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Podcast / conversationFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 15 avril 2016 14 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleNumérique

François Hollande peut-il encore convaincre ?

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:27OuverteRéponse directe

    Vous l'avez regardée évidemment cette émission. Françoise Fressoz, qu'en avez-vous pensé ?

  • 1:27OuverteRéponse directe

    Alberto Toscano, pour vous, c'est exotique ce type d'émission ?

  • 1:38OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui aurait changé en Italie ?

  • 2:39OuverteRéponse directe

    Jean Garrigue, dans une perspective historique, votre sentiment sur ce que vous avez vu hier ?

  • 4:19ComplaisanteRéponse partielle

    On écoute un extrait de cette émission d'hier soir qui s'intitulait donc « Dialogue citoyen ».

  • 4:24FerméeRéponse directe

    Sur les migrants ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:32Invité politiqueFait
    « Moi je pense qu'il ne fallait pas en attendre beaucoup compte tenu du contexte. »
  • 0:36Invité politiqueChiffre
    « Vous l'avez dit vous-même, une pluie de sondages disant que les Français ne veulent plus de François Hollande. »
  • 0:48Invité politiqueFait
    « Emmanuel Macron sortant du bois la semaine dernière, montant en marche, étant à Londres, cherchant des fonds. »
  • 1:03Invité politiqueFait
    « Je trouve qu'il a marqué un point, il a montré qu'il était dans l'arène, il s'est remis au centre de l'arène »
  • 2:16PrésentateurFait
    « Un quinquennat dure cinq ans. »
  • 2:44InvitéFait
    « Valéry Giscard d'Estaing voulait regarder la France au fond des yeux et que François Hollande la regarde au fond du trou. »
  • 4:27InvitéFait
    « C'est une plaisanterie ? »
  • 4:29InvitéFait
    « Non, je ne parle pas qu'il va me plaisanter sur ces sujets. »
  • 6:55Invité politiqueFait
    « une période extrêmement turbulente, où tout est arrasé, mis en difficulté. »
  • 7:38Invité politiqueFait
    « ils ont tous envie de lui couper la tête. »
  • 8:51Invité politiqueFait
    « même Juppé l'a expérimenté, la démocratie participative. »
  • 10:03InvitéFait
    « c'est un déficit à la fois d'explication, j'y ajoute cette notion-là, c'est-à-dire faire comprendre aux Français, quand même ce qui est le grand enjeu du quinquennat »
  • 12:10Invité politiqueFait
    « Je pense qu'Emmanuel Macron, il a une intelligence que tout le monde lui reconnaît. »
  • 13:28InvitéFait
    « Valéry Giscard d'Estaing, il avait un parti. Il avait un parti quand il est élu président. »

Temps de parole

  • Invité34 %
  • François Hollande26 %
  • Présentateur21 %
  • Présentateur 217 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Culture, les matins de France Culture, Guillaume Erner. Et nous sommes en compagnie de l'historien Jean Garrigue, bonjour. Bonjour. Du journaliste italien Alberto Toscano, bonjour. Et de la journaliste au monde, Françoise Fressoz. Il y avait beaucoup de critiques avant cette émission. Beaucoup de commentateurs étaient extrêmement circonspects sur ce que François Hollande pouvait dire et sur la manière dont cette émission pouvait changer son image. Vous l'avez regardée évidemment cette émission. Françoise Fressoz, qu'en avez-vous pensé ?

0:32
François Hollande

Moi je pense qu'il ne fallait pas en attendre beaucoup compte tenu du contexte. Vous l'avez dit vous-même, une pluie de sondages disant que les Français ne veulent plus de François Hollande. Des commentaires sur les chaînes de télévision et dans la presse écrite enterrant pratiquement déjà le président de la République. Emmanuel Macron sortant du bois la semaine dernière, montant en marche, étant à Londres, cherchant des fonds. On voyait bien qu'il était en énorme difficulté, donc ce n'est pas en une émission de télévision que le président de la République peut surprendre, reconquérir.

Je trouve qu'il a marqué un point, il a montré qu'il était dans l'arène, il s'est remis au centre de l'arène et il l'a fait à sa façon, à la façon Hollande, c'est-à-dire à la fois très pugnace et pas agressif. Et donc pendant deux heures, il était là. Alors, je ne vous dis pas que c'est réussi, mais au moins il a marqué le fait qu'on ne pouvait pas le marginaliser comme ça et qu'il était encore le président de la République, qu'il avait encore un an pour agir et qu'il fallait compter avec lui.

