Carburants, situation économique, présidentielle... Le "8h30 franceinfo" de Patrick Martin
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:13OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous dites ce matin aux entreprises d'aller verser cette prime carburant à leurs employés ?
- 0:41FerméeRéponse directe
Vous avez 3000 salariés, vous la donnez à combien ?
- 0:55FerméeÉludée
Est-ce que vous savez dans le monde économique en France combien d'entreprises versent cette prime ?
- 1:24RelanceRéponse partielle
Vous trouvez ça un peu mal. Vous avez l'impression que le gouvernement refile la patate chaude aux entreprises ?
- 1:47OuverteRéponse directe
Quelles conséquences a cette crise globalement sur votre entreprise ?
- 2:38OuverteRéponse directe
La dimension politique, pour vous, c'est quoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:38Invité politiqueChiffre
« On a un budget carburant qui a déjà augmenté d'un million d'euros. »
- 2:11Invité politiqueFait
« La France est devenue la lanterne rouge de l'Europe en matière de croissance, en matière de déficit, en matière d'endettement public. »
- 4:23Invité politiqueFait
« On touche du doigt les incohérences de politiques antérieures, y compris dans le cadre du dernier budget. »
- 5:22Invité politiqueFait
« Nous, on n'a pas fait ces efforts. »
- 6:36Invité politiqueFait
« Total fait peu de bénéfices en France. »
- 6:52Invité politiqueChiffre
« Le capital de Total est détenu à 85% par des actionnaires étrangers. »
- 14:44Invité politiqueFait
« Malheureusement, c'est nécessaire. »
- 15:30Invité politiqueChiffre
« On va payer l'année prochaine 100 milliards d'intérêts sur la dette. »
Temps de parole
- Invité politique61 %
- Présentateur16 %
- Invité14 %
- ?5 %
- Invité 24 %
≈ 26,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Agathe.
Bonjour.
Et bonjour Patrick Martin. Bonjour. Bonjour
Patrick
Martin. Merci d'être avec nous. Les employeurs peuvent désormais verser une prime carburant non plus de 600 mais de 1000 euros jusqu'à 1000 euros en tout cas par an à leurs salariés.
C
'est l'une des annonces du gouvernement face à la flambée du prix de l'essence. Est-ce que vous dites ce matin aux entreprises, allez-y verser cette prime carburant à vos employés ? Oui,
évidemment
dans la limite de ce qu'elles peuvent faire parce qu'on oublie dans ce débat de dire que les entreprises,
elles
aussi, sont directement touchées par l'augmentation du prix du carburant. Moi je cite un cas que je connais bien par définition, celui de ma propre entreprise. On a un budget carburant qui a déjà augmenté d'un million d'euros. C'est autant d'argent qui ne serait pas disponible par exemple pour donner cette prime.
Vous avez 3000 salariés je crois. Vous la donnez à combien ? Est-ce que vous avez jusqu'à 1000
euros ? C'est quoi le budget
? Vous
n'en donnez pas ?
Non,
pas pour l'instant. Alors j'ai beaucoup de salariés, c'est leur fonction qui veut ça, qui sont équipés de véhicules de société. Donc c'est nous qui prenons en charge le carburant.
Est-ce que vous savez dans le monde économique en France combien d'entreprises versent cette prime ?
Il
y
a
des chiffres ? Non, sincèrement non. Mais vous les encouragez à le faire en tout cas et à aller,
s'ils
le
peuvent, jusqu'à 1000 euros.
Pardon, l
'activité ralentit vraiment.
Les
marges des entreprises se dégradent. Elles supportent notamment l'augmentation du prix du carburant, le carburant lui-même et tous les produits dérivés du carburant. Et puis, on a une augmentation du coût du travail. Enfin, je ne
veux
pas noircir le tableau,
mais refiler la
patate chaude aux entreprises, c'est un peu gonflé.
Vous trouvez ça un peu mal. Vous avez l'impression que le gouvernement refile la patate chaude aux entreprises, là, ou pas ?
Ah, c'est un peu excessif de ma part. Mais ce qu
'il
ne peut pas faire, lui, et réellement il ne peut pas le faire, il aimerait bien que les entreprises le fassent. On le fera dans la limite de ce qui est possible.
