Narcotrafic : la France dans le piège des mafias ? - C dans l’air - 19.11.2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 14 %Attaque 60 %Défensif 26 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:41OuverteRéponse directe
L'assassinat de Mehdi Kessassi, c'est un crime comme les autres ?
- 4:36OuverteRéponse directe
Comment appréciez-vous la prise de parole d'Amin Kessassi ?
- 8:15RelanceRéponse directe
Vous considérez aussi que c'est une bascule qui s'est jouée ?
- 9:19OuverteRéponse partielle
Qui est derrière cet assassinat ?
- 16:40OuverteRéponse directe
On est à 70 tonnes de cocaïne saisies en 2025, est-ce suffisant ?
- 25:20OuverteRéponse directe
Les mafias sont-elles en passe de devenir plus attractives que l'État ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34PrésentateurFait
« Ce crime d'intimidation est une bascule. »
- 14:39PrésentateurChiffre
« En 2025, près de 70 tonnes de cocaïne ont été interceptées en France. »
- 15:09InvitéFait
« La question du narcotrafic est aussi grave que la question du terrorisme. »
- 16:41InvitéChiffre
« En 2025, près de 70 tonnes de cocaïne ont été interceptées en France. »
- 34:34PrésentateurChiffre
« le narcotrafic touche 8 communes sur 10 »
- 35:06InvitéChiffre
« plus d'un million de consommateurs de cocaïne en France régulier »
- 52:41PrésentateurChiffre
« plus de 80 000 personnes sont mortes d'overdoses de drogue aux Etats-Unis »
- 56:52InvitéFait
« c'est qu'en détruisant les plans on agit sur l'offre »
- 57:07InvitéFait
« la demande c'est la santé c'est de l'éducation »
- 59:50InvitéFait
« la loi prévoit que l'usage ou la détention de stupéfiants peut être puni jusqu'à un an de prison »
- 1:02:10InvitéFait
« ils sont bien implantés effectivement il y a des quartiers où une fois qu'ils ont terrorisé toute la population »
Temps de parole
- Invité42 %
- Présentateur23 %
- Invité 216 %
- Invité 315 %
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Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Il avait 20 ans, il s'appelait Mehdi, il voulait devenir gardien de la paix. Il a été exécuté jeudi dernier car son frère milite depuis des années contre le narcotrafic à Marseille. Ce frère, il s'agit d'Amin Kessassi qui au lendemain d'obsèques encadrés par les forces de sécurité prend la parole ce matin. Il déclare qu'il ne se taira pas. Il pointe les carences d'un État qui doit comprendre selon lui qu'une lutte à mort est engagée, ce sont ses mots. Pour le ministre de l'Intérieur, ce crime d'intimidation est une bascule. Hier, le président de la République a convoqué une réunion à l'Elysée.
Il faut dire qu'Emmanuel Macron s'est rendu à de nombreuses reprises à Marseille et voulait faire de cette ville une sorte de vitrine du volontarisme de l'État en matière de lutte contre le trafic de drogues et les violences qui vont avec. Alors qui est derrière ce crime ? Au-delà des moyens, de l'arsenal législatif, quels sont les outils dont dispose l'État ? Ces mafias sont-elles devenues toutes puissantes ? Narcotrafic, la France dans le piège des mafias, c'est le titre de cette émission. Avec nous, pour en parler ce soir, Frédéric Ploquin, vous êtes grand reporter, spécialiste du grand banditisme. Votre livre « Les narcos français brisent l'omerta » est publié chez Albain Michel.
Avec nous ce soir, Damien Delseni. Vous êtes rédacteur en chef adjoint en charge du service police-justice du Parisien. Audrey Goutard est avec nous. Vous êtes grand reporter à France Télévisions, spécialiste des faits de société. Enfin, Anouk Fourmigué, vous êtes secrétaire général adjoint du syndicat des commissaires de la police nationale. Vous étiez auparavant en poste en Ile-de-France et notamment en Seine-Saint-Denis. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Je me tourne vers vous, Frédéric Ploquin, qui suivait ces dossiers depuis si longtemps. L'assassinat de Médic et Sassi, ça n'est pas un crime comme les autres ?
Mais non, parce que si vous voulez, les règlements de comptes, c'est quoi ? Ce sont en général des voyous qui commandent l'exécution d'autres voyous, qui les gênent, qui les dérangent, qui ont tué quelqu'un dans leur camp, et tout ça dans le cadre d'une guerre de clans. Là, on n'est plus du tout dans ce cas de figure. Là, la personne qui est visée, qui n'a pas pu être touchée, puisqu'il était sous protection policière, et c'est la raison pour laquelle on s'en prend à son petit frère, la personne qui est visée, en fait, c'est tout, sauf un voyou.
C'est quelqu'un qui se veut un peu le porte-parole des quartiers nord de Marseille, qui se veut l'avocat de toutes les victimes de règlements de comptes, qui se veut celui qui, de l'intérieur, dénonce l'évolution du narcotrafic dans sa ville et l'ultra-violence qui s'étale dans la rue régulièrement. Donc c'est cet homme qui est donc un représentant de la société civile, qui pourrait être nous, c'est-à-dire qu'en fait, qui nous représente d'une certaine manière. Cet homme qui ose s'exprimer, cet homme qui ose écrire des livres où il dénonce justement les assassins de son frère, son premier frère.
Parce qu'en réalité, il faut le rappeler, il a perdu il y a cinq ans un premier frère, qui, lui, s'effetuaient dans le cadre d'un règlement de comptes réel. Et il n'a de cesse de dé... des réels, c'est-à-dire sur fond de trafic. Et il n'a de cesse de réclamer justice. Mais il ne réclame pas justice comme les voyous le font d'habitude. Les voyous, ils réclament justice en général par la vente d'État. C'est-à-dire qu'ils veulent aller tuer les autres. Et là, ce n'est pas du tout ça. Il réclame justice par la plume, il réclame justice, il réclame que justice passe, que le procès ait lieu, que les commanditaires et les auteurs du crime de son petit frère soient épinglés.
Et donc, il se bat avec les armes de la loi. Il ne se bat pas avec un pistolet à... C'est pourquoi ce règlement de comptes rond, enfin, cette exécution rond avec le cycle des règlements de comptes et nous projette, pour moi, dans une autre dimension. Il y a eu des victimes collatérales, il y a eu des membres de la société civile qui ont été touchés par le trafic à cause de balles perdues, la plupart du temps, pas volontairement, à cause de balles perdues, qui arrivaient au premier étage alors qu'on visait... Il y a eu un certain nombre, depuis quelques années quand même, de bavures, de vraies bavures. Mais là, ce n'est pas une bavure.
Le ministre de l'Intérieur parle de crimes d'intimidation.
C'est vrai. Alors, oui, mais qui on veut intimider ? On veut intimider... Oui, on veut intimider cet homme, on veut nous intimider, nous, on veut intimider la presse, on veut intimider, pour moi, les avocats, les magistrats, les surveillants de prison. En fait, le message du narco-banditisme, aujourd'hui, il est... Personne n'est à l'abri. Si on veut vous flinguer, on vous flingue. Et tout ça, avec des moyens considérables, puisque ce règlement de compte, ce n'est pas un travail d'amateur, c'est un travail assez sérieux et professionnel.
Alors, Damien Delseni, Amin Kessassi, il prend la parole pour la première fois dans le monde, et alors même qu'il a perdu un deuxième frère, il dit ceci, je ne me tairai pas. Il parle des carences de l'État, des failles de la République, les territoires abandonnés, les populations oblitérées. Comment est-ce que vous appréciez sa prise de parole ? Évidemment, on note le courage qu'il a encore aujourd'hui, au lendemain, des obsèques de son frère.
Oui, c'est une manière de répondre pour lui, puisqu'on veut le faire taire, en réalité. Son frère, c'est vouloir qu'il se taise, qu'il abandonne sa mobilisation permanente. Et pour rebondir sur ce qui a été dit, le narco-banditisme, pas seulement marseillais, et le narco-banditisme au sens large, s'appuie sur une chose qui est le silence. Le silence. Il ne faut pas faire de bruit. Il ne faut pas que les gens parlent. Il ne faut pas que les gens remuent. Il faut que tout se passe dans une forme de collaboration silencieuse. Kessassi, pourquoi il est visé ? Parce que c'est l'un des rares, pour ne pas dire l'un des premiers, qui se lève et qui parle. Et qui n'arrête pas de parler.
Et qui dénonce. Et qui continue à bouger. Et ça, les narcotrafiquants, ils n'aiment pas trop ça, parce que, eux, justement, toute leur base de travail, elle est fondée sur l'omerta, sur ne pas parler, ne pas donner d'informations, ne surtout pas faire croire aux habitants de ces quartiers qu'il y a une autre solution que d'aller faire le chouffre en bas des immeubles et de trafiquer du stup. Donc, ça les gêne. Donc, effectivement, tout ce qui les gêne, d'une manière générale, ils l'éliminent. Et ce qui est effectivement le tournant de cette affaire, c'est qu'on est dans une guerre. Déjà depuis plusieurs mois. D'abord, les mots ont été prononcés, d'ailleurs, par des politiques.
