Boris Vallaud
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
L'invité de Guillaume Durand, avec le Figaro.
D'abord Boris Vallaud, bonjour. Vous n'êtes pas un naïf, quand on apprend ce matin, c'est tombé il y a deux minutes, qu'AstraZeneca, qui est un des vaccins les plus achetés par l'Europe, aurait pu utiliser les données obsolètes. Ça donne quand même des perspectives qui sont assez bizarres. Et puisque nous sommes là aussi pour parler des présidentielles, ça veut dire qu'en fait, la présidentielle va se jouer sur échec ou pas de la pandémie. C'est le succès de la sortie de crise.
Au-delà de la présidentielle, c'est notre avenir à tous. qui va se jouer sur l'échec ou la réussite de la gestion de cette pandémie. En France, en Europe et partout dans le monde. Ce que l'on pressent, c'est que c'est une affaire qui va durer. Parce que quand l'Europe sera vaccinée, d'autres pays ne le seront pas encore. Il y aura la place pour des mutations du virus. Il va falloir en effet continuer de... Je pose cette question parce que vous êtes l'auteur,
depuis maintenant plusieurs mois, de l'aspect dans le programme qui concerne la santé. Absolument, absolument.
Mais vous avez raison de dire. Et depuis longtemps, s'agissant de la gestion de cette pandémie, nous essayons d'avoir une position à la fois exigeante et constructive. Lorsque, par exemple, le 13 octobre dernier, on a interpellé le gouvernement sur la stratégie vaccinale de la France. Il nous était répondu que tout allait bien et que tout était prêt. Alors que ce n'était manifestement pas le cas. C'était aussi une forme d'alarme en disant, attention, la meilleure façon de nous en sortir, c'est quand même la vaccination. Et de ce point de vue-là, ce qui vient d'être annoncé sur AstraZeneca n'est pas une bonne nouvelle. Loin s'en faut. Il faut en mesurer les conséquences, évidemment.
Qu'est-ce que signifie pratiquement le fait de s'être fondé sur des données qui ne sont pas à jour, sur le plan sanitaire. Et puis, il faut vacciner, vacciner, vacciner avec tous les vaccins disponibles.
Le président de la République est à Valenciennes aujourd'hui dans une pharmacie pour assister justement à une séance de vaccination. Parce qu'il sait très bien que son destin politique est lié à ça. Et vous le savez aussi. Et puis, vous le connaissez.
Écoutez, bien sûr que, compte tenu de la place personnelle qu'il prend dans la gestion de cette crise, puisque finalement, tout part et tout converge vers lui, il a une responsabilité personnelle qui est une responsabilité éminente, évidemment. Et il a bien raison d'aller visiter un centre de vaccination. J'ai eu l'occasion, moi, de le faire à plusieurs reprises dans mon département des Landes. Où, en effet, je vois beaucoup, beaucoup de monde aller se faire vacciner. Donc, il faut mettre le paquet. L'Europe est en retard et la France n'est pas en avance en Europe.
Question, comme d'habitude, un petit peu ironique de ma part. J'ai l'impression que dans le programme que vous avez mis sur pied, le président précédent, François Hollande, n'est pas épargné non plus. Parce qu'il n'aurait pas quand même organisé grand-chose, ou en tout cas prévu grand-chose.
Alors, soyez franc. Je vais être franc, parce que j'ai participé à la commission d'enquête parlementaire sur la gestion du Covid, sur le premier épisode de la gestion du Covid. Et nous nous sommes posé la question de savoir si nous étions prêts et ce qu'il en était. Et le constat qui est assez partagé, c'est qu'au moment de la pandémie, il manquait des masques. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Il s'est passé qu'entre 2016 et 2018, on a constaté que des stocks de masques qui n'avaient pas de date de péremption pouvaient néanmoins, avec de nouvelles normes européennes, ne plus être efficaces, qu'il a été décidé, après ce diagnostic qui avait été ordonné lors du dernier quinquennat, de les détruire, sauf qu'il n'y a pas eu de commande derrière. Donc il y a une responsabilité de ceux qui étaient à la haute. Donc il y a une responsabilité, en 2018, en 2018, d'avoir fait détruire. Donc c'est une sorte d'un grand inventaire que vous faites à Hollande, ce que je n'ai pas été rendu. En 2018, c'était plus François Hollande.
La question de l'organisation et de la priorisation des risques, on a mis le paquet sur le risque terroriste. Sans doute avons-nous pour partie tenu par rapport au risque terroriste, le risque pandémique pour second. Voilà, on en tire un certain nombre de leçons.
