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interviewFrance Inter — Questions politiques· 23 novembre 2025 55 min

Pas en phase avec Tondelier, Jadot regrette que "l'écologie" soit devenue la "thérapeute de couple de la gauche"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Locuteur non identifié

France Inter

0:01
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Questions politiques. Dans un monde en lutte, parlons ce midi des combats et surtout des chemins pour remporter des victoires. A l'échelle de la planète, nous sommes en lutte contre le réchauffement. A l'échelle de l'Europe, en lutte pour stopper la guerre en Ukraine et maintenir la paix dans nos propres frontières. A l'échelle de l'Hexagone, nous sommes en lutte contre le narcotrafic. 5 millions de consommateurs de cannabis, plus d'un million de citoyens qui touchent à la cocaïne, quasiment 8 villes sur 10 touchées.

Et maintenant l'assassinat, pour rien, comme le dit Amine Kessassi après la mort de son petit frère, sans doute quand même pour l'intimider ce militant écologiste très engagé contre les mafias de la drogue. Notre invité était hier à la marche blanche organisée à Marseille, et maintenant que faut-il faire ? Il a été le candidat écologiste à la présidentielle de 2022, député au Parlement européen pendant 14 ans. Il est aujourd'hui sénateur de Paris. En quatrième de couverture du livre qu'il vient de publier, il écrit « Pour la première fois, j'ai peur ».

Yannick Jadot est en direct sur France Inter, France Info, le canal 16 de la télé, et en partenariat avec le journal Le Monde, nous sommes ensemble jusqu'à 13h.

1:24
Locuteur non identifié

France Inter. Question politique, Alexandra Ben Saïd.

1:30
Présentateur

Bonjour et bienvenue Yannick Jadot.

1:32
Locuteur non identifié

Bonjour mesdames.

1:33
Présentateur

Merci d'avoir accepté notre invitation à mes côtés, des dames en effet, pour vous interviewer. Je les salue, Alix Bouillaguet de France Télévisions. Bonjour Alix. Bonjour Alexandra, bonjour à tous. Alix qui fera votre portrait tout à l'heure, Yannick Jadot.

1:46
Yannick Jadot

Oui, on verra que vous êtes un homme d'action, vous êtes aussi un homme de raison, et parfois c'est un petit peu le grand écart.

1:51
Présentateur

Et Françoise Fressoz est également en plateau du journal Le Monde. Bonjour Françoise. Bonjour à toutes et à tous. Vers 12h50, on va se projeter sur une grande question de 2027 à laquelle les écologistes, n'est-ce pas Françoise, n'échapperont pas. Y a-t-il place pour une candidature écologiste ? Et si oui, quelles leçons tirer des échecs passés ? Mais d'abord, cinq minutes d'actu entre quatre yeux. Yannick Jadot, vous étiez donc hier à Marseille en hommage à Médic et Sassi, assassiné, sans doute pour intimider son frère, Amine, très engagée contre le trafic de drogue. Qu'avez-vous ressenti lors de ce rassemblement ?

2:27
Invité

Beaucoup d'émotions, de gravité, de fraternité. Amine, qui, vous le savez, est un écologiste engagé à Marseille, qui a déjà été candidat, fait preuve pour son âge, 22 ans, d'une force et d'une dignité assez extraordinaire.

2:48
Présentateur

Vous lui avez parlé ?

2:50
Invité

Hier, non. On s'est parlé cette semaine, on a échangé cette semaine. Il faut imaginer ce que ce jeune homme vit, quand même, au-delà de son combat. Évidemment, il n'est coupable de rien, mais il va porter la mort de son frère comme un terrible fardeau toute sa vie. Donc, il a fait preuve d'un incroyable courage. Et puis, voilà, ces mots, il ne se taira pas, il restera debout. Avec sa mère, qui aussi a fait preuve d'une incroyable force, d'une incroyable force par rapport à ce qu'ils vivent. Et ce qu'il faut, ce n'est pas simplement avoir de l'empathie, de la sympathie et de l'émotion pour la famille qui s'assit, évidemment. Il faut écouter ce qu'il dit.

Et puis, surtout, il faut mener le combat. Il faut mener le combat contre le narcotrafic et la façon dont cette industrie, parce que c'est une industrie extrêmement puissante, extrêmement riche, gangrène les quartiers, gangrène toute la société et nous fait basculer dans quelque chose qui est dramatique.

4:00
Présentateur

On va parler, en effet, de ce combat. Mais encore une question, quand même, sur ce rassemblement. 6200 personnes, selon la préfecture de police. Alors, il y avait certains témoignages sur place qui s'étonnaient qu'il y ait peu de monde. D'autres, que ce soit essentiellement des gens des quartiers concernés qui se soient déplacés. On a beaucoup parlé d'une sidération de la nation, d'une prise de conscience du pays. Est-ce qu'on ne pouvait pas espérer un rassemblement plus massif ?

4:23
Invité

On peut toujours espérer. C'était l'appel d'Amine Kessassi.

4:28
Présentateur

Mais est-ce que vous avez trouvé qu'il y avait peu de monde ?

4:30
Invité

Écoutez, sur place, c'est compliqué à dire parce que c'est sur un dôme. Donc, en fait, on n'a pas forcément une énorme visibilité du monde. C'était plein. Encore une fois, beaucoup d'émotions. Je crois qu'on sait que certaines personnes avaient peur de venir parce que les narcotraffics sont très présents dans tous les quartiers de Marseille. Et que donc, il y a des gens qui avaient peur de venir exprimer leur solidarité et la nécessité de mener le combat. Et puis, peut-être, moi, j'ai entendu aussi dans un certain nombre de vos reportages des personnes de quartiers moins défavorisés qui s'interrogeaient sur leur légitimité à venir manifester dans un quartier populaire.

Donc, voilà, je veux croire que l'effet de sidération que vous avez évoqué concerne chacune et chacun. Et surtout, qu'on va se donner les moyens, collectivement, chacune et chacun à sa place, nous comme parlementaires, de faire en sorte qu'on se dote des outils pour combattre ces mafias.

5:40
Présentateur

Et sur la sidération, c'est un sondage aujourd'hui dans le JDD. Il y a plus de 7 Français sur 10 qui considèrent désormais que la France est en voie de mexicanisation, pour reprendre l'expression de Bruno Retailleau l'an dernier. Quelle est votre analyse ? Est-ce que la France est en train de devenir un narco-État ? Est-ce qu'on peut dire ça ?

5:55
Invité

Non, non, non, non, je ne veux pas croire ça. Un, oui, il y a du narcotrafic. Oui, aujourd'hui, et c'est toute la loi que nous avons portée au Sénat, notamment, après la commission d'enquête que nous avons menée sur les narcotrafics, il y a aujourd'hui du blanchiment d'argent qui concerne tous les secteurs de la société. Donc ça, on n'est pas sur, on n'est pas à la télé, dans les séries à la télé. On a des systèmes qui sont extrêmement intégrés à notre économie et qui gangrènent notre économie.

Est-ce qu'à partir du moment où vous avez des telles masses financières, on parle de 4 milliards de revenus générés par an, c'est du crime organisé, ce n'est pas simplement des stupéfiants, c'est du crime organisé, vous avez effectivement aussi, et c'est un des piliers de la lutte contre le narcotrafic, de la corruption qui s'installe dans la société. Est-ce qu'on est au Mexique ? Non, parce que c'est quand même, il faut voir ce qui se passe au Mexique. Les premières mesures portées par les différents gouvernements, suite notamment à la loi sur les narcotrafiques, ont quand même fait baisser le nombre de jeunes, notamment tués par le narcotrafic. Ça n'est pas assez. Il faut faire plus.

