Économie de guerre ou économie de paix ? | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
tous. On va on va commencer. Les retardateurs nous rejoindront plus tard.
Merci d'être ici en cette horaire à matinale pour notre conférence économie de guerre ou économie de paix après la belle nuit des étoiles qu'on a passé hier. J'espère que vous y étiez. C'était bien.
Bon, super. Bah, c'était super. Je vais commencer par vous présenter notre invité et notre député euh et puis on pourra on pourra aller sur sur la conférence.
Donc ici, j'ai Claude Serpatti, économiste à l'IRS. Euh c'est l'Institut de recherche économique et sociale. Claude est chercheur spécialisé sur les questions de militaire, sur l'industrie de l'armement, la mondialisation.
C'est notamment l'auteur de Un monde en guerre, le militaire une histoire française, l'industrie française de la défense et d'un article que tu as récemment fait paraître en juillet qui est intitulé des dividendes de la guerre. Mais pour qui ? Sur lequel tu reviendras sans doute lors de cette conférence.
Et on ne présente plus Aurélien Saint-Thoule, député des Hautes Scènes depuis 2022, député de Montrouge, Malakov et Bagnieu, membre de la commission de la défense nationale et des forces armées depuis 2022 également, ancien coanimateur du livret défense à la France insoumise et actuellement corrapporteur d'une mission d'information sur les dépendances militaires de la France vis-à-vis de l'étranger. Et tu as également rédigé un rapport sur les fonds marins parmi les moules choses que tu as fait pour la commission de la défense nationale. Et pour me présenter brièvement, je m'appelle Roman Meyer.
Je suis coanimatrice du livret défense à la France insoumise depuis 2023 et également collaboratrice parlementaire en charge des questions légistiques et notamment des questions de défense. Donc je vous propose de commencer par une petite mise en contexte du sujet sur l'économie de guerre et l'économie de peine. un petit bilan de ce que les députés ont fait à l'Assemblée, du travail parlementaire à l'Assemblée sur ce sujet et Claude reviendra sur des éléments critiques sur la rhtorique de l'économie de guerre et Aurélien rebondira et vous parlera des des actions à venir de la nouvelle loi de programmation militaire.
Donc pour contextualiser, depuis le début de la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron utilise, abuse et surabuse de la rhtorique de l'économie de guerre. Alors, c'est le seul en Europe à parler de l'économie de guerre. Nos voisins parlent plus de plan de réarmement massif et lui, tout jupitérien qu'il est, se place en économiste de guerre.
Il se il se sert de ça pour justifier d'une réduction drastique des dépenses sociales euh qui serait justifié du coup par l'impératif de l'augmentation des dépenses de défense. Pour donner quelques chiffres, le 13 juillet, lors de son traditionnel discours aux armées, Emmanuel Macron annonce 3,5 milliards d'euros en plus de dépenses en 2026 pour la défense et 3 milliards en plus pour 2027, ce qui fait 6,5 milliards en 2 ans. À côté de ça, son premier ministre Bairou annonce 14 milliards d'euros d'économie sur le budget de l'État.
Il économise partoutin, la réforme de retraite sur les jours fériers, il économise partout sauf pour la défense. Il s'en sert d'une excuse en fait pour masquer ces réelles intentions qui sont de de baisser les dépenses sociales. Mais en fait cette excuse, elle fonctionne pas.
Ça ne fonctionne pas. Ce n'est pas à cause de l'augmentation des dépenses de défense qu'on baisse les dépenses sociales. C'est une politique qui avait le même avant l'augmentation des dépenses de défense.
Et l'augmentation des dépenses de défense telle qu'elle est et dans le contexte dans lequel elle arrive, ça traduit de l'engagement de la France réelle dans une stratégie complètement atlantiste. Macron se soumet aux exigences de l'OTAN et aux exigences de des États-Unis. L'OTAN quel bras armé des États-Unis.
En juin dernier avait lieu le sommet de l'OTAN et pendant le sommet de l'OTAN, les Étatsmembres se sont engagés à investir 5 % de leur PIB en dépenses de défense d'ici 2035. Après avoir reçu mou menace de la part de Donald Trump et Marc Ruteux, Donald Trump a gagné et Donald Trump a réussi à avoir l'engagement des pays membres de l'OTAN de dépenser 5 % de leur PIB d'ici 2035. Marc R Crutu a d'ailleurs félicité Donald Trump pour sa victoire en le surnommant très affectueusement Dadd ce qui traduit bien d'à quel point l'OTAN est le bras armé des États-Unis.
Mais cette augmentation des dépenses de défense sert globalement aux États-Unis. C'est globalement fortement dans l'intérêt de Donald Trump de demander aux pays d'augmenter leurs dépenses de défense parce que la plupart des pays de l'OTAN achètent leurs armes aux États-Unis. Et on le voit ça aussi euh en Europe.
Je sais pas si vous vous souvenez du plan Riarm Europe qui a largement été soutenu par les socialistes et les macronistes au Parlement européen. On parle d'une augmentation des défenses de 800 milliards en 2030. Donc c'est pas vraiment 800 milliards he c'est la Commission européenne va mettre 150 milliards et les États auront une autorisation d'emprunt de 650 milliards où la Commission européenne leur dit "Vous avez le droit de revenir sur la fameuse règle des 3 %." Donc c'est assez drôle hein quand on y pense parce qu'Emmanuel Macron quand on lui parle d'augmenter les dépenses pour l'école ou pour l'hôpital ne veut pas revenir sur la règle des 3 %.
Par contre quand c'est la Commission européenne qui le demande et quand il s'agit de défense il l'accepte. Et en fait bah là aussi ça va profiter aux États-Unis parce que l'Union européenne est dépendante en moyenne à 65 % du matériel États-Uien. C'està-dire que les Étatsmembres achètent à 65 % aux États-Unis.
Donc là encore ça bénéficie à Donald Trump. Et là, ce que Macron ne dit pas, c'est qu'il s'engage réellement dans une stratégie atlantiste et que réellement ces augmentations de dépenses de défense vont bénéficier aux États-Unis. HH et en fait, il utilise la rhtorique de l'économie de guerre pour justifier ça alors que nous ne sommes pas dans une économie de guerre.
Claude reviendra là-dessus en vous exposant des chiffres et en vous démontrant pourquoi. Mais nous n'y sommes pas déjà parce que on n pas d'ennemis. Nous sommes en guerre avec personne.
Nous ne sommes pas en guerre. Euh, on est très loin d'une mobilisation générale de la société. On vient seulement d'atteindre les 2 % du PIB dépensé en matière de défense.
Pour la guerre froide, on était sur 5 %. Euh, on n pas de nouveaux emplois qui sont créés. On a pas une grosse mobilisation générale de l'industrie.
On a même des suppressions d'emploi chez Airbus, chez Talè. Il y a 52 % des entreprises de l'armement qui sont en difficulté de recrutement. Euh et on a des grosses dépenses qui profiteront encore une fois surtout aux actionnaires.
Euh donc en gros, on n'est pas dans une économie de guerre. Emmanuel Macron, en plus de vouloir induire la population en erreur, de justifier sa classe sociale, de cacher son engagement atlantiste fait n'importe quoi avec le budget de la défense. On a l'impression que parce que la défense est le seul budget qui augmente, Emmanuel Macron s'y connaît un petit peu et que les commissaires à la défense ont de la chance parce qu'ils vont pouvoir voter un budget qui pour une fois augmente.
Mais c'est pas le cas. Emmanuel Macron, depuis qu'il est élu a fait n'importe quoi. Depuis qu'il est élu, on a eu deux lois de programmation militaire.
Alors, je vais expliquer rapidement ce qui est une loi de programmation militaire pour que les personnes qui ne sont pas initiées à comment fonctionne la défense nationale comprennent un peu comment ça marche grossièrement. Une loi de programmation militaire, c'est une loi qui se vote sur 5 ans et qui définit budgets de la défense sur 5 ans qui se vote à l'assemblée. On en a voté une il y a 1 an et demi, un an et demi 2 en 2023.
Euh et pourquoi on vote des lois de programmation militaire ? Parce que l'industrie de défense fonctionne comme ça. L'industrie de défense fonctionne par la commande publique.
L'État fait de la commande publique, dit qui doit produire quoi, qu'est-ce qu'on exporte, comment on fait. Et ça, c'est la loi de programmation militaire qui programme ça sur 5 ans. Ça aide les industriels à voir plus loin, à savoir quelle commande publique il faut faire, qu'est-ce qu'il faut faire et comment on se projette.
C'est ça qui donne voilà la projection de la France. parce qu'en France, on bénéficie d'une industrie quand même relativement autonome. On sait faire beaucoup de choses.
Nous sommes une puissance dotée relativement autonome et et ça nous la loi de programmation militaire nous permet de voir plus loin et ça nous arrange pas en fait de dépenser de mettre de l'argent dans un pot commun à l'Union européenne parce que ça bénéficie beaucoup à d'autres alors que nous on sait faire beaucoup de choses. [Musique] Mais Emmanuel Macron fait n'importe quoi avec les lois de programmation militaire. Il en a fait deux depuis qu'il est élu.
Il ne va pas au bout des lois de programmation militaire. Il programme mal. Il augmente les dépenses de défense n'importe comment.
Il n'augmente pas les dépenses de défense dans les secteurs stratégiques. Il part souvent un chiffre pour faire des commandes pour créer sa loi de programmation militaire. Alors que nous à la France insoumise, on part des besoins.
On se dit de quoi on a besoin, comment on programme ça et comment on fait. Et c'est vraiment dommage parce que la loi de programmation militaire, c'est un outil formidable. C'est un outil programmatique, un des rares outils programmatiques qu'il nous reste encore.
Beaucoup d'États nous l'envit et on en parle, on le voit en audition à l'Assemblée nationale dès lors qu'on va voir des des autres États, des autres États européens, il nous disent "On vous envie votre loi de programmation militaire." et Emmanuel Macron a décidé d'en faire n'importe quoi. Euh et à une petite planification euh et à côté de ça euh à côté du chaos organisé par Emmanuel Macron, euh nous on décide de penser autrement.
Nous on décide d'agir. Nous on choisit l'économie de paix. Je vais vous expliquer rapidement ce qu'est l'économie de paix.
Enfin, c'est pas moi qui vais vous l'expliquer, c'est Jean Jorè qui en parle très bien dans l'armée nouvelle. Jean Jorès dit "Comment porter au plus haut pour la France et pour le monde incertain dont elle est enveloppée les chances de la paix ? Et si malgré son effort, sa volonté de paix, elle est attaquée, comment porter au plus haut les chances de salut, les moyens de la victoire ?
C'est ça l'économie de paix. L'économie de paix, elle peut se définir sur trois pans. Elle peut se définir dans l'industrie, dans la nation et à l'international. dans l'industrie.
C'est ce que je disais, euh il faut assurer la commande publique à notre industrie de défense. Ce que ne fait pas Emmanuel Macron. C'est une planification massive.
C'est une loi de programmation militaire qui est accompagnée d'un livre blanc. Un livre blanc, c'est un audit des besoins de défense. Nous, on dit avant de faire une loi de programmation militaire, il faut faire un gros audit des besoins de défense.
Demander de quoi on a besoin, qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce que font les autres pays, comment on rattrape d'éventuels retards. Et là, on investit de l'argent et là, on programme la commande publique. C'est un plan de souveraineté industrielle, c'est la renationalisation évidemment des filières stratégiques pour créer un pôle public de l'armement et euh une nationalisation des grandes entreprises stratégiques parce qu'on estime que ce n'est pas au privés de gérer des filières stratégiques.
C'est des enjeux beaucoup trop importants. Et typiquement cette année, on a fait voter en commission de la défense, en commission des finances un super amendement. C'est l'amendement de la nationalisation d'Athos.
