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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 6 juin 2021 25 min

Sortie de crise du Covid-19, panne des numéros d'urgence et accord mondial sur la taxation des multinationales... Le "8h30 franceinfo" de Roland Lescure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Bonjour Jean-Jérôme Bertolus, chef du service politique et de la rédaction. Notre invité ce matin, Roland Lescure, bonjour à vous. Bonjour. Député des Français de l'étranger, président de la Commission des Affaires Économiques de l'Assemblée et porte-parole de La République En Marche. La France retrouvera son niveau d'activité d'avant crise au premier trimestre 2022. C'est Bruno Le Maire qui le dit ce matin dans le JDD. C'est optimiste comme prévision ou pas ?

0:32
Roland Lescure

Moi je pense que mon slogan actuellement c'est « Osons l'optimisme ». On a ouvert les terrestres, on est en train de vacciner, d'ailleurs comme on l'avait prévu, au rythme qu'on avait prévu et on sera sans doute à 30 millions de primo-vaccinés à la mi-juin. L'économie est en train de rebondir assez fortement, il faut s'assurer que ça s'inscrive dans la durée. Mais oui, à mon avis, c'était l'objectif qu'on s'était donné il y a 6 mois, on y arrivera, on sera, allez, on aura effacé la crise, en tout cas comptablement, économiquement, dès le début de 2022.

0:59
Présentateur

Alors on va reconsommer, repolluer, revoyager, comme des fous, comme avant ?

1:06
Roland Lescure

Non, il ne faut jamais gâcher une bonne crise, comme disait Winston Churchill. Donc on va profiter du plan de relance pour réorienter l'économie sur la transition écologique, sur la formation professionnelle, sur les jeunes. Parce que les jeunes aujourd'hui, ce sont les victimes de la crise, moi je veux que ce soit les acteurs de la reprise, et donc la formation, la formation, la formation.

1:24
Présentateur

Jean-Jérôme Bertolus. Au plan international, est-ce que vous êtes également optimiste ? Le G7, après 48 heures quand même de négociations, a conclu par la mise en place, future, on n'y est pas encore, d'une taxe pour l'ensemble des multinationales de 15%. C'est une décision historique ou finalement il faut encore attendre un peu ?

1:45
Roland Lescure

Non, c'est un pas de géant. 48 heures de négociations, 10 ans de travail notamment au sein de l'OCDE, et ça fait 4 ans que la France pousse et pousse fort pour qu'on aille dans cette direction-là. Donc c'est un pas de géant. Mais vous avez raison, il y a encore beaucoup de travail. Le 15% qui a été fixé, c'est un minimum, donc nous on va se battre pour qu'on aille au-delà. Jusqu'à combien ? On verra, le président Biden avait commencé à 21, il est vite revenu à 15. Certains disent 25. En 25, on peut rêver en couleur. Non, il faut déjà arriver à ce 15 avec ce qu'on appelle la base fiscale.

Parce que si vous introduisez plein d'exemptions qui fait que finalement vous taxez 15% sur pas grand-chose, ça ne vaut pas le coup. Donc l'accord sur l'assiette fiscale. Il y aura aussi un accord à faire sur la manière dont on va partager ces recettes entre les principaux pays. Il ne faut pas que ce soit seulement les Etats-Unis ou les pays développés, mais aussi les pays en développement. Et dernier point, non des moindres, il faut que ce soit voté au Congrès. Nous, la taxe sur les géants du numérique, on l'a votée à l'Assemblée nationale. Le président Biden doit encore faire voter ça au Congrès. Donc il y a beaucoup de travail, mais c'est un pas de géant.

2:45
Présentateur

Un petit mot, mais aussi une dernière question. Pour qu'on comprenne bien ce que ça veut dire, pour que nos auditeurs et nos téléspectateurs comprennent bien ce que ça veut dire, ça veut dire que c'est un nouvel ordre économique mondial qui se met en place. C'est la perspective éventuellement de la fin des paradis fiscaux, la perspective que les fameux GAFA, c'est-à-dire les Microsoft, les Google, toutes les grosses entreprises numériques qu'on connaît vont enfin payer des impôts à la France ?