Est-ce que vous êtes certain, Boris Vallaud, dans une tradition française où le chef joue un rôle considérable, puisque nous sommes une sorte de bonne monarchie républicaine, qu'une primaire des idées est franchement une bonne idée, quand on sait que, de toute façon, vous avez M. Mélenchon qui a l'intention de continuer, de ne jamais bouger, et de rester candidat, quoi qu'il arrive. C'est-à-dire que toute forme d'union de la gauche, de gauche plurielle, d'alliance entre les socialistes, avec les écologistes, de programmes communs, etc. De toute façon, ce sera avec Mélenchon, quoi qu'il arrive.
D'abord, ce n'est pas vous qui allez vous désoler, compte tenu de l'amour qui est le vôtre pour les idées, qu'on travaille au fond des idées et apporter des réponses aux difficultés quotidiennes des Français. Nous avons travaillé pour l'instant sur deux thèmes, celui de l'emploi, de la qualité de vie au travail, de la pleine santé au travail, du partage de la valeur ajoutée, des rémunérations, de comment on prend en considération les premiers cordés, la justice dans les écarts de rémunération. On a travaillé sur la santé, sur la prévention. Il dit la même chose.
Il dit, ce n'est pas moi qui me présente, c'est la troisième fois. Il dit, ce n'est pas moi qui me présente, c'est mon programme. La Sixième République...
Écoutez, moi je vous le dis, je suis porte-parole du Parti Socialiste, je suis porte-parole d'un autre parti. Oui, mais j'ai la conviction qu'à un moment donné, si chacun met sur la table les idées qui sont les siennes, que ce rendez-vous des idées, que ce printemps des idées, que cette primaire des idées, elle va faire apparaître qu'il y a beaucoup de convergence. Et ensuite, il faudra que les uns et les autres se posent la question de la responsabilité que nous avons face à ce qui peut advenir. Et donc moi, je ne sais pas... Vous savez, je ne suis pas un devin, je ne préjuge pas... Vous êtes un homme politique, c'est un parlementaire.
Oui, et bien je crois... Vous savez que les écologistes veuillent y aller.
Mais bien sûr, mais aujourd'hui, écoutez, aujourd'hui, tout le monde veut y aller. Et je pense que probablement que six mois avant le front populaire, personne ne voulait s'unir, que quelques mois avant l'union de la gauche, les désaccords étaient tels que rien n'était envisageable. Et bien moi, je veux croire, avec obstination, détermination, par la convergence des idées, par une exigence à servir les Françaises et les Français, qui en prennent quand même plein la figure depuis des mois et des mois, et même depuis bien plus longtemps, mais qui sont au cœur d'une crise qui nous donne des leçons.
Il ne s'agit pas seulement de se sortir d'affaires et de revenir à la normale, il faut changer à bien des égards de modèles.
Ça veut dire que vous nous dites ce matin, au regard de l'histoire de la gauche et au regard de la situation qui est celle de la pandémie, qu'une union de la gauche, même si ce n'est pas pour aujourd'hui, elle est forcée de se mettre sur place, de se mettre en place.
Je pense qu'à un moment donné, elle sera sans doute de salubrité publique.
Taubira, Hollande, Hidalgo, Contrépouze, Nadja,
vous voyez qu'on ne manque pas de talent, et donc tout ça me réconforte.
Si vous étiez sélectionneur d'une équipe, vous ne diriez pas qu'on ne manque pas de talent.
Je me poserai la question au moment où le match va se jouer. Pour l'instant, on est dans la préparation physique, comme on dit, et intellectuelle. Il y a un moment, il va falloir quand même personnaliser les choses,
puisque je vous le disais aussi, vous dites les idées. Oui, je suis d'accord avec vous,
mais moi je fais partie de ceux qui, en réalité, font un constat très désenchanté de ce qu'est la Ve République, de ce qu'elle est devenue, avec ce qu'est sa pente naturelle, mais ce qu'est aussi la pratique politique et personnelle du Président de la République. C'est un stérilisateur d'idées et de talents. C'est un système qui est pathologiquement devenu incapable de fabriquer ces grands compromis républicains dont l'histoire a été capable, et que travailler sur les idées, c'est avoir cette exigence aussi de faire passer l'intérêt commun, le bien commun et l'intérêt général avant d'autres considérations.
Vous reconnaissez que ça n'a pas été le cas ni de François Mitterrand, ni de Lionel Jospin, ni de François Hollande. C'est-à-dire les trois qui ont été au pouvoir.
Mais vous pensez qu'ils sont arrivés les mains dans les poches ? Non, justement, ils ont beaucoup travaillé. Ils ont beaucoup travaillé.
Ils ont beaucoup travaillé en amont, mais ils n'ont pas, ils ont fait semblant, regardez, le coup d'état permanent de François Mitterrand, tout le monde le connaît, puis une fois qu'il a été installé au pouvoir, ça ne connaissait plus, ça galait très bien.
