Interview Xavier Bertrand
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
Tu as eu un vrai travail pendant 12 ans chez Swiss Life, raconte-nous.
- 0:55OuverteRéponse partielle
Combien de pourcentages d'hommes politiques ont vraiment travaillé comme toi ?
- 1:29OuverteRéponse directe
Tu as été maire en 2010 directement.
- 1:40OuverteRéponse directe
Il paraît que c'est toi qui a inventé le pari plage avec Saint-Quentin sur plage.
- 3:10OuverteRéponse directe
Parle-nous du club de basket et de Rudy Gobert.
- 4:16OuverteRéponse directe
Et alors le club de foot favori, c'est lequel ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Invité politiqueFait
« Entrepreneur, bon j'ai toujours été passionné par la politique mais l'idée c'était d'être indépendant par rapport à la politique et de savoir ce que c'était, un compte de résultats, un bilan, faire des fiches de paye parce que je pense que ça donne vraiment du recul et c'est hyper important. »
- 1:55Invité politiqueFait
« Et quand je suis élu j'ai l'idée de créer une plage parce que quand je suis arrivé à Saint-Quentin, j'avais 12-13 ans, à l'entrée de la ville c'était marqué Saint-Quentin, c'est Pastel sa plage. »
- 2:25Invité politiqueFait
« Et donc on crée 500 tonnes de sable, 800 tonnes de sable par la suite, des palmiers, une piscine et pour les enfants qui ne partent pas en vacances, clairement, des vacances tout près, des enfants qui le soir repartent dans les quartiers avec la serviette, le parasol, la glacière à 200 km de la mer. »
- 2:48Invité politiqueChiffre
« Et puis surtout à l'époque on est la première en Europe. »
- 3:01Invité politiqueFait
« Bertrand Delanoé nous écrit en disant écoutez on a vu ça, est-ce que vous pourriez nous renseigner ? »
- 4:49Invité politiqueChiffre
« On est la première région de France pour l'automobile. »
- 5:12Invité politiqueChiffre
« Oui, les batteries, c'est stratégique. Et nous sommes la région qui a obtenu la décision de 2 gigafactory, de construction de 2 gigafactory. »
- 5:21Invité politiqueFait
« Les batteries électriques, c'est l'avenir. »
- 6:06Invité politiqueChiffre
« Ersen-Yung, Business France, on est la région qui a attiré ces dernières années le plus d'implantations internationales dans le domaine industriel et logistique. »
- 7:13Invité politiqueFait
« Il faut clairement du financement. Il faut qu'il y ait des seuils qui empêchent de grandir. Et il faut aussi que les transmissions, les successions soient facilitées. Le pacte d'Utreil a apporté vraiment des progrès. »
- 7:48Invité politiqueChiffre
« On ne serait pas la 7ème puissance mondiale, on serait bien mieux que ça. »
- 10:32Invité politiquePromesse
« Une priorité, moi, c'est la baisse des impôts de production. »
- 10:50Invité politiqueChiffre
« Moi, je propose d'aller trois fois plus loin, une baisse de 33 milliards d'euros. »
- 12:02Invité politiqueFait
« On a beau tout proclamer, on a beau avoir voté des lois, les carrières ne sont pas les mêmes, les salaires ne sont pas les mêmes. »
- 13:10Invité politiqueChiffre
« Pour changer de catégorie sociale en France, six générations. Il n'y a que la Hongrie, c'est cette génération en Europe. »
- 16:03Invité politiqueChiffre
« 10% de la production de champagne en France se fait dans les Hauts-de-France. »
Temps de parole
- Xavier Bertrand81 %
- Présentateur14 %
- ?4 %
≈ 29,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
et Xavier Bertrand. Bonsoir Xavier. Bonsoir Alain. Alors vous êtes en 1965 à Châlons-sur-Marne et donc tu as des diplômes, tu as une maîtrisse de droit après un BESS et ton premier job pendant 12 ans tu as eu un vrai travail. Tu étais dans l'assurance chez Swiss Life, raconte-nous.
Entrepreneur, bon j'ai toujours été passionné par la politique mais l'idée c'était d'être indépendant par rapport à la politique et de savoir ce que c'était, un compte de résultats, un bilan, faire des fiches de paye parce que je pense que ça donne vraiment du recul et c'est hyper important. C'était une super expérience, j'ai arrêté quand je suis devenu ministre mais j'ai retenu pas mal de choses.
