đŽ EN DIRECT - Sandrine Rousseau invitĂ©e de RMC et BFMTV
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vous cite, il faut sortir d'un déni que la situation que nous vivons serait exceptionnelle et transitoire. Est-ce que ce qu'on vit, ce qui est exceptionnel aujourd'hui, va devenir la norme ? Est-ce que ça veut dire qu'il va falloir prendre des mesures inimaginables aujourd'hui pour nous protéger, qu'on n'a jamais expérimenté avant, pour, je ne vais pas dire limiter le dérÚglement climatique, mais vivre avec ?
Malheureusement, oui. Et malheureusement, oui, parce que nous sommes dans l'incapacitĂ© de mener des politiques publiques qui nous permettent de regarder l'avenir sereinement aujourd'hui. Aujourd'hui, nous ne remplissons pas les objectifs qui devraient ĂȘtre les nĂŽtres en matiĂšre de rĂ©duction des Ă©missions de gaz Ă effet de serre.
Donc, ce que prĂ©voit le GIEC, qui est le Groupement International des Experts pour le Climat, c'est que les Ă©vĂ©nements comme les mĂ©ga-feux qu'on connaĂźt aujourd'hui en Aquitaine, ou la sĂ©cheresse extrĂȘme du sud de la France, les inondations en Allemagne, comme vous en avez parlĂ©, ou les mĂ©ga-feux en GrĂšce, vont ĂȘtre des Ă©vĂ©nements qui, chaque annĂ©e, vont se reproduire. Et que, chaque annĂ©e, il va aussi y avoir un Ă deux Ă©vĂ©nements, voire peut-ĂȘtre plus, qui seront d'une ampleur que nous n'avons encore jamais connue.
Donc, en fait, aujourd'hui, la question, c'est vraiment d'appuyer sur le frein de maniÚre radicale et immédiate, et de nous adapter, c'est-à -dire de mettre en place des politiques d'adaptation.
Alors, prenons un exemple d'une politique d'adaptation. Il y a une polĂ©mique qui est montĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux ces derniers jours Ă propos de la gestion de la forĂȘt de la ThĂšse de BĂ»che. Il y a un an, votre collĂšgue sĂ©natrice Ă©colo, qui s'appelle Monique de Marco, dĂ©putĂ©e sĂ©natrice de Gironde, s'Ă©tait fĂ©licitĂ© d'avoir obtenu du gouvernement la suspension d'un plan de gestion de la forĂȘt de la ThĂšse de BĂ»che. Elle Ă©crivait sur son site « Laissons la forĂȘt telle qu'elle est ». Elle se rĂ©fĂ©rait, en fait, Ă une tradition de gestion de cette forĂȘt qui remontait Ă 1468, qui, selon elle, je la cite, Ă©tait « vertueuse et respectueuse de l'environnement ».
S'il faut que nous nous adaptions en prenant des mesures qu'on ne prenait pas avant, est-ce que, typiquement, ce type de tradition ne doit pas ĂȘtre remis en cause ? Est-ce qu'au nom de l'environnement, on ne doit pas prendre des mesures qui n'Ă©taient pas nĂ©cessaires autrefois ?
DĂ©jĂ , dire quand mĂȘme que les mĂ©ga-feux ne sont pas liĂ©s aux Ă©coles.
Non, non, ce n'est pas ce que j'ai dit. Elle n'était pas la seule à demander une suspension de plan de gestion.
Les organisations, les ONG internationales, ont des positions assez diffĂ©rentes lĂ -dessus, mais il y en a qui disent qu'il nous faudrait retrouver 10% de notre territoire national en forĂȘt vierge. C'est-Ă -dire qu'en fait, on n'intervient plus du tout sur ces espaces-lĂ . Pourquoi ? Parce qu'en fait, ce sont des espaces de rĂ©gulation qui se mettent en place. Et le problĂšme aujourd'hui, c'est qu'on a complĂštement perdu l'aspect sauvage de la nature et l'aspect autorĂ©gulĂ© de la nature. Et donc, oui, on doit intervenir ici ou lĂ pour limiter les consĂ©quences sur les populations.
Mais en fait, la nature, si on la laisse s'autogĂ©rer, a les moyens de s'organiser elle-mĂȘme pour limiter les effets du rĂ©chauffement.
