Hadrien Clouet, député LFI, est l'invité de La politique s'éclaire
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Et notre invité dans la politique, c'est Claire et Adrien Clou. Bonjour et bienvenue. Merci d'être avec nous.
Député insoumis de Haute Garonne, chef de fil de LFI pour le budget de la sécurité sociale à l'Assemblée. On l'a vu, les débats se sont arrêtés pour laisser souffler les députés. Vous étiez fatigués ?
Ah, je pense que tout le monde l' un petit peu mais le sujet c'est pas de savoir si les députés sont fatigués. Le sujet, c'est de savoir est-ce que ce budget va fatiguer les gens et qu'est-ce qu'il va faire aux gens qui sont fatigués. Et moi, je pense que il est inacceptable qu'on a interrompu les débats euh sur un moment où la Macronique compte faire payer des taxes, des impôts en plus sur les gens qui sont malades, sur les gens qui ont des maladies chroniques.
Mais les débats vont reprendre lundi et jusqu'au 23 novembre, vous aurez le temps de de poursuivre les débats. Pas sur la sécurité sociale, vous avez raison. Sur le budget de l'État.
Sur le budget de l'État, c'est vrai. Le budget a été adopté. Il a pas été adopté.
Les débats ont été interrompus à minuit. Le gouvernement a refusé qu'on continue d'aller plus loin. Ce qui veut dire que en fait la version que tout le monde comprenne bien lorsque le gouvernement interrom les débats à l'Assemblée, le texte il part au Sénat et il part au Sénat avec plein de choses qui ont pas été examinées.
Sauf que beaucoup de choses ont été examinées, notamment la suspension la réforme des retraites, le le gel des pensions, on va on va y revenir. Mais vous pensez que le le gouvernement a voulu manœuvrer finalement en suspendant les débats ce weekend alors que il y a priori le temps de tout étudier avant le vote ? Bien sûr.
D'ailleurs, la manœuvre, elle est double. D'abord, il y a la manœuvre sur le budget donc de la sécurité sociale que les gens comprennent bien, c'est euh euh les retraites, c'est l'assurance maladie et cetera. Sur ce volet-là, les débats ont été interrompu la semaine dernière.
Minuit, point final. Ça veut dire que on va pas examiner par exemple les sujets des maladies professionnelles où le gouvernement va retirer des reconnaissances, on va pas examiner euh la PCH ou la PA pour les gens en situation d'autonomie et cetera. Donc plein de sujets sont en dehors du champ.
Paf, ça part au Sénat. Et sur le budget de l'État lui-même et bien le gouvernement a fermé ce weekend. Bon, nous on est disponible pour siéger.
Enfin, on est parlementaire, on n'est pas là pour eu un vote sur le volet recette. Il y avait eu un vote sur le volet recette sur la sécurité sociale, hein, comme vous dites que tout le monde comprenne bien. C'estàd on a voté combien il y a d'argent dans la caisse.
Or, ce qui a été voté, c'est qu'il manquait 12 milliards d'euros. Et euh au moment d'aller sur les dépenses, c'està-dire comment on utilise l'argent de la caisse, et bien toutes les mesures d'économie, c'est-à-dire de coupe dans la vie des gens, les suppressions de lit à l'hôpital et cetera n'ont pas été examinées. H euh comment ça va se terminer ce budget pour vous ? mal en l'état, je pense mal puisque on voit bien la manœuvre, le gouvernement avec la complicité du Parti socialiste essaie de réduire le temps de débat pour en fait avoir la main fin décembre faire ce qu'on appelle des ordonnances, c'est-à-dire qu'il écrit lui-même en fait le budget en disant le délai est dépassé, on est obligé de faire les choses même.
Monchalin dit, il y a pas de rédaction d'ordonnance à Ber, c'est pas du tout le but aujourd'hui. Ça peut être une loi spéciale aussi. Alors, ça peut être une loi spéciale sur le budget de l'État, pas sur la sécurité sociale.
Mais effectivement, alors ça peut être une loi spéciale, ça peut être des ordonnances, mais ce qui va se passer dans tous les cas en l'état actuel, c'est que le parlement sera décisi, sera di. Donc c'est un 493 déguisé. Ils vont faire comme tous les ans un 493 parce qu'ils ne sont jamais d'accord pour accepter les votes du parlement, notamment mettre à contribution les plus riches pour soulager les milieux précaires et les familles nombreuses.