On a commencé à s'organiser. Il faut surtout plus de moyens, une meilleure coordination. Mais dire qu'aujourd'hui, la France, c'est le Mexique, c'est quand même méconnaître ce qui se passe au Mexique.

7:25
Présentateur

La loi narcotrafic, vous en parlez, celle qui a été promulguée en juin, elle instaure un parquet anticriminalité organisé, des quartiers hauts de sécurité dans les prisons, s'est inspirée de la lutte anti-mafia et anti-terroriste. Cette loi-là, est-ce qu'elle est suffisante ? Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Ce que vous dites, c'est qu'il faut aller plus loin ? Est-ce qu'elle est positive ?

7:44
Invité

Elle est positive. Elle est incontestablement positive. Surtout, l'objectif de cette loi, et c'est la nouveauté, et c'est là qu'on est sorti d'une forme de déni, c'est que cette loi va attaquer ce qu'on appelle le haut du spectre. Pas simplement s'attaquer aux petits vendeurs dans la rue, mais s'attaquer à ceux qui organisent le crime organisé, qu'ils se planquent à Dubaï ou ailleurs.

8:10
Présentateur

La production, c'est l'Amérique du Sud, et les têtes de ponts, c'est peut-être dans nos prisons ?

8:15
Invité

Et c'est peut-être à l'étranger ? C'est aussi dans nos prisons, c'est à l'étranger. Donc l'idée de cette loi, c'est vraiment s'attaquer en haut du spectre, s'attaquer à leurs propriétés, parce que... Mais quoi de plus alors ? Terrible constat, c'est qu'en fait, ils n'ont pas peur de l'enfermement, de l'incarcération, parce qu'ils considèrent que jusqu'à maintenant, ils pouvaient gérer leur business depuis la prison, y compris ordonner des assassinats. Évidemment, il faut renforcer la sécurité, les isoler pour qu'ils ne puissent plus être à la tête.

Mais il faut surtout s'attaquer à toutes leurs propriétés, que ce soit des magasins dont on voit bien qu'ils servent le blanchiment, que ce soit leurs propriétés injustifiées, c'est comme ça que c'est catégorisé, c'est-à-dire que vous avez des gens qui n'ont pas de revenus et qui ont des propriétés extraordinaires. Eh bien, dans cette présomption-là, on peut saisir les propriétés de manière... C'est la méthode italienne. Oui, bien sûr, que ce soit la question du statut des repentis, qu'il faut évidemment renforcer. Donc, on est en train de s'attaquer, encore une fois, au haut du spectre, là où tout s'ordonne, s'organise et pourrit le plus directement.

Mais je veux aussi dire que, et c'est quand même aussi le message d'Amin Kessassi, c'est-à-dire que si on veut tarir, il faut tarir les ressources sur les mules, sur tout ce qui vient d'Amérique latine, vous avez raison, ou d'Afghanistan, ou d'ailleurs. Mais il faut aussi tarir les ressources humaines, qu'il n'y ait pas des jeunes qui soient en situation de telle perte de repère et de telle précarité sociale que tous ces jeunes deviennent malheureusement la chair à canon de ces trafiquants.

10:04
Yannick Jadot

Yannick Jadot, on ouvre la discussion avec une question d'Alix Bouillaguet. Certains disent qu'il faut aussi taper les consommateurs. Emmanuel Macron lui-même a étrié les bourgeois du centre-ville qui financent parfois le narcotrafic. Est-ce que vous êtes d'accord ? Est-ce que ce sont des complices ou des victimes ? Et est-ce qu'il faut durcir les sanctions vis-à-vis de ces consommateurs ?

10:25
Invité

Non, ce n'est pas mon point de vue. Je pense que tout le monde ici va considérer que Roberto Saviano, qui lui-même vit caché, qui est le journaliste italien qui a pris en tête de front la mafia italienne,

10:43
Locuteur non identifié

il dit que légaliser le cannabis,

10:48
Invité

c'est le coût le plus dur porté à la mafia. Pourquoi ? Parce qu'en fait, vous voyez bien qu'aujourd'hui, il y a les drogues dures et les drogues, on va dire, récréatives. Nous, si on soutient la légalisation du cannabis, c'est par exemple pour à la fois organiser le suivi sanitaire des jeunes qui sont dans l'addiction, c'est contrôler ce marché, et c'est déconnecter l'acte d'achat d'une barrette de shit qui est très largement répandue dans notre pays, de l'achat de drogues dures qui sont évidemment les plus dangereuses et celles qui financent le crime organisé.

11:25
Yannick Jadot

Mais je ne comprends pas, c'est-à-dire que vous dites à partir du moment où on légalise le cannabis, on va faire baisser systématiquement la consommation de cocaïne ? Enfin, il va y avoir un changement ?

11:32
Invité

Non, je dis qu'en légalisant le cannabis que vient de faire par exemple l'Allemagne, dans un système extrêmement organisé, vous concentrez les moyens sur les drogues dures et sur le crime organisé. Le problème, vous voyez par exemple, la justice est engorgée autour de ce sujet des stupéfiants. 80% des affaires, c'est des affaires de consommation. Quand il y a eu, entre septembre 2023 et avril 2024, là où il y a eu le plus d'opérations place nette, que la commission d'enquête du Sénat, à majorité sénatoriale de droite, considère que c'est très largement inefficace. On a mobilisé 50 000 gendarmes et policiers pour quelques millions de saisies.

Donc il faut concentrer nos moyens, là où ça fait mal aux crimes organisés, là où ça fait mal à la mafia, donc sur le haut du spectre et puis sur les drogues dures. Est-ce qu'il n'y a pas un tabou sur la consommation de cocaïne en France ? Je reprends les propos d'Éric Piolle, en février sur RTL, maire écologiste de Grenoble. Il suggérait de faire passer des tests salivaires, antidrogues et anonymes aux députés et aux sénateurs. L'idée, disait-il, c'est de démontrer qu'il y a une grande hypocrisie autour du narcotrafic et de la consommation de drogue en France et de mettre sur la table un diagnostic qui dit que nos institutions sont aussi pénétrées par ce narcotrafic.

Est-ce que vous êtes aussi alarmiste qu'Éric Piolle ? Écoutez, il y a régulièrement des scandales autour de parlementaires qui ont consommé la drogue. Il y en a eu au Sénat, il y a eu un cas dernièrement, il y en a à l'Assemblée. Est-ce qu'il n'y a pas une chape de plomb là-dessus ? Je fais vraiment la distinction entre le cannabis, qui est une drogue douce, récréative, et encore une fois, dont il faut, dont je veux, le contrôle sanitaire parce que nos jeunes sont en train de se bousiller la tête avec cette saloperie, très clairement, et les drogues dures dont, évidemment, l'usage est interdit. C'est pour ça qu'il n'y ait pas d'ambiguïté sur la forme de l'accélisme.

Encore une fois, je pense que Saviano et d'autres, je veux dire, quand vous discutez qu'il y a un certain nombre de responsables de la police ou de la justice, ils disent qu'on perd notre temps sur le cannabis, ça nous empêche de nous occuper de ce qui est grave et de ce qui est criminel.

13:57
Présentateur

Yannick Jadot, en janvier dernier, vous parlez de la police. En janvier dernier, dans une interview au Média Reporter, Amin Kessassi aborde le thème de la sécurité. Certains, dit-il, prônent de désarmer la police, de retirer les caméras de vidéosurveillance. Il n'est pas d'accord. Il dit que la sécurité, ça doit être aussi une question de gauche, dont il ajoute que la gauche a abandonné trop de combats ces dernières années. Est-ce que vous êtes d'accord ?