3:11
Roland Lescure

Oui, ils vont payer enfin des impôts dans les endroits où ils font des activités. Aujourd'hui, les entreprises que vous avez mentionnées, elles font des milliards d'euros de chiffre d'affaires en France, elles payent quelques centaines de milliers d'euros en France, et le reste c'est en Irlande ou aux Etats-Unis. Donc oui, on va localiser l'impôt. Donc ce n'est pas la fin de la globalisation, le monde va continuer à fonctionner de manière coopérative. C'est le retour en force du multilatéralisme, c'est le retour en force de la justice et de l'efficacité économique. Parce qu'aujourd'hui, vous avez des TPE, des PME qui payent 25% d'impôts et des géants qui n'en payent pas.

Donc c'est de la justice, mais c'est aussi de l'efficacité économique.

3:47
Présentateur

Et ça, on le doit à la crise du Covid ou à la crise de 2008, comme le disait tout à l'heure l'un de nos invités ?

3:53
Roland Lescure

Oui, c'est un peu des deux. Ce travail de fonds a commencé en 2008. Cette prise de conscience que c'était totalement inégalitaire, c'est arrivé en 2008. Mais les grands gagnants de la crise de 2020-2021, on le sait, ce sont les géants du numérique. Et donc ça a mis en regard la crise économique d'un côté, et le fait que ces gagnants payent des impôts à peu près partout, sauf dans l'endroit où ils font de l'activité. Donc je pense que c'est la conjonction de ces deux crises. L'élection de Biden, il faut le reconnaître, le retour du multilatéralisme. Mais surtout, chapeau la France. Merci, chapeau Biden, quand même, non ? Non, merci Emmanuel Macron, merci Bruno Le Maire.

4:28
Présentateur

On le demande pendant 4 ans, il ne se passe rien, et puis Joe Biden dit faisons-le et on le fait.

4:32
Roland Lescure

Il ne s'est pas rien passé, on était au bord d'un accord en Europe, on l'a voté en France. Évidemment, moi je suis très content que Joe Biden ait rejoint la danse. Je ne suis pas encore dans la Biden-mana. Quand il aura fait voter au Congrès cette taxe, là, chapeau Biden. Pour l'instant, chapeau Macron, chapeau Le Maire.

4:47
Présentateur

Retour en France précisément, vous êtes le président de la Commission des Affaires Économiques. Après la panne des numéros d'urgence, est-ce que vous allez convoquer Stéphane Richard, le patron d'Orange à l'Assemblée Nationale ?

4:59
Roland Lescure

Oui, on va le convoquer en audition, mais avant, je voudrais dire quand même quelques mots. Les numéros d'urgence dont vous parlez, le 15, le 17, le 18, c'est entre 100 et 150 000 appels par jour. Ça veut dire que pendant les quelques heures de cette crise, il y a des dizaines de milliers de Français qui sont tombés dans un trou noir. Pire encore, l'enquête le précisera, mais il y a visiblement des victimes, des gens qui sont décédés du fait de Stéphane, dont c'est extrêmement grave. Donc il faut s'assurer que ça ne se reproduise plus jamais. Il y a trois enquêtes aujourd'hui, une enquête administrative, une enquête judiciaire, une enquête interne à France Télécom.

Et moi, j'ai échangé avec Richard Ferrand ces derniers jours. L'Assemblée doit faire son travail de contrôle. On va auditionner Stéphane Richard et j'espère qu'il pourra nous donner des explications sur les raisons de ce dysfonctionnement, sachant que l'État a un cahier des charges très clair vis-à-vis d'Orange et que visiblement, Orange ne l'a pas respecté.

5:50
Présentateur

Vous dites, Orange n'a pas respecté son cahier des charges, c'est de la faute d'Orange.

5:53
Roland Lescure

On verra, c'est des enquêtes qui le donneront, mais en tout cas, le cahier des charges n'a pas été respecté puisque des dizaines de milliers de Français et de Français ont passé des coups de fil dans l'urgence, pour certains dans la détresse, et sont tombés dans un trou noir.