La guerre contre les narcotrafiquants. Là où elles changent de visage, c'est que, comme dans certaines guerres, quand on commence à viser délibérément des civils, ça veut dire qu'on passe un stade. Et là, c'est ce stade-là qui est passé. C'est-à-dire que là, on vise délibérément quelqu'un qui n'a strictement rien à voir dans les luttes de clans, les luttes de territoires. Effectivement, c'est envoyer un message aux magistrats, aux policiers, éventuellement aux journalistes, aux élus aussi, il n'y a pas de raison, pour leur dire, voilà, si vous bougez, si vous nous gênez un peu trop, voilà de quoi on est capable.
Et d'ailleurs, aux obsèques de Médic et Sassi, il y avait des témoignages de ceux qui se sont rendus aux obsèques. On rappelle que c'est un enterrement qui a eu lieu, entouré de forces de police. C'est un dispositif inhabituel, naturellement, dans ce genre de circonstances, avec des témoignages de gens qui sont rapportés dans le journal Le Monde, aujourd'hui, qui disent « On a tous peur, aujourd'hui. S'afficher à des obsèques, c'est un sujet. On a peur de s'afficher. »
D'ailleurs, effectivement, on avait demandé à la presse de ne pas être présente, non pas parce que la presse est rejetée, puisque, vous l'avez compris, le jeune homme s'adresse à la presse, dans la presse, via la presse, pour adresser un message à ceux qui essayent de terroriser Marseille. Mais néanmoins, pour des raisons, évidemment, de sécurité, même les médias étaient mis à l'écart parce qu'il n'y a pas question d'avoir des images diffusées sur nos médias. Par ailleurs, je dois ajouter un point, c'est que je pense que ce n'est pas par hasard que cet assassinat a lieu maintenant. Nous sommes à la veille d'élections municipales.
Benoît Payan, le maire de Marseille, a bien dit que lui-même avait reçu environ 500... 402 menaces de mort, précisément. 402 menaces de mort, précisément. Donc, vous voyez, il y a une pression actuellement qui est mise sur les associations, sur les citoyens de Marseille et sur les élus, qui est évidemment une pression extrêmement forte parce que les trafiquants, alors ce n'est pas seulement les trafiquants de drogue, moi je pense qu'il faut parler d'organisations criminelles. Oui, on va en parler, bien sûr.
...sont sur le qui-vive et n'ont qu'un objectif aujourd'hui et c'est une des dernières étapes de leur progression en Europe et en France, c'est d'arriver à toucher clairement, à s'infiltrer aussi dans la vie politique via la vie municipale.
On est, a dit le ministre de l'Intérieur, à un point de bascule. Le maire de Marseille que vous citiez à l'instant, avant la marche blanche qui aura lieu samedi, a dit à ceux qui seraient tentés de venir apporter leur soutien, n'ayez pas peur. C'est ça qui se joue. Vous considérez aussi que c'est une bascule qui s'est jouée ?
C'est une nouvelle bascule. Je pense qu'il faut garder quand même en mémoire des faits assez récents et qui constituaient une nouveauté funeste, l'évasion de Mohamed Amara, par exemple, avec l'assassinat de deux agents pénitentiaires qui est calculé dans les risques, dans les coûts, entre guillemets, c'est aussi froid que ça pour ces bandits, de l'opération. Donc, deux agents pénitentiaires comptus, sans sommation, et puis même s'il y en avait eu, de toute façon, évidemment, ça n'est pas admissible. On a eu au mois d'avril de cette année des attaques sur les prisons françaises en nombre coordonnées avec des vrais réseaux.
On a eu des initiatives d'un groupe de narcotrafiquants marseillais qui fait une conférence de presse cagoulée pour revendiquer ou ne pas revendiquer des actes Il y a un parallèle
qui est fait désormais par les politiques.
Mais il y a un parallèle qui peut se faire. Je pense que ce qui continue à dissocier les groupes terroristes des narcotrafiquants, c'est que les narcotrafiquants ne veulent pas imposer une nouvelle société, un nouveau projet de vie, une nouvelle manière de vivre en commun. Les narcotrafiquants, ils veulent étendre leur empire lucratif de la manière la plus forte possible et s'exonérer des contraintes que posent la loi et l'État et pour ça, le défier avec, parfois aussi, et régulièrement, de plus en plus des menaces sur les magistrats, les policiers, mais aussi tous ces faits concrets dont on a parlé.
Menaces sur les magistrats, sur les policiers, sur les journalistes, sur les auteurs. Cette information révélée par le Canard Enchaîné aujourd'hui, la promotion du livre Cartel Nord, plongée dans la nouvelle ère du trafic marseillais, écrit par Éric Miguet et Jean-Guillaume Bayard, a été suspendue. Donc, ça c'est une information, encore une fois, du Canard, qui précise qu'ils ont reçu des menaces de mort et que la police et que le procureur de Marseille leur ont conseillé de ne pas faire de médias.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui, quand on travaille sur ces sujets, il faut prendre en compte, quelle que soit, d'ailleurs, son activité, qu'on soit policier, juge, magistrat ou journalistes, il faut prendre en considération la peur, la possibilité d'être une cible de ces mafias.
La peur, enfin, moi j'ai plus peur pour les habitants des quartiers que pour nous, mais je voudrais quand même rappeler que pour nous, journalistes et enquêteurs, j'ai peur pour ceux qui habitent là, qui sont pris en otage au quotidien, qui maintenant se prennent des balles et qui doivent, et à qui on dit à travers ce crime, mais vous pouvez marcher dans votre quartier, mais baissez les yeux, ne regardez pas ce que vous voyez, ne dites pas ce que vous voyez, on leur demande de, c'est au-delà de la prise d'otage, maintenant on leur demande de s'effacer devant la réalité et devant le réel.
Mais en revanche, ce que je voulais rappeler, c'est qu'il y a quand même effectivement en Europe, bon au Mexique, j'en parle pas, au Mexique, il y a 10, 20, 30 journalistes qui ont été tués pour avoir voulu approcher de près le fait du narcotrafic, ou même 40, j'avais lu un rapport de Reporters sans frontières, c'est abominable, c'était bon, voilà. En Europe, il y a eu un journaliste en Hollande qui était journaliste d'investigation spécialisée sur ces questions, qui a été assassiné.
On se rapproche d'une certaine façon et un jour, effectivement, nous, auteurs, journalistes, faisons partie de ceux qui relaient, qui disent, qui exposent et qui, quelquefois, dénoncent aussi parce qu'on fait notre travail et c'est, voilà, on a le droit aussi en tant que journaliste de faire partir de ce... Pour moi, Amin Kessassi, c'est celui qui a dit non.
C'est dans l'histoire de la République, il y a des hommes qui ont dit non, il y a des hommes qui ont dit non à la peine de mort, il y a des hommes qui ont dit non à l'interaction de l'avortement ou des femmes d'ailleurs, pas que des hommes et lui, il dit non, c'est l'homme qui a dit non et donc, on veut casser, on veut détruire l'homme qui a dit non pour imposer un fait criminel et faire peur et terroriser... Je reviens sur ce que vous avez, vous avez évoqué le mot terrorisme qui est relayé aujourd'hui par les politiques et jusqu'à l'Elysée, on parle d'une certaine manière. L'idée, c'est pas de nous intimider, je trouve que c'est trop faible le mot.
De nous terroriser ?
C'est de nous terroriser d'une certaine façon et quand vous tirez comme ça en l'air dans les quartiers à la Kalichnikov, c'est pas pour intimider les gens, vous les terrorisez à proprement parler, surtout qu'il y a des balles perdues qui tuent des gens. Donc on a déjà franchi ce cap et je trouve que c'est pas absurde de parler, pas totalement absurde de parler de narcoterrorisme même si c'est assez délicat aujourd'hui.
Et on va y revenir, en tout cas c'est un assassinat qui a saisi l'ensemble du pays et la classe politique, un crime d'intimidation, une bascule pour le ministre de l'Intérieur. Hier, Emmanuel Macron qui a fait de la lutte contre le narcotrafic, notamment à Marseille, une de ses priorités a convoqué les ministres en charge du dossier à l'Elysée. Ce matin, au Conseil des ministres, il a dénoncé les consommateurs qu'il a qualifiés de bourgeois de centre-ville qui financent le narcotrafic. Léosso et Diane Cacharella.
Une semaine plus tard, toujours des fleurs sur le trottoir où deux motards ont abattu un homme de 20 ans totalement extérieur au trafic en pleine après-midi jeudi dernier. Ici, dans le quatrième arrondissement de Marseille, juste en face du conseil départemental. C'est bien triste, bien triste pour la ville dans laquelle je suis née et que j'aime. Et je suppose que tous les Marseillais qui sont ici pensent la même chose que moi. Ce n'est pas le problème. On est terrorisés. Un meurtre prémédité, politique. La victime Médie Kessassi, 20 ans. Le frère Damine Kessassi, militant écologiste, engagé dans la lutte contre le narco-banditisme.
