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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 24 septembre 2026 24 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiBudget & impôts

Carburants, situation économique, présidentielle... Le "8h30 franceinfo" de Patrick Martin

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:13OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous dites ce matin aux entreprises d'aller verser cette prime carburant à leurs employés ?

  • 0:41FerméeRéponse directe

    Vous avez 3000 salariés, vous la donnez à combien ?

  • 0:55FerméeÉludée

    Est-ce que vous savez dans le monde économique en France combien d'entreprises versent cette prime ?

  • 1:24RelanceRéponse partielle

    Vous trouvez ça un peu mal. Vous avez l'impression que le gouvernement refile la patate chaude aux entreprises ?

  • 1:47OuverteRéponse directe

    Quelles conséquences a cette crise globalement sur votre entreprise ?

  • 2:38OuverteRéponse directe

    La dimension politique, pour vous, c'est quoi ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:38Invité politiqueChiffre
    « On a un budget carburant qui a déjà augmenté d'un million d'euros. »
  • 2:11Invité politiqueFait
    « La France est devenue la lanterne rouge de l'Europe en matière de croissance, en matière de déficit, en matière d'endettement public. »
  • 4:23Invité politiqueFait
    « On touche du doigt les incohérences de politiques antérieures, y compris dans le cadre du dernier budget. »
  • 5:22Invité politiqueFait
    « Nous, on n'a pas fait ces efforts. »
  • 6:36Invité politiqueFait
    « Total fait peu de bénéfices en France. »
  • 6:52Invité politiqueChiffre
    « Le capital de Total est détenu à 85% par des actionnaires étrangers. »
  • 14:44Invité politiqueFait
    « Malheureusement, c'est nécessaire. »
  • 15:30Invité politiqueChiffre
    « On va payer l'année prochaine 100 milliards d'intérêts sur la dette. »

Temps de parole

  • Invité politique61 %
  • Présentateur16 %
  • Invité14 %
  • ?5 %
  • Invité 24 %

≈ 26,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Agathe.

0:01
Invité

Bonjour.

0:01
Présentateur

Et bonjour Patrick Martin. Bonjour. Bonjour

0:03
Invité

Patrick

0:03
Présentateur

Martin. Merci d'être avec nous. Les employeurs peuvent désormais verser une prime carburant non plus de 600 mais de 1000 euros jusqu'à 1000 euros en tout cas par an à leurs salariés.

0:13
Locuteur

C

0:13
Présentateur

'est l'une des annonces du gouvernement face à la flambée du prix de l'essence. Est-ce que vous dites ce matin aux entreprises, allez-y verser cette prime carburant à vos employés ? Oui,

0:22
Locuteur

évidemment

0:23
Invité politique

dans la limite de ce qu'elles peuvent faire parce qu'on oublie dans ce débat de dire que les entreprises,

0:27
Locuteur

elles

0:28
Invité politique

aussi, sont directement touchées par l'augmentation du prix du carburant. Moi je cite un cas que je connais bien par définition, celui de ma propre entreprise. On a un budget carburant qui a déjà augmenté d'un million d'euros. C'est autant d'argent qui ne serait pas disponible par exemple pour donner cette prime.

0:41
Présentateur

Vous avez 3000 salariés je crois. Vous la donnez à combien ? Est-ce que vous avez jusqu'à 1000

0:46
Locuteur

euros ? C'est quoi le budget

0:47
Présentateur

? Vous

0:47
Invité politique

n'en donnez pas ?

0:48
Locuteur

Non,

0:48
Invité politique

pas pour l'instant. Alors j'ai beaucoup de salariés, c'est leur fonction qui veut ça, qui sont équipés de véhicules de société. Donc c'est nous qui prenons en charge le carburant.

0:55
Présentateur

Est-ce que vous savez dans le monde économique en France combien d'entreprises versent cette prime ?

1:00
Locuteur

Il

1:00
Présentateur

y

1:00
Locuteur

a

1:00
Présentateur

des chiffres ? Non, sincèrement non. Mais vous les encouragez à le faire en tout cas et à aller,

1:03
Locuteur

s'ils

1:03
Présentateur

le

1:03
Invité politique

peuvent, jusqu'à 1000 euros.

1:07
Locuteur

Pardon, l

1:07
Invité politique

'activité ralentit vraiment.

1:09
Invité

Les

1:09
Invité politique

marges des entreprises se dégradent. Elles supportent notamment l'augmentation du prix du carburant, le carburant lui-même et tous les produits dérivés du carburant. Et puis, on a une augmentation du coût du travail. Enfin, je ne

1:20
Locuteur

veux

1:20
Invité politique

pas noircir le tableau,

1:21
Locuteur

mais refiler la

1:22
Invité politique

patate chaude aux entreprises, c'est un peu gonflé.

1:24
Invité

Vous trouvez ça un peu mal. Vous avez l'impression que le gouvernement refile la patate chaude aux entreprises, là, ou pas ?

1:29
Invité politique

Ah, c'est un peu excessif de ma part. Mais ce qu

1:32
Locuteur

'il

1:32
Invité politique

ne peut pas faire, lui, et réellement il ne peut pas le faire, il aimerait bien que les entreprises le fassent. On le fera dans la limite de ce qui est possible.

