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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 21 décembre 2020 25 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesEurope & internationalTravail & emploi

Liaisons interrompues avec le Royaume-Uni, prix des vaccins, attaques antisémites contre une miss... Le "8h30 franceinfo" d'Agnès Pannier-Runacher

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:59OuverteRéponse directe

    Est-ce que le gouvernement, Agnès Pannier-Runacher, est inquiet aujourd'hui ?

  • 1:38RelanceRéponse partielle

    Qu'est-ce qui se passe après ?

  • 2:23RelanceRéponse directe

    Est-ce que le gouvernement a anticipé cette mesure ?

  • 2:34RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'il fallait agir tout de suite et de cette manière ?

  • 4:32OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'une prolongation de la fermeture des frontières est envisageable ?

  • 4:56OuverteRéponse directe

    Vous diriez qu'il y a une troisième vague qui se dessine aujourd'hui ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:24PrésentateurFait
    « La France a fermé ses frontières avec la Grande-Bretagne pour 48h à cause d'une variation du virus qui est hors de contrôle sur le territoire britannique. »
  • 3:18InvitéChiffre
    « Nous avons aujourd'hui entre 13 000 et 17 000 cas déclarés chaque jour. »
  • 7:14InvitéFait
    « L'agence du médicament s'apprête à donner son avis aujourd'hui, ce qui pourrait permettre d'avoir une autorisation de mise sur le marché demain. »
  • 9:28Invité politiqueChiffre
    « 1,78€ pour le vaccin suédo-britannique Astra-Seneca. 18$ pour l'américain Moderna. »
  • 13:03InvitéChiffre
    « Entre 2000 et 2016, nous avons détruit un million d'emplois industriels nets. »
  • 13:37InvitéChiffre
    « 3900 entreprises ont proposé un projet au titre du plan de relance. »
  • 20:17InvitéChiffre
    « 133 salariés ont fait un choix de quitter l'usine de Bridgestone. »
  • 20:22PrésentateurChiffre
    « Sur 863 emplois. »
  • 21:56InvitéChiffre
    « Nous avons contacté plus de 600 entreprises. »
  • 22:02InvitéChiffre
    « Nous avons 24 entreprises qui ont marqué un intérêt pour regarder le dossier. »
  • 23:37InvitéChiffre
    « 4000 entreprises, en moins d'un mois, sont allées au guichet industrie du futur. »

Temps de parole

  • Invité65 %
  • Présentateur12 %
  • Agnès Pannier-Runacher11 %
  • Invité 29 %

2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Info. Bienvenue, si vous nous rejoignez sur France Info, la radio ou sur France Info, canal 27. Je salue Jean-François Akili, bien sûr, qui est à mes côtés pour ce 8h30 politique. Bonjour Jean-François.

0:13
Invité

Avec plaisir, bonjour.

0:14
Présentateur

Et bonjour à vous, Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'industrie. Parlons tout d'abord, si vous le voulez bien, de cette barrière sanitaire qui s'est érigée entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne. La France a fermé ses frontières avec la Grande-Bretagne pour 48h à cause d'une variation du virus qui est hors de contrôle sur le territoire britannique. Comme l'a dit, écoutez-le, le Premier ministre britannique Boris Johnson.

0:38
Invité

C'est avec le cœur lourd que je dois vous dire que nous ne pouvons pas passer Noël comme prévu. En Angleterre, les personnes vivant dans les zones de niveau 4 ne doivent pas se mélanger avec des personnes extérieures à leur propre foyer pour Noël. Des bulles de soutien resteront toutefois en place pour les personnes particulièrement exposées au risque de solitude ou d'isolement.

0:59
Présentateur

Alors est-ce que le gouvernement, Agnès Pannier-Runacher, est inquiet aujourd'hui ?

