Edwige Diaz : "Emmanuel Macron a pulvérisé tous les records liés à l'immigration !" (France Info)
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Edwige Vias, bonjour.
- 0:26OuverteÉludée
Pourquoi entretenir ce suspens jusqu'au bout ?
- 1:19RelanceRéponse partielle
Mais c'est un peu un faux suspens, non, que vous entretenez.
- 1:28RelanceRéponse directe
Si le RN venait à voter cette censure, ça ne devrait sans doute pas suffire en termes de voix pour faire tomber le gouvernement, vu que les socialistes ont décidé de ne pas censurer François Bayrou.
- 1:55OuverteRéponse partielle
Donc si je comprends bien, Edwige Diaz, vous espérez que des députés socialistes, finalement, votent cette censure, récupérer des voix ici ou là, chez les députés Liot, LR, un peu partout ?
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Il y a des négociations qui sont faites, justement, avec l'IOT, du côté du Rassemblement national, ou avec d'autres groupes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« on ne censure pas à la légère au Rassemblement national. »
- 0:26Invité politiqueFait
« Ce budget est un mauvais budget, ça on le sait. »
- 2:16Invité politiqueChiffre
« Tout le monde sait que Mme Anne Hidalgo, quand elle se présente seule à l'élection présidentielle, elle fait 1%. »
- 2:22Invité politiqueChiffre
« Tout le monde a bien vu que Raphaël Guzman, quand il se présente seul pour les socialistes au moment des élections européennes, il fait moitié moins que le score de Jordan Bardella. »
- 4:37Invité politiquePromesse
« Le seul budget qui nous satisfera, c'est le budget du Rassemblement National quand Jordan Bardella sera Premier ministre. »
- 4:47Invité politiqueFait
« Si les retraités ont bénéficié d'une augmentation de leur pension de retraite, c'est grâce au Rassemblement National. »
- 4:52Invité politiqueFait
« S'il n'y a pas eu augmentation du prix de l'électricité, c'est grâce aussi au Rassemblement National. »
- 4:56Invité politiqueFait
« L'absence de déremboursement des médicaments, c'est aussi grâce à nous. »
- 4:59Invité politiqueFait
« L'absence de 7 heures de travail gratuites, c'est aussi grâce au Rassemblement National, grâce à nous. »
- 5:12Invité politiqueFait
« Il n'y a pas d'amélioration du déficit. »
- 5:16Invité politiqueFait
« Il n'y a pas une amélioration de la croissance non plus. »
- 6:50Invité politiqueFait
« Nous avons explosé tous les records en matière migratoire depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République. »
- 6:55Invité politiqueFait
« que ce soit en termes de délivrance du titre de séjour, d'accueil des demandeurs d'asile, d'inexécution d'OQTF, du nombre de clandestins présents dans notre pays. »
- 8:10Invité politiqueFait
« la dissolution, elle est nécessaire, parce qu'en fait, l'Assemblée nationale est paralysée du fait des alliances contre nature qui ont eu lieu en juin dernier entre LFI, les macronistes et les républicains. »
- 9:03Invité politiqueFait
« nous souhaitons réaliser du protectionnisme, du protectionnisme européen, du protectionnisme français. »
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Edwige Vias, bonjour. Bonjour. De votre partie, le Rassemblement national a annoncé hier que Marine Le Pen dévoilera ses intentions sur la censure ou non du gouvernement Bayrou. Demain, ça sera sans doute juste avant l'examen de la motion de censure des insommies. Pourquoi entretenir ce suspens jusqu'au bout ?
Parce que nous, on ne censure pas à la légère au Rassemblement national. On mesure les conséquences d'une censure et nous attendions de prendre connaissance du texte définitif. Parce que la seule question que nous allons nous poser, c'est quelle est la solution la moins mauvaise pour la France et les Français. Ce budget est un mauvais budget, ça on le sait. Mais qu'est-ce qui sera le moins grave pour la France et les Français ? Est-ce que c'est laisser passer un budget même s'il est mauvais ? Ou est-ce que c'est censurer un gouvernement avec les conséquences que cela comporte ?