Vous préparez déjà une motion de censure ? Oui, bien évidemment euh on est prêt à la déposer début décembre dès que les textes reviendront parce que il faut bien voir que les deux textes en État et le budget de l'État et celui de la sécurité sociale sont tout à fait détestables. Hm hm.
Euh c'est ce que dit aussi euh l'autre camp. Euh le ministre des des comptes publics, Amélichalin dit ce matin dans la tribune dimanche que le déficit est à 5 % euh aujourd'hui à ce stade en tout cas des débats budgétaires. Euh ça veut dire qu'on ne respecte pas les engagements de Bruxelles.
Euh c'est un problème ou pas pour vous ? Non Bruxelles c'est pas le sujet. C'est pas grave, tant pis.
On laisse filer les déficits, la dette. C'est même si on a des procédures pour déficit excessif, même si on est le petit canard de l'Europe. Oui.
Oui. Ça, je veux dire, c'est pas à Bruxelles de décider les politiques communes en France. En revanche, il faut qu'on ait une discussion sur comment on remplit la caisse, pas sous pression de Bruxelles.
Parce que si eux on les laissé décider à Bruxelles, ils nous dirait qu'il faut fermer la moitié des hôpitaux de France pour faire des économies. Moi, je suis pas d'accord parce qu'elle dit que vous niez complètement la dette. C'est c'est c'est vrai.
Non, c'est pas vrai. C'est pas vrai. Je prends un exemple très simple.
Dans le cadre des débats budgétaires, on a fait plein de propositions. Le gouvernement s'est opposé par exemple à l'impôt pour que les multinationales payent des impôts là où elles font leurs activités économique plutôt que de pouvoir se délocaliser. Ils ont voté par exemple, je l'ai sous la main parce que ça a été voté he l'attaque sur les multinationales contre le gouvernement.
Voyez, ça c'est un truc qu'on a gagné nous contre le gouvernement. Donc parce qu'ils disent que c'est inapplicable et que ça entraînerait une double taxation entre la France et et l'Europe. Mais s'il y a une double taxation, on fait une convention fiscale, il y a pas de su il y a pas de sujet.
Donc ça par exemple, on l'a imposé au gouvernement. On voyez et le gouvernement essaie de s'allier avec la droite pour le retirer. Un autre exemple parce que je l'ai pris là parce que je trouve qu'il est intéressant cet amendement euh c'est au moment du budget de la sécurité sociale pour financer l'abrogation de la réforme des retraites.
On a déposé un amendement qui est très simple, c'est de dire que les gens qui ont un salaire de plus de 8000 € par mois, tout le monde est d'accord que c'est assez confortable plus de 8000 € par mois aurait une petite cotisation à 2 % voilà pour financer les cases de retraite. Avec ça, on enlève 3 milliards d'euros, on abroge la réforme des retraites. Le gouvernement a obtenu un vote contre ce type de proposition.
Donc on en a fait plein des propositions pour mettre un peu d'argent dans la caisse, soulager les gens. Toujours c'est toujours les riches que vous voulez faire payer. Ah bah oui bah bien sûr pas faire payer pour Oui, mais enfin au bout d'un moment, c'est-à-dire que ils doivent aussi être rémunérés en fonction du travail qu'il qu'ils font.
C'estàd qu'il faut qu'il y ait une juste rémunération pour tout le monde, qu'on soit riche ou moins riche. Et je pense que personne dans ce pays n'est 200 fois plus productif par heure que celui qui est en bas dans son entreprise. D'ailleurs, on pourrait avoir un équilibre.
Nous, on le propose par exemple le 27 novembre, il a ce qu'on appelle la niche de la France insoumise. C'est la journée par an où on dépose des textes de loi. Et bien, on propose de créer un écart de salaire de 1 à 20 dans les entreprises.
Ça, c'est quelque chose de simple qui me semble vertueux. Faire en sorte que ce duo ne se gave pas au détriment de ce Mais vous savez qu'on est le pays le plus redistributif en France, c'està-dire que cet écart là qui existe, il est réduit après de 1 à 3 une fois qu'il y a toutes les aides qui sont distribuées. Franç Oui, encore eux.