14:21
Invité

Oui.

14:21
Présentateur

Il faut plus de policiers ? Il faut plus de caméras de vidéosurveillance ?

14:24
Invité

Bien sûr. La sécurité ? Écoutez, nous, on a toujours défendu la police de proximité. C'est d'avoir de la présence policière dans les quartiers. Pourquoi police de proximité ? Mais vous avez beaucoup combattu les vidéosurveillances et tout. Non, regardez nos maires. Pendant des années. Oui, mais parce qu'à un moment donné, si vous voulez, on a perdu le combat sur la police nationale dans les villes. C'est-à-dire que pendant des années, notre combat a été de dire, c'est une mission régalienne, la police. Et donc, le travail doit être fait par des personnes formées et qui ont cette délégation de pouvoir régalien de l'État, la police nationale. Bon. Les effectifs ont sérieusement baissé.

Les problèmes de sécurité, d'insécurité ont augmenté. Donc, y compris, vous le savez, nos maires écologistes recrutent de la police municipale pour pallier l'absence de policiers nationaux.

15:25
Présentateur

Il faut l'armer, cette police municipale ?

15:26
Invité

Et le maire de Bordeaux a armé une partie de sa police municipale. À Lyon, à Strasbourg, ils sont armés. Et je ne vois pas comment aujourd'hui... Mais reconnaissez qu'il y a eu une prise de conscience tardive. À un moment, les écologistes ont dit, il n'y a pas de problème de sécurité. C'est un problème de droite. Ce n'est pas pour nous. Non, je ne crois pas. Vous regardez tous les programmes que j'ai portés moi-même comme candidat. Oui, mais je les ai portés comme candidat de l'écologie. Donc, encore une fois, il faut évidemment de la sécurité. Il faut voir comment elles s'organisent pour être présentes.

Mais, vous voyez, il y a mobilisation, y compris, heureusement, heureusement, il y avait des représentants de la droite dans les marches blanches hier. Mais, quand on regarde, on y viendra sûrement, quand on regarde le budget... On y viendra tout à l'heure, oui. Tous les budgets qui concernent les quartiers populaires, la vie sociale dans les quartiers populaires, sont en train de s'effondrer. Mais, tous les outils que, petit à petit, on a réussi à mettre en place pour que les jeunes ne soient pas laissés sans rien faire, pour qu'ils soient occupés, pour qu'ils puissent accéder au sport, à la culture, aux colonies, à des activités dans tous les sens, qu'il y ait des services publics...

Tout ça est en train de s'effondrer. Donc, ça ne suffira pas, et ça, c'est le message d'Amin Kessassi, et c'est important, ça ne suffira pas. Il faut le faire, la répression, si on ne remet pas de la vie sociale, de l'activité, et si on ne donne pas une perspective aux jeunes qui soit autre que d'être des chouffres.

16:58
Présentateur

Autre choc des consciences, Yannick Jadot, cette semaine, face à l'éventualité d'une guerre avec la Russie. Le chef d'état-major des armées a affirmé, c'était mercredi au Congrès des maires, qu'il fallait que le pays soit prêt à accepter de perdre ses enfants.

17:12
Locuteur non identifié

Si notre pays flanche, parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, parce qu'il faut dire les choses, de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production de défense, par exemple. Si on n'est pas prêt à ça, alors on est en risque.

17:38
Présentateur

Fabien Mandon, le chef d'état-major des armées. Une question de François Sressose.

17:43
Invité

Alors, ces propos-là ont offusqué beaucoup de personnalités à gauche, notamment Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel, Sébastien Chenu, jugeant à la fois le personnage illégitime pour parler de cette chose-là. Sur le fond, est-ce que vous partagez cette indignation où vous dites non, il a bien fait, au fond, il faut nous alerter ? Écoutez, en vrai, je me moque complètement de la forme de son intervention. Est-ce qu'il aurait dû dire ? Est-ce qu'il aurait dû parler de nos enfants ? Peut-être pas. Le sujet, c'est le message qu'il nous envoie.

Il nous envoie un message très sérieux d'alerte, message corroboré par ses collègues européens, dans les mêmes fonctions, que ce soit l'armée ou les services de renseignement. Et donc, on ne va pas tuer Cassandre, parce que la nouvelle est mauvaise. Je suis sidéré. D'ailleurs, ce n'est pas surprenant. Ce sont les mêmes qui ne voulaient pas qu'on soutienne l'Ukraine. Ce sont les mêmes qui ont dit que Poutine va régler le problème des révoltes démocratiques syriennes à coups de bombe. Donc, que ces gens ne veuillent pas y voir la menace de Poutine, il n'y a rien de surprenant. Non, moi, je prends... Vous savez, nous, on est censé défendre les lanceurs d'alerte.

C'est un lanceur d'alerte, en fait, dans le débat public. Il est chef d'état-major. Attention, je ne réduis pas son statut. Mais il nous dit qu'effectivement, et y compris les échéances qu'il donne quand il dit 3 à 4 ans sur le risque. Son sujet, ce n'est pas qu'on a fait la guerre à la Russie. Son sujet, c'est qu'on se défendre. C'est qu'on sera toujours sur mandat de Donald Trump. C'est-à-dire qu'en fait, la perspective qu'il évoque, l'échéance qu'il évoque sur les quelques années et la menace russe, parce que c'est essentiellement de celle-là dont on parle, ça sera sous mandat de Donald Trump, dont on sait qu'aujourd'hui, il ne souhaite plus garantir la sécurité européenne.

Donc nous sommes face à notre destin. Et ne pas assumer ce qui se passe, ne pas faire les efforts de politique de défense au regard de la menace, c'est sacrément être dans une forme d'irresponsabilité politique grave.

19:59
Présentateur

Et assumer jusqu'où alors ? Parce que selon les informations de la tribune dimanche, jeudi prochain, Emmanuel Macron va proposer un service militaire volontaire aux filles et aux garçons. Âgé de 18 ans, ça serait payé entre 900 et 1000 euros par mois pour une durée de 10 mois à partir de 2026. Ça, c'est une façon d'assumer ? C'est une façon de se préparer ?

20:17
Invité

Quand vous en parlez avec nos responsables de l'armée, quels que soient les corps d'ailleurs, le retour au service militaire, ce n'est vraiment pas leur demande. Ce n'est pas exactement la même chose, là il y aurait... Oui, mais il repart sur son SNU, son truc, il faut qu'il arrête avec ça en fait. Je veux dire, si on veut s'occuper des jeunes, il y a mieux à faire, encore une fois. Et là, on est dans un moment où il faut mobiliser notre armée, notre défense, notre industrie de défense pour contribuer. Oui, mais ce qu'ils disent, c'est que ce n'est pas suffisant. C'est-à-dire qu'il faut aussi faire appel aux réservistes, il faut former une partie des jeunes et avoir une armée de métiers.

Écoutez, qui est des jeunes qui, volontairement, aient envie de se former ? Moi, je n'ai pas de problème, évidemment, si c'est volontaire. Mais ce n'est pas ce qu'avait été la démarche du SNU que tout le monde a critiqué, d'abord dans l'armée. Donc, le sujet aujourd'hui, c'est effectivement comment la France contribue à l'effort de défense européen. Et il y a des exemples qui, parfois, ne vont pas dans le bon sens. Regardez, prenons l'avion de défense européen. C'est un enjeu majeur.