Et il y
a
combien de pourcentages d'hommes politiques qui ont vraiment travaillé comme toi, qui ont vraiment eu des bois, qui savent ce que c'est, j'allais dire, la
vraie vie ? Bon pas détonne mais je ne
suis
pas le seul. Il y a Philippe Briand qui a eu une carrière parlementaire importante, la tête d'une entreprise avec des milliers de salariés.
Il
y a Hervé Novelli également. Non je ne
suis
pas le seul mais c'est vrai quand même que ça permet aussi de savoir de quoi on parle quand on parle entreprise.
Et
puis j'ai aussi appris des choses. Assureur, je ne faisais pas de contrat dans mon bureau, il fallait être sur le terrain. Et aujourd'hui je suis le moins possible dans un bureau. Un bureau pour un politique c'est un piège et un grand bureau c'est un grand piège.
La
vraie vie ce n
'est
pas là. Oui effectivement. Et d'être sur le terrain ça je pense que c'est l'une des choses que j'ai pu apprendre quand j'étais assureur.
Alors tu habites à Saint-Quentin dans l
'Aisne. Très belle ville ma ville. Tu as été maire
en 2010 directement.
C
'est
ça.
Il paraît que c'est toi qui a inventé le pari plage avec Saint-Quentin sur plage.
Non la plage, la plage de l'hôtel de ville. En 96 je suis adjoint chargé de la redynamisation et il y
a
une immense place de l'hôtel de ville juste devant la mairie qui est vide, qui est morte. Personne, pas d'activité, rien du tout. Et quand je suis élu j'ai l'idée de créer une plage parce que quand je suis arrivé à Saint-Quentin, j'avais 12-13 ans, à l'entrée de la ville c'était marqué Saint-Quentin, c'est Pastel sa plage. Mais Pastel, Maurice
Quentin de Latour,
Pasteliste du Roi.
C
'était assez facile de faire le lien. J
'ai
à mes parents, il y
a
une plage, il y
a
une plage, est-ce qu'on est près de la mer ? Je n'avais pas bien en tête la géographie. Et puis je vois la plage mais qui était un étang donc j'étais déçu. Mais je crois que
ça
m'avait marqué et le jour où je suis adjoint au mer, je pense que j'ai envie de reconstituer la plage que je n'avais pas vu à l'époque. Et donc on crée 500 tonnes de sable, 800 tonnes de sable par la suite, des palmiers, une piscine et pour les enfants qui ne partent pas en vacances, clairement, des vacances tout près, des enfants qui le soir repartent dans les quartiers avec la serviette, le parasol, la glacière à 200 km de la mer. Et puis surtout à l'époque on est la première en
Europe. On a
tous les médias, tous les médias, japonais, africains, américains, les médias nationaux,
en
disant mais c'est quoi cette idée ? Quel est le fou qui a eu cette idée ? Et bien cette idée elle a fait du chemin parce que quelques années après Bertrand Delanoé nous écrit en disant écoutez on a vu ça, est-ce que vous pourriez nous renseigner ? Évidemment que oui, si ça pouvait profiter à d'autres. Et c'était parti pour Paris-Plage. Mais l'idée est née à Saint-Quentin.
Alors le club de basket, parce qu'il parait qu'il
y
a une star du basket à Saint-Quentin, que tu as vu récemment d'ailleurs.
Rudy
Gobert, star de la NBA, star de la NBA, qui est en plus finaliste aux Jeux Olympiques avec l'équipe de basket. Il est de Saint-Quentin, c'est un gars du pays qui revient assez régulièrement, il y
a
sa famille. Et moi je suis administrateur de mon club de basket, il y a une idée c'est que...
Et actionnaire.
Je suis amoureux du basket depuis longtemps. Et actionnaire pourquoi ? On descend quelques années en National 1. Et là je vois les partenaires qui s'en tentaient de partir. Et donc symboliquement j'achète une action du club, je deviens administrateur qui est aussi un symbole de dire hé,
on
ne
s
'en va pas, on a besoin
de tout le monde,
on y va. On est remonté en probé. Et le sport procure des émotions phénoménales. Il y
a
une poussée d'adrénaline même quand on n'est pas sur un terrain. Et je sais que j'ai vraiment cette passion du sport et des sportifs. Alors je suis footeux. Oui.
Tu
as jeune foot ? Même si je n
'ai
pas un physique de grand sportif Alain.
Oui.
Oui. Le sourire en dis-donc, mais je joue au foot toutes les semaines, au foot-salle. Mais c'est vrai que le basket est une vraie passion aussi pour moi.
Et alors le club de foot favori, c'est lequel ?