1:03
Invité

En tout cas, le gouvernement prend les mesures qui s'imposent. Vous avez pu constater que ces dernières semaines, nous avions anticipé le risque de circulation du virus. Nous nous sommes battus pour limiter cette circulation. Et je crois que l'ensemble des Français ont également appliqué avec rigueur les gestes barrières. Donc nous sommes à un niveau de circulation du virus qui nous permet d'espérer de fêter un Noël dans des conditions correctes. Mais effectivement, il faut redoubler de vigilance. Et c'est pour ça que nous faisons le choix de fermer nos frontières pour 48 heures. Pour 48 heures, le temps de prendre...

1:38
Présentateur

Qu'est-ce qui se passe après ?

1:39
Invité

Le temps de prendre la mesure de ce qui se passe au Royaume-Uni. Et de mettre en place les protocoles qui nous permettront justement de régler le passage de cette frontière.

1:49
Agnès Pannier-Runacher

Vous avez vu les Eurostars quand même, ils ont continué d'arriver hier soir tard, depuis le discours de Bruce Johnson. Ça se trouve, le virus est déjà chez nous.

1:56
Invité

Le virus mutant. Et c'est pour ça que nous sommes également très attentifs à ce qu'on puisse continuer à accompagner les contrôles, les tests, que toute personne qui ait un doute puisse se tester et faire en sorte de pouvoir se retirer d'interactions sociales. Aujourd'hui, vous allez dans beaucoup de pharmacies, vous allez chez le médecin, vous pouvez être testé. Vous êtes testé en 30 minutes avec des tests antigéniques et avec une PCR en 24 heures.

2:23
Présentateur

Est-ce que vous évoquiez l'anticipation qui serait celle du gouvernement ? Là, on a plutôt le sentiment d'une mesure prise en urgence qui n'a d'ailleurs pas été prise de manière coordonnée au niveau européen. Est-ce qu'il fallait agir tout de suite et de cette manière ?

2:36
Invité

Nous avons pris une décision justement très rapide sur la base d'une communication du gouvernement britannique. Donc, il nous informe et en moins de 24 heures, après avoir pris la tâche du gouvernement allemand aussi, nous sommes coordonnés entre différents pays, nous prenons cette décision. Donc, bien au contraire, on regarde, enfin, on peut constater l'agilité de notre gouvernement. Et quand je parle d'anticipation, je le parle par rapport à toutes les décisions que nous avons prises ces dernières semaines et qui nous permettent, à la différence de bien d'autres pays européens, de ne pas devoir nous reconfiner maintenant. Mais il faut que la vigilance reste totale.

Elle doit rester totale parce que nous savons que le virus circule. Nous avons aujourd'hui entre 13 000 et 17 000 cas déclarés chaque jour. Notre objectif, c'est que ça n'augmente pas.

3:27
Agnès Pannier-Runacher

Alors ça, c'est l'aspect sanitaire. Qu'est-ce qui se passe pour les 3 000 entreprises qui sont installées outre Manche ? Et puis, il y en a 30 000 qui commercent avec la Grande-Bretagne. C'est presque même pire que le Brexit, finalement, ce qui se passe là.

3:38
Invité

En l'occurrence, il s'agit de 48 heures qui est à la veille des fêtes de Noël. Donc pas forcément le moment où l'activité est à son summum. Mais bien sûr, nous sommes complètement à leur écoute. Et nous allons faire en sorte de pouvoir redémarrer et redémarrer avec des protocoles sanitaires qui leur permettent de travailler, comme nous le faisons toujours. Et le Brexit, c'est aussi un sujet. De toute façon, le 31 décembre, je le rappelle, accord ou pas accord, la frontière sera rétablie entre l'Union Européenne et le Royaume-Uni. Ainsi en a décidé le peuple britannique en juin 2016.

4:13
Agnès Pannier-Runacher

C'est le no deal, finalement. Ça y est, on y est.

4:15
Invité

Non, c'est pas ça. C'est que de toute façon, qu'il y ait un accord ou qu'il n'y ait pas d'accord, la frontière est rétablie. C'est la règle du jeu. Après, elle peut être rétablie avec des règles du jeu qui sont plus ou moins souples. Mais le 31 décembre, la frontière est rétablie.

4:28
Présentateur

Encore une fois, sur cette fermeture des frontières qui s'ajoute à l'incertitude liée au Brexit, est-ce qu'on peut aller plus loin que les 48 heures ? Est-ce qu'une prolongation est envisageable ?

