Danielle Simonnet : "L'Europe, on la change ou on la quitte"
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Questions et réponses
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- 0:24OuverteRéponse directe
Est-ce que réellement le dossier de l'Europe est la cause de cette non-alliance des gauches en vue de l'élection présidentielle ?
- 1:40OuverteRéponse directe
Mais sur les objectifs, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon sont d'accord, c'est la méthode, plan A d'abord, puis éventuel plan B, ou plan B d'abord, puis éventuel plan A, c'est la différence entre les deux ?
- 2:25RelanceRéponse partielle
On retire de l'influence aux ministres des Finances qui ont tout pouvoir en Europe.
- 4:10RelanceRéponse directe
Pardon, mais ce rapport de force, il suffit à Jean-Luc Mélenchon de faire quelques coups de menton devant Bruxelles pour que ça change ?
- 4:50OuverteRéponse directe
Là encore, c'est un point de passerelle normalement avec Benoît Hamon ?
- 5:41OuverteRéponse directe
Un autre désaccord entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, c'est probablement la politique de Vladimir Poutine, ou plutôt la méthode Poutine.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« nous sommes issus, et Jean-Luc Mélenchon est finalement héritier représentant du 29 mai 2005, de cette victoire du peuple au moment du référendum pour le non au traité constitutionnel européen »
- 1:21Invité politiqueFait
« les directives libérales européennes qui nous imposent l'austérité »
- 2:51Invité politiqueFait
« M. Hollande avait promis de renégocier le traité que M. Sarkozy avait conclu avec Mme Merkel »
- 3:33Invité politiqueFait
« si on se soumet à ces institutions européennes, il arrivera à la France, ce qui est arrivé à la Grèce »
- 4:20Invité politiqueFait
« Quand on va vers Bruxelles et qu'on leur dit voilà, c'est directif de mieux en concurrence, on ne les veut pas »
- 5:01Invité politiqueFait
« l'Union Européenne, aujourd'hui, elle interdit dans ses traités toute harmonisation sociale et fiscale »
- 5:22Invité politiqueFait
« L'Europe nous impose les directives sur les travailleurs détachés »
- 6:28Invité politiqueFait
« Très tôt, M. Poutine avait dit mais il faut absolument qu'il y ait que tout le monde se mette autour de la table et qu'il y ait des négociations au service de la paix »
- 6:37Invité politiqueFait
« Et qui avait refusé d'ailleurs ? Eh bien, c'était les États-Unis, c'était l'OTAN, c'était la France »
Temps de parole
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Les 6h21, France Inter, Catherine Boulet, Éric Delvaux, le 5-7. Votre invité ce matin, Éric Delvaux, c'est Daniel Simonnet, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, élu front de gauche du 20e arrondissement de Paris. Bonjour Daniel Simonnet. Bonjour.
La non-alliance avec Benoît Hamon, sur son blog, Jean-Luc Mélenchon l'explique par un différent trop important sur le dossier de l'Europe. Est-ce que réellement le dossier de l'Europe est la cause de cette non-alliance des gauches en vue de l'élection présidentielle ?
Oui, c'est une question extrêmement importante. N'oubliez pas que nous sommes issus, et Jean-Luc Mélenchon est finalement héritier représentant du 29 mai 2005, de cette victoire du peuple au moment du référendum pour le non au traité constitutionnel européen, et qui avait été bafoué par la suite. La question européenne, ce n'est pas une simple question promogrammatique, c'est finalement comment est-ce qu'on se donne les moyens pour appliquer une autre politique, pour appliquer le programme pour lequel on fait campagne.
Parce que finalement, prenez par exemple une préoccupation majeure, ce que vous avez signalé tout à l'heure, la question écologique finalement, la question de notre santé publique, mais on pourrait prendre aussi la question des services publics, la question de la redistribution des richesses, la question des créations d'emplois. Ça nécessite de faire une politique qui soit en rupture avec les directives libérales européennes qui nous imposent l'austérité.
