Nicolas Dupont-Aignan au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV (20/01/2022)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:18OuverteÉludée
J'ai lu une de vos déclarations récentes qui m'a un peu surpris : « Je suis un meilleur candidat de second tour que de premier tour, c'est ma chance. »
- 0:42RelanceRéponse directe
Ça veut dire quoi ? Vous n'êtes plus candidat ou vous êtes sur le point de ne plus être candidat ?
- 2:43OuverteRéponse directe
Vous avez réagi quand Emmanuel Macron a parlé, a dit qu'il voulait emmerder les Français.
- 3:35OuverteRéponse partielle
Vous avez des problèmes de parrainage, des problèmes d'argent ?
- 3:51RelanceRéponse directe
Les mémorragies de beaucoup de vos cadres ? C'est vrai ou pas ?
- 4:02RelanceRéponse directe
Vous gênez qui ? Éric Zemmour ? Marine Le Pen ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:40Invité politiqueFait
« On n'a pas les moyens des autres. »
- 3:54Invité politiqueFait
« C'est complètement faux. »
- 10:52Invité politiqueChiffre
« On a investi un milliard d'euros par mois, et il fallait le faire, sur les tests. Ça fait 10 milliards par an. »
- 16:56Invité politiqueChiffre
« Quand les fortunes des milliardaires français ont augmenté de 86% pendant la crise du Covid, de plus de 200 milliards d'euros. »
- 18:53Invité politiqueFait
« On leur dit « vous pouvez quand même contribuer un peu au pays ». »
- 20:34Invité politiqueFait
« Fessenheim marchait très bien, je l'ai visité. C'était la plus vieille centrale. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan64 %
- Présentateur22 %
- ?14 %
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Nicolas
Dupont-Aignan, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Merci d'être avec nous. Alors, j'ai lu une de vos déclarations récentes qui m'a un peu surpris. Je vous cite. « Je suis un meilleur candidat de second tour que de premier tour, c'est ma chance.
»
Oui, j'ai envie de vous poser une question toute claire. Je
crois
que
j
'avais dit que
c
'est mon drame. Non, non, non, non, non. Ah, peut-être que
c
'est mon drame, oui. Donc c'est votre
drame.
Voyez, je suis honnête. Oui, c'est votre drame. Vous
êtes
un candidat de second tour et pas de premier tour. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire en fait que
vous
n'êtes plus candidat ou que vous êtes sur le point de ne plus être candidat
parce que vous ne trouvez pas vos parrainages
? Pas du tout, au contraire. D'abord, les parrainages, c'est difficile pour tout le monde. Vous les aurez ou pas ? Je ne sais pas. Je vais être très franc avec vous ce matin. Je dis au maire, je suis tout prêt, je suis à peu près à... On peut le dire, allez. Je ne l
'ai
jamais dit, mais on est vers 450. Mais il en manque encore 50. Et je dis au maire, parrainez pour la démocratie. En tout cas, j'ai besoin des derniers parrainages parce que je peux finir à 495
ou
à 510. Je ne sais pas. Et ça, c'est une angoisse et une perte de temps alors qu'il faut faire campagne et qu'on se dit, est-ce qu'on aura les parrainages ? Mais j'espère et je fais confiance dans les maires qui me connaissent et qui savent que j'ai été maire moi-même 22 ans
et
que je serai le candidat vraiment des territoires parce que je sais, je vis,
comment
dire, cette division de la France entre les métropoles
qui
grossissent toujours avec des difficultés de vie. Je suis élu de banlieue. Mais aussi les territoires qui sont complètement perdus. Bon, donc, il
y
a la question des parrainages que je voulais dire par cette phrase pour vous répondre. Oui,
oui.
Qu'est-ce que vous voulez dire ? C'est que la campagne telle qu'elle est partie
aujourd
'hui, on est à très peu de temps, est une campagne qui est toujours sur des polémiques,
sur
des petites phrases et que moi, je suis plutôt quelqu'un qui est sur du projet, sur du fond.