C'est pour ça qu'il faut que nous prenions de la hauteur, qu'il faut que nous analysions, que nous décortiquions ce budget pour prendre cette décision avec responsabilité. En fait, on n'est pas du tout, nous, comme la France insoumise, qui, elle, a la censure automatique. Et en fait, la France insoumise, c'est presque la France impulsive et la France irréfléchie. Donc on n'est pas du tout sur la même mesure que ces gens-là. Et donc c'est pour ça qu'on se donne le temps. On n'est pas à 48 heures près. De toute façon, qu'on ait annoncé notre décision hier, aujourd'hui ou demain, ça ne changera rien, parce que le vote a lieu demain.
Mais c'est un peu un faux suspense, non, que vous entretenez. Si le RN venait à voter cette censure, ça ne devrait sans doute pas suffire en termes de voix pour faire tomber le gouvernement, vu que les socialistes ont décidé de ne pas censurer François Bayrou.
Oui, alors ce n'est pas tout à fait sûr, parce que les socialistes, je pense qu'ils réfléchissent. En tout cas, les députés socialistes ne sont peut-être pas tous sur la même ligne que leur bureau national. Pourquoi ? Parce que les socialistes savent qu'en circonscription, en cas de dissolution de l'Assemblée nationale, c'est-à-dire pour assurer leur réélection, ils ont besoin de la France insoumise.
Donc si je comprends bien, Edwige Diaz, vous espérez que des députés socialistes, finalement, votent cette censure, récupérer des voix ici ou là, chez les députés Liot, LR, un peu partout ?
J'espère rien, parce que les socialistes et les FI font leur tambouille entre eux. Mais je vous dis juste que les socialistes savent qu'ils ont une épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Ils savent que si la prochaine fois, ils n'ont pas le soutien de la France insoumise, ça risque d'être compliqué pour un certain nombre d'entre eux, si jamais ils veulent se faire réélire. Tout le monde sait que Mme Anne Hidalgo, quand elle se présente seule à l'élection présidentielle, elle fait 1%. Tout le monde a bien vu que Raphaël Guzman, quand il se présente seul pour les socialistes au moment des élections européennes, il fait moitié moins que le score de Jordan Bardella.
Donc en fait, les socialistes sont une force politique française qui est très affaiblie. Et je pense qu'ils sont dans le calcul politicien en prévision de leur réélection. Et autre chose que je voulais vous dire, au niveau de l'UOT, de ce petit parti, de ce groupe parlementaire...
Qui rône notamment des élus ultramarins.
Voilà, exactement. Eh bien, ils n'ont pas tous dit qu'ils ne voteraient pas en faveur de la censure. Donc en fait, c'est assez incertain, d'autant plus que la majorité, c'est pas 289 députés, parce qu'il y a des élections partielles en ce moment. Donc en fait, le seuil est un petit peu plus bas. Donc si jamais nous décidions de la voter, cette motion de censure, eh bien, peut-être que M. Bayrou ne serait pas aussi sécurisé qu'il prétend l'être. Parce que vous voyez, ça va se jouer à quelques voix près.
Il y a des négociations qui sont faites, justement, avec l'IOT, du côté du Rassemblement national, ou avec d'autres groupes ?
Non, pas de notre côté. Non, pas de notre côté. Et merci de me poser la question, parce qu'en fait, nous, on ne se positionne pas par rapport à la décision politique prise par tel ou tel parti. Nous, on se positionne juste en fonction de l'intérêt de la France et des Français. Et c'est pour ça que nous prenons le temps, seuls, d'analyser ce budget.
En tout cas, vous parliez des socialistes, force affaiblie, mais François Bayrou a bien fait de discuter avec eux. Parce que peut-être qu'il va sauver sa tête grâce à eux. Et il n'a pas du tout discuté avec vous. Qu'est-ce qui s'est passé, contrairement à Michel Barnier, où finalement vous aviez négocié sur vos lignes rouges ? Là, ça n'a pas du tout été le cas. Alors, Marine Le Pen considère qu'elle est plutôt respectée par François Bayrou.