1:38
Invité

Vous êtes à la tête d'une entreprise de 3000 salariés, vous le disiez. Votre entreprise familiale, c'est spécialisée dans la fourniture de matériel pour le bâtiment et l'industrie. Quelles conséquences a cette crise, globalement ? Est-ce que ça impacte votre chiffre d'affaires, votre quotidien, vos projets, vos investissements

1:56
Locuteur

? D

1:56
Invité politique

'abord, il y a deux crises dans la crise. Il y a les facteurs mondiaux qui affectent tous les pays du monde, et européens singulièrement, et puis il

2:03
Locuteur

y

2:03
Invité politique

a la crise spécifiquement française. Moi, je suis très frappé par ça. Les pays européens, actuellement, sont en train de réviser à la hausse leurs prévisions de croissance. La France est devenue la lanterne rouge de l'Europe en matière de croissance, en matière de déficit, en matière d'endettement public. Donc, il y a une dimension singulière, je dirais, qui pèse, qui est la dimension politique. Et c'est à ça que, nous, on veut réagir, en disant qu'il est grand temps, même s'il

2:28
Locuteur

y a

2:28
Invité politique

des élections, on sait que ça crée une ambiance particulière. Il est grand temps que les politiques prennent conscience de la grande fragilité de

2:35
Locuteur

l

2:35
Invité politique

'économie française, qui commence à se traduire, y compris en termes d'emploi.

2:38
Invité

La dimension politique, pour vous, c'est quoi ? C'est que la classe politique ne se saisit pas de ce déclin français

2:44
Locuteur

?

2:45
Invité politique

Vous êtes mieux placé que moi pour corriger le cas échéant, peut-être pour savoir que, dans les discours politiques qu'on entend actuellement, on ne parle pas de croissance, on ne parle pas d'investissement, on ne parle pas de compétitivité, de concurrence internationale, on ne parle même pas d'emploi. Alors que le marché de l'emploi, c'est totalement inversé, singulièrement pour les jeunes. Donc, nous, on vit ça comme un débat un peu hors-sol, qui surajoute un autre stress.

3:08
Locuteur

On

3:08
Invité politique

se dit, mais quand vont-ils enfin prendre conscience

3:10
Locuteur

de la réalité de la situation ?

3:11
Présentateur

La réalité sur l'emploi, c'est ce qui intéresse les gens qui nous écoutent, en particulier. C'est quoi la réalité ? Le chômage est reparti à la hausse, ça va continuer ?

3:20
Invité politique

Je crains que ça continue, mais j'insiste là-dessus. Ça tient beaucoup au fait que, comme tous les agents économiques, y compris les ménages, on ne sait pas à quelle sauce on va être mangé dans le cadre du budget, et des élections qui suivront. Et on se dit, il est urgent d'attendre.

3:33
Locuteur

Et

3:33
Invité politique

puis,

3:34
Locuteur

il

3:34
Invité politique

y

3:34
Locuteur

a

3:34
Invité politique

des secteurs qui, objectivement, sont à la peine. Je pense aux bâtiments, je pense à la chimie. Voilà, donc, ça donne un faisceau de facteurs d'inquiétude qui n'est pas bon pour l'économie et pour l'emploi.

3:47
Présentateur

Vous dites, on manque de vision de long terme. Effectivement, pour l'instant, là, on parle d'annonce de court terme. Là, en l'occurrence, sur le carburant, sur l'aide, gros rouleur. Donc, le chèque de 100 euros en une fois, pour trois mois, pour les Français qui roulent 30 km par jour ou 8000 km par an, pour aller travailler. Bon, il y a des conductions de ressources, évidemment. 40 millions d'automobilistes, on les entendait hier. C'est une association qui dit que c'est très insuffisant. Les transporteurs routiers sont mécontents parce qu'ils en sont exclus. Exclus des aides sur les carburants. Est-ce que vous dites au gouvernement, vous pouvez faire plus ?

4:20
Locuteur

Il

4:20
Invité politique

faudrait qu'il fasse plus. Il ne peut pas faire plus. Et ça y est, on touche du doigt les incohérences de politiques antérieures, y compris dans le cadre du dernier budget. Moi,

4:28
Locuteur

je

4:28
Invité politique

suis assez ébahi de voir que certaines formations politiques qui ont empêché des économies, sur les retraites par exemple, en suspendant la réforme borne, aujourd'hui demandent à l'État de lâcher du lest, alors qu'on tape des taux d'emprunt historiquement élevés, qui témoignent aux yeux de nos bailleurs de fonds que la situation budgétaire de la France est critique. Vous

4:49
Locuteur

visiez le rassemblement national,

4:51
Invité

la France insoumise, le rassemblement national qui demande

4:53
Locuteur

par

4:53
Invité

exemple de baisser la TVA.

4:55
Invité politique

Il

4:55
Locuteur

se trouve

4:55
Invité

que même l'Allemagne baisse une taxe sur le carburant annoncé.

4:58
Locuteur

Quel est le taux d'endettement d'Allemagne ? On

5:00
Invité

n'a pas la même situation économique, c'est ça

5:02
Locuteur

que vous dites ?

