L'espoir d'une candidature unique à gauche à la présidentielle, la politique énergétique de la France... Le "8h30 franceinfo" de Sandrine Rousseau
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Le 8.30 politique France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT avec Jean-Jérôme Bertolus, chef du service politique de la rédaction. Bonjour Jean-Jérôme. Bonjour Racine, bonjour à tous. Notre invitée ce matin, Sandrine Rousseau, bonjour. Bonjour. Présidente du conseil politique de Yannick Jadot, candidat écologiste à l'élection présidentielle. Alors hier, Anne Hidalgo, candidate PS à la présidentielle, a pris la parole à Lille. C'était sa convention d'investiture devant un millier de partisans. On l'écoute.
Une candidature portée par une femme qui portera aux femmes de notre pays une attention nouvelle pour celles et ceux qui souffrent de violence ou de discrimination, pour celles qui élèvent seuls leurs enfants, pour celles qui travaillent dans nos écoles, dans nos hôpitaux, dans nos entreprises, en première ligne, plutôt que sous les projecteurs.
Voilà, le combat d'une femme, le combat des femmes portées par une femme, ça doit vous parler, Sandrine Rousseau ?
Bien sûr, et vive toutes les femmes en politique, bien entendu.
Vous avez eu un petit sourire tout de même en entendant Anne Hidalgo.
Oui, parce que je me souviens de son entrée en campagne et de sa prévention sur les discriminations, mais peu importe, maintenant qu'elle est là, il faut qu'elle porte ça, parce que c'est très important de porter ses voix des femmes. Et par ailleurs, je pense qu'on sera plusieurs à le faire dans cette présidentielle et plus on sera à porter ces discriminations et plus on sera entendus là-dessus.
Vous l'avez écouté hier ?
Non, je ne l'ai pas écouté hier.
Alors, je vais vous dire, effectivement, Anne Hidalgo a porté, en quelque sorte, un message très social sur les femmes, le renforcement des services publics dans les territoires, l'arrêt de la suppression des lits dans les hôpitaux, l'accès pour les familles monoparentales à la garde des enfants. Qu'est-ce qui vous empêche aujourd'hui, vous, les écolos, de vous entendre avec Anne Hidalgo ?
Je pense qu'il va falloir qu'on s'entende. C'est-à-dire que l'élection présidentielle sera à ce prix-là et l'accès au second tour sera probablement au prix d'une convergence à un moment. La question, c'est quelle est la confiance que l'EPS garde après le mandat de François Hollande et tout ce qui s'est passé autour du CICE, autour de la loi travail, mais aussi autour de la loi sécurité. Je rappelle quand même que les premiers assignés à résidence ont été les écologistes sous ce mandat-là. Et donc, il y a quelque chose de l'ordre de la confiance, mais tant mieux.
Et quelle confiance vous avez en Anne Hidalgo aujourd'hui ?
Mais j'ai confiance en Anne Hidalgo. Simplement, la question, c'est comment on renoue avec un récit de conquête sociale, avec un récit de toute cette gauche écologiste et sociale. Et aujourd'hui, le cœur de cette reconquête, le cœur de cette transformation de notre société, c'est l'écologie.
Donc la question, en fait, c'est derrière qui on se rassemble ? C'est ça la vraie question.
C'est toujours la question, mais c'est une sempiternelle question. Et ce n'est pas une petite question. C'est-à-dire qu'il ne faut pas non plus imaginer que c'est quelque chose qu'on résout en claquant dans les doigts. Aujourd'hui, les défis qui sont face à nous sont des défis, certes sociaux, mais aussi environnementaux, comme nous n'en avons jamais connu. Et comme aucune génération, j'ai envie de dire, de notre civilisation n'en a connu de cette ampleur. Et donc, il va nous falloir unir nos forces à un moment, évidemment. Mais encore une fois, l'écologie n'est pas secondaire dans cette affaire-là. Et oui, derrière qui tout ça ? Je vais vous dire, on va voir en marchant.
Mais là, en l'occurrence, il faut que le PS aussi comprenne...
Le candidat de la gauche, vous le pensez, vous le... Je l'espère, je l'espère. Oui, vous l'espérez, qu'un seul candidat de la gauche, finalement, à l'arrivée ?