6:07
Présentateur

Alors, quand est-ce que vous allez...

6:09
Roland Lescure

Alors là, c'est une question de jour, on est en train de monter la rencontre, donc je pense que dans les dix jours qui viennent, on aura Stéphane Richard devant l'Assemblée nationale à la Commission des Affaires Économiques.

6:19
Présentateur

Et Roland Lescure, vous évoquez effectivement ces enquêtes judiciaires, ces enquêtes administratives, cette audite interne menée également par Orange. Est-ce que vous, vous souhaitez une commission d'enquête à l'Assemblée nationale ?

6:32
Roland Lescure

Moi, je ne suis pas un grand fan du « un fait divers, une commission d'enquête ». Dans ce dernier mandat, on a tendance un peu à faire ça.

6:37
Présentateur

C'est un fait divers assez grave, vous l'avez dit vous-même, et pour certains Français qui montrent qu'en France, tout ne marche pas si bien que ça.

6:44
Roland Lescure

Oui, il est grave, mais vous savez qu'en France, il y a la séparation des pouvoirs. Il y a une enquête judiciaire qui est menée. Sur des cas précis ? Oui, et donc l'Assemblée nationale n'a pas vocation à interférer avec une enquête judiciaire. Commençons par l'audition de Stéphane Richard, regardons les résultats des enquêtes. S'il faut compléter, on fera une mission d'information. C'est aussi un arsenal qui est disponible à l'Assemblée nationale.

7:05
Présentateur

Roland Lescure, invité du 830 France Info. Ce matin, on va reprendre sa discussion juste après le fil info, puisqu'il est 9h20. Margot Karoff.

7:11
Invité

C'est un engagement sans précédent, selon les Etats-Unis. Une étape historique pour Bruno Le Maire. Le ministre français de l'Économie salue l'accord du G7 sur un impôt minimum mondial sur les entreprises. 15% de taxes au moins pour tenter de mettre fin à l'évasion et l'optimisation fiscale. Emmanuel Macron sera dans la Drôme mardi à la veille de la réouverture des salles de restaurants et de bars. Le chef de l'État ira atteindre l'ermitage, puis à Valence, pour des échanges avec des restaurateurs et des représentants de la filière. Une annonce ce matin de l'Elysée. Et à quelques jours de la prochaine étape du déconfinement, l'épidémie de Covid recule encore.

6600 nouveaux cas ont été enregistrés ces dernières 24 heures. C'est 4000 de moins par rapport à la semaine dernière. A l'hôpital, un peu plus de 2500 malades sont en réanimation en ce moment. La chaîne Carrefour porte plainte pour des injures racistes dans l'un de ses magasins. Une cliente a insulté une caissière noire lors d'une altercation en Haute-Savoie. La vidéo a été publiée sur les réseaux sociaux. Le groupe dénonce des propos inacceptables. En tennis, c'était le premier match à huis clos de sa carrière pour Roger Federer. Le Suisse a lutté pendant 3h30 pour se qualifier pour les 8e.

Mais il se questionne sur la suite de son parcours à Roland-Garros et hésite à abandonner pour préserver son genou. France Info.

8:35
Présentateur

Le député des Français d'étrangers et président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée et l'invité du 8.30 France Info ce matin, Roland Lescure, Jean-Jérôme Bertolus. Très rapidement encore une question sur Orange. Stéphane, Richard, peut-il faire un 4e mandat à la tête de l'opérateur de télécom ?

8:54
Roland Lescure

Écoutez, je n'ai pas l'habitude de tirer les conséquences des enquêtes avant qu'on en ait les résultats. Donc on verra en fonction des résultats, on verra en fonction des responsabilités. Son mandat, je pense, court pendant encore un an. Donc on a le temps de faire ces enquêtes. Évidemment, il faudra en tirer les conséquences quand on les aura.

9:09
Présentateur

Mais il y a quand même une autre enquête qui n'a rien à voir avec la panne des numéros d'urgence. C'est le procès Tapie. Le procureur a requis contre Stéphane Richard. Dans ce procès, c'était la semaine dernière, c'était décidément une semaine noire pour Stéphane Richard. Est-ce que s'il était condamné dans l'affaire Tapie, il pourrait se maintenir à la tête d'orange ?

