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InterviewAFCP IKW· 15 mai 2018 23 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

François-Xavier Bellamy : "La loi de réforme du collège"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:05OuverteRéponse directe

    François-Xavier Bellamy, bonjour. Vous êtes professeur agrégé de philosophie et adjoint à la mairie de Versailles. Dans votre livre 'Les déshérités', vous analysez la situation en France. La réforme du collège suscite un consensus de professeurs contre elle. Pourquoi une telle opposition ?

  • 0:49RelanceRéponse directe

    Elle va être imposée. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi il y a tant d'opposition parmi les professeurs contre cette réforme ?

  • 4:50OuverteRéponse directe

    Quelle est la place des humanités dans cette réforme ?

  • 9:57OuverteRéponse directe

    Quelle est la finalité profonde de ces réformes successives ?

  • 15:13OuverteRéponse directe

    Pour lutter contre les discriminations, que doit comporter la transmission de la culture selon vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:28Fait
    « cette réforme se fait d'abord contre leur métier contre le principe même de leur métier »
  • 15:57Fait
    « la France a le système scolaire le plus inégalitaire de tous les pays de l'OCDE »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

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François GAV Mami bonjour bonjour vous êtes professeur agrégé de philosophie mais aussi mare adjoint ici à la mairie de versaill merci de nous recevoir donc vous êtes spécialement chargé de des questions attachées à la jeunesse et la culture et puis en tant qu'enseignant vous avez écrit un ouvrage qui s'appelle les déshérités et dans lequel vous livrez votre analyse de la situation actuellement en France alors justement à la rentrée prochaine nous savons que va être mise en place la réforme du collège or la réforme a pour première cette réforme a pour première caractéristique de de faire un étonnant consensus de professeurs qui sont contre contre elle mais elle elle est quand même passée

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elle va être imposée pouvez-vous nous expliquer pourquoi il y a tant d'opposition parmi les professeurs contre cette réforme euh je crois que les raisons sont multiples bien sûr dans l'opposition à cette réforme il y a d'abord le fait qu'elle a été mise en œuvre sans aucune espèce de dialogue et de concertation avec un grand mépris des des enseignants qui se voient imposer des pratiques des méthodes des techniques d'enseignement nouvel sans que jamais on ne soit parti de leur expérience de leur pratique sans que jamais on ait interrogé les difficultés qu'il rencontrent sur le terrain c'est vraiment le symbole de la réforme faite par le ministère de l'Éducation nationale et qui descend de l'administration vers le terrain avec quelque chose de très idé logique et

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aussi de très coercitif il faut bien le dire la seule réponse qui a été faite aux enseignants qui pouvaient s'inquiéter s'étonner de tel ou tel dispositif a été tout simplement le silence et dans bien des cas malheureusement il faut bien le dire une forme d'intimidation de de d'injonction très virulente la deuxième chose qui a pu gêner les enseignants c'est le caractère d'improvisation totale dans lequel cette réforme se déploie il faut bien que que le grand public se rende compte c'estta une gigantesque administ ration que l'on demande à qui à laquelle on demande de de de de se transformer d'une façon assez importante de façon très concrète dans la répartition des horaires dans l'organisation des emplois du temps dans la gestion des disciplines et le tout

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sans avoir encore une fois aucune espèce de préparation de concertation dans une atmosphère d'improvisation complète où tout est un peu baclé on peut penser à l'exemple des manuels scolaires qui ont tellement déclenché la la la critique mais il faut bien se rendre compte que ces manuels ils ont été faits à partir des nouveaux programmes qui nont été publié qu'à la fin du mois de novembre et il devait être terminé pour le mois d'avril pour pouvoir être envoyé à tous les les enseignants ce qui veut dire que entre novembre et avril on a refait tous les manuels scolaires de toutes les classes du primaire jusqu'à la fin du collège parce que c'est la première fois dans l'histoire que au lieu de changer petit à petit année par année pour garantir aux élèves une scolarité

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cohérente on a choisi de façon très politique de réformer la totalité des programmes en une seule fois donc tout ceci encore une fois est fait dans un climat d'improvisation tel que n'importe quel enseignant qui est attaché au travail bien fait et qui sait que l'éducation prend du temps n'importe quel enseignant ne peut qu'être révolté par la façon dont tout ceci se se déploie et puis évidemment le dernier élément qui suscite l'inquiétude et il faut bien lire la révolte des enseignants c'est que cette réforme se fait d'abord contre leur métier contre le principe même de leur métier les enseignants se sont engagés pour transmettre des connaissances quel que soit leur horizon personnel leur sensibilité politique leurs convictions quelle que soit leur histoire leur