Lui, qui avait déjà perdu un autre frère en 2020, victime d'un narcomicide. Pour la première fois depuis le drame, Amine Kessassi prend la parole en plein deuil sous la forme d'une tribune dans le monde. Non, je ne me tairai pas. Je dirai et répéterai que Médie est mort pour rien. L'État doit prendre la mesure de ce qu'il se passe et comprendre qu'une lutte à mort est engagée. Des mots durs et courageux au lendemain d'une réunion à l'Elysée sur le trafic de drogue. À sa sortie, le ministre de l'Intérieur soulignait le caractère inédit de ce meurtre. C'était manifestement un crime d'intimidation. Un crime d'intimidation.
Et d'ailleurs, plusieurs personnes autour de la table ont évoqué le fait qu'il y avait ici un point de bascule. Le soir même, depuis Berlin, Emmanuel Macron qui demande d'amplifier la lutte contre le narcotrafic lançait un appel aux consommateurs. Acheter de la cocaïne, du cannabis, ça n'est pas simplement un plaisir qu'on peut s'offrir, il est déjà interdit. C'est de fait être complice et donner du financement à des réseaux de criminalité organisés. Un combat qui, pour l'Elysée, devrait adopter la même approche que la lutte contre le terrorisme. Une volonté partagée par François Hollande. Je pense que la question du narcotrafic est aussi grave que la question du terrorisme.
Je pose mes mots. C'est-à-dire que j'ai été le président qui a lutté contre le terrorisme. Aujourd'hui, le narcotrafic à l'échelle internationale, les sommes qui sont en jeu, les mafias qui sont là, les procédés qui sont utilisés, les enfants qui sont, hélas, tués ou qui deviennent des assassins par ce processus-là, ça s'apparente à du terrorisme. Alors que faire pour que la France ne devienne pas un narco-État ? Comme un aveu d'impuissance et après l'échec des différentes opérations place nette, le maire de Marseille lance un appel. D'abord, les chefs ne sont pas à Marseille, je vous parle des chefs de la mafia à moi, je vous parle de ces narco-terroristes.
Ils ne sont pas en France, ils ne sont pas à Marseille. Donc qu'est-ce qu'il nous faut ? Une financière, il nous faut des relations internationales apaisées, il faut des moyens de police judiciaire, il nous faut de la police scientifique. Des chefs de réseau, exilés pour beaucoup aux Émirats Arabes Unis. Une situation à laquelle le garde des Sceaux en visite dans le pays dit vouloir mettre fin comme il l'indique ce matin sur X. J'ai transmis à mes homologues une liste de narcotrafiquants très dangereux dont nous souhaitons l'interpellation et l'extradition pour qu'ils répondent de leurs actes devant la justice française.
Concentrer les moyens sur la lutte contre le trafic de drogue dure quitte à relâcher la pression sur le cannabis. Position soutenue par François Ruffin dans un contexte où les moyens sont limités. Là où on ne peut plus agir parce que c'est devenu une consommation tellement massive, oui je suis favorable à ce qu'on légalise ça et qu'en revanche on se concentre à fond, pleinement sur ce qui est appelé aujourd'hui un tsunami blanc. En 2025, près de 70 tonnes de cocaïne ont été interceptées en France. Un chiffre supérieur aux saisies déjà record de l'année dernière.
Et cette question qui nous est posée ce soir, c'est-on qui est derrière cet assassinat d'Amir Nalsini ?
Alors les infos qu'on a récupérées ces dernières heures et qu'on a publiées il y a très peu de temps avant l'émission, alors on ne sait pas officiellement qui est derrière parce qu'il n'y a pas eu d'interpellations ni de garde à vue.
En revanche, ce qu'on sait c'est que depuis le mois d'août, il y a des menaces très précises qui pèsent sur Amin Kessassi, tellement précises que la police est intervenue auprès de lui à la fin de l'été pour lui demander d'une part de quitter Marseille, d'être placé sous protection policière parce que ces menaces étaient réelles et pas diffuses et que ces menaces elles provenaient probablement de l'état-major puisqu'il faut l'appeler comme ça, de la DZ Mafia qui est cette organisation dont on parle depuis plusieurs mois.
Donc la piste privilégiée de l'enquête c'est que si la DZ Mafia souhaitait s'en prendre à Amin Kessassi et qu'Amin Kessassi était protégée depuis le mois d'août et plus à Marseille physiquement, on peut imaginer qu'ils ont entre guillemets changé de cible et qu'ils se sont attaqués à son frère qui était plus vulnérable puisque lui ne faisait pas l'objet d'une protection en l'état. Donc c'est la piste privilégiée qui est suivie à partir d'éléments qui sont à la disposition des policiers depuis quelques jours. Donc c'est la piste principale la plus logique maintenant effectivement on n'a pas mis la main sur les tueurs pour l'instant.
DZ Mafia porte bien son nom c'est une mafia c'est-à-dire qu'on va choisir les mots qu'on va utiliser ce soir on a déjà évoqué la question du terrorisme est-ce que nous parlons de mafia est-ce que ce sont des fonctionnements mafieux ?
C'est pas au sens de le vrai mais c'est que le mot mafia il est très connoté en Italie ce sont des organisations pyramidales il y a 4 ou 5 mafias italiennes, historiques séculaires qui se partagent
On parlera d'Italie tout à l'heure
Donc ce que je veux dire c'est que cette DZ Mafia n'a pas l'historique de ces mafias-là donc on utilise le mot parce que bon ça nous arrange ça caractérise bien voilà c'est un groupe criminel organisé avec des relais qui cherchent qui cherchent à conquérir en permanence un nouveau territoire qui est à la pointe de l'innovation la plus terrible sur Marseille depuis 2 ou 3 ans qui est à la manette aux manettes et qui est derrière à peu près tout ce qui nous frappe et qui à chaque fois nous fait nous réunir en disant qu'il se passe encore que de là de Marseille et bien d'autre et qui est partie de Marseille enfin elle est partie de là effectivement avec la volonté avec une volonté aujourd'hui un peu hégémonique sur le territoire la volonté d'ouvrir des franchises un peu partout et puis un jour on les retrouvera peut-être en Colombie avec un pourquoi pas donc effectivement un véritable expansionnisme une volonté de contrôler tout d'ailleurs ils ont commencé ils se sont installés en faisant le ménage puisque ça a commencé par une guerre terrible qui a fait je ne sais pas 25-30 ans avec 40 groupes avec Yoda avec Yoda qui a éliminé effectivement la bande qui les dérangeait sur le terrain donc c'est effectivement voilà on peut parler aujourd'hui de mafia la DZ Mafia elle partage aussi quand même avec les mafias italiennes notamment des points communs donc c'est quand même une organisation secrète peut-être un peu moins hiérarchisée que les mafias italiennes mais ça se structure quand même de manière sérieuse avec des codes des rites un vrai sentiment d'appartenance de ceux qui en font partie avec même des rites d'initiation on peut le dire des punitions comme elles se pratiquent dans les mafias italiennes elles se caractérisent aussi par un enracisme local c'est-à-dire que vraiment au plus profond des territoires ce type de mafia est ancré et c'est le cas à Marseille mais comme dans d'autres endroits aussi avec vraiment une appropriation de l'espace public une mise sous coupe réglée des habitants comme on le disait des intimidations et même maintenant de la terreur de certains habitants et ça c'est pas très nouveau dans certains quartiers et puis elle se caractérise aussi par le fait qu'elle est multi-activité c'est-à-dire qu'elle se développe elle fait pas que du stup il y a aussi on peut pas l'indiquer pour tel ou tel groupe précisément mais ce qui est sûr c'est que ces gros groupes de narcotrafiquants donnent aussi dans le proxénétisme le blanchiment parfois aussi du racket des extorsions on l'a vu notamment au milieu du rap il n'y a pas longtemps des enlèvements ils ont une grande capacité d'adaptation c'est comme les mafias de la corruption grande capacité d'adaptation ils s'adaptent en termes numériques en termes de communication de réseaux sociaux enfin voilà c'est vraiment une caractéristique qui les