9:30
Roland Lescure

Écoutez, là encore, moi je ne commande pas la décision de justice. Non, mais c'est ce que Bruno Le Maire avait dit. Est-ce que vous êtes d'accord avec Bruno Le Maire ? Moi, je vais attendre la décision de justice.

9:37
Présentateur

Condamné, un patron d'un opérateur dans lequel l'État est actionnaire, condamné, ne peut se maintenir à la tête de l'entreprise ?

9:44
Roland Lescure

En tout cas, ce n'est pas facile. Mais attendons la décision de justice, je le répète, avant de se prononcer.

9:49
Présentateur

Alors, on va changer de sujet. Dans le lot, jeudi, Emmanuel Macron a remis la question des retraites au centre du débat politique. On écoute le président de la République.

9:59
Locuteur non identifié

Je ne pense pas que la réforme qui était initialement envisagée puisse être reprise en l'État. Parce que je pense qu'elle était très ambitieuse, extrêmement complexe. Et du coup, elle était porteuse aussi d'inquiétude, il faut bien le reconnaître. Par contre, est-ce que nous pouvons, en quelque sorte, ne rien faire sur la retraite dans les mois qui viennent ? C'est trop tôt pour vous répondre. En tout cas, ça ne sera pas la même et rien n'est exclu.

10:21
Présentateur

Alors, Roland Lescure, il faut une toute nouvelle réforme des retraites ?

10:25
Roland Lescure

En tout cas, ce qui est clair, c'est qu'il fallait réformer les retraites avant la crise. Il faut d'autant plus réformer les retraites après. Un, parce qu'évidemment, les déficits ont gonflé, on vira d'ici quelques jours de combien ? Et deux, parce que cette crise, elle a montré aussi qu'on n'est pas tous égaux face au modèle social. Il a fallu l'adapter, le chômage partiel, etc., pour des professions qui sont plus précaires, des auto-entrepreneurs, des livreurs de compagnies qu'on connaît bien. Et donc, le modèle social pour toutes les Françaises et les Français, et notamment un système de retraite pour toutes les Françaises et les Français, c'est essentiel.

10:57
Présentateur

Alors, soyons précis, vous l'êtes, mais soyons encore plus précis. Est-ce que la réforme à points, qui a été inventée par le gouvernement, celle-là est enterrée ? Et qui a été votée en première lecture, d'ailleurs.

11:09
Roland Lescure

Oui, elle a été votée, je m'en souviens très bien, j'y ai participé. Le Président l'a bien dit, elle a été mal perçue, mal comprise, il faut sans doute l'adapter. Mais les grands principes, qui visent à ce que tout le monde, de manière juste et équitable, on parle ici des régimes spéciaux.

11:25
Présentateur

Ça, c'est le minimum minimum. C'est le minimum minimum. Que ce soit une réforme juste et équitable, on l'a escut heureusement. Oui, mais alors les régimes spéciaux, par exemple, on peut en parler ?

11:32
Roland Lescure

Le fait que les femmes touchent des retraites de 40% inférieurs aux hommes, c'est le minimum minimum, mais on n'y est pas.

11:38
Présentateur

Deuxième question, et là qui vraiment intéresse tout le monde. Est-ce que l'objectif, quand même, vous disiez, il faut une réforme des retraites, où il y a à peu près 20 milliards d'euros de déficit du régime des retraites en 2020 ? C'est ça, au bas mot, au bas mot, on verra pour le... Au moins. Est-ce que ça va nécessiter nécessairement un relèvement de l'âge légal de départ à la retraite ou un allongement de cotisation ?