Je l'espère, mais j'espère aussi que ce sera Yannick Jeannot.
Et quand, par exemple, parce que l'arc de gauche est quand même aujourd'hui assez étendu pour les différents candidats, quand François Hollande, l'ancien président de la République, dit, en fait, celui qui fait obstacle à l'union de la gauche, c'est Jean-Luc Mélenchon, par sa personnalité et ses propositions radicales, vous en pensez quoi ?
Oui, je pense qu'il se trompe et je pense que François Hollande n'a pas compris ce qui se passait à gauche. Je pense que François Hollande n'a pas compris ce qui se passait dans la société. Sinon, il n'aurait pas fait le mandat qu'il a fait. Et il n'aurait pas... Enfin, moi, je le rends comptable d'une forme de division à gauche dont il nous est difficile de sortir, précisément pour les questions de confiance dont je parlais juste avant. Donc, je veux dire, ce n'est pas à lui de donner des leçons... Vous êtes plus proche de Jean-Luc Mélenchon ou plus proche d'Anne Hidalgo ? Je l'ai dit de plein de manières.
Je respecte Jean-Luc Mélenchon, je respecte son parcours politique, je respecte ce qu'il porte. Moi, je crois qu'aujourd'hui, on n'est pas dans un temps politique...
Y compris la semaine de 4 jours, y compris la sortie des traités européens.
Mais bien sûr, parce que les traités européens, il va falloir les renégocier. Mais aujourd'hui, on n'est pas, à mon sens, dans un moment politique où il nous faut aligner des mesures et faire une sorte de devis aux Français. On dit, ben voilà, si vous nous élisez, voilà ce que ça changera sur votre chaudière, sur votre salaire, etc. Je pense qu'il faut... Évidemment, il faut porter ces mesures-là. Mais il faut aussi se dire qu'on est dans un moment crucial, une bifurcation de notre société.
et de savoir comment on fait une reconquête sociale, comment on fait une reconquête écologique et comment on se dit que cette opportunité de changement radical de notre manière de faire de la société est aussi une opportunité pour vivre mieux.
C'est un moment de lutte des classes, c'est un moment de lutte des classes maintenant ?
C'est un moment de lutte écologique et de lutte des classes. C'est un moment de rendez-vous entre ces deux combats.
Quand Jean-Luc Mélenchon critique Yannick Jadot en disant que l'environnement sans la lutte des classes, c'est du jardinage...
Oui, mais là-dessus, par exemple, je...
Il a raison, alors vous lui donnez raison.
Non, mais je pense que cette phrase, qui est une phrase qui est très utilisée à gauche, est une phrase par ailleurs qui se trompe parce que le jardinage, en l'occurrence, et les jardins vivriers, on le voit à Aubervilliers avec les jardins ouvriers, sont des lieux de lutte des classes. Mais exactement, sont des lieux de lutte des classes. Et que donc, Jean-Luc Mélenchon, je lui dis, arrête avec cette phrase, trouve une autre manière d'attaquer. Et surtout, à la fin de l'attaque, on ne parle pas.
Mais sur le fond, vous êtes d'accord ?
Non, mais la question des luttes sociales se pose de manière cruciale. Mais on le voit là, avec cette question permanente du pouvoir d'achat, où on est dans des rustines de pouvoir d'achat. C'est-à-dire qu'on est dans des pansements...
Et 100 euros de primes, ça vous semble... Mais oui, c'est très bien. Mais juste un mot pour clore, en quelque sorte, cette première partie politique. Donc, effectivement, il faudrait, dans le meilleur des mondes, qu'il n'y ait qu'un candidat à gauche. Concrètement, Sandrine Rousseau, vous donner rendez-vous en janvier. Et si, par exemple, Anne Hidalgo était toujours à 5% dans les enquêtes d'opinion, vous iriez la voir et vous lui dites, retirez-vous.
Mais je discute avec l'ensemble des leaders à gauche. Et oui, il faut des traits d'union, d'ailleurs, pour continuer le dialogue avec les forces de gauche. Parce que vous savez qu'une campagne présidentielle, c'est aussi un moment où, en fait, on se mobilise dans des...
