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interviewLe Média (sur YouTube)· 1 février 2022 6 min

FACE À MÉLENCHON : LÉA SALAMÉ "CONDAMNÉE"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Trois des sept personnes qui ont saisi le Conseil de déontologie journalistique ont estimé que Léa Salamé s'était rendue coupable d'inexactitudes et de non véracité des faits en affirmant des choses, notamment l'existence de quartiers où les islamistes ont pris le pouvoir, sans apporter la moindre preuve. Ils ont été suivis par le Conseil, qui a estimé dans son avis que Léa Salamé avait repris à son compte cette affirmation assez grave, sans l'appuyer par des faits. Et en le faisant, estime le conseil, elle a enfreint la règle déontologique du respect, de l'exactitude et de la vérité.

Connaissez-vous le Conseil de déontologie journalistique et de médiation ? Pour tout vous dire, il s'agit d'une instance de médiation entre les journalistes, les agences de presse et les médias d'un côté et de l'autre côté, les usagers citoyens. En son sein, cohabitent des journalistes ainsi que des représentants des médias et du public.

C'est un organe d'autorégulation, une sorte de tribunal moral et pas judiciaire dont l'objectif est de travailler au retour de la confiance entre citoyens et médias. Et justement, ce conseil de déontologie a rendu public hier ses derniers avis et l'un d'entre eux fait suite à des saisines de téléspectateurs de France 2 en colère après une édition de l'émission « On est en direct » de Laurent Ruquier, une édition où Jean-Luc Mélenchon était invité et Léa Salamé, chroniqueuse et intervieweuse, une Léa Salamé particulièrement en verve, voire agressive. Bref, rien à voir avec la Léa Salamé, qui sait se montrer à la fois enjouée et admirative quand il s'agit d'interviewer Emmanuel Macron ou Carlos Ghosn, ex-PDG de Renault Nissan Mitsubishi, en cavale après s'être évadé de prison au Japon où il était inculpé pour abus de biens sociaux.

Votre évasion fascine absolument le monde entier. Pour beaucoup d'enfants, vous êtes l'homme qui a voyagé dans la malle. Ne nous égarons pas et revenons au face à face Salamé Mélenchon du 3 octobre 2021.

Il a fait l'objet de cette saisine citoyenne auprès du Conseil de déontologie journalistique et de médiation. Les plaignants ont dénoncé l'attitude et le ton de la journaliste, estimant qu'elle était irrespectueuse, haineuse, partiale. Le conseil a refusé de leur donner raison sur ce point.

Pourquoi ? Parce qu'au fond, et je cite, "les notions de manque, d'objectivité, d'animosité et d'agressivité sont difficiles à objectiver Le risque de procès d'intention existe. Les journalistes disposent donc d'une grande latitude dans le choix du ton et du style qu'ils adoptent." Les plaignants ont aussi considéré que Jean-Luc Mélenchon n'avait pas eu le temps de répondre aux propos de Léa Salamé.

Le Conseil ne leur a pas non plus donné raison sur ce point, analyse des temps de parole à l'appui. En revanche, il y a une séquence de l'émission qui a été considérée comme problématique à la fois par les plaignants et le conseil de déontologie. Regardons un court extrait Et ça n'existe pas ?

C'est totalement faux de dire qu'il y a des quartiers où les islamistes ont pris le pouvoir aujourd'hui en France ? C'est totalement faux ? Oui.

C'est faux ? Oui. Bon bin si vous le dites...

Alors non, c'est vous qui dites le contraire sans aucune preuve. Trois des sept personnes qui ont saisi le Conseil ont estimé que Léa Salamé s'était rendue coupable d'inexactitudes et de non véracité des faits en affirmant des choses, notamment l'existence de quartiers où les islamistes ont pris le pouvoir sans apporter la moindre preuve. Et c'est sur ce grief qu'ils ont été suivis par le Conseil, qui a estimé dans son avis que Léa Salamé.

Ils ont été suivis par le conseil, qui a estimé dans son avis que Léa Salamé avait repris à son compte cette affirmation assez grave, sans l'appuyer par des faits. Et en le faisant, estime le conseil, Elle a enfreint la règle déontologique du respect, de l'exactitude et de la vérité. Alors, ce conseil de déontologie n'a pas de pouvoir de police il se veut organe d'autorégulation, et Léa Salamé ne sera ni suspendue ni blâmée par son employeur.

Mais elle perd tout de même la face en se voyant ainsi taper sur les doigts et surtout, cet avis remet en lumière ces séquences troublantes où l'on voit Léa Salamé, journaliste censée représenter une forme de progressisme endosser de manière quasiment militante des fantasmes chers à l'extrême droite. Forcément, cela nous rappelle une réplique de Sonia Mabrouk, journaliste vedette d'Europe1, au ministre de L'économie, Bruno Le Maire, abasourdi de voir que le monstre nourri notamment par le système Macron, était au final hors de contrôle. Vous n'êtes pas d'accord avec le diagnostic posé par Eric Zemmour ?

Absolument pas. Tout est faux dans ce qu'il dit ? Je suis vraiment en opposition frontale avec le diagnostic qui est fait.

Vous voulez pas voir la réalité, alors ? Mais pourquoi est-ce que vous me posez cette question ?