1:27
Présentateur

Alberto Toscano, pour vous, c'est exotique ce type d'émission ? Non, en Italie, ça aurait pu exister, probablement pas de la même façon. Qu'est-ce qui aurait changé en Italie ? Bon, il y aurait eu plus de polémiques avant, surtout il y aurait eu de polémiques après au sujet du choix des invités et ça a été un peu conçu pour permettre à François Hollande d'affirmer le but de cette émission qui était, comme ça a été très bien dit, celui d'exister. À travers cette émission, le président de la République voulait montrer aux Français être encore dans les jeux politiques, exister, survivre. Ensuite, on verra ce qu'il fera.

Et la phrase, l'une des phrases qui m'ont marqué, est une phrase en soi d'une banalité extrême. Un quinquennat dure cinq ans. Répéter, dire et répéter à plusieurs reprises cette phrase montre et traduit une volonté évidente de montrer à ses propres compatriotes le fait qu'il est encore là, qu'il existe et qu'il a théoriquement des perspectives. Il peut gagner au loto présidentiel. Jean Garrigue, dans une perspective historique, votre sentiment sur ce que vous avez vu hier ?

2:44
Invité

Mon sentiment, c'est que Valéry Giscard d'Estaing voulait regarder la France au fond des yeux et que François Hollande la regarde au fond du trou. Et évidemment, l'exercice est difficile. Je dirais même qu'il est appris politiquement inutile, sauf, et là je rejoins tout à fait ce qui vient d'être dit, pour permettre au président d'exister, de se manifester dans l'espace politique. Le problème étant que précisément, il se manifeste dans une posture présidentielle qui ne correspond pas à ce qu'est l'esprit des institutions de la Vème République. J'allais dire l'écosystème psychologique et moral de ce qu'on imagine d'un président de la République.

Il se présente en posture à la fois de commentateur et aussi, on va dire, de thérapeute de toutes les misères de la société française.

3:40
Présentateur

Thaumaturge ?

3:42
Invité

Pas thaumaturge, puisque manifestement ça ne prend pas, puisqu'on voit très bien que ses interlocuteurs, finalement, ne sont pas convaincus. Mais il descend dans l'arène, c'est bien qu'il soit dans l'arène, mais la descente, elle s'effectue à un niveau qui ne devrait pas être celui d'un président de la République, du moins dans le fantasme qui est celui, dans la mythologie qui est celle d'un président de la République.

4:08
Présentateur

On écoute un extrait de cette émission d'hier soir qui s'intitulait donc « Dialogue citoyen ». Il était en face de David Pujadas, de Léa Salamé et de Karim Rissouli.

4:19
Invité

Avec Mme Merkel, nous avons une position identique. Sur les migrants ? Oui, identique. C'est une plaisanterie ? Non, je ne parle pas qu'il va me plaisanter sur ces sujets. Vous en pensez quoi, Jean Garry ? J'en pense qu'il est tout à fait symptomatique qu'une journaliste s'adresse en ces termes à un président de la République qui a revendiqué sa normalité. D'ailleurs, un terme qui a été mal interprété par rapport à ce qu'était, à mon sens, l'intention première de François Hollande. Mais c'est tout à fait symptomatique. L'exercice lui-même, d'ailleurs, qui est une sorte, je le répète, de kalinothérapie, d'un certain nombre de mots qui se révèlent par le truchement de témoins privilégiés.

Tout cela, à mon avis, ne relève pas de la fonction présidentielle.

5:13
Présentateur

Vous voulez dire que là, il est interpellé par Léa Salamé de manière trop familière ?

5:17
Invité

Oui, de manière trop familière, parce qu'il est le représentant d'une nation. Il représente une nation. Et au fond, ce qu'on attend de lui, c'est un discours, c'est, j'allais dire, une prophétie. C'est un roman national. C'est un dessin, un grand dessin, disait le général de Gaulle. Alors, sans être un nostalgique du gaullisme. Il y a un demi-siècle qui s'est déroulé depuis le général de Gaulle. Mais il y a autre chose. Il y a autre chose. Et c'est peut-être ce qui manque profondément à ce quinquennat.

