Face à Face : Anne Genetet - 12/11
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
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Apolline de Malherbe Il est 8h32, vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Anne Jeannet Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions Vous êtes la ministre de l'éducation nationale Il y a justement de très nombreuses questions à vous poser Vous venez nous annoncer l'acte 2 du choc des savoirs La réforme du brevet, la réforme du bac L'objectif c'est de relever le niveau des élèves On va aussi parler de la question de la sécurité à l'école Et puis je voudrais vous interroger sur les propos de Nicolas Sarkozy Vous l'avez entendu bien sûr Pour lui, la France n'a plus les moyens d'avoir un million de profs Et puis surtout, est-ce qu'il bosse assez ? On l'écoute
On me dit qu'il n'y a pas assez de fonctionnaires dans l'éducation nationale Mais c'est d'une démagogie invraisemblable Le statut du professeur des écoles Je ne critique personne Je ne veux d'ennuyer avec personne Je dis des faits C'est 24 heures par semaine Mais François-Xavier, est-ce qu'on ne dit pas 6 mois de l'année ? Et oui, parce qu'entre les vacances et les week-ends Et je sais que c'est un boulot difficile d'être enseignant Mais il faut dire la vérité maintenant Nous n'avons pas les moyens d'avoir un million d'enseignants
Vous en dites quoi ? Je ne suis pas d'accord Je ne comprends pas ses propos, ça m'étonne Il parle des faits Moi, les faits, je suis sur le terrain Depuis que je suis ministre de l'éducation nationale Moi, j'ai rencontré des professeurs qui sont très engagés Très dévoués Qui sont passionnés par leur métier Et franchement, qui font un métier très difficile Ils me l'ont tous dit Donc moi, c'est ce que j'ai observé Et je crois qu'aujourd'hui Il faut saluer cet engagement de nos professeurs Et je veux leur apporter mon soutien Dans des conditions Encore une fois, leur exercice est souvent difficile Et je veux qu'ils sachent que je suis toujours à leur côté
Mais il dit aussi, Nicolas Sarkozy En vrai, on n'a pas les moyens d'avoir un million d'enseignants Au fond, vous dites un peu la même chose Puisque dans ce budget, vous allez en supprimer 4 000
On a surtout 851 000 à peu près enseignants Qui sont aux côtés de nos jeunes tous les jours Pour essayer de les faire réussir Moi, ce que je veux dire, c'est que s'agissant des postes Moi, je me bats tous les jours Je me bats tous les jours pour justement Pouvoir avoir les moyens de porter une politique Qui permette à tous nos élèves de réussir Et derrière, n'oublions pas que moi J'observe que dans les deux assemblées Au Sénat comme à l'Assemblée Je vois qu'il y a un consensus politique Sur le soutien à l'école Et c'est ça auquel je crois
Oui, mais sur ce nombre de postes de profs supprimés On est bien d'accord, il y en a 4 000 C'est ce qui est dans la copie initiale du budget Donc vous allez réduire le nombre de...