Attention. Non, non, non. Certains disent Marseille et
ils peuvent devenir président de la République. J'aime bien Lens. Lens. J'aime bien Lens.
J'aime
bien Lens. Alors depuis 2015, donc tu es président de cette belle région Hauts-de-France. On parle d'économie au Wine Business Club. Le tissu économique, il est comment ? Est-ce qu'il
y a
un
dynamisme ? Très diversifié. Petites entreprises,
grandes entreprises, entreprises régionales Bonduelle, Rocket. C'est le siège du groupe Auchan, de la famille Mullien. Mais on est aussi champion dans le domaine notamment de l'automobile.
On
est la première région de France pour l'automobile.
Alors
tout le monde peut le dire, mais non, c'est vrai. On a
Peugeot,
PSA. On a,
c
'est l'Antis maintenant. On a Renault. Et on a également Toyota. Et puis on amenait même aussi des fabricants de voitures sur Renard, qui est notamment avec Seqma, qui fabrique des voitures. Donc on a une palette...
Les batteries,
c'est stratégique.
Oui, les batteries, c'est stratégique. Et nous sommes la région qui a obtenu la décision de 2 gigafactory, de construction de 2 gigafactory. Les batteries électriques, c'est l'avenir. Ça a coûté de l'argent à la région. J'ai décidé de mettre de l'argent sur la table pour avoir ces projets dans la région. Parce qu'on sait bien qu'il y aura de moins en moins de moteurs, diesel et essence, que l'avenir, c
'est
l'électrique. Et donc on aura oublié que j'aurais été président de région, qu'il
y
a encore du monde qui travaillera dans l'automobile, dans la région, grâce à ces choix-là. On est une région qui a à la fois une façade maritime importante,
l
'ouverture sur l'Europe.
Et
puis Brexit ou pas, pour les Britanniques, on est l'Europe, les Hauts-de-France, la plus proche d'eux. Bien sûr. Et l'ouverture sur la région la plus riche d'Europe, l'île de France, qui nous fait quand même un certain nombre d'atouts importants. Et pendant longtemps, on a parlé des difficultés de la région. Aujourd'hui,
on
est une région qui fait parler d'elle parce qu'on a des implantations. Ce n
'est
pas moi qui le dit. Ersen-Yung, Business France, on est la région qui a attiré ces dernières années le plus d'implantations internationales dans le domaine industriel et logistique. Et donc cette réussite-là, ce n
'est
pas la mienne.
C
'est les entrepreneurs qui créent les emplois,
ce
n
'est
pas les politiques. Mais on crée quand même l'écosystème favorables.
Oui, c'est ça,
favorables. Favorables. Et j'ai une mentalité que j'avais quand j'étais entrepreneur, une mentalité d'entrepreneur. Il me faut pour les habitants des résultats. Et les résultats, c'est de
l
'emploi.
Alors, on nous bassine presque avec ces Allemands et leurs fameuses ETI. Donc en France, on a 5 000 ETI qui sont dynamiques. Mais c'est vrai qu'on en manque, on regarde d'autres pays, dont eux, en Italie également. Pourquoi ? Comment est-ce qu'on fait pour pousser une PME à franchir ce cap des 50 millions d'euros en nombre de collaborateurs et après à grandir pour devenir un jour membre du CAC 40 ?
Parce que je pense que la culture française, elle est très axée sur les très grands groupes.
D
'ailleurs, on regarde, quand il y a des déplacements, des chefs d'État à
l
'étranger, c'est la signature en grande pompe, des contrats du siècle, avec tout le monde qui signe. Non. La vraie vocation, ce qui fait la richesse, le tissu, c'est PME et ETI. Or, pour que les entreprises grandissent, qu
'est
-ce qu'il faut ? Il faut clairement du financement. Il faut qu'il
y ait
des seuils qui empêchent de grandir. Et il faut aussi que les transmissions, les successions soient facilitées. Le pacte d'Utreil a apporté vraiment des progrès. Il faut aller plus loin encore pour permettre que tant que ça reste dans la famille, qu'est-ce qu'on a besoin de se prendre la tête avec des droits ? Ça, ce sont des exemples très concrets. Mais je suis intimement convaincu que l'esprit d'entreprise français,
il
peut encore se développer. Regarde.
Avec
les 35 heures.
La
bureaucratie que l'on a.
Et
la fiscalité que l'on a. Honnêtement,
t
'imagines si on desserrait ces trois freins à main ? On
ne serait
pas la 7ème puissance mondiale, on serait bien mieux que ça. Parce qu'avec tout ce que l'on a, on est quand même avec cette position-là.