Vous êtes à la tête d'une entreprise de 3000 salariés, vous le disiez. Votre entreprise familiale, c'est spécialisée dans la fourniture de matériel pour le bâtiment et l'industrie. Quelles conséquences a cette crise, globalement ? Est-ce que ça impacte votre chiffre d'affaires, votre quotidien, vos projets, vos investissements
? D
'abord, il y a deux crises dans la crise. Il y a les facteurs mondiaux qui affectent tous les pays du monde, et européens singulièrement, et puis il
y
a la crise spécifiquement française. Moi, je suis très frappé par ça. Les pays européens, actuellement, sont en train de réviser à la hausse leurs prévisions de croissance. La France est devenue la lanterne rouge de l'Europe en matière de croissance, en matière de déficit, en matière d'endettement public. Donc, il y a une dimension singulière, je dirais, qui pèse, qui est la dimension politique. Et c'est à ça que, nous, on veut réagir, en disant qu'il est grand temps, même s'il
y a
des élections, on sait que ça crée une ambiance particulière. Il est grand temps que les politiques prennent conscience de la grande fragilité de
l
'économie française, qui commence à se traduire, y compris en termes d'emploi.
La dimension politique, pour vous, c'est quoi ? C'est que la classe politique ne se saisit pas de ce déclin français
?
Vous êtes mieux placé que moi pour corriger le cas échéant, peut-être pour savoir que, dans les discours politiques qu'on entend actuellement, on ne parle pas de croissance, on ne parle pas d'investissement, on ne parle pas de compétitivité, de concurrence internationale, on ne parle même pas d'emploi. Alors que le marché de l'emploi, c'est totalement inversé, singulièrement pour les jeunes. Donc, nous, on vit ça comme un débat un peu hors-sol, qui surajoute un autre stress.
On
se dit, mais quand vont-ils enfin prendre conscience
de la réalité de la situation ?
La réalité sur l'emploi, c'est ce qui intéresse les gens qui nous écoutent, en particulier. C'est quoi la réalité ? Le chômage est reparti à la hausse, ça va continuer ?
Je crains que ça continue, mais j'insiste là-dessus. Ça tient beaucoup au fait que, comme tous les agents économiques, y compris les ménages, on ne sait pas à quelle sauce on va être mangé dans le cadre du budget, et des élections qui suivront. Et on se dit, il est urgent d'attendre.
Et
puis,
il
y
a
des secteurs qui, objectivement, sont à la peine. Je pense aux bâtiments, je pense à la chimie. Voilà, donc, ça donne un faisceau de facteurs d'inquiétude qui n'est pas bon pour l'économie et pour l'emploi.
Vous dites, on manque de vision de long terme. Effectivement, pour l'instant, là, on parle d'annonce de court terme. Là, en l'occurrence, sur le carburant, sur l'aide, gros rouleur. Donc, le chèque de 100 euros en une fois, pour trois mois, pour les Français qui roulent 30 km par jour ou 8000 km par an, pour aller travailler. Bon, il y a des conductions de ressources, évidemment. 40 millions d'automobilistes, on les entendait hier. C'est une association qui dit que c'est très insuffisant. Les transporteurs routiers sont mécontents parce qu'ils en sont exclus. Exclus des aides sur les carburants. Est-ce que vous dites au gouvernement, vous pouvez faire plus ?
Il
faudrait qu'il fasse plus. Il ne peut pas faire plus. Et ça y est, on touche du doigt les incohérences de politiques antérieures, y compris dans le cadre du dernier budget. Moi,
je
suis assez ébahi de voir que certaines formations politiques qui ont empêché des économies, sur les retraites par exemple, en suspendant la réforme borne, aujourd'hui demandent à l'État de lâcher du lest, alors qu'on tape des taux d'emprunt historiquement élevés, qui témoignent aux yeux de nos bailleurs de fonds que la situation budgétaire de la France est critique. Vous
visiez le rassemblement national,
la France insoumise, le rassemblement national qui demande
par
exemple de baisser la TVA.
