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interviewSénat (sur YouTube)· 27 mars 2026 19 min

Audition d'Herta France

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Euh monsieur de de votre présence. Donc nous poursuivons nos auditions. Nous recevons à présent monsieur Charles de Kerv Noël.

C'est bien ça. J'ai parfait. [rires] Très bien.

Directeur général d'Etta. Donc merci beaucoup monsieur de votre présence. Euh je vais vous demander de prêter serment de dire la vérité.

Vous savez que c'est une obligation de nos commissions d'enquête. Donc si vous voulez bien ouvrir votre micro, lever la main droite et dire "Je le jure". Je le jure.

Merci. Merci. Donc une fois encore de de votre présence de la PME allemande fondée en 1897 à son rachat par le Suisse Nestley en 1986 puis récemment par l'espagnol Casatara Herta et donc un grand groupe européen, un groupe majeur de de l'industrie agroalimentaire.

C'est semble-t-il la marque la plus choisie en France selon Quant avec un taux de pénétration des foyers français qui est le plus élevé depuis son lancement en 1975. La Kneky est en tête du marché de la saucisse avec près de 62 % de part de marché sur le segment des saucisses de Strasbourg. Elle se décline en pas moins de 18 références et nous avons été frappés par la stabilité de certains de vos prix.

Le prix des 10kna est exactement le même qu'il y a 30 ans. Or entre-temps, vos charges et vous nous le redirez, je pense ont augmenté. le prix de l'énergie, le doublement du courire de la main d'œuvre, enfin certain nombre de paramètres et notamment aussi le prix du port.

Euh donc comment avez-vous pu conserver ce prix ? Vous nous en direz plus sur votre offre commerciale, comment donc globalement vous construisez vos prix et vos marges dans un contexte qui est aujourd'hui quand même marqué par une grande volatilité des coûts. Comment se sont déroulé les négociations avec la grande distribution notamment au sein des centrales d'achat européennes ? [grognement] Quel est le regard ou quelle est la manière dont vous appréhendez la répartition de la valeur entre les producteurs agricoles, les industriels que vous êtes et les distributeurs qui sont vos vos clients ?

Et quel bilan tirez-vous des lois égalimes pour un acteur européen ? C'est intéressant de savoir comment se passe les choses en France pour vous. Donc je vous propose de vous laisser la parole pour une dizaine de minutes.

Ensuite madame la rapporteur vous posera ces questions et nous garderons un temps d'échange avec l'ensemble des collègues de la commission. Donc je vous laisse la parole monsieur pour 10 minutes. Je vous remercie madame la présidente, madame la rapporteur, mesdames et messieurs les sénateurs membres de la commission, je vous remercie de me donner la parole dans le cadre des travaux de votre commission d'enquête.

Je salue votre démarche visant à instaurer davantage de transparence et de confiance entre les acteurs économiques, les pouvoirs publics et les consommateurs. Cette recherche de clarté et d'équilibre est indispensable au bon fonctionnement de nos filières à Mont comme Aval et à la construction de solutions pérennes pour l'avenir. Nous avons sollicité aujourd'hui un h clos pour cette audition parce que certaines informations que nous devons vous partager sont bien entendu confidentielles.

Je veux n moi vous rassurer sur notre engagement à répondre avec précision à l'ensemble de vos questions. Permettez-moi d'abord de me présenter brièvement. Je suis le directeur général d'Erta depuis mai 2023 après une carrière dans l'agroalimentaire notamment chez Danon et Saintubert.

Pour commencer, je souhaiterais vous parler d'Erta en France. Herta, vous l'avez dit, est une marque née en Allemagne il y a plus de 100 ans et installée en France depuis 1963. Nous sommes également présents au Royaume-Uni, en Belgique et donc en Allemagne, mais c'est la France qui concentre l'essentiel de nos investissements, de notre production et de nos emplois.

La France représente aujourd'hui en effet 77 % de notre activité témoignant de l'ancrage profond de la marque dans le quotidien des Français. Herta est aujourd'hui le numéro 1 français de la charcuterie qui représente environ 85 % de son chiffre d'affaires avec des marque emblématique, vous les avez rappelé, comme le jambon bon Paris, les saucisses Knaki ou encore Nou Lardon. Et à côté de cela s'ajoute une activité traiteur pâte à tarte et croque monsieur qui représente les 15 % restants.

J'ajoute que nous ne fabriquons pas de produits à marque distributeur. Notre empreinte industrielle en France repose sur c sites cinq sites majeurs, deux usines de charcuterie situées dans le pas de Calais et le Barin, deux plateformes logistiques dans l'Oise et le Rône, un siège social en scène Saint-Denis et une force de vente sur tout le territoire national. Ce site emploie plus de 2000 salariés, soit plus de 10000 emplois induits générant plus d'un milliard d'euros de chiffres d'affaires en sortie caisse.