J
'ai écrit un livre, par exemple, dont on a peu parlé sur les économies budgétaires. Je suis le seul à avoir un programme très chiffré et j'ai l'impression que dans ce début de campagne, je suis quelqu'un de sérieux qui pourrait battre Macron au second tour, mais qu'il faut que
peut
-être je me plie davantage à la loi médiatique, de la petite phrase, de la polémique, de l'agressivité
qui ne me plaît pas. Mais vous la nourrissez aussi
la
polémique, Nicolas
Dupont-Aignan. Très peu, je n'ai pas... Vous savez,
j'aurais pu dire des choses qui
ont permis à
certains de percer, d'avoir plein d'émissions. Moi, j'en ai beaucoup moins que les
autres. — Vous avez réagi quand Emmanuel
Macron a parlé, a dit qu'il voulait emmerder les Français.
— Heureusement que j'ai réagi. — Vous avez
réagi dimanche après le voyage de Jean
-Michel
Blanquer à Ibiza.
— Très
peu. Très
peu. Donc ce que je veux dire, c'est que je fais une campagne... Peut-être parce qu'aussi je vieillis un peu. Je fais une campagne sur le fond des choses, pouvoir d'achat. Je fais une campagne... J'ai écrit un livre
sur
ras-le-bol des promesses. On n'est pas des Pères Noël. Les Français volent du sérieux. Et j'ai l'impression qu'en ce début de campagne, c'est la prime à la petite phrase. Et j'ai dit sous forme de boutade, eh bien l'enjeu pour moi, c'est d'accéder au second tour. Parce qu'une fois au second tour, je pense que je peux battre Emmanuel
Macron. — Accéder au second tour. — Donc il faut accéder au second tour. Mais c'est pas perdu. Je vais vous dire. C'est pas perdu.
—
Il
y a du chemin quand même,
Nicolas. — Oui. Mais il y a des millions de Français
qui n'ont pas fait leur choix. Jamais. — Vous avez des problèmes de parrainage, des problèmes
d'argent. — Non, pas de tout le monde. — Non, d'argent, non, ça va. Vous avez les moyens.
— On n'a pas les moyens des autres. — Oui. — Mais je vais vous dire. Moi, je crois que c'est pas une question d'argent. Et j'ai une chance. Une seule chance. — Oui. — C'est que mon parti est bien géré.
Il
n
'y a
pas de dette. Et ça,
c
'est pas le cas de tout
le monde. — Les mémorragies
de
beaucoup
de vos cadres.
—
Non.
— Non, c'est vrai ou pas ? — C'est complètement
faux. — Ah bon ?
Quelques départs. Mais parce que
je gêne...
— Mais vous gênez qui ? — Je gêne. C'est curieux qu'on dit tout le temps. — Vous
gênez qui ? Éric Zemmour ? Marine Le Pen ?
— Je gêne parce que je pense que je serai un candidat
beaucoup
plus rassembleur au second tour.
—
Que de ? — Que bien sûr. Je gêne parce que
nous
sommes la première élection présidentielle
où
il y a
plus
de 10 millions, 15 millions, peut-être 20 millions de Français qui n
'ont
pas fait leur choix.
Et
je leur dis,
ne
vous abstenez pas. Allez voter. Vous pouvez tout bouleverser. Le casting qu'on vous présente
n
'est pas obligatoirement le bon. Et faites confiance peut-être à quelqu'un de différent, ancré dans la réalité. Moins de polémiques, moins de temps d'antenne, mais moins d'argent, mais peut
-être plus sincère. — Comme les autres.
— Et je vous en remercie. Mais c
'est
rare.
—
Nicolas Dupont-Aignan... —
C
'est rare, je veux dire, dans les médias français. Vous êtes une rare exception.
— Nicolas Dupont-Aignan, pourquoi ne pas rejoindre ? Est-ce que vous rejoindrez Éric Zemmour
ou Marine Le Pen ? — Non. Mais je vous l'ai déjà dit. — Jamais, à
aucun moment...
— Mais je
vous l'ai déjà dit.
Je suis
candidat.
Je suis gaulliste. — Non, non.
Vous confondez.
—
Oui. — Deux choses.
—
Je confonds. — Oui. Vous confondez le deuxième tour.