4:37
Invité

Écoutez, je pense que c'est une discussion qu'on aura avec nos partenaires européens. L'enjeu aujourd'hui, c'est de faire en sorte que les échanges fonctionnent en sécurité sanitaire. On a toujours eu cette ligne de crête d'essayer de concilier activité humaine et protection des Français, protection de la santé des Français.

4:56
Agnès Pannier-Runacher

Vous diriez qu'il y a une, Agnès Pannier-Runacher, qu'il y a une troisième vague qui se dessine aujourd'hui. C'est un peu le discours public qui est en train d'évoluer, de muter lui aussi.

5:05
Invité

En l'occurrence, moi, j'écoute ce que disent les spécialistes. Martin Hirsch mentionnait hier que la deuxième vague n'était pas terminée. Donc je crois qu'on est plutôt dans ce plateau d'une deuxième vague que nous avons réussi à maîtriser. Mais encore une fois, moi, j'en appelle à la responsabilité de chacun. La solution est collectivement entre nos mains. Si nous respectons les gestes barrières, nous allons pouvoir passer des congés agréables. Et tout l'objectif, c'est effectivement de maîtriser la circulation du virus.

5:36
Agnès Pannier-Runacher

Vous entendez ceux qui disent « Ah, regardez les Européens, finalement, ils reconfinent plus vite que nous. Nous, on passe encore Noël, on circule dans la journée. C'est pas très prudent. »

5:46
Invité

Moi, je souris quand j'entends ça, parce qu'il y a quelques semaines, on nous accusait d'être trop prudents. Et en fait, la circulation du virus est moindre en France aujourd'hui que dans d'autres pays. Et tant mieux. Et je sais la difficulté de prendre ces décisions de reconfinement. Le gouvernement français a pris des décisions de reconfinement qui étaient courageuses, qui n'étaient pas dans le sens de l'attente des uns et des autres. On a tous envie d'aller au restaurant, on a tous envie d'aller au théâtre, on a tous envie d'aller au cinéma.

6:11
Présentateur

Avec la situation qui est celle de l'Italie, de l'Autriche ou du sud-est de l'Angleterre, par exemple.

6:16
Invité

Mais regardez les chiffres, c'est parce qu'on n'a pas les mêmes taux de contamination, tout simplement. Et parce que, justement, nous nous sommes employés à prendre des décisions qui nous permettent, autant que possible, de préserver ce moment qui est très important pour les gens. Qui est le moment des fêtes, qui est très important pour moi, qui est très important pour vous, je crois.

6:33
Agnès Pannier-Runacher

Mais quand Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique, dit « pas de retour à la normale avant l'automne prochain », propos réaliste, c'est un peu le discours qui se dessine, c'est le nouveau discours officiel, « automne prochain ».

6:45
Invité

Ce n'est pas un discours officiel, nous savons tous que le virus fonctionne. Et nous savons tous que pour empêcher le virus de circuler, il faut soit avoir un vaccin, soit avoir un traitement. Je veux remercier ici toutes les équipes de recherche médicale qui se sont mobilisées mondialement pour nous permettre d'avoir un vaccin dans les prochains jours. C'est une réalisation incroyable d'un point de vue technologique et technique. C'est incroyable.

Vous savez que l'agence du médicament s'apprête à donner son avis aujourd'hui, ce qui pourrait permettre d'avoir une autorisation de mise sur le marché demain, ce qui pourrait permettre d'avoir les premières livraisons le 26 décembre et les premières vaccinations le 27 décembre. Mais pour vacciner des millions de personnes, cela va prendre, dans un calendrier organisé, un petit peu de temps.

7:37
Présentateur

Alors justement, on va évoquer cette campagne de vaccination et ce calendrier dans un instant. Agnès Pannier-Runacher, restez avec nous. On s'interrompt un instant, le temps du fil info à 8h40. C'est avec Victoria Koussa.

