Le changement climatique est commencé
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10Jean-Luc MélenchonFait
« Le changement climatique est commencé. Il va nous mettre au défi d’un changement qui ne menace pas la nature, la nature n’en a rien à fiche de nous. »
- 0:30Jean-Luc MélenchonFait
« Il restera des insectes, il restera toutes sortes d’animaux, mais pas nous. »
- 0:50Jean-Luc MélenchonFait
« Ce que nous défendons c’est un écosystème compatible avec la vie humaine. »
- 1:10Jean-Luc MélenchonFait
« C’est le choix particulier du modèle de civilisation lié à la pensée de l’accumulation qui est la caractéristique principale du capitalisme. »
- 1:30Jean-Luc MélenchonChiffre
« Les 80 personnes qui, à elles toutes seules, possèdent autant que la moitié de l’humanité. »
- 1:50Jean-Luc MélenchonFait
« L’accumulation et une politique écologiquement responsable ce n’est pas possible. »
- 2:10Jean-Luc MélenchonFait
« On ne peut pas avoir une politique écologique si on n’a pas une compréhension de la nécessité anticapitaliste de la politique que nous devons conduire. »
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Le changement climatique est commencé. Il va nous mettre au défi d’un changement qui ne menace pas la nature, la nature n’en a rien à fiche de nous. Elle continuera même si nous disparaissons tous.
Il restera des insectes, il restera toutes sortes d’animaux, mais pas nous. Du coup il y en a qui ont déduit que le mal, la destruction de l’écosystème, venait des êtres humains eux-mêmes, c’est-à-dire une fois qu’ils sont là, c’est terminé la catastrophe est garantie. Cette manière de voir a pour objet de déresponsabiliser politiquement les raisons pour lesquelles nous en sommes là.
Ce que nous défendons c’est un écosystème compatible avec la vie humaine. C’est cela que nous essayons de protéger et de reconstruire là où il a été détruit. Mais ce n’est pas les êtres humains, c’est le choix particulier du modèle de civilisation lié à la pensée de l’accumulation qui est la caractéristique principale du capitalisme, qui n’a pas de sens s’il n’est pas accumulateur.
Nous voici donc venus au moment où la transformation à laquelle il faut procéder est une transformation globale. Il ne suffira pas de changer les modes de production, même s’il est indispensable de le faire. Il faut changer les modes de consommation.
Et pour changer les modes de consommation, il faut répartir différemment le nécessaire pour vivre, entre tous ceux qui ont à vivre. Il y a là une contradiction totale entre le 1% qui s’approprie tout, les 80 personnes qui, à elles toutes seules, possèdent autant que la moitié de l’humanité, et cette moitié de l’humanité, et ce 99% : le peuple. On ne peut pas avoir une politique écologique si on n’a pas une compréhension de la nécessité anticapitaliste de la politique que nous devons conduire.
Ça ne va pas ensemble. L’accumulation et une politique écologiquement responsable ce n’est pas possible. Longtemps l’idéologie du progrès a été une idéologie aveuglée sur la technique.
On ne croyait qu’à ça : le béton, l’électricité. Et on pensait que comme ça on réglerait les problèmes de l’humanité. Avant de comprendre que non seulement on ne les réglerait pas, mais qu’on créerait des conditions épouvantables pour tous.
Cette idée de s’arracher à la nature, c’est là-dessus qu’il faut revenir. Et il faut aller à une autre idée. C’est évidemment une énergie fantastique qu’il va falloir déployer.
C’est un appel pour que tout le monde s’y mette. De nouvelles filières vont exister, de nouveaux métiers vont exister, de nouveaux savoir-faire vont être appelés. L’idée que l’on s’émanciperait en rompant avec la nature est l’idée à laquelle nous devons renoncer.
Et c’est pourquoi le phi que vous voyez là n’est pas seulement le phi de philosophie, amour de la sagesse, c’est celui de l’idée d’une harmonie. Le phi essaye d’exprimer le projet ultime de l’Avenir en commun. Pas seulement politiquement, mais philosophiquement, moralement.
C’est l’idée de reconquête de l’harmonie entre la nature et les êtres humains. Au fond, quand tous les aspects humains de ce qu’on considérait comme une société humaine ont été retirés, notre politique consiste à dire que nous allons de nouveau humaniser la société humaine.
Jean-Luc Mélenchon