—
Oui. — Valérie Pécresse a rejoint Emmanuel Macron. Elle est candidate. Elle a des points communs. Soyons précis. Avec Emmanuel Macron, elle est candidate. Elle a le droit, parce qu'elle a sa personnalité, ses propositions. J'ai des points communs. Tout le monde le sait, l'indépendance nationale avec Éric Zemmour ou Marine Le Pen. Mais j'ai des différences. Et surtout, j'ai ma personnalité. J'ai été maire 22 ans. Je sais compter. Je déteste la dette. J'ai écrit des livres sur la grande fraude fiscale. J'ai des solutions pour le pays. Et j'estime que je peux rassembler davantage.
Je n'ai
pas la même vision de la société qu'Éric Zemmour sur le handicap, sur les femmes. J'estime qu'on peut être gaulliste, c'est-à-dire l'indépendance de la France. — Oui. — Mais que l'indépendance de la France et l'idée que je me fais de la France et du gaullisme, c'est le rassemblement des Français.
Et
qu'Emmanuel Macron, et c'est le drame du pays aujourd'hui, pendant 5 ans,
a
dressé les Français les uns contre les autres. Et je n
'ai
pas envie
qu
'on recommence avec un autre. Je veux l'indépendance du pays, des solutions concrètes, la liberté des Français et le rassemblement pour gagner, que la France s'élève et
ne se
rétrécisse pas. —
Vous allez me dire, si je me trompe,
c'est ça
qui m'intéresse.
— Je vais me dire ce
que vous
pensez. — Alors je sais
que ça peut paraître curieux, la sincérité en politique.
—
Mais non, mais non.
— Mais vous le savez depuis des années, j'ai au
moins ce mérite de jamais, d'avoir toujours gardé ma cohérence, ma sincérité. Et je pense que les Français en ont marre, des bonimenteurs, en ont marre des polémiques, volent
autre chose, ils cherchent autre chose. — Alors Nicolas Dupont-Aignan, les Français
en ont marre.
Les
Français en ont marre. Vous les rencontrez, je les rencontre. Qu'est-ce que nous entendons
?
Qu'est-ce que nous entendons ? Je n'ai pas envie d'aller voter. Je ne sais pas pour qui je vais voter. Je vais m'abstenir. Et finalement, tout ça ne m'intéresse plus. Plus. J'entends ça. Vous entendez
ça en
permanence. En permanence.
— C'est
pire que ça. — C'est-à-dire que tout le monde attend, maintenant, que le président de la République se déclare. Pardon de vous dire, mais tous les candidats ne proposent pas grand-chose
jusqu'à maintenant. — C'est pas vrai. Je n'accepte pas. — C'est pas vrai.
Bon.
Eh bien, c'est pas ce que
pensent les Français.
—
Je vous l'offre. — Non, mais je l'ai déjà.
Je l'ai déjà. Mais je l'ai déjà feuilleté, Nicolas Vipoignan.
Mais les Français ne se sentent pas concernés aujourd'hui
par les élections présidentielles. —
Oui. Et
je
vais vous
dire
pourquoi. — Donc pourquoi ? Donc on s'a... — Je vais vous dire pourquoi. — Alors très vite. Et après, nous allons
parler de l'abstention. — Parce qu'ils ont été trompés pendant 20 ans
par,
justement, des Pères Noël avant chaque élection qui, après, n'ont pas respecté leurs engagements. Premier point. Deuxième point. Parce qu'ils ont le sentiment que la politique ne sert plus à rien.
Et
troisième point. Parce qu'ils commettent une erreur. Et là, je vais les engueuler. Pas méchamment.
—
Oui. — Je leur dis souvent, quand je les rencontre, vous manifestez,
vous
râlez et vous avez raison.
Mais
pourquoi alors vous n'allez pas voter ? Parce que quand vous vous abstenez en croyant que vous punissez le monde politique, en fait,
vous
rendez service à ceux qui vous ont gouvernés depuis 30 ans. Et vous ne donnez pas la chance à des gens différents. Et pourquoi j'y crois encore ? Pourquoi je me présente encore
?
Parce que je sais qu'on peut faire autrement. Et parce que je sais que les Français attendent autre chose. Et je leur dis, si vous allez voter, les 47 millions d'électeurs allaient voter. Mais vous balayez le système pourri.