5:45
Présentateur

Alberto Toscano, vous imaginez, par exemple, Matteo Renzi interpellé de la sorte dans une émission en Italie ? Je l'imagine. Mais les institutions italiennes, comme ça a été très bien dit, ne sont pas les institutions françaises. En France, il y a une espèce de sacralité de la fonction présidentielle. Hier, le président de la République a été plus un premier ministre qu'un président de la République. Il est entré dans les détails. Vous savez, il y a un proverbe latin qui dit « De minimis non curat praetor ». La personne qui exerce une fonction supérieure ne doit pas s'occuper des discussions qui peuvent être considérées comme des sujets de plus bas niveau.

Quelque part, hier, le président de la République a été un pédagogue. Il s'est relativement bien sorti, à mon avis. Mais il n'a pas été un président de la République cohérent avec le président de la République dans la Ve République. François Tressos.

6:41
François Hollande

Oui, mais alors moi, je nuancerai un peu en disant que d'abord, la personnalité de François Hollande, c'est le prémus inter pares. Ce n'est pas du tout le monarchie. Deuxièmement, je me demande si ce n'est pas une habileté, compte tenu de la période, qui est une période extrêmement turbulente, où tout est arrasé, mis en difficulté. On voit bien que les partis, ça ne marche plus, que le respect, ça n'existe pratiquement plus. Et donc, qu'est-ce qu'il a choisi hier comme carte ? Ce n'était pas du tout, ne m'adressez pas la parole comme ça parce que je suis président de la République.

C'était, on va essayer de calmer le jeu, je vais vous expliquer, je vous entends, j'entends votre colère, mais je vais essayer de plaider. Et je me dis que peut-être dans la période qui est pratiquement, moi je le trouve presque pré-révolutionnaire, parce que vous voyez bien que tout est déboulonné, ça ne date même pas d'aujourd'hui. C'est le précédent quinquennat, Sarkozy, qui avait été déjà fortement abaissé. Il y a une tentative, par la raison, par le dialogue, d'apaiser cette société qui a envie de lui couper la tête. En gros, si vous voyez les sondages et si vous entendez la droite et une partie de la gauche, ils ont tous envie de lui couper la tête.

Et je trouve que c'était finalement une posture pas si maladroite que de dire, ok, on va s'expliquer et je descends.

7:50
Présentateur

Mais est-ce que vous imaginez aujourd'hui, par exemple, un homme politique qui aurait une position de surplomb, c'est-à-dire que lorsqu'il serait interpellé de manière trop familière à ses yeux, rétorquerait qu'un journaliste ne peut pas parler de la sorte au président de la République ?

8:03
François Hollande

J'imagine à Fabius le dire ça, par exemple. Vous voyez, un profil à la Fabius, je pense qu'il n'aurait pas aimé qu'on lui dise c'est une plaisanterie, il l'aurait sans doute manifesté. Mais ça rappelle le passé, c'est Mitterrand. Et dans le futur ? C'est plus aujourd'hui. C'est plus la même posture que aujourd'hui.

8:17
Présentateur

Justement, dans le futur, parmi les différents candidats possibles à la présidence, est-ce que vous imaginez quelqu'un qui pourrait restaurer, puisque on a toujours l'habitude de dire que les Français vont vers quelqu'un qui est au plus éloigné de la personne qu'ils ont élue précédemment ? Si on part d'une présidence normale, est-ce qu'on ne pourrait pas aller vers quelqu'un qui aurait un profil atypique, différent ? Je ne sais pas, est-ce qu'Alain Juppé, par exemple, aurait, selon vous, Françoise Fresseuse, une attitude différente à cet égard ?

8:47
François Hollande

Je pense que se mêlent en ce moment beaucoup de choses. Il y a, par exemple, même Juppé l'a expérimenté, la démocratie participative. Vous voyez, on n'est plus du tout dans des verticalités comme auparavant. Mais là où je rejoins parfaitement M. Garry, c'est sur l'idée du récit. C'est-à-dire, vous pouvez être parmi les autres, mais en développant un récit. Et là, c'est vrai que François Hollande ne l'a pas et que c'est une vraie faiblesse pour lui.

9:13
Invité

Jean Garry. Elle est aussi absolument, à 100% d'accord. C'est vrai qu'on ne comprennerait plus dans une société de l'horizontalité ce regain ou ce renouveau de comportement monarchique. L'autorité, le surplomb sont des valeurs qui sont de plus en plus difficiles à faire comprendre. On serait en contradiction totale avec la nuit debout. On voit très bien qu'il y a un besoin de démocratie participative, y compris dans la refondation des grands partis, le Parti Socialiste, Bing Bang dont parle M. Cambadélis, même les Républicains se mêlent de cette redistribution participative.