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parcours tout tous les enseignants sont là parce qu'ils ont reçu quelque chose qu'ils avaient envie de faire passer et cette réforme leur dit que tout ce qu'on transmet est en fait une source d'ennui pour l'élève c'est le discours très culpabilisant de l'administration et des politiques qui pèsent sur les enseignants et qui leur dit que la transmission est un synonyme d'ennui un synonyme de coercition pour l'élève qu'il faudrait rendre à sa spontanéité première en organisant non plus des cours magistraux qui sont réputés être terriblement disciplinaires non plus des cours par discipline dans on voit bien tout l'arrière-plan absolument atroce qu'il véhicule mais en faisant éclater le carcan disciplinaire on va organiser des enseignements pratiques interdisciplinair on va organiser des

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heures de méthodologie qui vont remplacer les heures de cours et ainsi les enseignants se voient à la fois soupçonnés et voler de leur propres moyen d'agir parce qu'on leur retire la façon dont ils pourraient construire leurs élèves c'est-à-dire des heures de cours où l'on peut transmettre un savoir que personne ne produit par soi-même en fait cette réforme c'est la dernière étape de la déconstruction de l'enseignement qui a commencé malheureusement il y a déjà bien longtemps une étape de plus un pas de plus en avant peut-être un pas de plus dans le vide mais c'est une étape de plus pour dire qu'il ne faut pas transmettre des connaissances que l'enfant doit produire par lui-même ses propres connaissance aidé par la permanence de l'outil numérique qui va devenir une espèce d'horizon

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indépassable l'enfant doit apprendre à accéder par lui-même au savoir plutôt que de recevoir le savoir de quelqu'un d'autre qui le précède alors justement dans cette réforme quelle est la place des des humanités parce que je me souviens d'avoir entendu euh la ministre de l'Éducation nationale me dire euh mais si bien sûr dans les pays il y a de la place pour le latin et donc la place des humanités et puis ensuite euh euh l'histoire enseigné de manière thématique euh voilà quelles conséquences cela va-t-il avoir et euh une géopolitique sans euh voilà sans lieuux précis de géographie mais finalement mais euh à quoi cela va-t-il aboutir quelle sorte de citoyens ça va former pour l'ASS demain alors sur l'histoire et la géographie il faut tempérer un peu ce ce constat puisque à l'inverse les

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programmes d'histoire redeviennent chronologiques c'est là c'est la première fois les programmes précédents étaient devenus thématiques ceux qui avaient été adoptés sous sous la majorité précédente c'est là qu'on voit que ça n'est pas d'ailleurs une question de clivage partisan et on est revenu de cette erreur et donc on revient à des programmes qui sont à nouveau chronologiques ce qui est vraiment une chance parce qu'effectivement l'abandon de la chronologie que nous avions tenté de déconstruire pour mieux casser le récit et la dimension de la narration l'abandon de la chronologie avait évidemment rendu beaucoup plus difficile l'acquisition de de l'histoire et nous en mesurons bien les les conséquences aujourd'hui donc les programmes d'histoire redeviennent chronologiques

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et heureusement les derniers programmes dans leur validation définitive sont infiniment meilleurs que ceux qui avaient été débattus dans leur première présentation puisque il n'y a plus cette dimension de de laisser des parentiers du programme facultatif c'est bien la même histoire ou une histoire commune qui sera enseignée à à tous les élèves on pourrait ensuite discuter beaucoup de choses évidemment dans le choix des thématiques mais ou dans le choix des périodes retenues des points d'attention qui seront développés mais globalement malgré tout c'est c'est quand même une évolution qu'on peut dire plutôt positive sur ce qui concerne le le le latin et et le grec alors là pour le coup c'est vrai que nous sommes devant un un gigantesque mensonge organisé mais