12:03
Roland Lescure

Il me semble évident, et d'ailleurs pas seulement pour des raisons de retraite, que la manière de sortir de cette crise, c'est qu'on travaille tous plus. D'abord, on va commencer par remettre ceux qui sont exclus du marché du travail, puisque le chômage a monté du fait de cette crise, au travail. Mais oui, de manière durable, dans les 10, 20 ans qui viennent, on va devoir tous travailler davantage. Les jeunes, il faut qu'on les forme au métier d'avenir, de manière à ce qu'ils se trouvent un job. On a un plan, un jeune, une solution qui marche du tonnerre, il faut sans doute l'amplifier. Oui, dans les années qui viennent, on va devoir tous travailler davantage.

C'est le moyen de sortir de cette crise, de manière, là encore, solidaire, juste et efficace.

12:42
Présentateur

Est-ce que ça veut dire également que la réforme des retraites va servir à rembourser une partie de la dette du Covid ?

12:49
Roland Lescure

Non, alors la dette du Covid, telle qu'on l'appelle, c'est vraiment les mesures particulières qui ont été prises, le quoi qu'il en coûte, pour soutenir l'économie. Celle-là aussi, il faudra la rembourser. N'en déplaise à certains... Tout le monde n'est pas d'accord avec vous. Oui, je sais, il y a certains qui ont l'imagination fertile. Vous savez que ne pas rembourser la dette, c'est un fusil à un coût. Vous le faites une fois, et ensuite, vous ne trouvez plus d'investisseurs sur les marchés internationaux pour vous prêter à l'avenir. Donc non, la dette... Ça n'est pas dit comme ça, évidemment, mais... Non, mais la dette, ça se rembourse.

Ça se rembourse, on a le temps, les taux sont très faibles, on a beaucoup de temps devant nous. La priorité des priorités, c'est de restaurer la croissance, parce qu'une chose est claire, si vous n'avez pas de croissance, la dette, vous ne la remboursez pas. Ensuite, cette dette Covid, il va falloir la rembourser, mais ce ne sera pas avec une hausse des cotisations retraites, une hausse du temps de travail ou autre qu'on va la rembourser, c'est avec la croissance. Mais que les Françaises et les Français sachent ce qu'elle est et sachent à quel rythme on la rembourse, je pense que c'est une opération de transparence qui est bienvenue. Réforme des retraites avant ou après la présidentielle ?

Ça, le président de la République l'a dit et c'est lui qui décidera. Ça va dépendre notamment des consultations qu'il va mener dans les semaines qui viennent.

14:00
Présentateur

Beaucoup, beaucoup de réformes sont à l'agenda du Parlement. Vous êtes bien sûr parlementaire, parlementaire éminent, vous êtes président de la Commission des Affaires Économiques. C'est quoi les priorités aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'on peut encore faire rentrer dans l'agenda ? Une réforme de la dépendance ? La garantie universelle pour les jeunes ? Un nouveau texte régalien à l'issue du Beauvau de la sécurité, à l'issue du Beauvau de la justice, etc. C'est quoi ?

14:23
Roland Lescure

Pour moi, la priorité, c'est la relance, et la relance notamment pour les jeunes. Vous avez mentionné la garantie jeune universelle. Il faut que les jeunes qui aujourd'hui sont les victimes de cette crise deviennent les acteurs de la reprise.

14:36
Présentateur

Alors, il n'y a pas de période de réserve pour le chef de l'État. Autrement dit, le chef de l'État, il peut sillonner le pays, même si on est en pleine élection régionale, en pleine campagne des élections régionales. Il peut faire les annonces qu'il souhaite. Et hier, il a fait une nouvelle annonce, effectivement, des États généraux de la justice qui se tiendront à partir de la rentrée. Quel est l'objectif ? Rassurer les magistrats alors que la justice est très attaquée ces derniers temps ? Ou alors rassurer la police qui critique la justice ?

15:05
Roland Lescure

Surtout, avant tout, rassurer nos concitoyens qui, face à la justice, la jugent encore trop cryptiques, inefficaces, parfois même injustes. Et souvent, ce sentiment est lui-même injuste. On a mis des moyens inégalés. Une hausse du budget de 20%, 8% cette année. On a recruté des juges, on a recruté des contractuels pour les aider de manière à ce que les juges ne fassent que de la justice. Mais visiblement, ça ne suffit pas. puisque la perception de la justice est encore jugée trop inefficace et parfois injuste.