Euh ATOS qui est une entreprise très stratégique en matière de défense mais qui est aussi une entreprise essentielle à tous les échons de la nation. Euh Athos gère une partie de France Connect, de la KNAM, de la SNCF, de la Caisse des dépôts de DF, une grande partie de la des logiciels de gestion de la sécurité informatique des collectivités territoriales et on a réussi à faire voter un grand plan de nationalisation d'Athos. Aurélien vous en parlera mieux que moi parce que il est à il est à l'origine de cet amendement.
Mais euh mais voilà, il a été voté et bah il a été balayé par le 493 de François Bairot. Et investir dans l'économie de paix au niveau de l'industrie, c'est aussi investir dans les secteurs stratégiques, les secteurs ce qui compte, ce que ne fait pas Emmanuel Macron. Investir dans les nouvelles frontières de l'humanité.
C'est ce qu'on a dit au moment de la dernière loi de programmation militaire. On avait les insoumis avaient fait un contreprojet de la loi de programmation militaire. Il me semble que vous pouvez le retrouver au stand du groupe parlementaire à vérifier, j'espère.
Sinon, vous pouvez le retrouver sur internet. Et dans le contreprojet de la loi de programmation militaire, on avait bien dit que Emmanuel Macron n'investit pas assez dans les nouvelles frontières de l'humanité. On en parle beaucoup à la France insoumise.
C'est euh le sous-marin, c'est le cyber, c'est l'espace. Aurélien Saint-Toule a écrit un gros rapport que je vous invite à consulter sur le sous-marin, sur les fonds marins, sur nos câbles sous-marins. Bastien Lachot écrit un rapport sur le cyber, sur la nécessité d'avoir un cloud souverain et un Saint-Martin vient de sortir un rapport sur le spatial, les satellites, la filière des lanceurs et que je vous invite également à consulter.
Don, les insoumis sont vraiment sur tous les fronts euh pour essayer de défendre euh au mieux une économie de paix au sein de la commission de la défense et au sein de de la société en général. L'économie de paix, c'est aussi construire l'unité de la nation. Encore une fois, ce que ne fait pas Emmanuel Macron, construire l'unité de la nation, ça passe en priorité par la lutte contre l'islamophobie, toute forme de racisme, la lutte contre l'exclusion, l'exclusion de nos compatriotes d'outre mè, l'exclusion des femmes aussi.
Ça c'est un exemple que j'aime bien prendre, c'est euh on se prive aujourd'hui de 50 % de notre matière grise en excluant les femmes des métiers d'ingénieur et l'économie de paix. Construire la paix, c'est construire la paix avec l'ensemble de la population. Ne pas éloigner la population des questions de défense, c'est aussi ce qu'on défend avec notre projet de conscription.
L'économie de paix, c'est construire la limité de la nation autour de grands principes. Les services publics, l'éducation, les hôpitaux. Et c'est ce qu'a dit Martine Étienne qui est juste devant dans son dans son excellent rapport qu'elle a publié l'année dernière.
La Commission de la défense nationale et des forces armé souhaitait faire un rapport sur l'engagement de la jeunesse euh enfin l'engagement de la jeunesse dans la défense dans les forces armées, la culture et l'éducation euh pour la jeunesse dans les questions de défense. Et Martine Étienne devait faire ce rapport avec Christophe Blanchet. Christophe Blanchet qui est un macroniste et Christophe Blanchet qui partait du principe comme tous les macronistes que l'esprit de défense était quelque chose d'un petit peu mystique qui nous tombé dessus quand on faisait un SNU qu'on restait enfermé 14 12 jours dans une caserne et qu'on avait une journée pour nous expliquer les enjeux de défense.
Martin Étienne a complètement démonté ça et expliqué qu'en fait l'esprit de défense, il se construit bon d'abord par le projet de conscription, il se construit par des services publics qui sont forts, par une école qui est forte, par des professeurs d'histoire, de géographie, par une unité nation qui est construite autour de grands principes. Et c'est ça qu'on veut faire passer comme message. Et c'est ça qu'on explique notamment dans le livret, qu'on explique qu'on explique à l'Assemblée, c'est que une économie de paix, l'unité de la nation ne se construira pas dans les projets jupitériens, dans les lubis d'Emmanuel Macron dans le service national universel.
Ce n'est pas vrai. Les l'esprit de défense, il se construit en en éloignant pas le peuple des questions de défense et en lui disant "La défense t accessible. tuer le peuple ça accessible.
Euh voilà, le peuple est très éloigné des questions de défense, hein. Je pense que vous pouvez en parler à Aurélien Saint-Thoule. Globalement à l'Assemblée nationale, on n' pas le droit de voter grand-chose.
On n' pas le droit d'être tenu au courant de grand-chose. On vote la loi de programmation militaire et le projet de loi de finance. euh quelques accords de défense mais euh voilà, les députés sont euh largement éloignés des questions de défense qui est le domaine réservé du président de la République.
Et euh enfin, l'économie de paix s'est construit autour de l'international, autour de la diplomatie. Euh alors qu'Emmanuel Macron se soumet aux intérêts atlantistes, aux intérêts de Donald Trump et euh à la guerre à la Chine qu'il a envie de mener, nous on propose de créer de nouvelles alliances, de créer une diplomatie alter mondialiste fondée sur la coopération, le savoir, la culture, la recherche avec les pays du sud global. On propose de rétablir le corps diplomatique supprimé par Emmanuel Macron.
On veut mettre l'ONU et le droit international au centre de notre diplomatie et de porter la voie de la paix. C'est par exemple refuser le depois de mesure alors qu'il y a eu 18 paquets de sanctions qui ont été prises contre la Russie. En a eu zéro contre Israël qui commet un génocide.
C'est aussi subordonné l'exportation d'armement au principe du respect du droit international toujours au partenariat politique défini démocratiquement par la France. C'est ça l'économie de paix. Et enfin euh l'économie de paix et notre projet euh c'est la pierre angulaire de la transition écologique, c'est se préparer à la guerre de demain.
C'est la lutte contre le réchauffement climatique au global et dans les armées. Sortir par exemple en sortant de la dépendance aux hydrocarbures russes ou États-Unis. Et euh c'est ce que permet notamment le projet de conscription de préparer les populations à faire face aux enjeux climatiques, à faire face à ce qui arrive euh parce que une économie de guerre sans plan climatique réel en fait c'est investir dans des technologies polluantes euh sans voir ce qui va se passer après.
Euh alors que nous on travaille à préparer l'armée d'après pétrole, préparer la transition climatique dans nos armées, préparer la population et la jeunesse à faire face à la transition climatique et à préparer la bifurcation écologique. Et là, il y a Muriel Levot euh qui est en train de travailler sur un rapport euh sur la transition climatique dans nos armées. Voilà, donc j'ai exposé rapidement euh pourquoi nous sommes pas en économie de guerre et ce quiétait l'économie de paix.
Euh je vais laisser euh Claude euh nous donner quelques chiffres sur l'économie de guerre pour pour avoir un peu plus de corps dans les les discours d'Emmanuel Macron. [Applaudissements] Merci Roman et bonjour à toutes et tous. Donc les les fake news en français, les Infox ne sont pas l'apanage seulement des réseaux sociaux et de l'administration Trump.
Et en particulier en France, le ce que les experts appellent dans la guerre, le brouillard de la guerre est particulièrement fort sur les dimensions économiques en particulier puisque moi je suis économiste de formation sur les dimensions économiques de l'armement. Ce que Roman vient de dire de la marginalisation du Parlement est largement amplifiée par le silence, l'inexistence, on peut dire, de recherche réelles et indépendantes sur les questions de la place de l'industrie d'armement, des grands programmes technologiques à finit à finalité militaire et de leurs effets dévastateurs, j'en diraiis de mots, sur le système industriel civil de la France. Donc je vais essayer dans cette brève présentation de donner de démystifier, on va dire cinq mythes.
Le premier c'est Roman l'a suggéré que nous serions en guerre. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis en 43 et 44 ont consacré 40 % de leur PIB, pas 40 % de leur budget, mais 40 % de leurs produits intérieurs brut aux dépenses militaires. Les États l'économie nazi est allée jusqu'à 70 % en 1944.
Aujourd'hui, vous le savez, nous sommes, ça a été rappelé à peu près à un peu plus de 2 % des dépenses militaires par rapport au produits intérieurs bruts. En Russie, en Ukraine, de pays réellement belligérants, aujourd'hui, les dépenses militaires représentent 40 % enfin plus de 30 %, excusez-moi, en en Russie, 30 % du budget de l'État, cette fois-ci, du budget de l'État. Encore une fois, en France, c'est environ 12 % du budget de l'État et en Ukraine, c'est à peu près le même montant de 30 % qui est consacré du budget de l'État, je le répète, aux dépenses militaires.
Donc, on voit qu'en terme de chiffre déjà la disproportion est énorme, j'allais dire fort heureusement. Mais en réalité, ce qu'il faut comprendre d'abord c'est que la France est proactive dans la militarisation de la planète. Nous sommes en guerre.
Si vous lisez ou si on vous informe sur les rapports stratégiques qui sont publiés, la France serait toujours dans une position d'agressé, de défense et de victime qui justifierait que nous lançions dans la guerre. J'ai longuement consacré beaucoup de travail à expliquer que la centaine d'interventions militaires qui ont été réalisées en Afrique depuis les années 90 jusqu'au début des années 2010 n'était pas des guerres. effectivement suivant la jurisprudence recard en 1991 90 qui pour ne pas avoir à voter sur l'engagement très périlleux des des militaires français dans la première guerre du golfe en Irak contre Saddam Hussein avait expliqué que nous ne sommes pas en guerre contre l'Irak.
Nous appliquons un mandat de la communauté internationale. Et depuis la centaine d'interventions militaires qui ont été réalisées euh en Afrique avec le désastre final qu'on connaît aujourd'hui l'ont été effectivement avec ce qu'on appelle le mandat de la communauté internationale. Vous voyez l'importance d'être membre permanent du Conseil de sécurité.
C'est une des réformes évidemment qu'il faudra réaliser pour donner une autre dimension plus démocratique à l'ONU. cette ce statut privilégié exorbitant de membres du conseil euh permanent, vous le connaissez avec Trump aujourd'hui dans le soutien euh à l'offensive génocidaire de Nathanahou, mais elle a beaucoup servi beaucoup servi euh à la France pour pouvoir intervenir militairement euh en Afrique puisqu'on estime que plus de la moitié des résolutions présentées par l'Afrique était présenté par la comm par la le gouvernement français à l'ONU de façon à pouvoir disons organisé ces interventions militaires. La rhthorique Nous sommes en guerre a un objectif précis, c'est renforcer le caractère bonapartiste des institutions.
Il faut faire attention l'hypercentralisation, le jupitérisme et tout ce que vous voulez à quelque chose de profond. C'est le soutien de l'armée et de l'institution militaire. Toutes les Républiques françaises ont été créées, introduites par un coup d'état militaire.
L'armée française n'est pas une armée pouchiste, n'est pas une armée golpiste. Elle est chez elle dans la 5e République, ce qui lui permet de organiser un processus de codécision avec le président de la République. C'est en ce sens là qu'on peut parler de centralisation macronisme à condition encore une fois qu'on comprenne bien que l'institution militaire et la clé de voûte des institutions de la 5e République et plus encore ça va soi dans les questions militaires. la guerre au Covid, la systématisation des conseils de défense avant le conseil des ministres qui ont marginalisé le conseil des ministres, le parlement, le législatif est déjà marginalisé en France.
On a vu que l'exécutif était lui aussi marginalisé par les conseils de défense qui continue à se tenir qui continue à se tenir. L'état de siège qui a été décidé en Nouvelle-Calédonie en 2024 a été décidé par un conseil de défense, pas par un conseil des ministres. Il faut bien comprendre encore une fois j'y insiste, c'était l'objet de bon ouvrage l'état radicalisé en 2022 que la France effectivement est un état bonapartiste mais avec comme clé de voûte les institutions militaires.