Oui, mais c'est la question que je vous pose, c'est exactement le contraire. S'il n'y a pas de mobilisation derrière Anne Hidalgo en janvier, vous lui direz, retire-toi au profil de Yannick Jadot ?
Je ne lui dirai pas, retire-toi, je lui dis, viens, Anne, collaborer avec nous. Viens coopérer avec nous. Viens prendre ta place dans cette aventure écologiste et sociale. Viens ! Voilà. Et ce n'est pas une question de se retirer, ce n'est pas une question de domination, ce n'est pas une question d'humiliation d'une force politique vis-à-vis d'une autre. C'est une question de coopération et de travailler ensemble. Et c'est ça la différence. C'est ça aussi une autre manière de faire de la politique.
Sandrine Rousseau est l'invité du 830 politique de France Info ce matin. On va reprendre cette discussion juste après le fil info. Diane Ferschit, 9h moins 20.
La rencontre va se jouer à guichet fermé et sans les supporters parisiens. Le premier classico de la saison, OM-PSG, ce soir, en clôture de la 11e journée de Ligue 1 de football, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. L'attaquant de l'OM, Dimitri Payet, appelle les supporters marseillais à l'exemplarité. Avant ce choc, il faut que ça reste la fête du football, dit-il, alors que l'OM est sous la menace du retrait d'un point au classement en cas de récidive après les incidents en tribune lors du match Angers-Marseille il y a un mois. À Calais, les migrants vivent dans une situation innommable, dénonce sur France Info le secours catholique.
Cinq ans jour pour jour après le démantèlement de la jungle sur place. 1500 personnes vivent encore à Calais. 1500 migrants cette semaine. Un jeune migrant est mort après avoir été blessé dans une zone de stationnement des poids lourds. Il espérait passer en Angleterre. Deux trains sur trois ce dimanche sur l'axe TGV Atlantique. La suite du mouvement de grève des conducteurs après l'échec des négociations sur les salaires et les conditions de travail. La CFDT Chemineau, la CGT Chemineau et Sudray appellent à nouveau les conducteurs à la grève le week-end prochain. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, ordonne l'expulsion au plus vite de 10 ambassadeurs occidentaux.
Ils ont réclamé la libération de l'opposant au pouvoir, Osman Kavala. 10 ambassadeurs dont celui de la France, celui aussi de l'Allemagne et des Etats-Unis. Ils vont être déclarés. Personne à non grata. On ignore pour l'instant la date à laquelle ils devront quitter la Turquie.
C'est Sandrine Rousseau qui est l'invité du 830 politique de France Info ce matin. On est avec Jean-Jérôme Bertolus. On va parler de ce chèque de 100 euros pour les classes moyennes. Emmanuel Macron a défendu cette mesure. Donc ces 100 euros qui seront versés à 40 millions de Français. On écoute le chef de l'État.
Si on veut accompagner sur le pouvoir d'achat des gens qui sont soumis à des augmentations sur différents segments, mieux vaut avoir un instrument plus ciblé qu'un instrument général. Ce qui est fait à travers les chèques, c'est exactement ce qu'on doit faire, qu'on n'avait pas fait assez vite d'ailleurs. Je reconnais très aisément il y a un peu plus de 3 ans.
Sandrine Rousseau, ce chèque de 100 euros, pour vous, ça n'est pas significatif ? C'est un peu dérisoire, c'est ça ?
C'est dérisoire par rapport aux augmentations de l'énergie, par rapport aux augmentations du gaz, de l'électricité et de l'essence, pas que de l'essence. Et puis surtout, c'est une espèce de mesure en urgence, alors que des alertes sur ce que les augmentations de l'énergie généraient sur le pouvoir d'achat et sur les contraintes de revenus des plus faibles, on en avait déjà eu. Ça s'appelait les Gilets jaunes et ils ont été extrêmement clairs sur le caractère insupportable que ça générait chez eux. Et donc, c'est pour ça que je pense qu'il n'y a pas d'évolution sereine sans une refonte sociale profonde et redonner de l'oxygène, redonner de l'espace et redonner du revenu au plus précaire.
Parce que là, on va faire ce chèque de 100 euros, et puis dans 3 mois ou dans 6 mois, on sera exactement dans la même situation. Parce qu'en plus, ça n'a pas été accompagné de mesures structurelles.
Donc c'est de la rustine ?