Il
se trouve
que même l'Allemagne baisse une taxe sur le carburant annoncé.
Quel est le taux d'endettement d'Allemagne ? On
n'a pas la même situation économique, c'est ça
que vous dites ?
Le taux d'endettement public de l'Allemagne,
qui
est en Europe, c'est la moitié
du
taux d'endettement de la France par rapport à sa richesse, par rapport à son PIB. Idem en Espagne, qui a fait des efforts pour redresser ses finances publiques. Idem au Portugal, qui dorénavant a des excellents budgétaires. Idem en Grèce, qui était l'enfant malade de l'Europe. Nous, on n'a pas fait ces efforts. Alors moi, je suis passé pour un père fouettard, pour un éternel géniard, en disant depuis des années, il faut redresser les finances publiques. J'avais l'an passé alerté en disant, s'il
y a
un accident, je ne savais pas quel accident adviendrait, je n'avais pas pronostiqué la crise au Moyen-Orient, mais s'il y
a
un accident, on est incapable d'y faire face. On y est.
Mais
certains disent qu'il y
a
une solution de facilité qui ne coûterait rien aux finances publiques, c'est de taxer Total. La gauche accuse le gouvernement de bloquer une initiative européenne de plusieurs pays pour taxer les super-profits du pétrolier. Qu'en pense le patron du MEDEF
? Le
patron du MEDEF, il pense qu'il faut arrêter le Total bashing. Il n'a échappé à personne que le fait qu'on est Total, un des majors mondiaux du pétrole, ça permet à la France de s'approvisionner en Afrique de l'Ouest, au Nigeria, en Angola, au Gabon, au Congo. Demain, au Venezuela, si on n'avait pas de compagnie pétrolière nationale, je ne pense pas qu'un major américain servirait le marché français prioritairement.
Clairement, vous dites qu'il y aurait pénurie. 11 milliards d'euros de bénéfices au premier semestre. 11 milliards
d'euros de bénéfices au premier semestre. Est-ce que ça vous choque
?
D'abord, où sont faits ces bénéfices ?
À l'étranger,
essentiellement. Il se
trouve que mon entreprise est un peu dans ce secteur. Moi, je paye des impôts dans les pays où Total, par ailleurs, extrait le pétrole. C'est normal que l'extraction soit taxée dans ces pays. Total fait peu de bénéfices en France. Il y a des règles fiscales internationales qui font que vous êtes taxé dans le pays où vous réalisez les profits. Mais au-delà de ça, on joue avec le feu par cette expression un peu maladroite.
Le
capital de Total est détenu à 85% par des actionnaires étrangers. Pourquoi ? Parce qu'on a été incapables de créer des fonds de pension en France, mais ce n
'est
pas le sujet. Vous êtes un actionnaire étranger de Total. Vous dites, la France va me surtaxer, ou peut-être l'Europe, d'ailleurs, va me surtaxer sur des profits que je ne fais pas en France.
Est
-ce que vous croyez qu'un investisseur japonais, saoudien, américain dans Total va supporter ça longtemps ? Et si à la fin des fins, on perd le centre de décision de Total en France, notamment quant à la possibilité de s'approvisionner dans certains pays hors Moyen-Orient,
on
prend un risque énorme. Donc,
il
faut raison
garder. Donc, pas toucher
Total, vous dites ?
D'une manière générale, aux grandes entreprises,
qui,
je le dis, en moyenne, sont majoritairement et malheureusement contrôlées par des actionnaires étrangers. Ils peuvent être francophiles, mais ils ne sont pas français.
Il y
a
des grandes entreprises,
il
y
a
des petites aussi, qui sont mécontentes des annonces, on le disait, du gouvernement sur les carburants. Les transporteurs donc, les auto-écoles, on les entend, toutes ces entreprises et leurs responsables sur l'antenne de France Info. Les artisans du bâtiment aussi, c'est un peu votre domaine, qui sont pourtant aidés. 20 centimes par litre, mais qui réclament désormais des baisses de TVA sur la rénovation. Tous disent qu'ils envisagent des actions, une mobilisation.
