"Toutes les conditions qui ont amené les 'gilets jaunes' dans la rue sont encore réunies", assure Alexis Corbière
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:49OuverteRéponse directe
Est-ce que vous estimez que l'enquête peut se dérouler dans la sérénité ?
- 4:21OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous attendez aujourd'hui de cette enquête ?
- 6:24OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce qu'il propose pour renouer le lien entre police et manifestants ?
- 9:38OuverteRéponse partielle
Vous les dénoncez, ces dégradations, vous les comprenez en partie aussi ?
- 10:47RelanceÉludée
Vous dites non à la violence et en même temps vous dites comprendre ces jeunes agriculteurs ?
- 13:20OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il n'y a pas un problème démocratique quand même aujourd'hui en France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 16:07InvitéChiffre
« Le gouvernement a lâché 17 milliards. Le gouvernement a renoncé à son objectif de réduire les fonctionnaires. »
- 16:13InvitéChiffre
« Ils vont prendre de l'argent là-dedans, 30 milliards si j'ai bien suivi, pour pouvoir compenser les dépenses de l'État. »
- 16:34InvitéFait
« L'indemnité chômage va baisser. »
- 16:53InvitéFait
« On supprime l'ISF pour les plus riches. »
- 17:01InvitéFait
« Quand vous êtes puissant, M. Macron ne s'en parle pas trop à vous. Quand vous êtes modeste, il frappe encore. »
- 11:30InvitéFait
« Le traité CETA, si je résume en deux mots, Emmanuel Macron, même pendant la campagne présidentielle, ne s'est pas montré favorable au traité CETA. »
- 11:55InvitéChiffre
« Les députés en marche qui n'ont pas été élus pour voter ce traité CETA l'ont voté, même si beaucoup, 54, sont abstenus et près d'une dizaine ont voté contre. »
- 14:29InvitéPromesse
« Je veux être entendu là-dessus, c'est un référendum sur le CETA. »
Temps de parole
- Invité71 %
- Présentateur12 %
- Alexis Corbière10 %
- Invité 25 %
- Invité 32 %
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Le 8.30 politique de France Info avec Jean-Jérôme Bertolus et notre invité ce matin. Bonjour Alexis Corbière. Où est Steve ? C'est une question qui se pose depuis plus d'un mois maintenant qu'on a vu fleurir à Nantes et sur les réseaux sociaux. Un corps a été repêché hier dans la Loire à proximité du quai Wilson où ce jeune homme de 24 ans a disparu le soir de la fête de la musique. L'avocate de sa famille, Maître Cécile Desolivera, était notre invitée sur France Info. Écoutez ce qu'elle a dit de cette information.
J'attends beaucoup, évidemment. C'est mon métier de l'instruction qui est en cours avec la notion que probablement cette enquête judiciaire va évoluer par la découverte du corps de Steve Canisseau, si c'est bien lui. Et les parents de Steve Canisseau, son frère, sa soeur, attendent beaucoup l'enquête judiciaire.
Une autopsie aura lieu en fin de matinée à Nantes. Est-ce qu'après avoir demandé où est Steve, c'est le hashtag justice pour Steve qui va s'imposer aujourd'hui ?
Oui, il me semble. Bon, on va commencer, en portant du principe sans doute que c'est le corps de Steve, par penser aux familles, bien sûr. C'est important parce qu'après, je vais faire des commentaires politiques. Mais d'abord, on imagine le drame que ces gens ont vécu depuis cinq semaines. La disparition d'un enfant de 24 ans, d'un frère, d'une soeur. Qu'avait-il fait ? Il avait participé à un festival de musique le soir de la fête de la musique. Donc, il y aura le temps du deuil. Très bien. Mais après, il y a nécessairement le temps de la justice. Parce que dans cette affaire, je ne veux surtout pas apparaître comme quelqu'un qui veut instrumentaliser un décès.
