L'Événement du dimanche LCI : Xavier Bertrand
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Bienvenue dans l'événement du dimanche Chelsea, ravi de vous retrouver, notre invité ce dimanche, Xavier Bertrand, bonjour. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation, je le rappelle, Président Les Républicains de la région Hauts-de-France. Une heure d'entretien avec, à mes côtés pour vous interroger, Nicolas Domenac, bonjour, et François Langlais pour la partie économique, notamment une émission, je vous le rappelle, à suivre également en direct sur tous les réseaux sociaux TF1 Info, loi immigration, rendez-vous, ou nouveau rendez-vous d'Emmanuel Macron avec la Nation, ou encore pouvoir d'achat, on en parlera avec vous évidemment.
Mais d'abord, cette annonce de la ministre des Solidarités et des Familles Aurore Berger, 5 mois notamment après les émeutes qui ont touché le pays, des sanctions pour les parents défaillants, elle l'explique notamment dans la tribune dimanche, le paiement d'une contribution financière pour les parents d'enfants coupables de dégradation, bonne idée, ou pas ? Est-ce que vous appliqueriez ça dans votre région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand ?
C'est à la fois ce que je demande sur le plan national depuis des mois, et c'est aussi ce que je fais à ma façon dans la région des Hauts-de-France. Donc que le gouvernement décide d'en faire une politique générale, c'est très bien, je serais tenté de dire enfin.
Ça arrive trop tard ?
Non, mais le Code civil prévoit les choses. On a la responsabilité du fait de ses enfants. Donc ce qui est appliqué aujourd'hui, c'est tout simplement le droit.
Quand vous dites que vous le faites dans les Hauts-de-France, c'est-à-dire ?
Je vais vous expliquer, je vais vous donner des exemples très concrets. J'ai un enfant d'une douzaine d'années qui a mis le feu à un bus scolaire. Préjudice très important. Je demande au transporteur qui agit pour le compte de la région d'engager une action en justice en demandant le remboursement. Et là on me dit, à quoi ça sert ? L'assurance va payer. Or, il y a un problème de responsabilité. Les assureurs se font au tout départ un petit peu tirer l'oreille pour engager aussi cette action. J'ai vraiment insisté en indiquant que si on travaillait pour la région, on était en conformité avec ce que souhaitait la région, le président de région, et on a été jusqu'au bout.
Et donc les parents devront rembourser une partie du sinistre. Même si c'est quelques dizaines d'euros par mois, il y a un principe qui est simple.
C'est le symbole.
Qui casse, paye. Et même si c'est évidemment pas l'assurance des parents qui pourra payer, il faut montrer qu'on est responsable. Dans une société où aujourd'hui tout part à volo et on se dit qu'il n'y a rien à faire, c'est comme ça. S'il y a à faire. Et si tous les responsables, quels qu'ils soient, prennent leur responsabilité et demandent aux uns et aux autres de les prendre, comme le fait aujourd'hui Aurore Berger, eh bien je suis intimement convaincu qu'on remettra l'église au milieu du village.
Nicolas ? Alors Xavier Bertrand, on peut comprendre le souci d'avoir des règles. Mais je vais vous donner trois chiffres, vous m'en excuserez. 60% des mineurs qui ont comparu après les émeutes veulent être familles monoparentales. Donc les familles monoparentales représentent 25% de l'ensemble des familles, mais les enfants vivant dans ces foyers vivent au-dessous du seuil de pauvreté à 41%. Autrement dit, est-ce qu'on ne va pas impliquer une double peine ? Comment éviter ça ?
Nicolas Domélac, même si c'était 10 ou 15 ou 20 euros par mois, Le vrai sujet, c'est qu'il faut demander réparation. C'est ça le problème. C'est que vous posez aussi une autre difficulté, c'est les familles monoparentales qui aujourd'hui n'arrivent pas à s'en sortir, ce sont les questions de pouvoir d'achat. Je pourrais vous en parler parce que c'est vrai que dans la région des Hauts-de-France, on aide les familles qui travaillent, qui ont parfois du mal à s'en sortir, et qu'on aide davantage aussi les familles monoparentales. Je suis d'accord avec vous.
Mais on ne peut pas aussi en permanence être derrière une forme d'excuse généralisée, en disant que c'est difficile, on va rendre les choses plus compliquées. Il fut une époque où il y avait, vous savez, la suspension des allocations familiales, quand il y avait absentéisme scolaire. Cette loi a été cassée, après 2012, par les gouvernements de François Hollande. Ce qu'on disait, elle ne sert à rien, ça ne marche pas. Non, elle servait, il y avait de moins en moins de cas, parce qu'il y a beaucoup de parents qui, pour continuer à toucher les allocations, eh bien, renvoyaient leurs enfants à l'école.
Ce n'est pas parce qu'ils avaient redécouvert le chemin de l'école, c'est parce qu'il y avait cette question. Je suis intimement convaincu que si chacun fait preuve de fermeté pour les responsables, et donc il y aura derrière davantage de responsabilités...
Mais pour ces familles très précaires, pardonnez-moi pour poursuivre la question, Nicolas, ce n'est pas la double peine ?
Et il y a combien de familles précaires qui savent aussi tenir leurs enfants ? Qui savent aussi élever leurs enfants ? Cela, on n'en parle jamais. Donc je sais que les choses sont difficiles quand il y a l'un des parents qui est défaillant, qui n'est pas là, ou qui parfois même ne verse même pas sa pension alimentaire. Ça, c'est un scandale, et pour ne pas dire un délit, je pense même que c'est un crime de ne pas verser les pensions alimentaires.
Mais une chose est certaine qu'aujourd'hui, je reviens là-dessus, vous me posiez la question, je vais être très clair, que le gouvernement se décide à appliquer les textes, oui, c'est bien, mais encore une fois, tout le monde doit le faire, quel que soit le niveau où il exerce des responsabilités.
Alors quand on dit attentivement au Berger, il y a deux points. Il y a les sanctions financières, vous l'avez évoqué, vous êtes d'accord, mais il y a aussi les travaux d'intérêt général. Est-ce que pratiquement c'est faisable ? Comment est-ce que ça peut fonctionner ? Ça voudrait dire qu'il faut des gens, d'abord il faut les définir, ces travaux, il faut des gens pour surveiller. Est-ce que là, on n'est pas dans de l'affichage un peu politique ? Écoutez, à elle de le dire, je ne suis pas le porte-parole du gouvernement. Est-ce que vous pensez sur la faisabilité ?
On dit aussi qu'il faudrait, d'une certaine façon, une forme d'école des parents, pour un certain nombre de parents qui sont défaillants et qui voudraient savoir comment mieux faire. Est-ce que c'est dans cet esprit-là ? J'en sais rien, à elle de le dire.
Alors, il y a un souci de rétablissement d'autorité de la part du gouvernement, très manifeste, depuis quelques semaines, peut-être quelques mois, notamment la part du ministre de l'Éducation, qui veut rendre l'autorité au professeur, Horbert Berger, qui parle autorité, autorité, autorité, mais est-ce que l'autorité n'implique pas quand même aussi un certain type de comportement politique ? Je pense, bon, au chahut, à la bordélisation de l'Assemblée nationale, au président du Sénat qui dit ta gueule à notre responsable politique, et au président de la République qui, hier encore, s'affichait avec un maillot de foot du président...
Offert par le président argentin.
Offert par le président argentin, avec un gros mot au-dessus. Il y a quand même un comportement politique. Vous vous souvenez que le général de Gaulle disait qu'il n'y a pas d'autorité sans prestige, ni prestige sans éloignement. Est-ce que ça ne manque pas un peu, ça ?