Est
-ce que vous sentez cette colère montée dans le monde économique ? Ce n
'est
pas un raz-de-marée. Ce que
je
sens monter, c
'est
une inquiétude liée à ça, liée au fait que les coûts d'emprunt, les taux d'intérêt augmentent.
Et
puis, j'insiste beaucoup là-dessus, sur le panorama politique, qui est en lui-même très anxiogène. Est-ce que ça réglerait quoi que ce soit
?
De se mobiliser, de
descendre dans la rue ?
Il n
'y a
plus d'argent magique, si jamais ça existait. Je ne sais pas où l'État pourrait aller chercher cet argent qu'il n'a pas économisé. Donc, on est
dans la...
Donc, vous dites
plutôt aux petits patrons,
aux artisans, ce ne sera pas la solution de manifester ? Je crains
que... À nouveau, je sens monter ici et là, ici et là, cette inquiétude, voire cette colère. Mais je crains que
ça
surajoute encore à la confusion, au chaos, et donc à la crise économique et sociale.
Patrick Martin, le président, Emmanuel Macron, doit prendre la parole ce soir. En cette fin de mandat, est-ce que les patrons attendent encore quelque chose de lui
? Non,
c'est dans l'ordre des choses. Au regard du calendrier, on se projette plutôt sur qui lui succédera. Et puis, il n'y
a
pas de majorité parlementaire. Ça n'a échappé à personne. C'est ingérable pour le gouvernement, donc pour le président de la République.
Et la
situation, il dit, ce n'est pas
de ma faute si les prix augmentent, c'est la
situation...
Non, on est très respectueux de la fonction, ça va s'en dire. Mais du rôle qu'il joue sur le plan international pour essayer d'apporter un peu de sagesse et d'apaisement. Alors, avec des résultats plus ou moins tangibles à ce jour, mais enfin, le moins qu'on puisse dire, et qu'il se déploie, qu'il s'emploie parce que les choses s'apaisent. Mais je ne crois pas qu'il puisse annoncer quoi que ce soit de très concret qui viendrait répondre à toutes ces interrogations réelles, s'agissant en particulier du prix du carburant.
Le 27 août, vous avez organisé au MEDEF un débat entre 7 candidats à la présidentielle. Qui parmi les candidats, aujourd'hui, ils sont nombreux, incarne le mieux vos préoccupations
?
D'abord,
on
a réussi, le MEDEF a réussi à poser le sujet de l'économie et de l'entreprise qui était jusque-là dangereusement absent du débat public. Bon, ensuite, il y avait 7 intervenants. Il y en a qui ont assumé complètement leur positionnement. M. Mélenchon, qui est un positionnement anti-entreprise avec des petits appels du pied aux petites entreprises qui ne trompent personne. Pour le reste, ça a été assez prudent de la part des uns et des autres.
Pardon, sur Jean-Luc Mélenchon, la proposition qu'il a faite devant les entrepreneurs qui était d'augmenter le SMIC et donc par effet d'entraînement l'ensemble des salaires, pour vous, c'est une position anti-entreprise
?
On ne sait pas comment économiquement ça tient la route. Enfin, la France perd des parts de marché.
La
France a une croissance à tonnes.
Elle
n
'a
plus de croissance. La France détruit des emplois. Donc, nous, on veut augmenter les salaires. Et je vous le dis, les yeux dans les yeux. Mais certainement pas autoritairement en décrétant qu'on doit augmenter les salaires sans savoir comment les payer. Moi, mon pronostic, si ça devait advenir, et ça n'est pas mon souhait, ça ne vous a pas échappé, c'est que ça précipiterait vers la faillite un nombre incroyable d'entreprises. Et donc, animé par une bonne intention un peu électorale quand même, ça aurait un effet paradoxal.
C'est électoral
peut-être, mais c'est la réalité
des gens.
Mais bien sûr. Mais bien sûr, quand je vous dis sincèrement que nous, on souhaite pouvoir augmenter les salaires, on a les solutions. On les a proposées.
Je
peux les développer.