Depuis 2020, nous faisons partie d'un groupe familial, Casa Aradeas, qui exerce le même métier que nous en Espagne. Ce groupe a investi en France plus de 250 millions d'euros depuis son arrivée pour renforcer notre routil industrielle, améliorer la sécurité alimentaire, accroître notre capacité d'innovation et accompagner la transition environnementale. Notre engagement en faveur d'une meilleure qualité nutritionnelle est constant en reformulant beaucoup de nos produits pour réduire le taux de sel, le taux de gras ou les additifs.

Nous sommes également fiers d'être les inventeurs et leaders du jambon sans nitrite. Enfin, notre ancrage national est réel avec quasiment 100 % de notre production de charcuterie faite dans les régions en France et nous privilégions porc, volaill et blé d'origine française comme premier bassin représentant environ la moitié de nos approvisionnements. Nous poursuivons par ailleurs l'objectif de réduire notre empreinte carbone sur l'ensemble de notre chaîne de valeur depuis les élevages jusqu'au transport en passant par la transformation.

Herta n'est ni éleveur ni abatteur. Nous achetons nos pièces de viande auprès de partenaires de première transformation abattoir et salle de découpe. Et en France, nous contractualisons nos achats auprès de sep partenaires abatteurs à qui nous demande la visibilité par des contrats d'engagement de volume évoluant avec des variations hebdomadaires selon les cours du marché du port français.

Nos ventes de produits à base de viande au distributeurs sont régies par les indices professionnels du marché qui sont intégrés dans nos clauses de révision automatique de MPA majoritairement trimestriel. Nous sommes par ailleurs pleinement transparents en utilisant l'option 2 des clauses égalimes dans l'application de ces mécanismes avec nos clients distributeurs. Je vais maintenant vous parler de la filière Porcine en France.

Elle représente aujourd'hui près de 10000 éleveurs et 21 millions de ports. Elle demeure à ce jour souveraine et constitue un pilier essentiel de notre indépendance alimentaire. La charcuterie française y occupe une place essentielle puisqu'elle valorise plus de 75 % des produits de cette filière et pourtant elle traverse une crise profonde avec près de 30 % de ces entreprises qui sont déficitaires.

Cette situation s'explique par la prise en étu des industriels entre un revenu agricole sanctuarisé par Agalim qui est légitime et nécessaire et des demandes de déflation de la GMS alors que c'est pourtant le rayon qui a les plus fortes marges. La réalité est que nos marchés sont en déflation chronique alors que nos coûts de production augmentent. À ce titre et vous l'avez rappelé madame la présidente, Olivier DVER, expert reconnu de la grande distribution s'étonne que le prix actuel de la Kneki par 10,90 € n'est pas changé depuis plus de 30 ans en dépit de l'inflation.

Je vous propose maintenant de rentrer dans le cœur du sujet de cette commission. Le secteur de la grande distribution représente 100 % de notre chiffre d'affaires et nous est donc indispensable. Mais l'agroalimentaire français souffre d'un déséquilibre profond de ses relations commerciales.

Aujourd'hui, en France, il y a environ 400000 agriculteurs qui vendent leurs produits à 23000 entreprises agroalimentaires qui négocient avec trois mégas centrales internationales auxquelles se rajoutent le Hard Discount, Lidl et Aldi. Et pour Erta, ces trois méga centrales internationales pèsent plus de 90 % de son chiffre d'affaires alors que nous représentons moins de 0,5 % du l'UREUR. Ce rapport de force se traduit par une pression constante sur nos prix et un déséquilibre dans le partage de la valeur.

À côté des centrales d'achat, nous participons également aux centrales européennes de services qui ont des demandes croissantes chaque année. Ainsi, clairement, la valeur s'est déplacée vers la distribution, laissant les industriels de charcuterie dans une situation économique difficile, confirmée par une étude de la Banque de France. Enfin, nous estimons qu'une entreprise de taille intermédiaire comme Herta, avec un amont agricole fort ne devrait pas être intégré aux alliances internationales dont le fonctionnement ne correspond ni à la réalité de nos filières, ni à nos obligations à nos obligations en matière de souveraineté alimentaire.

Nous sommes convaincus que les lois égalimes sont essentielles pour sanctuariser le revenu agricole dans un contexte de guerre des prix, mais elles doivent néanmoins être améliorées, notamment les demandes de déflation qui contournent encore trop souvent la MPA pour se déporter sur la MPI ou le seuil de revente à perte + 10 et la detteoire qui sont des mécanismes essentiels et qu'il faut préserver. En conclusion, je voudrais vous dire que les demandes des flationnistes mettent sous pression nos filières, nous fragilisent et menace notre capacité à investir dans les outils industriels, l'amélioration nutritionnelle de nos produits, la nécessaire et coûteuse transition environnementale et la qualité et la sécurité alimentaire de nos produits. Une meilleure mise en œuvre des galim est donc une priorité indispensable pour éviter que la situation actuelle ne devienne durablement intenable.

