Rousseau : "C'est le moment de revoir nos rapports sociaux, nos manières de vivre"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Je rappelle quand même qu'on a divisé presque par deux le nombre de personnes et notamment de gardes forestiers qui dépendent de l'ONF, donc de l'Organisme National des Forêts, de l'Office National des Forêts. Donc, en fait, on est dans quelque chose où on accuse ceux qui dénoncent la catastrophe. Mais on ne regarde pas du bon côté.
Vous aviez vous-même évoqué le fait, par exemple, de laisser les forêts vivre et laisser les milieux naturels vivre. Sauf que dans certains endroits, on voit bien qu'il faut des brossaillers, qu'il faut des accès pour les pompiers.
Oui, mais en fait, c'est une question de régulation des écosystèmes. C'est-à-dire que si vous laissez des écosystèmes complètement se réguler et complètement être libres, alors ils s'autorégulent. Là, on est dans une zone où il y a un mix entre des habitations et de la forêt. D'ailleurs, il faut réfléchir à la distance qui existe entre ces habitations qui grignotent petit à petit la forêt et cette forêt qui peut prendre feu, comme on le voit actuellement. Et par ailleurs, je rappelle que vraiment, ce qui gère les forêts en France, c'est l'Office national des forêts, qu'il a connu des coupes sombres dans ses personnels.
Et qu'aujourd'hui, on a besoin de gardes forestiers, notamment pour faire ce travail de veille, de prévention, de débroussaillage et ce travail de prendre soin de la forêt avant qu'elle ne parte en fumée. Donc là, nous ne nous trompons pas de coupable. Moi, je veux bien qu'on accuse des écologistes des feux qui sont actuellement en Gironde, mais je pense vraiment qu'on se trompe complètement de coupable si l'on fait ça. Et on ne regarde pas encore une fois le problème tel qu'il est. Le problème tel qu'il est aujourd'hui, c'est que nous sommes dans un aveuglement et un déni de la gravité de la situation climatique. Il nous faut changer.
Et encore une fois, c'est quelque chose aussi, c'est enthousiasmant. C'est-à-dire que c'est le moment où on peut revoir nos rapports sociaux, notre manière de faire société, notre manière de vivre, ce qui est important, ce qui n'est pas, ce à quoi on est capable de renoncer et ce qu'on veut garder. Et finalement, peu de civilisations ont eu des questions aussi existentielles à se poser en temps de paix. Posons-nous-les maintenant pour changer maintenant et préserver notre avenir.
Sandrine Rousseau