Vous
avez notamment parlé d'augmenter la TVA, mais au-delà de Jean-Luc Marchon, vous alliez parler des autres candidats. Parmi les autres, vous aviez dit il y a un an que Gabriel Attal, Bruno Retailleau et dans une certaine mesure Jordan Bardella étaient plus conscients des périls économiques. Ça, c'était il y
a
un an. Un an après,
est-ce
que vous rediriez la même chose ? Sachant que Bardella ne sera
pas candidat.
Non,
mais
Mme Le Pen a été assez discrète dans ce débat. Elle nous a annoncé, ça c'était l'annonce, le scoop, que pour le mois d'octobre, elle produirait son...
C
'est une proposition de budget pour faire 125 milliards d'économies. On n'est toujours pas en octobre, donc on va voir. Non, nous ce qu'on regarde, c'est qui prend en compte la situation internationale, qui a une approche libérale du sujet. Parce qu'il faut arrêter de se convaincre que la France est un pays ultra-libéral. C'est absurde,
c
'est ridicule.
Et donc, qui répond à la question d'Agathe, correspond le
mieux à ce profil ? Qui, pour répondre
à la question, correspond le mieux à ce profil ? C'est le bloc
central.
Voilà.
C
'est le bloc central.
Édouard Philippe
?
Dont Édouard Philippe. Mais qui n'a pas fait, à l'occasion de cette REF, qui était un énorme succès, 21 000 chèvres. À
la rentrée des entrepreneurs
de France ? Voilà.
Il n'a pas
fait quoi ?
Il n
'a
pas fait d'annonce spectaculaire. Mais moi, je crois comprendre qu'il retient ses coûts pour égrener, au fur et à mesure de la campagne, un certain nombre de propositions.
On attend
notamment des propositions
sur les retraites.
Donc, nous, notre satisfaction, c'est qu'on a installé le sujet de l'économie et de l'entreprise dans le débat, mais il n'y
a
pas eu de révélation, je
dirais. Il
n'y a
pas de surprise sur le camp qui s'attire vos préférences. Patrick Martin, vous restez avec nous.
On
va parler des économies à faire, de vos propositions sur les arrêts maladie, notamment, et de la jeunesse, puisque c'est le thème du livre que vous publiez. Patrick Martin, patron du MEDEF, dans le 830 France Info, l'info en 1 minute à 8h47, avec Maureen Suignard.
Il
s'agit de sa première interview à la télé depuis juin 2024. Emmanuel Macron sur TF1 et France 2, ce soir, édition spéciale aussi à suivre sur France Info des 20h. Le chef de l'État va parler de la crise des carburants. Les prix sont toujours au plus haut, alors que la guerre au Moyen-Orient n'est pas terminée. Les professeurs d'une école d'Evry-Courcouronne sont en grève. Ils dénoncent l'agression d'une enseignante. 7 jours d'incapacité totale de travail. C'est un enfant de 8 ans qui est accusé de l'avoir frappé le 11 septembre dernier. Un élève en situation de handicap précise à France Info le rectorat de Versailles.
CNN, MS Now et Politico, trois médias américains, pourront de nouveau avoir accès à la Maison-Blanche. Un juge américain l'ordonne ce matin. La semaine dernière, Donald Trump avait décidé de les chasser en les accusant de relayer de fausses informations. Et puis, il n'y a pas de menaces caractérisées, affirme le ministre de l'Intérieur concernant la visite du pape Léon XIV. Il arrive en France demain. Le dispositif de sécurité sera très important. 114 000 policiers et gendarmes et militaires mobilisés. Un million de personnes sont attendues demain et samedi pour participer à l'événement.
France
Info.
Le
8.30 France Info, Agathe Lambret,
Simon
Le Baron.
Avec
Patrick Martin, président du Ménèvre, vous publiez Génération empêchée. Pourquoi la jeunesse doit être une grande cause nationale aux éditions de l'Observatoire ? On va en parler dans un instant. Mais d'abord, le budget pour 2027. Le gouvernement prévoit 54 milliards d'euros d'économies à ce stade. À titre de comparaison, François Bayrou, c'était 10 milliards de moins, 44 milliards. Et c'était déjà la purge pour les oppositions qui ont fait tomber l'ancien Premier ministre. 54 milliards pour le patron des patrons, c'est comment
?
Malheureusement, c'est nécessaire.
C
'est nécessaire.