5:02
Invité politique

Le taux d'endettement public de l'Allemagne,

5:04
Locuteur

qui

5:04
Invité politique

est en Europe, c'est la moitié

5:07
Locuteur

du

5:09
Invité politique

taux d'endettement de la France par rapport à sa richesse, par rapport à son PIB. Idem en Espagne, qui a fait des efforts pour redresser ses finances publiques. Idem au Portugal, qui dorénavant a des excellents budgétaires. Idem en Grèce, qui était l'enfant malade de l'Europe. Nous, on n'a pas fait ces efforts. Alors moi, je suis passé pour un père fouettard, pour un éternel géniard, en disant depuis des années, il faut redresser les finances publiques. J'avais l'an passé alerté en disant, s'il

5:33
Locuteur

y a

5:33
Invité politique

un accident, je ne savais pas quel accident adviendrait, je n'avais pas pronostiqué la crise au Moyen-Orient, mais s'il y

5:38
Locuteur

a

5:38
Invité politique

un accident, on est incapable d'y faire face. On y est.

5:41
Locuteur

Mais

5:42
Invité

certains disent qu'il y

5:43
Locuteur

a

5:43
Invité

une solution de facilité qui ne coûterait rien aux finances publiques, c'est de taxer Total. La gauche accuse le gouvernement de bloquer une initiative européenne de plusieurs pays pour taxer les super-profits du pétrolier. Qu'en pense le patron du MEDEF

5:57
Locuteur

? Le

5:58
Invité politique

patron du MEDEF, il pense qu'il faut arrêter le Total bashing. Il n'a échappé à personne que le fait qu'on est Total, un des majors mondiaux du pétrole, ça permet à la France de s'approvisionner en Afrique de l'Ouest, au Nigeria, en Angola, au Gabon, au Congo. Demain, au Venezuela, si on n'avait pas de compagnie pétrolière nationale, je ne pense pas qu'un major américain servirait le marché français prioritairement.

6:19
Locuteur

Clairement, vous dites qu'il y aurait pénurie. 11 milliards d'euros de bénéfices au premier semestre. 11 milliards

6:23
Invité

d'euros de bénéfices au premier semestre. Est-ce que ça vous choque

6:26
Locuteur

?

6:26
Invité politique

D'abord, où sont faits ces bénéfices ?

6:28
Invité

À l'étranger,

6:29
Locuteur

essentiellement. Il se

6:29
Invité politique

trouve que mon entreprise est un peu dans ce secteur. Moi, je paye des impôts dans les pays où Total, par ailleurs, extrait le pétrole. C'est normal que l'extraction soit taxée dans ces pays. Total fait peu de bénéfices en France. Il y a des règles fiscales internationales qui font que vous êtes taxé dans le pays où vous réalisez les profits. Mais au-delà de ça, on joue avec le feu par cette expression un peu maladroite.

6:52
Locuteur

Le

6:52
Invité politique

capital de Total est détenu à 85% par des actionnaires étrangers. Pourquoi ? Parce qu'on a été incapables de créer des fonds de pension en France, mais ce n

6:59
Locuteur

'est

6:59
Invité politique

pas le sujet. Vous êtes un actionnaire étranger de Total. Vous dites, la France va me surtaxer, ou peut-être l'Europe, d'ailleurs, va me surtaxer sur des profits que je ne fais pas en France.

7:09
Locuteur

Est

7:09
Invité politique

-ce que vous croyez qu'un investisseur japonais, saoudien, américain dans Total va supporter ça longtemps ? Et si à la fin des fins, on perd le centre de décision de Total en France, notamment quant à la possibilité de s'approvisionner dans certains pays hors Moyen-Orient,

7:25
Locuteur

on

7:26
Invité politique

prend un risque énorme. Donc,

7:27
Locuteur

il

7:27
Invité politique

faut raison

7:28
Locuteur

garder. Donc, pas toucher

7:28
Invité

Total, vous dites ?

7:30
Invité politique

D'une manière générale, aux grandes entreprises,

7:32
Locuteur

qui,

7:33
Invité politique

je le dis, en moyenne, sont majoritairement et malheureusement contrôlées par des actionnaires étrangers. Ils peuvent être francophiles, mais ils ne sont pas français.

7:39
Présentateur

Il y

7:40
Locuteur

a

7:40
Présentateur

des grandes entreprises,

7:40
Locuteur

il

7:40
Présentateur

y

7:40
Locuteur

a

7:40
Présentateur

des petites aussi, qui sont mécontentes des annonces, on le disait, du gouvernement sur les carburants. Les transporteurs donc, les auto-écoles, on les entend, toutes ces entreprises et leurs responsables sur l'antenne de France Info. Les artisans du bâtiment aussi, c'est un peu votre domaine, qui sont pourtant aidés. 20 centimes par litre, mais qui réclament désormais des baisses de TVA sur la rénovation. Tous disent qu'ils envisagent des actions, une mobilisation.

8:05
Locuteur

Est

8:05
Présentateur

-ce que vous sentez cette colère montée dans le monde économique ? Ce n

8:09
Locuteur

'est

8:09
Présentateur

pas un raz-de-marée. Ce que

8:10
Locuteur

je

8:11
Invité politique

sens monter, c

8:11
Locuteur

'est

8:11
Invité politique

une inquiétude liée à ça, liée au fait que les coûts d'emprunt, les taux d'intérêt augmentent.