C'est de la rustine.
Depuis 3 ans, le gouvernement aurait dû se mettre au travail depuis l'abandon de la taxe carbone.
Mais bien sûr.
Pour un mécanisme pérenne.
Exactement, un mécanisme pérenne. Et puis surtout, faire en sorte que les Français et les Françaises dépendent moins de ces énergies. C'est-à-dire que la facture énergétique, d'une manière générale, diminue parce qu'on aura isolé massivement les bâtiments, parce qu'on aura transformé les mobilités, parce qu'on aura retravaillé aussi une forme d'urbanisme.
Sandrine Rousseau, il y a un point qu'on ne comprend pas, particulièrement chez vous, parce qu'on a l'impression qu'il y a deux positions entre la vôtre et celle de Yannick Jadot, qui lui préconise un chèque de 400 euros pour les Français les plus défavorisés. Vous, vous êtes beaucoup plus radical, on va dire. Vous préconisez une hausse de l'essence si effectivement Yannick Jadot remportait la présidentielle.
Non mais c'est Yannick Jadot qui a gagné la primaire. Donc c'est la ligne de Yannick Jadot qui s'impose. Et par ailleurs, ce qu'il propose...
Mais vous critiquez par exemple ce chèque, vous dites qu'on va subventionner l'essence alors qu'il faudrait s'en passer ?
Déjà, un chèque énergie, ce n'est pas une subvention de l'essence, c'est juste une manière de supporter les hausses d'essence. Et le chèque que propose Yannick Jadot, c'est 400 euros sur les personnes qui bénéficient déjà du chèque énergie. Donc on n'est pas dans la rustine de 100 euros. Et puis la deuxième chose, c'est que dans le programme de Yannick Jadot et dans l'écologie que je soutiens aussi, il y a des mesures structurelles pour moins dépendre de cette énergie. Et c'est ça qui nous manque aujourd'hui. On a eu une conférence de deux heures d'un président qui nous a expliqué qu'on allait envoyer des mini-satellites dans l'espace, des avions à hydrogène, etc.
Et qui n'est pas capable d'avoir un plan immédiat...
Ça, c'était le plan investissement 2030.
Voilà, et qui n'est pas capable d'avoir un plan immédiat de soulagement de la contrainte énergétique des Français et Françaises. Et c'est ça qui nous manque. C'est-à-dire comment on modifie réellement nos mobilités, comment on modifie réellement les voitures individuelles, de sorte que ceux et celles qui en ont absolument besoin, ne dépendent pas de la hausse de l'énergie, de l'essence comme on l'a aujourd'hui.
La candidate socialiste, Anne Hidalgo, préconise, elle, face à cette crise de l'énergie, elle dit à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle, elle souhaite la baisse de la fiscalité de 20% à 5% sur l'essence.
Oui, mais vous voyez, c'est ça qui va pas. C'est que c'est pas une situation exceptionnelle. C'est pas une situation exceptionnelle. Les contraintes sur l'essence, c'est une situation qui va se reproduire. Et ne pas le dire, ne pas le poser dans le débat public, c'est mentir sur la situation pour les Français les plus en difficulté et ne pas prendre les bonnes mesures en face. Et oui, on peut prendre des mesures exceptionnelles quand on n'a pas anticipé, c'est le cas aujourd'hui. Mais profondément, on ne se sortira pas d'addition de mesures exceptionnelles. On est dans un problème structurel, il nous faut des mesures structurelles.
Et dans les mesures structurelles, la baisse de la fiscalité n'est pas une mesure qui, durablement, nous résout le problème. Donc, comment on se met autour de la table et comment on trouve des mesures pour faire des véhicules, par exemple, qui soient ultra légers ? Aujourd'hui, au contraire, on a une espèce de fuite en avant sur le poids des véhicules qui fait qu'ils consomment de plus en plus.
Sur l'électrique, par exemple, il faut continuer à subventionner l'électrique ?