Encore eux. Par ailleurs, c'est le cas près partout. Mais attention, vous dites de 1 à 3, c'est pas vrai pour tout le monde parce que les plus riches vraiment les 01 % eux ont un revenu qui est 100 150 fois 200 fois supérieur au reste de la population.
Le sujet c'est pas la classe moyenne supérieure ou les cadres. Le sujet c'est qu'il y a dans ce pays une petite poignée de milliardaires. Vraiment 1800 familles qui se gavent absolument et dont la richesse a quadruplé depuis que Macron est là.
Franchement qui dans celles et ceux qui nous écoutent a vu sa richesse quadruplée depuis 2017 ? H revenons sur le budget de la sécurité sociale. Vous êtes chef de fil pour votre pour votre groupe.
Il y a eu la suspension de la réforme des retraites qui a été votée. Euh mais oui, je vous vois faire comme ça. Pour vous, c'est pas une suspension si je comprends bien.
Et et d'ailleurs, vous ne l'avez pas voté. Euh vous avez pas l'impression que de toute façon cette réforme ne pourra pas s'appliquer en 2028 comme c'est prévu. On est allé trop loin aujourd'hui pour ne pas en rediscuter, en redébattre.
Ah, je l'espère. D'autant qu'il y a à l'Assemblée nationale, rappelons-le, une majorité pour abroger la réforme des retraites. C'est pour ça que c'est incompréhensible.
Alors qu'on est prêt justement pourquoi vous l'avez pas voté alors ? Parce qu'on est prêt à l'abroger. D'ailleurs, on le dépose en nouveau dans la niche parlementaire des insoumis.
Donc on verra à ce moment-là qui est pour l'abrogration ou pas. Il faut l'abroger cette réforme. Ce qui nous a été proposé, attention, on n'est pas une suspension et tout le monde doit bien comprendre.
On nous a proposé un calendrier, c'est-à-dire en disant les gens nés telle année partiront à tel âge. Dans ce qui nous a été proposé, on nous demande de voter le fait que on décale le départ à 64 ans. Mais rappelons que l'Assemblée nationale n'a jamais voté la retraite à 64 ans.
Donc ce que veulent faire les Macronistes, c'est obtenir un vote de notre part pour dire oui tout celles et ceux qui nous écoutent là qui ont moins de 57 ans partira à 64 ans. Moi les gens ils ont pas voté pour moi pour partir à 64 ans. Ils ont voté pour moi pour abroger la réforme des retraites.
D'autant plus que le piège il est en dessous c'est l'ombre du texte. Comment ils compteent financer ça les macronistes ? On a posé la question à Madame de Montchal, on l'évoquait tout à l'heure donc la ministre du budget des comptes publics.
On a posé la question et on n' pas eu de réponse ou plutôt on a eu plusieurs réponses différentes. Au début du débat, il nous disait ça sera les franchises médicales qui vont payer. Ça veut dire que l' sur les mutuels et le gel des pension de des retrait.
Exactement. Ça veut dire, attendez, comprenez bien, ils nous disent, on va décaler le calendrier des retraites en faisant payer les gens qui ont une mutuelle et les gens qui sont malades. Mais finalement, ça ça a été retoqué dans le débat budgétaire et donc ce sera la hausse de SCSG qui va compenser cela. pas totalement parce qu'ils ils ont aussi dit queils voulaient mettre à contribution euh les affections longue durée, les ALD.
C'estàdire là aussi que tout le monde comprennent bien les gens qui ont un glauome, un diabète, de l'épilepsie, de l'arthrose, c'est eux qui payeraient. Comment ? Parce qu'ils vont diviser et c'est dans le texte hein du budget de la sécurité sociale.
C'est pour ça que j'ai je veux voter contre et ils nous ont empêché de voter. Ils vont diviser par trois la durée d'indemnisation pour les gens malades. Bon donc en fait ils veulent faire des économies.