Nous avons besoin de votre soutien pour assurer un sursaut de compétitivité de notre industrie car il en va notre capacité à garder nos usinees et nos filières en France. Je vous remercie et je suis maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions. Question de madame la rapporteur.

Bien. Merci. Merci monsieur le directeur.

Donc effectivement, j'ai quelques questions complémentaires, j'allais dire, à vous poser. Alors la première, je voulais savoir parce que je ne l'ai pas noté dans ce que vous nous avez dit, c'est l'origine France de la matière première agricole que représentet-elle dans vos produits ? Environ 50 %.

Très bien. Alors, je sais pas si vous l'avez dit, excusez-moi si c'était le cas, mais je l'ai pas noté. Euh je voilà, vous nous avez dit que vous contractualisez avec les abatteurs.

Est-ce que vous faites des contrats tripartites avec les producteurs également ou uniquement avec les abatteurs ? Non, les abatteurs sont notre contact, donc ça qu'on a un contrat. D'accord.

Très bien. Et donc comment vous vous assurez effectivement qu'il y a bien un respect de la loi égalime avec eux ? Alors, on achète selon les on donne un engagement de volume annuel avec une variation des cours qui est liée avec l'index de du marché du port français. dans lequel on rajoute aussi une composante MPI pour s'assurer que ça intègre aussi cet élément-là.

D'accord. Alors, c'est intéressant quand vous dites on contractualise en contrat de volume vous-même quand vous contractualisez avec la la grande distribution, vous contractualisez en volume aussi ou uniquement en référence ? On contractualise en chiffre d'affaires et en référence.

Oui, en chiffre d'affaires et en référence. Très bien. Je vous vous expliquerez ça tout à l'heure parce que ce sont pas les mêmes pratiques en France et dans les dans les alliances européennes.

En effet, voilà. Donc du coup, je voulais que je voulais que vous nous précisiez cela. D'accord.

Vous nous avez dit donc optez pour l'option 2 principalement pour la MPA. Vous pouvez nous expliquer pourquoi ? Pour deux raisons.

D'une part, on a des produits qui sont assez peu transformés. Si je prends l'exemple des lardons, c'est un produit qui est quasiment brut, donc ça a pas mal de sens d'être effectivement sur l'option 2 et c'est également une demande des distributeurs d'être sur plus de transparence. D'accord.

Et vous avez l'impression que en étant en option 2, vous vous améliorez votre relation avec les distributeurs au moment de la négociation pour que c'est un grand sujet chez les distributeurs hein. L'option 3 c'est effectivement une de leurs demandes fortes. C'est pas quelque chose qui dans lequel on est conforté et je sais pas comment se passent les autres négociations qui sont en option 3.

Hm hm. OK. Alors, est-ce que vous pouvez par exemple depuis 2020 évoquer l'évolution de de la matière première agricole, l'évolution de la matière première industrielle et j'allais dire l'évolution des des négociations, des prix ?

En tout cas, est-ce que vous vous retrouvez dans une évolution de la matière première agricole et industrielle qui est couverte correctement ou est-ce que d'année en année vos marges s'amoindrissent ? Alors, plusieurs éléments de réponse. D'abord sur la MPA, il y a eu deux grandes phases.

Il y a une phase d'inflation post Covid puis post guerre Ukraine et ensuite on est rentré dans une période de déflation depuis 2 ans. Mais quand on fait le solde depuis 2020, on reste en progression. Même chose sur la MPI, les coûts d'énergie, d'emballage, tous les coûts industriels ont par rapport à 2020 fortement augmenté.

Après, j'ai pas la maîtrise en tant qu'industriel sur les prix de vente de consommateur puisque c'est le la prérogative des des des distributeurs, mais on constate néanmoins des baisses et des demandes de baisse de nos prix d'achat. Vous citizz l'exemple de la KNAI qui n'a pas bougé depuis 30 ans, depuis 1995. Euh et vous votre prix de vente il a bougé ?

Non le prix Oui, notre prix notre prix de vente de la Knaki à votre au distributeur, il a bougé. Il a un petit peu bougé, pas autant qu'on le souhaiterait parce que on n'arrive pas malheureusement à refléter toutes nos hausses. Mais le prix de vente en rayon Mais moi je comprends pas vraiment, j'ai été étonné quand j'ai vu ça.

En 30 ans le prix d'un produit n'a pas évolué. Mais alors comment comment c'est possible ? Ça veut dire qu'il y a 30 ans, vous gagniez très très bien votre vie sur le prix Lacti.