Et puis surtout, on voit bien qu'on a des enjeux énormes dans la justice de proximité, dans la capacité de la justice et de la police à travailler ensemble, dans les établissements pénitentiaires. Donc très bien, on va faire...

15:48
Présentateur

Il y a eu deux réformes de la justice, Roland Lescure. En septembre, on sera à quelques mois de la présidentielle. Qu'est-ce qui peut sortir concrètement de ces assises de la justice ? Un nouveau texte de loi ? Une nouvelle augmentation du budget ? Quelle est la finalité possible, en dehors d'une finalité politique pour la présidentielle ?

16:12
Roland Lescure

Des perspectives du consensus, et peut-être même à l'occasion du budget, puisqu'on va en voter un, des perspectives budgétaires. Éric Dupond-Moretti, il s'est engagé dans les travaux d'Hercule. C'est les 12 travaux d'Éric. Alors, effectivement, on a voté...

16:25
Présentateur

La formule est bien.

16:26
Roland Lescure

Elle est pas mal, non ? Je ne sais pas s'il l'appréciera, mais en tout cas, il y en a d'autres à faire. Donc les réformes de la justice, l'urgence budgétaire, je pense qu'on l'a traité. Il faut qu'on aille plus loin. Il le sait, le président de la République le sait, mais dans le consensus, il faut arrêter d'opposer la police et la justice, les citoyens à la justice. Il faut qu'on retrouve du consensus autour de cette justice, qui est un des piliers de notre démocratie, et de la confiance des Françaises et des Français dans leur démocratie. Sur les moyens de la justice,

16:55
Présentateur

Frédéric Péchenard, qui était à votre place il y a une semaine, disait qu'il fallait des places de prison avant tout. Est-ce que ça fait partie des priorités, selon vous ?

17:03
Roland Lescure

En tout cas, je pense que l'organisation des dispositifs pénitentiaires est importante. Vous pouvez crier des places de prison, des places de prison, des places de prison, si vous ne changez pas, et on a commencé à le faire d'ailleurs, la manière dont les prisonniers sont traités, notamment ces fameuses réductions de peine automatique qui n'avaient aucun sens, là où on va privilégier la formation, la reconversion, pour donner des réductions de peine qui, elles, seront légitimes. Donc c'est tout le système qu'il faut repenser. Ce n'est pas juste avec une vision un peu quantitative, en construisant des prisons partout, qu'on va s'en sortir. C'est bien plus complexe que ça.

Et heureusement d'ailleurs, parce qu'on est dans une logique où là encore, on doit retrouver un rôle très important de la prison, qui est d'assurer la reconversion de ceux qui y sont.

17:46
Présentateur

Roland Lescure, invité du 830 France Info. Voici le fil info avec Margot Karoff. Il est 9h moins 10.

17:52
Invité

Le secrétaire général de l'ONU se dit indigné par les attaques qui ont fait au moins 138 morts au Burkina Faso. Des victimes civiles, parmi lesquelles des enfants, tués dans la nuit de vendredi à samedi dans le nord du pays. Ce sont les attentats les plus meurtriers dans le pays depuis le début des violences terroristes en 2015. Des élections législatives et locales aujourd'hui au Mexique. Un scrutin sur fond de violences. Au moins 90 personnalités politiques, dont 36 candidats, ont été assassinés depuis le mois de septembre. Donald Trump retrouve le devant de la scène. Hier, l'ancien président américain a donné son premier discours télévisé depuis des mois.

La survie des Etats-Unis dépend d'une victoire républicaine aux élections parlementaires l'année prochaine, selon lui. Donald Trump qui se dit impatient pour 2024 sans annoncer officiellement sa candidature. En rugby, l'ASM et le Stade français décrochent un ticket pour les phases finales du top 14. Ils se sont qualifiés hier soir à l'issue de la dernière journée. Biarritz et Bayonne ont rendez-vous pour les barrages. Pau sauve sa place dans les dernières minutes grâce à sa victoire contre Montpellier. Et puis, en moto, le Grand Prix de Catalogne. C'est aujourd'hui à partir de 13h. Le niçois Fabio Quartararo est à nouveau en pole position pour la cinquième fois d'affilée.