Nous,
on déplore que ces 54 milliards ne soient pas trouvés sur des économies structurelles de fonctionnement des sphères publiques, l'État lui-même, qui est un peu à l'os. Le système de santé et les collectivités locales. Donc, c'est un peu des mesures circonstancielles et d'urgence. Mais malheureusement, il faut aller chercher ces 54 milliards
en
évitant...
C'est énorme,
54 milliards,
Patrick
Martin. Certains disent que
c'est
l'austérité, ça va encore plus ralentir la croissance, ça va coûter
C'était la limite que j'allais apporter.
Oui, mais je crois que dorénavant, nos concitoyens sont conscients de la criticité de la situation des finances publiques. Et la situation des finances publiques, c'est la nôtre, c'est celle des citoyens français. Quand on va payer l'année prochaine 100 milliards d'intérêts sur la dette, c'est évidemment autant d'argent qui est plus disponible pour faire des chèques-essences, pour revaloriser le salaire des enseignants, pour remettre à niveau les urgences dans les hôpitaux. Donc on est complètement étranglé. Complètement étranglé.
Qui, à un moment donné, aura le courage, c'était le thème de notre grande manifestation de fin août, le courage de dire les choses, de proposer des solutions qui ne passent pas pour être que de la sueur du sang et des larmes, mais de se projeter vers un avenir meilleur.
Nous, on a des solutions.
Cette situation et ces économies très importantes à faire, le Premier ministre s'engage à réduire le montant de la taxe sur les bénéfices des grandes entreprises qui devraient passer de 7 milliards et demi à 5 milliards d'euros. C'était une réduction d'un tiers. Est-ce que ça vous rassure plutôt ?
Est
-ce que vous dites merci au gouvernement d'épargner les grandes entreprises ?
Attendez, il ne
faut
pas inverser les choses. Les entreprises concernées ont un milliard et demi d'euros de chiffre d'affaires, donc c
'est
y compris des entreprises de taille intermédiaire, qui supportent dorénavant le taux d'imposition le plus élevé du monde.
Du
monde, avec cette surtaxe.
Yes,
premier point. Deuxième point, il avait été décidé à l'origine qu'elle durait un an.
En 2025.
Ça ferait trois ans. Ça pose un problème, bien sûr, d'argent. Ça pose surtout un problème de confiance. Si on ne peut plus avoir confiance dans la parole de l'État, il ne
faut
s'étonner de rien.
Est-ce que ça ne pose pas un problème de justice aussi, à partir du moment où le gouvernement va même demander aux bénéficiaires des APL de faire un effort
?
Mais ça pose un problème de justice, mais la justice ne s'apprécie pas uniquement à l'intérieur des frontières françaises.
Il
y a une compétition internationale, y compris fiscale. On peut s'en désoler, c'est un état de fait. Donc, si vous mettez la tête sous l'eau de ces entreprises qui ont le choix d'arbitrer leurs investissements, leur création d'emplois, mais pas pour aller dans des paradis fiscaux, pour aller en Italie, pour aller en Allemagne, pour aller aux Pays-Bas, écoutez, il ne
faut
pas s'étonner. Et ça se vérifie dans les chiffres que ces entreprises investissent moins en France, emploient moins en France. Tout ça est parfaitement logique et cohérent.
Les
arrêts maladie, c'est un autre sujet de ce budget. C'est un domaine dans lequel le gouvernement cherche de l'argent. Les dépenses des arrêts maladie ont considérablement augmenté. La facture a dépassé 16 milliards d'euros en 2025 pour la Sécurité sociale. Mais vous, vous dites carrément qu'il faut dérembourser les petits arrêts maladie
? Je
suis bien conscient que comme la désindexation ou sous-indexation des retraites,
ce
sont des expédiants, ce sont des mesures d'urgence et que la vraie solution, c'est de créer de la richesse. On parlera de l'emploi des jeunes en particulier tout à l'heure. Mais on est le dos au mur.
On
est le dos au mur. Donc on peut continuer à augmenter la fiscalité des entreprises. Elles partiront ou elles feront faillite. Hardy petit. Mais à un moment donné, il faut donc prendre des mesures d'économie urgentes.