Et si on revient aussi à l'exemple qu'il donnait, la façon d'exercer sa responsabilité, c'est que la politique doit renouer à la fois avec vision, résultat et éthique. Il n'y a plus de vision aujourd'hui. Où va le pays ? Où est-ce qu'on emmène les Français ? Est-ce qu'on reste un grand pays ? Oui ou non ? C'est ce à quoi je crois. C'est pourquoi je m'implique en politique. Les résultats, je pense que la crise de la politique, Nicolas Domenac, c'est aussi beaucoup une crise du résultat. Il y a une obligation de résultat pour les politiques. On ne doit pas faire le mieux possible. On doit continuer à vouloir changer, améliorer la vie des Français.
Et puis l'éthique, c'est aussi, comme vous le disiez également, c'est ne pas céder à toutes les sirènes de la communication matin, midi et soir. Je vais jusqu'au bout de mon raisonnement. Je pense foncièrement que beaucoup de politiques ont intériorisé l'impuissance politique. Ce n'est pas mon cas, mais je vois beaucoup l'ont intériorisé ou même théorisé. C'est l'Europe, c'est la justice, c'est les technocrates, c'est la finance, ce sont les règles budgétaires, ce sont les agences de notation. Eh bien non. La politique, elle permet encore de bouger les choses et il faut se battre. Se battre pour un idéal et se battre pour les Français.
Et beaucoup, leur énergie et leur intelligence, ils sont avec de l'énergie et de l'intelligence, ils ont décidé de la reporter sur la communication. C'est le fait divers sur lequel on rebondit, c'est la polémique sur laquelle on embraye, c'est l'annonce, l'effet d'annonce. Ça va faire une journée complète sur les réseaux sociaux, notamment, aussi sur les chaînes d'information, mais à la fin de la journée, la vie des Français n'a pas changé. La vie des Français est toujours la même. Alors, de grâce, un peu moins sur la communication et un peu plus sur l'action.
Vous me disiez tout à l'heure, tiens, sur les résultats que l'on attend, j'ai saisi à différentes reprises le garde des Sceaux, après les émeutes, pour dire, il y a eu tant d'interpellations, il y a eu tant de condamnations, mais au fait, est-ce que vous pouvez nous dire exactement quel a été le bilan judiciaire ? Quand il y a eu des condamnations à de la prison, combien de personnes ont fait l'objet d'un mandat de dépôt ? Et quand il s'agit de mineurs, combien de parents ont été condamnés à verser ? Je n'ai jamais eu cette réponse.
Vous n'avez jamais eu de réponse de la part d'Éric Dupont-Moretti ?
Et j'ai écrit à la bonne adresse. Mais est-ce qu'il n'y a pas, je reprends la question de Nicolas, vous évoquez les résultats, c'est évidemment très important, mais une question de ton, de détérioration du ton des politiques qui est spectaculaire depuis quelques années ?
Oui, parce qu'on a le sentiment, et là, la France insoumise joue un rôle terrible. Ou le président du Sénat. Un rôle dégradant. C'est en réponse à qui ? C'est en réponse à Jean-Luc Mélenchon. Vous savez, vous connaissez Gérard Larcher ? Ce n'est pas dans ses habitudes. C'est vraiment qu'il était à bout. C'était en plus, si je ne me trompe pas, fin d'émission, on voit que c'est quelque chose qui n'était pas préparé. Je pense que le débat politique doit garder au maximum de la hauteur, c'est vrai. Mais il est vrai aussi, quand vous voyez l'Assemblée nationale aujourd'hui, le spectacle qui est donné, et à cause de qui en premier ? De la France insoumise et de M. Mélenchon.
On va revenir d'ailleurs.
Il fait ce choix d'ailleurs. Il fait ce choix, parce que plus il y a le chaos, plus ça leur profite, pensent-ils. Eux, ils ont besoin d'installer une sorte de chaos politique qui commence par un chaos médiatique. Ça n'a rien de républicain comme comportement, l'attitude de la France insoumise.
On va revenir d'ailleurs sur ce qui pourrait se produire à l'Assemblée dans les prochains jours. Demain, d'abord sur l'ambiance, l'atmosphère actuelle en France. Certains ont parlé de basculement de la société, notamment à l'issue d'un fait divers tragique à Crépaule, de France face à face. Et on a les propos récents rapportés dans le journal Le Monde du chef de l'État, qui indique que le moment est venu, dit-il, d'un rendez-vous avec la nation, regrettant que les tensions soient exploitées par certaines élites politiques, dit-il, qui jouent sur les peurs, qui entretiennent la confusion des esprits.
Alors déjà, Xavier Bertrand, en tant que membre des Républicains, est-ce que vous vous sentez visé par cette attaque précise du Président de la République ?
Certainement pas. Il me semble que nous avons eu, pour ma part, je suis un opposant déterminé, mais toujours eu un comportement républicain,
quel que soit la famille politique. Vous décrivez ceux qui tweetent à longueur de journée, qui ont au moindre fait divers, aux moindres attaques, parfois terroristes, mais qui n'ont pas les éléments, qui sont tout de suite sur leur téléphone, à décréter et à faire l'enquête avant l'enquête.
On a le droit aussi de tourner cette fois son pouche dans sa poche avant de tweeter, très clairement, c'est pas interdit, d'avoir aussi un peu de recul par rapport à ce qui se passe en ce moment. Mais vous parlez de la situation intérieure, mais prenons la situation dans le monde.
Je voyais sur l'antenne, sur votre antenne, juste avant de rentrer sur ce plateau, ce qui se passe aux Etats-Unis, avec les universités américaines qui sont devenues complètement folles, à force d'avoir ouvert grande leur porte au wokisme, à la remise en question de tout, on en est à dire, notamment une présidente d'université, je ne sais pas si c'est celle qui a démissionné, que le génocide, est-ce que ça existait ? Ça dépend de quel point de vue on se passe. Mais qu'elle démissionne, mais qu'elle s'en aille.
Parce que vous voyez, sur cette idée de ce point de bascule, avec ce qui s'est passé le 7 octobre, la question qui se pose, mais pour l'ensemble de la planète, c'est, est-ce que l'on restaure de l'humanité, ou est-ce qu'on laisse s'installer la barbarie ? Parce que ce qui s'est passé le 7 octobre, c'est de la barbarie. Et donc, il faut bien comprendre que ce point de bascule, il n'est pas seulement franco-français, est-ce que les démocraties ont encore de l'avenir ? Bien sûr qu'elles ont de l'avenir.
Mais ça dépasse nos frontières.
Est-ce que l'humanité, est-ce que la part d'humanité qu'on a en nous, c'est ce que l'on met en avant, ou est-ce qu'on se résigne à voir la barbarie triomphée ? C'est de l'ordre ou du désordre. Et c'est un enjeu clé pour nos démocraties, parce que nos démocraties doivent se protéger beaucoup mieux qu'elles ne le font aujourd'hui, parce qu'autrement, vous aurez beaucoup de nos concitoyens qui seront à dire, pour avoir plus de sécurité, on peut faire reculer les libertés, c'est pas grave. Si c'est grave.
On peut marier les deux, très clairement,
mais il faut aussi faire preuve d'énormément de lucidité, il faut être très concret sur des mesures, et vous l'évoquiez tout à l'heure, un peu moins d'annonces, et un peu plus de résultats, avec notamment des Français qui aujourd'hui veulent être protégés. C'est pas compliqué à entendre.
Jeudi dernier, la Première Ministre a évoqué le sentiment d'insécurité, donnant le sentiment au fond que l'insécurité et le sentiment d'insécurité, ça n'était pas la même chose, ça peut paraître pour du déni, entre ceux qui sont, ou qui peuvent paraître comme étant dans le déni sur cette question, et puis à l'autre extrémité, ceux qui disent, on va vers la guerre civile, deux Frances qui s'affrontent, où est la place de l'homme politique, où est la place juste de l'homme politique sur cette question qui préoccupe beaucoup les Français ?
