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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 17 mai 2017 10 minAutoproduitActualité / polémiqueSolidarités & familleInstitutions & élections

JOURNÉE MONDIALE DE LUTTE CONTRE L'HOMOPHOBIE ET LA TRANSPHOBIE - Mélenchon

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Attaque 10 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15MélenchonFait
    « L'orientation sexuelle n'est pas un choix, ce n'est pas une habitude qu'on prend. »
  • 0:30MélenchonFait
    « Des pratiques de discrimination et souvent des drames parce que, par exemple dans une famille, on n'accepte pas l'homosexualité d'un enfant, et on l'expulse. »
  • 1:00MélenchonFait
    « La lutte contre l'homophobie c'est une lutte qui n'a pas simplement un contenu de sentiment fraternel, d'humanité ça a un contenu profondément philosophique, ça veut dire "Tous les êtres humains sont semblables." »
  • 1:30MélenchonFait
    « Le transgenre, c'est évidemment souvent bouleversant d'abord d'arriver à comprendre, la plupart d'entre nous doivent faire un cheminement intellectuel pour arriver à comprendre le parcours, la logique qui animent quelqu'un qui est transgenre. »
  • 2:00MélenchonFait
    « Le transgenre c'est une très bonne nouvelle pour l'humanité. parce que ça prouve que la similitude humaine est au-delà même du genre. »
  • 2:30MélenchonFait
    « La loi punit, je le rappelle, l'injure publique, et notamment l'injure publique homophobe ou transphobe, c'est puni par la loi. »
  • 3:00MélenchonFait
    « Dès lors que la loi a permis que ceux qui le souhaitent puissent se marier, y compris si ils sont du même sexe, eh bien c'est un bon cadre. »
  • 3:30MélenchonFait
    « Des forces politiques se construisent en prenant comme aliments l'homophobie et la transphobie. »
  • 4:00MélenchonFait
    « En Tchétchénie il n'y a pas d'homosexuels. »
  • 5:00MélenchonFait
    « En 1988 on m'a envoyé à une réunion dans une organisation qui s'appelait "Gays Pour les Libertés". »
  • 5:30MélenchonPromesse
    « J'ai eu l'honneur d'être le premier qui ait pensé à proposer une loi en vue du mariage homosexuel. Ma loi s'appelait "Loi pour le partenariat civil". »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour, Je vous adresse ce message depuis le train dans lequel je me trouve, parce que une circonstance particulière me conduit à le faire. Aujourd'hui c'est la journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie et je veux parler de ça. Dans le cas de l'homosexualité, nous parlons de l'orientation sexuelle d'une personne.

La sexualité, c'est une des dimensions fondamentales de la personne humaine. Il faut donc faire le clair sur le sujet, il faut y réfléchir. Et pas simplement s'interdire sur un plan purement moral de mal parler, c'est pas le sujet.

Il faut comprendre ce que sont les êtres humains. L'orientation sexuelle n'est pas un choix, ce n'est pas une habitude qu'on prend. C'est une orientation qui fait que, de tout votre être, vous êtes incliné vers l'un ou l'autre sexe.

Et dans la mesure où ça n'est pas un choix, ça nous permet de réfléchir à l'absurdité qu'il y a à le reprocher à ceux qui se trouvent dans cette situation. Ça se traduit par des actes d'une violence totale, des paroles qui blessent, humilient ! Ça n'a aucun sens !

Des pratiques de discrimination et souvent des drames parce que, par exemple dans une famille, on n'accepte pas l'homosexualité d'un enfant, et on l'expulse. C'est terrifiant ! Bien sûr que les gens qui ressentent ça comme une douleur on peut prendre ça en considération, mais il faut se rendre compte que c'est terrifiant, celui qui est chassé il n'y peut rien, ce n'est pas un choix de sa part !

Et puis, d'autres fois ce sont des violences parce que des gens qui sont mal à l'aise avec cette question, pour eux-mêmes, pas avec les autres se livrent à une violence sur les homosexuels qui est comme une manière d'essayer d'expulser l’ambiguïté qu'ils sentent en eux. Alors, la lutte contre l'homophobie c'est une lutte qui n'a pas simplement un contenu de sentiment fraternel, d'humanité ça a un contenu profondément philosophique, ça veut dire "Tous les êtres humains sont semblables." Et leur similitude ne dépend pas de leurs pratiques.

Leur similitude dépend de ce qu'ils sont et des besoins qu'ils expriment. C'est très important à comprendre. Il en est de même pour les transgenres.

Le transgenre, c'est évidemment souvent bouleversant d'abord d'arriver à comprendre, la plupart d'entre nous doivent faire un cheminement intellectuel pour arriver à comprendre le parcours, la logique qui animent quelqu'un qui est transgenre. Mais si on y réfléchit, une fois qu'on a fait cet effort de réflexion et je demande qu'on le fasse eh bien il faut dire que le transgenre c'est une très bonne nouvelle pour l'humanité. parce que ça prouve que la similitude humaine est au-delà même du genre.

Il y a donc bien une identité humaine qui transcende absolument toutes les pratiques humaines et qui nous rend semblables les uns aux autres. Je trouve qu'il faut toujours regarder les choses par le côté où nous pouvons tous progresser parce que condamner, formuler des paroles absurdes, blessantes, vexantes... se livrer à des violences...

Tout ça ne mène nulle part, tout le monde le sait qui y réfléchit 5 minutes ! donc je pense que cette journée contre l'homophobie et contre la transphobie doit nous permettre surtout de nous améliorer nous-mêmes en se donnant le temps de réfléchir. Une fois qu'on a réfléchi, la perception qu'on a de la réalité change.