7:49
Invité

Va-t-elle donner son accord au vaccin contre le Covid-19 ? Pfizer, BioNTech, l'agence européenne du médicament se réunit aujourd'hui. En cas de feu vert, il faudra celui de la Commission européenne. La Haute Autorité de Santé prendra ensuite le relais en France pour cibler les publics prioritaires. L'inquiétude des ressortissants français en Grande-Bretagne, ceux qui n'ont pas pu rentrer hier soir. De nombreux pays se coupent du Royaume-Uni après la découverte d'une nouvelle souge du Covid-19 plus contagieuse. La France suspend toutes ses liaisons outre-manche pendant 48h. Le temps de trouver une stratégie de protection, pas de solution miracle, mais une mesure de bon sens.

Salut sur France-Synfo Nicolas Bé, l'eurodéputé Rassemblement National. Benoît Payon va-t-il devenir maire de Marseille ? C'est en tout cas le choix de l'écologiste Michel Rubirola, qui a démissionné la semaine dernière à cause de problèmes de santé. Le Conseil municipal vote ce matin. Le premier adjoint socialiste est le seul candidat en liste de la majorité. Les salles de spectacle pourront-elles rouvrir avant ? Le 7 janvier, le Conseil d'Etat examine les procédures d'urgence des acteurs du monde culturel. Neuf recours en tout. France-Info

8:54
Locuteur non identifié

Le 8.30 France-Info Jean-François Aquili Céline Asselot

9:00
Présentateur

Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'industrie, toujours avec nous dans le 8.30 politique. Et c'est Jean-François Aquili qui voulait vous interroger sur cette campagne de vaccination.

9:08
Agnès Pannier-Runacher

Alors Agnès Pannier-Runacher, c'est vous qui avez piloté la task force française sur ces négociations autour des vaccins. Vous avez vu cette ministre belge qui a publié sur Twitter les prix jusque-là restés confidentiels des vaccins anti-Covid. Pour ceux qui nous regardent, nous nous affichons son tweet qui a été supprimé depuis. Pour la faire courte, 1,78€ pour le vaccin suédo-britannique Astra-Seneca. 18$ pour l'américain Moderna. Bref, la commission voulait imposer la discrétion là-dessus. Ça a été rendu public. C'est un problème ?

9:45
Invité

Oui, c'est un problème parce que quand on ne respecte pas un contrat, c'est un problème. En revanche, nous, nous avons fait la demande, et je pense que la commission européenne y fera droit, avec Olivier Véran et avec Clément Beaune, pour que les éléments de chaque contrat puissent être partagés au niveau européen. C'est-à-dire que la transparence soit faite.

10:06
Agnès Pannier-Runacher

Vous le dire, rendu public ou partagé entre les gouvernants ?

10:09
Invité

C'est quoi, rendu public, évidemment. Quand je parle partagé au niveau européen, je parle des citoyens européens. Je pense que les citoyens européens doivent avoir accès à cette information. En revanche, au milieu d'une négociation, c'est un peu maladroit de communiquer des chiffres de cette nature. Mais je dirais la dynamique qui est la transparence est importante et nous y ferons droit. En tout cas, nous soutenons et nous avons signé un courrier en ce sens à la commissaire de la santé européenne.

10:36
Présentateur

Parce qu'ils peuvent poser question, ces chiffres, parce qu'on voit de grandes différences de prix, selon le message publié par cette ministre belge sur Twitter, des différences de prix quasiment d'un pour dix entre certains vaccins. On peut donc peut-être se demander ce qui se cache derrière ces négociations commerciales ?

10:52
Invité

Alors d'abord, pour connaître l'information de manière plus détaillée, cette publication caricature les chiffres. Ce n'est pas les bons chiffres. Et par ailleurs, comme vous pouvez le voir, et par rapport à tous les fantasmes qui circulaient, on n'a pas des doses de vaccins à 50 dollars ou à 40 dollars. On est dans un niveau de prix de vaccins qui est très classique pour des vaccins matures. Et ça, je pense que ça montre que l'Union européenne et les pays qui ont été associés à la négociation ont très bien négocié pour les 450 millions d'européens.