Oui, mais elle moulerait plus facilement, parce qu'elle ne fait pas rĂ©guler la forĂȘt.
Ăa dĂ©pend, parce que ce seraient aussi des zones qui seraient plus humides. Par exemple, il y aurait plus de zones humides qu'il y a actuellement, parce que si vous laissez la nature faire seule, alors elle redĂ©veloppe des zones humides, des marĂ©cages, etc. Ce qu'on a complĂštement perdu en France. Enfin, on a assĂ©chĂ© la plupart des zones humides en France. C'est un des problĂšmes, d'ailleurs.
Et qui pourraient planter des endroits en France, par exemple, qui sont des zones agricoles ?
Oui.
D'accord. On va venir sur le pouvoir d'achat, puisque...
Et surtout, l'important, c'est quand mĂȘme de diminuer la bĂ©tonisation. C'est-Ă -dire que les zones agricoles, on en a besoin pour manger et pour avoir des terres agricoles. Aujourd'hui, ça devrait ĂȘtre le bien le plus prĂ©cieux, qu'on ait la terre agricole. Et c'est pour ça qu'on devrait beaucoup en prendre soin. Et par contre, le bĂ©ton pourrait s'en passer dans bien des endroits.
Le paradoxe, et c'est un paradoxe collectif, pas seulement des politiques, c'est qu'au moment oĂč certaines villes de France vivaient les heures les plus chaudes de leur histoire, les dĂ©putĂ©s commençaient Ă dĂ©battre de la loi pouvoir d'achat. Et dans cette loi pouvoir d'achat, l'un des sujets les plus disputĂ©s entre les groupes, c'est le montant de l'argent public qu'on va mettre pour baisser le prix des carburants.
Je me souviens, vous avez entendu dire sur BFMTV et RMC, il y a un an, c'est-à -dire Rousseau, lors du dernier débat de la primaire écolo, qu'il faudrait augmenter le prix de l'essence entre 6 et 10 centimes le litre sur une année, pendant les cinq années du mandat, ce qui fait 50 centimes de plus. Il se trouve qu'en raison de la situation internationale, on en est à peu prÚs là , autour de 2 euros le litre. Et à l'époque, vous disiez, il faut que l'essence augmente, car c'est ce qui nous met en danger. Donc par principe, vous refuserez, vous voterez contre toute mesure qui limiterait le prix des carburants ?
Non mais vous voyez bien que là , c'est exactement ce que je dénonçais en fait, c'est-à -dire qu'on laisse les choses faire, sans agir, sans que la puissance publique agisse. Parce que ce que je proposais comme augmentation, c'est une augmentation graduée, et ce qui permettait d'obtenir des financements pour mettre en place des politiques alternatives.
C'est une sorte de taxe serbonne.
Mais oui, mais là , aujourd'hui, aucun plan massif n'est mis en place pour qu'on se passe de l'essence. Rien ! Donc en fait, les gens subissent, ils prennent ça en plein visage, et ils n'ont aucun moyen, ils n'ont aucun moyen d'avoir une alternative. Et c'est ça qui est criminel. Et moi, je le dis, on peut se voiler la face là -dessus et continuer comme ça, mais ce que l'on fait, c'est que l'on met des gens en danger de vie ou de mort, réellement.
Donc ça veut dire que vous voterez contre toute mesure qui limiterait le prix des carburants ?
Non mais je pense qu'à trÚs court terme, on a absolument besoin d'aider, notamment les personnes qui dépendent du carburant pour leur travail, donc il faudrait des mesures ciblées pour les personnes qui en ont absolument besoin, mais qu'à moyen terme, il va nous falloir accepter ce fait, nous devons moins dépendre de l'essence. Voilà , et je sais que ce n'est pas agréable quand je le dis, je sais que les gens n'aiment pas ça, je sais que quand je dis qu'il va falloir se passer des SUV, en général, ça me vaut moult réflexions sur les réseaux sociaux. Pour autant, c'est la réalité aujourd'hui.
Et ça ne vous empĂȘcherait pas aujourd'hui de voter une mesure ? Par exemple, certains dĂ©putĂ©s du PES prennent un blocage des prix Ă 1,40âŹ, vous y ĂȘtes favorable ?