L'électrique, ça pose d'autres problèmes, mais de toute façon, il y aura un mix de mobilité. Et dans ce mix de mobilité, les véhicules électriques ont une place, évidemment. Mais surtout, il nous faut modifier vraiment ce poids des voitures. Aujourd'hui, on est dans une fuite en avant avec des SUV, par exemple, qui pèsent jusqu'à 3-4 tonnes pour les plus lourds. Et ça, c'est absolument inutile pour transporter une personne. C'est-à-dire qu'on n'a pas besoin de 4 tonnes pour transporter une seule personne. Donc, c'est une révolution de la mobilité que l'on doit faire.
Les véhicules hybrides, vous en pensez quoi ?
Les véhicules hybrides, ça permet de diminuer la consommation d'essence, mais ça ne permet pas d'aller jusqu'à une diminution suffisante pour diminuer la facture énergétique fortement des Français et pour diminuer aussi cet accès à la voiture individuelle. Parce que ça, il va falloir le poser. C'est que la voiture individuelle est aujourd'hui le mode de transport principal. Dans certains territoires, on ne pourra pas s'en passer, mais il y a plein de situations dans lesquelles on peut se passer de cette voiture individuelle qui est par ailleurs très peu utilisée.
Parce que, par exemple, pour les personnes qui habitent en ville, beaucoup de personnes n'utilisent leur voiture qu'une fois ou deux fois dans la semaine, ce qui, en fait, génère tout un tas de consommation et d'essence et de matières premières pour pas grand-chose.
En matière d'énergie, demain, il y a un rendez-vous important. C'est RTE, le gestionnaire du réseau de transport, qui va présenter différents scénarios pour permettre d'arriver à la neutralité carbone d'ici 30 ans, en 2050. C'est demain, en matière d'énergie. La question du nucléaire, de la relance du nucléaire est sur la table. Vous, à l'inverse, Sandrine Rousseau, vous préconisez une sortie quasi immédiate du nucléaire.
En 2050, c'était le scénario de RTE, le précédent scénario de RTE. Donc, on va voir ce qui va sortir là, dans le nouveau scénario de RTE. Mais il y a d'autres, il y a Virage Énergie ou il y a d'autres organismes qui ont fait des scénarios de sortie du nucléaire. Et le nucléaire, en fait, là, on est à un moment où on doit se poser la question de comment on transforme notre énergie puisque l'énergie principale électrique vient du nucléaire en France et que les centrales arrivent en fin de ville. Donc, en fait, il y a des investissements massifs à faire pour soit continuer sur le nucléaire, soit changer.
Et alors, justement, c'est un point important. Vous, vous dites, on s'arrête ou pas ? Il y a 22 réacteurs qui vont arriver au-delà de 40 ans d'exercice. On les arrête ?
On les arrête. Pourquoi ? Parce que la prolongation des réacteurs actuellement en cours, c'est 100 milliards d'euros. Et ce que l'on dit, nous, les écologistes, c'est que si on a 100 milliards d'euros...
Et combien pour les arrêter ? Combien pour effectivement qu'une... Démonter une centrale, démontrer un réacteur ?
Mais aujourd'hui, par exemple, on ne sait pas démonter une centrale. Mais c'est grave, en fait. C'est-à-dire qu'on met tout notre argent dans la prolongation de quelque chose qu'on ne sait pas arrêter complètement. Eh bien, ce qu'on dit chez les écologistes, c'est soyons raisonnables, travaillons sur la fin de cette énergie, mettons en place des recherches pour faire en sorte qu'on puisse arrêter ces centrales et investissons massivement dans les énergies renouvelables et dans un mix énergétique. Parce que ces 100 milliards d'euros-là, s'ils sont utilisés sur la prolongation des réacteurs, ne seront pas utilisés sur la transformation de notre mix énergétique.
Sandrine Rousseau, invitée du 8.30 France Info, ce matin, on reprend cette discussion après le fil Info. 9h moins 10, Diane Ferschit.
Le parquet de Mulhouse a ouvert une enquête après la mort de la jeune Dina, 14 ans. Elle s'est suicidée dans sa chambre début octobre. La jeune fille était victime de harcèlement à l'école. Une marche blanche, en sa mémoire, est organisée à Mulhouse cet après-midi. 10 ans de réclusion criminelle, peine confirmée en appel pour Alexandra Richard, la femme de 43 ans, condamnée pour le meurtre de son compagnon. Violent, c'était en 2016. Les jurés n'ont pas retenu la légitime défense. Ce verdict constitue une erreur judiciaire absolue, estime l'un de ses avocats. L'épidémie de Covid, plus de 49,7 millions de Français sont désormais totalement vaccinés. Ça représente presque 76% de la population.