Cette phrase de Mme Borne m'a scandalisée. Je crois qu'elle était collaboratrice de Lionel Jospin, ça se voit, c'est le retour de la pensée de Lionel Jospin avec le sentiment d'insécurité. Non, mais le sentiment que la violence, ce n'est pas un sentiment, c'est une réalité tous les jours. Comment voulez-vous que le gouvernement, que la majorité, se décide à enfin agir fermement, quand vous avez la première ministre qui vous dit, il y a le sentiment que la violence augmente ? C'était en 2020, si je ne me trompe pas, que je parle de cette France orange mécanique avec la violence.
J'avais été particulièrement choqué par ce qui s'était passé, je crois que c'était à Bayonne, avec ce conducteur de bus qui avait été massacré.
Passé à tabac, en effet.
Passé à tabac et massacré. C'est qu'on voit aujourd'hui que l'hyperviolence se développe de plus en plus. Mais il y a une réponse à cela. Ce n'est pas seulement l'action des forces de l'ordre qui font le maximum, mais c'est aussi l'action de la justice. C'est-à-dire des peines plus lourdes ? Nous avons un code pénal qui prévoit des peines qui peuvent être très lourdes. Il faut l'appliquer. Mais il faut également que nous ayons absolument, en France, la culture de l'application des peines, de l'exécution des peines.
Vous pensez que la justice ne fonctionne pas ?
Pas bien ? Pas assez bien ? Je pense qu'on a besoin, à chaque fois que le parquet, c'est-à-dire le gouvernement, fasse appel quand on estime que les peines ne sont pas assez fortes, mais pour ma part, je suis convaincu qu'il nous faut aujourd'hui avoir dans un certain nombre de sujets des peines minimums. Le code pénal prévoit des peines maximums. Il doit y avoir des peines minimums. Ce sont les peines planchers qu'avait évoquées Nicolas Sarkozy il y a une quinzaine d'années. Oui, mais qui avaient aussi fonctionné.
Je pense que quand on s'en prend à un dépositaire de l'autorité publique, un policier, un gendarme, un pompier, un maire, ceux qui sont aussi au service de l'intérêt général, si justement on s'en prend à eux, il doit y avoir à l'issue d'un procès un juge qui a à choisir entre une peine minimum et une peine maximum. Et je suis intimement convaincu que là, nous aurons un véritable changement d'attitude de la part de beaucoup. Beaucoup de policiers et puis aussi un certain nombre de magistrats qui sont convaincus qu'il faut davantage de fermeté me disent, en face, ils sont beaucoup plus lâches que vous ne le pensez, mais ils doivent sentir que l'État est ferme.
Et c'est ça qui fonctionne dans toutes les démocraties. Quand l'État est vraiment ferme, en face, ils se tiennent davantage à carreau.
Mais pour vous, il y a un déni de réalité de la part aujourd'hui du gouvernement ?
Et notamment de Mme Borne. Cette interview, on est la parfaite illustration.
Xavier Bertrand, j'aimerais vous interroger sur une image qui a beaucoup été commentée. Emmanuel Macron, jeudi soir, qui a reçu à l'Élysée le prix annuel de la Conférence européenne des rabbins. À cette occasion, le grand rabbin, justement, de France a allumé sous les yeux du Président une bougie de Hanouka au premier jour de cette traditionnelle fête juive. Faites-vous partie de ceux qui ont été interpellés, voire plus choqués de ce qui s'est déroulé dans la salle des fêtes, encore une fois, du palais présidentiel ?
Oui, bien sûr. Et je pense que le Président de la République aurait dû faire une chose. C'est se rendre dans une synagogue. De rendre dans une synagogue pour participer, justement, à cette fête. Ce qui était une façon de montrer que la République était avec les Juifs et protégeait les Juifs.
Parce qu'encore une fois, pour vous, la laïcité n'est pas l'effacement du fait religieux.
Certainement pas. La laïcité est la protection des religions.
Mais pas à l'Élysée.
Mais pas à l'Élysée. Pas au palais de l'Élysée. Et ça nous fait encore une polémique supplémentaire. Mais encore une fois, que le Président de la République se rende dans une synagogue, comme il peut aussi se rendre à la grande mosquée pour la rupture du jeûne, ou qu'il se rende, effectivement, dans une église ou une cathédrale,
où il est à l'Élysée. Le ministre de l'Intérieur en tant que ministre des Cultes le fait régulièrement.
Ça ne pose aucune difficulté, même pour le Président. Surtout à un moment où nos compatriotes juifs doivent savoir qu'on est là pour les protéger. On est à leur côté. Et Dieu sait si avec la recrudescence des faits antisémitiques, il y a besoin, justement, de marquer cela. Mais pas au palais de l'Élysée, évidemment.
Nicolas ? Vous étiez de ceux qui ont participé à cette grande marche contre l'antisémitisme et pour la République. Est-ce que vous... Deux questions. Est-ce que vous pensez que le Président a voulu rattraper, au fond, son absence en se laissant aller à cette allumage de bougies, si je veux dire ?
Oui, c'est possible qu'il ait eu cette idée en tête.
Et la deuxième question, au fond, il a une conception, Emmanuel Macron, assez louvoyante de la laïcité. Il s'est attaqué aux laïcars pendant un moment, puis à l'autre moment, il a semblé plus compréhensif. Et j'ai renoncé
à comprendre.
Ah, vous avez renoncé à comprendre.
C'est trop complexe.
Quand on sonde les musulmans, ils disent, au fond, que c'est une laïcité
discriminatoire. La laïcité, elle s'impose à tous, elle protège toutes les religions et elle s'impose à toutes les religions. Faites allusion à un sondage que j'ai vu. Attendez, il n'y a aucune loi au-dessus de la loi de la République. Et notamment que pour certains de nos compatriotes musulmans, et notamment pour des jeunes, de penser que la charia pourrait être au-dessus de la République, ça montre que nous avons besoin d'une nouvelle offensive républicaine et que la laïcité est l'occasion de bien montrer que cette nouvelle offensive républicaine, elle s'impose à toutes et à tous. Ce sondage est chiffre très préoccupant, en effet.
nous ne pouvons pas avoir beaucoup de nos compatriotes qui se disent non, il y aura des arrangements avec la laïcité, il y aura des arrangements avec les règles républicaines, c'est tout simplement impossible. Et moi qui fais bien la différence entre les musulmans et les islamistes, je le dis également, il nous faut être intraitables avec l'islam politique et bien comprendre que les islamistes ont décidé d'engager une guerre contre nous, ce que nous sommes, et peut-être plus la France que d'autres, en raison de cette laïcité à la française, mais que la laïcité à la française, elle protège les religions, mais alors elle s'impose à toutes les religions.
J'aurai l'occasion avec mon mouvement Nous France de faire des nouvelles propositions dès le début de l'année sur ce sujet qui est un sujet clé et vous voyez, vous en avez beaucoup parlé depuis tout à l'heure, il y a un préalable aujourd'hui si l'on veut mettre un terme au désordre que l'on connaît partout, le désordre dans les têtes, le désordre dans la rue, le désordre dans beaucoup de domaines, c'est le retour de l'autorité, c'est un préalable. C'est un préalable. Les Français se sont toujours tournés vers l'État pourquoi ? Pour les protéger en premier.
C'est la sécurité, c'est la justice, c'est prendre en main enfin notre politique migratoire, c'est lutter contre le terrorisme qui est aujourd'hui essentiellement islamique, c'est ça la priorité. Ça ne fait pas tout d'un projet de société, mais c'est le préalable à tout. François Langlais, quand il me regarde, je sais bien que derrière, il y a toute la partie économique, par le travail notamment, mais le préalable, c'est l'autorité et aujourd'hui, cette autorité, ceux qui nous gouvernent n'ont pas compris que c'est le besoin essentiel et premier de nos concitoyens.
À propos justement de ces questions de religion et de laïcité, Noël approche, un certain nombre d'élus municipaux installent une crèche à l'hôtel de ville. Quelle est votre préconisation pour l'hôtel de région
que vous présidez ? Ça n'a jamais été le cas, mais si ça avait été la tradition, je continuerais cette tradition parce que je n'oublie pas que la France est un pays de tradition judéo-chrétienne et on n'oublie pas ces traditions. Voilà.