8:17
Locuteur

Et

8:17
Invité politique

puis, j'insiste beaucoup là-dessus, sur le panorama politique, qui est en lui-même très anxiogène. Est-ce que ça réglerait quoi que ce soit

8:24
Locuteur

?

8:24
Invité politique

De se mobiliser, de

8:25
Locuteur

descendre dans la rue ?

8:27
Invité politique

Il n

8:27
Locuteur

'y a

8:27
Invité politique

plus d'argent magique, si jamais ça existait. Je ne sais pas où l'État pourrait aller chercher cet argent qu'il n'a pas économisé. Donc, on est

8:34
Locuteur

dans la...

8:34
Invité politique

Donc, vous dites

8:35
Locuteur

plutôt aux petits patrons,

8:36
Présentateur

aux artisans, ce ne sera pas la solution de manifester ? Je crains

8:40
Invité politique

que... À nouveau, je sens monter ici et là, ici et là, cette inquiétude, voire cette colère. Mais je crains que

8:48
Locuteur

ça

8:49
Invité politique

surajoute encore à la confusion, au chaos, et donc à la crise économique et sociale.

8:54
Invité

Patrick Martin, le président, Emmanuel Macron, doit prendre la parole ce soir. En cette fin de mandat, est-ce que les patrons attendent encore quelque chose de lui

9:01
Locuteur

? Non,

9:03
Invité politique

c'est dans l'ordre des choses. Au regard du calendrier, on se projette plutôt sur qui lui succédera. Et puis, il n'y

9:11
Locuteur

a

9:11
Invité politique

pas de majorité parlementaire. Ça n'a échappé à personne. C'est ingérable pour le gouvernement, donc pour le président de la République.

9:17
Invité

Et la

9:17
Locuteur

situation, il dit, ce n'est pas

9:18
Invité

de ma faute si les prix augmentent, c'est la

9:20
Locuteur

situation...

9:21
Invité politique

Non, on est très respectueux de la fonction, ça va s'en dire. Mais du rôle qu'il joue sur le plan international pour essayer d'apporter un peu de sagesse et d'apaisement. Alors, avec des résultats plus ou moins tangibles à ce jour, mais enfin, le moins qu'on puisse dire, et qu'il se déploie, qu'il s'emploie parce que les choses s'apaisent. Mais je ne crois pas qu'il puisse annoncer quoi que ce soit de très concret qui viendrait répondre à toutes ces interrogations réelles, s'agissant en particulier du prix du carburant.

9:47
Invité

Le 27 août, vous avez organisé au MEDEF un débat entre 7 candidats à la présidentielle. Qui parmi les candidats, aujourd'hui, ils sont nombreux, incarne le mieux vos préoccupations

9:57
Locuteur

?

9:58
Invité politique

D'abord,

9:58
Locuteur

on

9:58
Invité politique

a réussi, le MEDEF a réussi à poser le sujet de l'économie et de l'entreprise qui était jusque-là dangereusement absent du débat public. Bon, ensuite, il y avait 7 intervenants. Il y en a qui ont assumé complètement leur positionnement. M. Mélenchon, qui est un positionnement anti-entreprise avec des petits appels du pied aux petites entreprises qui ne trompent personne. Pour le reste, ça a été assez prudent de la part des uns et des autres.

10:22
Présentateur

Pardon, sur Jean-Luc Mélenchon, la proposition qu'il a faite devant les entrepreneurs qui était d'augmenter le SMIC et donc par effet d'entraînement l'ensemble des salaires, pour vous, c'est une position anti-entreprise

10:36
Locuteur

?

10:37
Invité politique

On ne sait pas comment économiquement ça tient la route. Enfin, la France perd des parts de marché.

10:44
Locuteur

La

10:44
Invité politique

France a une croissance à tonnes.

10:46
Locuteur

Elle

10:46
Invité politique

n

10:46
Locuteur

'a

10:46
Invité politique

plus de croissance. La France détruit des emplois. Donc, nous, on veut augmenter les salaires. Et je vous le dis, les yeux dans les yeux. Mais certainement pas autoritairement en décrétant qu'on doit augmenter les salaires sans savoir comment les payer. Moi, mon pronostic, si ça devait advenir, et ça n'est pas mon souhait, ça ne vous a pas échappé, c'est que ça précipiterait vers la faillite un nombre incroyable d'entreprises. Et donc, animé par une bonne intention un peu électorale quand même, ça aurait un effet paradoxal.

11:10
Locuteur

C'est électoral

11:10
Présentateur

peut-être, mais c'est la réalité

11:12
Locuteur

des gens.

11:13
Invité politique

Mais bien sûr. Mais bien sûr, quand je vous dis sincèrement que nous, on souhaite pouvoir augmenter les salaires, on a les solutions. On les a proposées.

11:20
Locuteur

Je

11:20
Invité politique

peux les développer.

11:21
Locuteur

Vous

11:22
Invité

avez notamment parlé d'augmenter la TVA, mais au-delà de Jean-Luc Marchon, vous alliez parler des autres candidats. Parmi les autres, vous aviez dit il y a un an que Gabriel Attal, Bruno Retailleau et dans une certaine mesure Jordan Bardella étaient plus conscients des périls économiques. Ça, c'était il y

11:37
Locuteur

a

11:37
Invité

un an. Un an après,

11:38
Locuteur

est-ce

11:38
Invité

que vous rediriez la même chose ? Sachant que Bardella ne sera

11:40
Locuteur

pas candidat.