En revanche, évidemment, le grand manque, on le voit bien, c'est un déficit à la fois d'explication, j'y ajoute cette notion-là, c'est-à-dire faire comprendre aux Français, quand même ce qui est le grand enjeu du quinquennat, pourquoi un président socialiste s'est engagé sur une voie d'inflexion sociale libérale, social-démocrate, on peut discuter sur les mots, en fonction de paramètres, qui sont la mondialisation, la numérisation de l'économie, etc. Cela mérite explication et cela mérite un récit qui doit montrer aux Français la direction qui est suivie.

Et là, c'est vrai que dans ce type d'émission, évidemment, on ne peut pas trouver ce type d'explication et de récit, et de manière globale, le quinquennat en est exempt. Alberto Toscano.

10:48
Présentateur

Voilà, le quinquennat. Le quinquennat a contribué à changer l'image de la fonction présidentielle. On peut aussi se demander si, compte tenu que c'est évident, que hier, l'attitude du président de la République n'a pas été cohérente avec l'image qu'on avait dans le passé de la fonction présidentielle, supérieure dans la stratosphère de la politique et en même temps capable de prendre les grandes décisions stratégiques. Une fois dit ça, on peut se demander si cette fonction présidentielle à la gaulliste, à la gaullienne, a encore un sens dans la politique du XXIe siècle.

Je pense que la politique a changé, à l'époque de l'Internet, à l'époque d'un certain style de communication, et à l'époque du quinquennat qui a changé la fonction présidentielle. Donc, aujourd'hui, quelque part, François Hollande a dû ratifier un changement qui était déjà dans l'histoire, qui était déjà dans les faits et qui est probablement inévitable. François Frisso, justement, il y a en ce moment une discussion pour savoir si les choses ont changé ou pas, si les Français attendent une politique moderne ou des politiques qui soient modernisées. On voit qu'Emmanuel Macron tend à incarner une forme de modernité.

Et puis, hier, dans Paris Match, il est apparu dans un reportage qui était de facture extrêmement classique. Alors, votre sentiment à cet égard ?

12:10
François Hollande

Je pense qu'Emmanuel Macron, il a une intelligence que tout le monde lui reconnaît. Il incarne une certaine nouveauté, parce qu'il arrive à conceptualiser. Je pense que par rapport à François Hollande, par exemple, c'est quelqu'un qui pourrait très bien vous faire le récit du quinquennat et le récit de vers quoi doit aller le pays. Maintenant, je trouve qu'il va vite. Je trouve qu'il a aussi des recettes de communication qui datent. Là, une de Paris Match, ça ressemblait un peu à Kennedy. C'est un peu l'époque Kennedy où, voilà, je remets en scène le bel homme qui va soudain changer le quinquennat. Il est quand même assez seul. Il n'a pas de structuration derrière lui.

Son projet est à peine effleuré. Donc, je trouve que c'est un risque énorme. Et connaissant François Hollande, moi, je pense que le président, il s'est remis un peu au centre du jeu. Puis, il va attendre de voir que tous ceux qui le challengent, peu à peu, ça va peut-être se dégonfler. À gauche, on ne voit pas très bien qui peut le contester. Et Emmanuel Macron, est-ce que ce n'est pas tout d'un coup un feu follé et puis ça va s'arrêter ? Donc, je pense qu'il y a un peu de ça dans l'attitude de François Hollande aussi.

13:13
Présentateur

D'un autre côté, si la période n'est plus verticale, Jean Garrigue, il y a la possibilité peut-être pour un homme sans parti de rafler la mise. D'autant que ce ne serait pas une complète nouveauté, puisque finalement, c'est notamment ce qu'avait fait Valéry Giscard d'Estaing en son temps.

13:28
Invité

Oui et non. Valéry Giscard d'Estaing, il avait un parti. Il avait un parti quand il est élu président. Il a un parti depuis presque une décennie. une expérience, des réseaux et puis s'appuyer sur d'autres alliés. Non, ce que montre l'expérience, l'émergence de Macron, c'est à quel point le roi est nu, à quel point actuellement, le président de la République n'est plus automatiquement, systématiquement, celui qui a vocation à être le candidat de son écurie, enfin en tout cas de la gauche, d'une partie de la gauche, et à quel point justement, on est dans un resserrement de la fonction présidentielle.