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vraiment un mensonge à l'état pur et on peut regretter beaucoup que la France soit si mal dotée en matière de journaliste d'éducation de spécialiste d'éducation parce que ça permet à notre ministre de dire à peu près tout et n'importe quoi sans jamais être reprise sans jamais être vérifié dans les propos qu'elle produit et là vraiment nous avons affaire à un mensonge à l'état pur parce que le latin et le grec vont purmins et simplement disparaître de la carte scolaire à quelques exceptions près évidemment à l'exception des établissements les plus favorisés dans dans les centre-villes les plus bourgeois et puis évidemment à l'exception des établissements privés qui vont continuer de proposer parfois cette option y compris d'ailleurs en la faisant passer en hors contrat

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c'est-à-dire en la faisant payer en supplément aux parents enre les cas le latin et le grec à part ces exceptions vont disparaître ils sont remplacés par un EPI un enseignement pratique interdisciplinaire sur les langues et cultures de l'antiquité mais un EP dure quelques heures sur une année parmi toutes les années de collège deuxièmement il doit joindre nécessairement deux disciplines et donc deux enseignements ça ne peut pas être un enseignement et le ministère insiste beaucoup là-dessus dans tous les documents officiels ça ne doit pas être l'occasion d'une transmission mais la production de quelque chose de concret qui va joindre deux disciplines par exemple on peut faire un ePay en physique et en histoire sur les langues et cultures de l'Antiquité en pourquoi pas en réalisant

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des des maquette de pyramide d'Égypte langue et culture de l'antiquité disent bien ce que cela veut dire c'est l'Antiquité sous toutes ses formes et pas seulement l'Antiquité greco-latine et de fait on pourra s'intéresser et il y a quelque chose de passionnant là-dedans à l'antiquité égyptienne Perse ou que sais-je encore ou pourquoi pas évidemment au civilisation au civilisation amérindienne et cetera et puis le le la dernière chose qu'on qu'on peut dire c'est c'est c'est c'est tellement massif que c'est très facile à vérifier à la partir à partir de la rentrée prochaine les les les dotations horaires sont désormais publiées il y a aès près de 1 million d'heures d'enseignement de latin qui disparaissent des des des établissements scolaires on ne peut vraiment pas dire que le latin soi

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maintenu même dans ce qui est appelé les enseignements de compléments c'est-à-dire ce qui peut venir s'ajouter à un EP pour faire un peu d'enseignement du latin on aura évidemment pas du tout le temps d'apprendre vraiment la langue latine et encore moins évidemment la langue grecque il a fallu que ce soit le le le journal l'Humanité qui qui relaie cette cette enquête qui a été effectuée par des des professeurs de Let classique he concrètement statistiquement objectivement la quasi-totalité des établissements scolaires qui proposaient du latin voit leurs heures de latin fondre il faut savoir que les i d'ailleurs peuvent être assuré par des professeurs de plusieurs disciplines et pas nécessairement par des professeurs de latin ou de grec on voit bien donc

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évidemment la gigantesque supercherie qui se joue dans cette mutation je dois dire que c'est quelque chose de profondément écurant du point de vue de l'enseignant et même du point de vue du du citoyen que que que que je suis et que nous sommes tous parce que le gouvernement a le droit il a un mandat il a le droit de mener ses projets à bien il a le droit de dire que dans la modernité numérique le latin et le grec ne servent plus à rien il a le droit de le penser et nous avons le droit de penser le contraire mais ce qu'il n'a pas le droit de faire c'est de cacher la réalité de ses projets et de faire entrer dans l'opinion commune l'idée que le latin et le grec serait préservé là où c'est tout le contraire et là pour le coup nous sommes devant un vrai scandale

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démocratique qui de devrait nous marquer bien plus profondément que la simple et seule disparition du latin et du grec qui est la disparition d'un trésor infini bien sûr mais derrière cette disparition ce mensonge constitue déjà une faute contre la démocratie contre le pouvoir du démos le pouvoir du peuple auquel on cache la vérité de ce qui se passe dans les établissements scolaires oui alors justement mais quelle est la c'est un petit peu très difficile de comprendre la finalité profonde de ces réformes successives parce que si c'était pour lutter contre les inégalités c'est un échec complet vu que que ceux qui n'auront pas accès à la culture justement par l'école le il auront accès par leur famille donc par leur grands-parents qui vont s'occuper d'eux qui vont les emmener au château de