Imaginons que
l'on desserre ce frein à
main.
Et la République des Territoires que je propose, elle a cette vocation-là, c'est-à-dire d'en finir avec le centralisme parisien,
et
que dans les territoires, on fasse confiance à un préfet plutôt qu'à un directeur de ministère,
aux
acteurs locaux. Moi, je continue à croire aux chambres de commerce, aux chambres de métier, aux chambres d'agriculture. Ces corps intermédiaires, ils ont leur importance. Et qu'on fasse confiance aux élus locaux. Paris s'occuperait de tout ce qui est régalien, sécurité, justice, reprise en main de l'immigration, lutte contre le terrorisme islamique, la diplomatie. Les grandes orientations, pour qu'il n'y ait pas de poids,
de
mesure sur l'éducation, sur la santé, mais pour le reste, tout ce qui concerne le quotidien,
mais bon sang, du local, du
local. Alors, tu vois, on a aujourd'hui Paris qui est la capitale. Mais essayons de comprendre que c'est le pays qui est la capitale.
Et
ça, je pense que ça ferait sacrément du bien aux Français.
Les réseaux, on en parle un peu parce que les autres, on va les appeler les Allemands, en chasse en meute, entre Allemands. Les Anglo-Saxons, on a bien vu, ça nous a coûté 56 milliards entre l'Australie et les États-Unis et l'Angleterre. Et nous, les Français, on a un peu de mal avec cette notion de patriotisme ou de préférence nationale. Pourquoi est-ce que les patrons
français ne travaillent pas en priorité avec les patrons français
? Patriotisme économique, c'est aussi tout simplement parce que c'est à la puissance publique, à l'État de montrer l'exemple. Aujourd'hui, les autres, qu'est-ce qu'ils font ? Ils défendent leurs intérêts en premier. L'Allemagne est très européenne,
elle
est très allemande surtout. L'Amérique, America first, ils pensent à eux en premier. Il est temps qu
'on
fasse la même chose. Et notamment sur tout ce qui est marché public, appel d'offres,
il faut
qu'on arrête de se faire des nœuds dans la tête.
Dans la région, par exemple, d'Haute-France, comment ça
marche ? Moi,
j'ai décidé qu'on en fasse une priorité 92%. En année normale, des marchés publics du Conseil Régional, c'est pour les entreprises de la région. Et on n'est pas à 100% parce que vraiment, parfois, il peut y avoir des différences, c'est rare, 8%, ou parce que je n
'ai
pas d'offres dans la région. Mais pour le reste, on a décidé de mettre le paquet. Ce qu'on fait dans la région, on peut le faire dans toute la France, mais sur les marchés publics, il faut que la commande publique permette de filer du boulot. Et puis surtout, qu'on réduise les délais. Qu'on réduise les délais et qu'on arrête parfois… Allez, sur des gros marchés, on arrive à des différences à l'unité d'un euro, tout ça, et on flingue toute une filière industrielle. On a eu des exemples par le passé. Moi, je souhaite que l'on donne de la liberté et de la latitude, notamment aux élus, encore une fois.
Alors, quand on écoute l'excellent Geoffroy Roux-Bézieux, on parle d'impôts, de taxation, ta vision des impôts sur les sociétés ?
Une
priorité, moi, c'est la baisse des impôts de production. Je l'assume. Je ne
vais
pas promettre tout à tout le monde. Ma priorité, c'est les impôts de production. Si on veut avoir à nouveau une industrie forte en France, et c'est possible, dans ces conditions-là, le gouvernement a fait une première étape, à peu près 10 milliards qui ne sera pas suivi d'effet. Moi, je propose d'aller trois fois plus loin, une baisse de 33 milliards d'euros,
ce
qui veut dire qu'on reviendra à la moyenne européenne. Mais si on fait la baisse des impôts de production, un, ça ne
va
pas nous coûter si cher que ça, parce que des entreprises qui viennent s'implanter,
ça
fait aussi des rentrées fiscales et de l'emploi. Deuxièmement, tout un écosystème sur la formation, sur l'emploi, apprentissage, école de production. Troisièmement, suramortissement, ça c'est important. Les États-Unis l'ont fait, c'est aussi l'une des recettes du succès. Et quatrième point, on va remplacer le parcours du combattant pour s'installer par un tapis rouge. Il paraît qu'en Belgique, c'est beaucoup plus simple que chez nous. Oui, mais ce n
'est
pas dû à leur accent, il y
a
la météo différente. Et dans les Hauts-de-France, on a mis en place un contrat d'implantation, c
'est
-à-dire qu
'on
sait s'engager par écrit, les collectivités locales et l'État, l'entrepreneur, en disant, voilà, à telle date, vous aurez toutes les formalités. Et j'ai imaginé ça parce qu'en Belgique, c'était beaucoup plus court.