Qui est temporaire, avec des augmentations fortes de politiques publiques pour se passer d'essence, et par ailleurs pas pour tous les véhicules.
Donc par exemple, quand le prĂ©sident de la RĂ©publique hier soir reçoit en grande pompe le prĂ©sident des Ămirats Arabes Unis Ă Versailles pour un dĂźner d'Ătat, et qu'il nĂ©gocie un accord pour qu'on puisse importer du gasoil pour les moteurs diesel, au nom de la souverainetĂ© Ă©nergĂ©tique, c'est un problĂšme ?
Non, non, on ne peut pas faire ça aujourd'hui. On ne peut pas faire le gaz de schiste amĂ©ricain, qui en plus met les gens aux Ătats-Unis, dans les zones oĂč c'est extrait, dans des situations trĂšs compliquĂ©es, parce que c'est trĂšs polluant.
L'un des aspects de la loi sur le pouvoir d'achat, c'est d'importer du gaz liquéfi américain, donc du gaz de schiste, et de dépenser de l'argent public pour un méthanier au Havre, c'est ça ?
Oui, exactement. Dans la loi pouvoir d'achat, ce qui n'a rien Ă voir avec le pouvoir d'achat, on a la mise en place d'un terminal mĂ©thanier, c'est-Ă -dire d'un lieu oĂč on va pouvoir importer du gaz de schiste. Le gaz de schiste, c'est vraiment ce qu'il y a de plus polluant Ă extraire. Et ça, on le fait aux Ătats-Unis, et on appelle ça en plus souverainetĂ© Ă©nergĂ©tique, ce qui n'a rien de souverain, puisqu'on dĂ©pend des Ătats-Unis. Donc en fait, lĂ , on est comme dans une espĂšce de machine folle. Le mieux, c'est de dĂ©pendre de personne, en fait, et de faire en sorte qu'on n'ait plus besoin de cette Ă©nergie fossile.
Ă long terme. Et aujourd'hui, comment on fait ?
Mais on peut le faire trĂšs rapidement. LĂ , ça fait depuis maintenant plus d'un an qu'on est dans cette situation de crise. On aurait pu mettre en place des plans d'urgence. Moi, par exemple, dans la loi sur le pouvoir d'achat, j'avais proposĂ© qu'il y ait un plan de rĂ©novation des logements qui soit avancĂ© Ă 2023, alors qu'aujourd'hui, la limite pour rĂ©nover un logement qui est une passoire thermique, c'est 2025. On avançait de deux ans, ce n'Ă©tait pas rĂ©volutionnaire, ça ne mettait pas le feu Ă la sociĂ©tĂ©. Ăa a Ă©tĂ© refusĂ©, irrecevable, ça a Ă©tĂ© jugĂ© irrecevable, ça ne dĂ©pensait pas un sou d'argent public supplĂ©mentaire.
Aujourd'hui, nous sommes dans un dĂ©ni collectif sur la situation climatique, un dĂ©ni qui met nos enfants en danger. Il faut bien comprendre ça. La sociĂ©tĂ© que nous sommes en train de leur laisser est une sociĂ©tĂ© dangereuse pour eux. Et ça, nous le faisons au titre du fait que nous ne voulons pas changer nos modes de vie. Alors oui, il y a des choses qui ne seront pas trĂšs agrĂ©ables dans le fait de changer nos modes de vie. C'est Ă©vident. Et moi-mĂȘme, je serai la premiĂšre sans doute Ă rĂąler sur des choses. Mais Ă un moment donnĂ©, il s'agit de l'avenir de nos enfants. Nous avons cette responsabilitĂ©-lĂ .
à ce propos, Bruno Le Maire s'est adressé à vous hier en séance. Je le cite en longueur. On coupe le gaz, on coupe le pétrole, on coupe l'essence à tout le monde, on coupe l'électricité tout de suite. Maintenant, il n'y aura plus de problÚme de pouvoir d'achat. Demain, on éteint tout. Vive la décroissance. Madame Rousseau a écouté vos discours. Je vous dirais simplement que l'apocalypse ne fait pas un projet politique pour la nation française.