Et il est possible qu'on devienne meilleur. Et c'est évidemment le but qu'on doit se donner en pratiquant la réflexion philosophique et là, en l'occurrence, elle prend aussi un tour politique puisque, vous le savez, des forces politiques se construisent en prenant comme aliments l'homophobie et la transphobie. C'est absurde !

C'est aussi absurde que le racisme ! Ça n'a pas de fondement objectif. Mais vous voyez comment ça a un contenu politique d'améliorer la compréhension de tout le monde à la situation.

Moi je fais le pari que dès lors que la loi punit, je le rappelle, l'injure publique, et notamment l'injure publique homophobe ou transphobe, c'est puni par la loi. Dès lors que la loi a permis que ceux qui le souhaitent puissent se marier, y compris si ils sont du même sexe, eh bien c'est un bon cadre, puisque à partir de là, les esprits peuvent cheminer. Ça n'enlèvera rien à ce que chacun pensera en lui-même mais sans doute que le regard que chacun portera sur les autres sera différent.

Donc c'est une lutte philosophique, et c'est une lutte politique contre ceux qui utilisent l'homophobie et la transphobie plus ou moins spontanées que des personnes ressentent face à quelque chose qu'elles ne comprennent pas et comme vous le savez, l'incompréhension le plus souvent ça débouche directement sur des explications simplistes. Voilà, je voulais vous dire tout ça. Au cours de la campagne présidentielle, peut être que vous vous en souvenez j'ai pris le temps à mon meeting de Lille de faire une halte sur un événement dont on apprenait la survenue en Tchétchénie, qui est la persécution des homosexuels.

Et j'ai cru que c'était important de le dire aux gens qui étaient là. Et voyez-vous, la salle qui était très nombreuse hein, on était je sais plus combien, 10 000, 14 000, enfin peu importe, très nombreux. Eh bien, moi j'ai senti qu'il y avait une bonne volonté terrible parce que, massivement, les gens ont applaudi la condamnation de l'homophobie que j'étais en train d'exprimer.

Et bien sûr à avoir une pensée particulière puisque l'information en est confirmée pour ceux des homosexuels en Tchétchénie qui font l'objet d'arrestations et de violences de toutes sortes ! Surtout, lorsque j'ai lu aux gens la phrase abominable d'un responsable Tchétchène, qui disait "De toutes façons il n'y a pas de persécutions parce qu'en Tchétchénie il n'y a pas d'homosexuels" C'est tu en Tchétchénie comme partout dans le monde et comme dans toutes les sociétés Mais cette phrase, elle était d'une violence totale parce qu'elle niait jusqu'à la réalité des faits Et par conséquent, ça revient au pire, c'est à dire à traiter les gens qui ont une orientation sexuelle différente de fous, ou de malades, ou de vicieux ou que sais-je encore. Pour se défendre de ces accusations, M.

Alvi Karimov, porte-parole du dirigeant Tchétchène Ramzan Kadyrov a déclaré à l'agence de presse parce qu'on lui disait "Mais monsieur, qu'est--ce que c'est que cette histoire ?" "Vous arrêtez et vous enfermez des gens parce qu'ils sont homosexuels ?" "Qu'est-ce que ça peut bien vous faire ?" Il répond "Vous ne pouvez pas arrêter ou réprimer des gens qui n'existent pas dans la République." "L'homosexualité n'existe pas ici." Vous voyez que quand on est à dire ça, c'est que vraiment c'est très mal parti.

Et après il ajoute une chose d'une cruauté totale. Et c'est pourquoi j'ai voulu ce soir en dire un mot. Il ajoute "Si ces personnes existaient en Tchétchénie" - Car bien sûr elles existent - La loi, dit ce monsieur, n'aurait pas à se soucier d'eux. vu que leurs propres parents les auraient déjà envoyés là d'où ils ne pourraient jamais revenir.

Eh bien aujourd'hui, je renouvelle ma participation à cette lutte contre l'homophobie et la transphobie. Moi j'ai compris tout ça il y a déjà quelques temps. Franchement c'était pas mon sujet il y a longtemps, mais en 1988 on m'a envoyé à une réunion dans une organisation qui s'appelait "Gays Pour les Libertés" Et c'est eux qui m'ont alerté. sur la réalité de ce qui se passait quand un couple avait, un des deux, à l'époque c'étaient les années terribles de la mort par le SIDA le déchirement quand un des deux meurt, l'expulsion, les familles qui rejettent...

Toute cette cruauté, parfois volontaire, toute cette cruauté qui déferlait sur les homosexuels. Et donc j'ai eu l'honneur d'être le premier qui ait pensé à proposer une loi en vue du mariage homosexuel. Ma loi s'appelait "Loi pour le partenariat civil" Et elle a été déposée sur le bureau du Sénat, c'était la première fois que ça se passait dans une assemblée parlementaire en France, en 1991.

Voilà. Je pense que, dans ce genre de combat, il faut toujours penser à se demander comment apporter sa contribution personnelle. Eh bien je pense que chacun de ceux qui m'écoutent, d'abord en m'écoutant, réfléchissent peut-être après mais allez-y, allez au-devant des gens qui ont des illusions sur le sujet ou qui pensent d'une manière fermée.

Allez, parlez ! Ça vaut la peine ! Parce que quand vous dites aux gens "Vous savez que c'est pas un choix ?" Je vous jure ça change tout.

Ils s'interrogent et ils entrent en eux-mêmes. Il y a toujours un bon fond chez tout le monde hein, il faut pas croire qu'il y a du mauvais, que du mauvais c'est pas vrai. C'est pas vrai, il y a toujours un bon fond.

Et si on mise là-dessus, on appuie au bon endroit, BAM ! Le résultat est comme ça. Voilà.

À bientôt.