21:30
Présentateur

Le scoff avec les Allemands.

21:32
Invité

Y compris si on veut s'affranchir de la dépendance de beaucoup de pays européens vis-à-vis des armements américains. Bon, là, aujourd'hui, Dassault est en train de sortir d'une alliance avec Airbus pour faire un avion de défense européen. Donc, on est en train de renationaliser l'effort de défense au moment où faudrait être, au contraire, plus européen pour garantir que, effectivement, les pays européens achètent européens. Mais, dans cet effort... Oui, je vous en prie, madame. Bon, restez sur la scène nationale. Vous vous dites... Il y a des alertes sur la nécessité de se remuscler militairement. Vous dites qu'on est dans une inconscience générale en France.

Comment vous qualifiez, au fond, ce climat où... On voit parfois, quand il y a des attaques très précises sur l'Ukraine, on se mobilise, puis après, ça retombe, et puis on se dit, finalement, ce n'est pas notre souci. Ça a clairement été le cas avant le 24 février 2022 et l'invasion meurtrière de l'Ukraine par la Russie. Et aujourd'hui... Souvenons-nous, les services de renseignement américains, ils n'auraient plus le droit de le faire aujourd'hui. C'était sous Biden. Nous ont alertés sur l'imminence de l'attaque et nous étions dans la performance oratoire de nos dirigeants européens. Non, je ne crois pas. Je ne crois pas. Je pense qu'il y a quand même... On est sortis du déni.

22:56
Présentateur

Il faut voter le doublement du budget de la défense entre 2017 et 2027 ?

23:00
Invité

On l'a voté, le sub-garde. 64 milliards en 2027. Mais il faut le faire, encore une fois, il faut le faire avec intelligence. La question, ce n'est pas simplement de mettre de l'argent dans le complexe militaro-industriel. La question, c'est qu'est-ce qu'on fait à l'échelle européenne ? Il était question de mettre 3 milliards et demi de plus sur le budget militaire et de supprimer deux jours fériés. Et bien non, il n'y a absolument aucun consensus pour le faire. Et on ne sait pas s'il y aura de l'argent pour la défense en plus. Oui, mais je pense... Alors un, quand même là, dans le budget, on remet près de 6 milliards. On voit que... À condition qu'il soit voté. Non, non, mais c'est d'accord.

Mais bon, il y a un consensus très large, ou en tout cas une majorité très large pour le faire. Après, il faut aussi que notre système ait les capacités d'absorption de l'argent. Il ne suffit pas d'avoir de l'argent. Enfin, il ne vous a pas échappé que ça fait deux ans qu'on dit qu'il faut livrer beaucoup plus d'obus, d'armes à l'Ukraine. Et la France, à la différence d'autres pays européens, est incapable de renforcer très significativement le soutien en armement à l'Ukraine.

24:02
Présentateur

Alors, parlons de l'Ukraine. Je vous coupe. Parlons de l'Ukraine, on y arrive. Les Etats-Unis ont annoncé une réunion ce dimanche à Genève. Des négociateurs américains et ukrainiens, des équipes de négociation de l'Union européenne, de l'Allemagne, du Royaume-Uni et de la France s'y rendront également. Kiev a repoussé le plan de paix qui a été écrit par Washington. C'est un texte qui fait la part belle à des revendications russes. Mais est-ce que Volodymyr Zelensky a le choix ? Est-ce qu'il peut vraiment échapper à la pression américaine ?

24:26
Invité

Ça dépend de nous. Ça dépend de nous.

24:28
Présentateur

Et qu'est-ce qu'on peut faire, nous ?

24:30
Invité

Un, l'Ukraine a fait le choix de résister. Enfin, quand la Russie a commencé à envahir l'Ukraine, si les Ukrainiens ne s'étaient pas mobilisés, la victoire de Poutine était totale en quelques jours. Et donc les Ukrainiens, les Ukrainiens sont sortis dans la rue avec parfois des fusils de chasse pour arrêter les chars russes à l'entrée de Kiev. Donc ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a pas d'ambiguïté sur la volonté ukrainienne. Mais il est évident à ce stade que l'Europe est face à son destin. Jusque-là, ça jouait des coups, des désambiguïtés avec la puissance américaine. Et heureusement qu'elle a été là ces dernières années pour soutenir l'Ukraine. Là, l'Europe est face à son destin.

Est-ce qu'on assume de soutenir potentiellement seule l'Ukraine ? Et dans quelles conditions ?

25:27
Yannick Jadot

Mais vous voyez bien, Yannick, j'adoue que ce n'est pas du tout ce qui se passe. C'est-à-dire dans ce plan de paix qui est mis sur la table par les Américains, les Européens sont totalement hors-jeu.

25:35
Invité

Ah bah oui, c'est pour ça qu'on est face à notre destin.

25:37
Yannick Jadot

Ah bah oui, mais ça veut dire quoi concrètement face à son destin ?

25:40
Invité

Si on devait mettre des mots sur ce plan côté américain, c'est lâcheté, trahison, cupidité. Il y a beaucoup de cupidité chez Donald Trump. Pour ce que ça veut dire pour l'Ukraine, c'est la capitulation. Y compris avec un accord qui donne plus de bénéfices territoriaux à la Russie qu'elle n'en a aujourd'hui. Donc, si l'Europe accepte de se faire humilier, j'ai un papier dans votre journal qui parlait de vassalisation heureuse. Le monde. Je pense que tout le monde est au courant ici. Qui parlait de vassalisation heureuse, qui concluait là-dessus. Et je trouvais que c'était un bon terme, mais c'est notre choix aujourd'hui. Je pense qu'on a su réagir.

En 2022, je pense que Poutine ne s'attendait pas du tout à ce que l'Europe soit unie derrière lui.

26:34
Yannick Jadot

Mais là, on a quand même l'impression que ce sont des vœux pieux. C'est-à-dire qu'il y a d'un côté des Américains qui sont proactifs. Effectivement, Donald Trump, qui à un moment met le couteau sous la gorge des uns des autres. Est-ce que, je vais me faire l'avocat du diable, mais est-ce qu'il ne faut pas à un moment se dire qu'il faut arrêter cette guerre ?

26:50
Invité

Alors, oui, il faut arrêter cette guerre. C'est tout l'enjeu. Moi, je ne suis pas pour la guerre contre la paix.

26:58
Présentateur

Mais là, on dit qu'aux Ukrainiens, c'est la question d'Alix.

27:00
Invité

C'est un enjeu pour les Européens.

27:03
Présentateur

C'est plus d'argent, c'est des hommes peut-être qui iraient sur le terrain. Qu'est-ce qu'il faut faire pour pouvoir se passer de l'allié américain très puissant ?

27:10
Invité

Souvenons-nous quand même. Alors, la Russie est une puissance militaire incontestable. La Russie, en termes de PIB, c'est l'Espagne. Donc, quand on dit que la Russie met 10% de son PNB dans l'armement, c'est 10% du PNB de l'Espagne.

27:26
Présentateur

Oui, mais ce n'est pas une démocratie comme l'Espagne. Donc, les Russes se plaignent moins que les Espagnols.

27:30
Invité

Non, mais ce que je veux dire, c'est que si l'Europe ne considère pas à un moment donné qu'elle a les moyens, par exemple, il ne s'agit pas forcément aujourd'hui de mettre des soldats, mais de faire en sorte qu'il y ait, comme on dit, une no-fly zone, c'est-à-dire qu'en fait, protéger l'espace aérien ukrainien. On a des avions qui peuvent intervenir. La Russie, aujourd'hui, intervient dans nos pays. Elle intervient sur les menaces hybrides, sur les cyberattaques, sur du sabotage, comme on l'a vu en Pologne il y a 10 jours, 15 jours, de voies ferrées. Elle envoie des drones un peu partout. Donc, la Russie est en mode, elle est en train de nous agresser.