L'autre français, Joanne Zarko partira troisième.

19:13
Présentateur

Roland Lescure est l'invité du 8.30 France Info ce matin, Jean-Jérôme Bertelus. On est en pleine campagne dérégionale. Il y a un mot qui ne fait pas floresse, on va dire, qui n'est pas vraiment repris par les leaders politiques. C'est celui de Front Républicain. Écoutez ce que disait Stéphane Séjourné, eurodéputé et collaborateur politique d'Emmanuel Macron. C'était sur France Inter cette semaine.

19:34
Locuteur non identifié

Je ne vais pas dire que le Front Républicain est mort, mais presque. Je pense qu'il faut que la responsabilité de ceux qui veulent rassembler puisse permettre à des listes qui ont fait des fois 17, 15, 20%. Et donc, ce n'est pas normal qu'on ait pendant plus de 10 ans pas d'élus socialistes, pas d'élus centristes, par exemple dans le Nord.

19:55
Présentateur

Par exemple, dans le Nord, est-ce que si la liste de la majorité présidentielle dans les Hauts-de-France se qualifie pour le second tour mais qu'il y a un risque Rassemblement National, vous ne vous désisterez pas automatiquement et sans, on va dire, sans palabres avec Xavier Bertrand ?

20:14
Roland Lescure

Non mais, d'abord, de quoi on parle ? Le Front National, c'est chasser le naturel.

20:18
Présentateur

Le Rassemblement National.

20:20
Roland Lescure

J'allais y venir. Cacher le naturel derrière la devanture du Rassemblement National, c'est le Front National qui revient au galop. On a aujourd'hui des candidats et des candidates que Marine Le Pen doit débrancher dans l'urgence parce qu'ils ont commis des actes ou des paroles antisémites et racistes. On a des candidats qui témoignent d'un mépris indigne devant des agriculteurs et devant la détresse des agriculteurs. On a des candidats qui louent des placards à balai dans des régions dont ils souhaitent être le président. Et on a des élus qui sont accusés de détournement de fonds dont Marine Le Pen elle-même. C'est ça le Front National. Alors justement, je n'ai même pas parlé du programme.

Sur l'Europe, le lundi je l'aime, le mardi je la déteste. Sur l'économie, c'est on race gratis, la retraite à 60 ans et sur le reste, c'est amalgame, nos et à bon. Donc on ne se trompera pas de combat. Au second tour, on fera tout pour que le Front National ne préside pas une région. Mais vous parliez des Hauts-de-France. Donc s'il y a un risque dans les Hauts-de-France,

21:23
Présentateur

aujourd'hui, effectivement, dans les sondages, le Rassemblement National tutoie vraiment Xavier Bertrand, le candidat sortant et candidat à sa propre réélection. S'il y a un risque dans les Hauts-de-France, alors vous appliquerez

21:34
Roland Lescure

le Front Républicain sans bargouiner, on va dire. On ne se trompera pas de combat, mais vous parlez de Xavier Bertrand. Il rêve de présider la France. On verra s'il y arrive, j'en doute. Mais avant de vouloir rassembler la France, il devra commencer à montrer qu'il peut rassembler les Hauts-de-France.

21:51
Présentateur

Mais vous savez que c'est le baiser de la mort. Si effectivement, vous dites à Xavier Bertrand alors est-ce qu'on peut s'entendre pour le deuxième tour, alors vous savez un peu qu'effectivement...

21:59
Roland Lescure

Non, mais ça on verra. Le second tour, on ne se trompera pas de combat, mais avant, il y a le combat du premier tour et celui-là, on le joue à fond.

22:08
Présentateur

Est-ce que vous pensez que l'engagement des ministres, par exemple, dans les Hauts-de-France peut aider la liste à être qualifiée au second tour ?

22:15
Roland Lescure

Oui, dans les douze travaux d'Éric, il y a aussi effectivement le fait qu'il ait tête de liste dans le Pas-de-Calais. C'est très bien. Il porte le combat contre le Front National, il est identifié comme tel, il appuie Laurent Pietraszewski dans ce combat. Moi, j'en suis extrêmement satisfait.