Mais comprendre quand même qu'il y a une succession de faits, dernièrement, où comme responsable politique, je ne comprends pas les consignes qui sont données aux forces de police. On a vu quand même des vidéos qui ont circulé. Je crois que vous en avez montré vous-même à France Info. De jeunes gens. Il est 4h du matin. C'est une fête. Évidemment, les jeunes gens ont un peu bu. Les forces de l'ordre. Parce qu'ils considèrent que la musique doit s'arrêter à 4h du matin et que un quart d'heure, 20 minutes ont été dépassées. D'un seul coup, de mon point de vue, il y a une disproportion. Des gaz lacrymogex sont envoyés. On entend des cris de jeunes qui disent arrêtez. Derrière, il y a la Loire.
Je rappelle que 14 personnes sont tombées dans la Loire. Et vraisemblablement, l'enquête doit le dire, c'est peut-être dans ces conditions que Steve Canissot est tombé à la Loire. Alors, ce que je veux dire, c'est qu'il est irresponsable, de mon point de vue, que les ordres qui ont été donnés aux forces de l'ordre soient de dire qu'alors qu'il y a la proximité de la loi, alors qu'on a affaire à un public, on voit bien que c'est la nuit, etc. Tout ça, alors, c'est dans un contexte où tout de même, les forces de police font un travail difficile, mais on doit pouvoir questionner la manière dont elles travaillent.
Alexis Corbière, compte tenu du contexte que vous décrivez, est-ce que vous estimez que l'enquête, les enquêtes, il y a cinq procédures en cours, vont se dérouler, peuvent se dérouler dans la sérénité ?
On peut imaginer qu'il faudrait peut-être délocaliser les choses, déplacer les enquêtes. J'en veux pour preuve, par exemple, quand je vois, j'espère que les auditeurs suivent ce qui s'est passé à Nice, vous savez, cette dame manifestante, Geneviève Leger, qui a été bousculée, et on s'aperçoit avec le recul, que le procureur dit, en gros, j'ai considéré que les forces de l'ordre n'étaient pas responsables, alors qu'il semble avérer qu'elle ait subi une bousculade, parce que je ne voulais pas gêner le pouvoir politique, et même Emmanuel Macron, dit-il.
Le procureur Leger, oui.
Voilà, donc on voit bien qu'il y a quand même quelque chose, il y a un apaisement, sans doute, à ce que, comme peut-être la responsabilité du préfet est engagée, que la justice ne soit pas directement, ou du moins, qu'il y ait une proximité géographique. Mais au-delà de ça, de toute manière, par exemple, moi, il y a plein de choses que je n'ai pas compris, il a fallu attendre le 24 juillet pour que des sonars soient déployés pour rechercher le corps. Il semble que le corps qui a été retrouvé n'a pas été retrouvé grâce à ces sonars, mais tout de même, que de temps perdu.
Bon, et là où je fais le lien, c'est que depuis le début, sur nombre d'affaires où les méthodes de la police sont questionnées... Attendez, avant de généraliser... Non, mais c'est important, parce que c'est remplacé, il y a eu une émotion.
M. Castaner, le ministre de l'Intérieur, a saisi la police des polices, l'IGPN, dès le 23 juin, deux jours après la disparition de Steve. Il s'est engagé à remettre les conclusions de cette enquête cette semaine et à les rendre publiques. Qu'est-ce que vous attendez aujourd'hui de cette enquête ?
On va lire cette enquête, mais je dis que M. Castaner est un ministre faible. C'est un homme faible, face notamment aux méthodes de la police. Pourquoi ? Je suis obligé de faire le lien avec d'autres histoires. Je suis personnellement scandalisé, par exemple, avec la situation de Mante-la-Jolie. De quoi je parle, là encore, pardon de faire des références, à ces 120-130 lycéens, des mineurs... Avec une enquête de l'IGPN qui a conduit à un non-lieu cette semaine. Et le juge a suivi qu'il y a un classement sans suite, alors qu'il s'avère que ces jeunes gens, aucun n'a été condamné, etc.