C'est irresponsable. C'est irresponsable de la part d'un ministre du gouvernement aujourd'hui, alors que le rapport du GIEC est sorti il y a quelques semaines, voire quelques mois. C'est irresponsable. C'est irresponsable. Qu'il ouvre la télé et qu'il regarde les feux. On y est déjà dans la catastrophe. Quand je dis qu'en fait, on préserve l'avenir de nos enfants, c'est déjà le nÎtre qu'on doit préserver. C'est irresponsable de la part d'un ministre de l'économie de sortir ça. Vraiment. Je ne sais pas si vous avez regardé le film Don't Look Up. Moi, je n'aime pas trop parce que c'est une comÚte qui tombe du ciel.
Alors que là , c'est nous qui sommes responsables de ce réchauffement climatique. Mais là , on est dans un déni qui est criminel.
En mĂȘme temps, il pense Ă tous ces Français. Je sais qu'il y a nombreux qui nous Ă©coutent. Par exemple, habita en zone rurale. Une famille avec deux enfants. Ils habitent Ă quelques dizaines de kilomĂštres de leur travail. Ils ont deux voitures, peut-ĂȘtre mĂȘme une chaudiĂšre au fioul. Ils n'ont pas forcĂ©ment de gros revenus. Et ils vont passer un hiver difficile.
Et c'est pour ça qu'on doit les aider. Et c'est pour ça qu'on doit orienter l'ensemble de nos politiques publiques vers eux. Parce qu'eux, ils ne peuvent pas changer. Ils n'ont pas de mĂ©tro Ă proximitĂ©. Donc, ils ont absolument besoin de politiques publiques oĂč on change radicalement leur maniĂšre d'avoir une mobilitĂ©. Et leur maison. Leurs maisons, aujourd'hui, la plupart des maisons en ruralitĂ© n'ont pas les moyens d'ĂȘtre rĂ©novĂ©es, d'ĂȘtre isolĂ©es. On doit faire des plans d'urgence pour ces personnes-lĂ . C'est pareil sur la mobilitĂ©. On doit penser autre chose que la voiture individuelle comme seul recours.
Et par ailleurs, mĂȘme dans les voitures individuelles, aujourd'hui, il y a moyen de faire des vĂ©hicules beaucoup plus lĂ©gers que ce que l'on a actuellement et qui dĂ©pensent beaucoup moins d'essence. Donc, en fait, avec de la volontĂ© politique, on peut protĂ©ger ces personnes des milieux ruraux. Et on en a absolument besoin. Parce qu'on a besoin d'habitants dans les milieux ruraux. Et lĂ , aujourd'hui, ce sont eux les plus exposĂ©s au rĂ©chauffement climatique.
J'ouvre une parenthĂšse, mais dans ce dĂ©bat sur le pouvoir d'achat, il y a un amendement de votre groupe Ă©colo qui va ĂȘtre examinĂ© en science qui doit permettre aux Français qui ont une voiture diesel de rouler Ă l'huile de friture usagĂ©e. C'est une solution, ça ?
Mais ça fait partie de ces petites solutions. Ce n'est pas ça qui va nous sauver, mais ça fait partie de ces petites solutions.
Vous souhaitez que la majorité vote avec vous là -dessus ?
Oui, mais je souhaite qu'elle vote avec nous sur plein d'autres choses, y compris sur l'encadrement des loyers, sur l'augmentation du SMIC, pour qu'il y ait aussi des gestes forts en disant « ne vous oublie pas ». C'est-à -dire qu'on n'oublie pas le social au titre de l'écologie, mais par contre, il nous faut maintenant faire de l'écologie.
Le débat en séance hier soir sur Néroso tournait autour de prime ou salaire, puisque notamment il y a l'idée de tripler la prime Macron avec une exonération des cotisations sociales. Il y a beaucoup de parlementaires qui ont dit « attendez, une prime, ce n'est pas un salaire, ça ne permet pas d'obtenir un loyer ». Mais est-ce que pour beaucoup de Français qui ont vraiment des problÚmes pour finir le mois, est-ce qu'une prime, ce n'est pas « déjà ça » ?