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versaill les initier au beauard à la musique ou que sais-je ou bien leurs parents leurs propre parents avec qui pourront parler un bon français ils pourront parler voilà du latin du grec donc cette ce but là il est au contraire même l'OCDE a pointé du doigt le système français comme étant très inégalitaire et on a beaucoup perdu en en qualité d'enseignement donc c'est un petit peu difficile à comprendre est-ce que c'est un est-ce qu'il y a un critère économique parce que finalement il y a des il y a beaucoup de suppressions d'heur vous parliez du du latin et du grec mais dans les langues vivantes aussi il y a des suppressions d'heur donc ça veut dire que c'est une manière de faire des économies qu'est-ce qui se cache derrière tout ça il se cache plusieurs choses bien sûr évidemment de

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façon tout à fait pragmatique et c'est toujours plus facile de faire des économies quand on les dégage sous des grands discours pédagogiques on est vraiment en train de détruire des millions d'heures d'enseignement c'est-à-dire d'économiser autant de de postes le ministère d'ailleurs promet d'ouvrir des postes et et le président de la République s'accroche à sa promesse de recruter 60000 enseignants supplémentaires mais fa savoir que la plupart de ces postes sont ouverts au concours et ne sont jamais pourvu et on comprend bien dans le climat actuel que la vocation enseignante soit plus difficile à développer ou à conserver donc en fait ce sont vraiment des économies qui sont faites de façon très concrète et très immédiate mais ça n'est pas le seul seul principe ça n'est pas du tout le seul

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but le le le but premier est encore une fois très très continué très continuelle très cohérent il y a une vraie cohérence dans la façon dont la France déploie ses politiques éducatives depuis une quarantaine d'années et cette cohérence en fait c'est celle que Bourdieu nous présentait à partir des héritiers c'est une cohérence destructrice parce que le projet de Pierre Bourdieu n'est pas un projet c'est un antiprojet c'est une interrogation un soupçon porté sur l'acte même d'enseignement ce qui nous est dit au fond c'est que l'Enseign est profondément inégalitaire à cause de la culture qui se trouve transmise à l'école et et et c'est c'est ça qui est qui est qui est très frappant c'est par exemple si on reprend l'exemple du latin le fait que le latin est considéré et

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regardé comme un outil de reproduction des inégalités alors on a trop oublié le point de départ de ce débat parce que au début il s'agissait vraiment de supprimer l'enseignement du latin et du grec de supprimer l'option latin et l'option grec comme étant des outils de reproduction des inégalités et c'est devant la levée de bouclier qui s'est ensuivi que le ministère a décidé la création de cette pays et surtout la création d'un d'un enseignement de complément mais au départ il était vraiment question de de supprimer le latin et le grec et encore une fois le gouvernement aurait dû persister dans la cohérence de son propos parce que le latin et le grec sont supposé être des outils au service de la reproduction des inégalités on dira regardez le latin ne sert vraiment

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à rien dans la vie professionnelle par conséquent pourquoi des élèves font-il du latin c'est simplement pour développer des stratégies éitement qui permettent de quitter les établissements les plus défavorisés et de s'inscrire dans une scolarité plus privilégiée et de ce point de vue-là la seule réponse qui est faite c'est très bien supprimons ce qui sert de support à ces stratégies d'évitement puisque certains tentent de sortir en radeau du bateau qui est en train de couler et bien coulons les radeau comme ça au moins tout le monde coule ensemble c'est un peu la réponse qui est faite le grand drame c'est que une étude de laadepp a été publiée il y a quelques mois de cela qui montrait que c'est dans les établissements les plus défavorisés que le latin a le plus

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d'impact évidemment quand vous êtes dans un collège considéré comme difficile quand vous êtes dans un collège en zone d'éducation prioritaire le fait d'avoir une option latin c'est une des dernières façons de faire vivre un peu de mixité sociale et de mixité scolaire à l'école puisque vous gardez dans votre établissement des élèves qui peuvent à travers l'option latin voir une chance de faire des études de grande qualité et surtout l'option latin est individuellement pour les familles pour les élèves l'occasion de se démarquer l'occasion d'approfondir l'occasion tout simplement aussi de de vivre une forme de remédiation quand nous avons du mal à apprendre le français quand nous avons du mal à lire le français quand nous ne sommes pas très familiers de la langue