Mythe numéro 2, les augmentations du budget sont un rattrapage. C'est une musique qui est absolument généralisée que ce que quelqu'un appelé hier les répondeurs automatiques communiquent systématiquement dans dans la presse. C'est euh la seule vérité, c'est en terme de rapport entre les dépenses militaires et le PIB, le produit intérieur brut.
Effectivement, ces dépenses militaires ont considérablement baissé, je parle de ce rapport et elles ont baissé euh disons dans tous les pays. Heureusement, elles sont en train de remonter d'ailleurs. Il y a beaucoup de critiques à faire et j'en ai fait sur le rapport dépenses militaires sur intérieur bruts.
On ne fait pas la guerre d'abord avec un ratio, un rapport dépenses militaires sur le PIB, mais c'est pas mon propos aujourd'hui. J'ai pas le temps dans le temps qui met un parti de critiquer ce rapport. En fait, le les dépenses militaires depuis 2000 jusqu'en 2023 ont augmenté de 80 % de 80 % les dépenses militaires du budget d'État français en valeur courante.
Les dépenses de police ont été plus soyées puisque tous les partis à l'exception de LFI avaient participé à la manifestation pouchiste de la police nationale devant l'Assemblée nationale en 2021. La police nationale a été plus choyée puisqueelle a été augmentée de 92 % entre 2000 et 2023 et l'enseignement a été augmenté de 60 %. S'il y a un rattrapage, vous voyez donc la différence, il y a un rattrapage, c'est bien dans les dépenses en particulier d'enseignement qu'il faut qu'il faut s'attaquer aujourd'hui.
Je regrette, c'est en particulier que euh les sénateurs y compris socialistes et dit des choses comme on est assez lucide sur le constat, les crédits supplémentaires, donc ceux que Roman a annoncé pour 2026-2027, les crédits supplémentaires s'inscrivent toujours dans une logique de réparation. Ça ne permet pas encore d'être craint comme le souhaite Emmanuel Macron et un autre des sénateurs a ajouté. On reste dans une phase de rattrapage budgétaire notamment du point de vue des équipements.
Ces deux déclarations ont été faites par des par sénateurs socialistes. Vous voyez qu'il y a beaucoup de travail à faire pour faire comprendre, y compris au sénateur socialistes, que l'armée n'a pas été maltraitée depuis le début des des des années 2000. Euh mythe numéro 3, les augmentations de dépenses militaires vont stimuler la croissance.
Roman a eu la gentillesse de faire référence à un article que je viens de publier euh dans la chronique internationale de l'IRES qui est principalement destiné disons aux militants syndicaux et mouvements socials donner un certain nombre d'éléments qui s'intitulent donc les dividendes de la guerre mais pour qui et dans lequel je démontre disons ce que signifie à la fois le plan réarme Europe le plan de 800 milliards d'euros auquel il a été fait référence et ensuite je reviens sur la France et j'en donnerai quelques extraits. Cet article est bien sûr complètement disponible sur le site de l'IRS. Les augmentations de dépenses militaires vont stimuler la la croissance font référence à une phrase célèbre de l'économiste Kens qui disait "Il semble politiquement impossible pour un pays capitaliste démocratique de mettre en place un montant de dépenses à une échelle qui serait nécessaire pour confirmer mes arguments." Sauf dans le cas d'une guerre.
On peut discuter, je critique beaucoup l'idée que les dépenses militaires favoriseraient la croissance économique. Elles ont des effets prédateur et dévastateur sur les ressources naturelles. De ce point de vue, tous les travaux d'économie, d'environnement ont montré ce que voulait dire l'augmentation d'un PIB grâce à l'augmentation des par exemple de la consommation d'essence et cetera.
On peut faire le même disons la même référence pour l'armement. Ce sont des dépenses improductives, prédatrices et parasitaire. Donc je ne reviens pas sur la théorie kinésienne, mais même pour ce plan réarme Europe auquel il a été fait référence ou pour le plan français, il est sûr qu'il n'aura pas d'effets de croissance.
Les experts européens sont extrêmement prudents sur cette question et l'OFCE et d'autres institutions françaises expliquent que la croissance française finalement sera très faible. Euh elle prévoit l'OFCE + 0,5 % en 2025 et + 1,1 % en 2026. Encore faut-il, ajoute l'OFCE, que le petit stimulant fourni par les dépenses militaires ne soit pas plus que compensé négativement par l'augmentation des taux d'intérêt que la dette publique va enregistrer, va souffrir et qui aggraveront encore plus le budget, le déficit du budget de l'État. puisque vous savez que d'ici 1 ou 2 ans, les intérêts sur la dette publique que la France doit payer seront le premier poste budgétaire de l'économie française.
Donc aujourd'hui, il est sûr, enfin, il est quasiment avéré que les dépenses militaires et la relance par l'économie militaire en France n'aboutiront pas à une croissance économique significative. C'est pas simplement que Kenator tort en général, c'est que les macroéconomistes aujourd'hui confirment cette dimension. Et il confirment cette dimension en particulier pour une raison en comparant à l'Allemagne.
L'Allemagne a engagé un plan de 1000 milliards d'euros. 1000 milliards d'euros. On est très loin des sommes annoncées par Macron. 1000 milliards d'euros sur plusieurs années bien sûr hein, l'Ender, État fédéral et et et État régionaux dont la moitié sera consacrée aux dépenses d'infrastructure civile.
Si vous avez voyagé en Allemagne, vous avez vu la dévastation du réseau ferroviaire et d'autres infrastructures par exemple de télécommunication. Donc l'Allemagne se militarise. L'Allemagne devient une puissance militaire avec l'ambition d'être et la possibilité d'ailleurs d'être la première puissance militaire européenne, mais elle ne perd pas le sait que cette puissance c'est le capitalisme industriel et la moitié des 1000 milliards seront consacrés aux euh aux dépenses d'infrastructure.
Les autres bien sûr étant consacré au aux dépenses militaires. C'est une des différences avec la France. Non seulement l'Allemagne n'est pas endettée, en France, nous avons entre 100 et 150 milliards de déficit commercial tous les ans. 100 à 150 milliards de déficit commercial tous les ans.
Nous avons à peu près 200 milliards d'excédents commerciaux en Allemagne chaque année. Vous voyez que si le déficit budgétaire est un enjeu et vous savez ça a été dit hier et ça sera redit comment on peut le résoudre ? Vous voyez que le déficit commercial dû principalement au délitement industriel de la France pèse sur l'économie française.
Aujourd'hui la France est endettée en particulier à cause disons de ce déficit commercial. Et ce déficit commercial a bien sûr à voir avec le délitement industriel que l'industrie militaire ne permettra pas de résoudre. C'est le mythe numéro 4 que je voulais aborder.
Les augmentations des dépenses militaires vont créer des emplois. Dans l'article de rédigé pour la chronique internationale de l'IRS paru en juillet, je sors une étude mais j'en avais sorti déjà d'autres dans l'état radicalisé qui montre il y a absolument un consensus général des économistes là-dessus que lorsque vous mettez 1 € ou 1 dollar dans la machine économique vous créez beaucoup plus d'emploi partout partout que dans l'industrie d'armement. Il y a un accord absolument total sur cette question.
Je vous donne simplement les chiffres que pour l'étude récente. Sur la période 2013 à 2023, la production d'armes est entre de et quatre fois moins créatrice d'emploi que ne le sont les activités de santé et bien moins encore que l'enseignement et les activités liées à l'environnement. cette étude qui est par 2024 où la dépense disons les dépenses militaires créé entre deux et quatre fois moins d'emploi que les autres secteurs est une étude qui vient confirmer d'autres études qui avaient été déjà réalisées aux États-Unis il y a il y a quelques années et une illustration non seulement que l'emploi ne sera pas massivement créé par l'industrie d'armement mais que dans le cadre du délitement industriel de la France que moi j'impute à une prior priorité donnée au grand programme technologique militaire depuis la fin des années 50 et bien c'est aujourd'hui la situation d'étranglement on pourrait dire de goulot d'étranglement dans lequel se trouve l'industrie d'armement elle est arrosée financièrement généreusement vous le savez et aujourd'hui la DGA la direction générale de l'armement le bras industriel du ministère de la défense nous explique qu'il y a 10000 emplois qui ne peuvent pas être pourvus en France dans l'industrie d'armement nous avons là le contraste C'est le plus tragique en quelque sorte que après avoir fait disparaître des industries du textile, de l'acier, de la métallurgie, de l'automobile lourdement déficitaire aujourd'hui, bientôt de la pharmacie et pourquoi pas de l'agroalimentaire qui était excédentaire d'à peine 1 milliard en 2025, nous voyons que même l'industrie d'armement n'est même pas aujourd'hui capable de développer sa propre sa propre dynamique.
Ça prouve évidemment, ce qui est évident, que l'industrie d'armement n'est pas une industrie qui peut être isolée durablement du reste du système industriel. C'est en gros ce qui a été fait dans la politique industrielle technologique de la France depuis 70 ans. J'ai donné, mais je pourrais vous en donner beaucoup des chiffres comme celui-là.
Entre 2024 et 2030, le plan France relance 2030 consacre 2 milliards2 à l'intelligence artificielle pour toute l'industrie. La ligne industrie recevra 2,2 milliards dans le plan France 2030 pour l'intelligence artificielle. La loi de programmation militaire 2024-2030 programme 2, 2 milliards pardon 2 milliards pour l'intelligence artificielle.
J'ai peut-être fait une erreur, c'est 2,2 pour l'industrie civile dans le plan France relance 2030. 2,2 et 2 milliards pour l'industrie d'armement. L'industrie d'armement qui en gros représente 5 % de l'industrie manufacturière française va recevoir dans l'intelligence artificielle presque autant que la ligne industrie inscrite dans le plan France-Rolande.
Je pourrais vous donner, c'est on travaille depuis quelques dizaines d'années, je pourrais vous donner mins et ms exemples de cette de cette situation où l'enclavement de l'industrie militaire, les priorités qui lui ont été données ont fini par dévaster le système industriel et l'innovation en général et aujourd'hui confronte l'industrie d'armement elle-même à ses propres contradictions. Mythe numéro 5, parce que je crois que je suis un peu long, mythe, pardon. Ah bon ?
D'accord. Euh myth euh alors si si je si je peux continuer quelques minutes sur ce point de la relation entre l'industrie d'armement et le et le système industriel qui encore une fois constitue un un des cœurs de mon de mon activité euh intellectuelle. Euh les difficultés aujourd'hui auxquelles font face déclarent faire face les grands groupes de l'armement pour pouvoir même produire ce que l'argent de l'État veut bien leur faire produire, c'est aussi des sous-années des années de sous-investissement. des grands groupes.
On on le sait hein, je l'ai dit, depuis pratiquement le début des années 2010, les dépenses militaires ont augmenté. Les dépenses d'équipement, les dépenses d'équipement, c'est celles qui nourrissent l'activité des groupes industriels de l'armement ont massivement augmenté sous Emmanuel Macron. Les grands groupes de l'armement n'ont pas euh investi suffisamment dans les capacités productives.
Elles ont essentiellement effectivement versé de l'argent euh au aux actionnaires peut recruter et aujourd'hui elle se trouve effectivement confrontée à des capacités de production qui sont insuffisantes. La DGA a demandé que trois rafales soient produits par mois compte tenu de l'argent qu'elle lui verse à d'assaut et d'assaut avec on connait monsieur Trapier et le position disons majeur qui occupe dans l'économie et même au parlement a expliqué non non nous ne pouvons pas produire trois rafales par an nous pouvons tout au plus passer de 21 à 25 rafales en 2026 à 26 rafales pour comparaison Le F35 de Lokin Martin est produit à près de 200 exemplaires par an. Vous voyez, un écart de 1 à 10.