— Encore faut-il donner un
avenir et de
laisser voir aux Français. Et
il faut être invité. Et il faut écrire. Et il ne
faut pas rester dans les polémiques. — Alors, l'abstention. — Toujours les mêmes polémiques. Les mêmes histoires.
— Le président du Sénat propose d'instaurer une double procuration pour les électeurs. Il demande au gouvernement l'examen en urgence d'une loi organique. Chaque mandataire qui pourrait déposer deux procurations. Et voter pour deux personnes.
—
Pourquoi pas ?
Ça me choque pas.
Maintenant, je pense que c'est trop tard parce que... — C'est pas ce que dit le président du Sénat. — Ça serait formidable. Mais je pense que c'est trop tard. Je vais vous dire. Le plus important pour moi, pour que les gens aillent voter, c'est qu'il y ait
une
égalité de traitement dans les médias pour qu
'il
y ait le maximum d'offres politiques. L'offre politique, qu'on n
'ait
pas toujours les mêmes, qu'on n'ait pas le cycle infernal, sondage, médias. Parce qu'il y
a
une espèce d'escalade. Et puis pour d'autres, c'est plus difficile. Vous savez qu'avant, il y avait cinq semaines d'égalité. Cinq semaines. Jusqu'en 2017.
Ça
a été supprimé. Il n'y
a
plus que 15 jours. Et les médias français ne peuvent pas inviter tous les candidats en 15 jours. C'est un casse-tête. Vous le vivez bien. Et donc, il faut ouvrir le champ. Il faut qu'on parle des choses importantes. Il faut qu'on ait des débats de fonds. Vous en avez eu un intéressant avec une candidate. Moi, je viens bien demain matin. Mais j'ai appris qu'il allait être réservé qu'à quatre candidats. Dommage. C'est pas un... Dommage. Ouvrons l'air. Voyons les propositions. Comparons.
On est à moins de trois... Ne vous inquiétez pas. Vous
serez, et vous serez,
non seulement vous
serez invité, mais vous serez sur un plan d'égalité.
Moins de trois
mois, Jean-Jacques Bourdin. Et tout est fait pour qu'on ne parle pas des problèmes de fonds.
Parlons du pouvoir d'achat. Alors, non, non. Mais avant
de parler du pouvoir d'achat...
Quelques mots. Quelques mots, oui. Quelques mots sur le Covid et sur la situation sanitaire. Est-ce qu'il faut alléger les restrictions ? Il faut les lever.
Toutes les restrictions. Comme en Angleterre.
Toutes. Comme en Espagne. Les
Anglais
ont 15 jours ou
3
semaines d'avance sur nous. Oui. Sur
l
'épidémie. Je n
'ai
peut
-être
pas...
Il faut
lever. Dans trois semaines, quoi. Non, mais non. Il faut lever. On a voté une loi absurde qui arrive trop tard, qui est complètement liberticide. Il faut lever. Et il faut, parallèlement...
Arrêter la
vaccination ?
Mais la vaccination doit être un libre choix pour les personnes fragiles, âgées, qui le souhaitent, avec le médecin traitant. Je ne suis pas médecin. Je veux le libre choix. Mais je vais vous dire autre chose.
Il
faut investir massivement dans l'hôpital public. Il faut résoudre le problème des déserts médicaux. Parce que demain,
vous
pouvez avoir un autre virus qui arrive dans deux ans. Et ce qui me désole, c'est qu'on a investi un milliard d'euros par mois, et il fallait le faire, sur les tests.
Ça
fait 10 milliards par an. Il fallait le faire ? Il fallait le faire, les tests. J'ai toujours réclamé, je ne
vais
pas me contredire. En revanche, Jean-Jacques Bourdin, 10 milliards par an pour les tests. Doubler les services de réanimation. Doubler les services de réanimation. Alléger
la
peine des soignants. Donner de l'air à notre système. Et pas seulement pour le Covid.