rapproche sérieusement des groupes mafieux classiques Audrey Boutard ce qui est remarquable quand même c'est que ça n'est pas la première fois que la France connaît si vous voulez un groupe mafieux on peut le dire qui est omniprésent sur le territoire il fut une époque il y a eu la French Connection il y a eu Francis Le Belge souvenez-vous les années 80-90 où effectivement vous aviez des groupes structurés et qui fonctionnaient avec des règlements de compte mais l'objectif de ces groupes c'était de rester le plus discret possible et de ne pas empiéter trop sur la voie publique et sur l'ordre public pour pouvoir faire leur business ensuite vous avez eu une autre période dans les années 2000 où il y a eu une dérégulation du marché un peu comme fonctionne la mondialisation avec des guerres et effectivement ce groupe là a pris le dessus et devenu patron et on aurait pu imaginer que tout se calme que justement ils veuillent continuer à fonctionner dans une certaine paix civile pour pouvoir faire un business de plus en plus fructueux et bien non ça n'est pas comme ça que ça se passe et ça n'est pas comme ça que ça se passe parce qu'ils fonctionnent non pas comme les anciennes structures mais ils fonctionnent un peu comme des structures je dirais comme un manpower c'est à dire que on utilise comme ça des très jeunes qu'on récupère par les réseaux sociaux qu'on ne fidélise même pas qu'on jette ensuite comme des Kleenex donc il y a une vision à très très court terme avec de l'argent très très vite gagné effectivement une diversification des différents délits des différentes criminalités qui va du trafic d'êtres humains au trafic de drogue mais tout cela de façon assez déstructurée et fonctionnant de prison avec un donc avec une grande différence par rapport quand même à ce qu'on avait connu auparavant c'est aussi pour cela que les services de police sont un petit peu on n'a pas connu ça on n'a pas connu cette ultra-violence cette ultra-visibilité dans des très gros groupes criminels auparavant c'est même d'une certaine manière tu as raison parfaitement ils s'affichent ils s'inscrivent sur les murs ils mettent leur nom partout c'est comme une équipe une espèce d'équipe de football qui voudrait conquérir les cœurs sauf que là ils vont essentiellement conquérir nos larmes donc ils passent leur temps à s'afficher à s'exposer et finalement à défier l'État et c'est ça qui nous surprend aussi parce que les voyous d'autre fois ils ne passaient pas leur temps à défier l'État ils défiaient la sécurité des banques ça s'est certainement mais ils ne défiaient pas l'État là on a l'impression que chaque fois enfin je veux dire ils cherchent ils cherchent le combat la bagarre ils cherchent ils cherchent à tuer ils cherchent à défier ce qui leur ressemble totalement et donc ils se défient entre eux ils se défient entre eux sur le terrain et aujourd'hui ils défient tout le monde justement c'est ce que dit
le ministre de l'Intérieur il dit si on en est là aujourd'hui c'est justement parce qu'on fait le job c'est justement parce qu'on vient taper ces mafias là et justement parce qu'on intervient sur le terrain et qu'on essaie de désorganiser ce trafic extrêmement rentable pour eux
le fait que le défi d'État n'est pas lié à cela ce qui est lié à cela c'est qu'effectivement il y a une recomposition à partir du moment où la police donne des coups ferme des points de deal ferme des parts de marché etc. il y a des bagarres ça déclenche des bagarres ça déclenche des règlements de compte ça c'est vrai mais je ne voudrais pas attribuer enfin je pense qu'il a tort le ministre sur l'assassinat dont on parle aujourd'hui du frère d'Amin Kézazi c'est pas ça c'est autre chose c'est un combat personnel parce que
il dit que les mafias sont de plus en plus à cran justement parce que nous menons des actions efficaces
oui mais là sur ce cas précis ça c'est pas complètement faux on veut tuer quelqu'un qui veut démasquer les assassins de son frère parce qu'il les connaît c'est autre chose d'accord je pense quand même qu'il y a un point important et l'avenir nous le dira c'est qu'à partir du moment où effectivement les lois sont de plus en plus dures et on voit bien que la loi du mois de juin contre les stups est plutôt bien fichue et donne plus de levier si vous voulez à l'état pour intervenir plus vite et créer une pression je pense que les trafiquants se disent il va falloir qu'on rentre dans la vie politique pour pouvoir bah oui pour pouvoir créer un équilibre c'est ce qui s'est passé au Mexique c'est ce qui s'est passé je pense aux prochaines municipales notamment je pense aux prochaines municipales pour eux c'est un enjeu peut-être qu'il se leurre totalement mais en tout cas c'est un enjeu pour eux et je le répète cet assassinat à ce moment là à mon sens ce n'est pas un hasard
la cour des comptes dans un de ses derniers rapports a expliqué que les masses de profits générés par les trafics de stupéfiants procurent des moyens très nettement supérieurs à ceux des états vous disiez ils défient l'état sont-ils en passe de devenir plus attractifs que l'état sur le territoire on peut aussi raconter ce qui s'est passé à Grenoble avec ce jeune de 12 ans qui est surveillé visiblement et qui a été touché par des tirs donc de plus en plus jeunes et forcément attiré par ces mafias puissantes qui ont une capacité d'attraction parce que ça paye
alors il y a deux choses il y a la capacité d'attraction parce que ça paye et parce que dans certains quartiers c'est un modèle social on peut le regretter mais c'est ainsi dans le cas du mineur blessé à Grenoble qui est un mineur non accompagné comme on dit là il y a une stratégie de traite des êtres humains notamment la DZ mafia c'est-à-dire que là on ne séduit pas on recrute de force des gamins qui viennent du Maghreb essentiellement qui ont 13 ou 14 ans et qu'on colle à des postes exposés puisque Guetter aujourd'hui c'est un poste qui est très risqué et qu'on torture le cas échéant s'ils ne sont pas d'accord s'ils prennent un peu dans la caisse de la journée on les torture également il y a eu des tas d'exemples notamment à Marseille de mineurs qui ont été ou tués ou torturés dans des caves parce qu'ils ne faisaient pas bien leur travail donc là on n'est même plus dans la séduction on est dans le travail forcé parce que ce qu'on disait tout à l'heure moi je trouve que la vraie comparaison au-delà du mot mafia c'est que moi je trouve qu'ils ont leur propre modèle économique en fait ils font comme une entreprise ils ont commencé la DZ mafia comme une petite PME locale ils ont gagné des parts de marché ils sont passés à l'international et ils ont les mêmes pratiques finalement que certaines entreprises légales c'est à dire qu'ils prennent de la main d'oeuvre pas chère bon marché qu'ils exploitent au maximum et ils fonctionnent exactement comme une entreprise classique
et ils ont les moyens de corrompre et c'est peut-être important d'en dire un mot en préparant cette émission je voyais que le tarif pour un docker pour perdre son badge de sécurité c'était 60 000 euros
c'est un sujet ?
effectivement c'est un sujet la police nationale a créé il y a quelques mois une division nationale anticorruption au sein de l'inspection générale de la police nationale pour travailler plus précisément sur ces sujets donc on met des moyens pour ça on est en train d'essayer de développer des outils aussi pour faciliter les contrôles sur l'utilisation des fichiers de police et détecter des anomalies des outils numériques parce que c'est une telle mine d'informations mais c'est aussi un tel volume qu'éplucher au quotidien les consultations de fichiers c'est impossible on s'en sert c'est vraiment un outil de travail majeur pour tous les policiers donc on développe effectivement cet aspect-là parce qu'il y a clairement un risque ça c'est sûr ça va de la consultation d'un fichier pour quelques centaines d'euros à l'information que tel téléspecteur est-ce que c'est un risque
ou c'est un fait ?