11:23
Agnès Pannier-Runacher

Mais pourquoi l'omerta de la commission autour du prix des vaccins après tout ?

11:27
Invité

Ce n'est pas l'omerta, c'est simplement que vous êtes au milieu d'une négociation. Et donc, la logique voudrait qu'effectivement on respecte notre parole. Ça, c'est classique lorsqu'on est dans un contrat. Et ça n'empêche pas de publier les éléments du contrat lorsque les autorisations de mise sur le marché sont obtenues. C'est-à-dire le moment où les Français et les autres Européens ont accès aux vaccins. Et là, ils ont toute la transparence sur l'information. Est-ce que les vaccins qui seront utilisés en France seront fabriqués en France ? Une partie des vaccins qui seront distribués en France seront en partie fabriqués en France.

C'est le cas de Moderna, dont l'autorisation de mise sur le marché devrait être donnée, si tout va bien, encore une fois, début janvier. C'est le cas du vaccin BioNTech Pfizer, puisque une partie du vaccin est réalisée en France. C'est également le cas du vaccin Sanofi, qui, je le rappelle, n'a que trois mois de retard.

12:22
Agnès Pannier-Runacher

Alors, puisque, Céline, vous parlez de fabriquer en France, vous avez vu ce qu'a dit François Bayrou. C'est le commissaire au plan, désormais, dans le journal du dimanche, qui a estimé que l'industrie française, en fait, l'appareil de production, était en situation critique, diagnostique très inquiétante. Est-ce que vous êtes d'accord avec François Bayrou ?

12:39
Invité

Mais pourquoi nous mettons tout le paquet sur l'industrie, aujourd'hui, dans le plan de relance ? Pourquoi l'industrie, c'est 35 milliards d'euros sur les 100 milliards d'euros du plan de relance ? Parce que, précisément, ce gouvernement, depuis trois ans, est reparti à la reconquête industrielle. Et reparti à la reconquête industrielle, après 40 ans d'abandon par des gouvernements successifs. Je veux juste donner un chiffre. Entre 2000 et 2016, nous avons détruit un million d'emplois industriels nets. Un million d'emplois. Est-ce qu'on réalise ce que ça veut dire en termes de pertes d'emplois sur les territoires, en termes de drames sociaux, en termes de pertes de richesses ?

Ces emplois, ils ne sont pas dans les grandes villes. Ils sont sur des territoires qui sont délaissés aujourd'hui. Ils sont sur les territoires périphériques. Et en 2017, en 2018, en 2019, on a recréé de l'emploi industriel. Et on se battra pour qu'on ne perde pas de l'emploi industriel dans cette crise. Et je veux juste vous donner un chiffre. Aujourd'hui, 3900 entreprises ont proposé un projet au titre du plan de relance. Quand on propose un projet au titre du plan de relance, c'est qu'on est prêt à prendre des risques. On est prêt à investir. C'est plus de 10%.

13:52
Agnès Pannier-Runacher

Vous faites envie, c'est ça ? Vous faites envie avec le plan relance ? Mais parce que François Bayrou, il vous a appelé pour dire une chose pareille ?

13:58
Invité

Écoutez, je ne l'ai pas eu directement au téléphone. Mais ce que je peux vous dire, c'est que nous, on a pris notre destin en main. Aujourd'hui, en termes de relocalisation, un projet sur deux concerne les relocalisations dans un de nos dispositifs qui s'appelle Territoire d'Industrie. C'est un chiffre frappant parce que nous, nous attendions à ce que ce soit 1 sur 4, 1 sur 5, 1 sur 2. Ça veut dire que les industriels, aujourd'hui, sont prêts à se battre. Ça veut dire qu'ils sont prêts à investir, ils sont prêts à prendre des risques. Et nous sommes derrière eux et nous allons les accompagner.

Et moi, je veux donner ce message d'espoir parce que la confiance et la fierté qu'on doit avoir dans notre industrie, c'est aussi un élément de rebond et de relance de notre croissance.

