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interviewFrançois Ruffin· 16 février 2022 5 min

Une guerre

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

comme cette loi porte sur la mémoire je voudrais porter à cette tribune cette tribune officielle la mémoire des harkis de mon coin on le sait l'histoire a commencé au sud à 6000 km au sud de l'autre côté de la méditerranée et 60 ans en arrière une guerre la guerre d'algérie avec donc au milieu les harkis enrôlé dans l'armée française après des années de conflits sonne l'heure de l'armistice monsieur elle raconte j'ai quitté l'uniforme en mars 62 mais les français nous ont abandonnés dans la défaite voilà ils nous ont laissés là-bas c'est pire qu'une trahison c'est comme si on nous mener à la boucherie nos chefs il en avait rien à nous enlever nos fusils nos chaussures comme tu prépares un mouton pour l'aïd certains chefs heureusement n'en avaient pas rien à des officiers rapatrie alors leurs âmes en métropole discrètement dans les soutes des navires mais le ministre louis joxe s'empressent alors je cite d'interdire ces initiatives il requiert des punitions je cite encore voudrait bien faire rechercher les promoteurs et les complices de ces entreprises est faire prendre les sanctions appropriées voilà vouloir protéger ses soldats c'est presque un crime de guerre il faut s'en souvenir ce sont les désobéissants les officiers désobéissants ci ont alors sauvé l'honneur de la france est sauvée surtout 15000 hommes dont monsieur elle lui débarque à perpignan avec une valise rien dans les mains rien on pompe à portefeuille la seule chose qu'on avait c'est la vie et on était bien content avec du sud un train les emmène un peu au hasard et le 6 juillet 1962 à 2 heures du matin ils descendent à amiens en pleine nuit les projecteurs de l'armée sont braqués sur les voies il est clair des femmes des bébés plein la poitrine les pieds qui trébuche sur les marches des hommes soutiennent un vieillard on se passe à bout de bras n'ont pas des valises juste des paquets des paquet ficelé et les familles et choula groupe est apeuré balloté sur les flots de l'histoire de leur bled à alger la france les camps le nord aujourd'hui ou demain sur les photos ce sont les paysans en costume avec des toques fatigué de ce voyage en troisième classe dans des wagons de bois troisième classe toujours une destinée de troisième classe déchets d'une guerre rejeté ici ici ou ailleurs cargo de pauvres avec l'exil pour unique bagage qui ne partent à l'assaut d'aucune amérique d'aucune revanche juste un refuge à l'abri des fusils la croix rouge les réconforte d'un viandox chariot poussé par des jeunes filles pitance de troisième classe on les pousse les fait monter dans des camions militaires les bâtiments gris des files vers un lieu inconnu le moteur s'arrête dans l'obscurité une torche à la main un uniforme ouvre la voie jusqu'à une grange pousse la porte de sa hanche on dépose de la paille à terre elles dormiront là les femmes même enceinte et leurs bambins ont défait les ballots on commence à s'allonger mais trois requis des commandants se plainent eagle on est des hommes on n'est pas des animaux alors tout le monde repart en direction la citadelle d'amiens aujourd'hui je n'accepterai pas se souvient monsieur s je taperai du poing sur la table ils nous ont reçus comme des pets à l'époque on ne savait pas combien la france est riche elle s'est moqué de nous la france 10 mètres carrés 10 mètres carrés pour deux familles séparées par un drap et l'hiver pas de chauffage l'hiver 63 c'était terrible pire qu'une table de la gadoue partout une patinoire avec nos épouses et la mienne était enceinte nommé b dont les langes avec les pauvres comme nous et les rapaces la france les autres furent conduits à doulon à la citadelle également ils résideront là dans cette ancienne prison pour noble puis pour femmes abandonnées en 1959 pour cause d'humidité manque de salubrité le bâtiment est alors réquisitionné pour une durée de trois mois de trois mois ce provisoire va durer trois années jusqu'en mai 1965 monsieur r oral encore on faisait la queue comme des clochards ma parole d'honneur on dormait à 10 par chambre on faisait nos besoins dans un pot devant les femmes dans un coin de la pièce avec juste un rideau pour se cacher la france avait déjà par la voix de françois hollande reconnu sa responsabilité dans l'abandon des harkis la france va aujourd'hui reconnaître leur mauvais traitements les sévices qu'ils ont enduré sur notre territoire et je remercie nos collègues sénateurs sénateurs de droite d'avoir élargi c'est très net connaissance de la voir étendue au delà des hameaux de forestage prévue dans le texte initial dit avoir inclus les prisons reconvertie en lieu d'accueil des rapatriés mais sur le volet financier quel regret le montant des indemnités relève de l'aumône trois années dans ces camps trois années donneront droit à 5000 euros trois années privée de liberté c'est à l'arrivée madame lamy moins d'un mois de nos salaires ça me paraît dérisoire presque méprisant et je regrette que dans ce texte vous alliez leye les deux sur le volet symbolique donc sur la reconnaissance j'applaudis mais sur leurs opérations ça n'est pas acceptable comme le disait conrad adenauer l'histoire le total des choses qui auraient pu être évitées beaucoup auraient pu être évités dans cette terrible histoire

Une guerre — François Ruffin · Pourquijevote