Ça ne peut vouloir dire que ça la situation dans laquelle on est tous industriel de charcuterie entre le marteau et l'enclume avec des hausses de coûts qui sont indéniables et auxquelles qu'on est obligé d'absorber et puis des marges qui se dégradent et on est sur une marge opérationnelle qui est faible et qui s'est dégradé depuis quelques années et c'est le cas de tous les industriels de charcuterie. 30 % des industriales de la charcuterie, c'est une étude Banque de France qui le dit, sont déficitaires aujourd'hui et c'est pourtant le rayon sur lequel la GMS gagne le mieux sa vie. Ça c'est effectivement quelque chose qui est su.

Oui. Oui. C'est une qui est public et partagé qui est public qui est partagé.

On sait que les marges sont importantes sur la charcuterie. Un des rayons qui mar le mieux en grande distribution pour la grande distribution. Mais vous vous considérez que cette valeur n'est pas équitablement partagée ?

Il y a un déséquilibre manifeste, je l'ai rappelé tout à l'heure, on pèse 0,5 % du chiffre d'affaires quand eux pèsent les trois groupements internationaux 30 % chacun. Donc il y a une asymétrie et un déséquilibre dans le partage de la valeur qui est totalement évident. Très bien.

Est-ce que vous pouvez nous parler de la clause de révision automatique des prix pour vous auprès de nos clients distributeurs ? Tout à fait. Après, vous nous en parlerez auprès des auprès des abatteurs mais en tout cas auprès des clients distributeurs mécanique et général est la même.

Elle peut varier d'un client à autre. Elle est majoritairement trimestrielle donc il y a un décalage d'un trimestre et quand il y a une variation des indexes que ça soit Agrière ou le marché du port français, il y a des seuils de déclenchement ça peut être 5 10 % ou plus. Et quand on atteint le seuil, ça déclenche soit la baisse, soit la hausse en fonction de la variation de la MPA.

D'accord. Et tout cela est négocié en amont. Absolument.

Donc ça fait partie du contrat que vous venez de signer là au mois de mars. Vous avez signé la hauteur du seuil de déclenchement et ce genre de choses et la périodicité. Donc tout ça ça n'est jamais revu en cours d'année.

Ça s'est fait effectivement une fois pour toute lors des négociations. D'accord. Très bien.

Est-ce qu'on peut en venir à la partie négociation maintenant pour savoir comment se passent vos négociations ? Donc vous négociez au niveau européen avec des centrales d'achat européennes différentes en fonction des des alliances. Donc ça ça pour vous qui vendez beaucoup à l'international, ça vous semble logique de dépendre des alliances européennes ?

Alors j'apporte une correction à ce que vous venez de dire. Nous vendons majoritairement en France, hein. Presque 80 % de nos ventes sont en France.

Et nous, on considère euh qu'avec un amont agricole fort, comme c'est notre cas, notre place n'est pas dans les centrales internationales. On devrait pouvoir négocier en France et ça a assez peu de sens pour nous d'aller négocier dans les différentes centrales internationales. Vous pensez que ça vous coûte plus cher de négocier à l'international que de négocier en France ?

Je sais pas. Ce que je sais simplement, c'est que le poids de ces regroupements et de ces méga centrales est beaucoup plus fort puisque maintenant elle pèse chacune 30 % et donc le rapport de force est très déséquilibré, en tout cas plus déséquilibré qu'auparavant. D'accord.

Donc vous votre demande c'est de pouvoir pour vos produits dont la matière première est essentiellement française négocier en France pour l'ensemble des distributés. Absolument. Ça me paraîtrait complètement logique.

Très bien. Alors, racontez-nous un peu comment se passent les négociations euh que ce soit les négociations en matière de prix, les négociations en matière de services. Euh déjà, si vous pouviez me dire quelle est globalement la part de service dans les négociations ?

C'està-dire que quand vous vendez 100 de produits, quel est le montant des services pour vous ? Je sais pas c'est quoi 5 % 10% pas vous communiquer cette information en public. pourrait nous la communiquer peut-être peut-être peut-on bientôt passer en hclos enfin on va continuer un peu mais puisqu'on est dans les négociation on va bientôt effectivement passer en 8 clos mais je vous redemanderai cette je vous reposerai cette question donc en ce qui concerne les négociation à quel moment vous avez conclu les négociations cette année le 1er mars en fin de le dimanche en fin de journée donc dans les temps dans les temps mais à la fin des temps quand même. [rires] OK, très bien.

Donc je crois que tout le monde a dû conclure à peu près au même moment dans les bascul [raclement de gorge] en h clos dans les he qui ont suivi. Moi je veux bien là je sur les négociations. Je je propose qu'on bascule un H clos.