J'attends de voir qu'elle sera à la sortie C'est les parlementaires qui sont à la main du budget maintenant Donc j'attends de voir ce qu'elle sera à la copie de sortie
Côté parlementaire ou côté gouvernement ? Moi je suis du côté du gouvernement Donc vous êtes pour la suppression de ces 4 000 postes
Je viens de vous dire, je me bats tous les jours Pour pouvoir avoir les moyens dont j'ai parlé Je suis allée présenter mon projet Le choc des savoirs dont nous allons parler Au Premier ministre Michel Barnier Qui a compris le projet que je porte Qui est un projet ambitieux Qui va de l'école primaire jusqu'au lycée Et qui a pour objectif de revenir à une école Qui permet l'égalité des chances
Sur le brevet, sur le bac, sur le choc des savoirs On va vraiment prendre le temps de comprendre Mais je m'arrête quand même là-dessus C'est que je veux bien que vous soyez engagé Pour les moyens etc Mais sur le nombre de professeurs Qui est la question qui nous intéresse là Vous confirmez que vous souhaitez La suppression de 4 000 postes d'enseignants Je viens de vous dire
Moi je me bats tous les jours Auprès du ministre du budget Auprès du Premier ministre Pour pouvoir mener la politique que je souhaite mener Avec notamment J'ai besoin de postes également Donc à voir Mais il ne faut pas oublier une chose
Mais il y a aussi une vérité Si au fond on vous dit A l'issue de ce débat parlementaire Bon bah écoutez On a trouvé des moyens ailleurs Donc on peut vous garder 4 000 postes Vous les garderez C'est ça votre souhait ? Oui
Tout en disant aussi la vérité aux Français N'oublions pas une chose On a deux réalités dont il faut tenir compte On a une réalité démographique Et une réalité territoriale La réalité démographique C'est rien qu'à cette rentrée On a perdu 100 000 élèves C'est juste la démographie C'est la vérité Contrée prochaine 100 000 élèves encore de moins La réalité territoriale C'est qu'il y a une grande disparité Des territoires Où il y a vraiment besoin d'enseignants Et des territoires Où on a trop d'enseignants On a suffisamment d'enseignants Donc voilà Ces deux réalités Il faut en tenir compte Il faut supprimer 4 000 postes Que globalement On a toujours tous les ans Supprimé un peu des postes Heureusement Parce que depuis 10 ans On a perdu 750 000 élèves Donc c'était logique De s'adapter D'adapter notre échelle De nombre de postes Au nombre d'élèves Que nous avons à accompagner Donc c'est ça qu'il faut voir Après derrière On a aussi de l'ambition Pour l'école Et comment on peut la servir Donc moi je vois que La copie qui m'est proposée Je souhaiterais qu'elle soit Je vois avec les parlementaires
Rendez-moi les 4 000 postes
Les parlementaires Ils n'ont pas forcément besoin Que je leur donne des consignes Je vois simplement Qu'il y a consensus sur leur banc Dans tous les groupes politiques Pour dire C'est pas forcément 4 000 postes Qu'il faut supprimer Je l'observe Moins ? Un peu moins ? Il y a même des groupes politiques Si je ne me trompe pas Qui ont demandé Qu'on ne supprime pas du tout Du tout de postes Je crois qu'il faut aussi Dire la vérité aux Français Entre 0 et 4 000 Il faut surtout se dire Elle est probablement Entre les deux En tenant compte Encore une fois De cette vérité Qu'il faut dire La réalité démographique D'un côté Et la réalité territoriale
Mais le problème c'est Est-ce qu'il y aura De toute façon Suffisamment de candidats Pour avoir ces 4 000 Je vois que La date limite d'inscription Pour le concours des enseignants Était fixée au 7 novembre Et elle vient D'être repoussée Au 21 novembre à midi Ça veut dire quoi ? C'est-à-dire qu'il n'y a pas Assez de candidats Pour les postes ? On a un sujet d'attractivité
Nous y avons répondu déjà En travaillant notamment Sur les rémunérations On a fait un pas important À ce moment-là Maintenant l'attractivité du métier C'est aussi les conditions D'exercice du métier C'est un enjeu fort C'est pour ça que je Commençais tout à l'heure Par cette notion À laquelle je tiens beaucoup Qui est de soutien aux enseignants Car aujourd'hui Ils sont contestés Dans leurs enseignements Contestés dans leur manière de faire