Chaque fois, alors je veux faire confiance à la justice, je veux faire confiance à la police, je lirai attentivement l'enquête qui va être faite. D'accord ? Et il y a évidemment, majoritairement dans la police, des gens qui sont attachés à la justice et à la recherche de la vérité. Mais j'ai parfois l'impression, notamment de la part de M.
Castaner, qu'il y a, en raison de sa faiblesse politique, en raison de l'épuisement des forces de police, en raison du fait qu'on leur doit je ne sais plus combien de millions d'heures supplémentaires, par exemple, en raison du fait qu'il y a des consignes, y compris de confrontation avec le mouvement social qui ont été donnés, et les policiers ont fait le sale boulot pour obéir à des consignes politiques, que le ministre n'est plus en capacité, éventuellement, d'amener à ce que des conclusions soient contraires, ou du moins démontrent que les forces de police, ou du moins les autres qui ont été données, n'étaient pas proportionnées. Donc, je mesure la parole, mais je tiens à le dire.
Je pense que la famille, on est dans le moment du deuil, mais il faudra expliquer, parce que là, je réagis à la fois. Je parle là comme responsable politique, citoyen, et comme père de famille, bon sang. Cet été, il va y encore y avoir des festivals de musique, sans doute, partout. On sait comment est la jeunesse. Je veux avoir la preuve, tout de même, que les forces de l'ordre, au milieu de la nuit, n'arrivent pas, avec des moyens disproportionnés, pour évacuer quoi ? Un quai de Loire qui ne dérange personne ?
Pour quelle raison, par exemple, il n'a pas suffi de dire au responsable qu'il y avait dépassé d'une demi-heure, on va vous verbaliser, vous n'aurez pas l'autorisation l'année prochaine de faire ce festival ? Pourquoi immédiatement les choses se tendent ? Parce que des canettes de bière auraient été jetées ? Mais enfin, tout de même, ce n'est pas raisonnable, tout ça.
C'est en partie ce que devra déterminer l'enquête. Le responsable politique que vous êtes, il constate, comme nous, une tension de plus en plus forte lors des manifestations, avec parfois des manifestants très violents ces derniers mois face aux forces de l'ordre, avec ce genre d'incidents, d'accidents. Qu'est-ce qu'il propose aujourd'hui pour renouer manifestement à un lien très difficile entre police et manifestants, entre police et population sur ce genre d'événements ?
Le moyen pacifique. Toute société est une société. Il y a des tensions dans une société, c'est normal. Il y a des désaccords politiques. Le moyen pacifique de régler les désaccords, c'est toujours d'en revenir à la démocratie. Pas de brutalisation. Par exemple, le fait que, là encore, je glisse un peu de sujet, mais que dernièrement, de mon point de vue, on a imposé le CETA. C'est-à-dire que des députés en marche ont voté ce traité de libre-échange, alors que... Non mais ça, il faut comprendre, parce que vous évoquez dernièrement le fait que, par exemple, il y a eu... On va y revenir.
Si, à un moment donné, vous brutalisez le peuple, eh bien, vous avez des réactions de dégoût civique qui sont faites de gens qui ne vont plus voter, et même d'une minorité qui pense que, comme le système est bloqué, il n'y a plus que la violence comme solution. Ce que je désapprouve, je condamne la violence.
Alexis Corbière, ministre de l'Intérieur, dans quelques années, il dit quoi à des policiers qui font face à des manifestants, par exemple, à la différence d'un Christophe Castaner aujourd'hui ?
La force doit rester à la loi. Mais, par exemple, je vais vous dire, tiens, Alexis Corbière, ministre de l'Intérieur, à la différence de M. Castaner, je l'ai vérifié avant l'émission, j'aurais tweeté au moins un message de soutien à la famille de Steve Canisseau. Depuis le 21 juin, le compte Twitter de M. l'Intérieur, qui s'exprime surtout...