Mais ce qui est frappant, c'est la réponse du PDG de Dassau, disant que malgré les demandes et l'argent que lui fournit la DGA, il ne serait pas en mesure de passer euh disons à trois avions, c'est-à-dire un peu plus d'une trentaine. Il invoque, c'est très facile, il invoque la chaîne de sous-traitants en disant qu'il a 500 sous-traitants. Les les sous-traitants effectivement sont très nombreux.
Vous savez que les chaînes de production sont maintenant mondialisées, y compris pour pour d'assaut. Ça il ne le dit pas dans les dépendances vis-à-vis de l'étranger. Mais ce que il ne dit pas non plus, c'est si vous me permettez de retrouver la formule, c'est le comportement prédateur des grands groupes vis-à-vis des sous-traitants.
Et voilà ce qui est dit dans l'usine nouvelle. Quand nous faisons des contrats pour 5 ou 7 ans avec les grands donneurs d'ordre, donc d'assaut et les autres, il n'est pas normal que ça se décline en contrat de 6 mois pour les sous-traitants a récemment déclaré Bernard Laro de Rossane, directeur de l'industrie de défense à la DGA. Si vous comprenez brièvement ce langage, ça veut dire qu'effectivement l'argent accumulé par les grands groupes comme donneur d'ordre, comme grand contractant, et bien c'est ensuite la pression qui est exercée sous les sous-traitants.
L'industrie aéronautique a été préservée. C'est pratiquement la seule dans laquelle il existe encore ce qu'on peut appeler comme dans le bon temps une filière industrielle. Mais même dans l'industrie aéronautique qui est évidemment très proche de l'industrie de défense, on voit aujourd'hui que les sous-traitants malmenés bah ne sont pas capables de répondre aux demande de des donneurs d'ordre qui elles-mêmes émanent de de la DGA.
Euh la chaîne des valeurs des grands groupes est donc fragilisée par le délitement de l'appareil industriel de la France et par ce comportement euh prédateur. Bien que je cite "Assis sur le tas d'or du carnet de commande historique d'Airbus, quelques 40 grands sous-traitants aéronautiques sont en risque de défaillance selon une étude confidentielle de la Banque de France. Bien que assis sur le tas d'or du carnet de commande historique d'Airbus, quelques 40 grands sous-traitants aéronautiques, grands sous-traitants, je vous laisse imaginer, les PME sont en risque de défaillance selon une enquête confidentielle de la Banque de France.
Il représente environ 20 % des principaux fournisseurs de d'Airbus et de Safran. Mythe numéro 5, la France est sera leader de l'autonomie stratégique européenne. Il y a en réalité deux infox dans cette dans ce myth.
Le premier, c'est l'existence d'une autonomie stratégique. Ce n'est pas moi qui le dit, ce n'est pas un polémiste radical qui le dit. Je lis la revue nationale stratégique 2025, le document officiel si vous voulez euh du gouvernement français en matière de défense qui dit "La France doit être le moteur du renforcement du pilier européen de l'OTAN." et elle poursuit la France membre fondateur de l'OTAN sera un moteur d'un pilier européen fort et crédible de l'alliance.
Moi, j'avais compris que le mot autonomie stratégique impliquait un certain degré d'autonomie. Je pense que là la formule est claire, elle date de quelques semaines pour disons qualifier ce qui est l'autonomie stratégique. J'en profite d'ailleurs pour mentionner une sous-rubrique du Linfox, c'est que en France bien sûr les répondeurs automatiques ont constamment crédité depuis 2017 le terme d'autonomie stratégique à Emmanuel Macron.
Il figurait déjà dans les documents officiels élaborés par le Conseil européen depuis 2016. Donc là aussi, on voit comment les médias peuvent faire croire que l'autonomie stratégique, c'est une invention de de Macron. En fait, la France a toujours souhaité, disons quelque chose comme une autonomie de l'Europe parce que c'est le deuxième mythe à l'intérieur de ce mythe.
Elle pensait ou elle espérait être le leader européen dans la défense. En gros, pour résumer disons beaucoup de disons de travail que j'ai fait sur cette question, la France constatait son recul industriel. son recul politique, son recul financier en Europe, principalement vis-à-vis de l'Allemagne, mais pas seulement vis-à-vis de l'Allemagne.
L'Italie aujourd'hui a une industrie manufacturière plus importante que la France en valeur absolue. La France pensait compensait son recul sur le plan de l'industrie civile, budgétaire et politique au sein de l'Europe, de la gouvernance de l'Europe, par la maîtrise, disons de la question d'un militaire puisque l'Allemagne était en retrait et les États-Unis et le Royaume-Uni avait eu l'idée la bonne idée de sortir la France de lieu. La France se retrouvait donc en tête.
Vous voyez ce qui s'est passé en Ukraine, vous voyez, ça a été dit et ça doit être dit, la montée en puissance de l'industrie militaire allemande. Le deuxième mythe au sein du mythe l'autonomie stratégique européenne, c'est que la France pourrait être aujourd'hui le leader européen. C'est plutôt la queue basse et dans une situation de dépendance que la France a rejoint d'ailleurs sur l'instigation d'une partie de l'état-major plus rapidement que l'espérait Macron.
Les rendre l'OTAN et essaie d'occuper des positions de l'OTAN. On est très loin d'une France souveraine. Je dirais juste un mot sur sur la la conclusion parce que je l'ai développé ailleurs collectivement avec d'autres camarades.
Je pense que sur ces questions d'industrie d'armement, il faut rappeler que les armes ne sont pas une marchandise et que la guerre n'est pas un bu un business. Et je donne quelques chiffres sur les flambés des dividendes versées aux actionnaires depuis la guerre en Ukraine par les groupes européens, pas seulement par les groupes américains mais par les groupes européens. Je donne quelques chiffres dans cet article de la chronique de l'IRS.
Merci. Merci. [Applaudissements] Bien.
Merci beaucoup à vous d'être présent. Merci beaucoup aux camarades qui organisent ces événements et qui sont bénévoles et qui sont un peu partout, que ce soit à l'entrée, derrière les caméras euh et dans tous les différents endroits dans lesquels nous avons à à aller. Merci évidemment à Claude Sarfati de sa prise de parole qui est extraordinairement stimulante et si vous n'êtes pas familier des questions de défense, je peux vous garantir que c'est d'une à la fois d'une vivacité que vous avez remarqué mais qui tranche tellement avec le consensus, le bain dans lequel je peux moi me trouver au sein de la commission de la défense nationale et c'est articulé d'une façon aussi sérieuse qu'ingénieuse Et voilà, je le remercie très chaleureusement d'avoir accepté d'être avec nous aujourd'hui et de nous livrer cette quasi performance parce que ça fait du bien d'entendre des choses de de cette façon.
Merci évidemment aussi beaucoup à Roman qui a travaillé énormément à l'organisation de cette table ronde et pour laquelle je ne vais pas forcément apporter enfin je veux pas faire long et je vais vous laisser la possibilité de discuter et on rentrera peut-être dans le détail au fur et à mesure. J'ai noté dans les propos de Claude de nombreux en fait nous sommes d'accord je suis d'accord et nous sommes d'accord France insoumise avec vraiment l'essentiel du propos quand bien même certaines fois il nous percut dans nos petites habitudes la question par exemple de la la relance industrielle par la défense on aimerait bien pouvoir dire simplement qu'il suffira de réinvestir pour que les choses repartent mais il a 1000 fois raison de dire qu'en réalité nous sommes som dans une situation qui manifeste à quel point les politiques qui ont été menées depuis 40 ans à minima industriel sont ont été désastreuses et la situation dans laquelle on se trouve c'est c'est quelque chose qu'on a on s'est souvent dit notamment avec Bastien Lachot avec qui on on a travaillé depuis 2017 sur ces sujets que d'une certaine façon l'industrie de défense était peut-être la seule qui demeurait et l'interprétation que propose Claude, c'est de dire que d'une certaine façon peut-être qu'elle a cannibalisé les autres. Alors moi, je proposerai une lecture politique un peu différente euh mais qui mérite d'être testée, c'est que d'une certaine façon ce secteur-là porté à la fois par des industriels, à la fois par des officiers et des politiques euh a pu bénéficier d'une certaine façon de de je dirais pas d'un fétichisme parce qu'il était légitime, mais d'une préoccupation de la souveraineté qui était de dire ce domaine là ne on ne peut pas s'en s'en débarrasser et que d'une certaine façon par précaution il n'en il n'est resté que ça et que ça a pour effet effectivement de dire si on doit choisir alors on choisira le domaine industriel de défense plutôt que le textile plutôt que euh les transports plutôt plutôt et cetera.
Donc peut-être que ce serait à à discuter et et à tester, mais il me semble en tout cas pour avoir échangé euh depuis maintenant pas mal d'années euh avec de nombreux acteurs que cette préoccupation de dire "Oui, mais quand même dans le domaine de défense, ça doit rester, ça doit rester sur le territoire, ça doit rester souverain, ça doit être et cetera a peut-être eu cette cet effet." Donc c'est plutôt sur l'articulation de la cause et de l'effet qu'on qu'on peut discuter. Mais en tout cas, le diagnostic est totalement pertinent. euh et et et est très alarmant, c'est que en réalité on est dans une situation où euh l'industrie ne suit pas.
Et donc comme l'a dit Roman tout à l'heure, je vais vous donner un exemple parce que c'est une bataille qu'on mène avec plusieurs collègues. J'ai vu Sylvie Ferrer rentrer tout à l'heure dans la salle, je sais pas si elle est encore là. Donc ma collègue de Tarbe, mais on s'est rendu avec Sylvie, avec Éric Coquel au ministère de l'industrie pour évoquer le sujet de Tarbindustrie.
Alors, peut-être que vous m'avez entendu en parler dans certains médias parce que j'aime bien mettre le gouvernement et les macronistes face à leur contradiction et le nez dans la voilà quand il est quand ils évoquent l'économie de défense parce que Tarbind Industrie pour vous le dire vite c'est une petite boîte industrielle c'est un atelier d'une certaine façon qui produit des obus alors on a beau ne pas vouloir faire la guerre on est bien obligé d'avoir des stocks et on est bien obligé d'avoir des munitions au cas où ces obus de 55, ce sont c'est un peu le produit de base de de la guerre. Et cette usine a été rachetée il y a quelques années par une entreprise qui s'appelle Europlasma et qui avait promis que elle maintiendrait le savoir-faire, la production et que elle allait progresser et que dans le contexte de la guerre en Ukraine où on livre normalement des armes et des munitions aux Ukrainiens qui en ont besoin pour se défendre, et bien on atteindrait des niveaux de production importants et cetera et cetera. Et alors tout le monde était form c'était formidable, tout le monde était content, on allait faire du business, on allait maintenir un savoir-faire et cetera.
Sauf que euh pour vous raconter les choses, cette boîte Europlasma qui a racheté donc la plus petite boîte Tarbind Industrie qui est devenue qui est redevenue forge de Tarbe, avait pris avait annoncé tranquillement que ils avaient un accord avec l'Ukraine et queils fournirait 100000 obus par an. Euh ça on est en 2022 fin 2022 et bien aujourd'hui le site ne produit pas plus que 55000 obus par an. Voilà donc ils étaient en 2023 censés en fournir 100000 et on est en 2025 ils en produisent pas plus que que 55000 grand maximum.
Vous voyez que pourquoi on en est là ? On est là parce que la boîte qui a racheté la petite n'est pas en fait une vraie entreprise. C'est une entreprise qui fait de la cavalerie.