22:30
Présentateur

Alors, tout autre sujet où on l'évoquait au tout début, effectivement, de cette interview, le retour des beaux jours. Est-ce qu'il faut, est-ce qu'on peut penser maintenant que la crise du Covid est derrière nous malgré, on va dire, eh bien, ce variant indien qui, semble-t-il, inquiète un petit peu les épidémiologistes et qu'on n'arrive pas à suivre en France ?

22:51
Roland Lescure

Alors, on le suit, il faut le suivre encore davantage.

22:54
Présentateur

On ne le détecte pas, les tests ne sont pas opérationnels pour les...

22:58
Roland Lescure

Vous savez qu'on fait quand même du séquençage, mais pas assez. Bon, ça va mieux. Tous les chiffres le montent. On est dans une phase de décrue extrêmement forte du virus. Et par ailleurs, on vaccine. Je rappelle quand même que quand on a dit on vaccinera 10 millions de Françaises et de Français mi-avril, 20 millions mi-mai, 30 millions mi-juin, il y avait beaucoup de pisse froids qui nous critiquaient. On y est, 10, 20, 30. Il faut continuer. Il faut convaincre tout le monde, les jeunes, les moins jeunes d'aller se faire vacciner parce qu'on sait que c'est la raison de l'immunité qu'on espère avoir à la fin de l'été.

23:32
Présentateur

Et parce que le virus circule encore beaucoup. Il circule encore. Et ça crée des variants. Il y en a d'autres. Vous avez raison.

23:37
Roland Lescure

Et c'est le cas notamment au Royaume-Uni. En France aussi. Il faut trouver l'équilibre. Il faut essayer de retrouver une vie aussi normale que possible parce que l'économie en a un besoin, parce que la société en a un besoin, parce qu'on en a besoin. On en a besoin. On n'en pouvait plus d'être confiné. Mais cela dit, il faut rester extrêmement prudent. Donc les gestes barrières, l'accélération de la vaccination, on espère qu'en septembre, on pourra effectivement retrouver les jours zéreux. Et là, ce sera la relance la relance, la relance, et notamment pour les jeunes. En attendant, il faut garder cet équilibre. Le tourisme, prenez vos vacances en France.

Les touristes étrangers, bienvenue en France. Ceux qui vivent dans ma circonscription, aux Etats-Unis, au Canada, si vous êtes vaccinés, venez en France.

24:22
Présentateur

Les Américains et Canadiens, venez en France, vous êtes vaccinés, vous faites un test PCR. Et pourquoi nous, nous Français, on ne peut toujours pas aller aux Etats-Unis ou au Canada ? Il y a quand même deux points de mesure.

24:32
Roland Lescure

Oui, alors, on peut aller au Canada, mais c'est compliqué. Mais on ne peut pas aller aux Etats-Unis. Et aux Etats-Unis, moi, je travaille beaucoup avec notamment les élus. Vous savez qu'on a des nouveaux élus des Françaises d'étrangers qui ont été élus la semaine dernière. Une jeune élue de Washington, Béatrice Lédier. Les consulaires. Les élus, on appelle ça les conseillers des Français des étrangers.

Une jeune élue, Béatrice Lédier, a lancé une pétition pour alerter les autorités américaines sur le fait qu'aujourd'hui, vous avez des Françaises et des Français qui vivent aux Etats-Unis, qui n'ont ni le passeport ni la carte verte, comme on dit, mais qui ont un visa tout à fait légal et qui y travaillent. Alors, ils peuvent rentrer en France, mais ils ne peuvent plus retourner aux Etats-Unis. Et ça, il faut que ça change. Donc, j'espère que Joe Biden va venir en Europe d'ici quelques semaines. On aura de bonnes nouvelles. En attendant, on pousse, on pousse. Bienvenue en France.

25:14
Présentateur

Merci Roland Lescure, député des Français de l'étranger, président de la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée, invité du 830 France Info ce matin.