une mise sous tutelle ? Est-ce que le préfet vous a alerté ?
Est
-ce que la Chambre régionale des comptes vous a alerté également ?
En fait, c'est très simple. Une ville, une collectivité, contrairement à l'État, n'a pas le droit d'être en déficit. C'est-à-dire qu
'elle
doit équilibrer ses recettes et ses dépenses. Donc, quand j'arrive le jour 1 de mon mandat, qu'on m'explique qu'il
y a
deux budgets annexes qui représentent un déficit de 245 000 euros et un autre de 100 000 euros, factuellement, si vous voulez voter en l'État, vous êtes de facto, c'est le préfet qui reprend la main, c'est la Chambre régionale des comptes qui vient faire votre budget à votre place. Donc, il a fallu qu'on règle ce sujet dans les 15 premiers jours du mandat, en liquidant la première régie qui était celle du Nexus, qui avait ce déficit de 245 000 euros, et en trouvant une solution urgente pour éponger les 100 000 euros de dettes du Devenne. Donc, en fait, si à la fin de l'année, on se retrouve dans cette même situation, eh bien, c
'est
ce qu'on risquera à chaque fois.
Ce mardi est un jour de grève chez les fonctionnaires. En 10 ans, le point d'indice qui calcule leur salaire va être gelé. Ça fait 10 ans que ça dure. Écoutez ce qu'en pense la secrétaire générale de la CGT des services publics. 32% de pertes de pouvoir d'achat en 25 ans. C'est énorme. Un tiers de notre salaire qui a été sacrifié sur l'hôtel de la dette. Ça suffit. Robin Préteau, ce n
'est
pas vous, le merdiste, qui allez dire qu'il faut augmenter les fonctionnaires aujourd'hui.
Après, le point d'indice, il ne dépend pas de moi. Non, je sais bien. Mais le sujet,
ce
n
'est
pas...
Mais il y a trop de fonctionnaires. Moi,
je pense qu'il faut réduire. Je pense qu'il y a, par exemple, dans la ville commise, quand on a 1 700 agents, on en a beaucoup. Il faut revoir aussi la notion de service public. Parce que je préfère qu
'il
y ait un peu moins d'agents, mais qu
'ils
soient mieux rémunérés, que l'inverse, qu'on se retrouve dans des situations comme actuellement, où on a beaucoup d'agents, mais avec des disparités salariales sur des mêmes métiers qui ne
sont
juste pas acceptables et qui sont injustes pour les agents.
Est-ce que vous me dites ce matin, je n'augmenterai pas les impôts, et jusqu'à quand vous allez pouvoir tenir cette promesse
?
C
'est
ça, c'est pendant tout le mandat. Parce que ça, ça a été vraiment la ligne rouge qu
'on
s
'est
viquée. Quoi qu'il arrive, c'est pour ça aussi qu'il faut assumer derrière. À partir du moment où on ne veut pas actionner le levier de l'impôt, c
'est
-à
-dire
qu'il faut faire beaucoup plus d'efforts dans les dépenses, et donc de faire des économies. Les impôts à
y,
comme je vous
l
'ai dit, sont parmi les plus hauts de France et le plus haut de la région. À titre personnel, pour un 110 m² que je paye en centre-ville, sans garage, sans jardin, sans piscine, je paye 2300 euros de taxes foncières. C'est colossal. Donc, je ne peux pas dire aux gens que
vous
allez payer plus d'impôts. Par contre, c'est peut-être à nous d'être un peu plus sobre aussi dans notre gestion de l'argent public. Merci
Robin Préteau. Merdistre ce matin qui annonce donc des économies.
Merci à vous.