Ça je ne l'accepte pas Est-ce que s'il y a moins de candidats Et visiblement pas suffisamment Puisqu'on remet deux semaines de plus Pour pouvoir candidater Est-ce que le problème Ne va pas être la baisse du niveau Parce qu'évidemment S'il y a moins de candidats Techniquement le concours baisse On a sur certaines disciplines
On a effectivement parfois Un manque d'abord de lauréats De gens qui réussissent Le concours derrière Nous avons une politique derrière Qui nous permet D'aller rechercher D'autres candidats Notamment ceux Qui étaient juste à la limite On a des contractuels également Qui sont embauchés Si vous aviez eu plus de candidats
Vous auriez eu des candidats De meilleur niveau
On a quand même un problème
On veut un meilleur niveau Pour les élèves Mais on va se retrouver Avec des profs Qui sont le même
On a tout un dispositif De formation De nos enseignants D'accompagnement On a d'ailleurs Des enseignants Qui sont recrutés Comme contractuels Et qu'on accompagne Et qui finalement En chemin se disent Le métier me plaît Je vais passer le concours Donc c'est aussi Cette politique d'attractivité Qui est très large Qui permet au bout du compte N'oublions pas La formation continue Qui permet en permanence D'élever le niveau Et d'assurer à nos enseignants Qu'ils ont les outils Pour pouvoir élever le niveau De leurs élèves Et assurer leur réussite
Choc des savoirs Acte 2 Sur un certain nombre de points D'abord le brevet des collèges Il n'était plus obligatoire Il l'est désormais Et y compris pour passer en seconde Quelle que soit la seconde Générale, professionnelle Alors l'idée
C'est d'avoir Un vrai diplôme D'abord un diplôme Qui soit vraiment Avec la vérité des notes Il n'y a plus de correctif académique Il n'y a plus d'académie Qui va gonfler artificiellement Les notes Et au bout du compte On a quelque chose Que je veux pouvoir Être motivant Pour les élèves Qui se disent J'ai envie de leur réussir C'est quand même Une grande étape dans leur vie Je passe un vrai examen Avec toutes les règles Que représente un examen Avant celui qui sera Pour l'entrée éventuellement En enseignement supérieur Que sera le baccalauréat Donc c'est vraiment Un temps très important Dans la formation d'un jeune Et je veux que ça soit Motivant pour lui Motivant Mais pas non plus coup près Donc là nous mettons en place Depuis cette année Des moyens qui permettent A chaque élève A plus d'élèves Réussite Et donc c'est à cette première Corte qui est aujourd'hui En cinquième Que je dis Voilà Toi en cinquième J'ai mis à ta disposition Des outils pour réussir Et bien derrière Ton preuve à toi Sera obligatoire Pour entrer directement En classe de seconde Et ceux qui échoueront Ils iront où ?
Ils auront le choix Ils auront la possibilité De refaire une troisième Ils auront la possibilité D'aller vers ce que nous appelons Les classes prépa seconde Qui sont un dispositif En expérimentation Pour le moment Qui font l'objet D'une évaluation Pour voir ce que ça va donner Alors ce sont des classes Avec une vingtaine d'élèves A peu près Et qui permettent De revoir les fondamentaux Et de projeter les jeunes S'ils le souhaitent Vers une entrée En classe de seconde On parle plus de brevet A ce moment là Et en gros ça permet Ça permet à des élèves D'être en réussite Sur quatre ans Avec un parcours lycée derrière Plutôt que d'être en échec Sur trois ans Pour le dire simplement
Donc ils auront une année de plus Pour faire le lycée Exactement
Encore une fois On veut les faire rentrer Dans une dynamique de réussite Mais il y a aussi La possibilité Pour d'autres Qui le préféraient D'aller vers une voie Professionnalisante Comme le sont les CAP Soit avec une alternance Soit avec un CAP scolaire Peu importe L'idée c'est de leur donner La moyen de se projeter Et d'être en dynamique De réussite Que ce soit sur une voie professionnelle Ou sur une voie lycée Anne Jeunetel
Les maths Les résultats sont en baisse Et surtout Une inégalité aussi Dans les résultats Entre les garçons Les filles Vous allez remettre Les maths pour tous Alors Il y a déjà des maths pour tous
En classe de première Il y a déjà un parcours Pour ceux qui n'ont pas L'intention de poursuivre des maths Au-delà de la classe de première Il y a déjà un parcours D'une heure et demie
Mais il n'y avait plus le bac