Donc, il faut bien, sur la question européenne, créer un véritable rapport de force pour que la France puisse désobéir aux directives libérales européennes, soit réussir à arracher une renégociation de ces traités, soit, à ce moment-là, d'assumer un plan B, de sortir de ces traités.
Mais sur les objectifs, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon sont d'accord, c'est la méthode, plan A d'abord, puis éventuel plan B, ou plan B d'abord, puis éventuel plan A, c'est la différence entre les deux. Revoir les structures, créer un Parlement plus démocratique, tout ça, ce sont des dépens communs ?
Non, parce que par exemple, vous prenez la question du Parlement de la zone euro que défend M. Hamon.
Avec des représentants nationaux d'ailleurs.
Qui est d'ailleurs, finalement, une proposition qu'avait déjà défendu M. Moscovici, qui avait déjà défendu M. Carrèche, qui vient de rejoindre M. Macron. Finalement, c'est une proposition qui est totalement compatible avec le fait qu'on garde l'indépendance de la BCE, qui continue à prêter aux marchés financiers, mais qui interdit de prêter aux États, et on se retrouve avec toujours ce problème de la finance qui gangrène l'ensemble de nos économies. Et quelle était votre angoisse d'ailleurs, que vous avez citée tout à l'heure ?
On retire de l'influence aux ministres des Finances qui ont tout pouvoir en Europe.
Mais non, justement, puisque vous rajoutez à nouveau un nouveau Parlement sans régler absolument pas le problème à la fois de la souveraineté des peuples et surtout de la nature même de cette indépendance de la BCE. Regardez, M. Hollande avait promis de renégocier le traité que M. Sarkozy avait conclu avec Mme Merkel. Et que s'est-il passé ? Promesse de 2012 non tenue. Zéro rapport de force. Et d'emblée, il a cédé, il s'est soumis, et le traité a été appliqué. Mais c'est notamment pourquoi Benoît Hamon s'est retiré de ce gouvernement ? Non, d'abord, ce n'était pas sur cette question-là. Mais ça fait partie des désaccords.
Et non, justement, c'est ça le problème, puisqu'il avait accepté par ailleurs la politique concernant le CICE qui était issue de cela. Les fondeurs ont quand même fait comprendre à François Hollande. Les fondeurs, ils ne se sont pas opposés à l'ensemble de ces questions. Je ne suis pas d'accord, hélas. Maintenant, sur la question stratégique, si on n'organise pas un rapport de force, si on se soumet à ces institutions européennes, il arrivera à la France, ce qui est arrivé à la Grèce. C'est-à-dire que vous pouvez avoir un beau programme. Si vous ne vous donnez pas les moyens de le mettre en pratique, vous continuerez à désespérer le peuple.
Et donc Jean-Luc Mélenchon, lui, au contraire, propose une méthode qui terminera plan A, plan B, par un référendum. C'est-à-dire que c'est au peuple de trancher. Et nous pensons que le plan A peut l'emporter à partir du moment où on crée ce rapport de force. Où il y a la possibilité, pour les institutions européennes et pour Mme Merkel, de bien se rendre compte que ce binôme franco-allemand, il ne peut fonctionner que si le peuple français, si la souveraineté du peuple français est respectée.
Pardon, mais ce rapport de force, il suffit à Jean-Luc Mélenchon de faire quelques coups de menton devant Bruxelles pour que ça change ?
Eh bien non, justement. Ce n'est pas cela. Il ne suffit pas de faire des coups de menton. Ça veut dire qu'il faut donc une méthode. Quand on va vers Bruxelles et qu'on leur dit voilà, c'est directif de mieux en concurrence, on ne les veut pas. Et attention, on désobéira l'ensemble des traités et on pourra aussi, on soumettra à référendum l'issue des négociations et c'est le peuple qui choisira soit la négociation des traités satisfait le peuple et puis il accepte le plan A et le vote, soit il vote le plan B. L'Europe, on la change ou on la quitte.