Mais il s'est exprimé, Christophe Castaner s'est exprimé... Aucun tweet ! Aucun tweet ! Non, mais d'accord, mais il s'est exprimé à la télévision, on voit encore...
Oui, mais attendez, c'est symbolique ce que je dis là, mais ça n'est pas sans importance, parce que des tweets de soutien à la permanence d'élus LREM, il y en a plein de la part de M. Castaner, où il dit que justice doit être faite, toute la lumière, mais je n'ai pas vu, c'est assez surprenant d'ailleurs, j'en suis moi-même étonné, pas vu un seul message en direction de la famille qui garantissait qu'aussi sur la disparition de Steve, toute la lumière sera faite.
Ce que je dis là est très petit et symbolique, mais on a parfois l'impression d'un cœur sec et froid quand il s'agit d'une situation où peut-être la responsabilité des forces de l'ordre est engagée, et par contre d'un étalement, sitôt qu'il s'agit de dire « Les gilets jaunes sont violents, les agriculteurs sont violents, au secours, En Marche est attaqué ». Je vais vous dire, des violences contre des permanences politiques, le parti communiste...
On va y revenir, si vous le voulez bien, on va évoquer justement ces permanences attaquées. Le CETA également, vous y tenez Alexis Corbière. Ce sera juste après un point sur l'info à 9h moins 20, et c'est avec Claire Fleuchel.
Une mère de famille porte plainte pour violences contre la maison d'accueil spécialisée de Pavillon-Soubois en Seine-Saint-Dix, un foyer pour handicapés. Dans une vidéo, on voit son fils autiste frappé par un éducateur. L'agence régionale de santé a lancé une inspection, elle devrait rendre ses conclusions dans la journée. Deux jours après la fusillade d'Olioule dans le Var, l'hypothèse du règlement de compte entre trafiquants de drogue s'impose aux yeux des enquêteurs. Deux victimes, deux hommes de 29 et 30 ans, étaient déjà connus de la police et de la justice. La fusillade a aussi coûté la vie à une touriste de 58 ans, victime d'une balle perdue. Les tireurs sont toujours en fuite.
Au moins 57 détenus tués dans une mutinerie dans une prison au nord du Brésil, causée par une guerre menée par deux factions rivales, 16 prisonniers ont été retrouvés décapités. Et puis près de 4000 morts en Afghanistan sur les six premiers mois de l'année. Le bilan de l'ONU ce matin, ces victimes pour la majorité ont été tuées dans des opérations menées par l'OTAN et par le gouvernement afghan.
– France Info – Alexis Corbière, député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis, invité du 8-30 politique. Alexis Corbière, on a vu une multiplication des dégradations visant des permanences de députés de la majorité ces derniers jours. On en parlait il y a quelques instants. Vous les dénoncez, ces dégradations, vous les comprenez en partie aussi ?
– Faisons simple, d'abord je ne suis pas favorable aux violences. Il ne faut pas attaquer des permanences d'élus, pas de violences, j'ai même vu que mes tentatives de début d'incendie, etc. Tout ça est irresponsable. Maintenant une fois que j'ai dit ça, si vous m'invitez, si nous débattons de ça, c'est parce que c'est aussi un sujet politique. Pour quelle raison, ce que je décrivais tout à l'heure, une minorité de gens a un sentiment de blocage, de ne plus être entendue ? Prenons l'exemple de ce traité CETA. C'est un mauvais traité sur le plan économique qui met en danger des filières, notamment je pense à la filière bovine. C'est aussi une aberration sur le plan écologique.
Il y a une urgence écologique qui va amener, je pense, dans les années qui viennent, une tension. De plus en plus de spécialistes nous disent que si d'ici 11 ans, on divise par deux l'émission de gaz à effet de serre, le climat est impacté de manière irrémédiable. On nous dit que si d'ici 18 ans, des mesures énergiques ne sont pas prises, c'est effectivement la planète elle-même qui est… Attendez, à partir de là, on peut comprendre que de plus en plus de gens se disent mais face à l'inaction de ce gouvernement, voire même à un gouvernement qui, à travers des traités de libre-échange, qui participe au grand déménagement de la planète, ils empirent la situation.