Donc quoi qu'il arrive soumis au vote ou pas soumis au vote, vous êtes opposé à ce projet de loi et à ce projet de loi de financement. et et je trouve qu'il est inacceptable d'imaginer que les malades payeraient un décalage de la réforme des retraites. Franchement, je voudrais vous entendre sur cette information de Laurent Nunes qui a porté plainte contre un humoriste qui a comparé la police à Daesh sur sur Radio Nova.
Ça vous choque ? Les humoristes font de l'humour. Moi ça ne me choque pas qu'un humoriste fasse de l'humour.
Je pense même que c'est son métier. Y compris lorsque c'est de l'humour extrêmement noir, extrêmement décalé. C'est Piermanel Barré en l'occurrence si je me trompe pas.
Voilà. Euh donc moi je j'écoute l'émission assez régulièrement. Donc les institutions actuellement brutales, racistes et des responsabilisantes.
Euh voilà, il ajoute des viols de des mutilations, des meurtres et des mecs qui se filment en train de faire tout cela en se marrant. En fait, la police et la gendarmerie, c'est Daesh avec la sécurité et l'emploi. Et ce dont parle monsieur Barré est un sujet grave quand même.
Enfin, monsieur Nugèz s'amuse en fait, il fait un contrefeu mais enfin on parle de fait extrêmement graves d'agents de la force publique, de policiers qui ont violé des justiciables. Vous vous souvenez de l'histoire à la fois dans des cellules où elles étaient maintenues dans un tribunal dans justice et à la fois à l'arrière d'un véhicule de police. C'est ça l'élément.
Et je pense que monsieur Nunè serait mieux de mettre une enquête administrative euh rapide, réelle et de mettre à pied et d'avoir les poursuites pénales envers des personnes qui ont torturé sera sera faite. Mais on se souvient que la France insoumise avait dit que la police tue. Est-ce queon peut institutionnaliser euh cela comme vous le faites ?
C'est bien la question. Bah en l'occurrence vouszà des gens de police qui ont violé donc oui, ils ont pas tué. Super h bah je pense que il y a un problème quand même on peut pas généraliser euh mais qui généralise ici dans la Bah quand on dit la police tue, on généralise.
Ah non on généralise pas. On dit qu'il y a un problème dans le fait que en France nous sommes la seule police de l'Europe de l'Ouest qui connaît autant de taux de létalité dans ces interventions. Et d'ailleurs, c'est pas les insoumis qui le disent uniquement.
Vous voyez tous les lanceurs et lanceurs d'alerte dans la police. D'ailleurs, une partie des affaires dont on parle ici d'agression sexuelle ou de viol viennent aussi de lanceur et lanceur d'alerte qui disent "Il y a un problème d'impunité dans la police aujourd'hui parce que l'IGPN ne fait pas son boulot parce que il se surveille entre collègues et c'est jamais bon de faire ça entre collègues. Les surveillances donc quelques métiers pas que policier parce que il y a un problème de couverture par le ministre de l'intérieur.
Et on a vu encore les images la semaine dernière à Saint-Soline avec des gendarmes qui parlaient de comment tirer sur des gamins des personnes âgées y compris en tir tendu. On a des actes illégaux interdits de l'incitation à la violence par les officiers qui invitent leur troupe à tirer sur des manifestants. Et monsieur Nugèz, le truc qui trouve à faire, c'est porter plainte contre un humoriste.
Pardon, moi je troublez qui dit ce matin dans la presse que il est favorable à l'armement de la police municipale. C'est pas votre cas ? Non, ce n'est pas mon cas euh pour euh plusieurs raisons.
D'abord parce que la police municipale n'a pas intervenir euh sur des affaires de type police nationale. Et armer la police municipale, c'est en fait lui imposer de nouvelles missions qui ne sont pas les siennes. Donc si jamais on souhaite que la police municipale soit déployée sur du grand banditisme, la grande criminalité, on fait de la police nationale.
Et puis euh deuxièmement, parce que moi je suis favorable à une police de proximité comme les insoumises et les insoumis et je pense que le but c'est d'avoir un policier dont on a le numéro de téléphone portable et qu'on peut appeler directement pour échanger au quotidien. Merci Adrien Clouet, député insoumis de Haaronne, chef de fil pour son groupe de PLFSS. Merci à vous.
Hadrien Clouet