Boris Vallaud : "Les socialistes ont leur légitimité" à proposer un nom de Premier ministre
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 53 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05OuverteRéponse partielle
Qui va gouverner la France ?
- 0:26OuverteRéponse directe
Pourquoi l'Ouest résiste à l'extrême droite ?
- 1:13OuverteRéponse directe
Qui est le premier parti de gauche ?
- 1:28OuverteRéponse partielle
Avec qui vont siéger les communistes ?
- 2:06OuverteÉludée
Quand le Front populaire va-t-il proposer un Premier ministre ?
- 2:50RelanceÉludée
Vous avez été élus pour votre programme ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33Invité politiqueFait
« Si j'avais une réponse toute faite et définitive, ce serait évidemment simple. »
- 0:37Invité politiqueFait
« Ce que je peux vous dire dans les Landes, c'est que voilà longtemps qu'on se bat pour le maintien de nos services publics. »
- 1:06Invité politiqueFait
« J'ai senti dans cette campagne beaucoup de colère, beaucoup de frustration et des attentes qui sont immenses. »
- 1:37Invité politiqueChiffre
« Pour ce qui est des socialistes, nous sommes, je crois, à plus de 65 et 70 pour l'instant. »
- 1:52Invité politiqueChiffre
« Nous sommes à plus de 120 parlementaires socialistes. »
- 2:27Invité politiqueFait
« Les circonstances, c'est la dissolution par le président de la République. »
- 2:34guest_politiqueFait
« Les clés ne sont plus à l'Elysée, elles sont au Parlement. »
- 3:20Invité politiqueFait
« J'ai vu beaucoup de gens qui bossent, qui bossent dur, mais qui ne vivent pas de leur travail. »
- 3:25Invité politiqueFait
« Pour lesquels, les fins de mois, ce n'est pas le 30, mais c'est le 15. »
- 3:41Invité politiqueFait
« Je vois bien la situation dans laquelle on est. »
- 3:51Invité politiqueFait
« Qui peut dire, sur quelques bancs qu'il siège, qu'il n'a pas entendu ses demandes d'augmenter les salaires, le SMIC ? »
- 5:12Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron a signé la fin du macronisme. »
Temps de parole
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- Présentateur27 %
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Votre invitée ce matin, Sonia De Villers, députée PS, réélu dans les Landes. Bonjour Boris Vallaud. Bonjour. Qui va gouverner la France ? Tractation, rumeurs, bras de fer, garde des nerfs, c'est parti, on va vous passer à la question. Mais d'abord, cette carte électorale, on aimerait vous entendre. Vous, députée des Landes, depuis 2017, la façade atlantique du nord au sud de la Bretagne au Pays Basque. Marine Le Pen en rêvait sa conquête de l'Ouest. Or, l'Ouest résiste à l'extrême droite. Pourquoi, selon vous ?
Si j'avais une réponse toute faite et définitive, ce serait évidemment simple. Ce que je peux vous dire dans les Landes, c'est que voilà longtemps qu'on se bat pour le maintien de nos services publics. Que les collectivités locales mènent des politiques qui sont des politiques de gauche, avec des EHPAD qui sont tous à but non lucratif, avec la gratuité du transport scolaire. Qu'il soutient les pratiques culturelles et sportives au cœur des territoires ruraux. Qu'il a cette proximité avec le tissu associatif, qu'il soutient. La vitalité du tissu associatif explique aussi que dans ces territoires-là, on vit ensemble. Ce qui n'a pas empêché néanmoins une poussée de l'extrême droite très forte.
Ce qui n'a pas empêché une poussée de l'extrême droite. Et moi, j'ai senti dans cette campagne beaucoup de colère, beaucoup de frustration et des attentes qui sont immenses.
Alors, qui est le premier parti de gauche ? On y vient. Le PS compte 59 sièges, la France Insoumise 74 députés. Mais il y a une quinzaine de divers gauches. Avec qui vont-ils siéger ? Il y a 9 communistes, trop peu nombreux pour former un groupe. Avec qui vont-ils siéger ? Bref, les rapports de force au sein du nouveau Front populaire peuvent-ils changer ?
Ce que je peux vous dire, c'est que les groupes parlementaires ne sont pas encore constitués. Pour ce qui est des socialistes, nous sommes, je crois, à plus de 65 et 70 pour l'instant. D'autres discussions sont en cours. Voilà ce que je peux vous dire. Et puis par ailleurs, vous le savez, les socialistes ont aussi des sénateurs. Et que nous sommes à plus de 120 parlementaires socialistes. Ce qui fait évidemment une force importante. Et je m'en réjouis en dynamique. Nous avons fortement progressé. Je suis heureux tout à l'heure d'accueillir mes nouveaux collègues.
Alors, premier scénario, un gouvernement de gauche. Quand le nouveau Front populaire va-t-il proposer un Premier ministre ? Et comment s'y prendre pour le choisir ?