11:42
Invité politique

Non,

11:42
Locuteur

mais

11:42
Invité politique

Mme Le Pen a été assez discrète dans ce débat. Elle nous a annoncé, ça c'était l'annonce, le scoop, que pour le mois d'octobre, elle produirait son...

11:50
Locuteur

C

11:50
Invité politique

'est une proposition de budget pour faire 125 milliards d'économies. On n'est toujours pas en octobre, donc on va voir. Non, nous ce qu'on regarde, c'est qui prend en compte la situation internationale, qui a une approche libérale du sujet. Parce qu'il faut arrêter de se convaincre que la France est un pays ultra-libéral. C'est absurde,

12:08
Locuteur

c

12:08
Invité politique

'est ridicule.

12:08
Locuteur

Et donc, qui répond à la question d'Agathe, correspond le

12:11
Présentateur

mieux à ce profil ? Qui, pour répondre

12:13
Locuteur

à la question, correspond le mieux à ce profil ? C'est le bloc

12:14
Présentateur

central.

12:15
Invité politique

Voilà.

12:15
Locuteur

C

12:15
Invité politique

'est le bloc central.

12:16
Invité

Édouard Philippe

12:17
Locuteur

?

12:18
Invité politique

Dont Édouard Philippe. Mais qui n'a pas fait, à l'occasion de cette REF, qui était un énorme succès, 21 000 chèvres. À

12:23
Locuteur

la rentrée des entrepreneurs

12:24
Invité politique

de France ? Voilà.

12:25
Locuteur

Il n'a pas

12:26
Invité

fait quoi ?

12:26
Invité politique

Il n

12:26
Locuteur

'a

12:26
Invité politique

pas fait d'annonce spectaculaire. Mais moi, je crois comprendre qu'il retient ses coûts pour égrener, au fur et à mesure de la campagne, un certain nombre de propositions.

12:33
Locuteur

On attend

12:33
Invité

notamment des propositions

12:34
Locuteur

sur les retraites.

12:35
Invité politique

Donc, nous, notre satisfaction, c'est qu'on a installé le sujet de l'économie et de l'entreprise dans le débat, mais il n'y

12:39
Locuteur

a

12:39
Invité politique

pas eu de révélation, je

12:41
Présentateur

dirais. Il

12:41
Locuteur

n'y a

12:41
Présentateur

pas de surprise sur le camp qui s'attire vos préférences. Patrick Martin, vous restez avec nous.

12:48
Locuteur

On

12:48
Présentateur

va parler des économies à faire, de vos propositions sur les arrêts maladie, notamment, et de la jeunesse, puisque c'est le thème du livre que vous publiez. Patrick Martin, patron du MEDEF, dans le 830 France Info, l'info en 1 minute à 8h47, avec Maureen Suignard.

13:02
Locuteur

Il

13:03
Invité

s'agit de sa première interview à la télé depuis juin 2024. Emmanuel Macron sur TF1 et France 2, ce soir, édition spéciale aussi à suivre sur France Info des 20h. Le chef de l'État va parler de la crise des carburants. Les prix sont toujours au plus haut, alors que la guerre au Moyen-Orient n'est pas terminée. Les professeurs d'une école d'Evry-Courcouronne sont en grève. Ils dénoncent l'agression d'une enseignante. 7 jours d'incapacité totale de travail. C'est un enfant de 8 ans qui est accusé de l'avoir frappé le 11 septembre dernier. Un élève en situation de handicap précise à France Info le rectorat de Versailles.

CNN, MS Now et Politico, trois médias américains, pourront de nouveau avoir accès à la Maison-Blanche. Un juge américain l'ordonne ce matin. La semaine dernière, Donald Trump avait décidé de les chasser en les accusant de relayer de fausses informations. Et puis, il n'y a pas de menaces caractérisées, affirme le ministre de l'Intérieur concernant la visite du pape Léon XIV. Il arrive en France demain. Le dispositif de sécurité sera très important. 114 000 policiers et gendarmes et militaires mobilisés. Un million de personnes sont attendues demain et samedi pour participer à l'événement.

14:08
Locuteur

France

14:09
Invité

Info.

14:10
Locuteur

Le

14:11
Présentateur

8.30 France Info, Agathe Lambret,

14:13
Locuteur

Simon

14:13
Présentateur

Le Baron.

14:15
Locuteur

Avec

14:15
Invité

Patrick Martin, président du Ménèvre, vous publiez Génération empêchée. Pourquoi la jeunesse doit être une grande cause nationale aux éditions de l'Observatoire ? On va en parler dans un instant. Mais d'abord, le budget pour 2027. Le gouvernement prévoit 54 milliards d'euros d'économies à ce stade. À titre de comparaison, François Bayrou, c'était 10 milliards de moins, 44 milliards. Et c'était déjà la purge pour les oppositions qui ont fait tomber l'ancien Premier ministre. 54 milliards pour le patron des patrons, c'est comment

14:43
Locuteur

?

14:44
Invité politique

Malheureusement, c'est nécessaire.