Excusez-moi, vous savez combien
ça coûte ? Non,
mais combien
ça coûte, Jean-Jacques Bourdin ? Quoi ? Le Covid ? Non. Doubler les lits de réanimation. 2,5
milliards
par an. Et on a dépensé 4 fois plus pour les tests. Mais
pour avoir
des lits, il faut du personnel. Vous le savez,
Nicolas Dupont-Aignan. Et pour avoir du personnel, Jean-Jacques
Bourdin, il
ne faut
pas, par exemple, geler les postes de réanimateurs anesthésistes au concours, comme l'a fait Jean Castex. Pour avoir du personnel, il faut arrêter de fermer des lits. Pour avoir du personnel, il faut rouvrir, ce que je propose dans mon programme, un hôpital ou une maternité par département dans les zones sous-dotées. Pour avoir du personnel,
il
faut payer les internes qui sont en train d'être débauchés pour partir en Californie. Voilà. Donc il faut un plan global de la santé publique en France. Et il
faut supprimer la tarification à l'acte. Je
vais passer
à autre chose.
Oui, on va passer à
l'essence.
C'est concret, mais je vais être sur le concret. Le prix de l'essence, c'est concret pour tous les Français. Nicolas Dupont-Aignan, simplement un mot. Pourquoi est-ce que vous n'avez pas été clair sur votre situation personnelle sur la vaccination ? Vous n'avez jamais dit « je suis vacciné, pas vacciné
». Parce que je n'aime pas ce voyeurisme. Vous êtes toujours
resté dans
une zone d'ombre
où
c'est si facile
de dire « non, j'ai décidé de ne pas me faire vacciner
». Oui, ben voilà, vous le savez. Oui, j'ai décidé de me faire vacciner. Mais je n'aime pas... Donc vous avez
décidé de ne pas... Vous n'avez jamais été vacciné ? Non, j'assume. Bien. Alors on va passer à autre chose. D'accord ? Oui. On va passer à autre chose. Un mot quand même sur ce qu'a dit Emmanuel Macron. «
Pardon,
pardon,
pardon,
pardon. Le gouvernement n'aurait pas pu organiser une stratégie de vaccination en France si nous n'avions pas eu l'Europe », dit Emmanuel Macron. Ça, c'est du grand cinéma.
C'est vrai,
non ?
C
'est vrai.
En tout cas, l'Europe qui garde secret tous les contrats avec les laboratoires pharmaceutiques, ce n
'est
pas l'Europe que j'aime. Voilà. Vous êtes pro
-europé. J
'aime l'Europe comme réconciliation des peuples et pour construire des projets communs comme Airbus, Ariane, face à la Chine et aux États-Unis. Mais l'Union européenne ne fait pas ça. Je veux remplacer l'Union européenne par un nouveau traité. On rend aux nations leurs frontières, leurs lois, leurs budgets. Et en revanche, comme un syndic de copropriété,
l
'Europe s'occupe des parties communes,
le
défi environnemental, le défi numérique, créer un GAFA européen, et le défi du développement de l'Afrique. Car la population africaine
va doubler.
Et la défense ? La défense n'appartient qu'aux nations.
Alors, j'ai
une question. Est-ce que l'Europe n'a pas besoin
d'être unie devant l'instabilité et le danger qui monte de toutes parts, partout ? Mais ça, ça ne
veut rien dire. En Ukraine, en Biélorussie, en Turquie. Personne n'a même avis. Donc
ça ne veut rien dire. On répète ça depuis des années. Mais
est
-ce que l'Europe nous
a garantis la paix
? Non. L'Europe comme coopération, oui. L'Europe comme bureaucratie non démocratique qui signe des accords de libre-échange, qui se couche devant la Turquie et la Chine, qui ne protège pas les Européens, n'a aucun sens. Donc je veux, comme une copropriété, je veux que le syndic s'occupe des choses communes, mais qu'en revanche, le syndic nous laisse vivre dans notre appartement comme on veut. Et qu
'il
ne se mêle pas de tout. Moins d'Europe, mieux d'Europe. Et ça irait beaucoup mieux. Et je proposerai un traité
et
un référendum.
— Bien.
Nicolas Dupont-Aignan, le prix de l'essence, c'est vrai que c'est un sujet qui agite tous les Français. C'est normal. Parce que quand on prend sa voiture pour aller travailler, on a besoin de faire le plein. Et on voit le plein, le prix augmenter. Et parfois, j'ai vu... C'était formidable ce que j'ai vu mardi soir.