L'idée c'est que moi Je me suis Quand je me suis saisie du dossier J'ai dit C'est quand même étrange Mettre une discipline Qu'on enseigne Sans moyen de vérifier De l'évaluer De voir comment ils ont réussi Comment ils ont performé C'est étonnant Il n'y avait plus des profs de maths Pour tous Absolument Et puis Même chose on dit Les fondamentaux C'est maths et français Et dans plein de pays au monde D'ailleurs on évalue nos jeunes A l'issue de leur parcours Leur premier parcours scolaire Sur les maths également Il n'y a pas de fatalité Qui est de dire que Certains sont bons en maths D'autres ne sont pas bons en maths Ça c'est un demi très français On peut tous être bons en maths On peut tous être bons en maths Avec un niveau qu'il faut adapter Et c'est le cas du programme Qui est prévu Pour cette heure et demie En classe de première Moi ce que je dis En classe de première Je veux que les maths soient évaluées On évalue bien le français Pour tout le monde De la même manière On évaluera les maths Pour tout le monde Nos deux fondamentaux Maths français Seront évalués De la même manière En classe de première
Donc ça veut dire Qu'à la fin du bac de première Dans l'épreuve anticipée Il y a le bac français Ça pour tout le monde Et il y aura une épreuve de maths Pour tout le monde Il y aura une épreuve de mathématiques
Et qui n'empêche pas Ceux qui font des maths experts En terminale De poursuivre en maths expert Et d'avoir leur épreuve De maths expert en terminale De la même manière Et ceux qui ne souhaiteront Plus faire de maths Ils ne feront pas plus de maths En terminale Qu'ils en font aujourd'hui
Les groupes de niveau Appelés groupes de besoin Mais enfin on a bien compris Que c'était quand même Des groupes de niveau Donc en français et en maths Ils sont maintenus Ils sont étendus
Donc l'idée C'est qu'aujourd'hui Ils sont en place Pour les sixièmes et cinquièmes Sur la totalité du volume horaire Donc quatre heures en maths Quatre heures en français Toutes les semaines Pour permettre à tous nos élèves D'être dans une dynamique De réussite On est vraiment sur J'allais dire presque Des groupes de réussite On veut pouvoir réussir C'est ça qui nous manque Aujourd'hui N'oublions pas Qu'on a un collège Très inégalitaire Avec des élèves Qui sont en très grande difficulté Et d'autres qui avancent Donc cette inégalité Ce fait que certains Ne parviennent pas à réussir C'est ça que je veux combattre Je veux permettre à chacun De pouvoir réussir Mais ça marche
Quand on écoute Les témoignages Il y a quand même De nombreux professeurs On en entendait un Ce matin sur RMC Qui disait en fait Les demi-groupes De niveau Ont donné le sentiment A certains Qu'ils étaient coincés Chez les plus mauvais D'autres au contraire Il dit Il y a un problème D'émulation Je n'arrive plus A créer cette émulation Alors chacun met
On a laissé la main Aux enseignants Et aux équipes de direction La manière de mettre En oeuvre ces groupes Moi j'ai vu des groupes Qui étaient plutôt sur Un mode de vitesse d'apprentissage D'autres qui étaient Sur une hétérogénéité Un peu moindre Tout en conservant L'hétérogénéité au sein d'un groupe Chacun le met en place Comme il le souhaite L'objectif Et je suis certaine Que ce professeur A le même objectif C'est faire réussir Nos élèves Leur donner les moyens De se sentir à l'aise Moi j'ai rencontré Des élèves qui m'ont dit Écoutez là pour une fois Moi j'ai besoin Plus de temps pour apprendre Enfin j'ai le temps D'avoir aussi du temps Avec mon professeur Pour me réexpliquer J'ai l'impression D'avancer plus vite Et puis au bout du compte Quand vous retrouvez La classe entière Et que ceux qui étaient En difficulté Ont pu progresser C'est toute la classe Qui en bénéficie Donc c'est ça l'esprit De ce qu'on voudrait Mettre en place En quatrième, troisième Avec des élèves Vous n'avez pas échappé Qu'entre les 12, 13 De sixième, cinquième Et les 14, 15 Voir 16 De quatrième, troisième On change beaucoup Et là on ne peut pas Tout à fait proposer La même chose C'est ça aussi l'idée Des groupes de besoin Proposer un temps On est vraiment plus Près du besoin De l'attention Qu'on porte à l'élève Le temps de la classe entière Et puis on a le hors classe Qu'est-ce que je peux faire Hors classe Pour continuer à pleurer Hors classe c'est quoi ?