28:11
Yannick Jadot

Et donc ?

28:11
Invité

Donc, on est, je pense que ça fait longtemps que cette histoire de co-belligérance ne fait plus grand sens. Donc, on est en capacité à la fois de fournir plus et mieux. Non, déjà, commençons par protéger l'espace aérien. Commençons par protéger l'espace aérien.

28:27
Yannick Jadot

Ça veut dire quoi, concrètement ?

28:29
Invité

On a des avions, on a des missiles antimissiles. On n'est pas obligé juste de dépendre des missiles patriotes américains. Donc, aidons plus sérieusement l'Ukraine. De toute façon, on n'a pas le choix, en vrai. On ne peut pas à la fois dire le message envoyé par notre chef d'état-major, Mandon, sur la menace russe bien au-delà de l'Ukraine. Parce que quand il parle de conflit potentiel, c'est bien au-delà de l'Ukraine. Et ne pas agir sur ce qu'est le front, notre front européen aujourd'hui, l'Ukraine.

29:06
Présentateur

Je vous emmène sur un autre territoire du multilatéralisme qui a des problèmes. C'est celui de la COP qui vient de s'achever à Belém. On a dit que c'était une COP qui aboutissait sur un texte peu ambitieux. Une COP pour rien, une COP de plus pour rien et surtout sans les Etats-Unis ?

29:22
Invité

Alors bon, ça, les Etats-Unis, on le savait. En positif. Commençons par le positif. De temps en temps, ça nous change.

29:30
Présentateur

Parlons d'écologie positive.

29:32
Invité

Oui. Un, il y a quand même un espace de multilatéralisme qui fonctionne à peu près. Vous êtes optimiste là, quand même. Non, mais quand même, je veux dire, donnez-moi, l'Organisation mondiale du commerce est morte, l'Assemblée générale, le Conseil de sécurité, tout ça, rien ne fonctionne. Vous avez quand même là 200 pays, alors évidemment, il n'y a pas les Etats-Unis, vous avez raison, qui arrivent à se mettre d'accord dans le monde d'aujourd'hui. C'est un texte un minima. Non, mais on y vient. Je parle du côté positif. Deux, le climat est une question globale.

Une tonne de CO2 émise dans cet arrondissement de Paris pèse aussi lourd sur notre avenir que celle émise en Chine ou au Burkina Faso. Donc, c'est un problème global. Il faut une coopération internationale. Donc, ça continue un peu à fonctionner. Il y a eu rappel de l'accord de Paris. Donc, il faut quand même améliorer de très loin nos trajectoires. Après, évidemment, de manière très insatisfaisante, ce qui est le cœur du problème est abordé de manière extrêmement floue. Le cœur du problème, c'est le charbon, le pétrole, le gaz. Il y a deux ans, on avait réussi à commencer à mettre ce sujet dans la négociation.

30:49
Présentateur

C'est le bâclage, non, mais c'est le retour en arrière.

30:50
Invité

Le patron de l'ONU, Guterres, disait, avec les énergies fossiles, on a ouvert les portes de l'enfer. Donc, évidemment, là, sous pression des États producteurs et puis sous pression en interne. Il faudrait quand même expliquer ce que fait Total Energy et son patron Pouyanné dans la délégation officielle française en charge de sortir des énergies fossiles quand le Total Energy veut investir encore plus dans le pétrole et le gaz. Là, il y a un moment donné, il va falloir quand même que, quand vous faites un plan de paix, vous n'invitez pas les vendeurs d'arbres. Qui, aujourd'hui, les alliés pour essayer d'avancer sur la question climatique ? Est-ce que c'est la Chine, finalement ? Plutôt que...

Parce que même les pays en développement, même Lula, il est décevant dans cette COP, il n'a pas beaucoup pesé. Oui, mais vous savez, le pays organisateur a une responsabilité, mais ce n'est pas le pays organisateur qui décide, en réalité. Alors, quels sont nos alliés ? Un, la réalité. La réalité, c'est que le dérèglement climatique s'accélère que 80% des citoyens du monde, des citoyens du monde, pas simplement en France, pas simplement dans les pays dits développés, sont conscients du dérèglement climatique, le vivent quotidiennement et appellent, appellent à une action plus ambitieuse. Deuxième allié, la réalité économique.

80%, plus de 90% des nouvelles capacités de production électrique dans le monde. Aujourd'hui, c'est des énergies renouvelables. Elles sont moins chères, ça s'installe partout, notamment, vous avez évoqué la Chine, notamment en Chine.

32:27
Yannick Jadot

Est-ce que, justement, vous n'êtes pas totalement bluffé par ce qui est en train de se passer en Chine, qui est en train de faire sa transition écologique, effectivement, à marche forcée, avec des scooters ? Il n'y a plus un seul scooter qui n'est pas électrique, dans les rues de Shanghai, notamment. Des panneaux voltaïques partout. Et d'après l'Agence internationale de l'énergie, les sources à faible émission ont dépassé les 40% du mix de production électrique. Est-ce que la Chine n'est pas devenue un modèle ?

32:52
Invité

C'est ce que j'écris dans mon livre. La bataille climatique, aujourd'hui, c'est une guerre économique. C'est une guerre économique. Est-ce que nous, on est capables d'investir en recherche, innovation sur ces secteurs-là ? Est-ce qu'on est capables d'installer des usines ? Et je décris combien nous avons besoin, à tout point de vue, pour la transition écologique, pour l'aménagement de nos territoires, pour la politique, on a besoin d'usines sur nos territoires, on veut des usines. Et après, c'est aussi une question de volonté politique. Les citoyens sont prêts, les gouvernements ne le font pas. Regardez le débat.

33:27
Yannick Jadot

Nous, on a plutôt l'impression, en Europe, qu'on fait la marche arrière.

33:29
Invité

Le débat débile que nous avons en Europe et en France, sur l'industrie automobile. Oui. Cette industrie s'effondre depuis des années. Par décennies, on perd 100 000 emplois dans l'industrie. Alors, qu'est-ce qu'il faut faire ? Et on a... L'Europe, à un moment donné, s'est dit, on joue le jeu. Pour le climat, on a besoin d'électrifier nos transports. Donc, on a des constructeurs... Moi, j'ai fait... On a interrogé Tavares, quand il était patron de Peugeot, Sénat, patron de Renault. Et ils nous disent, bon, OK, 2035, c'est chaud, mais en fait, on sera prêts en 2030. En 2030, nous serons prêts à ne vendre, parce qu'on parle bien de vente, que des voitures électriques. Et puis, d'un seul coup...

Mais les Allemands freinent. Et d'un seul coup, vous avez l'extrême droite et les droites qui s'emparent d'un sujet sans rien connaître, sans rien connaître à l'industrie automobile, en disant, regardez, on veut vous enlever votre voiture, et ça coûte cher. En Chine, l'Indonésie, la Thaïlande, le Brésil, sont en train de nous rattraper sur les voitures électriques. Et en plus, là-bas, ils font des petits modèles. Ça coûte moins cher que les voitures thermiques. Donc, ayons quand même l'intelligence de sauvegarder, voire de développer nos industries européennes autour de ce sujet majeur.

34:49
Présentateur

Et de garder la date de 2035 pour l'interdiction.