Elle est en train d'utiliser de l'argent. Je m'avance he si s'il y a des gens qui veulent m'attaquer. Si les dirigeants d'Europlasma veulent m'attaquer en justice, je serai ravi parce que on pourrait au moins discuter de ce sujet un peu sur la place publique.
Euh la boîte Europlasma en fait a racheté et Tarbindustrie et Luxfer. Vous vous rappelez de Luxfer ? C'était les bonbonnes qui permettaient d'avoir de l'oxygène et donc on avait dit qu'il fallait la sauver pendant le l'épidémie de Covid.
Ils ont racheté Luxfer. Ils ont aussi racheter une boîte dans le nord à Valdune qui faisait des mécanismes de de transport de train. Et puis ils viennent de racheter les fonderies de Bretagne qui eux produisaient pour Valeo des mécanismes pour le pour je sais plus c'est Renault je crois.
En tout cas, c'est de transport, c'est de la voiture. Et en réalité, à chaque fois cette entreprise arrive dans un endroit, elle dit "Vous avez un canard boîteux." Désolé pour les les camarades ouvriers de ces boîtes qui en fait sont pas des canards boîteux, sont des sit sont des entreprises en situation compliquées financièrement, mais les travailleurs eux font un travail de grande qualité.
Mais en tout cas, c'est comme ça qu'il se il se présentent. Il dit "Vous avez un canard boîteux, mais moi je vais vous le racheter, je vais relancer la production, j'ai je sais quoi faire et cetera. Sauf qu'à chaque fois, ils prennent l'argent, ils prennent la subvention de l'État, la subvention des collectivités, ils prennent de l'argent pour les dirigeants et au bout du compte, il y a pas les investissements qui suivent, il y a pas la production.
Et aujourd'hui, chez Luxfè, ils ont pas atteint les objectifs de production. À Valdune, ils ont pas atteint les objectifs de production. À Tarb, ils atteignent pas les objectifs de production.
Ils ne rénovent pas l'outil industriel. et personne ne vient leur tirer les oreilles en leur disant "Mais attendez, vous avez pris des engagements, vous allez laissé racheter et il se passe rien." Donc on est dans une situation où cette boîte là les dirigeants en fait se sucrent eux-mêmes pendant plusieurs années et peut-être qu'à un moment ça va tomber et il est sûr que ça va tomber et il y aura une énorme case sociale mais eux entre les deux, ils se sont mis beaucoup d'argent dans la poche.
Ça, je donne cet exemple là parce qu'il est emblématique du fait qu'en réalité il y a zéro pilotage de la production industrielle et que arriver dans le domaine de la défense, ça saute aux yeux que c'est un énorme problème. Mais vous voyez bien que et ça rejoint ce que disait Claude, il y a une vraie pénétration ou en tout cas connexion entre les différents secteurs industriels et que si on n pas un état capable d'intervenir et devrer à la planification de la production dans les différents secteurs, alors on va pas s'en sortir. Et c'est précisément ce problème qu'on rencontre.
Et alors, on est tombé sur un Jean qui était le directeur adjoint du cabinet de de de Marc Ferat qui nous a dit "Ouais, mais bon, écoutez, pour l'instant ça tient." Il n'a pas su nous dire autre chose que quelque chose de cet ordre. Pour l'instant ça tient.
Alors bon, quand ça tiendra plus, on aura plus nos yeux pour pleurer et plus que nos yeux pour pleurer et et tout ira bien. Voilà, c'est ça la posture du macronisme réel en dehors des grandes phrases sur Cocorico, on est en guerre et cetera. le vous con vous savez très bien que le en même temps c'est toujours les le populot qui qui perd en fait à la fin le en même temps c'est jamais une position sociale cohérente.
C'est toujours le patron ou l'actionnaire qui qui s'en sort. Mais là on est dans cette situation de en même temps on revendique de bomber le torse d'être des grands d'être prêt à mener une guerre et cetera et en même temps on fait exactement le contraire de ce que ça demanderait. Alors, nous nous disons deux choses.
Nous ne voulons pas faire une guerre et deux, nous voulons être capable de soutenir un choc. C'est exactement l'inverse. C'est exactement l'inverse qu'il faut faire.
Et alors, parmi les choses qu'on que Claude a pu dire, il y a de Je je je note aussi la question de la position allemande. C'est un point important qu'on doit comprendre. Je vous invite à lire une tribune qui a été publiée il y a quelques années par Jean-Luc Mélenchon et Bastien Lachot. sous les conseils de quelqu'un qui était très bien aussi.
Euh et la tribune s'appelle "L'Allemagne vise-elle une hégémonie complète en Europe La thèse est la suivante, c'est de se dire au jour en Europe, pendant plusieurs décennies, il y a eu une espèce de partage des tâches entre la France et l'Allemagne. La France bénéficiait d'une position géopolitique singulière, membre du conseil de sécurité à l'ONU. est revenu dessus, ça n'a pas toujours été pour le meilleur.
Elle est la puissance militaire du continent et donc la puissance ordinaire, la puissance classique, disons qu'elle était pour la France et la puissance économique revenait à l'Allemagne. Sauf que nous sommes dans une situation où la puissance économique est devenue le levier de la puissance globale, la puissance tout court et que les Allemands ont bénéficié dans la construction européenne et la crise grecque a été un moment particulièrement évident de ce de cette bascule du fait que celui qui paye décide infiner et que aujourd'hui dans leur position en dépit des difficultés sociales et économiques réelles de l'Allemagne dans leur situation Ils ont accumulé tellement d'argent qu'ils considèrent qu'ils peuvent parler en maître à tout le monde sur tout le continent. Et la crise grecque l'a montré puisque il faut se rappeler que cette crise, elle est profondément une crise liée à la question de l'économie de défense.
On avait rencontré un attaché de défense, par exemple français en Grèce qui nous avait dit "Bon, alors il était français hein, les Français n'ont pas tant poussé à la roue que ça, mais les Allemands beaucoup. s'agissant du gouvernement grec. La dette de l'État grec était en grande partie constituée de dettes sur de l'achat de matériel de défense.
Et donc qu'est-ce qui s'est passé à cette époque-là ? On est on a vu un holdup réellement avoir lieu. C'est-à-dire que des banques françaises et allemandes avait prêté à l'État un grec pour qu'ils achètent du matériel militaire et français mais surtout allemand notamment des sous-marins.
Que ces dépenses-là ont été jugées exorbitantes, que les prêteurs n'ont plus cru. Ils ont failli eux-mêmes faire faillite. Les États se sont mis au service des banques, ont racheté la créance, sont allés voir l'État grec, lui on l'ont braqué et lui ont dit "On va vous faire une offre que vous pouvez pas refuser." Exactement comme dans un film de mafia en disant "Vous allez rembourser la dette qui n'est plus aujourd'hui aux banques mais directement aux États.
Si vous nous remboursez pas, on vous dégage, on vous coupe tout." C'est ce qu'ils ont fait hein pour rembourser les l'état grec a dit "Mais monsieur enfin euh chers camarades, chers amis, je sais pas comment ils se parlent, sûrement pas chers camarades, euh nous ne pouvons pas, nous n'avons plus de trésorerie. Vendez les bijoux de famille." Ça s'est passé exactement comme on rançonne un un un un foyer qui est interdit bancaire.
On lui a dit, on leur a dit, "Vendez, vendez vendez les bijoux de famille, vous aurez de la trésorerie et à partir de ça, vous pourrez payer votre dette." Bien sûr que ils auront plus de patrimoine, mais ça c'était pas le problème. C'était même l'intérêt de la chose.
Je vous donne l'exemple le plus énorme de cette affaire. Les Grecs ont été amenés à vendre, à privatiser tout ce qu'ils ont pu pour avoir un peu de trésorerie et rembourser leur dettes. Ils ont notamment vendu l'aéroport d'Athènes.
À qui ils l'ont vendu ? au land de est donc à la région est qui est la région de Francfort. Francfort parce que c'est le plus gros aéroport du continent.
Voilà. Et pour recevoir quel genre de passagers ? Des touristes allemands en été.
Donc rendez-vous compte de ce qui s'est passé. C'est pas que je déteste l'Allemagne ou les Allemands, c'est pas ça le problème. Le problème c'est que on a créé une situation de déséquilibre financier au sein de l'Union européenne qui a conduit à faire une violence terrible à un membre de l'Union en particulier qui est la Grèce mais en réalité qui contraintteint tout le reste.
Et je suis pas loin en fait de mon sujet de défense parce que en réalité ce mécanisme-là aujourd'hui s'applique très exactement dans le domaine de la défense et que le plan réarme Europe est en fait exactement la déclin enfin qui est une déclinaison de cette situation. Pourquoi ? Parce que ce qu'ils nous disent c'est vous allez dépenser plus.
Qui nous demande de dépenser plus ? Trump. les États-Unis, il l'a fait pendant son premer mandat, il le fait dans son 2e mandat.
Alors, il radicalise dans le premier mandat. Il disait "Votre objectif normal c'était 2 % du PIB." Il est passé jusqu'à nous dire 5 %.
Moi, j'étais à Washington il y a quelques mois, au mois de décembre dernier parce que il se trouve que faut connaître l'adversaire de l'intérieur. Je suis membre de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN. Alors, l'assemblée parlementaire de l'OTAN, c'est un truc parce que il y a aucun pouvoir.
Personne ne décide de rien là-dedans. Mais la plupart viennent se congratuler en se disant "Qu'est-ce qu'on est formidable ! On est tous membres de l'OTAN, on est une grande famille, on est fondé sur des principes et quand vous leur dites et vos principes, ça vous pose pas de problème qu'ils soient en train de mourir Ragazzaille, ils vous regardent avec deux yeux comme ça et puis ils sifflent et puis ils vous disent "On va au pot, on va au pot." Voilà, c'est comme ça que ça se passe, je vous le dis réellement hein, mais c'est quand même pas complètement inintéressant parce que on sait à qui on a affaire et on comprend comment il raisonne.
Et donc à Washington, les Américains une fois par an, comme ils viennent pas à ces réunions, vous comprenez, c'est pas assez sérieux pour eux, c'est eux les chefs. Donc ils ils organisent la venue des autres à Washington une fois par an. Alors, on y va et on les écoute.
Et là, on on entend des des des représentants du parti républicain, des membres de Sing comme ils disent. Alors bon, des des chercheurs payés quoi, qui nous disent "Bon, tout va bien se passer, vous inquiétez pas, Trump est pas le fou qu'il a l'air d'être. Bon, il va falloir passer à la caisse, faudra payer plus de dépenses militaires." Alors, on se dit "Ouais, pourquoi ?" "Ah, mais c'est le partage du fardeau." Vous comprenez ?
La défense européenne, ça peut pas être que l'affaire des Américains. Déjà eux, ils ont des soldats en Europe, ils ont du matériel et cetera. Ça leur coûte trop cher pour vous défendre vous.
Vous comprenez ? Faut partager. Bon, d'accord bien monsieur.
Et alors, ils nous disent ça va passer peut-être on va peut-être passer à 2,5 % voilà peut-être 3. Et alors le dernier dit "Ah, je pense que quand même 3 % ce sera pas assez. Je pense qu'il va quand même vous demander 3 et demi." OK, on s'arrête là.
Vous arrivez de mois, un mois et demi après, Trump dit en fait ce sera 5 %. Passer à la caisse, ce sera 5 %. Et on leur dit les gens normaux s'arrêtent en disant "Mais c'est pas possible, on passe pas de 2 à 5 % de PIB comme ça dans un claquement de doigt en quelques années.
Vous comprenez que ça va déséquilibrer l'ensemble de la production, l'ensemble et cetera." Et vous avez le secrétaire général de l'OTAN, Marc Routeux, qui est un néerlandais, ancien premier ministre, je crois, néerlandais, qui vient faire le service à prévente et dit tranquillement aux autres "Oh mais vous savez hein, si les Américains se barrent, vous allez être obligé de payer 10 % pour atteindre le même niveau de couverture, le même niveau de présence militaire sur le continent et cetera. Donc fermez-la.
