Trump/Macron : le tango de tous les dangers à Paris
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 90 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:13OuverteRéponse partielle
Donald Trump semble avoir des soucis avec l'enquête sur un éventuel complot avec la Russie. N'est-ce pas scandaleux de lui accorder les moyens de faire bonne figure en le recevant à Paris ?
- 3:16OuverteRéponse directe
Quel intérêt peut bien avoir Emmanuel Macron à lui dérouler le tapis rouge avec le Saint-Mole de France, clin d'œil à la Tour Eiffel, et participer au défilé du 14 juillet ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Invité politiqueFait
« Il a claqué la porte de l'accord de Paris »
- 2:21Invité politiqueFait
« Les États-Unis étaient membres de cet accord de Paris signé fin 2015 pour se mettre d'accord sur ce danger que représentent les émissions de gaz à effet de serre pour l'ensemble de la planète »
- 4:09Invité politiqueFait
« L'Europe est un mal en point, etc. On va essayer de resserrer les boulons en faisant l'Europe de la défense »
- 5:19Invité politiqueFait
« Il avait exigé de ses alliés de l'OTAN [...] qu'ils augmentent leurs dépenses militaires de façon très, très sensible »
Temps de parole
- Emmanuel Macron91 %
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- ?4 %
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Bonjour,
Bruno Dan.
Bonjour.
Donald Trump semble avoir des soucis avec l'enquête qui relève l'existence d'un éventuel complot entre lui et la Russie. N'est-ce pas scandaleux dans cette situation de lui accorder les moyens de faire bonne figure en le recevant à Paris ?
Oui, c
'est effectivement honteux de recevoir Donald Trump aujourd'hui à Paris. Mais le pire n'est pas dans cette... Je ne
veux
pas préjuger de cette enquête officielle sur les relations de Trump avec la Russie et son éventuel complot pour nuire à Hillary Clinton dans la campagne présidentielle et tout ça. Je pense que ça,
c
'est beaucoup moins important que les dangers réels que représente cet homme. et ils représentent des dangers forts à la fois pour la paix dans le monde et pour la planète sur les enjeux climatiques. Et ça, là-dessus, on dit très peu de choses dans la presse.
On se
contente de focaliser sur la Russie. Malheureusement,
il
avance, Donald Trump, il est persuadé, c'est un nationaliste, il est persuadé qu'il veut refaire, rendre Make America Great Again, rendre sa grandeur à l'Amérique, et rendre sa grandeur à l'Amérique, ça passe par la puissance militaire. Et ça, il a annoncé une augmentation historique du budget de l'armée de 9% et ça va contribuer à une course aux armements. Et le fait d'inviter Donald Trump aujourd'hui, c'est l'encourager à aller dans ce sens. On va le voir. Et puis, il
y
a le deuxième point très préoccupant, c'est sur la planète. Là, on a vu, avec, il a claqué la porte de l'accord de Paris. Les États-Unis étaient membres de cet accord de Paris signé fin 2015 pour se mettre d'accord sur ce danger que représentent
les
émissions de gaz à effet de serre pour l'ensemble de la planète. Les uns et les autres, c'était assis autour d'une table, où il
s
'était mis d'accord sur un programme pour réduire les émissions, réduire la température, l'augmentation de la température sur la planète, etc. Eh bien, lui, il fait acte de climato-scepticisme ouvert en disant, moi, ça ne m'intéresse pas, ce n
'est
pas mon problème et je fais même un doigt d'honneur à la communauté internationale. Et cet homme qui vient de faire un doigt d'honneur à la communauté internationale sur les questions climatiques, eh bien, c'est cet homme que reçoit notre président Emmanuel Macron aujourd'hui à Paris. Et ça, c'est beaucoup plus grave, ces questions climatiques et ces questions de paix
sont
extrêmement, sont,
de
mon point de vue, beaucoup plus graves que son éventuelle compromission avec la
Russie.
Mais
quel intérêt peut bien avoir Emmanuel Macron à lui dérouler ainsi le tapis rouge
avec
le Saint-Mole de France, cliné à Tour Eiffel
et
participer au défilé de 14 juillet
?
Oui,
mais,
présent sur les Champs-Elysées, c'est les plus grands honneurs qui sont réservés ainsi à Donald Trump. Et là, je pense que c'est là qu'on voit les convergences, les convergences de la honte d'Emmanuel Macron. C'est-à-dire que, sur le plan, on parlait tout à l'heure des deux grands dangers, la guerre
et,
du point de vue de la paix, et la planète, et pour la planète. Je pense que,
sur
la guerre, Emmanuel Macron a une stratégie pour la France qui consiste à dire « L'Europe est un mal en point, etc. On va essayer de resserrer les boulons en faisant l'Europe de la défense. »
Et
pour cela, on va utiliser l'atout, entre guillemets, que constitue la puissance militaire française, notamment le nucléaire, etc., la bombe atomique et tout, pour essayer de souder autour de la France une défense,
ce
qu'on appelle une défense européenne. Mais ça, ça va, évidemment, Emmanuel Macron s'est lancé là-dessus, la chancelière, Angela Merkel, a accepté de se lancer sur ce projet. Et ça, ça va coûter très cher.