34:52
Invité

Bien sûr. Parce que sinon, comment vous voulez... L'argument, c'est de dire, on est en retard sur la Chine. Et en fait, s'arrêter, reculer,

34:59
Locuteur non identifié

c'est rattraper le retard, ça n'existe pas.

35:01
Présentateur

Yannick Jadot, il faut absolument qu'on parle du budget, monsieur le sénateur, puisque au Sénat, justement, la discussion arrive ce mardi. Les députés, eux, ils ont rejeté massivement le texte. C'était vendredi soir. Les sénateurs de droite promettent aussi de tout détricoter. Bon, alors, question simple. Est-ce que vous croyez, comme certains, de plus en plus à l'hypothèse d'une loi spéciale ?

35:21
Invité

C'est peut-être aujourd'hui l'hypothèse la plus probable, sauf si on fait notre boulot. Vous savez... C'est-à-dire ? Moi, j'ai défendu l'abandon du 49-3. Je sais que c'est discuté aujourd'hui. Parce qu'au fond, on s'enlève un outil qui permettrait peut-être d'adopter le budget, de ne pas faire tomber le gouvernement, ça se voit bien. Mais, dans l'état de défiance où on était, personne n'aurait cru, le Premier ministre, le corps nu arrivant, en disant, bon, je garde le 49-3, mais je vous promets, on fait les débats parlementaires et j'essaierai de ne pas l'utiliser. Personne ne l'aurait cru. Donc, on a fait un premier pas vers le parlementarisme. C'est une bonne nouvelle.

Mais regardez ce qui se passe là. Là où on a un problème, vous avez raison, Madame Cressouse, c'est qu'en fait, le parlementarisme, c'est trois choses. Un, effectivement, les députés, les sénateurs votent. Et ils décident. La deuxième chose, pour qu'un système parlementaire fonctionne, c'est qu'il y ait des accords. Pas simplement, parce qu'un système à 2500 amendements, je veux dire, tout le monde, avec les instabilités et les divisions à l'Assemblée, évidemment, tout le monde voit les lignes rouges dix fois franchies. Enfin, je veux dire, il y a un député qui a voté pour. Un député. C'est la blague absolue. Bon. Donc, il faut des accords. Ça ne marche pas.

36:46
Yannick Jadot

Est-ce que vous vous demandez le retour du 49-3 ?

36:48
Invité

Non. Je demande qu'avant la seconde lecture à l'Assemblée. Parce que là, les Républicains vont faire n'importe quoi au Sénat. Maintenant qu'ils se sentent en dehors du gouvernement, qu'ils se sentent hors jeu, donc ils vont revenir sur... Ils vont casser un peu plus nos outils sociaux. Et bon, bref. Donc, il va y avoir une seconde lecture à l'Assemblée. Moi, ce que j'ai toujours demandé, c'est qu'avant cette seconde lecture, il y ait la tentative d'un accord global entre les écologistes, les socialistes et le bloc central pour voir quels sont nos grands équilibres. Parce qu'on se perd parfois dans les débats... Ça fait longtemps, en effet, que vous l'avez fait, cette proposition.

Vous demandez les socialistes. Ils disent, nous, nous, nous, nous, on est éventuellement sur un accord de non-censure, mais jamais on n'ira vers un compromis. Jamais. Mais ils font déjà des compromis. Je veux dire, on a fait des compromis sur un certain nombre de votes. Il y a eu des positions. Bon. Si vous voulez, Lecornu a démarré avec le budget de Bayrou, qui était évidemment inacceptable pour tout le monde. Bon. On a eu cette phase. On connaît maintenant, en fait, le champ de bataille. Est-ce qu'on est capable, avant la seconde lecture, de se dire, voilà, quel est le niveau de déficit qu'on réduit ? Quelles sont nos nouvelles recettes ? Qui paye ? Quelles sont les baisses de dépenses ?

Sur quoi ? Comment on fait pour protéger les populations, les classes populaires et moyennes ? Et comment on investit quand même dans l'avenir ? Moi, j'ai un sujet, c'est le logement. Je pense que ce sujet qui est la préoccupation première, première, première des Français, elle est passée sous silence. C'est une sorte de spirale du silence autour du logement. C'est la première dépense contrainte. Sur cette idée de compromis, Sébastien Lecornu, je crois, veut en tout cas recevoir les chefs de parti et les chefs de groupe la semaine prochaine. Est-ce que vous dites, il doit être au cœur de ce compromis ou le compromis doit être trouvé en dehors du Premier ministre ? Ce qu'il faut...

Il faut que ce soit l'un ou l'autre. Parce que pendant ces premières semaines, Attal renvoyait à Lecornu, qui renvoyait à Attal. Ça, ça ne peut pas marcher. Donc, il nous faut... On a fait... Les parlementaires ont le pouvoir de... Comme dans toute coalition parlementaire, eh bien, il faut un accord. Et ça ne sera pas un accord de coalition à l'Allemande, parce qu'on est à un an des élections, qu'on est dans l'urgence et tout ça, mais qu'on ait un accord sur les grands équilibres. Et la troisième chose, s'il n'y a pas de dissolution, il nous faut la proportionnelle avant 2027. Si on n'a pas la proportionnelle, on va continuer à avoir un parlement... Mais ça marcherait mieux ?

Ah ben, quand vous avez la proportionnelle, la logique de la proportionnelle, c'est que vous savez que vous n'allez pas gouverner seul, vous allez gouverner par compromis. Et donc, vous n'arrivez pas en disant, ah ben moi, j'ai mon programme, c'est tout ça ou rien. Donc, il nous faut ça. Et encore une fois, souvenons-nous, le budget, alors c'est des taxes, c'est des machins, tout ça, mais c'est l'école de nos enfants, c'est ce qu'on fait dans les quartiers populaires, et je l'ai dit, il y a un sujet.

Si c'est l'extrême droite qui récupère le sujet du logement, qui est l'espace de dignité, l'espace d'intimité, l'espace parfois de souffrance, en ce moment avec les vagues de froid, si c'est l'extrême droite qui s'en empare, on aura tout perdu. C'est notre sujet, il faut le faire.

40:02
Locuteur non identifié

Alexandra Ben Saïd. Question politique.

40:09
Présentateur

Yannick Jadot, vous êtes l'invité de Question politique, on va tenter de mieux vous connaître aujourd'hui, et celle qui dévoile nos invités, c'est Alix Bouillaguet, elle fouille les archives.

40:17
Invité

Aïe. Vous resterez dans l'histoire, monsieur le président de la République, le président de l'inaction climatique. Parce qu'au fond, vous êtes un climato arrangeant. Vous préférez signer des armistices avec les lobbies, plutôt que de mener la guerre contre le dérèglement climatique.

40:39
Yannick Jadot

Nous sommes le 19 janvier 2022, on vient de vous entendre.

40:44
Invité

C'était le seul débat de la campagne présidentielle.

40:46
Yannick Jadot

Exactement, vous étiez à la tribune du Parlement européen, effectivement, pendant six minutes, vous étriez Emmanuel Macron, venu inaugurer la présidence française du Conseil européen. Pour votre famille politique, c'est le moment fort de cette campagne présidentielle, mais à l'arrivée, votre candidature fait pchit, 4,63% seulement. Dans votre camp, certains disent que vous auriez dû multiplier ce genre de coup d'éclat, mais que non, décidément, vous n'aimez pas la castagne. Est-ce qu'il faut être radical chez les Verts pour réussir ?