On évoquait l'Assemblée nationale demain, Xavier Bertrand, le sort de la loi immigration est décidément très incertain. La motion de rejet déposée par les écologistes a-t-elle des chances d'être atopée demain midi ? Ce qui interromperait littéralement les débats. Ça dépend en partie du Rassemblement national et de votre famille politique. Ce matin, dans Le Parisien, Éric Ciotti laisse entendre qu'il faudrait voter cette motion de rejet parce que d'abord, premièrement, vous n'êtes pas parlementaire mais vous trouvez que c'est une attitude et qu'il a raison.
Alors on va essayer d'y voir clair sur là où nous en sommes. Qui n'est pas forcément
très simple quand on suit votre famille politique.
Attendez, soyons sérieux. Ce n'est pas nous le véritable sujet. Ce n'est pas nous le véritable bon sujet.
Vous êtes quand même au centre de beaucoup, beaucoup d'intérêts.
Moi je vais vous dire clairement ma position. Vous voyez la version qui est sortie du Sénat. La version qui est sortie du Sénat, je la vote dès demain. Je la vote. C'est cette version-là qui aujourd'hui...
Version amendée par la Commission des lois à l'Assemblée ?
Pas amendée, complètement transformée, complètement déshabillée. Donc la version qui sort du Sénat, moi je la vote et j'appelle les parlementaires LR à voter la version qui est sortie du Sénat. C'est à mon sens le meilleur compromis qu'on peut obtenir entre le gouvernement qui ne peut pas ou ne veut pas aller plus loin mais ce qui permet quand même d'apporter de premières vraies réponses. Pour vraiment aller beaucoup plus loin, pour être efficace, je suis convaincu également qu'il nous faudra modifier la Constitution pour mettre en place des quotas migratoires, pour pouvoir vraiment expulser tous les étrangers
qui présentent
un trouble à l'ordre public. Oui, et je suis aussi persuadé que les Français veulent s'exprimer sur un sujet comme celui-ci mais en attendant, c'est la version du Sénat. Et le ministre de l'Intérieur lui-même avait dit que la version qui était sortie du Sénat c'était une bonne version. Dont acte, c'est celle-là qu'il faut voter.
Nicolas ? Alors si ce retour vers la version sénatoriale n'est pas accepté, qu'est-ce que vous faites et qu'est-ce que vous pourriez dire à vos électeurs parce qu'il faut bien réguler les flux, il faut bien essayer d'intégrer mieux, ce que prévoit même la version quand même modifiée par l'Assemblée, non ?
Non, la version de l'Assemblée au moment où elle se présente est quand même totalement décalée et elle est beaucoup plus faible que la version qui sort du Sénat. Mais le ministre de l'Intérieur lui-même a dit que la version qui sortait du Sénat lui convenait très bien et que c'était une bonne version. Alors tenons-nous-en à cela et au bout d'un moment que le gouvernement prenne ses responsabilités. Mais au final, au final, ce texte sera adopté. Ce texte sera adopté, la seule chose...
Par 49.3 ?
Si c'est un 49.3, ça veut dire que c'est une version qui ne va pas aussi loin que le Sénat l'a proposée et donc qui protège moins les Français et qui ne nous permet pas de reprendre en main totalement notre politique migratoire. Celle, aujourd'hui, je le redis parce que moi, j'avais posé un certain nombre de conditions, de critères pour que ce texte puisse, allez, clairement apporter une réponse, commencer à reprendre en main notre politique migratoire. C'était la transformation de l'aide médicale d'État. C'était également le fait que l'article 3 qui est devenu 4 bis ne crée pas un appel d'air pour les régularisations.
Et c'était aussi un autre aspect parce que j'avais été marqué, bien évidemment, par ce qui s'était passé à race et j'avais travaillé également avec spécialistes de mon mouvement, avec des experts, que tout étranger présentant un trouble à l'ordre public faisant l'objet d'une OQTF, les obligations de quitter le territoire français, fasse l'objet d'une mesure privative de liberté et que quand l'OQTF était prononcée, il était en centre de rétention et que cette rétention soit portée à 18 mois. Dont acte, c'est dans le texte.
Donc vous voyez, ces trois critères que j'ai toujours posés sont dans la version du Sénat, me vont, et c'est pourquoi cette version, j'appelle les parlementaires LR à la voter.
La région Nord-Pas-de-Calais est... Hauts-de-France, vous voulez dire ? Hauts-de-France, sans doute, pardonnez-moi, j'en viens, mais donc... Elle est en tout cas sur le front de la question de l'immigration parce que bon nombre de migrants débarquent de façon illégale sur le territoire français et à partir du moment où ils ont posé le pied, c'est à la France d'en faire son affaire et de les gérer dans les difficultés qu'on connaît et que vous connaissez particulièrement. Qu'est-ce qu'on peut faire ? Parce que c'est un point sur lequel vous ne vous êtes pas exprimé justement dans ceux que vous évoquiez à l'instant.
Qu'est-ce qu'on peut faire pour lutter contre ce qu'Edouard Philippe appelle ce matin dans Le Parisien l'immigration du fait accompli ?
Alors déjà, ça fait des années et des années que je me bats sur ce dossier en essayant d'interpeller le gouvernement et je dois reconnaître que j'ai eu plus de succès et plus d'écoute attentive de la part notamment de Bernard Cazeneuve à l'époque parce que nous avions ici ensemble de François Hollande avec Natacha Bouchard le démantèlement de la jungle de Calais où il y avait 8000 personnes exploitées par les criminels que sont les passeurs qui étaient là dans des conditions absolument abominables. Alors justement, vous apportez de l'eau à Montmoulin, François Langlais. Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'ils sont chez nous ? Pourquoi est-ce qu'ils sont dans le Calaisie ?
Pourquoi ils sont à Grandes Cinq autour de Dunkerque ? Pour quelle raison ?
Lieu de passage ?
Bien sûr, ils ne veulent pas rester chez nous. Ils veulent partir en Angleterre. Et pourquoi ils veulent partir en Angleterre ? Parce qu'en Angleterre, il y a un appel d'air. Parce qu'en Angleterre, vous pouvez y travailler. Vous n'avez pas besoin de papier en Angleterre et à un moment ou un autre, vous trouverez un employeur qui vous paiera avec un lance-pierre dans des conditions de vie absolument indécentes, mais vous pouvez y aller. Je ne veux pas qu'il y ait le moindre appel d'air dans notre pays. Et l'article 3 qui est devenu l'article... Vous ne répondez pas à la question. Non, non.
La question, c'est justement dans la situation actuelle, ces gens arrivent dans des conditions difficiles, souvent après un voyage éprouvant, ils posent le pied sur le territoire européen, ils deviennent de fait à la charge de l'Europe. Qu'est-ce que vous faites pour lutter contre ça ?
Dublin, le règlement de Dublin doit être modifié. Et d'autre part, vous avez besoin aussi de beaucoup mieux protéger les frontières européennes. Et puis, vous avez aussi autre chose. Est-ce qu'on les reconduit ? Attendez, laissez-moi développer, c'est hyper important parce que la politique à laquelle je crois... C'est de la fermeté mais aussi de l'humanité. Vous pouvez faire tout ce que vous voulez. Cette loi, elle est bancale. Cette loi immigration, elle est unijambiste. Elle aurait dû être écrite par le ministre de l'Intérieur et par le ministère des Affaires étrangères.
Parce que tant que vous n'aurez pas décidé d'avoir une politique européenne où vous investissez massivement sur le développement économique en Afrique, vous dites, il y a le développement économique chez vous, ce ne sont plus quelques dictateurs qui profitent de cette aide. Et vous multipliez cette aide au développement, même pas par deux, par cinq ou par dix et vous faites cet effort au niveau européen. Tant que vous n'aurez pas cela, vous n'empêcherez pas des malheureux d'être raquettés par des passeurs et de faire... On n'y est pas, pardonnez-moi,
parce que multipliez par dix au niveau de l'Europe...