Or,
ça répond exactement, si on regarde les choses un peu dans le temps, ça répond exactement aux sollicitations de Donald Trump. Donald Trump, il ne se contente pas de faire des surenchères, enfin, d'augmenter de manière faramineuse les dépenses militaires des États-Unis, qui sont déjà une hyperpuissance, qui dépense déjà des milliards et des milliards pour son armée.
Mais,
en plus, il avait exigé de ses alliés de l'OTAN, je ne
sais
pas si vous vous souvenez de ce débat, si vous ne faites pas ça, moi, l'OTAN, ça sera obsolète, je le quitte, etc. Il avait exigé de ses alliés de l'OTAN qu'ils augmentent leurs dépenses militaires de façon très, très sensible. Eh bien, c'est ce que fait, le doigt sur la coudure du pantalon, notre président, Emmanuel Macron, il répond présent, et il va augmenter ses dépenses militaires, dans le cadre d'un projet,
c
'est présenté comme un projet européen, l'Europe de la défense, etc.
Donc,
ça, c'est terrible. Deuxième point de convergence terrible, y compris sur le climat. Parce que, là, sur le climat, on présente généralement Emmanuel Macron comme quelqu'un qui serait en désaccord avec Trump, et qui voudrait ramener... À
la
sagesse. Voilà, le ramener à la sagesse, et le ramener dans le giron de la discussion internationale. Il l'a quitté, là, et ça serait dommageable, donc il le ramènerait dans le giron de la discussion internationale. Mais,
là
aussi, il y a une différence, il y a des contradictions entre cette image qu'il essaye de se donner, et puis la réalité concrète.
Pour
ramener Trump dans cette...
Les
arrondages, là.
Pour ne pas l'isoler de trop, au G20, c'est Emmanuel Macron qui a mouillé le plus sa chemise, et le G20 a accepté de signer un texte qui fait la part belle à la voie solitaire des Etats-Unis, originale et solitaire des Etats-Unis, en disant, oui, mais...
Et
les Etats-Unis se sont engagés, eux, à prendre l'argent qu'ils voulaient consacrer à l'aide aux pays du Sud pour qu'ils se mettent d'équerre sur la transition énergétique. Eh bien, cet argent, tenez-vous bien, Donald Trump a obtenu que dans le texte du G20, c'est dans le texte officiel, cet argent, il soit consacré à la modernisation des industries pétrolières de ces pays. C'est-à-dire que c'est exactement en contradiction avec les objectifs du G20. On va moderniser les industries pétrolières et donc émettre davantage, ces pays vont émettre davantage de gaz à effet de serre. On ne
va
pas permettre à ces pays de lutter contre cette tendance de l'humanité depuis quelques décennies à émettre toujours davantage, avec l'industrie,
à
émettre toujours davantage de gaz à effet de serre. Donc,
ça,
c'est une concession terrible et c
'est...
Trump, Macron, pardon, s'est beaucoup mobilisé au G20 pour obtenir cela. Et puis, il y a une autre convergence qui est encore plus terrible. C'est que,
sur le
plan, justement, de cette aide au pays qui est décisive, parce qu'il
y
a les pays, les gros pollueurs de la planète que sont les États-Unis, la France, enfin, les vieux pays industriels,
c
'est les plus gros pollueurs. Et ces gros pollueurs, le principe qui avait été retenu à Paris, c'est que ces gros pollueurs devaient aider, effectivement, les pays du Sud à faire leur transition énergétique avant même d'être arrivés à un stade véritablement industriel.
Bon, possible,
évidemment, mais ce que fait Emmanuel Macron, ça va en contradiction avec ça puisqu'il vient d'annoncer, et là aussi, il est sur la même longueur d'onde que Trump,
il
dit,
moi,
je veux bien dépenser, je veux bien dépenser davantage pour mon budget,
pour
le budget de l'État, mais il faut que je rentre dans les clous des 3% de Maastricht, etc.
Donc,
pour faire cela, je vais moins donner à l'aide au développement. L'aide au développement va être réduite, la France va être réduite. Donald Trump, il fait exactement la même chose. Lui, c'est parce qu'il va dépenser et dépenser des milliards et des milliards pour le militaire, mais pour tenter d'équilibrer les choses, eh bien, il a déclaré, il a dit qu'il allait couper les crédits à USAID, c'est-à-dire l'aide au développement des États-Unis.
Donc là, une convergence frappante et qui risque d'être extrêmement nocive pour la réalisation de ce principe que j'évoquais tout à l'heure, c'est-à-dire que les pollueurs, les grands pays pollueurs, vont aider, doivent aider les pays du Sud à se moderniser, à faire leur transition énergétique. Voilà, c'est sur ces deux points, au moins, sur la guerre, comme sur l'avenir de la planète, la préservation de l'avenir de la planète, c'est catastrophique, enfin, c'est absolument honteux. Ces convergences entre les deux présidents sont patentes et absolument honteuses.
Donc
ça risque leur tango de tous les dangers perdurer. Oui, malheureusement, parce qu'on n'invite pas le président des États-Unis, on n'invite pas le président des États-Unis en France, si c'est pour simplement bavarder et célébrer au 14 juillet l'intervention des troupes américaines en 1917, le centenaire de ça. On sait que ça va bien au-delà de cela.
Merci beaucoup.
Emmanuel Macron