Sur les malades ? Sur les travailleurs ?
Non, pas sur
les
malades. On parle des arrêts maladie de courte durée sur lesquels il y a une augmentation assez rapide et on sait que marginalement, mais quand même, il peut y avoir un peu de laxisme, je dirais, sur ces sujets-là. Moi, c'est mes salariés qui me le disent.
Mon collègue
Tartemuche, mais c'est insurçant. Donc vous
connaissez
que c'est marginal parce que
certains
candidats, par exemple, Édouard Philippe, il y a beaucoup de candidats qui veulent s'attaquer aux arrêts maladie. Édouard Philippe, lui, parlait d'open bar. Ce sont des mots que vous n'avez pas repris. Ça laisse à penser que la fraude est massive.
Écoutez, est-ce qu'il vous est arrivé de téléconsulter
?
Oui. C'est un cas, c'est mon épouse qui me rapportait l'autre jour que pour un petit bobo, elle-même a qualifié ça de petit bobo, à téléconsulter. À quatre reprises, il lui a été dit est-ce que vous voulez un arrêt maladie
?
Elle a répondu quatre fois non. Mais enfin, si ça continuait,
c'était ça. C'est une expérience personnelle, mais ce que vous avez déchimé des chiffres des études. Ce
sont les médecins qui proposent ces arrêts maladie à
votre
épouse.
Certains médecins.
Non, mais moi, je le vois dans mon entreprise. Mais je me garde à nouveau d'en faire une généralité et je redis que la vraie solution n'est pas là. La vraie solution, c'est qu'on travaille avec plus dans ce pays, qu'il y
ait
plus de gens qui puissent travailler et qu
'on
produise plus de richesses. On effacera beaucoup de ces débats-là. Mais
à
un moment donné, on ne sait plus payer. On ne sait plus payer. Alors on nous dit on va effacer la dette. Écoutez, essayez de faire ça à titre personnel. Normalement, vous êtes interdit bancaire et vous bien s'en saisit. Donc c'est des fausses solutions. Donc on en est à devoir prendre des solutions pénibles, douloureuses et au cas par cas injustes.
Dont
sur les entreprises.
La gauche a déjà annoncé qu'elle censurait sans doute le gouvernement. Est-ce qu'une nouvelle crise politique, la perspective d'une paralysie budgétaire au-delà du tableau assez sombre que vous avez dépeint vous inquiète
?
Bien sûr.
Bien
sûr que ça nous inquiète. Mais j'insiste, c'est déjà un peu pris en compte dans la marge de l'économie française. Non, ce qui nous inquiète c'est les haies qu'il va falloir franchir. Ce budget, l'élection présidentielle est derrière quand même des législatives parce qu'il y
a
un scénario où
il n
'y a
pas de majorité. Où
il n
'y
a pas de majorité. Et là, on part complètement en vrille. La France est en
train de... On risque de
partir en vrille ?
Mais oui.
Mais
oui. On est...
Pardon
de réinsister là-dessus. Nos finances publiques sont dans un état critique. On emprunte chaque jour un peu plus cher sur des montants de plus en plus élevés. On ne produit plus de croissance. On ne crée plus d'emplois. On est en train de détruire des emplois. Et donc, à un moment donné, si l'horizon est complètement bouché, ça va être panique à
bord. Vous
dites à la classe politique aujourd'hui, soyez responsable
et laissez passer
ce budget, ne censurez pas.
Je
dis à la classe politique, regardez ce qui se passe autour de nous. Nous, on ne demande pas d'inventer le fil à couper le beurre. On demande de s'inspirer de recettes qui ont bien marché sans que ça crée de psychodrames, de crises sociales et de violences dans des pays voisins. Inspirez-vous de ça et prenez acte du fait qu'on a trop tiré sur l'appareil productif. Donc, les entreprises françaises se sont repillées dans leurs coquilles. Il
y a
un nombre de faillites qui augmente. Elles empruntent de plus en plus cher aujourd'hui. Il faut sortir par le haut.