Bien sûr qu'on n'y est pas, je vous dis que c'est ce... Tant qu'on ne fera pas ça, vous pouvez construire des murs de cinq mètres, vous les mettrez à dix mètres à l'effort, mais c'est par contre une forme de contrat, de pacte que nous passons. Nous vous aidons vraiment à vous développer, c'est l'intérêt de tous, et vous gardez aussi votre jeunesse. Il n'y a aucun même personne qui imagine que faire des milliers de kilomètres, se faire raqueter par les passeurs pour venir dormir sous le périph, notamment, c'est une vie auxquelles on peut rêver. C'est la même chose chez moi. Donc tant que vous n'avez pas cette humanité, vous n'aurez pas cette fermeté.
Mais en revanche, toutes celles et ceux qui n'ont rien à faire sur notre territoire ne peuvent pas y rester. Le vrai drame que nous avons sur l'immigration, c'est qu'ils sont beaucoup trop nombreux à rentrer. Tant qu'il n'y aura pas de véritable quota migratoire, il n'y aura pas de solution. Et quand on ne peut pas rester en France, on doit quitter notre pays sans avoir la moindre espoir de régularisation parce que c'est ça qui continue à faire l'appel d'air. On a connu en France par le passé des mouvements où il y a des régularisations. Ça a toujours créé des appels d'air. C'est avec ça qu'il faut rompre.
Loi bancale, on a bien entendu votre critique. On reviendra juste après la pause sur l'aide médicale d'État et ces critiques nombreuses. Faut-il aussi prévoir un plan B pour la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques ? Épreuves qui auront lieu aussi dans votre région. On en reparle tout de suite après la pause. A tout de suite.
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Retour dans l'événement du dimanche, toujours avec notre invité Xavier Bertrand, président des Républicains de la région Hauts-de-France, pardonnez-moi. On évoquait évidemment cette loi immigration qui sera débattue à l'Assemblée nationale à partir de demain. Concernant justement ce texte, votre famille politique, les Républicains en ont fait une ligne rouge, la régularisation des métiers en tension. Que pensez-vous de la proposition, encore une fois, d'un ancien Premier ministre, Édouard Philippe, qui propose des quotas de régularisation aujourd'hui dans le JDD à nouveau ?
Il faut des quotas à l'avenir pour dire justement qui nous voulons accueillir en France, combien de personnes, pour quel type d'immigration, notamment l'immigration du travail. Mais la question de la régularisation est un appel d'air.
Mais aussi, si on va jusqu'au bout de l'appel d'air, si on a décidé d'y donner un coup d'arrêt, ce que moi je propose, il faut aussi que l'on soit beaucoup plus dur avec les entreprises, les entrepreneurs, qui en toute connaissance de cause, recrutent des sans-papiers, il y a celui qui se fait abuser par des faux papiers, là sa responsabilité ne peut pas être engagée, mais celui qui le fait en toute connaissance de cause, celui-là doit être beaucoup plus sanctionné, et moi je ne dirais pas à des amendes, mais à des fermetures administratives, parce que là ça change considérablement la sanction.
Ce que les Britanniques avaient indiqué qu'ils feraient un jour qu'ils n'ont jamais fait, d'où les problèmes que nous avons chez nous dans les hautes frances, mais si nous n'avons pas la même attitude extrêmement ferme vis-à-vis des entrepreneurs qui aujourd'hui recrutent des sans-papiers en toute connaissance de cause, rien ne changera.
Mais comment apporter la preuve qu'ils savent qu'ils emploient des sans-papiers aujourd'hui ?
Écoutez, vous savez assez bien, les forces de l'ordre savent assez bien, il y a un certain nombre d'inspections qui sont capables de faire, et d'ailleurs, c'est assez intéressant, moi je vous propose cette fermeté. Je vais vous parler de la démagogie du Rassemblement National. Le Rassemblement National a déposé fin novembre un amendement en indiquant justement que les employeurs de moins de 11 salariés, les entreprises de moins de 11 salariés, n'étaient pas tenues de vérifier si les salariés avaient des papiers ou pas. Monsieur Bardella, le fameux monsieur Bardella à qui on a posé la question est-ce que c'est vrai que vous avez déposé l'amendement ?
Il dit non, on n'a jamais déposé cet amendement. Alors non seulement ils sont incompétents, en plus ils sont menteurs au Front National. Ça montre une chose, c'est qu'ils cherchent par tous les moyens à faire plaisir à tout le monde, mais en tout cas, on ne peut pas, quand on est un mouvement politique qui veut exercer vous n'êtes pas tenu de respecter la loi. Je suis désolé, ça s'impose à tous et leur démagogie, je pense qu'elle apparaît justement au grand jour.
Alors, vous avez juste un petit point, vous aimez bien les questions concrètes, pratiques, qu'est-ce que vous dites à un patron qui depuis quelques années embauche quelqu'un dans son restaurant, etc., il voudrait bien
qu'il soit régularisé, vous lui dites non ? Non, qu'il n'est pas possible de régulariser et qu'en revanche, il y a aussi un autre sujet quand même. Vous avez encore vu le taux de chômage que nous avons dans notre pays alors on se dit bon, c'est bon, on n'arrive plus vraiment à recruter, donc je suis obligé de prendre des personnes qui sont rentrées illégalement en France. Ça aussi, c'est un aveu d'impuissance. Il n'y a aucune fatalité à cela.
Ce n'est pas parce qu'on a un taux de chômage aujourd'hui qui a beaucoup baissé, je ne suis pas sûr, hélas qu'il reste à ce niveau-là dans les mois qui viennent, on doit aussi faire travailler les demandeurs d'emploi qui sont sur le territoire français, qu'ils soient français ou pas d'ailleurs. Là aussi, on a un peu abdiqué trop facilement les choses. On n'a pas aujourd'hui les niveaux de plein emploi dont certains parlent, on n'est pas en dessous de 5%.
Mais vous avez des patrons qui le réclament aujourd'hui, qui réclament cela ?
Qui le réclament parce qu'ils ont ses salariés et d'une certaine façon, pour eux, c'est la solution facile. Mais il y a tout un enjeu, je suis à la tête d'une région, on forme des salariés pour les chefs d'entreprise. Que le système d'indemnisation chômage doive évoluer en profondeur, radicalement, et pas les quelques mesures qui ont été prises depuis quelques années, ça c'est indispensable. Mais moi, je n'ai pas renoncé à ce qu'on donne aussi du boulot à nos demandeurs d'emploi.
François Langlais.
Vous évoquiez tout à l'heure l'AME, cette aide médicale d'État qui est réservée aux clandestins, qui va coûter 1,2 milliard de millions environ en 2024. Donc c'est une somme substantielle. Elle prend en charge sur le plan de la santé quasiment à 100% les personnes qui en ont besoin. Alors, c'est l'objet de polémiques depuis longtemps. Vous-même avez proposé son aménagement drastique. Il y a eu un rapport fait récemment par M. Patrick Stéphanini, plutôt un homme de droite, M. Claude Évin, qui a été ministre de la Santé à l'époque de François Mitterrand, qui nous dit, je caricature à peine, circuler, il n'y a rien à voir.
Cette aide médicale d'État est nécessaire pour protéger aussi la communauté nationale de façon à éviter la diffusion des épidémies. Ce milliard est justifié. Il y a des fraudes, mais elles sont marginales. C'est ce que nous disent deux experts, et un, Patrick Stéphanini, qu'on ne peut pas soupçonner de vouloir encourager l'immigration. Il a écrit un livre il y a 18 mois qui était un plaidoyer pour fermer les frontières.
