THE LOUDEST VOICE : DE FOX NEWS À CNEWS, DE TRUMP À ZEMMOUR
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- Fait
« Roger, le patron, va jouer sans se gêner la carte sexiste, homophobe et raciste. »
- Fait
« Nous devons orienter les informations, pas seulement les traiter. »
- Fait
« Les Américains vont enfin comprendre que la télévision remplace les salles de débats. »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Dans cette chronique, il va s’agir d’aller piocher dans le monde des séries, et d’aller regarder ces petits objets culturels au travers de questions sociologiques, politiques, voire philosophiques. Ces petits objets que l’on regarde encore plus qu’avant, bien sûr pour cause de Covid, sont de véritables mines d’or tant ils soulèvent des enjeux excessivement importants. Ce décryptage s’appellera Serial Politik.
Je ferai à chaque fois un focus sur une série ou parfois sur un thème particulier. Tout ça sera prétexte à regarder de plus près notre environnement, bien évidemment. Aujourd’hui, j’ai choisi d’aller regarder du côté de la série américaine The Loudest Voice, littéralement le nom de la série veut dire “la voix la plus forte” ou aussi “celui qui crie le plus fort”.
Cette série montre la création de la chaîne américaine Fox News, et cette création est tout juste hallucinante. Fox News, c’est cette chaîne qui va finir par porter Trump au pouvoir. C’est cette chaîne qui va essayer de faire émerger dans les médias des idées conservatrices ultranationalistes et qui va finir par y arriver, à force de crier très fort, plus fort que les autres.
Cette série raconte donc la naissance de cette chaîne. On est en 1996 et Roger Hayles, soutenu par Rupert Murdoch lui-même, va créer cette télé et jouer sur une ligne que Trump va rendre célèbre, America First. Roger, le patron, va jouer sans se gêner la carte sexiste, homophobe et raciste.
La série dépeint un personnage odieux et sans limite. Il obligera les journalistes de la chaîne, à nommer Barack Obama, Barack Hussein Obama. Quant au sexisme, il est récurrent, banal pour Roger à tel point que c’est pour harcèlement sexuel que ce patron finira par tomber.
Nous sommes bien avant Metoo, ne l'oublions pas. Roger traîne dans son milieu en toute impunité, sexuellement mais aussi professionnellement. Seule la politique l’intéresse, bien moins que le journalisme.
En effet, la ligne politique devient vite la seule chose qui retient l’attention de Roger. Le journalisme, la vérification par les faits n’ont plus aucune place dans la rédaction. Une seule chose le motive : convaincre à tout prix.
Du coup, cette série devient un pur bijou sur la violence politique des médias, sur la collusion entre médias et politiques. Sur le financier qu’est Murdock, qui vient créer une chaîne à la mesure de ses idées, sur Roger et ses liens avec Bush, puis ces liens avec Trump. La chaîne va devenir un porte-voix redoutable pour les républicains les plus conservateurs d’entre eux.
Les journalistes participent d’une bataille des idées et travaillent à modeler les esprits, à favoriser tel ou tel candidat. Fox News ne fait plus du tout du journalisme, il fait de la politique. Je cite : “Nous devons orienter les informations, pas seulement les traiter”, affirme le patron de la chaîne.
Cette phrase va servir de guide à Fox News. On ne peut pas regarder cette série sans se poser la question du rapport entre médias et politiques. Se demander en quoi les grandes chaînes de télé orientent, posent le débat, font l’agenda.
Dans quelle mesure un sujet devient central et façonne les esprits et pourquoi pas les votes… Qu’est-ce qu’une presse libre ? C’est aussi une sacrée question. Est-ce possible qu’une presse autonome existe libérée des Murdock et autres magnats de la finance ?
Véritable interrogation. La télé, les médias, font-ils l’élection finalement ? Pourrions-nous nous demander.
Peut-être plus qu’un lien direct entre discours médiatique et élection, il y a une sorte d’influence sur les enjeux qui doivent être considérés comme importants. Dans Fox News, par exemple, c’est l’immigration. Les Mexicains à la frontière, la sécurité, le nationalisme, le terrorisme, tous ces thèmes ont été les enjeux qui ont été mis au centre des débats.
Comme une conséquence logique, les votes se sont construits autour de ces thématiques. Si la télé ne perturbe pas forcément le vote au sens strict, elle induit les choses, elle insiste sur les enjeux à mettre au premier rang. Et puis aussi bien sûr, elle crée des personnages, elle les rend éligibles.
Une politique sans notoriété, ou un politique sans notoriété n’existe pas. Et Roger va en partie créer Donald Trump. Roger conclura toute cette séquence par une sentence qui en dit long sur le débat démocratique.
Je cite : “Les Américains vont enfin comprendre que la télévision remplace les salles de débats.” Démocratie, influence, financement, tout est dans cette série. Mais heureusement, une télé à la Loudest Voice commence peut-être à prendre l’eau.
Les moyens de s’informer ou de se distraire se multiplient et nous laissent à penser que nous pouvons être moins soumis à une seule source d’information. Chaînes alternatives, Youtube, plateformes, les chemins audiovisuels sont nombreux. Alors finalement, ne restent sur Fox News que ceux et celles convaincus.
La segmentation est telle aujourd’hui que chacun se réfugie là où il, elle, se sent chez lui, chez elle. Même si les magnats de la presse continuent évidemment de régner durement et que la bataille reste extrêmement féroce. Je vous donne donc rendez-vous pour un prochain épisode de Serial Politik très prochainement.