Patrick Martin, patron du MEDEF, vous plaidez pour la jeunesse dans votre livre. Vous voulez en faire une grande cause nationale. Vous en appelez aux entreprises aussi sur la formation des jeunes, sur l'accueil des stagiaires. Les jeunes sont les grands oubliés de nos politiques aujourd'hui. C'est scandaleux.
C
'est scandaleux qu
'on ait 35% de jeunes en emploi. Les Allemands, c'est 51%. Les Hollandais, 75%. On a un taux de chômage des jeunes en France qui est 7 fois supérieur à celui de la Suisse. Vous
dites si on règle le problème des jeunes, on règle tous les problèmes ?
On règle y compris des problèmes sociétaux et sociaux, de santé mentale, d'accès au logement, de natalité, mais des problèmes économiques aussi parce que par définition, si parce qu'on les aura mieux orientés, mieux formés, mieux accompagnés de la part des entreprises singulièrement, ces jeunes accèdent à l'emploi. En termes d'épanouissement personnel et de revenus, c'est évidemment mieux pour eux mais ça crée de la richesse, ça finance nos régimes sociaux. C'est ce que j'appelle sortir par le haut. Moi, je ne comprends pas que ce sujet ne soit pas en haut de la pile. Il l'est pour le MEDEF.
Oui. Pourquoi le patron des patrons écrit tout un livre sur la jeunesse et on voit que le sujet vous tient à cœur ? C'est lié à une expérience personnelle ? Vous avez vous-même des enfants qui ont été confrontés à...
Oui. Je suis père, je suis grand-père, ça se voit. Donc, ça me parle à titre personnel. Il se trouve que par ailleurs, j'ai une fille aînée qui est formidable, qui a fait
des
études assez poussées en sociologie et qui est partie pendant cinq ans s'occuper d'inclusion en Guyane. Donc, tout ce dont je parle, je ne
l
'ai pas appris dans les livres. J'ai le vécu de ma fille qui, à la fin, est revenue en Hexagone, en métropole, parce qu'elle n'était plus payée par une association qui n'avait plus de subvention. Donc, la situation de la Guyane, comme celle de Mayotte et d'autres encore, est extrême. Mais tout ce qu'elle a vécu, ça existe en métropole. Donc, on ne peut pas rester indifférent à ça pour des raisons humaines, d'abord, mais également pour des raisons sociales et économiques. Quel est l'état d'esprit de ces jeunes ? Notamment du million et demi de jeunes qui sont totalement exclus, qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études.
C'est un sentiment de désespérance, enfin, ça va de la désespérance jusqu'à la colère. Et moi, d'une certaine manière, je le comprends. Donc, pour eux, mais pour le pays et pour les entreprises, d'ailleurs, qui sont confrontées à des tensions de recrutement croissantes et qui font encore s'aggraver du fait de la démographie, c'est une évidence qu'il faut s'occuper de ça. Je ne
dis
pas qu'il ne
faut
pas s'occuper des seniors,
mais
proportionnellement...
Priorité à la jeunesse
et il faut
diviser par deux le chômage des jeunes en France en 5 ans. Vous faites comment
?
Précisément, en décloisonnant beaucoup plus qu'on ne le fait jusque-là, l'école et l'entreprise. Il y a encore des esprits que je qualifie d'un peu dogmatiques pour d'autres, un peu corporatistes, qui disent qu
'il
faut tenir l'entreprise à l'écart de l'enseignement. Comme si on avait une approche mercantiliste, comme si on voulait acquérir de la main-d'oeuvre à bas prix et desserveler les jeunes. C'est absolument faux. On a besoin de jeunes intelligents et cultivés. En Suisse, j'évoquais le taux de chômage de 3,2%. 70% des jeunes passent par l'apprentissage. Il y a des
patrons de grands groupes. les
aides ont été rabotées.
Les aides sont rabotées.
Mais c'est dingue. On marche sur la
tête.
Merci beaucoup Patrick Martin. Je rappelle le titre de ce livre aux éditions de l'Observatoire. Donc, un plaidoyer pour la jeunesse. Il s'appelle Génération empêchée. Merci
d'avoir été avec nous
dans le 830 France Info ce matin. Et merci à vous Agathe.
Merci beaucoup. Bonne journée.