C'est les devoirs le soir C'est les devoirs de soutien Devoirs faits Là on va être parfois En tout petit groupe Là on va rejoindre Des tout petits groupes Qui peuvent être À moins de 10 par exemple C'est ce qu'était l'étude Mais de manière plus efficace Voilà Le sujet du coup Très égalitaire Tout le monde y a accès Ça c'est important Et notamment ceux Qui en ont le plus besoin On est vraiment sur Un service public De l'aide aux devoirs Et puis on a également Les stages de réussite On parle de vacances scolaires On a commencé un peu plus tôt Pré-rentrée scolaire Pré-rentrée par exemple Moi j'ai visité Des stages J'ai rencontré des stages de réussite Aux vacances d'automne Là récemment À Besançon Avec un matin plutôt Matinier plutôt consacré Aux apprentissages Et l'après-midi Avec beaucoup de sports Les sports c'est en l'occurrence De rues Je ne sais pas comment on dit Précisément Avec du skate Du BMX Des choses comme ça Et vraiment Les élèves étaient hyper contents Du dispositif Et là ils se sentent à la fois Avec de l'activité L'action physique Donc ça vous allez le généraliser Et ça On va l'offrir Beaucoup plus C'est le double On va doubler Ça existe déjà en 4ème 3ème On va le donner accessible 800 000 élèves C'est deux fois plus d'élèves Qu'aujourd'hui Parce que nous savons Que nous avons Des élèves Qui sont en difficulté Et qui ont tous envie de réussir Tous envie d'aller vers le brevet Et de poursuivre
Vous avez eu immédiatement La levée de boucliers D'un certain nombre Sophie Vénétité Qui est à la tête Du SNEF SSU Qui dit avoir déposé Un préavis de grève Chaque semaine Il ne suffira pas Qu'Anne Jente nous dise Merci pour la 2732ème fois Et qu'on est Les chevaliers Du chemin des lumières On veut des hausses De salaires Sans contrepartie On veut la suppression Du jour de carence On veut des postes En plus On veut Et elle dit même Le SNEF SSU Est prêt Pour nos salaires Nos métiers leur Est à la riposte Construisons une mobilisation Qui s'inscrit dans la durée Je n'ai aucun doute
Que Mme Sophie Vénétité Est tout à fait favorable Parce que nous aient une école Qui soit juste Et efficace Je n'en ai aucun doute Et je suis certaine Que nos enseignants Sont sur cette ligne également Donc vous pensez
Vous ne prenez pas au sérieux Cet appel à la riposte
Je ne dis pas Que je ne prends pas au sérieux L'appel social J'avais pris très au sérieux Les syndicats L'ensemble des organisations syndicales Ont été reçues Par mon ministère Dans les 72 heures Qui ont suivi leur appel Leur alerte sociale Donc oui Je prends les choses Très au sérieux S'agissant des rémunérations Elles ont été revues Elles ont été revues Largement De plus de 11% C'est 268 euros Net de plus par mois Chaque mois Avec vraiment un gros effort Qui a été fait Notamment sur les débuts de carrière Nous avons un sujet Une question qui est posée Sur ce qu'on appelle Les milieux de carrière Je sais que Mme Vénétité Nous lui avons proposé D'ouvrir le dialogue social Sur ce sujet là Et je suis vraiment Mon ministère est ouvert Pour que nous puissions en parler Avoir comment nous pouvons avancer Sur l'attractivité des métiers Elle a raison C'est vrai qu'on manque de profs Dans certains secteurs Dans certaines disciplines C'est vrai que c'est tout le paradoxe C'est-à-dire qu'il y a quand même
Dans ce projet de loi De budget 4000 postes supprimés Et vous nous dites On manque de postes Parce qu'on voit bien
Qu'on a en plus Une inégalité territoriale Des contraintes démographiques Ça dépend des disciplines C'est pas la même chose Au premier degré Au second degré Il y a beaucoup moins d'ailleurs De suppression de postes Envisagées au second degré Qu'au premier degré Mais on a un vrai sujet D'attractivité des métiers Je pense notamment A certaines disciplines Comme maths et français
Mais quand même concrètement Le CESFSU Réactive son fonds de solidarité De caisse de grève Avec effectivement l'idée De pouvoir anticiper Des grèves dans la durée L'appel que je veux lancer