Le coronavirus qui continue de circuler, le taux d'incidence du territoire national est juste au-dessus du seuil d'alerte ce matin à 151, nouveau cas pour 100 000 habitants. C'est le premier classico qui va pouvoir se jouer en public depuis le début de la pandémie. Au MPHG ce soir, plus de 65 000 spectateurs attendus au Vélodrome. Début de la rencontre à 20h45. Les supporters parisiens sont privés de déplacement. Ceux de Marseille sont appelés à faire preuve d'exemplarité. Demande de l'attaquant marseillais Dimitri Payet et du président du club Pablo Longoria. La 11e journée de Ligue 1. Hier, Lille a fait match nul un partout face à Brest. Nantes de son côté signe un 3e.
Succès d'affilée à domicile en Barton-Clairmont-2-1. Il est présenté comme un bijou de technologie. Le satellite de communication militaire français est désormais en orbite. Mise en place cette nuit par la fusée Ariane 5 depuis Kourou en Guyane.
C'est Sandrine Rousseau qui est l'invité du 830 France Info ce matin. Jean-Jérôme Bertelus.
Sortir du nucléaire en 2050. Sandrine Rousseau, arrêter effectivement la prolongation des réacteurs dont la durée de vie est déjà de 40 ans. Et qu'est-ce qu'il faut faire de l'EPR de Flamanville qui a plus de 10 ans de retard, mais dont aujourd'hui EDF prévoit la mise en route en 2022-2023 ?
Il faut l'arrêter. L'EPR de Flamanville, c'était 3 milliards et ça finit à 19 milliards.
Donc les 19 milliards, vous les jetez par la flette.
Là, ce qui se passe, c'est qu'on va... Déjà, on n'est pas complètement sûr de pouvoir le mettre en fonctionnement en 2022-2023. Et surtout, il y a 6 autres EPR qui sont prévus. Et en Chine, il y a 2...
Des mini-EPR, oui.
Non, non, des EPR. Et en Chine, il y a 2 EPR et il y en a un qui vient d'être arrêté pour un dysfonctionnement dont on ne connaît rien de l'ampleur, mais dont on soupçonne que ça soit important. À quel moment... En fait, c'est une décision qui est une décision importante et qui appelle à la responsabilité politique. À quel moment, quand on va dans une direction qui n'est pas la bonne, à quel moment on doit s'arrêter ?
Quand on aura des énergies qui produiront aussi peu de gaz carbonique, par exemple, vous diront les pro-nucléaire.
Mais là, en l'occurrence, l'EPR ne fonctionne pas. Je veux dire, donc là, encore une fois, jusqu'où on s'entête ? Jusqu'où on ne prend pas la mesure des erreurs qui ont été faites ? Et c'est une responsabilité politique, et c'est une responsabilité d'ailleurs que beaucoup de politiques ont beaucoup de mal à prendre, de dire, ben oui, on s'est trompé. On s'est trompé. Et là, sur l'EPR, manifestement, on s'est trompé. Et pourquoi continuer ? Parce qu'en fait, c'est une forme de lobbying industriel et une forme d'aveuglement industriel.
C'est aussi parce qu'on est au milieu du guet. Est-ce qu'on recule ? Est-ce qu'on termine ?
Oui, mais justement, la France doit investir dans les énergies renouvelables. La France doit changer son mix énergétique, précisément parce que le nucléaire, aujourd'hui, est en fin de vie. Et qu'on a vécu sur cette énergie nucléaire. Et que toute solution nouvelle nucléaire ne sera opérationnelle qu'en 2030, 2040 ou 2050. Or, on a besoin du mix énergétique tout de suite. Et le mix de renouvelables est opérationnel tout de suite si on y met les moyens.
Sandrine Rousseau, vous parlez de responsabilité politique et vous parlez effectivement de lobbying industriel. EDF, très clairement, pour EDF, très clairement, l'EPR, c'est l'avenir. C'est d'ailleurs ce que EDF vend à l'international. Donc vous, en arrêtant le nucléaire en 2050, en arrêtant immédiatement les EPR, vous condamnez EDF à mettre la clé sous la porte.