La moitié ? C'était à peu
près la moitié. Et là, aujourd'hui, on a réussi à réduire ça. Et en termes d'attractivité, ça compte. Parce que le temps, c'est de l'argent. Et faire gagner du temps à un entrepreneur…
C
'est un choix, quoi.
Xavier, autre sujet qui tient à cœur. On parle des salaires et l'équité entre les femmes et les hommes. On a encore une problématique aujourd'hui ? Bien
sûr. On a beau tout proclamer, on a beau avoir voté des lois, les carrières ne sont pas les mêmes, les salaires ne
sont
pas les mêmes. Ça, c'est une injustice flagrante. Parce qu'on peut tourner ça dans tous les sens, même s'il
y a
des évolutions. Nombre de femmes, elles ont une deuxième carrière à la maison. Absolument. Elles ont une deuxième carrière à la maison. Donc, pour l'instant, je pense qu'il faut compenser, au moment de la retraite, le fait que les carrières et les salaires ne
sont
pas les mêmes. Mais surtout,
il
faut faire de ce chantier de l'égalité salariale, du fait qu'il n
'y
ait pas de plafond de verre. Regarde les filières scientifiques. Pourquoi il y
a
plus d'hommes ? Parce qu'il faut aussi montrer que ce sont des voies qui sont offertes à tout le monde. Bien sûr. Donc, il faut vraiment casser ces plafonds de verre. La société française,
la
France est un pays magnifique, mais la société française, elle est bloquée.
Il
y a trop de plafond de verre. Regarde, Alain.
Est
-ce que tu connais le prénom des arrières-grands-parents de tes arrières-grands-parents
?
Non. Six générations. Eh bien, tu vois, six générations,
c
'est ce qu'il faut pour que quelqu'un, une catégorie modeste,
accède aux
classes moyennes.
Pour
changer de catégorie sociale en France, six générations. Il n'y a que la Hongrie, c'est cette génération en Europe. Tout le monde fait mieux que nous. Et ça n
'a pas
été toujours comme ça.
Moi,
j'ai vu, ma famille, mon père est rentré, tout en bas de l'échelle à la banque,
il
lui fallait un boulot. Il lui fallait un boulot,
il
était jeune père de famille, c
'est
moi qui suis arrivé. Il fallait un boulot, il n'a pas fait d'études supérieures. Mais à la banque, en passant des examens professionnels, il a pu grimper, et c'est vrai que la vie s'est améliorée. Mais les oncles et les tantes n'ont pas fait de grandes études supérieures. Ils ont fait quelque chose qui s'appelait à l'époque les cours du soir.
Et
ils ont changé de catégorie professionnelle, de catégorie sociale. Or, aujourd'hui, c'est compliqué. Il y
a
l'entrepreneuriat, bien sûr, mais c'est compliqué pour beaucoup de Français. Et tant qu'on ne réussira pas à casser ces plafonds de verre, on aura une société qui est perçue comme injuste. C'est l'école, bien sûr, c'est la façon dont la formation professionnelle permet d'avoir un autre métier, c'est la valorisation des acquis de
l
'expérience. Il faut absolument relancer ça. C'est ce que je veux faire.
Il y a le travail aussi qui
est
important.
Parce
que mes grands-parents maternels, réfugiés espagnols, 39, la guerre est perdue, donnent naissance à trois enfants, ma mère prof de maths, sa soeur qui était prof d'ingénieur physique-chimie, et l'autre était médecin. Pourquoi ils y sont réussis ? Parce qu'il n
'y avait
pas le choix, parce qu'ils avaient envie de travailler. Cette autre façon, ils travaillent, il est au cœur également de ta problématique.
Et la transmission par les familles, bien évidemment, et puis aussi l'école, qui doit apprendre, lire, écrire, compter, les langues vivantes, bien sûr. Pense à l'anglais, mais pas seulement. Quand on est dans le Grand Est, ça peut être aussi l'allemand. Ou l
'espagnol, ensuite.
Et apprendre un métier.