41:18
Invité

Alors, il y a plusieurs questions. Un, j'aurais aimé, et je m'étais préparé, au débat, ce qui était le cœur d'une campagne présidentielle. Je pense que notre pays souffre terriblement qu'il n'y ait pas eu de campagne présidentielle. Parce que, comme c'est l'élection maire dans notre pays, on a besoin de purger démocratiquement les grands sujets. Même quand on perd, on se dit, au moins, il y a eu un débat, un arbitrage, c'est le vote. Donc, on souffre qu'il n'y ait pas eu de campagne. Donc, j'aurais aimé avoir des débats, pas simplement avec le président Macron, mais évidemment, avec les autres candidats à l'élection présidentielle. Après, moi, j'ai toujours porté une écologie réalo.

Je l'assume complètement. Je le raconte dans mon bouquin. Moi, je suis pour une écologie des compromis. Je suis pour une écologie qui ne flatte pas les militants, mais essaye de convaincre celles et ceux qui doutent. Et il y en a beaucoup aujourd'hui. vous voyez bien comment, finalement, malheureusement, l'écologie politique est en train, sur le fond, de disparaître du paysage politique. Ça ne me convient pas.

42:20
Yannick Jadot

Mais c'est ce qui est surprenant dans votre profil, c'est que les coups d'éclat médiatiques, ça vous connaît. Vous avez fait des études d'économie de développement à Paris-Dauphine. Vous partez en mission humanitaire au Burkina, face au Pio-Bangladesh. Et l'activisme s'impose d'abord pour l'ONG Solagral qui conseille associations et syndicats agricoles, puis chez Greenpeace. Est-ce que, paradoxalement, aujourd'hui, vous n'êtes pas trop sages ? On entend Marine Tondelier, on entend Sandrine Rousseau, vous avez du mal à vous imposer, on va dire, dans le son médiatique.

42:55
Invité

Peut-être. Vous avez raison. J'avoue que j'éprouve certaines difficultés avec la façon dont se mène le débat politique aujourd'hui. Je ne vais pas vous raconter d'histoire. J'ai écrit un bouquin qui essaye de démontrer, c'est un livre-enquête sur pourquoi nos sociétés n'avancent pas. Qu'est-ce que doit devenir l'écologie politique ? Je ne fais pas un bouquin sur ma vie, mon œuvre. Ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, je pense que les Françaises et les Français attendent du compromis. Ils le disent à chaque enquête. Ils attendent des formes de modération, de bienveillance, de sérénité.

Mais reconnaissons que ça n'est pas, et vous êtes des experts du débat médiatique, ça n'est pas ce qu'on valorise aujourd'hui dans le débat médiatique. On préfère le buzz à l'argument, l'invective à la controverse et des coupables aux solutions.

43:55
Yannick Jadot

Mais est-ce que vous n'auriez pas dû finalement peut-être avoir une autre stratégie ? Je reviens à votre bascule politique en 2009. Vous cofondez Europe Écologie pour réanimer des verts qui sont en crise. Vous vous faites élire au Parlement. Votre mentor, Daniel Cohn-Bendit, est devenu macroniste en 2017. Et vous, vous justement qui prenez une écologie de gouvernement, est-ce que ça ne vous a jamais traversé l'esprit de se dire allons-y ?

44:19
Invité

Allons-y où ?

44:19
Yannick Jadot

Avec Emmanuel Macron, faire cette fameuse écologie de gouvernement. Daniel Cohn-Bendit a fait le grand saut.

44:26
Invité

D'accord. Enfin, regardez le bilan. Là, on va être à moins 0,8% de baisse de nos émissions de gaz à effet de serre. Quelles sont les grands... l'écologie avec la jeunesse et les associations et l'aide publique au développement sont les budgets les sacrifiés. On est... Mais vous prétendez dans le désert,

44:49
Yannick Jadot

Yannick Ladeau.

44:49
Invité

Oui, non, mais attendez. Vous connaissez trop la politique pour penser que quand vous êtes ministre, c'est vous qui décidez en dehors de Bercy, en dehors du Premier ministre, en dehors du Président de la République. Je vois sur une autre chaîne, là, sur un de vos écrans, Jean-Louis Borloo, il a payé très cher le fait que tous les engagements que nous avions construits au Grenelle de l'environnement ont été sabordés par le Président de la... Sarkozy à l'époque qui a dit l'environnement, ça commence à bien faire. Le Président Macron a dit il faut faire une pause environnementale. Rénovation des logements divisée par trois, trois vagues de froid, 30% des Français ont froid aujourd'hui.

40% des Français n'arrivent pas à payer. Et on réduit là où il y a 100 000 emplois à mettre sur la rénovation des logements. Aide à la mobilité, on parle de la voiture électrique, réduction par trois fonds verts de nos collectivités pour nous adapter Vous mèneriez

45:46
Présentateur

une autre politique. Je crois qu'on a compris, Yannick Jadot. Oui, mais c'est ça le sujet. Le temps avance. Je vous emmène sur la carte blanche. On vous a demandé, comme tous les dimanches, de venir avec une carte blanche. Un focus sur quoi ce dimanche ? Votre carte blanche.

46:01
Invité

Justement, parce qu'on est souvent percuté par les mensonges, le lait, les idées, les comportements vils, ma carte blanche c'est autour du beau, de la beauté. Quand j'étais à cette marche blanche hier, il y avait du beau au sens de il y a quelque chose qui nous dépassait, quelque chose qui faisait fraternité, quelque chose qui nous rapprochait, qui nous réconciliait. J'ai ressenti la même chose le 13 novembre sur les cérémonies du 13 novembre et je ressens la même chose quand je suis dans la nature. Moi, je pense qu'il y a du beau partout qui nous entoure, chez les personnes comme dans la nature. Il faut retrouver nos capacités d'émerveillement.

Le beau, c'est quelque chose à la fois qu'on ne maîtrise pas et je pense que l'humanisme... Mais c'est quoi le message que vous voulez faire passer ? Est-ce que c'est un message anti-radicalité ? Il y a plein de choses qu'il y a plein de choses. La nature est magnifique, il faut la protéger d'abord parce qu'elle est magnifique. Moi, je n'ai jamais dit qu'il faut sauver la planète, il faut l'aimer en fait. Je n'ai jamais dit presque qu'il faut sauver l'humanité comme espèce, je veux dire, c'est une des espèces qui doivent disparaître, il faut la sauver comme culture, comme civilisation.

Et je pense que dans notre société, on est percuté encore une fois par le mensonge, par le lait et qu'il y a dans le beau une vérité qui s'impose à nous. Et je pense que... Mais attendez, on ne peut pas simplement être soulagé. Un sujet très concret. On ne peut pas simplement vivre un moment de soulagement quand il y a les JO. Parce que d'un seul coup, on refait société et ne pas s'intéresser à ce qui nous anime et ce qui est supérieur. Quand vous voyez, j'ai vu cette semaine un tableau de La Tour qui est en ce moment en exposition. Quand vous écoutez de la musique, quand vous regardez...

47:48
Présentateur

Est-ce que vous êtes contre les actions radicales écologistes, par exemple, quand on jette de la sauce tomate

47:53
Invité

sur du beau ? Ça, oui. En plus, on le fait... Déjà, je suis contre parce que je pense que la nature et la culture, c'est exactement le même combat. Mais quand vous le faites sur Van Gogh qu'a magnifié le beau de la nature par sa beauté intérieure, je trouve ça... Je pense que personne ne comprend rien et je pense que ça ne nous aide pas.

48:13
Présentateur

Vous êtes contre ce genre d'action. Vous dites aussi qu'on ne fait rien de pire. Et là, c'est en référence à Sandrine Rousseau. Chez les écolons, on ne fait rien de pire que de condamner les barbecues. C'est le pire, ça.