Ben écoutez, moi je suis parlementaire aujourd'hui, vous voyez, et je vois la faiblesse de ce parlement. Je ne suis pas un commentateur extérieur, je suis dans une assemblée dont je considère qu'il est trop faible dans une grande démocratie.
Carnaval de Marseille, c'est une polémique absolue, notamment dans les journaux ce matin. Compréhension de libération, les jeunes, la fête, la nécessité de laisser parler les hormones, scandalisation, ou plutôt scandale, dans les journaux plutôt de droite, et pas simplement, d'ailleurs, parce que Benoît Payan, le maire de Marseille, a dit lui-même que c'était un scandale et que c'était des irresponsables totaux, donc ce n'est pas simplement un face-à-face droite-gauche. Vous en pensez quoi, vous ?
Je pense que dans la situation de pandémie dans laquelle on est, il faut de la discipline, de la discipline personnelle, et qu'on se met en risque, on met en risque les autres, dans des mouvements comme ceux que vous décrivez, du carnaval, je crois qu'il y en a eu d'ailleurs dans d'autres villes, qui mettent en danger les gens. Pensez à vos parents, posez à vos amis, pensez aux soignants qui sont aujourd'hui à la peine, c'est ça qu'il doit commander.
Et puis, il faut aussi que, et c'est tout l'enjeu de la stratégie vaccinale, qu'en massifiant la vaccination, c'est-à-dire en acceptant dès lors qu'ils sont conformes à ce que nous dirons les autorités du médicament, acceptons tous les vaccins d'où qu'ils viennent, et puis donnons des perspectives. La grande difficulté aujourd'hui, c'est que nous n'avons pas d'horizon. Le gouvernement britannique, qui a beaucoup vacciné, qui a d'autres difficultés aujourd'hui, mais qui a beaucoup vacciné, a donné un calendrier assez précis de lever, je crois qu'ils ont qualifié d'irréversible des mesures qui ont été prises.
J'ai deux dernières questions, puisque vous avez réfléchi à la santé pour le quartier socialiste. L'Allemagne, Angela Merkel, c'est vraiment le tour de vis. C'est la cloche. C'est-à-dire les écoles terminées, les commerces, c'est terminé, c'est fermé. Elle-même est la dirigeante la moins visible avec Poutine, c'est-à-dire qu'elle est quasiment calfeutrée chez elle, à de rares exceptions près. On n'est pas du tout à un même registre. Donc, est-ce que vous considérez que c'est les Allemands ? Que raison ou nous ?
Écoutez, moi, je ne suis pas autorité sanitaire. Ce que je peux vous dire, c'est que le 28 janvier dernier, lorsque le Premier ministre a convoqué les présidents de groupes et les chefs de partis politiques, et qu'il a présenté un certain nombre de projections, nous avions pensé que ça commandait déjà des mesures de durcissement. C'est pour ça que, quand le gouvernement, avec les mesures qui ont été prises, dit qu'il y a une explosion subite de la pandémie, ce n'est pas vrai, il y avait des projections qui sont résidualisées à 70 à 80 %, qui continuent d'être très inquiétantes. Écoutez, j'écoute comme tout le monde les autorités sanitaires.
Je crains que le pari fait par le président ces six dernières semaines ait été perdu. et je ne suis pas certain que les mesures de freinage se suffisent à elles seules.
On se souvient de l'interview qu'il a donnée à Brut, où il a laissé entendre que finalement, contrairement à ce que beaucoup de gens croient, automatisation d'un président qui est en place sauf François Hollande à se représenter, il a laissé entendre qu'au fond, ce n'était pas une certitude pour lui. Vous, vous le connaissez parce que vous avez fait une partie, si ma mémoire est bonne, de vos études avec lui. Est-ce qu'il n'y a pas une part de sincérité finalement dans cette attitude ?
Écoutez,
je ne suis pas dans la tête comme tous les politiques.
Je ne suis pas dans la tête du président de la République. Mais comme il se sent un peu en mission, s'il considère qu'il l'a accompli, peut-être se retirera-t-il ? Je n'en sais rien. Je ne préjuge de rien. On verra.
Vous n'avez pas l'air d'être...
C'est-à-dire que je n'en fais pas le pari.
Il y a la psychologie dans la politique.
Je n'en formule ni l'espoir ni je n'en fais le pari.
D'accord. Il est 8h28. Nous étions avec Boris Vallaud, porte-parole du Parti Socialiste, responsable du programme. Nous avons parlé de l'aspect santé parce que c'est l'actualité. Mais il y aura évidemment avant les primaires, qui sont les primaires des idées, toute une partie qui concernera évidemment l'éducation, la vie économique. Merci d'être venu ce matin. Merci de votre invitation. 8h28. David Abicard.
Boris Vallaud