J
'ai entendu deux de nos intervenants dire « Mais on y va à tour de rôle ». — Oui,
bien
sûr. Mais je le dis depuis des années.
—
Et finalement, on fait du covoiturage. On se force à faire du covoiturage. Mais Nicolas Dupont-Aignan, qu'est-ce que vous proposez ? — Toujours la même chose.
—
Qu'est-ce que vous proposez pour baisser le prix de l'essence ?
— Je n'ai jamais changé. — Est-ce que c'est possible, d
'ailleurs ? —
Oui.
Je propose deux choses. Très simple.
J'ai jamais changé. Reprenez mes
vidéos
d'il y a deux ans, trois ans.
Un, j'estime que l'État n'a pas à gagner de l'argent sur la hausse du prix
par
rapport à ce qui était prévu budgétairement. Or, vous le savez,
il
y a tellement de taxes sur le prix. Quand le prix de l'essence augmente, l'État fait du bénéfice. Je demande solennellement à Bruno Le Maire de rendre cet argent aux Français. Ça, c'est pas compliqué. Il se fait de la gratte par rapport à ce qui était prévu. C'est inadmissible. Premier point. C'est ce qu'on appelait la TIPP flottante. Quand le prix augmente, l'État rend. Quand le prix baisse, il garde. — Ça
n'a pas toujours
réussi,
la TIPP flottante dans l'histoire. — Non, mais attendez. Ça permet,
quand le prix augmente, que l'État ne fasse pas
du bénéfice
dessus. Premier point. Deuxième point. J'ai toujours proposé, je l'ai là, la suppression de la taxe sur la taxe. Vous savez qu'en France, il y a la TICPE, qui est une grande
taxe, et à 60%
du prix de l'essence, qui est la taxe. Vous avez la TVA sur l'essence, j'accepte.
— Et vous la laissez à
20% ?
—
Je
la laisse. Mais il y a autre chose qui est incroyable.
—
Oui, il
y
a
la TVA sur la TICPE. — Il y a
la TVA sur la taxe. C'est du délire. Et j'ai toujours demandé, et
je
n
'ai
jamais changé, qu'on supprime. Ça représente 14 centimes par litre.
Ce qui
serait quand même pour un habitant qui remplit son plein 5, 6 euros, 7 euros. 7 euros, j'ai calculé au prix actuel.
— Ça
fait 7 milliards et demi. — 6 milliards.
6 milliards à
peu près.
— 10
centimes de baisse,
c
'est 5 milliards d
'euros de coups pour l'État. — J'ai compté 6 milliards. Bon, alors 7 milliards. — 7 milliards. Allez. — 7 milliards. Et je propose pour financer...
— Alors comment faites-vous ?
—
Je propose un impôt
sur
les très grandes fortunes financières françaises, car j'accepte qu'on supprime les SF pour les fortunes moyennes ou les patrimoines. Mais je dis
que
quand... Dernier chiffre d'Oxfam, une association... Quand les fortunes des milliardaires français ont augmenté de 86% pendant la crise du Covid, de plus de 200 milliards d'euros,
j
'estime que la solidarité voudrait que ceux qui ont gagné tellement d'argent pendant la crise du Covid
participent
un tout petit peu pour alléger le prix de l'essence. Ces 6 milliards,
je
les finance aisément par une taxe exceptionnelle sur les très grandes fortunes au-dessus de 10 millions d'euros. —
Oui, c'est-à-dire. —
Au-dessus de 10 millions d'euros. Hors résidence principale.
— Vous
savez,
franchement... — Au-dessus de
10 millions
d'euros, elle
serait de quel montant, cette
taxe ?
— Une petite
taxe pourrait être entre 0,5 et 1%. Donc on est vraiment dans quelque chose de léger, qui va pas étouffer, mais qui permet de dire à la nation... Oui, il y a un moment, ceux qui ont gagné des dizaines de milliards d'euros,
des
dizaines de milliards d'euros, doivent contribuer à alléger le fardeau de l'essence des Français. Et je crois que c'est juste. Je suis par ailleurs, il
faut
que vous le sachiez, pour la suppression des droits de succession
sur
la résidence principale.