14:46
Locuteur

C

14:47
Invité politique

'est nécessaire.

14:48
Locuteur

Nous,

14:48
Invité politique

on déplore que ces 54 milliards ne soient pas trouvés sur des économies structurelles de fonctionnement des sphères publiques, l'État lui-même, qui est un peu à l'os. Le système de santé et les collectivités locales. Donc, c'est un peu des mesures circonstancielles et d'urgence. Mais malheureusement, il faut aller chercher ces 54 milliards

15:07
Locuteur

en

15:07
Invité politique

évitant...

15:08
Locuteur

C'est énorme,

15:08
Invité

54 milliards,

15:09
Locuteur

Patrick

15:09
Invité

Martin. Certains disent que

15:10
Locuteur

c'est

15:10
Invité

l'austérité, ça va encore plus ralentir la croissance, ça va coûter

15:14
Locuteur

C'était la limite que j'allais apporter.

15:16
Invité politique

Oui, mais je crois que dorénavant, nos concitoyens sont conscients de la criticité de la situation des finances publiques. Et la situation des finances publiques, c'est la nôtre, c'est celle des citoyens français. Quand on va payer l'année prochaine 100 milliards d'intérêts sur la dette, c'est évidemment autant d'argent qui est plus disponible pour faire des chèques-essences, pour revaloriser le salaire des enseignants, pour remettre à niveau les urgences dans les hôpitaux. Donc on est complètement étranglé. Complètement étranglé.

Qui, à un moment donné, aura le courage, c'était le thème de notre grande manifestation de fin août, le courage de dire les choses, de proposer des solutions qui ne passent pas pour être que de la sueur du sang et des larmes, mais de se projeter vers un avenir meilleur.

15:59
Locuteur

Nous, on a des solutions.

15:59
Présentateur

Cette situation et ces économies très importantes à faire, le Premier ministre s'engage à réduire le montant de la taxe sur les bénéfices des grandes entreprises qui devraient passer de 7 milliards et demi à 5 milliards d'euros. C'était une réduction d'un tiers. Est-ce que ça vous rassure plutôt ?

16:16
Locuteur

Est

16:16
Présentateur

-ce que vous dites merci au gouvernement d'épargner les grandes entreprises ?

16:20
Invité politique

Attendez, il ne

16:21
Locuteur

faut

16:21
Invité politique

pas inverser les choses. Les entreprises concernées ont un milliard et demi d'euros de chiffre d'affaires, donc c

16:26
Locuteur

'est

16:26
Invité politique

y compris des entreprises de taille intermédiaire, qui supportent dorénavant le taux d'imposition le plus élevé du monde.

16:33
Locuteur

Du

16:33
Invité politique

monde, avec cette surtaxe.

16:35
Locuteur

Yes,

16:35
Invité politique

premier point. Deuxième point, il avait été décidé à l'origine qu'elle durait un an.

16:39
Invité

En 2025.

16:40
Invité politique

Ça ferait trois ans. Ça pose un problème, bien sûr, d'argent. Ça pose surtout un problème de confiance. Si on ne peut plus avoir confiance dans la parole de l'État, il ne

16:47
Locuteur

faut

16:47
Invité politique

s'étonner de rien.

16:48
Présentateur

Est-ce que ça ne pose pas un problème de justice aussi, à partir du moment où le gouvernement va même demander aux bénéficiaires des APL de faire un effort

16:56
Locuteur

?

16:56
Invité politique

Mais ça pose un problème de justice, mais la justice ne s'apprécie pas uniquement à l'intérieur des frontières françaises.

17:02
Locuteur

Il

17:03
Invité politique

y a une compétition internationale, y compris fiscale. On peut s'en désoler, c'est un état de fait. Donc, si vous mettez la tête sous l'eau de ces entreprises qui ont le choix d'arbitrer leurs investissements, leur création d'emplois, mais pas pour aller dans des paradis fiscaux, pour aller en Italie, pour aller en Allemagne, pour aller aux Pays-Bas, écoutez, il ne

17:20
Locuteur

faut

17:20
Invité politique

pas s'étonner. Et ça se vérifie dans les chiffres que ces entreprises investissent moins en France, emploient moins en France. Tout ça est parfaitement logique et cohérent.

17:28
Locuteur

Les

17:28
Invité

arrêts maladie, c'est un autre sujet de ce budget. C'est un domaine dans lequel le gouvernement cherche de l'argent. Les dépenses des arrêts maladie ont considérablement augmenté. La facture a dépassé 16 milliards d'euros en 2025 pour la Sécurité sociale. Mais vous, vous dites carrément qu'il faut dérembourser les petits arrêts maladie

17:46
Locuteur

? Je

17:47
Invité politique

suis bien conscient que comme la désindexation ou sous-indexation des retraites,

17:50
Locuteur

ce

17:50
Invité politique

sont des expédiants, ce sont des mesures d'urgence et que la vraie solution, c'est de créer de la richesse. On parlera de l'emploi des jeunes en particulier tout à l'heure. Mais on est le dos au mur.

17:59
Locuteur

On

17:59
Invité politique

est le dos au mur. Donc on peut continuer à augmenter la fiscalité des entreprises. Elles partiront ou elles feront faillite. Hardy petit. Mais à un moment donné, il faut donc prendre des mesures d'économie urgentes.