c'est un fait c'est un fait qui reste très limité mais évidemment le but c'est qu'il ne se propage pas et comme ça a été dit le trafic de stupéfiance c'est le capitalisme poussé à l'extrême c'est-à-dire qu'on recrute de la main-d'oeuvre à bas coût les mineurs isolés qui travaillent sur les points dits ils sont payés deux à trois fois moins cher que les petits jeunes du coin parce qu'ils n'ont personne pour les protéger ils n'ont pas d'argent donc ils acceptent pour 20-25 euros parfois tous les jours 10 heures par jour des guetteurs donc évidemment avec des moyens financiers importants de la contrainte il y a une possibilité de corruption et tous les ans il y a quelques policiers révoqués alors c'est pas par rapport à la somme à la masse de policiers ça reste ultra minoritaire fort heureusement mais on est en train de se donner les moyens de détecter pour qu'il n'y ait pas de propagation et il est temps parce que nous alors on est formidable en France on a toujours l'impression c'est un peu le syndrome du nuage de Tchernobyl ça arrive chez les autres mais ça n'arrive pas chez nous chez nous on est protégé on ne fait pas ça peut-être de la corruption mais on n'est pas sûr début novembre le patron de la lutte contre le blanchiment de Madrid a été mis sous les verrous on a découvert chez lui 20 millions d'euros c'est à dire que si vous voulez si ça se passe à Madrid pourquoi ça ne se passerait pas en France on le voit bien c'est irrépressible les millions qui sont brassés c'est tellement énorme que par cupidité par nécessité par peur la corruption évidemment qu'elle existe et elle existe et on va découvrir de plus en plus d'affaires je vous rappelle quand même que là aujourd'hui enfin c'était la semaine dernière le responsable justement des comptes de campagne celui qui vérifie les comptes de campagne disait que sa plus grande préoccupation et je le cite c'était le risque de corruption pendant la campagne électorale des municipales donc on y est en fait vous disiez il défie l'état ça aussi c'est une façon
de défier l'état
en réalité oui la corruption fait partie du business plan des trafiquants de stupéfiants parce qu'en fait tout commence par la corruption c'est à dire quand vous voulez sortir une tonne de cocaïne d'un port colombien ben il n'y a pas d'autre solution vous avez des policiers dans la poche vous avez des douaniers dans la poche vous avez des dockers dans la poche donc vous voulez payer quand vous voulez passer par le Venezuela pour ensuite exporter vers les anti-françaises et aller vers l'Europe au Venezuela on sait que c'est l'armée l'armée elle-même qui pilote les transferts
on va en reparler parce que Trump a décidé de lancer une guerre
ce que je veux dire c'est que ça fait vraiment partie de l'ADN du trafiquant de stupéfiants et de corrompre en fait il a deux solutions pour avancer l'ultra-violence tu ne m'obéis pas tu n'acceptes pas ma mission je te tue ou la corruption et ça touche évidemment que ça va faire des ravages et ça en fait déjà dans les prisons parce que ça fragilise évidemment ils cherchent eux c'est leur objectif c'est de fragiliser l'être humain qu'ils ont en face d'eux alors ils ont un policier qui vient vers eux pour les recruter éventuellement pour avoir des informations ils n'ont qu'un seul but en tête c'est d'essayer de lui retourner le cerveau pour lui dire maintenant tu vas bosser pour nous maintenant tu n'as pas là-bas une petite maison je ne sais pas quoi à finir en fait c'est dans leur logique même donc le policier qui vient les recruter comme indicateur ils vont essayer de le retourner le surveillant d'étage sur lequel ils peuvent s'appuyer pour avoir un téléphone portable pour faire leurs affaires ils vont tenter tout pour l'acheter et puis s'ils refusent de se faire acheter ils vont lui dire c'est ça la méthode on sait où tu habites on connait le nom de tes enfants c'est comme ça que ça fonctionne c'est ultra-violence où je t'achète tu travailles pour moi et t'es tranquille on te laisse tranquille ou ça va peut-être mal se passer donc oui ça fait la corruption c'est un véritable danger pour la république aujourd'hui et pas que pour les dockers pour les douaniers pour les gendarmes pas que pour les policiers à tous les niveaux et même pour les experts comptables pour les professions privées aussi enfin voilà c'est très douleur
on entendait dans le reportage tout à l'heure cette phrase-là les chefs ne sont pas en France avec Gérald Darmanin qui a décidé d'extrader certains hauts responsables de ces réseaux on l'a déjà fait par le passé ça fonctionne c'est un bon moyen d'intervenir
oui alors c'est-à-dire que les chefs ils ont compris assez vite qu'ils avaient une espérance de vie assez courte ils restaient sur zone sur Marseille donc il y en a beaucoup qui sont partis alors à Dubaï parce que c'est devenu une destination phare il y en a qui étaient partis en Thalande il y en a au Maghreb aussi dont on sait qu'ils sont notamment en Algérie alors on se doute bien qu'avec les relations compliquées avec l'Algérie faire extrader des gens qui sont en Algérie c'est pas simple en ce moment Dubaï il y a déjà eu des extraditions la difficulté c'est extrader des gens avec Dubaï on sait le faire on le fait on le fera et c'est très bien ils viendront purger leur peine en France etc ce qui est plus compliqué aujourd'hui c'est d'aller chercher l'argent parce que aller chercher des gens c'est très bien mais ce qui les fragilise beaucoup c'est quand on leur prend leur argent et la difficulté c'est que là encore ils ont de l'avance parce que ils investissent certes un peu leur argent en France mais finalement très peu parce qu'ils ont compris que là ils étaient vulnérables et où est-ce qu'ils investissent leur argent ?
bah à Dubaï et alors aller saisir du patrimoine à Dubaï à l'étranger au Maghreb c'est mission impossible et tant qu'on n'arrivera pas à taper là au portefeuille et à l'argent les extraditions c'est bien mais c'est de l'affichage quelque part
un autre élément en termes de stratégie c'est de taper le consommateur il y a cette phrase d'Emmanuel Macron à propos des bourgeois s'il n'y avait que les bourgeois des centres-villes pour faire vivre le narcotrafic on le saurait non cette vision n'est-elle pas erronée c'est une question de Régis c'est pas le premier Bruno Rotaillot qui était ministre de l'intérieur avait lui aussi fait des campagnes d'informations pour expliquer que derrière la consommation il y avait le narcotrafic est-ce que ça
cette phrase de Dupour quand il était garde des sceaux le sang le joint du samedi soir au-delà de toute considération politique factuellement ce que dit Emmanuel Macron est juste parce qu'à partir du moment où on achète quelque chose d'interdit on est un maillon de la chaîne du trafic de stupéfiants donc on participe alors on est complice pas complice on peut discuter sur les termes mais en tout cas tant qu'il y a de la demande et en France il y a beaucoup de demandes les chiffres varient mais on est sur plusieurs millions probablement d'usagers plus ou moins quotidiens de résine ce qui est un des plus forts taux en Europe tant qu'il y aura de la demande et que cette demande elle sera forte l'offre elle existera
alors je donne juste deux chiffres que je pose là le chiffre d'affaires du trafic de drogue en France vous le connaissez estimé à 7 milliards d'euros selon la direction générale de la police nationale et puis on parle beaucoup ce soir de Marseille mais le narcotrafic ne touche pas uniquement Marseille et ça on l'a compris depuis plusieurs années le narcotrafic touche 8 communes sur 10 c'est un rapport de la cour des comptes de 2023
Oui et puis pour revenir aux consommateurs c'est vrai que dans ces communes ce sont des habitants de la commune et des communes voisines qui achètent la drogue donc c'est évident que ces consommateurs sont responsables de cette offre néanmoins moi j'étais un peu étonnée de voir justement à cette réunion hier à l'Elysée où vous aviez le ministre des Affaires étrangères le ministre de l'Intérieur les procureurs le ministre de la Justice mais où était le ministre de la Santé ?
Sachant que vous avez plus d'un million de consommateurs de cocaïne en France régulier que finalement le grand enjeu et tous les spécialistes le disent des prochaines années ce sont les drogues chimiques qui vous collent une dépendance immédiate et on voit ce qui est les ravages aux Etats-Unis où est le ministre de la Santé ? Où sont les plans santé ? Parce que le consommateur c'est par le biais peut-être du bâton mais c'est aussi par le biais du soin qu'on arrivera à le faire diminuer et tout cela c'est un problème justement de faire tomber la pression et je n'ai rien contre la répression mais on ne peut pas se passer
d'ailleurs Amin Kessassi dans sa tribune revient aussi sur tous les éléments qui sont il y a évidemment la répression mais il évoque aussi le retour du service public dans les quartiers le rôle que doit jouer
l'Etat On a tous fait des reportages on voit bien de toute façon le crime organisé fait son lit sur la misère et sur la misère sociale sur l'inculture sur les difficultés on a bien vu ce gamin tué à Grenoble c'est un mineur isolé qui a fait 15 foyers dont il s'est à chaque fois échappé et on est incapable de prendre en charge ces mineurs qui sont recrutés via les réseaux sociaux pour aller commettre des déranges Juste un mot dire à Emmanuel Macron que oui effectivement les enfants de la bourgeoisie utilisent parfois leur argent de poche pour aller acheter un bout de shit ou je ne sais quelle drogue oui il suffit d'avoir des enfants pour le savoir nous les bourgeois donons de l'argent de poche à nos enfants qui malheureusement finit parfois dans les poches des dealers donc il n'a pas complètement temps mais je voudrais quand même lui dire une chose
J'imagine que vous ne les laissez pas faire Frédéric Ploquin
Ah moi non mais ils sont grands maintenant c'est du passé
Ce que vous voulez dire c'est que la phrase d'Emmanuel Macron qui a pu choquer en fait ça correspond à une réalité sociale
Oui mais justement pas seulement c'est ça que je voudrais aussi lui dire c'est qu'il y a aussi dans les classes populaires malheureusement des gens qui ont mordu à l'hameçon de la drogue de la cocaïne il ne faut pas qu'ils s'enferment dans cette vision où il n'y aurait que les bourgeois il y a des marins pêcheurs qui prennent de la cocaïne il y a des paysans qui prennent de la cocaïne il y a des boulangers il y a des restaurateurs je pense que c'est la vision enfin il faut avoir une vision plus large Je voudrais juste qu'on avance sinon ça ne générerait pas autant d'argent
On va poursuivre cette discussion mais je voudrais que vous voyez le deuxième reportage parce que la France s'inspire du modèle italien de lutte contre la drogue et la mafia à la fin des années 90 Rome a lancé une guerre contre les trafiquants les équipes de C dans l'air ont rencontré le procureur national anti-mafia il s'appelle Giovanni Melillo sa vie est menacée il revient avec Magali Lacros Diane Cacciarella sur ses années de lutte et sur une guerre contre le trafic de drogue qui touche déjà en mai selon lui toute l'Europe Quelque part à Rome nous rencontrons l'homme le plus protégé d'Italie il nous est impossible de le filmer en dehors de ses bureaux Giovanni Melillo est accompagné en permanence par des hommes armés que nous ne filmerons pas il est procureur national anti-mafia depuis 2022
Voici la salle dédiée à Giovanni Falcone