Alors, et il proposait également de transformer l'AME. Alors, l'image d'auparavant s'était marquée, l'AME doit être adaptée. C'est bien ça qu'il y avait à l'écran que les téléspectateurs ont pu dire. Eh bien oui, elle doit être adaptée. Et elle doit être adaptée pour être transformée en aide médicale d'État, en aide médicale d'urgence. En 2005, je suis ministre de la Santé, je signe les décrets qui durcissent déjà les conditions du panier de soins de l'AME. Mais vous enlevez
tout le volet prévention, du coup ?
En 2005 ? Non,
mais en adaptant...
Je veux juste revenir sur les responsabilités qui ont été les miennes pour justement mieux contrôler et qu'on n'ait pas accès à l'ensemble des soins. Parce qu'à l'époque, que ce soit sur un certain nombre de prothèses, que ce soit aussi sur un certain nombre de soins, même esthétiques, c'était possible. Avant 2005, je l'ai durci. En 2011, nous faisons adopter également un droit de timbre comme ça existe dans beaucoup de pays étrangers, je pense notamment à l'Allemagne, 2011. Et en 2012, c'est cassé, c'est remis en question par également les gouvernements de François Hollande.
Moi, je suis aujourd'hui vraiment persuadé que nous devons faire évoluer comme l'ont fait aussi beaucoup de pays européens. Et ce que dit M. Stéphanelli, il le disait dans son livre et il l'a redit, c'est que quand vous regardez le comparatif avec les pays étrangers, c'est à la page 19 du rapport. Et quand vous voyez notamment ces préconisations, c'est à partir de la page 50 du rapport, là, vous voyez que ce dispositif doit être revu et qu'il doit être réussi avec une évolution qui va vers ces soins d'urgence. Il n'y a personne qui est en France qui sera abandonné ou qui ne pourra pas subir de soins.
Et un enfant, quel qu'il soit, quel qu'il soit, doit être soigné, c'est l'honneur de notre système. Mais en revanche, M. Stéphanelli, M. Évin, l'écrivent noir sur blanc, le système de l'AME maintient aussi dans la clandestinité des personnes qui devraient repartir. Ils le disent. Alors, je sais bien qu'on peut toujours tout faire des rouges chiffres, éventuellement au rapport, mais quand vous avez lu ce rapport, vous voyez très clairement que ça ne peut pas rester en l'État. C'est ce que nous proposons. Vous voyez aussi qu'on ne peut pas supprimer cette aide médicale d'État.
Mais je ne vous propose pas de la supprimer parce que quelqu'un qui est sur notre territoire, vous ne le laissez pas situation d'urgence. Dans ces cas-là, vous devez intervenir.
Xavier Bertrand, dans sept mois, Paris sera le centre du monde, l'ouverture des Jeux olympiques. Mais l'attentat, ce qui s'est passé, l'attaque terroriste, notamment dans le 15e arrondissement Ponte Birakeim, avec ce niveau d'urgence à tata du plan Vigipirate relevé aussi, fait craindre des répercussions sur l'image de la France. Nicolas Domanac a ce sujet.
Oui, les Jeux olympiques, ça sera aussi dans votre région. Attention, le monde et le basket. Exactement. Mais vous, la métropole européenne de Lille. Pour cet événement-là, vous pensez qu'il faut revoir à la baisse ce qui avait été prévu, notamment sur la Seine ? C'est de la position qu'a prise Éric Ciotti.
Pour la cérémonie d'ouverture.
Pour la cérémonie d'ouverture. Ou bien il ne faut pas avoir peur et au fond y aller et puis on se débrouille pour assurer la sécurité au fond.
Alors ça fait des semaines et des semaines que j'ai mis sur la table une autre proposition parce que déjà le premier critère, qui peut décider ? Bien évidemment les plus hautes autorités de l'État, mais qui peut les alerter ? Les services de sécurité et de renseignement. Ce sont ces services qui peuvent dire on a une menace qui est très importante ou qui est avérée et dans ces cas-là il faut une autre option. Moi, l'option dont j'avais discuté avec des responsables de la sécurité, ce n'est pas le Stade de France, c'était les Champs-Élysées. Les Champs-Élysées, c'est une artère qui est beaucoup plus facile à sécuriser.
En gagner des filtrages derrière du barriérage.
Le parcours sur la Seine avec ces images en radio-vision, c'est forcément génial. ça met en avant l'ensemble de notre pays, ce que nous sommes. Personne ne peut discuter cela. Mais si à un moment donné il y a un arbitrage à faire pour plus de sécurité, les Champs-Élysées et les forces de l'ordre me l'ont confirmé, c'est beaucoup plus facile à sécuriser. Il y a cette habitude, 14 juillet ou autre. Il y a aussi un précédent mondialement connu, c'était le bicentenaire de la Révolution française. Et là, cela vous demande des efforts de sécurisation beaucoup moins importants. Ce n'est pas moi qui décide, mais moi je propose.
effectivement, il y a la possibilité du Stade de France, mais ça nous renvoie à l'ensemble des Jeux Olympiques tels qu'ils ont eu lieu souvent, c'est dans l'enceinte du grand stade, du stade olympique. Mais je pense que les Champs-Élysées pourraient être cette possibilité. Après, je ne suis pas spécialiste, je parle avec des spécialistes, mais j'essaie clairement de trouver des solutions.
Mais des voix s'élèvent pour dire la France n'est pas prête du tout. Paris, mais d'ailleurs d'autres installations. Est-ce qu'on aime, nous Français, Gaulois réfractaires, je fais référence, on aime à se faire peur ou est-ce que vous dites aujourd'hui à date
qu'on n'est pas près du tout ? On voit bien dans quelle situation on est. Il y a des attentats auxquels on ne doit pas s'habituer. Il y a un risque parmi les plus élevés. D'autres pays en Europe sont aussi concernés. Nous sommes l'un des plus exposés pour les raisons que j'ai évoquées tout à l'heure parce que nous symbolisons la liberté. Nous symbolisons l'universalisme et on doit continuer justement à porter ces valeurs. Mais pour le reste, il faut qu'on arrête aussi avec cette rengaine. Il y en a quand même assez aujourd'hui d'entendre dire on n'est pas prêts, on n'y arrivera pas, ce ne sera pas réussi. Il y en a marre de ces déclinologues.
Après, les Français nous disent en ce moment on n'a vraiment pas envie d'allumer la télé, tout est déprimant. Mais c'est aussi parce qu'il y a beaucoup de responsables qui ne font que cela. C'est vrai qu'on a des difficultés. C'est vrai qu'il y a un besoin d'autorité, de sécurité. C'est vrai qu'il y a besoin de redonner des perspectives et de l'espoir, notamment pour nos enfants. Mais la France est ce pays formidable où on a besoin, c'est vrai, d'un véritable réveil de ceux qui nous gouvernent. Mais les Français ont ce potentiel en eux quand même.
Et on espère qu'ils ont allumé leur télé pour nous regarder en ce moment. Ce qui préoccupe, vous en parliez, les Français, c'est la sécurité évidemment mais aussi le pouvoir d'achat et encore et toujours et les salaires. Tout de suite, c'est le chiffre de l'Anglais.
Ce chiffre, Xavier Bertrand, c'est 17,3% des salariés français qui sont au SMIC. C'est presque le double d'il y a 13 ans. On était en dessous de 10% il y a 13 ans. Le SMIC, c'est 1 400 euros net par mois. C'est peu. Ça permet au mieux de survivre. Que peut-on faire ? Que voudriez-vous faire si vous étiez au pouvoir pour améliorer les salaires français ?
Il y a la question du partage de la valeur qui doit être beaucoup mieux assuré dans notre pays. Il y a aussi la question des charges. C'est-à-dire qu'il y a beaucoup trop de charges qui sont payées par les employeurs. Vous savez qu'au niveau du SMIC, je parle sous votre contrôle, n'hésitez pas à me reprendre si je me trompe, 100 euros d'augmentation, salaire et charges comprises pour un employeur, 228 euros ? 480. Pour la partie globale ? Si on additionne ? Non, avec les exonérations de charges.