C
'est vrai qu'il ne
s
'agit pas de dire qu
'on
va apprendre un métier dans l'école primaire, d'accord ? Collège, lycée, il faut amener vers un métier. Et de considérer aussi que la voie professionnelle, c'est une vraie réussite. Alors,
je
dis ça, tout le monde dit oui, mais tout le monde l'a dit. Non, il faut le faire, notamment l'enseignement professionnel. Les régions ont la compétence économique. Ce n
'est
pas normal qu'on n'ait vraiment pas notre mot à dire sur l'enseignement professionnel. Et pourquoi on fait ça ? Ce n
'est
pas pour récupérer une compétence, pour l'efficacité pour les jeunes. Bien sûr,
une finale. Pour terminer, on parle de vins de gastronomie, c'est le Wine Business Club. Côté gastronomie, après on terminera par le vin. Xavier,
tes
deux, trois bons souvenirs de restaurants, de copains qui t'attentent en préparant la cuisine, de plaisir gourmand.
Alors, les plaisirs, c'est des amis cuisiniers qui me font passer de l'autre côté. Ah oui. Qui me font passer de l'autre côté, ça c'est un plaisir. J'adore voir la confection des plats et de pouvoir goûter en cuisine avant que ce soit servi, ça c
'est
un besoin. Je fais la même chose à la maison. Je fais la même chose à la maison. C'est toi qui cuisine ? Non,
je
ne cuisine pas, je mange.
Moi,
ça se voit, je ne cuisine pas. Mais ça, c'est mon plaisir. L'apéro dans la cuisine, c'est un vrai bonheur avec des planches improvisées. Et j
'ai
un grand plaisir également, c'est de prendre le fromage avec l'apéritif. Ah ça, c'est un vrai bonheur de manger le fromage quand on a faim.
Oui, c'est ça.
Après, souvenirs de dégustation, j'ai des souvenirs formidaires.
D'abord en champagne,
parce qu'il faut quand même le savoir que dans ta région... 10% de la production de champagne en France se fait dans les Hauts-de-France.
Je
pense qu'il
y a beaucoup d'adhérents du plein qui ne le savaient
pas.
Et il est très bon. Et il est très bon. Je ne
veux
pas citer une marque en particulier. Il est très bon. Il est très bon. C'est bien évidemment dans des caves. Quand on va au vendange, au vendange, j'y suis allé encore là pour les vendanges dans le sud de l'Aisne. Et c'est le champagne en fin de matinée, un petit plaisir particulier avec des récoltants. C'est un bonheur. Et après, j
'ai
d'autres sujets. Il faut que je descende quand même. Souvenirs notamment de la famille Guigal. Guigal. Marcel, Philippe. Ampuis, Bernadette. Souvenirs de dégustation dans les caves. Souvenirs formidables. J'étais encore ministre en activité. Souvenirs vraiment remarquables. On avait goûté un certain nombre des vins. Je m'en souviens encore. Je m
'en
souviens encore.
Et
puis aussi dernièrement, c'était cet été, c'était encore chez mon ami Étienne Soutzoni, Clau-Colombou.
Ah oui, il est en chambre de région. Son
fils l'a rejoint. Et là, on a découvert des micro-cuvées qu'ils font directement dans le tonneau. On était dans la cave avec notre verre. Et là, c'est un bonheur
particulier. Le paradigme. C'est
un endroit magique. Les vins corse sont des vins remarquables, une diversité remarquable. Et les micro-cuvées permettent de renouveler en plus le plaisir et la curiosité du vin.
Que c'est bon de parler avec quelqu'un qui aime les bonnes choses, qui aime les plaisirs, la vie,
la modération également. C'est la France. C'est l'art de vivre à la française.
La gastronomie, la viticulture, tout ça, ça fait partie de la France. La France, c'est une culture. Ce sont des paysages, ce sont des traditions. Mais bon sang, la gastronomie et le vin en font partie. Et moi, j'aime aussi me retrouver avec vous, parmi vous, parce que vous continuez à être aussi des ambassadeurs de tout cela.
Merci beaucoup, David Bertrand. Merci, Xavier.
Alors,
la règle du jeu est simple. Si vous avez des questions à lui poser, vous envoyez un mail au secrétariat du club. L'adresse s'affiche actuellement. On enverra ça, Xavier. Et tu t'engages à répondre à chaque mail que tu recevras.
Je te connais
bien.
Il faut absolument que je réponde.
Et
par plaisir et par habitude,
j
'aime répondre. Quelles que soient les questions. Quelles que soient les questions. Salut, à bientôt.
Salut, à bientôt.
Xavier Bertrand