Giovanni Melillo est aujourd'hui considéré comme le successeur du juge Falcone pionnier de la lutte contre le crime organisé violemment assassiné par la mafia sicilienne il y a 33 ans
Aujourd'hui cela vous paraît normal que presque tous les boss des mafias italiennes se trouvent derrière les barreaux que leurs biens aient été séquestrés et confisqués par la justice italienne ce n'est pas normal c'est le fruit d'un immense travail le sang des magistrats des préfets et des forces de police a coulé pour construire notre système anti-mafia la création
du parquet national anti-mafia en 1991 les maxi-procès jugeant les parrains de la Cosa Nostra marquent le début d'un arsenal législatif spécifique à l'Italie centralisé et spécialisé
Les magistrats italiens spécialisés dans la lutte contre la mafia n'ont pas seulement appris à travailler entre eux à se concerter sur les initiatives à mener ils ont appris à partager cette culture de l'enquête coordonnée avec leurs contacts internationaux car les mafias sont désormais un problème européen global et c'est l'une
des caractéristiques des organisations criminelles actuelles elles coopèrent entre elles notamment dans la gestion du trafic de stupéfiants
cela nécessite un contrôle constant des infrastructures portuaires des pays où arrivent les trafics on pense en particulier à la cocaïne avec l'Europe et l'Amérique du Nord les principaux marchés de consommation cela implique aussi le contrôle de tous les processus qui permettent le blanchiment de l'argent de la drogue car les mafias ont réussi à s'insérer dans le tissu économique mondial elles ont une capacité extraordinaire même supérieure aux états à utiliser les nouvelles technologies comme l'intelligence artificielle et peut-être déjà les ordinateurs quantiques Tommaso Bouchetta le plus célèbre des repentis est le premier collaborateur
de justice italien ces révélations permettent la condamnation de dizaines de chefs mafieux preuve de l'efficacité du dispositif législatif italien
les mafias sont des organisations secrètes donc il est nécessaire de pouvoir disposer d'un levier qui permet de rompre les liens de solidarité interne de rompre l'omerta au sein des organisations criminelles c'est un instrument qu'il faut aujourd'hui utiliser avec une très grande attention une grande prudence mais qui reste fondamentale
en nous quittant Giovanni Melillo a cité son mentor Giovanni Falcone qui disait les mafias auront toujours une longueur d'avance sur nous Frédéric Ploquin on s'inspire de ce qu'a fait l'Italie et on a raison de le faire
on s'inspire de ce qu'a fait l'Italie notamment en matière d'isolement dans les prisons on s'inspire de ce qu'a fait l'Italie en matière de statut du repenti mais je voudrais dire juste une chose comme ça c'est pas pour refroidir je veux pas je veux pas refroidir tout le monde mais les mafias italiennes n'ont jamais été aussi puissantes qu'aujourd'hui c'est la réalité et dans le trafic international de stupéfiants elles sont avec les mafias albanaises notamment à la tête on va dire de trafic donc effectivement
pourquoi ils considèrent qu'ils ont réussi qu'est-ce qu'ils ont réussi
c'est le premier coup de froid et le deuxième c'est que les organisations criminelles françaises sont complètement éclatées là où les organisations criminelles italiennes sont très pyramidales et donc si vous avez quelqu'un qui parle à l'intérieur il connaît tout le monde en France c'est beaucoup plus ça sera beaucoup plus compliqué c'est-à-dire un repenti il va connaître un quart du quart du quart de ce que pouvait apporter un repenti italien parce qu'il l'a pas vu parce qu'il sait pas donc il va parler de sa cage d'escalier peut-être un peu plus mais il va pas c'est une image évidemment mais il va pas pouvoir faire tomber l'intégralité d'une organisation donc c'est juste cela dit voilà Gérald Darmanin est allé voir les prisons italiennes je crois pour construire ces prisons ultra-hétonnement donc on s'inspire de ça et ça c'est vrai qu'on voit bien que c'est une solution enfin on tente de les mettre sous cloche de faire en sorte qu'ils arrêtent de commanditer des assassinats depuis l'intérieur de la prison Anouk Formiguet Les services de police travaillent déjà depuis des années avec des sources qui sont enregistrées sur un fichier rémunérées légalement c'est prévu par la loi et qui permettent d'obtenir des informations alors selon une place plus ou moins importante dans l'écosystème du banditisme mais ça reste de toute façon des personnes qui d'ores et déjà sont des voyous là le statut de collaborateur de justice il est intéressant parce qu'il est autorisé y compris à des gens qui ont commis des crimes de sang jusqu'ici je pense qu'il y avait une barrière morale probablement morale qui empêchait de recruter ce type de personnes ou en tout cas de leur accorder des remises de peine ou des peines un petit peu diminuées ça permet aussi d'accéder au haut du spectre et d'avoir pour le coup des personnes qui sont particulièrement bien placées dans les organisations criminelles qui ne seront pas juste celui qui apporte le kilo de stupéfiants toutes les deux heures sur le point de deal mais des gens qui sont vraiment dans la logistique l'organisation et je pense et j'espère qu'à l'instar de ce qu'avait permis ce Bouchetta qui évoquait le reportage et qui a permis de mettre à jour l'organisation de la mafia en Sicile et puis de tenir un maxi-procès dans les années 80 où des condamnations sont tombées par centaines avec quand même un sérieux coup porté à la mafia espérons qu'effectivement ce nouveau statut permette d'accéder à d'autres éléments de connaissances et donc de preuves
à partir du mois de janvier il y aura un parquet national anticriminalité organisé ça peut changer les choses oui ça peut changer les choses
et vous avez posé une question très intéressante et à mon avis centrale tout à l'heure vous disiez mais qu'est-ce qui fait qu'on pense que par exemple en Italie on n'a plus rien réussi et bien c'est très intéressant parce que en fait c'est toute la question qu'on va devoir se poser aujourd'hui qu'est-ce qui fait que l'on considérera grâce à ce parquet justement créé grâce à ces nouvelles prisons grâce à ces lois que l'on a fait passer de penser qu'on a gagné une partie et bien c'est de faire redescendre le soufflet la criminalité vous ne l'arrêterez jamais la criminalité elle n'existe pas toujours le problème aujourd'hui ça veut dire quoi c'est que ça se voit c'est que ça se voit trop c'est que c'est trop violent c'est qu'il y a aujourd'hui le frère d'un associatif qui est assassiné c'est de voir que des gamins sont recrutés par des réseaux sociaux et qu'effectivement ils sont armés de kalachnikov c'est de voir que dans des petits villages où la drogue n'existait pas aujourd'hui la drogue existe c'est de considérer que ces points de deal prennent tellement d'importance qu'ils nuisent à l'ordre public et qu'ils nuisent à la tranquillité des gens à un moment donné là on n'a rien vu l'État n'a rien fait franchement quand on regarde que depuis 2009 il y a des alertes vous avez des services de police des services dont le boulot est de synthétiser justement tous les risques de crise qui alertent sur ce danger là et bien les policiers de terrain et vous en avez été en Seine-Saint-Denis savent très bien nous disent on a l'impression de prendre la mer à la petite cuillère on le sait on le sait tous et simplement rien n'a été réellement fait donc on a laissé grossir le bébé on a laissé grandir cette espèce de monstre maintenant il faut le faire rentrer dans sa tanière et c'est à ce moment là qu'on pourra considérer que comme en Italie même si la mafia est très puissante mais cette mafia pour l'instant elle a compris qu'il valait mieux fermer sa bouche
vous parlez de prise de conscience dans la tribune d'Amin Kessassi qui l'accorde au journal Le Monde il dit l'État doit prendre la mesure de ce qui se passe et comprendre que c'est une lutte à mort qui est engagée l'État n'a pas pris la mesure de ce qui se passe on a entendu le ministre de l'Intérieur donner des premiers éléments de bilan il dit on a diminué le nombre d'homicides par deux entre 2023 et 2024 il parle du nombre du best du nombre de points de deal visiblement Amine Kessassi qui connaît très bien la situation à Marseille il dit ils n'ont pas mesuré ce qui est en train de se passer
je pense que l'État a mesuré ce qui était en train de se passer ça s'est traduit par la loi de narcotrafic qui a été quand même largement débattue mais imposée quand même il faut le dire et à juste titre en juin c'est vrai et après par un fort investissement aussi de la police et de la justice sur les points de deal et ça ça date pas du mois de juin ça fait des années en revanche il y a des choses des conclusions peut-être qui n'ont pas été tirées par l'État c'est-à-dire qu'il fait ce constat il investit il met des moyens etc il y a des conclusions qui n'ont pas été tirées je pense à plusieurs points mais notamment la procédure pénale qui est l'outil de base de la police de la justice pour mettre en cause des individus et les faire condamner se complexifie d'année en année on est complètement embourbé par une procédure qui fait des policiers et de l'ensemble de la chaîne essentiellement des scribes qui réduit le temps d'investigation on n'a pas non plus je pense appuyé sur les peines courtes moi j'ai vu dans mon expérience en Seine-Saint-Denis le haut du spectre des points de deal effectivement au fil des dernières années les condamnations ont été plus nombreuses plus lourdes avec des incarcérations systématiques en revanche le bas du spectre tous ceux qui au quotidien font fonctionner donc de l'usager du guetteur du ravitailleur du vendeur il n'y a toujours pas d'application une question qui nous est posée
plusieurs fois ce soir pour lutter contre le narcotrafic pourquoi ne pas s'inspirer de la lutte contre le terrorisme on a cité la lutte contre le terrorisme tout à l'heure est-ce qu'on utilise est-ce qu'on peut utiliser les mêmes méthodes on a été plutôt bon dans la lutte contre le terrorisme on a tiré les leçons
oui mais encore une fois je ne suis pas sûr que ce soit la même la même nature de lutte encore une fois on n'est pas face au même public non plus avec les outils
c'est un peu ce qu'on fait avec un nouveau parquet
le parquet c'est une chose qui va probablement mettre un peu d'huile dans les rouages et faciliter un certain nombre de choses mais encore une fois je pense que le nerf de la guerre il est dans le financier et la problématique de la police à l'heure actuelle c'est qu'elle a de moins en moins d'enquêteurs qui font du financier c'est-à-dire qui enquête sur le patrimoine sur les avoirs sur les investissements de tous ces groupes de trafic de stupéfiants que les procédures elles visent surtout et ce n'est pas du tout un reproche mais elles visent surtout à faire des saisies de drogue à faire des interpellations à emmener des gens en prison ce qui est le métier de la police mais que faute de moyens et faute de bras on ne s'attaque pas au nerf du problème du trafic de drogue c'est l'argent
alors Jean-Noël Barraud qui présentera demain à Bruxelles des propositions justement sur ce sujet-là à l'ensemble des Européens avec un gel des avoirs une interdiction de transactions financières une interdiction d'entrée dans l'Union Européenne c'est-à-dire il a compris que visiblement c'était par là qu'il fallait commencer en tout cas si on veut avoir une coopération européenne ça vous fait sourire ?