Non mais, alors à partir de là, on revient à la démocratie.
Donc vous dites non à la violence et en même temps vous dites comprendre par exemple ces jeunes agriculteurs qui ont revendiqué un certain nombre d'actions dans l'Oté-Garonne, qui visent ces actions à rappeler à ces députés qu'au-delà d'un vote de groupe et d'une majorité, ils sont élus dans le but de défendre leur territoire et donc les agriculteurs. Donc finalement, vous êtes d'accord aussi avec eux ?
Non mais, Jean-Géran de Bertolli, ne me faites pas dire, je le répète parce que ma parole est aussi de dire, il ne faut pas de violence. Il ne faut pas de violence. Maintenant, les gens que vous décrivez… Mais vous dites la comprendre. Même s'ils ont fait des choses qui sont… que je condamne, ce ne sont pas des délinquants. Ce ne sont pas des délinquants. Pour quelles raisons ces gens se sentent en danger dans leur profession ? Il faut l'entendre ça. Il ne faut pas leur répondre circuler, il n'y a rien à voir. Le traité CETA, si je résume en deux mots, Emmanuel Macron, même pendant la campagne présidentielle, ne s'est pas montré favorable au traité CETA.
Il a dit que s'il était élu, il convoquerait, il réunirait une commission qui étudierait les conséquences du traité CETA avant de prendre une décision. Cette commission s'est réunie. Elle se nomme la commission Schubert. Elle a considéré qu'effectivement, ce traité n'était pas bon pour le climat et aussi également pour un traité qui, d'un point de vue écologique, avait des impacts négatifs. Pour autant, les députés en marche qui n'ont pas été élus pour voter ce traité CETA l'ont voté, même si beaucoup, 54, sont abstenus et près d'une dizaine ont voté contre. Ce qui fait qu'une minorité de députés, en vérité, a voté pour. Une majorité a voté contre ou s'est abstenu.
C'est inédit depuis le début de ce quinquennat. Si vous brutalisez les gens, alors je le répète, à partir de là, les gens se disent, mais pourquoi aller voter s'ils ont l'impression d'être floués ? Voilà ce que je dis.
Le programme de la France insoumise est assez radical dans ses propositions. Un changement de société.
Ce qui est radical au sens du changement de société que vous proposez. J'aimerais vous corriger là-dessus. Ce qui est radical, c'est ce qu'on dit tous les scientifiques. Ce qui est inquiétant, nous sommes rentrés dans l'ère de l'anthropocène. C'est-à-dire que l'activité humaine... Vous ne proposez pas un changement radical de société ? Mais il le faut. Mais ce qui est radical, c'est un changement. Simplement pour dire que... Ce que je veux vous dire, c'est que radical, ça peut faire peur. C'est un changement à la mesure du besoin. Écoutez, moi, quand vous avez 1500 experts du GIEC qui nous disent, si on continue comme ça, on va dans le mur.
Celui qui est radical, c'est celui qui dit on continue. Les extrémistes, c'est ce gouvernement. Alexis Corbière. C'est eux qui sont des fous, des illuminés, des sectaires du libre-échange, qui disent on s'en fiche, on va foutre en l'air la planète, on va continuer nos mesures.
Jean-Baptiste Moreau, vous le connaissez, c'est le député de la République en marche de la Creuse. Lui-même a vu sa permanence attaquée et il dit aujourd'hui, certains de mes collègues ont peur et votent sous la menace. Est-ce qu'il n'y a pas un problème démocratique quand même aujourd'hui en France ?