Peut-être quand même dire une chose. Dans la situation dans laquelle nous sommes, qui est inédite, qui est compliquée, qui appelle à beaucoup de modestie autant que d'ambition, il faut se rappeler des circonstances dans lesquelles nous avons été élus, par qui nous avons été élus et pour quoi faire. Les circonstances, c'est la dissolution par le président de la République. Et c'est, d'une certaine manière, la sanction du macronisme, la fin du macronisme. Les clés ne sont plus à l'Elysée, elles sont au Parlement. Par qui on a été élus ?
On a été élus, pour ce qui nous concerne, par des élus de premier tour, de gauche, qui espèrent du programme que nous avons porté, parce qu'il est un programme qui s'intéresse à leur vie quotidienne. Vous avez été élus pour votre programme ? Et puis nous avons été au second tour...
Vous avez été élus, Boris Vallaud, pardonnez-moi, pour votre programme ?
Mais je vais terminer, j'ai parlé du premier tour. Et au second tour, nous ne devons pas oublier les circonstances dans lesquelles beaucoup d'entre nous, sur tous les bancs de l'Assemblée à l'exception de l'extrême-droite, nous avons été élus. Il y a eu un fonds républicain et nous n'avons pas été élus que par nos électeurs de premier tour. Emmanuel Macron l'avait oublié lorsqu'il a été élu en 2017, il l'a oublié à nouveau en 2022. Et donc notre responsabilité, c'est de tenir les deux bouts. A la fois l'espérance que nous avons suscité à travers notre programme, parce que ce qu'il faut dire, c'est que dans cette campagne, j'ai dit, j'ai vu beaucoup de colère.
Moi, j'ai vu beaucoup de gens qui bossent, qui bossent dur, mais qui ne vivent pas de leur travail. Pour lesquels, les fins de mois, ce n'est pas le 30, mais c'est le 15. Qui ne remplissent plus ni leur frigo, ni leur réservoir d'assence, et ils ont besoin dans nos territoires de leur voiture. Alors vous voulez y répondre comment ?
Le programme ne vient que le programme, comme dit Jean-Luc Mélenchon ?
Vous savez, je ne suis pas naïf, je vois bien la situation dans laquelle on est. Mais je crois que certaines idées sont majoritaires dans le pays, et que nous devons les reprendre à notre compte, et que nous pouvons trouver, y compris à l'Assemblée nationale, des soutiens. Qui peut dire, sur quelques bancs qu'il siège, qu'il n'a pas entendu ses demandes d'augmenter les salaires, le SMIC, parce que le pouvoir d'achat est la principale préoccupation des Françaises et des Français ? Nous pouvons rassembler. Boris Vallaud, où les soutiens ? Mais je crois partout. Qu'est-ce que c'est la rupture avec le macronisme ?
Et moi j'entends, dans ceux qui l'ont soutenu, beaucoup dire on va imposer une cohabitation au président de la République. C'est une double rupture. Rupture sur le fond, dans l'ordre des priorités, ne pas être du côté de ceux qui vont bien, mais d'être du côté de ceux qui souffrent, et qui n'ont que leur force de travail pour vivre, qui espèrent des services publics, et qui s'en désespèrent.
Concrètement, vous dites que le pouvoir est rebasculé au Parlement.
Ça veut dire une culture du parlementarisme. C'est une double culture. C'est un, d'abord, faire le constat que les Français ont manifesté une préférence. On a compris. Pour la gauche et pour le programme de gauche, et qu'il est de notre responsabilité de ne pas trahir cet espoir. Et ces demandes, ce diagnostic, que nous pouvons partager avec d'autres que nous-mêmes, parce que nous avons tous croisé les Français en colère. Qui d'autre ? Le parlementarisme, ça veut dire travailler avec d'autres groupes et d'autres formations politiques.
Toutes celles et tous ceux, qui pourraient être d'accord pour renverser l'ordre des priorités, pour mettre le paquet sur les mesures sociales, je n'ai pas de nom, c'est à eux de le dire. Et puis par ailleurs, je termine. Quelle formation politique ? Et qui par ailleurs, mais les formations politiques, je ne sais plus quelle est leur géographie. Moi j'ai entendu beaucoup de responsables de l'ancienne majorité dire Emmanuel Macron a signé la fin du macronisme. Il y a des gens qui, aujourd'hui, je crois, sont prêts à considérer que c'est d'abord le pouvoir d'achat, d'abord la défense des services publics, d'abord la question de...
Donc il n'y a plus de macronisme ?
Je crois que, oui, je crois en effet que c'est fini.
Quand on parle du bloc central, ça n'existe pas en réalité ?