Non mais c'est pour revenir sur l'histoire des mafias italiennes la plus puissante des mafias italiennes en ce moment c'est la dranguette c'est la mafia calabrese 53 milliards elle pèse 53 milliards cette mafia donc elle n'est pas affaiblie mais effectivement il y a un choix à faire est-ce qu'on veut se dire bon il y a moins de troubles à l'ordre public il y a moins d'assassinats mais ils font leurs affaires en silence parce que la mafia italienne elle gère les déchets elle gère une partie de l'économie légale du pays quand même alors est-ce qu'on préfère ça et se dire bon au moins il y a moins de sang qui coule il y a moins de gens qui sont tués c'est une question parce que c'est un choix politique
en tout cas dans la guerre contre le narcotrafic Donald Trump lui est monté d'un cran le président américain a déployé des forces militaires pour cibler les cartels de la drogue dans son viseur le Venezuela et son président Maduro qualifié de parrain de la drogue par la Maison Blanche mais désormais ce sont aussi la Colombie et le Mexique qui font l'objet des menaces de Donald Trump Juliette Vallon Nicolas Baudridasson c'est le plus grand navire de guerre au monde dimanche dernier le porte-avions américain Gerald Ford s'est déployé au large du Venezuela en pleine escalade entre Donald Trump et une partie de l'Amérique latine
est-ce que je lancerai des frappes au Mexique pour arrêter le trafic de drogue ça ne me dérange pas
le Mexique nouvelle cible du président américain qui fait de la guerre contre les cartels une obsession depuis sa réélection
on connait tous les itinéraires on connait l'adresse de chaque baron de la drogue on connait leur adresse on connait leur porte d'entrée on sait tout sur chacun d'eux ils tuent notre peuple c'est comme une guerre réplique immédiate
de la présidente mexicaine qui rejette
toute ingérence j'ai toujours dit que nous pouvions collaborer qu'il pouvait nous aider grâce aux informations dont il disposait mais que nous opérions sur notre propre territoire
Donald Trump qui menace aussi la Colombie premier producteur de cocaïne au monde dont il veut enrayer le trafic
est-ce que je détruirais ces laboratoires je serais fier de le faire je ne vous dis pas que je le ferais mais ça m'endrait fier de le faire
les Etats-Unis en guerre contre le narcotrafic et Washington s'en donne les moyens depuis le mois d'août dernier plus de 20 frappes contre des embarcations supposées de narcotrafiquants dans les Caraïbes au moins 80 morts colère du président colombien taxé de baron de la drogue par la Maison Blanche
ce n'est pas la peine de tirer des missiles c'est totalement inefficace les Etats-Unis ne semblent pas viser réellement la saisie de cocaïne ça ressemble plutôt à une invasion c'est totalement illégal et ça ressemble plus à une volonté de mettre la main sur du pétrole que de protéger les Américains contre la drogue cocaïne en Amérique du Sud
fentanyl en Asie à l'autre bout de la planète le président accuse la Chine d'inonder le marché américain avec la molécule servant à fabriquer la drogue de quoi peser dans les négociations commerciales avec Pékin jusqu'à la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping fin octobre
comme vous le savez j'avais imposé un droit de douane de 20% sur les importations de Chine ce qui représente un montant considérable suite aux déclarations d'aujourd'hui je les réduis à 10% ils passent donc de 20 à 10% avec effet immédiat la Chine va faire un effort pour mettre un terme à cette hécatombe de fentanyl l'an dernier
plus de 80 000 personnes sont mortes d'overdoses de drogue aux Etats-Unis Donald Trump souvent le coup de pression avant les négociations après avoir menacé le Venezuela d'une opération terrestre le milliardaire s'est dit prêt ce week-end à discuter avec son président Nicolas Maduro et cette question de Patrick dans l'Ardèche est-il envisageable d'assécher la source dans les pays producteurs de drogue comme veut le faire Donald Trump
est-ce qu'on veut aller au Maroc brouiller les champs de cannabis puisque au Maroc premier producteur de cannabis c'est un de nos alliés nous avons de très bonnes relations avec le Maroc Emmanuel Macron s'y est rendu il n'y a pas longtemps Bruno Retailleau aussi de mémoire donc est-ce que c'est ça l'idée ? pourquoi pas ? est-ce qu'on va aller ? non ça n'est pas du tout ça a été tenté en Colombie les Américains ont mis des millions et des millions pour arracher les plans mais en fait cet argent a été détourné et à chaque fois en réalité ils ont abandonné les Américains ils ont abandonné parce qu'ils ont considéré que ça n'avait aucun résultat
ce qu'il y a derrière cette question c'est est-ce que ça peut avoir alors évidemment c'est les moyens à la Trump on a vu les moyens militaires qui sont déployés dans les Caraïbes est-ce qu'il y a une vraie volonté ? est-ce que ça peut aboutir à des résultats auprès des pays producteurs ? non ?
il y a à la fois de la négociation diplomatique parce que clairement on est aussi en lien avec des états avec lesquels les uns les autres on a des intérêts financiers, diplomatiques donc il y a une partie de négociation diplomatique et puis après il y a le contrôle de toutes les voies de flux de marchandises aussi alors la loi narcotrafic prévoit un contrôle un peu plus important dans les ports notamment dans les aéroports mais là il faut il faut vraiment multiplier la capacité très clairement parce que toute cette drogue arrive essentiellement par voie maritime mais aussi par voie aérienne maintenant se développent même des envois de drogue par colissimo par colivinted par drone sous-marin par drone sous-marin par plein de vecteurs donc au moins les plus gros vecteurs effectivement il faut renforcer les contrôles de manière colossale ça demande des moyens importants des contrôles de douane des contrôles de douane aussi bien sûr il était prévu 10 scanners qui permettaient de regarder en transparence si vous voulez dans les containers au port du Havre ils ont été promis par Bercy donc il y a à peu près un an les douaniers les attendent toujours donc voilà c'est à dire que la stabilité actuelle dans laquelle nous sommes aussi politique bénéficie évidemment il y a des choix de budget d'air qui sont faits ou qui ne sont pas faits bénéficie évidemment sur Trump on peut dire un mot oui bien sûr allez-y vous savez que les Etats-Unis ont longtemps ont souvent considéré que l'Amérique latine était leur précaré on a l'impression que là en fait il utilise le prétexte de la drogue pour essayer de mettre la main effectivement sur autre chose on est en train de découvrir des quantités colossales de pétrole au large du Venezuela il aimerait bien changer le régime au Venezuela puis après en Colombie et ailleurs donc je pense que c'est d'abord un prétexte pour essayer d'asseoir des petits Trumps un petit peu partout dans toute l'Amérique latine c'est le but il y a eu des élections au Chili ce week-end et on n'est pas on n'en est pas long c'est-à-dire il y a un descendant oui il y a quelqu'un qui a un peu le profil un descendant d'un nazi allemand qui est arrivé second au premier tour second pour l'élection présidentielle au Chili et qui est un ancien on va dire supporteur du général Pinochet et qui va probablement devenir président au Chili avec le sentiment
de Donald Trump c'est ça que vous voulez dire
ce que je veux dire c'est que ça me rappelle une époque où les Etats-Unis effectivement avaient placé des marionnettes un petit peu partout sur tout ce précaré
est-ce qu'on ne peut pas juste considérer qu'il considère que lui c'est un énorme sujet on a vu les images du fentanyl que c'est une forme de déstabilisation de l'Amérique est-ce qu'il n'y a que des arrières-pensées derrière la lutte qu'il a entreprise ?