C'est aujourd'hui J'entends Madame Vénétité Elle ne veut pas Je lui dise merci Moi c'est ma façon de faire J'ai besoin de dire merci aux gens Parce que je reconnais La difficulté de leur métier Je reconnais leur engagement Je reconnais leur détermination Et je veux qu'au-delà d'ailleurs De la ministre De l'éducation nationale Que je suis La totalité de la société française D'ailleurs soit en soutien De nos enseignants Qui font un travail difficile Mais un travail essentiel L'école C'est le cœur De la République Et quand l'école réussit L'école publique réussit Derrière C'est la République Qui triomphe Donc moi j'ai besoin De ça Et je suis certaine Que nos enseignants Ont à cœur De faire réussir notre élève Ont à cœur Je suis sûre que Madame Vénétité A à cœur De réduire ces inégalités Que nous observons aujourd'hui Qui font que le collège Est devenu profondément inégalitaire Dans la réussite de nos élèves Donc c'est le projet Que je propose
J'ai encore plusieurs questions A vous poser Sur la sécurité Sur la sécurité aussi Des élèves Sur la question de l'islamisation Sur la question du harcèlement D'abord sur la question De l'islamisme Ou non à l'école Est-ce qu'aujourd'hui Ça reste un problème majeur On sait que votre Un de vos prédécesseurs Gabriel Attal En avait fait Un des éléments Majeurs de son combat Est-ce qu'aujourd'hui Ça reste un problème majeur Ça reste un combat essentiel Apprendre la laïcité
Expliquer ce que c'est Apprendre les valeurs De la République Expliquer ce que c'est Comment on doit Chacun Chaque élève Chaque parent Chaque enseignant Les respecter C'est fondamental Nos enseignants sont formés Mais ils me l'ont dit Ils me l'ont dit Parfois le contenu De la formation Nous souhaiterions Qu'elle soit plus dense Plus étoffée Ils m'ont dit aussi Qu'ils avaient besoin D'outils pour mieux savoir Comment passer Comment transmettre Ces valeurs fondamentales Il y a parfois
Des questions très précises Très concrètes Qui paraissent presque anodines Qui sont l'endroit Où se trouvent le miroir Et les toilettes Je vais vous prendre un exemple Cette professeure Qui a été giflée Par une élève A qui elle demandait D'enlever le voile Dans l'enceinte De l'établissement Ce qu'on comprend Lorsqu'on s'intéresse Un peu au dossier C'est que En fait Les jeunes filles Qui portent le voile Veulent l'enlever Et le remettre Devant un miroir Et que ces miroirs Ils sont dans les toilettes Et que les toilettes Elles sont à 20 mètres A l'intérieur De l'enceinte De l'établissement En l'occurrence La jeune fille Avait remis son voile Dans les toilettes Et donc Elle était encore Dans l'enceinte De l'établissement Lorsqu'elle croise Cette professeure Qui lui demande De l'enlever Il y a certains lycées Qui ont décidé De mettre des miroirs Sur le mur extérieur De l'enceinte Du lycée D'autres Qui ne le font pas Et qui disent Bon bah on tolère Du coup les 20 mètres C'est dans ce genre De détails Que se trouve finalement L'espace aussi De la confrontation Qu'est-ce que vous dites Est-ce que vous avez Des solutions A leur proposer Y compris sur des questions Aussi matérielles D'application de la loi Je ne pense pas
Que ce soit moi Ministre de l'éducation nationale De rentrer dans les détails Encore une fois Je crois beaucoup aussi Et je veux saluer Cette professeure Qui a simplement fait appliquer Et la loi Et le règlement intérieur De son établissement Et c'est ça que nous attendons Des professeurs C'est ça qu'ils font tous les jours Et je veux les soutenir Dans ce travail qui est difficile Je comprends Qu'ils sont régulièrement contestés Qu'ils sont régulièrement menacés Pour certains d'entre eux Verbalement Physiquement Moralement Et que c'est totalement
Inacceptable Il y a des cours pour les profs Et puis il y a des cours Pour les élèves Richard Malkin Qui était à ce même micro Il y a une semaine Demandait à ce qu'il y ait Des cours de laïcité Pour les élèves Comme il y a des cours D'éducation civique Est-ce que vous y pensez ?