Si si vous payez pas 5 %, vous payerez 10 % parce qu'ils vont se barrer. Voilà. Donc cette situation de dépendance qui est voulu, qui a été contracté, qui a été décidé, nous ça fait des années qu'on l'a anticipé.
Ça fait des années qu'on dit "Mais attendez, ne vous mettez pas dans la main des États-Unis, créer la condition pour en sortir." Et nous disons à ceux qui veulent le faire, "Faisons-le ensemble." Et là, dans la panique de l'invasion de l'Ukraine, ils sont tous à battre des mains en disant "Ah mais non, il faut pas.
Merci monsieur Trump" et cetera. Et tout le monde passe à la caisse. Et dans cette situation, il y en a un qui peut tirer son qui va tirer et qui tire son épingle du jeu, c'est l'Allemagne.
Parce que l'Allemagne a déjà est déjà en train de nouer des partenariats pour produire de l'armement. La situation, c'est qu'aux États-Unis, la capacité de production d'armement a atteint son maximum. C'est pas moi qui le dit, c'est le numéro 2 militaire disons de l'OTAN qui est un français.
C'est l'amiral Pierre Vandier qui l'a dit devant la commission de la défense et un d'autres endroits. Il dit la production la capacité des Américains à produire des armements, elle est elle a atteint son maximum. Par contre, ce qui va se passer que en Europe, il y a des capacités de production industrielle. pas en France hein.
Apparemment en France ça va être compliqué de basculer et de faire beaucoup plus mais il y en ailleurs. Il y en a notamment en Allemagne, peut-être en Pologne, peut-être en République tchèque et cetera. Par contre, les entreprises, elles seront pas forcément capables de produire.
Donc, il va falloir créer des sites de production pour des entreprises américaines avec des produits sous licence américaine. C'est-à-dire que la la propriété intellectuelle sera américaine, les règles d'usage de ces appareils seront américaines et une partie de l'argent sera pour ceux qui prodiront. Évidemment, quand vous vous êtes un peu soucieux parce que vous êtes des insoumis et que en plus vous êtes français et ça fait déjà deux défaut pour eux, vous vous avez tendance à vous dire "Oui, mais la souveraineté dans tout ça, si je produis des armes, je décide à qui je les vends, je décide ce que j'en fais, et cetera et cetera." C'est pas trop la préoccupation des Allemands.
Les Allemands, être numéro 2 derrière les États-Unis, ça leur a toujours paru une position acceptable à forceurique une fois qu'ils ont perdu la guerre. Donc cette tradition là, eux leur pose aucun problème. Et ils viennent de signer un partenariat avec une très grosse boîte qui s'appelle Enduril.
Ils ont signé un partenariat de 100 milliards, exactement comme ils font avec Elon Musk. Musk arrive en disant "On va faire une Giga Factory, mais venez venez venez à la maison, vous déciderez de rien, c'est pas grave, on va prendre les on va prendre les grosses miettes, on va produire, on va développer un savoir-faire, il y aura une partie du savoir-faire maison et puis on décidera de rien sur les usages et c'est pas grave parce que le parrain américain, il va pas être méchant avec nous." Bon, a priori si hein parce que quand il élève la voix après il panique tous mais ils ont jamais ils sont rentrent jamais dans la logique tout simplement de l'indépendance, de la souveraineté et cetera.
Et donc on est au cœur là du problème. Quand je vous donnais je vous donnais cet exemple de la Grèce et de la prépondérance allemande. On est en train d'entrer dans une logique de prépondérance allemande y compris dans le domaine de l'industrie de défense.
Et ça va avoir des effets évidemment très profonds sur l'ensemble du continent européen. Parce que une Allemagne qui est la première puissance économique et fin qui finit par devenir la première puissance militaire, la première ça ne ça n'augure rien de bon. Rien de bon.
Et encore une fois, c'est dit sans passion mauvaise ou sans haine à l'égard de qui que ce soit. C'est juste de la vigilance euh de base de quelqu'un qui est soucieux de paix, de démocratie et de liberté. Alors, j'ai déjà parlé beaucoup euh beaucoup plus que j'imaginais.
Euh je vais donc m'entenir à une ou deux observations pour finir. J'ai évoquer le découplage de l'industrie de défense, le problème de l'économie de paix. Je rejoins Claude.
La réalité c'est que ce dont on a besoin réellement pour être en état de soutenir un choc si jamais nous étions agressés et éventuellement d'y répondre, c'est de tout autre chose que simplement de la production industrielle. Nous avons besoin d'une planification globale vis-à-vis de tous les services. Notre le problème économique clé en ce moment qui est discuté par les économistes, c'est pas le problème même de la compétitivité, c'est le problème de la productivité.
Et la réponse, elle est facile à enfin, elle est relativement simple à apporter. Faut pas s'étonner qu'on ait des problèmes de productivité. On n'a pas investi dans la recherche, on n'a pas investi dans l'enseignement supérieur.
Arnaud Saint-Martin pourrait en parler beaucoup plus longtemps que moi, mais le désastre de l'enseignement supérieur et des formations professionnelles sur les 20 dernières années, il est connu. la situation la situation qu'on a fait à la formation professionnelle, au lycée professionnel, mais ça se retrouve en bout de chaîne sur le fait que la productivité est moindre, que la capacité du coup à avoir des productions dans tous les secteurs qui nous permettent éventuellement d'être compétitif comme ils disent. Et bien tout ça a été abandonné parce que on a dit "Ah bah non, ça coûte trop cher, c'est de l'investissement et l'investissement c'est pas bon pour les finances publiques et cetera et cetera." Ils sont rentrés euh ils nous ont empétré dans une logique permanente de cercle vicieux.
Moins vous dépensez, moins vous avez de résultat, moins vous êtes capable de dépenser et cetera et cetera. C'est exactement l'inverse qu'il fallait faire. Et alors la dernière chose c'est la question Roman en a parlé de de la coopération.
Je veux vous dire un point qui est important. Claude a dit que on sit on était dans une situation de codécision des militaires avec les politiques. Je trouve ça intéressant.
C'est un peu difficile à avaler mais c'est mais c'est intéressant parce que quand le chef d'étatmajor des armées qui vient juste de partir en retraite, le général Burcart est arrivé en fonction il y a 5 ans, le première chose qu'il a fait c'est qu'il a proposé, je sais pas à quel point on peut dire il a imposé mais une nouvelle grille d'analyse en disant compte tenu de l'état du monde, il est plus pertinent de penser en terme paix, crise guerre. Il faut voir le monde comme il est. C'est-à-dire que aujourd'hui ce qui domine c'est trois notions différentes : compétition, contestation, confrontation.
Il n'y a pas de paix. Il n'y a pas de paix. Et je vous dirais que d'un point de vue analytique, ça me paraît juste.
Nous avons écrit dans le livret défense de 2022 pour la la présidentielle que nous vivions une situation de guerre larvée. C'est-à-dire que le pays vit en permanence des formes d'agression ou d'action agressives qui ne sont pas réellement des déclarations de guerre ou des actes de guerre. Mais par exemple, quand les États-Unis trouvent le moyen de mettre de s'assurer que Général électrique mette la main sur Alstom et que bizarrement la justice américaine a eu un rôle décisif dans cette stratégie, dans ce cette chose-là, on pouvait considérer qu'on éétait pas exactement entre dans une situation de paix ou une relation normale entre deux États amis.
Et ce qui est vrai pour les États-Unis est vrai pour bien d'autres évidemment, mais les États-Unis, c'est un cas intéressant puisque en général, on nous explique à quel point ils sont sympathiques et gentils avec nous. Bien cette situation là ce triptique comme ils disent compétition contestation confrontation le fait que le chef d'étatmajor des armées nous ait dit bon écoutez pour voir le monde comme il est vraiment vous devriez utiliser plutôt ces trois notions que que paix crise guerre c'est intéressant c'est intéressant d'un point de vue analytique mais il faut se rendre compte que ça a des effets aussi c'est pas juste descriptif c'est prescriptif ça nous oblige à accepter cette idée que mon dieu dans le monde la paix c'est une idée c'est une idée vieillotte et à laquelle on ne peut plus se raccrocher. Il faut donc absolument pas accepter ça.
Il faut à chaque fois qu'on dit c'est vrai que dans le monde ça marche comme ça mais nous nous voulons un autre monde un monde dans lequel le mot paix a du sens. Et pour ça il y a pas 36 solutions. Il faut couper à la racine c'est-à-dire au début du triptique celui de la compétition.
Parce que oui, la compétition, non seulement la compétition dégénère en contestation et finit en confrontation. Donc quel est le problème ? C'est que la compétition, c'est le moteur du capitalisme.
Tout le monde le sait. Donc d'une certaine façon, le chef d'étatmajor des armées, si on est un tout petit peu conséquent, nous a donné la clé de l'anticapitalisme nécessaire et vital. Si vous n'êtes pas anticapitaliste, si vous ne rompez pas avec ce qui dégénère toujours en confrontation, alors vous l'aurez votre guerre.
On a donc besoin de proposer de façon claire et explicite à toutes les nations du monde, à tous les peuples du monde d'entrer dans des relations de coopération et pas de compétition. La compétition disparaîtra pas du jour au lendemain en claquant des doigts. C'est évident.
Il faut réduire le domaine de la compétition pour y substituer un domaine plus large de coopération. Et il y a plein de de possibilités de le faire et dans la défense aussi d'une certaine façon. Nous avons fait la proposition d'avoir des casques verts, c'est-à-dire bah des services de sécurité civile, on dit d'habitude, qui permettent à l'ensemble de l'humanité bah de faire face aux crises que représentent ou que que font naître que fait naître le changement climatique parce que vous avez vu cet été, ça crame partout.
Il va bien falloir, ce serait bien plus intelligent de mettre en commun nos énergies, nos moyens, nos et cetera pour empêcher que ça brûle plutôt que d'attendre qu'il y en ait un qui appuie sur un bouton et qui se dise "Bon, comment on fait ? Maintenant, c'est arrivé." Non, on pourrait créer ces institutions là.
On l'a fait, il y a une institution internationale dont la France est est à l'origine que personne ne connaît. Et moi, j'aime la citer parce que je trouve que c'était assez extraordinaire. On a créé avec des moyens technologiques français une agence qui de l'ONU qui s'appelle Unosat.
Unosat et après vraiment je m'arrête parce que j'ai trop parlé mais UNOSAT c'est l'agence de l'ONU qui fournit de l'imagerie satellite aux pays qui ont pas de satellite. C'est dingue. Il y a des gens qui se sont arrêtés un jour et qui se sont dit bah tout le monde en a besoin à un moment ou un autre.
Par exemple, quand vous avez un tremblement de terre à Haïti, Haïti a pas de satellite souverain. Bah c'était une bonne idée de dire "On les met en commun, on est capable d'avoir de l'imagerie et les services de secours quand il y a un tremblement de terre sont capables de d'utiliser ça rapidement et on n pas besoin d'acheter. On n pas besoin de dire "Ah bah vous êtes ruiné, vous avez déjà un tremblement de terre qui vous a cassé le pays, en plus vous allez payer la facture de de l'imagerie satellite." Donc une ossate.
Il y a une possibilité pour les États qui ont pas d'argent d'avoir de l'imagerie satellite en cas d'urgence. Bon bah, on peut faire décliner ce genre de chos domaines. On pourrait le décliner en en ayant un partenariat avec l'Organisation mondiale de la santé.