—
J'estime...
—
Quel que soit le montant
des droits de succession... — Jusqu'à le montant qu'il faudra
fixer... Non, je parle de la résidence principale. —
Oui,
oui.
—
C'est-à-dire que
tous les Français... — Mais même la résidence principale. — ...tout les
Français, qui ont travaillé dur toute leur vie pour acheter leur maison, doivent pouvoir la transmettre avec zéro droit de succession à leurs enfants.
— Quelle que soit la valeur de la
maison...
— On
offre un plafond, je sais pas, il faudra déterminer,
c
'est le Parlement...
— De 100 mètres carrés
à Paris, c'est pas 100 mètres carrés...
—
Non, mais avec un plafond élevé. — Oui, en province. — Je veux dire qu'il
faut arrêter,
dans
notre pays, que les très très riches soient exonérés de tout, comme l'a fait Emmanuel Macron,
et
que les classes moyennes ne soient pas récompensées de leur vie de travail. Et vous voyez que c'est cohérent.
Une
mesure sur les sens. On soulage l'effort des Français qui bossent dur. On allège les classes moyennes qui veulent transmettre à leurs enfants quelque chose. Et de l'autre côté, on dit quand même à ceux qui se gavent d'argent, qui sont gavés d'argent par Emmanuel Macron, qui font partie de l'oligarchie, on leur dit « vous pouvez quand même contribuer un peu au pays ». — Bon,
mais ceux qui se gavent d'argent, pardon... — J'ajoute dernier point. — Mais ceux qui se gavent d'argent... — Non, je finis.
S'ils investissent en France, leur patrimoine, ils
auront un allègement.
—
Mais ceux qui se gavent d'argent, ils vont faire le plein aussi. Je parle pas des milliardaires, mais d'autres qui sont très riches, ils vont faire le plein de leur voiture. C
'est-à-dire
qu
'ils auront
le même droit à une baisse des taxes.
— On va pas faire quand même des complications.
— Et l'équité
? — Écoutez, on va pas compliquer les choses. Les taxes sont considérables. Je demande que dans cette période difficile, quand j'ai vu dans la Creuse un homme me dit « j'ai perdu mon emploi », on me dit « il faut aller travailler loin ».
Un
plein par semaine, un
plein par semaine quand vous êtes
au SMIC, c'est foutu. Donc on peut pas continuer comme ça. Il faut prendre des mesures. Le gouvernement l'a pris sur l'électricité, avec des problèmes d'ailleurs considérables à terme. —
Mais
vous approuvez ? — Oui, j'approuve. — Oui, j'approuve.
— De bloquer
à 4% les prix
d'électricité sur l'année ? — En
revanche, que je n'approuve pas, c'est qu
'on
traite pas la cause. Fallait pas fermer Fessenheim.
On voyait avant-tien sur votre écran... — Ça
représente même pas 2%
de l'électricité en France. — Oui, mais c'est les centrales à charbon qu'on rouvre.
Non,
non,
Fessenheim, c'est les deux centrales à charbon qu'on va rouvrir cette période.
— Non, non, ça dépend d'autre chose.
Je vais vous dire deux choses.
—
Oui. — Fessenheim, qu'il ne fallait pas fermer, et on peut encore le rouvrir.
Les travaux vont commencer en mars.
—
Alors
qu'une dizaine de centrales nucléaires sont menacées d
'être mises à l'arrêt pour des raisons de sécurité. — Fessenheim marchait
très
bien, je l'ai visité. — C'était la plus
vieille centrale. —
Non,
elle avait été entièrement rénovée. C'est une aberration. On va rouvrir des centrales à charbon, Jean-Jacques Bourdin, cet hiver, parce que... — Provisorement. — Emmanuel Macron a fermé Fessenheim. Deuxième point. —
Il
faut déconnecter le marché de
l
'électricité français du marché européen, qui est aligné sur le gaz allemand. Et vous savez que c'est aberrant.
—
Merci, Nicolas Dupont-Aignan, de nous voir ce matin sur RMC et BFM TV. Il est 8h53.
— Avec l
'électricité
français du marché européen. —
Sous-titrage Société
Radio
-Canada
Nicolas Dupont-Aignan