18:11
Invité

Sur les malades ? Sur les travailleurs ?

18:13
Locuteur

Non, pas sur

18:13
Invité

les

18:14
Invité politique

malades. On parle des arrêts maladie de courte durée sur lesquels il y a une augmentation assez rapide et on sait que marginalement, mais quand même, il peut y avoir un peu de laxisme, je dirais, sur ces sujets-là. Moi, c'est mes salariés qui me le disent.

18:26
Locuteur

Mon collègue

18:27
Invité politique

Tartemuche, mais c'est insurçant. Donc vous

18:29
Locuteur

connaissez

18:30
Présentateur

que c'est marginal parce que

18:32
Locuteur

certains

18:32
Présentateur

candidats, par exemple, Édouard Philippe, il y a beaucoup de candidats qui veulent s'attaquer aux arrêts maladie. Édouard Philippe, lui, parlait d'open bar. Ce sont des mots que vous n'avez pas repris. Ça laisse à penser que la fraude est massive.

18:43
Invité politique

Écoutez, est-ce qu'il vous est arrivé de téléconsulter

18:46
Locuteur

?

18:47
Invité politique

Oui. C'est un cas, c'est mon épouse qui me rapportait l'autre jour que pour un petit bobo, elle-même a qualifié ça de petit bobo, à téléconsulter. À quatre reprises, il lui a été dit est-ce que vous voulez un arrêt maladie

18:57
Locuteur

?

18:58
Invité politique

Elle a répondu quatre fois non. Mais enfin, si ça continuait,

19:00
Locuteur

c'était ça. C'est une expérience personnelle, mais ce que vous avez déchimé des chiffres des études. Ce

19:04
Invité

sont les médecins qui proposent ces arrêts maladie à

19:06
Locuteur

votre

19:06
Invité

épouse.

19:07
Locuteur

Certains médecins.

19:08
Invité politique

Non, mais moi, je le vois dans mon entreprise. Mais je me garde à nouveau d'en faire une généralité et je redis que la vraie solution n'est pas là. La vraie solution, c'est qu'on travaille avec plus dans ce pays, qu'il y

19:15
Locuteur

ait

19:15
Invité politique

plus de gens qui puissent travailler et qu

19:17
Locuteur

'on

19:17
Invité politique

produise plus de richesses. On effacera beaucoup de ces débats-là. Mais

19:20
Locuteur

à

19:22
Invité politique

un moment donné, on ne sait plus payer. On ne sait plus payer. Alors on nous dit on va effacer la dette. Écoutez, essayez de faire ça à titre personnel. Normalement, vous êtes interdit bancaire et vous bien s'en saisit. Donc c'est des fausses solutions. Donc on en est à devoir prendre des solutions pénibles, douloureuses et au cas par cas injustes.

19:39
Invité

Dont

19:39
Invité politique

sur les entreprises.

19:41
Invité

La gauche a déjà annoncé qu'elle censurait sans doute le gouvernement. Est-ce qu'une nouvelle crise politique, la perspective d'une paralysie budgétaire au-delà du tableau assez sombre que vous avez dépeint vous inquiète

19:52
Locuteur

?

19:52
Invité politique

Bien sûr.

19:53
Locuteur

Bien

19:54
Invité politique

sûr que ça nous inquiète. Mais j'insiste, c'est déjà un peu pris en compte dans la marge de l'économie française. Non, ce qui nous inquiète c'est les haies qu'il va falloir franchir. Ce budget, l'élection présidentielle est derrière quand même des législatives parce qu'il y

20:07
Locuteur

a

20:07
Invité politique

un scénario où

20:08
Invité

il n

20:08
Locuteur

'y a

20:08
Invité

pas de majorité. Où

20:09
Invité politique

il n

20:09
Locuteur

'y

20:09
Invité politique

a pas de majorité. Et là, on part complètement en vrille. La France est en

20:14
Locuteur

train de... On risque de

20:14
Invité

partir en vrille ?

20:15
Invité politique

Mais oui.

20:16
Locuteur

Mais

20:16
Invité politique

oui. On est...

20:17
Locuteur

Pardon

20:18
Invité politique

de réinsister là-dessus. Nos finances publiques sont dans un état critique. On emprunte chaque jour un peu plus cher sur des montants de plus en plus élevés. On ne produit plus de croissance. On ne crée plus d'emplois. On est en train de détruire des emplois. Et donc, à un moment donné, si l'horizon est complètement bouché, ça va être panique à

20:37
Locuteur

bord. Vous

20:37
Invité

dites à la classe politique aujourd'hui, soyez responsable

20:39
Locuteur

et laissez passer

20:40
Invité

ce budget, ne censurez pas.

20:41
Locuteur

Je

20:42
Invité politique

dis à la classe politique, regardez ce qui se passe autour de nous. Nous, on ne demande pas d'inventer le fil à couper le beurre. On demande de s'inspirer de recettes qui ont bien marché sans que ça crée de psychodrames, de crises sociales et de violences dans des pays voisins. Inspirez-vous de ça et prenez acte du fait qu'on a trop tiré sur l'appareil productif. Donc, les entreprises françaises se sont repillées dans leurs coquilles. Il

21:02
Locuteur

y a

21:02
Invité politique

un nombre de faillites qui augmente. Elles empruntent de plus en plus cher aujourd'hui. Il faut sortir par le haut.