On avait proposé ça. Alors ça c'était dans le livret espace spécifiquement mais si vous avez de l'imagerie satellite de haut niveau, vous pouvez anticiper des mouvements de par exemple d'insectes de de moustique. Vous connaissez la météo, l'humidité dans un endroit et cetera et vous pouvez anticiper qu'il va y avoir beaucoup de moustiques à tel endroit et pas à tel autre.
Et donc vous pouvez stopper ou anticiper euh les évolutions d'une épidémie et donc avoir des stratégies de vaccination très ciblé ou des choses comme ça. C'est pour vous montrer. Évidemment, j'ai pas l'air de parler de défense, mais si vous si vous n'entrez pas dans des logiques de coopération, faudra pas vous étonner que ça vous tombe retombe sur la gueule.
C'est exactement ça que nous disons. Nous nous sommes pas des gens bavard bavard si mais angélique iréniques à vous dire ça. Rien ne peut nous arriver.
Nous sommes planqués derrière la dissuasion nucléaire comme certains le disent ou d'autres qui diraient non mais nous nous n'en voulons à personne et donc personne ne peut nous en vouloir et cetera. Non, c'est pas vrai. Nous avons vu comment fonctionne le monde et comment fonctionne le capitalisme.
Mais en revanche, nous savons proposer d'autres logiques et ceux qui veulent pas et ben ils veulent pas. Mais vous voyez bien qu'il y a un intérêt général, l'intérêt général humain dont parle Jean-Luc Mélenchon, il se manifeste dans ces questions-là et que évidemment ça demande de penser une économie au service à la fois bah du pays mais de l'humanité toute entière. parce que oui, il faudra produire des choses en fonction de ses besoins et de la coopération.
Et le dernier mot, c'est que c'est la nationalisation des industries de défense dont à parler Roman qui est aussi au cœur de ce de cette possibilitél parce que si vous confiez à des entreprises le soin d'arrêter de produire quand il est plus nécessaire de produire des armes, vous pouvez vous lever de bonheur parce que évidemment une entreprise capitaliste, elle a besoin de croissance. Elle peut pas dire "Oh ben, j'ai plus besoin, on va arrêter de produire." Elle va dire "Ah bah non, il faut que j'ouvre, je trouve un nouveau marché." Que s'ouvre un nouveau marché.
Il y a que les États qui sont capables de dire "On pilote à vue, on sait ce qu'on veut continuer à produire au fil des années. Mais si ça nous coûte plus cher de ne pas produire, et ben on va quand même le paraît plus pertinent que d'inonder la planète d'armements qui finiront par être utilisés d'une manière ou d'une autre." Donc il faut aussi nationaliser et c'était le dernier mot de Claude parce que les armes sont pas des marchandises comme les autres.
On peut à la rigueur accepter que une boîte de une grande boulangerie continue à produire de plus en plus de pain et cetera et cetera. C'est en soi déjà criticable du point de vue écologique. Mais alors imaginez si c'est avec des fusils.
C'est pas possible. C'est pas acceptable parce que en plus infiné ça nous met dans des situations de dépendance à l'égard de certains pays qui sont tout sauf des partenaires sérieux et je dis sérieux en un sens très très large. Aujourd'hui, l'industrie de défense repose sur la possibilité d'exporter à des États à qui vous voudriez pas donner l'heure.
Voilà. Voilà. Je crois que j'ai dit beaucoup de beaucoup plus long.
J'étais beaucoup plus long que je voulais. Donc je m'arrête. [Applaudissements] reste une quinzaine de minutes peut prendre des Oui.
Alors, merci, c'était vraiment passionnant. Euh merci à tous les trois. Je voulais poser une question qui est la suivante.
On dit souvent que l'économie d'armement, c'est le volant d'entraînement de l'économie pour le capital et d'après ce que vous avez expliqué, ça marche plus quoi. Si en terme de profit et d'engranger des par la commande publique des sous, mais à part ça, donc est-ce que vous pouvez répondre à ça ? Merci.
Oui, bonjour et merci à tous. Euh oui, Éric Trapier a dit en 2020 d'association produisait un avion rafale par mois. La montée en cadence de ces industries d'armement nécessitent du personnel.
On a un problème RH, c'est-à-dire que euh il faut trouver les compagnons suffisamment expérimentés, compétents pour monter sur les les fales, les Final Assembly Line. Euh on les a pas parce qu'on les a pas formé. Euh donc comment on monte en compétence ?
Ensuite, il faut trouver les matières. Donc on a parlé des fonderies. Les fonderies, on les ferme en France.
Il faut de l'aluminium titane. Où est-ce qu'on le trouve ? à l'étranger.
Dernier point, euh il s'agit bien évidemment de produire des avions en l'occurrence, mais il faut mettre des pilotes dedans. Et les pilotes, on les a pas non plus parce que si on met trois rafales par mois, il faut 5 ans pour former un fighter, 10 ans pour former un chef d'escadril et que je sache, ils sont formés aux États-Unis. En France, nos pilotes sont formés aux États-Unis mais partout en Europe.
Donc la question c'est comment fait-on ? Merci pour votre intervention en fait. vos interventions.
Euh en fait ça ça amène chez moi plein de questions. Alors je vais essayer de d'être concise. Quand vous parlez de défense, moi je me sens menacé par personne, par aucun peuple et je pense pas que les Ukrainiens se sentent agressés, menacés par le peuple russe et cetera.
Et ce par contre, je me sens ultra menacé par ceux qui nous gouvernent. Effectivement, Trump me fout les boules. Poutine on en parle pas, puis alors Macron, voilà.
Et je pensais en venant là, quand on parleéconomie de guerre, économie de paix, l'économie de paix en tout cas selon moi par exemple, c'est la sécurité sociale pour tous, c'est que tout le monde puisse se soigner, manger et cetera. Bon et donc je me dis à ce moment-là oui, il faut absolument qu'on se bagarre contre cette économie de guerre, donc bloquer le budget de Bérou. Donc le 10 septembre, c'est une c'est une chose, mais je crois qu'en fait partout au niveau euh en tout cas européen et sinon mondial euh on est confronté aux mêmes questions.
Et voilà. Et ma question c'est comment on organise pour bloquer tout ça ? et bah notamment effectivement en sortant dans la rue et cetera, en soutenant en étant à fond dans la France insoumise mais il y a enfin il y a un moment donné il faut qu'on qu'on dise ça s'arrête maintenant et je crois qu'on en est là à Paris le 5 octobre, il y a un meeting contre la guerre qui est quand même initié par effectivement bon moi je suis syndicaliste mais des syndicalistes de l'Europe et puis des militants politiques Et je crois que il faut qu'on soulève toutes ces questions là.
Et c'est ça qui m'a un petit peu manqué dans vos interventions en fait. Moi, j'ai pas du tout envie de dire par exemple à mes élèves, "Bon ben la défense vous appartient, il faut que vous vous posiez la question de la défiance ou des choses." J'ai pas j'ai pas bien compris tout ça.
J'ai pas bien saisi le truc. Une dernière question. Merci.
Deux questions. Est-ce que vous est-ce que vous pensez que quand le chef d'état major prédit une attaque russe dans les 5 ans au sur les frontières européennes, c'est de l'intox ? Et l'autre l'autre question, est-ce que vous pensez que le le disons que l'importance que les médias français en général accordent à la à la société soviétique, ce qui enfin soviétique russe, excusez-moi, aujourd'hui aussi bien dans l'interne, ce qui s'y passe, hein, la dictature poutinienne, cette société qui évolue vraiment vers un système ultra autoritaire.
Bon, vous on connaît vous connaissez les assassinats de journalistes, vous connaissez les emprisonnements, vous comment comment qu'on maltraite les soldats russe et cetera. Toute cette société dont est porteur le projet de Poutine. Est-ce que c'est de la diabolisation pour nous faire avaler qu'il va falloir des crédits de guerre, qu'il va falloir se défendre, qu'il va falloir monter ?
Voilà. Moi ce qui me gêne, moi moi je suis bien sûr insoumis depuis longtemps, mais ce qui me fait ce qui me fait un petit peu dans les propos aussi bien de Jean-Luc de Jean-Luc que bon quelquefois les positions qui peuvent être prises à l'Assemblée nationale par nos députés, c'est c'est c'est ce qu'on a l'air de sous-estimer quand même le danger spécifique que représente la Russie aujourd'hui. Enfin bon, moi j'ai un certain âge, j'ai fait partie de ceux qui se sont beaucoup opposés à l'Union soviétique le depuis le années 70.
Moi, j'étais adolescent au moment de l'intervention de Prague, je me suis jamais reconnu dans le modèle de le modèle des pays de l'Est et j'étais bien content de vivre à l'Ouest. hein, on pouvait manifester, on pouvait faire du syndicalisme, on pouvait faire de l'opposition politique. Euh l'autre côté du mur, c'était pas le cas.
Et malheureusement, Poutine réinstaure un système comme ça. Moi, je comprends que les Ukrainiens se battent, hein, ils veulent pas de ce projet de société de Poutine. Alors, bon, je reviens à la question parce que on va pas partir.
Est-ce que vous pensez qu'on diabolise de manière générale les médias français diabolisent les Russes ? enfin le pouvoir de Poutine aujourd'hui hein. Voilà pour justifier voilà tout le reste.
Alors je te propose de commencer sur la question économique purement et je bien sûr. Oui, je je le Il marche pas. Voilà.
Euh je propose de répondre qu'au qu'aux dimensions économiques. Euh les l'économie d'armement, ça marche très bien hein. Euh Trump a fait passer le budget militaire de 840 milliards à 1000 milliards.
Donc c'est vraiment dynamisme accru en Europe. Les toutes les entreprises, on l'a dit, sont sur capacité, elles n'arrivent plus à produire et cetera. Donc ce que ce que j'ai voulu souligner, c'est la singularité française où en même temps il y a un boom de l'industrie d'armement mais un boom qui confronte disons l'industrie d'armement à l'ensemble des contradictions et du recul industriel amorcé depuis depuis longtemps maintenant hein.
Mais ne confondez pas, enfin j'ai pas dit que l'industrie d'armement ça ne marchait pas. Ce qui est vrai par contre, c'est d'ailleurs une des sources des difficultés de l'industrie française que j'ai pas mentionné. Ce qui est vrai, c'est queil y a eu des modifications considérables du point de vue des processus technologiques, hein.
Je prendrai juste, disons la la question des avions versus les drones quoi, hein, que je documente dans le dernier bouquin un monde en guerre. Euh il est il est clair, les avions ne vont pas disparaître, les avions de combat ne vont évidemment pas disparaître, mais il est évident aussi que les drones modifient considérablement euh disons la l'architecture stratégique militaire aussi bien à à Gaza ou que euh que qu'en Ukraine. Donc c'est c'est une modification considérable.
Ce qui s'est passé et là il y aurait beaucoup à dire sur le mythe de du militaire technologique qui nourrit le militaire civil. Ça s'est passé dans des conditions particulières, singulières aux États-Unis et singulières à la période des décennies d'après-gerre, quelques décennies d'après-gerre. Mais ce qui s'est passé, c'est qu'effectivement la plupart aujourd'hui des innovations viennent du civil, quoi.
Et il y a une transformation très très importante. est absolument manifeste et essentielle aux États-Unis où les groupes civils, principalement les gars femmes pour aller vite sont rentrés dans le complexe militar-industriel donnant, j'ai pas le temps de le développer, j'ai beaucoup fait ailleurs, donnant désormais disons aux instruments de répression la dualité militaire et civile à de façon absolument évidente avec avec l'intelligence artificielle. Donc c'est c'est une des modifications importantes auxquelles la France n'a pas fait face.