Mais bien sĂ»r, mais Ă©videmment que ce sera dĂ©jà ça. Et lĂ , il y a une partie des Français et Françaises qui n'arrivent mĂȘme pas Ă finir le mois Ă partir du 10 de mois. Donc Ă©videmment que ce sera dĂ©jà ça. Sauf qu'une prime, la prime Macron, en fait, on ne fait que prolonger la prime Macron. La prime Macron, il n'y a qu'un quart des salariĂ©s qui l'ont eu. Un quart ! Ăa veut dire qu'il y a trois quarts qui n'ont rien. Et c'est pour ça que nous, on se bat pour que ce soit les salaires et pas une prime, parce que les salaires, c'est pour tout le monde, pour tout le monde, quelle que soit l'entreprise dans laquelle on travaille. Donc en fait, c'est ça, c'est pour quoi on se bat.
Et je sais qu'il y a des éclats de voix, il y a des effets de manche, et que les Français et Français ne comprennent pas forcément ce qui se passe à l'Assemblée nationale. Mais ce qui se passe, c'est qu'on se bat sur deux visions, en fait, de l'accompagnement des personnes les plus fragiles dans notre société. Il y a une vision qui est à coup de chÚques, à coup de primes, à coup de... et qui nie la gravité de la situation. Et il y a une vision qui est la nÎtre, qui pense que cette situation est tellement importante, tellement structurelle, qu'il nous faut des mesures structurelles, et donc une augmentation des salaires les plus faibles.
On a compris que les dĂ©putĂ©s Ă©colo ne voteront pas cette loi pouvoir d'achat, mais est-ce qu'ils vont s'abstenir ou est-ce qu'ils vont voter contre ? Symboliquement, ce n'est pas la mĂȘme chose.
Le groupe n'a pas encore dĂ©cidĂ©, on verra bien, on a une rĂ©union ce matin et on va en dĂ©cider. Moi, je vous dis juste que dans cette loi pouvoir d'achat, qui ne donne que quelques miettes Ă quelques-uns et qui met beaucoup de carbone, moi j'ai proposĂ© qu'on renomme cette loi des miettes et beaucoup de carbone, vraiment, ça n'amĂ©liore pas la situation, ça ne fait mĂȘme qu'aggraver la situation, qui gĂ©nĂšre notre problĂšme. Enfin, si vous continuez Ă Ă©mettre du carbone, alors l'essence continuera Ă augmenter. C'est aussi simple que ça. Donc lĂ , aujourd'hui, on se tire une balle dans le pied en faisant cette loi sur le pouvoir d'achat.
Vous, en tout cas, vous aimeriez plutĂŽt voter contre cette loi plutĂŽt que vous abstenir. Vous ĂȘtes au groupe Ăcolo, mais vous faites aussi partie de la NUPES. Vous aviez appelĂ© la semaine derniĂšre le dĂ©putĂ© Ăric Cochrel Ă se mettre en retrait de la prĂ©sidente de la Commission des Finances aprĂšs qu'une enquĂȘte a Ă©tĂ© ouverte pour agression et harcĂšlement sexuel. Et hier, Mathilde Pannot vous a rĂ©pondu sur France Info. Pas de retrait, dit la chef du groupe Insoumis. Elle dit qu'en fait, Ăric Cochrel a seulement touchĂ© la taille de la plaignante, effleurĂ© ses fesses, proposĂ© de la ramener en taxi. Lorsqu'elle a dit non, il ne s'est rien passĂ©. Fin de citation.
Est-ce que vous ĂȘtes déçue de cette dĂ©cision des Insoumis ?
Moi, je laisse les Insoumis rĂ©agir Ă cette affaire comme ils le souhaitent. Moi, ce que je dis, c'est que lĂ , ce qu'il serait serein de faire, et ce qui donnerait un signal trĂšs important Ă la parole des femmes et au respect de cette parole, c'est de dire que pendant quelques semaines, quelques mois, Ăric Cochrel ne prĂ©side pas la Commission des Finances. Ce n'est pas un geste trĂšs lourd de consĂ©quences, puisqu'il n'y a pas de dĂ©mission Ă ce stade. Il y a juste le fait qu'on laisse la prĂ©sidence Ă quelqu'un d'autre. Mais par contre, ce serait un geste trĂšs fort Ă destination des femmes. Et franchement, on en manque.
J'ai lu dans le magazine Elle au dĂ©but du mois que vous souhaitiez la mise en place d'une instance sur le mĂȘme modĂšle que la haute autoritĂ© pour la transporte en avis publique, une instance publique qui pourrait recueillir la parole des femmes ?