C'est la une de l'humanité ce matin, l'appel de l'Organisation Internationale du Travail à revaloriser les salaires dans le monde. Là encore, c'est un point de passerelle normalement avec Benoît Hamon ? Bien sûr.
Et d'ailleurs, c'est aussi un point de désaccord sur la méthode. Pourquoi ? Parce que l'Union Européenne, aujourd'hui, elle interdit dans ses traités toute harmonisation sociale et fiscale. C'est catastrophique. Pourquoi nous sommes pro-européens ? Parce qu'on veut que justement, il y ait un nivellement par le haut. On veut que l'Europe soit un outil de protection pour la paix, pour les droits des salariés. Aujourd'hui, c'est l'inverse. L'Europe interdit toute harmonisation sociale et fiscale. L'Europe nous impose les directives sur les travailleurs détachés, contre lesquelles d'ailleurs le Front National n'est même pas capable de voter contre. Vous comprenez ?
C'est-à-dire que nous sommes, nous, au contraire, pour construire de nouvelles coopérations entre les peuples, au niveau européen, qui puissent justement permettre l'harmonisation sociale et fiscale. Donc, pour cela, il faut désobéir aux traités qui l'interdisent.
Un autre désaccord entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, c'est probablement la politique de Vladimir Poutine, ou plutôt la méthode Poutine. Hier, sur cette antenne, Benoît Hamon parlait d'une méthode brutale, virile. Il a dit Benoît Hamon, autocrate, toujours par la force. Est-ce que vous partagez ce point de vue d'une politique de Vladimir Poutine, toujours par la force ?
En fait, on mélange tout, je trouve. C'est-à-dire qu'on mélange une appréciation du personnage avec une réflexion sur la géostratégie. L'appréciation du personnage, écoutez, ce sera un secret de police chenelle pour personne de savoir que nous n'avons aucune...
Ce n'est pas le personnage, la méthode.
Attendez, justement, on n'a aucune admiration, aucune sympathie pour le personnage Poutine. Et d'ailleurs, nous sommes en total désaccord avec sa politique intérieure. Bon. Maintenant, prenons par exemple le débat sur la Syrie. Très tôt, M. Poutine avait dit mais il faut absolument qu'il y ait... que tout le monde se mette autour de la table et qu'il y ait des négociations au service de la paix. Et qui avait refusé d'ailleurs ? Eh bien, c'était les États-Unis, c'était l'OTAN, c'était la France. Aujourd'hui, les résolutions de l'ONU qui ont été adoptées pour exiger un processus de paix et une négociation entre toutes les parties, c'est ça ce qu'elles disent.
Nous, nous pensons par ailleurs qu'on doit cesser cette stratégie qu'a pu avoir la France et l'OTAN qui est de chercher absolument un ennemi vis-à-vis de la Russie et qu'il faut au contraire être au service de la paix. Regardez l'Europe, elle est tellement en panne que la seule chose pour la relancer, c'est de vouloir absolument créer une Europe de la défense. Nous sommes pour l'indépendance de la paix, de l'indépendance de la France au service d'une politique de la paix. C'est extrêmement important. Et n'essayons pas de construire un ennemi et de faire de la France un vat en guerre vis-à-vis de la Russie.
En quelques secondes, pardon de vous presser, quel crédit accordez-vous à l'ombre russe qui pèserait sur la campagne électorale contre Emmanuel Macron et pour Marine Le Pen ?
Franchement, comment dire ? Moi, j'ai aucun élément pour... Voilà, des GSE, sans entendre que... Voilà, écoutez, l'ombre russe, l'ombre américaine, enfin, on peut parler de tout ça. Ça ne vous parle pas. Après, oui, il peut y avoir, comment dire, des oligarques qui ont leurs intérêts. Mais, je veux dire, faisons jouer le débat politique.
Daniel Simonnet, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon. Merci d'être passé par France Inter ce matin. Et bonne journée. Bonne journée. Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Danielle Simonnet