Oui, les exonérations de charges, mais vous avez aussi la prime pour l'emploi qui est diminue. Non, non, mais je ne parle pas de la prime pour l'emploi. Si vous voulez augmenter de 100 euros,
c'est très coûteux. Voilà, mais autrement, on multiplie par 2,2 rien que pour la partie employeur. Et puis, vous l'avez dit, il y a la question notamment de la prime d'activité qui est une bonne idée pour aider ces travailleurs qui ont peu pour vivre, mais qui, du coup, empêche les progressions de salaire et les progressions de carrière. Moi, j'ai eu l'exemple de jeunes qui sont venus voir en disant nous avons été augmentés de 150 euros par mon employeur, mais je n'ai pas été augmenté de 150 euros parce que c'est l'État qui, du coup, a fait une bonne affaire en versant moins de primes d'activité. Alors, ça, c'est le constat. Attendez, je vais vous dire.
Il faut rebattre complètement les cartes que j'essaye, moi, de faire dans ma région. Et c'est aussi l'un des sujets sur lesquels, en 2024, avec nous, France, on va faire des propositions très concrètes. Qu'est-ce que je fais dans ma région ? Eh bien, moi, j'aide les gens qui travaillent. Le système français est ainsi fait que celui qui donne du travail, c'est le parcours du combattant, l'entrepreneur, et que celui qui travaille n'y arrive pas. Et après, on s'étonne que nos classes moyennes basculent, non pas dans le pessimisme, elles sont au-delà de ça, elles ont le sentiment que pour elles, c'est impossible.
Dans la grande précarisation aussi ?
Oui, il y a à la fois la question des travailleurs pauvres, mais plus largement. Vous avez aussi des personnes qui ont salaire de cadre, qui veulent se loger dans Paris, c'est aussi impossible. Vous voyez, la notion de classe moyenne est beaucoup plus large parce qu'elle renvoie aussi à autre chose. c'est que nous n'avons plus en France cette perspective de promotion sociale. Vous semblez bloqué avec des salaires qui ne vous permettent pas d'en vivre. Et la pire des choses, c'est que quand avec un travail vous n'arrivez pas à vous en sortir, ne vous étonnez pas que les Français soient désespérés et qu'ils aient envie de ne plus faire confiance à aucun politique.
Qu'est-ce que je fais dans la région ? Vous travaillez, vous prenez votre voiture pour aller travailler, vous touchez 240 euros par an non imposables de la région. Ce n'est pas la région de le faire normalement ? Oui, vous avez raison. Tu as l'état de le faire. La rentrée scolaire pour mes lycéens, il y a une aide qui est versée à tous les lycéens quels que soient les revenus des parents. Quels que soient les revenus des parents. Et nous avons décidé avec le département du Pas-de-Calais de prendre en charge la franchise catastrophe naturelle pour tous les sinistrés quels que soient les revenus.
On me dit oui, mais si les gens sont millionnaires, pensez qu'un millionnaire il va aller nous demander justement cette prime. Sauf que du coup, on n'oublie pas les classes moyennes et on les aide en permanence. Le permis de conduire pour les jeunes qui sont dans la région qui vont aller vers l'emploi est pris en charge à 90% par la région.
Vous avez parti de ceux qui avaient critiqué la politique du chèque du gouvernement.
Non mais attendez, moi, j'ai critiqué la politique du chèque.
En tout cas, je ne peux pas la critiquer
quand je le fais chez moi parce que l'État ne le fait pas. Donc quand je fais pour le permis, le permis de conduire est devenu un impôt qui ne dit pas son nom. Mais moi, qui j'aide ? J'aide les gens qui bossent, j'aide les gens qui travaillent. Et le projet de société que l'on doit avoir, c'est de ne pas penser que parce que les gens ont un boulot qu'ils se taisent, ils sont bien contents comme ça. Non. Avec un boulot, quand on n'arrive pas à s'en sortir, c'est comme ça que vous créez du désespoir. Du désespoir. Et je ne me résous pas non plus à entendre qu'avec le plein emploi, tout ira mieux. Même avec un boulot, les gens gagnent. À propos d'emploi.
Donc il faut clairement recentrer nos politiques pour aider les gens qui travaillent aussi. Et augmenter les salaires. Et ceux qui ont droit à la solidarité, à la solidarité, ce sont ceux qui ne peuvent pas travailler. que ce soit le handicap, que ce soit aussi en fonction du grand âge. Ça, c'est de la vraie solidarité.
Il y a une entreprise, on va poursuivre sur l'emploi, une entreprise d'emploi. Vous connaissez bien, vous êtes allé la visiter, enfin rendre visite aux salariés il n'y a pas longtemps. C'est Prismian Draca, entreprise italienne qui fait des câbles. Il y a un site près de Calais qui est menacé de fermeture. Il y a plusieurs sites en France. Il y a plusieurs sites en France, mais c'est celui de Calais qui est menacé de fermeture. 84 employés ouvriers seraient menacés. Les femmes de ces salariés ont écrit une lettre au président de la République. Un collectif pour la première fois qui s'est mobilisé.
Alors l'argument de l'entreprise, c'est, oui, vous êtes bien gentil, mais il y a moins 20% de commandes, donc il faut qu'on redéploie notre activité ailleurs, notamment en Seine-et-Marne. Quand on regarde le bilan de l'entreprise, en 2022, on voit que les profits ont augmenté de 64%. Le patron, d'ailleurs, fait une déclaration en disant l'année a été marquée par des résultats exceptionnels et notamment par un retour total aux actionnaires, cette année 2022, de 215,6%. Il n'est pas question d'interdire aux entreprises de faire des profits.
Ce n'est pas moi qui vais vous défendre cette thèse devant vous, mais au fond, quand il y a une telle disproportion entre le niveau des profits et la détresse des salariés que vous avez rencontrés,
qu'est-ce qu'on peut faire ? Eh bien, faire un bras de fer et se battre pour ses salariés. Parce que vous, vous êtes là pour poser des questions, mais je crois que vous allez penser comme moi. C'est un scandale. On ferme une usine qui est rentable. On ferme une usine qui gagne de l'argent. Mais on la ferme tant qu'elle gagne de l'argent pour ne pas avoir de pertes. Quel est le problème de fond ? Ces gens-là, cette entreprise, installe notamment la fibre. On voit bien qu'il y a de plus en plus de collectivités qui sont fibrées. Et moi, je l'ai dit, notamment aux patrons France et aux patrons européens. Et je ne sais pas quelle anticipation vous avez eue.
Parce que vous savez bien que la fibre, ce n'est pas pour 30 ans. Une entreprise comme la... On leur demande quoi, Xavier Bertrand ? Déjà, une entreprise comme la vôtre, on doit réfléchir un peu plus loin que le bout de son nez et penser à la transformation de son entreprise. Ce qu'ils n'ont pas fait. Par contre, à ça, ils n'ont pas oublié de servir les actionnaires. Alors, il y a une chose. C'est que si vraiment ils décident de partir, il va falloir aussi qu'ils aident vraiment les salariés à rebondir et vraiment ce territoire à retrouver une activité. Un plan d'aide substantielle de reconversion. Et pas le minimum. C'est ce que je leur ai dit.
Quand on se comporte aussi mal qu'ils l'ont fait avec les salariés, dans ces conditions-là, clairement, on les aide au maximum. Pourquoi ? Vous avez bon espoir de l'obtenir ? Écoutez, ce qu'on fait aujourd'hui avec Natacha Bouchard, c'est clairement de faire un bras de fer avec eux. Il y a aussi quelqu'un sur qui on a pu compter par le passé. Je sais qu'on pourra compter sur lui aussi à l'avenir. C'est Roland Lescure. C'est un ministre de l'Industrie. Ministre de l'Industrie. Quand on l'interpelle, qui met aussi ses forces avec les nôtres et qui viendra également début janvier à notre demande pour aussi avoir tout un plan sur le rebond industriel du Calaisie.