C'est quoi la fierté française de vendre à l'étranger des choses qui ne fonctionnent pas et qui coûtent des milliards, qui ont des années de retard ? C'est quoi notre fierté de vendre ça à l'étranger ? Franchement, on n'a pas mieux à faire que ça. On n'a pas mieux à faire que de vendre à tout prix une énergie qui ne fonctionne pas. Et on laisse, parce qu'on investit là-dedans et parce qu'on met tous nos moyens là-dedans, on laisse du coup la Chine être maîtresse, par exemple, du photovoltaïque. On laisse la Chine être en monopole quasiment sur le photovoltaïque.
Pourquoi on ne développerait pas, à l'échelle de l'Union européenne et en France en particulier, une filière d'excellence sur le photovoltaïque, sur la géothermie, sur l'éolien, sur toutes ces énergies-là dont on va avoir absolument besoin ? Parce qu'aujourd'hui, c'est ces énergies-là qui connaissent la plus grande croissance de développement partout dans le monde. Pourquoi on n'investit pas là ? Pourquoi on continue à mettre tout notre argent dans le même panier et finalement, je pense, à ridiculiser un peu la France à l'étranger avec ça ?
Sandrine Néosso, est-ce que vous êtes à l'aise aujourd'hui avec la campagne de Yannick Jadot ? Est-ce qu'il porte assez les thèmes que vous portiez vous-même ? Les thèmes sur la discrimination, on l'a dit, sur le féminisme, sur les luttes sociales que vous portiez pendant la primaire ?
Là, on avait porté deux lignes pendant la primaire et c'est Yannick Jadot qui a gagné. Donc il y a toute question là-bas. Non, mais ce n'est pas des écologies irréconciliables parce que Yannick Jadot porte la lutte contre les discriminations. Il la porte sans doute un peu différemment de moi. Il la porte sans doute avec des mots qui sont différents, avec un vécu, un passé, un militantisme qui est différent sur ces discriminations. Mais il n'y a pas d'écologie irréconciliable.
Il n'y a pas de divergence fondamentale.
Mais bien sûr que non, sinon on ne serait pas dans la même...
Mais vous acceptez de remiser vos idées maintenant ?
Mais je ne les remise pas du tout et c'est pour ça que je prends une part active dans cette campagne. Et au contraire, je les porterai haut et fort dans cette campagne et je les porterai avec Yannick Jadot. Et c'est ça qui fera la victoire en réalité. C'est précisément parce que nos deux lignes seront présentes dans cette élection et qu'elles trouveront une complémentarité qui fera qu'on changera aussi la manière de faire politique.
Et après, vous pourriez avoir des ambitions supplémentaires ? Prendre la direction, par exemple, du parti Europe Écologie Les Verts ?
Je vais vous dire étape par étape et puis déjà on va gagner la présidentielle. Mais vous y réfléchissez ou pas ? Mais ce que j'ai porté et la mobilisation que ça a généré... Et encore une fois, moi-même, j'ai été très surprise par l'ampleur des personnes qui m'ont rejointe dans cette primaire et par des personnes... Et c'était vraiment touchant. Des personnes qui ne voulaient plus entendre parler de politique. Qui se sont levées le matin en disant peut-être qu'il se passe quelque chose. Et bien ces personnes-là, il faut leur offrir une offre politique parce que ces personnes-là, en fait, leur vie en dépend quoi.
C'est parce que ce sont des précaires, ce sont des personnes qui ne croyaient plus en rien et pour qui, finalement, la politique a une grande importance dans la vie. Et donc ces personnes-là, il faut qu'elles...
Une dernière question, très rapidement. Vous confirmez qu'il va y avoir une série télévisée sur l'affaire Denis Bopin que vous avez contribué à faire éclater ?
En tous les cas, il y a un projet qui est en train d'être écrit. Alors je ne sais pas encore...
Vous avez été sollicité pour donner votre avis sur cette série ?
J'ai été sollicité pour donner mon témoignage dans la série. Pas mon avis sur la série, mais mon témoignage, bien sûr.
Merci beaucoup Sandrine Rousseau, invitée du 830 politique de France Info ce matin. Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élisée La Bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr.
Sandrine Rousseau