48:24
Invité

Oui, parce qu'en fait, qui est, et nous le portons, un débat et un enjeu sur la réduction de notre consommation de vente, c'est une évidence. Tous les médecins le disent, tous les climatologues le disent. En revanche, s'attaquer à ces moments de convivialité, c'est toujours mettre les écologies dans quelque chose où on va vous dicter votre vie. Et effectivement, l'écologie politique que je porte, eh bien aujourd'hui, quand les Françaises et les Français, comme dans toutes les démocraties, sont angoissés par le futur, tétanisés, angoissés par le présent, qui s'interrogent sur leur identité, eh bien oui, on doit répondre à ce sujet-là parce que c'est une angoisse.

On ne peut pas laisser l'extrême droite répondre seule à cette angoisse intime et collective de la société française avec un registre de nationalisme xénophobe.

49:12
Présentateur

L'écologie politique, à quoi ressemblera-t-elle en 2027 ? C'est la séquence de Françoise Fresseuse.

49:18
Invité

Y a-t-il place pour une candidature écologique ? Serez-vous, vous, candidat à la prochaine élection présidentielle ? Ce n'est pas mon intention première, je l'ai déjà dit. Pas première, mais ça peut être seconde. Non, mais moi, je ne laisserai pas le paysage politique de 2027 sans l'écologie pour laquelle je me suis battu et qui concerne énormément aujourd'hui d'entreprises, énormément de collectivités, de chercheurs, évidemment, de citoyennes et de citoyens engagés qui ont, je crois, envie que nos sujets ne disparaissent pas de l'agenda politique et que, vous voyez bien, il n'y a plus que les écolos qui parlent d'écologie et trop souvent, je trouve qu'ils n'en parlent pas comme il faudrait.

Alors, Marine Tandelier est candidate à l'élection présidentielle, est-ce que vous allez la soutenir au nom de cette défense de l'écologie politique ? Écoutez, j'ai une relation très saine et très amicale avec Marine Tandelier qui fait un boulot extraordinaire, mais on se dit les choses très franchement. Et qu'est-ce que vous lui dites très franchement ? La ligne politique qu'elle défend aujourd'hui ne me convient pas. Alors, dites-moi pourquoi ? Parce qu'en fait, l'écologie, aujourd'hui, c'est devenu la thérapeute de couple de la gauche entre les insoumis et les socialistes.

C'est-à-dire qu'en fait, notre rôle, c'est d'organiser la gauche et je pense qu'il y a quelques années et je pense que c'est une nécessité absolue, nous devons recomposer le paysage politique autour de nos sujets qui sont essentiels. Je l'ai dit, les usines, le logement, évidemment, derrière le climat et l'agriculture. Bon. Et donc, moi, je ne satisfais pas que, là, là, encore une fois, l'écologie politique soit réduite à ce rôle d'animateur de la gauche et puis, avec une sorte de... où on bidore les enjeux de valeur, où on considère qu'en fait, on invite toute la gauche du NPA à Hollande, de Mélenchon à Glucksmann à participer à une prime. Donc, ça veut dire quoi ?

C'est-à-dire que si Mélenchon, il la gagne, nous soutenons la candidature de Jean-Luc Mélenchon. C'est un no-go pour moi. Même pas. Il y a une telle dérive sur les questions démocratiques. Un profil à Glucksmann, ça vous convient mieux ? On va voir qui s'affirme. Pour l'instant, personne n'est en campagne. Moi, je ne connais pas le projet de Raphaël Glucksmann ni des autres personnes du spectre que j'appelle la social-écologie, en fait, qui est la gauche non-mélenchoniste aujourd'hui, qui va de Ruffin à Glucksmann à Marine Tondelier. Donc, j'attends de voir quelle sera l'offre qui sera sur la table. Est-ce que, et je l'espère, nous pourrons cheminer ensemble à avoir une candidature commune ?

Mais moi, effectivement, je veux une écologie qui pèse dans le débat politique, qui permet d'agir et qui convainc les non-convaincus ou celles et ceux qui doutent. C'est-à-dire d'élargir, y compris, par exemple, le macroniste de gauche ? Je ne sais pas bien ce que ça veut dire aujourd'hui, macroniste de gauche. Il y a une telle dérive du macronisme, alors que c'est l'aile gauche du macronisme à ce moment-là. Mais à eux et à elles de se retrouver. Quand je lis Pascal Canfin, et il est aujourd'hui chez Macron, défendre l'industrie automobile ou critiquer, au fond, une bonne partie de ce qu'est le macronisme aujourd'hui, j'espère qu'il se retrouvera dans cette sociale écologie.

Mais c'est leur démarche. Ça n'est pas, moi, encore une fois, la question, c'est comment on s'adresse à la société ? Et je dis, dans ce livre, j'explique à quel point nous devons avoir une approche absolument obsessionnelle du vécu et du quotidien des Français. Je veux dire, en fait, ce n'est pas les limites de la planète, le climat, la neutralité carbone et au bout de 5 minutes, quand vous avez perdu tout le monde, vous parlez du logement, on commence par le logement. On va transformer votre logement. On va améliorer votre santé. On va faire que votre quartier vive et que les associations soient présentes.

Et si ça permet, et ça permettra de lutter contre le dérèglement climatique, vous voyez, c'est une inversion complète de nos hiérarchies.

53:18
Présentateur

On termine avec 50 secondes de vrai ou faux. Je démarre. Sous les halles, sur un camion poubelle devant une piste cyclable, vous ne ratez aucune vidéo de Rachida Dati en campagne à Paris. Vrai ou faux ?

53:29
Invité

Alors,

53:30
Locuteur non identifié

je les rate. Vrai ou faux ? Je ne sais pas. Je n'ai pas compris la question. Est-ce que je regarde les vidéos de Rachida Dati ? Non.

53:37
Présentateur

Il faut interdire Chine. Vrai ou faux ? Oui. Ce n'est pas vrai ou faux,

53:42
Invité

c'est oui.

53:43
Présentateur

Il faut reprendre les propositions de la Convention citoyenne sur les temps scolaires.

53:47
Invité

Ah oui, c'est ce que j'avais porté dans ma campagne présidentielle. Je suis très heureux que les conclusions corroborent ce que j'ai porté pour améliorer et évanouir nos enfants. Vous voyez, ils mettent l'éveil à l'émerveillement et à la nature.

54:02
Présentateur

Vous avez refusé le ministère de la Transition écologique que vous a proposé François Bayrou. Vrai ou faux ? Raphaël Glucksmann a raté cette semaine son duel face à Éric Zemmour. Vrai ou faux ?

54:10
Invité

Je suis désolé, j'étais entre le Congrès des maires et le débat budgétaire. Mais il y a des replays parfois. Je n'ai pas regardé.

54:18
Présentateur

Vous achèterez le livre de Nicolas Sarkozy, le journal d'un prisonnier. Vrai ou faux ?

54:22
Invité

Sûrement pas. J'achèterais plutôt celui des victimes du décès 10, des 170 victimes, dont 54 Français, qui sont morts du fait des terroristes libyens avec qui Nicolas Sarkozy a fait des affaires.

54:34
Présentateur

Yannick Jadot, merci d'avoir répondu à nos questions politiques. à toutes et tous un excellent week-end. Jadot.

54:40
Locuteur

Jadot. Jadot.

Pas en phase avec Tondelier, Jadot regrette que "l'écologie" soit devenue la "thérapeute de couple de la gauche" — Yannick Jadot · Pourquijevote