C'est prévu dans l'enseignement Moral et civique C'est prévu d'expliquer justement C'est ce que faisait d'ailleurs Monsieur Samuel Paty Qui expliquait à ses élèves Ce que c'est que la laïcité Et tous les jours Nous avons des enseignants Qui dispensent cet enseignement Souvent les professeurs d'histoire Et je note aussi Que certains autres enseignants Sont parfois contestés Je pense à certains Professeurs de mathématiques Notamment Ce qui est totalement inacceptable Donc nous avons cet enseignement Qui est déjà prévu Qu'il faut renforcer Oui je veux que chaque élève Comprenne ce qu'est la laïcité A la française Donc n'oublions pas Que nos élèves sont également Soumis à Ils sont devant Les enjeux de laïcité A l'anglo-saxonne Qui est très différent de la nôtre Qui est très perturbante pour eux Raison de plus Pour que notre enseignement Moral et civique Contienne notre enseignement D'histoire Contienne comme il le fait déjà Cet enseignement à la laïcité Et qu'on renforce Les moyens pour nos enseignants De bien
Le ministère de l'Intérieur Va redonner Cet après-midi Les tout derniers chiffres De l'antisémitisme Est-ce que Vous avez des dernières remontées On sait que l'antisémitisme Y compris dans les toutes Premières classes C'est-à-dire même en maternelle Est présent Dans les écoles de France Est-ce que vous avez des chiffres Et des remontées là-dessus ? Alors je note qu'en effet
Les phénomènes De harcèlement d'un côté Ou d'atteinte à la laïcité Aux valeurs de la république De l'autre Ne sont pas à l'apanage Uniquement des collèges Ou des lycées Que ça existe également Au premier degré En école primaire De la part d'élèves De la part parfois De parents d'élèves Et que pour toutes ces raisons La formation de l'ensemble De nos professeurs Depuis les toutes petites classes Jusqu'aux plus grandes Est fondamentale Et que la formation continue De prévoir cela Nous avons à peu près Nous avons des centaines De milliers d'enseignants Qui sont déjà formés Mais l'objectif C'est que tout soit formé D'ici 2027 C'était un cycle de 5 ans Et moi je tiens J'ai demandé d'ailleurs Qu'on aille au-delà de ça Car une fois la formation passée Il faut recommencer C'est un éternel recommencement Il ne faudra jamais lâcher Jamais Sur les enjeux de laïcité D'antisémitisme Et d'atteinte aux valeurs de la république Jamais jamais Et je veux que nos professeurs sachent Que je serai toujours en soutien En soutien très fort Et que je n'accepte pas Qu'ils soient contestés Je veux même dire que Chaque fois qu'ils seront contestés Pas un soutien Ne doit manquer A un seul de nos professeurs Et vous soutiendrez Y compris juridiquement Chaque professeur Avec un élément important Donc aujourd'hui Ils ont automatiquement Dès qu'ils sont menacés Ce que nous appelons La protection fonctionnelle Je veux pouvoir travailler Notamment avec mon collègue ministre De la fonction publique Pour que nous puissions ajouter Un élément Qui permettra A un établissement scolaire De déposer plainte Pour le moment La plainte est déposée A titre individuel Professeur par professeur Je veux aussi Que l'établissement puisse le faire Et montrer ainsi Son soutien complet et total A nos professeurs menacés
Merci Anne Jeunet Ministre de l'éducation nationale D'avoir répondu A mes questions 8h53 sur RMC BFMTV Merci Anne Jeunet
Anne Genetet