On l'a fait dans différents endroits avec des entreprises Tereos, Nestlé, qui avaient fermé aussi avec des mauvais prétextes et également en ne proposant pas des bonnes conditions. On s'est battu pour les salariés. On a maintenant des perspectives. C'est aussi le rôle des politiques de se battre. Et même si vous ne gagnez pas à chaque fois, vous devez vous battre à chaque fois. Donc un maximum pour que ces salariés puissent avoir un congé de reconversion et trouver autre chose mais aussi pour pouvoir investir pour avoir une nouvelle activité sur site. C'est ça l'enjeu.
Xavier Bertrand, la COP28 va s'achever dans les prochaines heures. L'OPEP a déclenché l'indignation de plusieurs États après avoir demandé à ses membres de refuser tout accord ciblant les énergies fossiles. Vous, dont la région, ces derniers jours, ces dernières semaines a été particulièrement touchée par une des conséquences du réchauffement climatique avec des inondations à répétition et des conséquences qu'on connaît. Est-ce que vous pensez qu'on peut rester dans les demi-mesures ?
Ce n'est plus possible. Ce n'est pas possible de rester dans les demi-mesures. J'ai un spécialiste de la COP à mes côtés qui est le secrétaire général de nos frances qui est Bernard de Flessel qui depuis des années m'a bien et clairement montré les enjeux. Quand on veut, on peut, très clairement. Et là, la position de l'OPEP est indigne. Vous ne pouvez pas dire parce que c'est des énergies fossiles à moi. Du coup, vous n'y touchez pas. Tant qu'on continuera avec ces égoïsmes, que chacun comprenne que c'est la même planète quand même. Donc, au bout d'un moment, clairement, il faut faire des bras de fer. C'est toujours la question.
Rien n'est facile, c'est vrai, mais il faut en permanence se battre. Surtout qu'en plus, l'idéal est un idéal commun, c'est un idéal absolument incontournable. Et puis, pour le reste, il y a aussi toutes les initiatives qu'on doit prendre en France.
Vos habitants, vos administrés, ont cette inquiétude-là après avoir subi...
Mais attendez, là, on a parlé de ce qui se passe pour la planète, mais rien n'est déconnectable de ce qui se passe chez nous. Là, nous le voyons bien, vous n'empêcherez jamais la pluie de tomber. Jamais. Mais en revanche, vous pouvez faire en sorte qu'elle s'évacue beaucoup plus rapidement ou qu'elle soit retenue.
Avec des réadaptations du territoire ?
Avec des réadaptations du territoire. Et là, on ne va pas attendre des mois et des années pour cela. Dès la mi-décembre, avec le préfet, avec l'État, on réunit l'ensemble des élus sur les trois secteurs du Pas-de-Calais qui ont été les victimes des plus grandes inondations de façon à faire les travaux nécessaires, mais qu'on ne vienne pas nous donner de faux prétextes, que ça ne mette pas dix ans pour faire les travaux. Et même moi, région, je n'ai aucune compétence en la matière. Je suis prêt à prendre cette compétence, mais pour que l'on ait des résultats très rapidement. Je voudrais juste vous donner un exemple pour montrer que ça marche.
Très rapidement.
Nous avons eu, voilà, dix ans, à côté de Saint-Omer, des inondations très importantes en 2012. 750 maisons évacuées. Dix ans après, les inondations étaient plus importantes. 150 maisons évacuées, c'est 150 de trop, mais il y a eu des travaux entre deux. Mais on ne peut pas attendre dix ans pour le faire, c'est maintenant effectivement qu'il faut le faire.
Il faut que ça aille plus vite. En effet, projetons-nous maintenant au prochain scrutin. Les Européennes, qui pour certains partis peuvent apparaître comme des mid-termes à l'américaine, en tout cas donner le ton pour la prochaine présidentielle. C'est tout de suite le droit de suite de Nicolas.
Oui, Xavier Bertrand, lors de la précédente campagne pour les Européennes, votre tête de liste, François-Xavier Benhamy, qui avait des sondages assez flatteurs, a eu un coup d'arrêt. Lorsqu'ont été évoquées les positions qu'il avait prises sur l'avortement, notamment la marche pour la vie en 2014. Nous demandons l'abolition de l'avortement, l'arrêt de toute atteinte à l'être humain au stade embryonnaire. Et puis, dans le JDD, cette question de l'IVG est une conviction personnelle que j'assume. Or, l'IVG va revenir dans les débats et François-Xavier Benhamy est fortement pressenti pour prendre la tête de liste. Alors, qu'est-ce que vous allez faire ? Quelle position allez-vous prendre ?
Déjà, on aurait dû se prononcer pour la tête de liste depuis déjà bien longtemps. Au moins, les choses auraient été claires et c'est en toute connaissance de cause par rapport à tous les débats qu'il y aurait eu qu'on se serait prononcés sur les enjeux européens. Je me suis exprimé cette semaine sur l'antenne de France Inter sur cette question. Moi, j'attends qu'il nous dise sa position et que l'on décide en toute connaissance de cause. Ce qui est vrai et qu'au Parlement européen, il a eu un certain nombre de faits d'armes où il s'est exprimé en défendant des positions qui sont des positions courageuses.
Mais ça montre aussi une chose, c'est qu'au-delà de ça, il faut que la ligne de LR soit aussi une ligne qui soit clairement européenne, exigeante avec l'Europe mais clairement européenne.
Elle ne l'est pas assez à votre avis ?
Écoutez, pour l'instant, on n'a déjà pas la tête de liste, il faut aussi qu'il y ait le projet. C'est ça qui est important. Le candidat à la tête de liste, c'est une chose, les candidats, c'est une chose, mais il y a la question de la ligne. Parce que l'histoire de notre famille politique, moi, mon essence est gaulliste, le général de Gaulle a toujours été pro-européen, exigeant avec l'Europe. Pas n'importe quelle Europe. Une Europe en plus moment de bascule, quand on voit justement ce qui est nécessaire comme soutien à l'Ukraine au moment où on se dit que les Américains sont en train un petit peu de temporiser ou de faire marche arrière.
À un moment aussi où le Rassemblement national est très très haut dans les sondages.
Oui, mais le Rassemblement national ne surfe que sur une chose, sur la colère des Français, l'inquiétude et les peurs des Français. Donc aujourd'hui, comme il n'y a pas de réponse au niveau national de la part du gouvernement, il profite de cette situation. Maintenant, les élections européennes, c'est dans un peu plus de six mois, et les élections présidentielles, c'est maintenant dans trois ans, je ne fais pas partie de ceux qui disent c'est bon, elle a déjà gagné Mme Le Pen. Certainement pas. J'ai entendu cette rengaine à différentes reprises dans ma région en 2015 où elle allait gagner, en 2021 où ils allaient aussi gagner, ça n'a pas été le cas.
Vous faites partie de ceux qui se disent qu'ils pourraient aller à nouveau à la présidentielle ?
Vous y pensez ? Écoutez, une chose est certaine, c'est que j'ai bien tiré la leçon de mon échec en 2021. On ne me reprendra pas à faire les mêmes erreurs. Mais pour l'instant, je ne suis pas venu pour ça ce midi.
Xavier Bertrand, merci infiniment d'avoir été avec nous ce dimanche tout de suite.
Vous permettez d'avoir une pensée juste pour Routel-Krieff parce que ce qui s'est passé la semaine dernière était indigne à son égard et ça me permet aussi, elle n'est pas là, de lui redire aussi tout notre soutien.
Le message est passé. Xavier Bertrand, merci tout de suite. LCI Midi avec Florence O'Kéli. Très bon dimanche et à dimanche prochain.
Xavier Bertrand