Oui, mais qui serait aussi sur l'ensemble des discriminations, c'est-à -dire que... Pas seulement dans le monde politique ? Si, dans le monde politique. Aujourd'hui, dans le monde politique, il n'y a aucune espÚce d'instance qui permet de gérer ça ou d'anticiper ça. On l'a vu avec Hulot, Abad, Darmanin et plein d'autres. Bon, tout cela, en fait...
Non, non, bien sûr, mais il y avait...
En fait, on n'a pas d'instance qui permette d'avoir une espĂšce d'enquĂȘte un peu indĂ©pendante des partis. Et on sait que dans les partis, il y a des loyautĂ©s qui se jouent. Donc moi, ce que je propose, c'est qu'il y ait cette haute autoritĂ© pour la lutte contre les violences et les discriminations qui vĂ©rifie... Avec des fonctionnaires ? Bien sĂ»r, qui vĂ©rifie les positionnements des ministres avant leur nomination et des dĂ©putĂ©s, etc. Et qui pourrait saisir la justice, comme la haute autoritĂ© pour la transparence pour la vie publique peut saisir la justice.
Et puisqu'on parle de Mathilde Panot, vous avez Ă©tĂ©... Qu'est-ce que vous avez pensĂ© du tweet qu'elle a envoyĂ© l'autre jour Ă propos du Veldiv, oĂč elle mettait en cause notamment le fait que le prĂ©sident de la RĂ©publique avait envisagĂ© de rendre des honneurs au marĂ©chal PĂ©tain en 2018 avant d'y renoncer ? Certains Ă©colos, et notamment la sĂ©natrice Esther Benbassa, Ă©crivaient « Laissons les morts en paix, ne les instrumentalisons pas ».
Non, mais il y a le contexte dans lequel ça s'est fait. C'est-à -dire que c'était au moment de la commémoration de la rafle du Veldiv. AprÚs, réellement, le fait qu'Emmanuel Macron ait pensé commémorer Pétain, c'est un sujet.
Avant d'y renoncer.
C'est un sujet. Non, mais c'est un sujet. C'est-Ă -dire que ça participe de la banalisation des idĂ©es d'extrĂȘme droite. Le marĂ©chal PĂ©tain a Ă©tĂ© frappĂ© d'indignitĂ©. C'est quand mĂȘme le seul chef d'Ătat qui a Ă©tĂ© frappĂ© d'indignitĂ© en France. On ne peut pas rĂ©habiliter une partie de sa mĂ©moire au motif qu'il aurait changĂ© comme ça entre deux guerres.
Ce tweet ce jour-lĂ , sans mĂȘme qu'il ait le mot « juif », alors que ses familles ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es, dĂ©portĂ©es, exterminĂ©es, parce qu'elles Ă©taient juives.
Je pense que Mathilde Panot a commĂ©morĂ© le Veldiv. Sans le mot « juif » dans le tweet. Oui, mais elle a parlĂ© d'antisĂ©mitisme, je crois. Donc l'antisĂ©mitisme, ça concerne quand mĂȘme les personnes juives, de confession juive. Et donc, oui, il fallait commĂ©morer ça, parce que c'est l'Ătat français, c'est la police française. Et qu'on y aille avec nos Ă©charpes de dĂ©putĂ©s. Il Ă©tait trĂšs important pour dire que l'Ătat français ne le refera pas.
D'un mot, votre collÚgue députée Améry Caron va déposer une proposition de loi pour interdire la corrida. Vous allez voter pour ? Ah oui. Merci Sandrine Rousseau d'avoir été ce matin sur BFM TV RMC. Il est 8h53.
Et dans un instant, lĂ , et le BFM nous font un point complexe extrĂȘmement important sur la situation sur le front des incendies, principalement en Gironde, avec ses nouveaux chiffres. 16 100 personnes Ă©vacuĂ©es pour la seule journĂ©e d'hier. Ce sont dĂ©sormais 19 300 hectares qui ont Ă©tĂ© rĂ©duits en cendres. 5 campings dĂ©truits au pilat sur mer. Point complexe, nos envoyĂ©s spĂ©ciaux, mes invitĂ©s, et puis les habitants de la rĂ©gion. A tout de suite.
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Sandrine Rousseau