J'ai documenté en 2015 le sabordage organisé par les groupes de l'armement Talè, Airbus et d'Assu qui recevait de l'argent de la DGA pour lancer des drones qui se sont lancés dans trois drones concurrents à l'époque. Je je termine rapidement la parenthèse pour pour ne pas être trop long. Vous avez en en contradiction le groupe Helsing, une start-up allemande née d'éit où qui aujourd'hui est prête avec pas mal d'esbrouff mais je passe sur cet aspect et prête aujourd'hui à à produire plusieurs centaines de milliers de drones pour le territoire ukrainien.
Pourquoi on y revient ? parce que l'Allemagne a gardé, y compris dans les questions d'intelligence artificielle, une position industrielle et technologique et pas simplement disons militaire très très importante. Je voulais corriger hein peut-être la la mauvaise formulation que j'ai donné l'industrie d'armement ça marche très bien du point de vue technologique industriel était en train de d'être régénéré comme je l'ai dit par l'intelligence artificielle donc par le civil ce qui du point de vue de militant et citoyens doit évidemment nous inquiéter puisque comme je l'ai écrit l'intelligence artificielle nous menace en tant que salarié en tant que citoyen et en tant que civil menacé par les armes de précision et donc je rejoins ce que vous dites sur les sur sur le rafale, hein.
C'est c'est clair que là, on est confronté à un problème existentiel, si vous voulez, de de l'industrie française. Il faudrait remonter, ça a été fait dans certains ouvrages, il faudrait remonter à la singularité du C d'assaut quoi, qui est quand même le monoproducteur français qui a étendu disons ses exigences en 83 en refusant l'avion de combat européen avec la avec le Saint-Fran aussi, mais enfin qui aujourd'hui est en train de poser les problèmes. Si vous voulez, on peut être contre l'avion de combat européen et je suis contre évidemment sans pour autant disons dire vif d'assaut quoi.
Et là on est vraiment maintenant dans cette contradiction. Juste un élément pour terminer sur l'industrie d'armement. Ça marche.
Par exemple, hein, je disais au départ le le naufrage de la recherche académique sur les questions d'armement. Euh j'ai sorti mais c'est le seul la seule donnée qui a été faite par l'observatoire économique de la défense qui est donc rattaché au ministère de la défense qui avait montré en 2013 hein, c'est pour vous dire c'est la seule étude qui a existé que ce qu'ils appellent la base technologique industrielle de défense l'ensemble des entreprises qui participent à la production d'armes en France plus ou moins de façon plus ou moins importante he plusieurs milliers d'entreprises et bien était déficitaire du point de vue de la balance commerciale. Nous vendons des armes mais la BT la balance la base technologique industrielle et de défense est aujourd'hui dépendante.
Vous l'avez dit pour le titane mais hélas pour les composants électroniques et pour des sous sous-ensembles maintenant très technologiques. Elle est dépendante de l'étranger. Là aussi on a une une confirmation si vous voulez que l'industrie d'armement ne peut pas être durablement une enclave dans un dans un système industriel national.
Ça serait une étude par exemple à faire de de voir si la la base technologique elle est déficit ou pas. Euh en 30 secondes, merci beaucoup. En 30 secondes, je vais juste réagir sur la camarade qui dit "J'ai pas envie de dire à mes enfants, la défense vous appartient." L'objectif c'est pas de dire à des enfants euh "Un jour, il va falloir te battre, un jour il va falloir prendre les armes." C'est pas ça du tout.
L'objectif, ce que je voulais dire, c'est ne pas éloigner le peuple des questions de défense parce que les questions de défense arrivent au peuple. Bénedict Cheron le dit très bien, les questions de défense arrivent au peuple par image, par cinéma, par les informations. Et typiquement par exemple pendant la guerre en Afghanistan, c'est arrivé au peuple très très tard et c'est très très tard qu'on a compris ce qui se passait, que des soldats français étaient envoyés et tout ce qui se passait.
Et en fait, l'objectif en disant ça, en informant sur les questions de défense, c'est pas de dire "On va pas on va pas aller vers la paix, on ne veut pas aller vers la paix". c'est de dire justement on va vous informer, on va vous montrer que ce n'est pas le domaine réservé du président de la République, que on a des guerres de demain à préparer, notamment la bifurcation écologique, ne serait-ce que ça. On a tout ça à préparer, il va se passer des choses et vous vous avez votre rôle à jouer, ça va pas vous tomber dessus comme ça et vous avez votre rôle à jouer et vous faites partie d'une société, vous faites peuple, vous faites corps et donc vous avez un rôle à jouer dans dans ce qu'il va se passer et dans dans les dans les conflits de demain.
Voilà, c'était juste pour rajouter ça. Merci Roman. Sur la question de comment on fait, nous on défend l'idée d'un plan de souveraineté.
Donc c'est de ça dont on a besoin, c'est d'entrer, c'est de planifier désormais les moyens d'acquérir la possibilité d'agir, de prendre nos décisions et cetera de façon souveraine. La souveraineté, c'est l'autre, c'est le synonyme de la démocratie en réalité et ce dont vient parler Roman aussi, c'est de ça dont il est question. La défense, c'est une des conditions de la souveraineté.
Si vous êtes dans une situation où par exemple vous n'avez pas de satellite pour savoir ce qui se passe sur un bout de la terre, et bien vous êtes obligé d'aller frapper à la porte des États-Unis en disant "Monsieur, les États-Unis euh dans le golfe du Tonquin, qu'est-ce qui vient de se passer ? Mais croyez-moi, on vient d'être agressé par le Vietmine." C'est quand même c'est de ça dont il c'est de ça dont il est question.
Si vous avez pas les moyens de voir ce qui se passe, si vous avez pas les moyens euh ensuite de dire "Ah mais moi je ne veux pas que ça se passe comme ça." Si vous n'avez pas le moyen d'agir, mais dans ces cas-là, vous avez pas d'avis ou alors vous avez un avis tranquille dans dans un dans un café. Alors on peut décider que la France n'a pas son mot à dire, que elle peut dépendre de l'information que ses amis veulent bien lui donner.
On peut, je sais pas si en tout cas moi, ce n'est pas comme ça que je me représente la chose. On a fait une proposition avec Bastien Lachot. et qui a été reprise par Jean-Luc Mélenchon.
En ce moment, il y a un génocide à Gaza. La princip, c'est pas la principale, mais en tout cas l'une des principales armes de ces génocides, c'est le blocus. C'est le blocus.
Nous avons dit, nous mettrions en œuvre un pont aérien, pas des largages, un pont aérien. Alors, c'est compliqué, ça demande un peu de savoir-faire militaire quand même. Ça veut dire être capable de la d'envoyer quelques gars sur une zone où on va pouvoir déblayer, faire une piste rapide et sur laquelle on va organiser un des rotation de matériel humanitaire.
Et pour ça, vous avez besoin de moyens militaires. Voilà, il y a que des militaires qui savent faire ça. L'humanitaire ordinaire.
Vous allez pas demander à la Croix-Rouge de s'en occuper. Alors moi, j'ai discuté avec des responsables d'ONG, il disent c'est pas notre approche et je comprends, ils ont raison. Ils disent "Nous, on veut la fin du blocus mais moi aussi je veux la fin du blocus." La question est de savoir si je la prends ou si j'attends.
Bah nous, on se dit qu'on est capable de prendre l'initiative et d'aller on aurait poser ça, on aurait pris un risque. Mais nous, on est prêt à le dire. On dit faites ça et on va voir jusqu'où les autres ils sont prêts à aller face à nous.
C'est une capacité à agir. Le peuple français peut décider que il veut le faire. Donc l'outil militaire n'est qu'un outil.
Et il faut bien se dire une chose, c'est que moi j'ai rencontré un colonel de la Légion étrangère il y a quelques années qui m'a étonné parce queil me disait vous savez encore une fois était sur la logique ça n'est que qu'un outil. Il me dit le problème voyez-vous c'est que à force quand on a un marteau, tous les problèmes finissent par ressembler à des clous. Et j'étais un peu étonné parce que c'était il parlait de lui, c'était lui le marteau, c'était c'était les armées et il disait le problème c'est que aujourd'hui on est dans une situation où d'une certaine façon dans plein de plein de problèmes, on n' pas d'autres ressources et on dit "Oh, l'armée va gérer." Alors problème, on on n pas de politique de jeunesse dans ce pays.
Ils sont on laisse les jeunes dans des errances sans avenir. Louis Boyard, vous dirait ça encore mieux que moi. Bon bah qu'est-ce qu'on fait ?
B on va envoyer l'armée, on va les envoyer dans un truc pseudoilitaire, ça sert à rien du point de vue de la défense. Qu'est-ce que à quoi ça peut servir d'avoir des jeunes de 16 ans qui vont se lever à 6h du matin pendant 2 semaines et saluer le drapeau ? rien.
Nous ce qu'on veut ce qu'on veut c'est pas l'embrigadement, c'est l'esprit, c'est la critique. Un citoyen ne vaut que s'il est critique. Ça sert à rien.
On n'est pas des moutons. Les moutons, c'est bon pour les abattoirs. Désolé pour nos camarades antispécistes, mais les moutons, on les conduit à l'abattoir.
Les citoyens ne se laissent pas mener et donc il doit avoir le ils doivent avoir leur mots à dire. Ils doivent être le mieux informés possible des réalités des conflits contemporains, de ce que c'est que réellement la guerre et pas juste se dire qu'ils n'en veulent pas parce que s'ils se disent qu'ils n'en veulent pas, ça les empêchera pas éventuellement de recevoir un jour une bombe sur le coin de la gueule. Donc c'est ça notre enjeu.
Personne ne veut de cette ne veut de la guerre. Il faut trouver les moyens réels de les faire cesser. Et quand Jean-Luc Mélenchon dit à propos de l'Ukraine hier que il faut avoir des garanties de sécurité, il a entièrement raison parce que il faut se poser des questions sur la réalité de la de nos partenaires.
Et je réponds à la question enfin de nos partenaires, de nos interlocuteurs. On n'est pas obligé de croire que Poutine est est un homme de bonne foi. Je ne le crois pas une seconde mais on va quand même être obligé de discuter avec lui.
Et donc quand vous avez vous entrez dans une négociation, bah vous entrez avec le plus de d'éléments possibles de négociation en disant "Mais moi j'ai des préoccupations, votre attitude m'inquiète à bien des égards." Notamment et je rejoins ce que disait Claude, il y a un sujet sur l'intelligence artificielle et l'armement. Nous à la France insoumise, on soutient et on propose que la France soit beaucoup plus active dans les négociations internationale pour l'interdiction de ce qu'on a appelé les robot tueurs.
Alors robot tueur, c'est un terme un peu comme ça qui sonne et ça fait c'est un poil caricatural. Mais au moins vous comprenez l'idée. Bah qu'est-ce qui interdit de poser la question en terme sérieux notamment là dans le cadre y compris de l'Ukraine ?
C'est pas ce que Jean-Luc Mélenchon hier a dit. On en a jamais discuté mais je vous le livre comme ça. Pourquoi on dirait pas bon bah OK parmi les choses qui nous rassureraient, qui nous dirait que vous êtes pas de mauvaise volonté, prendre un engagement là-dessus.
On l'a fait sur les armes nucléaires, on le fait sur les armes chimiques, on le fait et donc sur les robots. On peut essayer d'avancer là-dedans. Il y a il faut avancer sur les deux domaines, voir ce que les autres font et sont prêts à faire et comment éventuellement s'en prémunir.
Mais aussi avancer ensemble dans une logique de coopération, de garantie mutuelle et cetera. On n'en sortira pas autrement. Je sais pas si j'ai répondu à toutes les questions sur la question du volet d'entraînement de l'activité.
Claude a répondu et voilà. Vous me dites si j'ai oublié quelque chose de fondamental. Il est 11h35 les camarades.
Je suis navré. J'ai trop parlé tout à l'heure déjà et donc on est obligé de de cesser maintenant. On reste à votre disposition pour pour discuter en marche.
Aurélien Saintoul