Sans doute que ça existe, mais vous avez vu de quoi il est fait. Il est fait aussi de gens qui, aujourd'hui, font le constat que le macronisme est amené à un échec. Je le dis, c'est le renversement de l'ordre des priorités, d'abord la politique sociale, d'abord les Françaises et les Français qui n'ont que leur force de travail pour vivre, qu'ils soient, je le dis, salariés ou entrepreneurs, parce que c'est difficile d'être un patron de TPE et PME.
Mais d'accord, on aimerait bien quand même vraiment comprendre à quoi il pourrait ressembler ce gouvernement.
Laissez-moi aller jusqu'au bout, s'il vous plaît, de mon explication et ma démonstration. Et la seconde rupture, c'est une rupture de méthode. Oui, il faut redonner sa place au Parlement. Et il y a des choses que nous aurons à discuter, parce qu'elles relèveront de la loi. Alors, vous avez évoqué tout à l'heure la question énergétique, une grande loi énergie-climat. Est-ce que vous pensez que le nouveau Front populaire la fera seule à l'Assemblée nationale ? Non, nous aurons à le débattre. Et c'est là le retour du Parlement. Je pourrais évoquer la question des médecins, la régulation des médecins.
C'est une demande qui a été faite partout, sur tout le territoire, quel qu'elle était le candidat. Est-ce que nous ne sommes pas capables, à l'Assemblée nationale, et pas qu'avec le nouveau Front populaire, d'en débattre ? Je crois que oui. Est-ce que nous sommes capables, s'agissant du grand âge, là aussi d'avoir ces débats parlementaires, et de redonner au Parlement sa centralité ?
Alors à quoi peut ressembler ce gouvernement ? Il part des insoumis et il va jusqu'où ?
Ça peut être un gouvernement de gauche, du nouveau Front populaire, qui a à l'Assemblée nationale une assise plus large que nous-mêmes, parce que nous aurons à débattre de sujets structurants.
Et cette assise, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'au gouvernement rentrent des personnalités de l'ancienne majorité ?
Nous n'en sommes pas là pour l'instant, nous sommes au nouveau Front populaire à faire une proposition, pour mettre en œuvre ce qui est attendu par les Françaises et les Français. Il y a des mesures d'urgence sociale que nous devons prendre. Est-ce que nous sommes capables ?
Non mais vraiment, la vraie question c'est combien de temps il peut tenir ce gouvernement ? C'est bien joli, mais en fait, là vous pouvez parler d'un gouvernement qui peut tenir 5 jours, 6 jours, 3 semaines, 1 mois,
et être renversé à la première motion censure ? Vous avez parfaitement raison, et ce sera la responsabilité, notamment de ce que vous appelez le bloc central, d'avoir à choisir entre le nouveau Front populaire et un certain nombre de mesures qui seront mises en débat à l'Assemblée nationale.
Mais quand on entend Olivier Faure, qui est le patron du Parti Socialiste, dire « Personne ne comprendrait qu'on gouverne avec d'anciens macronistes ou avec des macronistes, »
C'est pour ça que je distingue ce gouvernement qui va porter des positions qui sont majoritaires dans le pays et qui pourraient être de gauche, et une assise parlementaire et une centralité du Parlement nouvelle. Ah, j'ai compris.
Quelles sont les personnalités de gauche au gouvernement et puis au Parlement ?
C'est une proposition que nous avons. Les gens de gauche et du centre et un petit peu de droite qui nous soutiennent. C'est une proposition que nous essayons de formuler. Vous savez, bien sûr, moi j'aborde tout ça avec beaucoup de modestie, mais on a besoin de tenir les deux bouts. Donc, ne pas décevoir les Français qui espèrent que leur vie change. Et si leur vie ne se change pas dans les six mois, un an, eh bien ce sera du pétrole pour l'extrême droite. Et puis ne pas oublier les circonstances dans lesquelles on a été oubliés.
Les Français, il y a un moment, ils ont besoin de savoir qui va les diriger. Alors, qui pour les diriger ? Un Premier ministre. Qui et comment ça se passe pour trouver le Premier ministre ? Il vous reste dix secondes.
Vous, vous avez envie d'être Premier ministre ? Écoutez, le sujet ce n'est pas moi. Le sujet c'est est-ce que nous sommes capables d'offrir aux Françaises et aux Français. Un gouvernement qui change leur vie rapidement et dans la durée, une nouvelle pratique politique... Un Premier ministre socialiste. Qui permette. Moi, je crois que les socialistes, oui, ont leur légitimité là-dedans. Et ça peut être en effet une ou un socialiste. Qui ? Non, mais j'ai bien compris votre question, mais vous avez compris ma réponse.
Merci Boris Lallot. Vous aurez essayé, Sonia de Villers. C'est ça. Oui, c'est ça. Merci à tous les deux. Merci Sonia. A demain, il est 7h56. Sous-titrage Société Radio-Canada
Boris Vallaud