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française le latin peut-être pour nous l'occasion de nous réconcilier avec la grammaèire de nous réconcilier avec la syntaxe de cette langue latine qui nous rapproche de la nôtre et donc le latin était une forme de remédiation et aussi c'est vrai c'est très clair le latin était une façon de s'en sortir là où tout semble vous condamner à la relégation sociale à la relégation scolaire là où le latin c'est le plus développé dans les 10 dernières années c'est enensè Saint-Denis dans l'Académie de créteille et ça n'est pas du tout anodin et par conséquent ce qui est dramatique c'est que à travers cette réforme on ne va pas du tout favoriser l'égalité bien au contraire je vous le disais qui va tirer les les les le plus grand profit de cette réforme bien ce seront les élèves des établissements

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privés qui eux vont continuer à faire du latin même quand leurs parents devront faire un chèque en revanche ceux qui vont payer les frais ce sont ceux qui dans ces établissements publics en difficulté parfois n'auront plus du tout cette bouée de sauvetage pour tenter de de s'en sortir alors justement pour pour répondre pour Dieu pour répondre à ces à cette voilà ce désir effrainé de et a parfois irrationnel l'égalité et pour lutter contre la discrimination que doit selon vous comporter la transmission de la culture pour élever l'humanité d'abord la première chose je dirais le désir d'égalité n'est pas du tout irrationnel il est au contraire extraordinairement rationnel et même extraordinairement légitime surtout à l'école une société peut admettre un certain nombre d'inégalités en son sein

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qui ne sont pas nécessairement éprouvante ou scandaleuse mais la seule grande inégalité scandaleuse l'inégalité la plus révoltante de toutes c'est évidemment l'inégalité devant l'école parce que affirmer comme nous le savons aujourd'hui qu'en France le parcours scolaire d'un élève est directement corrélé à son milieu social d'origine savoir que la France a le système scolaire le plus inégalitaire de tous les pays de l'OCDE c'est un scandale au sens démocratique du terme c'est même un scandale au sens biblique du terme ça veut dire que tous les enfants qui naissent dans ce monde ne partent pas dans la vie avec les mêmes chances d'accomplir leurs talents d'accomplir leur propre existence et de murir leur leur vie dans une liberté véritable ça c'est vraiment quelque chose de de de

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profondément scandaleux donc je je je je pense que nous devons tous vraiment avec une une persévérance absolue nous battre pour l'égalité enfin vraiment je je je le dis avec avec toute la part de colère qui est née en moi de l'expérience de l'enseignement aux zones urbaines sensibles où j'ai rencontré des élèves qui sont extraord ordinaire qui ont tout autant de talent de générosité et de et de et de volonté que que les autres mais qui sont simplement privés par la faillite de notre école des moyens d'accomplir leurs propres talents et là il y a quelque chose de très grave alors comment faire en sorte de garantir cette égalité pour moi c'est très simple et c'est d'une certaine façon le le point sur lequel me semble-t-il Bourdieu a a produit l'école qu'il avait dénoncé en

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affirmant que l'égalité supposait de défaire la transmission de la culture supposer de défaire la culture comme un outil de distinction il me semble au contraire que la culture c'est ce sans quoi personne ne peut accomplir ses propres qualités ses propres capacités et que par conséquent une école vraiment égalitaire c'est une école qui offre à tous les enfants le meilleur de la culture commune qui offre à tous les enfants d'abord ces fondamentaux devant lesquels nous sommes tellement en difficulté aujourd'hui he on le sait et la ministre elle-même le reconnaît c'est au moins un point partagé l'école aujourd'hui peine à transmettre à tous les enfants la maîtrise des acquis les plus fondamentaux la maîtrise de la lecture de l'écriture des connaissances fondamentales en histoire en géographie

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en culture scientifique si vraiment nous savions nous donner cet objectif tout simple d'offrir à chaque enfant à la fin du primaire la maîtrise de ces éléments fondamentaux la maîtrise de la lecture d'une écriture correcte la maîtrise d'une capacité normale à parler et à exprimer sa penser à la nourrir par quelques références historiques géographique scientifique alors nous aurions déjà accompli le plus grand pas vers l'égalité qui soit possible et ensuite l'ambition de l'école doit être d'offrir à chaque enfant les moyens d'accomplir sa propre excellence il y a une infinie variété de formes d'excellence et de façons de de de les accomplir mais ce qui est certain c'est que personne ne peut accomplir par soi-même les talents qui sont les siens et tout enfant a besoin de ce chemin qui