Alors, il y a des députés en marche qui votent sous la menace de leur président de groupe qui dit qu'ils seront exclus s'ils ne votent pas le traité CETA. D'accord ? Premièrement. Deuxièmement, écoutez, mais même Jean-Baptiste Moreau qui franchement, parmi les députés en marche, que je trouve être un homme qui a beaucoup de choses à dire, qui est intéressant, avec les désaccords. Donc vraiment, s'il m'entend, je ne suis pas favorable à ce qu'on dégrade sa permanence.
Mais Jean-Baptiste Moreau doit comprendre que les gens, notamment ceux qui font du bœuf, n'ont pas envie que rentrent sur le marché national, comme sur le marché européen, des bœufs qui utilisent 46 pesticides, enfin qui utilisent de la farine animale, des produits agricoles qui utilisent 46 pesticides qui sont interdits dans l'Union européenne. Cette concurrence qu'ils jugent déloyale, qui met en danger leur filière, met en danger leur vie. Bon sang, Jean-Baptiste Moreau, il doit le comprendre. Et je le répète, le coup de force démocratique, c'est pour ça que je dis que la question, c'est la souveraineté. La question, je vais revenir à un fondamental de la France insoumise.
Cette cinquième République concentre trop de pouvoir sur un homme le président de la République et fait de chaque député un député gaudit. Je suis favorable à un système plus démocratique, où il y aurait des respirations démocratiques.
Vous êtes favorable aussi à un mandat impératif, c'est ce que souhaitent un peu les jeunes agriculteurs.
Alors je termine sur une chose, qu'est-ce que j'ai proposé moi à l'Assemblée nationale ? Parce que je veux être entendu là-dessus, c'est un référendum sur le CETA. C'est ce que j'ai dit, la manière de dénouer la tension...
Et vous allez vous remobiliser quand le CETA va revenir au Sénat en septembre, effectivement, pour attendre...
Il le faut, il y aura un traité Mercosur aussi, qui est de libre-échange, le même état d'esprit avec l'Amérique latine contre lequel je suis. Et je crois même que M. Jean-Baptiste Moreau est contre le traité Mercosur, parce que je suis ce qu'il dit. Il dit là-dessus qu'il y a un danger. Et je suis aussi mobilisé sur plein de causes, notamment contre la vente d'ADP si on continue. Vous savez, des causes, il y en a. Et les retraites qui viennent, je ne sais pas si on va entendre parler de tout ça. Moi, comment dirais-je, je ne me prends pas pour ce que je ne suis pas.
Mon petit rôle là-dedans, c'est de profiter du micro quand vous me le donnez, pour alerter nos constituants en disant, les amis, la planète est en danger, le libre-échange, ce grand déménagement de la planète est fou, participe à l'émission de gaz à effet de serre. Je veux que mes enfants puissent continuer à avoir une planète qui est à l'image de celle que j'ai connue. Aujourd'hui, c'est l'activité humaine qui fait fondre, aujourd'hui, au pôle Nord, la glace, qui modifie le climat. La canicule, non mais c'est important. La canicule qu'on a connue n'est pas une canicule qui est due.
Et François a largement fait place au débat. Vous l'avez évoqué tout à l'heure, effectivement, l'attaque de la permanence de Romain Gros, député de la République en marche de Perpignan. Semble-t-il, c'était des gilets jaunes. Est-ce que vous pensez que les gilets jaunes, ce mouvement qui paraît essoufflé au plan de la mobilisation, peut repartir à la rentrée ?
Toutes les conditions qui ont amené à ce que les gilets jaunes se mobilisent dans cette année sont encore réunies. Voilà ce que j'ai à dire. C'est-à-dire ce sentiment de déclassement pour beaucoup de gens, ce sentiment pour ceux qui vivent dans ces zones périurbaines que le service public n'existe plus, ce sentiment d'injustice. Vous imaginez, je viens de voir que...
Le gouvernement a lâché 17 milliards. Le gouvernement a renoncé à son objectif de réduire les fonctionnaires.