Non mais pour répondre à la question de départ qui était est-ce qu'on peut agir sur l'offre parce qu'en fait c'est ça la réalité c'est qu'en détruisant les plans on agit sur l'offre mais comme on le dit depuis le début si on ne fait qu'agir sur l'offre ce qui me paraît déjà totalement illusoire et qu'on n'agit pas sur la demande en même temps ça ne sert à rien en réalité et le problème c'est qu'on a tendance à beaucoup regarder l'offre et pas regarder la demande la demande c'est la santé c'est de l'éducation c'est autre chose mais s'il n'y a pas de voilà c'est la responsabilisation
du consommateur
la responsabilisation puis surtout un problème de santé publique c'est avant tout un problème de santé publique
et nous revenons maintenant à vos questions question de Bernard comment expliquer que ce soit le frère du militant écologiste qui a été ciblé
on l'a dit c'est probablement le plus vulnérable le militant étant protégé par la police depuis le mois d'août il y a sans doute eu des repérages ou des tentatives ils se sont peut-être aperçus que ce n'était pas possible de le faire et donc ils s'en sont pris à quelqu'un
et il a reprété dans la tribune qu'il a publié que sa famille n'ait pas été protégée également
à l'époque de l'évaluation qui a été faite par Luc Lat c'est Luc Lat pour les évaluations on a conféré qu'il fallait protéger Amine Kessassi et pas le reste de sa famille ce qui est le cas d'ailleurs par contre depuis quelques jours maintenant
Jean-Claude en Isère l'État n'arrive même pas à empêcher le trafic dans les prisons alors dans une ville comme Marseille
dans les prisons c'est pas qu'on n'arrive pas à l'empêcher mais c'est que on ferme les yeux souvent on ferme les yeux parce que vous savez très bien que si vous supprimez la drogue dans les prisons les prisons elles explosent alors à notre milieu on a aussi quand même là aussi une législation hyper contraignante pour les agents pénitentiaires c'est-à-dire que quelqu'un qui vient faire un parloir visiter un détenu on ne peut pas d'office le fouiller il faut pouvoir le justifier il faut l'écrire il faut avoir des éléments précis de suspicion d'eux si on le fait à chaque fois sur chaque parloir ça veut dire que l'agent pénitentiaire il fait 30 rapports dans la journée juste pour les parloirs dont il s'est occupé c'est irréalisable et le conseil d'état il n'y a pas longtemps a indiqué qu'il mettait fin aux fouilles systématiques des parloirs d'un détenu parce que ça ne pouvait pas être systématique alors qu'il était quand même à l'isolement ce détenu condamné pour narcotrafic on est quand même aussi englué dans des contraintes légales on comprend que dans un état de droit il faille des lois des contraintes mais là ça entrave l'action de la police et de la justice question de Guy
la police attrape les dealers la justice les relâche grâce à des avocats qui s'appuient sur des lois inadaptées que faire face à cette triste vérité je voudrais que vous répondiez à cette question est-ce que vous avez eu
ce sentiment-là vous aussi ? c'est ce que je disais tout à l'heure c'est-à-dire que sur le haut du spectre des trafics la police par son travail la justice poursuit de manière maintenant vraiment ferme avec des condamnations plus lourdes depuis ces dernières années c'est aucun doute mais pour le bas du spectre les petites mains du trafic qui font fonctionner au quotidien ce business illicite là c'est encore du mal à tomber et des courtes peines et notamment les courtes peines exécutées avec même 2-3 mois de prison c'est rarissime est-ce qu'on peut rappeler
peut-être les règles concernant à la fois la consommation de drogue en France
et la détention la loi prévoit que l'usage ou la détention de stupéfiants peut être puni jusqu'à un an de prison je pense que ça fait une décennie au moins qu'il n'y a pas eu de condamnation y compris pour des gens en récidive donc je ne dis pas qu'il faut mettre en prison pendant un an tous les consommateurs de stupéfiants mais entre très peu l'amende forfaitaire délectuelle qui visiblement n'est pas dissuasive ça n'a pas fait baisser la consommation et un an de prison il y a peut-être un juste milieu alors ça passe aussi par on le disait tout à l'heure les injonctions thérapeutiques c'est-à-dire les soins parce que c'est aussi un problème de santé publique ça peut être madame on parlait tout à l'heure des travaux d'intérêt général ça peut être de la prison avec sursis l'inscription au cagé judiciaire il y a plein de possibilités qu'on n'a pas encore tentées je pense question de Jean-Marc
en Nord-et-Loire je vis à côté d'une ville où les inscriptions sur des murs indiquent la direction des points de deal et le prix des marchandises ah oui
oui c'est assez ancien il y a même des promotions sur les réseaux sociaux on fait des offres sur Snapchat sur autre les réseaux utilisent les réseaux sociaux de manière extrêmement fluide c'est leur monde donc quand ils ont des promos ils ont un panel de clients ils leur proposent moins 20 moins 30%
et quand on fait par exemple des opérations Placnet XXL ce genre d'opérations est-ce qu'on a le recul nécessaire pour savoir si ça fonctionne si ça déplace juste les points de deal comme on l'entend souvent
ça dépend si vous écoutez si vous écoutez le ministre qui a mis en place les opérations Placnet il va vous dire qu'effectivement c'est utile ça n'est pas inutile mais c'est une forme de cosmétique c'est-à-dire on retire on retire ce qui se voit alors ça fonctionne on arrête des gens on a une visibilité un peu sur comment fonctionnent ces équipes-là mais évidemment soit le réseau il va se déplacer de quelques centaines de mètres soit le réseau va s'adapter toujours c'est-à-dire qu'il va trouver d'autres moyens pour cacher il va trouver d'autres nourrices il va trouver d'autres choses c'est un peu un jour sans fin quand même
Philippe en Loire-Atlantique l'insistance sur la responsabilité des consommateurs n'est-elle pas un aveu d'impuissance de l'État ?
Ah bon je le trouve moi je le trouve parce que bien sûr qu'on peut on peut responsabiliser les consommateurs mais à ce moment-là responsabilisons vraiment c'est-à-dire engageons des campagnes engageons des comme on disait tout ce prisme sanitaire ça sert à rien
ça a été fait des campagnes d'information sur justement le fait derrière la consommation il y a le trafic
vive tout fait
moins que sur l'alcool moins que sur l'alcool on a été plus efficace
avec l'alcool
Karine dans l'Aisne l'État s'est désengagé de territoire entier où les narcotrafiquants sont devenus les assistants les assistants sociaux est-il trop tard pour réagir ?
Non mais ils sont bien implantés effectivement il y a des quartiers où une fois qu'ils ont terrorisé toute la population il y a une sorte de de monnaie d'échange où ils proposent d'aider pour les fournitures scolaires de faire des travaux en disant voilà il y a des nuisances donc là on est dans un système c'est le rêve de Pablo Escobar on se substitue à l'État c'est le rêve de Pablo Escobar qui faisait 100% une petite touche d'optimisme on voit des maires qui sont extrêmement actifs et qui arrivent à reconquérir les territoires grâce à des actions sociales
et bien merci à vous tous c'est la fin de cette émission il est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne et toute l'équipe de CETA bonsoir Anne-Elisabeth
Bonsoir Caroline au programme ce soir Donald Trump qui perd son sang-froid à l'analyse à suivre de Christine O'Krent et Philippe Corbet au programme également le président du Rassemblement National Jordan Bardella a plébiscité dans les sondages 35% d'intention de vote au premier tour si Marine Le Pen était empêchée pour les prochaines présidentielles il est ce soir notre invitée
très bonne émission à vous demain vous retrouvez Aurélie Kass pour un nouveau C'est dans l'air et n'oubliez pas vous pouvez nous retrouver quand vous le souhaitez en replay et aussi en podcast bonne soirée