21:07
Présentateur

Patrick Martin, patron du MEDEF, vous plaidez pour la jeunesse dans votre livre. Vous voulez en faire une grande cause nationale. Vous en appelez aux entreprises aussi sur la formation des jeunes, sur l'accueil des stagiaires. Les jeunes sont les grands oubliés de nos politiques aujourd'hui. C'est scandaleux.

21:24
Locuteur

C

21:24
Présentateur

'est scandaleux qu

21:25
Invité politique

'on ait 35% de jeunes en emploi. Les Allemands, c'est 51%. Les Hollandais, 75%. On a un taux de chômage des jeunes en France qui est 7 fois supérieur à celui de la Suisse. Vous

21:35
Présentateur

dites si on règle le problème des jeunes, on règle tous les problèmes ?

21:38
Invité politique

On règle y compris des problèmes sociétaux et sociaux, de santé mentale, d'accès au logement, de natalité, mais des problèmes économiques aussi parce que par définition, si parce qu'on les aura mieux orientés, mieux formés, mieux accompagnés de la part des entreprises singulièrement, ces jeunes accèdent à l'emploi. En termes d'épanouissement personnel et de revenus, c'est évidemment mieux pour eux mais ça crée de la richesse, ça finance nos régimes sociaux. C'est ce que j'appelle sortir par le haut. Moi, je ne comprends pas que ce sujet ne soit pas en haut de la pile. Il l'est pour le MEDEF.

22:07
Invité

Oui. Pourquoi le patron des patrons écrit tout un livre sur la jeunesse et on voit que le sujet vous tient à cœur ? C'est lié à une expérience personnelle ? Vous avez vous-même des enfants qui ont été confrontés à...

22:20
Invité politique

Oui. Je suis père, je suis grand-père, ça se voit. Donc, ça me parle à titre personnel. Il se trouve que par ailleurs, j'ai une fille aînée qui est formidable, qui a fait

22:31
Locuteur

des

22:32
Invité politique

études assez poussées en sociologie et qui est partie pendant cinq ans s'occuper d'inclusion en Guyane. Donc, tout ce dont je parle, je ne

22:39
Locuteur

l

22:39
Invité politique

'ai pas appris dans les livres. J'ai le vécu de ma fille qui, à la fin, est revenue en Hexagone, en métropole, parce qu'elle n'était plus payée par une association qui n'avait plus de subvention. Donc, la situation de la Guyane, comme celle de Mayotte et d'autres encore, est extrême. Mais tout ce qu'elle a vécu, ça existe en métropole. Donc, on ne peut pas rester indifférent à ça pour des raisons humaines, d'abord, mais également pour des raisons sociales et économiques. Quel est l'état d'esprit de ces jeunes ? Notamment du million et demi de jeunes qui sont totalement exclus, qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études.

C'est un sentiment de désespérance, enfin, ça va de la désespérance jusqu'à la colère. Et moi, d'une certaine manière, je le comprends. Donc, pour eux, mais pour le pays et pour les entreprises, d'ailleurs, qui sont confrontées à des tensions de recrutement croissantes et qui font encore s'aggraver du fait de la démographie, c'est une évidence qu'il faut s'occuper de ça. Je ne

23:27
Locuteur

dis

23:27
Invité politique

pas qu'il ne

23:28
Locuteur

faut

23:28
Invité politique

pas s'occuper des seniors,

23:29
Invité

mais

23:29
Invité politique

proportionnellement...

23:31
Invité

Priorité à la jeunesse

23:32
Locuteur

et il faut

23:32
Invité

diviser par deux le chômage des jeunes en France en 5 ans. Vous faites comment

23:36
Locuteur

?

23:36
Invité politique

Précisément, en décloisonnant beaucoup plus qu'on ne le fait jusque-là, l'école et l'entreprise. Il y a encore des esprits que je qualifie d'un peu dogmatiques pour d'autres, un peu corporatistes, qui disent qu

23:46
Locuteur

'il

23:46
Invité politique

faut tenir l'entreprise à l'écart de l'enseignement. Comme si on avait une approche mercantiliste, comme si on voulait acquérir de la main-d'oeuvre à bas prix et desserveler les jeunes. C'est absolument faux. On a besoin de jeunes intelligents et cultivés. En Suisse, j'évoquais le taux de chômage de 3,2%. 70% des jeunes passent par l'apprentissage. Il y a des

24:06
Locuteur

patrons de grands groupes. les

24:06
Invité

aides ont été rabotées.

24:07
Invité politique

Les aides sont rabotées.

24:08
Locuteur

Mais c'est dingue. On marche sur la

24:10
Invité politique

tête.

24:10
Présentateur

Merci beaucoup Patrick Martin. Je rappelle le titre de ce livre aux éditions de l'Observatoire. Donc, un plaidoyer pour la jeunesse. Il s'appelle Génération empêchée. Merci

24:19
Locuteur

d'avoir été avec nous

24:20
Présentateur

dans le 830 France Info ce matin. Et merci à vous Agathe.

24:23
Locuteur

Merci beaucoup. Bonne journée.