Non, non, non, il n'a rien lâché du tout. Vous avez vu, ils sont en train de reprendre dans les caisses, par exemple, ce qu'on appelait à l'époque le 1% logement. Dans ma circonscription, Bagnolet-Montreuil, c'est ce que je vois, les OPH, les offices d'HLM sont pris à la gorge pour faire des travaux dans beaucoup de bâtiments dégradés. Ce qu'ils nous disent, c'est que l'aide publique, notamment au logement, non seulement a été dégradée, mais même ils vont prendre de l'argent là-dedans, 30 milliards si j'ai bien suivi, pour pouvoir compenser les dépenses de l'État. En fait, ce qu'ils ont donné d'une main, ils le reprennent de l'autre. L'indemnité chômage va baisser.
C'est-à-dire que, soi-disant, on a fait un cadeau aux Gilets jaunes mobilisés, mais là, dans la chaleur de l'été, quand les gens partent en vacances, pour ceux qui ont la possibilité de le faire, on vous refait les poches. C'est scandaleux. Donc, tout ça, on va voir. Les retraites, on n'a plus le temps d'en parler, j'ai bien compris. On vous fait les poches, les amis. C'est un système où vous allez devoir travailler plus longtemps pour avoir droit à une retraite qui ne sera pas d'ailleurs une retraite augmentée.
Vous ne connaîtrez pas la valeur de votre retraite parce que le système à point fait qu'au moment où vous bosserez, vous ne connaîtrez pas la valeur du point quand vous partirez en retraite. Ils vous font les poches. Par contre, on supprime l'ISF pour les plus riches. Évidemment, les soi-disant, on devait raboter sur les cadeaux fiscaux, sur les niches fiscales, ils vont moins raboter que prévu. Quand vous êtes puissant, M. Macron ne s'en parle pas trop à vous. Quand vous êtes modeste, il frappe encore. Donc, les Gilets jaunes, ça prendra peut-être un autre nom. Gilets verts, Gilets rouges, ce que vous voulez. Mais toutes les conditions de la révolte sont hélas encore réunies.
Ça se traduira dans les urnes, cette colère ?
Alors, parfois, non, parce que ce qui se traduit dans les urnes, c'est ce qu'on dit.
On a vu que c'est difficile à lire aux Européennes, par exemple.
La difficulté d'un homme comme moi, et d'un mouvement, c'est que ce que tout ça fabrique, c'est aussi un grand dégoût civique. Le sentiment que tout ça ne sert plus à rien. Et on a une abstention de masse, une abstention populaire. Donc, moi, mon travail est décidé de dire à toute cette colère, de dire, donnons-lui du sens. Faut en sorte qu'elle apporte une réponse écologique, sociale et démocratique. Et notamment aux élections municipales, qui est une élection toujours compliquée parce qu'il y a le côté local.
Mais il faut aussi que cette exigence de démocratie, qui est le fil conducteur de nos discussions depuis le début, c'est-à-dire le sentiment que les décisions ne soient pas prises sans que vous soyez consultés, que vous puissiez contrôler, y compris ce que font les forces de l'ordre, ce que font les responsables politiques, etc., doit se retrouver dans les listes que nous soutiendrons aux élections municipales. En gros, notre mandat, ce n'est pas d'élire un bon maire à la place de l'ancien maire, mais c'est de donner la parole au peuple, de faire qu'il y ait des nouveaux systèmes de contrôle. Je ne sais pas si on y arrivera, on est un jeune mouvement, mais c'est la tâche de l'heure.
Et puis il y aura aussi d'autres mobilisations démocratiques, les retraites et tout ce qu'on a évoqué. Merci et bon été à tous.
Ça nous fait de quoi parler à la rentrée.
Il faut aussi se souhaiter de bonnes vacances malgré tout ce qui est de lourou et compliqué.
Bonnes vacances à vous, Alexis Cordier, député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis. A demain, Jean-Jérôme Bertolus.
Alexis Corbière