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est la culture de ce chemin qui est la transmission de ce chemin qui est l'altérité la rencontre avec l'autre et même l'autorité de l'adulte pour accomplir ses propres talents mais avec cette avec cette réforme et avec toutes ces réformes successives on peut quand même s'interroger sur le coup social sur les les conséquences pour les les citoyens que nous sommes ou les futurs citoyens que les élèves seront car lorsque on sort du système scolaire sans maîtriser correctement en effet ces acquis fondamentaux que vous déclarez d'ailleurs scandaleux dont la la la lacune est scandaleuse euh quel est-ce que les individus pourront atteindre leur maturité intellectuelle leur place dans la société et même leur pleine liberté d'être humain et-ce si on a

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justement en supprimant les humanités on touche pas l'humanité plus profondément en dans dans son cœur eu vous vous vous répondez à la question que vous posez bien sûr je je crois que comme comme je disais tout à l'heure on ne s'accomplit jamais de façon immédiate et la grande erreur de notre système éducatif et de croire comme comme nous tous en quelque sorte dans notre inconscient collectif à à l'immédiaté de penser que on est naturel dans dans ce qu'il y a de plus immédiat en nous alors qu'en fait le grand paradoxe c'est que tout l'existance humaine se place dans ce mystère dans cette aventure mystérieuse qui consiste à à devenir ce que l'on est à devenir vraiment soi-même à devenir vraiment naturel à accomplir sa propre nature donc et à devenir vraiment humain

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et tout cela se joue par le chemin de de la culture ce qui est certain c'est que quand nous étions petits nous étions tous naturellement capables de parler naturellement capable de penser mais il a fallu qu'on nous transmette les mots pour que notre faculté naturelle de parler et de penser s'accomplisse des mots que nous n'avons pas inventé nous-mêmes et que N que nous n'aurions pas pu inventer nous-mêmes et par conséquent on peut dire qu'en effet c'est tout toujours par le chemin de la culture que s'accomplit en nous notre propre humanité et de ce point de vue-là c'est vrai que la rupture dans la transmission de la culture aura un coût évidemment énorme parce que là où la culture n'est pas transmise il ne faut pas trop s'ésonner de voir ressurgir la la barbarie non pas que la culture nous

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protège toujours de la barbarie bien sûr elle fond dans l'homme une liberté qui est parfois liberté de de faire le mal la culture n'empêche pas toujours les hommes d'être inhumains mais ce qui est sûr c'est que la culture les empêche toujours d'être complètement humain et d'accomplir complètement en eux leur propre leur propre humanité celui qui a été privé par exemple des mots mêmes pour s'exprimer et bien il est privé par la même des moyens de participer au débat démocratique au dialogue démocratique et lorsqu'il est victime d'une injustice lorsqu'il éprouve une blessure lorsqu'il a le sentiment d'avoir été laésé la seule façon qu' lui reste d'exprimer ce qu'il voudrait dire c'est malheureusement la violence je crois que c'est notre société tout entière qui se condamne à vivre

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l'expérience de la violence quand elle ne sait pas transmettre les mots pour servir d'exutoire pour servir de chemin proprement humain à l'expression de désaccords qui peuvent survenir entre nous des divergences et même parfois des blessures effectivement que nous nous infligeons parfois toute la psychologie nous apprend que lorsqu'il nous manque les mots pour nommer ce que nous avons vécu ce que nous avons vécu revient toujours dans notre expérience sous la forme de de la violence que nousous infligons à nous-mêm ou que nous infligons aux autres voilà c'est encore une fois je crois le le le cœur de ce de ce mystère proprement humain qui fait la fragilité de l'expérience humaine et qui fait aussi la la merveilleuse fécondité des relations que nous avons les uns

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avec les autres c'est ce mystère de l'expérience humaine qui est profondément en jeu aujourd'hui derrière cette vision de l'éducation que nous sommes en train malheureusement de de d'accomplir dans dans les réformes qui nous sont proposées et qui loin d'appartenir à un camp politique plus qu'à un autre ou un camp politique seulement sont en fait le le résultat de la perte que nous avons collectivement du S du sens de la transmission merci beaucoup merci à

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vous