Oui, alors, M. Bayrou a été tout à fait dans son rôle de discuter avec toutes les forces politiques. Avec vous, pas vraiment. Notamment avec le Parti Socialiste. Si, avec nous aussi, précisément. Parce que je pense que M. Bayrou est quelqu'un d'intelligent et qu'il a retenu les leçons de ce que nous avons fait au gouvernement Barnier. Donc oui, il a discuté avec nous. C'est tout à fait normal. Mes collègues en charge du budget de l'État et du budget de la Sécurité Sociale ont régulièrement été contactés par les cabinets ministériels. Et c'est une bonne chose, en fait. Ce que l'on voit, c'est que peut-être pour la première fois, le Rassemblement National a été considéré.
Ça ne veut pas dire que nous sommes satisfaits de ce budget. Vous savez, le seul budget qui nous satisfera, c'est le budget du Rassemblement National quand Jordan Bardella sera Premier ministre. Mais en tout cas, oui, il faut le dire, M. Bayrou nous a respectés et il a tenu compte de nos lignes rouges. Vous savez, je tiens à le rappeler parce que c'est important. Si les retraités ont bénéficié d'une augmentation de leur pension de retraite, c'est grâce au Rassemblement National. S'il n'y a pas eu augmentation du prix de l'électricité, c'est grâce aussi au Rassemblement National. L'absence de déremboursement des médicaments, c'est aussi grâce à nous.
Et l'absence de 7 heures de travail gratuites, c'est aussi grâce au Rassemblement National, grâce à nous.
Donc on sent que ça vous convient plutôt bien ce que vous mettez ce matin ?
Non, parce qu'en fait, il y a une mauvaise trajectoire qui est quand même empruntée. Par exemple, il n'y a pas d'amélioration du déficit. Il n'y a pas une amélioration de la croissance non plus. Donc ça reste quand même un mauvais budget. Ils n'ont pas fait les économies là où il fallait faire, sur les agences de l'État, sur l'Union Européenne, sur l'immigration, etc. Donc non, ce n'est pas un bon budget.
Vous nous dites que ce n'est pas un bon budget malgré tout. Est-ce que vous utilisez aussi l'argument du Parti Socialiste qui dit qu'il faut quand même que la France ait un jour un budget ? Il faut désormais qu'on avance. Parce que si vous décidez demain de censurer le gouvernement de François Bayrou, vous serez sans doute classé dans le camp des irresponsables, je mets de gros guillemets, comme notamment le bloc central classe les insoumis. Donc il y aurait l'ERN et les filles irresponsables.
Non, mais c'est pour ça que je vous dis qu'on prend le temps de mesurer. Bon, là, aujourd'hui, la France a un budget. Grâce à la loi spéciale, c'est le budget de l'année dernière qui s'applique. Donc on n'est pas sans budget. Mais là, la question aussi qu'on va se poser, c'est si on censure, qu'est-ce qui se passe derrière ? Pour l'instant, on n'est pas en mesure de... Le président de la République n'est pas en mesure de dissoudre l'Assemblée nationale. Donc c'est pour ça, en fait, que c'est une situation difficile face à un mauvais budget. Qu'est-ce que l'on va faire ? Nous prendrons la décision la moins difficile, la moins mauvaise, dans l'intérêt unique de la France et des Français.
Est-ce que vous hésitez aussi encore sur cette censure ? Parce que, je vais être très cash, François Bayrou a utilisé cette expression de sentiment de submersion migratoire. On a vu les bancs, vos bancs, au Rassemblement national applaudir ce propos de François Bayrou. Est-ce que ça, ça vous a aussi convaincu, peut-être, dans le fait de ne pas censurer François Bayrou ?
Non, parce que je vous dis, la décision n'est pas encore prise. Mais en tout cas, comme M. Bayrou reconnaisse, alors c'est plus qu'un sentiment de submersion migratoire. Il y a une immigration dans notre pays qui est littéralement incontrôlée. Nous avons explosé tous les records en matière migratoire depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République, que ce soit en termes de délivrance du titre de séjour, d'accueil des demandeurs d'asile, d'inexécution d'OQTF, du nombre de clandestins présents dans notre pays. Donc oui, la question de l'immigration incontrôlée, c'est une réalité. Je me réjouis que François Bayrou le réalise.
Mais à peu près dans la balance, ça, de la censure ou non ?
En fait, ça dépendra, parce qu'on ne va pas se payer deux mots. Vous voyez qu'une reconnaissance d'une immigration incontrôlée dans notre pays, c'est un bon premier pas, c'est un bon pas. Mais la question, c'est comment il va régler cette question de l'immigration incontrôlée. Moi, j'entends M. Rotaillot partager les constats du Rassemblement national. Donc bien sûr, ça nous fait plaisir, mais je ne vois pas grand-chose arriver par la suite. Pour l'instant, ils n'ont pas envisagé de proposer aux Français un référendum sur l'immigration, comme le propose Marine Le Pen. On voit qu'ils n'ont pas décidé d'exécuter davantage d'OQTF. Ils n'ont pas non plus décidé de réduire l'aide médicale d'État.
Donc voilà, pour l'instant, on reste un petit peu sur notre faim.
Et je dis une question rapide sur la dissolution. Est-ce que vous la demandez toujours, la dissolution de l'Assemblée nationale ? Sachant que si le budget est voté, en tout cas est adopté, et si les deux textes budgétaires passent, la France peut avancer, le pays peut avancer. A quoi bon demander une dissolution dans ce cas-là ?
Non, mais de toute façon, la dissolution, elle est nécessaire, parce qu'en fait, l'Assemblée nationale est paralysée du fait des alliances contre nature qui ont eu lieu en juin dernier entre LFI, les macronistes et les républicains. Donc en fait, c'est ce barrage, pour le coup, anti-républicain qui a conduit à une seule chose, c'est le barrage parlementaire et le barrage de la France. Donc oui, nous pensons que pour débloquer cette situation, il existe deux solutions. La première, c'est la dissolution de l'Assemblée nationale dès que ce sera possible. Ou alors, peut-être avant, et c'est ce qu'une majorité de Français souhaitent, c'est la démission d'Emmanuel Macron.
Dernière question rapide du côté des États-Unis. Donald Trump, qui est, on va dire plutôt, un chef d'État que vous soutenez du côté de l'Assemblée nationale, veut imposer des droits de douane absolument à tout le monde, à la Chine, à l'Europe, au Canada, au Mexique. Est-ce que c'est quelque chose que vous soutenez, vous ? Sachez que l'Europe est extrêmement affaiblie aujourd'hui.
Oui, l'Europe est extrêmement affaiblie, précisément, parce qu'en fait, elle s'est laissée faire, elle s'est laissée marcher sur les pieds. Et nous, nous souhaitons réaliser du protectionnisme, du protectionnisme européen, du protectionnisme français. Et je pense que c'est ce qu'une majorité d'acteurs européens attendent. Et je pense en particulier aux agriculteurs qui sont précisément en train de s'inquiéter en raison du Mercosur, c'est ce traité de libre-échange qui va affaiblir considérablement l'agriculture française. Mais que doit faire l'Europe aujourd'hui ?
Alors, sous la Wanderleuyen, qu'est-ce qu'elle doit faire ?
Oui, mais moi, je pense en effet qu'il faut réaliser le localisme, le patriotisme économique. Et ça passe aussi notamment par un certain nombre de droits de douane qui doivent être appliqués quand des produits que nous importons entrent en concurrence directe avec des produits que nous sommes, nous, en mesure de produire.
Merci Edwige Az, merci d'avoir été avec nous. Merci Edwige Az d'avoir été l'invité politique de France Info ce matin.
Edwige Diaz