14:40
Présentateur

Mais vous disiez 35 milliards qui sont consacrés à l'industrie dans le cadre de ce plan de relance, qui est une enveloppe pour le moins conséquente. Est-ce que ça s'accompagne d'obligations pour ces entreprises au-delà des déclarations ?

14:52
Invité

Bien entendu. Lorsque nous signons le soutien d'un investissement, l'entreprise doit rembourser, si elle ne respecte pas, le programme d'investissement qu'elle annonce. Et elle doit rembourser dans le délai d'utilisation du matériel. Donc, évidemment, tout cela a été anticipé. Mais ce qui est important aujourd'hui, c'est de voir que vous avez 3 900 entreprises qui sont prêtes à investir. C'est que sur le guichet industrie du futur, là aussi, c'est de l'investissement, c'est de la prise de risque, c'est de la dépense pour les entreprises. Vous avez 4 000 entreprises, c'est gigantesque, 4 000 entreprises qui ont présenté un dossier.

C'est 10 fois plus que ce qu'on attendait en 2020, 10 fois plus. Alors, retroussons les manches et battons-nous au service de notre industrie et faisons en sorte que cette industrie puisse recruter. Car paradoxalement, sa difficulté aujourd'hui, c'est d'arriver à recruter dans le contexte que nous connaissons de chômage.

15:51
Présentateur

Mais justement, est-ce que c'est le bon contexte ? Est-ce qu'il ne fallait pas attendre davantage que cette crise sanitaire se termine, que les difficultés économiques, la fermeture des frontières soient derrière nous, pour que ce plan de relance trouve toute sa place ?

16:03
Invité

Attendre que les autres pays prennent des positions. Mais c'est ce qu'ont fait nos prédécesseurs et c'est pour ça que nous avons perdu pendant des années l'emploi industriel. Aujourd'hui, nous sommes à la manœuvre. Aujourd'hui, nous accompagnons les entreprises et le fait qu'elles repondent aussi nombreuses, le fait qu'elles soient prêtes à relocaliser, le fait qu'elles soient prêtes à recruter 5000 emplois dans le dispositif territoire d'industrie, montre que c'est le bon moment, le bon timing pour les accompagner.

16:27
Agnès Pannier-Runacher

Vous dites relocaliser. Alors, le commissaire au plan, c'est son job. Il nous dit que l'État a le devoir de garantir les produits vitaux. Il cite la pharmacie, donc les médicaments, on a bien compris, la chimie, l'électronique, voire même l'agriculture. Est-ce que cela augure un retour de certaines de ces industries sur notre sol ? Est-ce que c'est une chimère, une sorte de promesse qui n'aboutira jamais ou c'est réel ?

16:48
Invité

Alors, nous, nous avons lancé un dispositif spécifique pour la relocalisation au plan national. Je ne parle pas des territoires, je parle au plan national. Sur cinq secteurs, l'agroalimentaire, la santé, l'électronique, la 5G et ce qu'on appelle les intrants critiques, c'est-à-dire des principes chimiques ou des éléments métallurgiques qui sont nécessaires pour une production plus complexe. Ils ne sont plus fabriqués en Europe et en France.

17:14
Agnès Pannier-Runacher

Il faut que le pays soit attractif pour ça.

17:15
Invité

Je vous rassure parce que nous avons là aussi 800 projets, 800 projets sur la relocalisation. On va les instruire, on ne prend pas tout, on est sélectif, on prend aujourd'hui à peu près 40% des projets. Et vous avez des gens très déçus qui nous expliquent que Caramba, ils avaient un projet magnifique. Donc oui, c'est possible. Ce n'est pas toutes les productions qui vont se refaire en France. Et nous avons une vision européenne aussi de l'industrie. Il ne s'agit pas de tout réimplanter en France et de ne pas avoir cette vision européenne.

En revanche, là encore, dans l'électronique, dans la 5G, dans la santé, la santé, on a une entreprise qui s'appelle Séquence et qui est en train de réimplanter 12 principes actifs dans ces sites existants. Et elle ne le fait pas pour nous faire plaisir. Elle le fait parce qu'elle sait qu'elle est suffisamment compétitive en France pour pouvoir se permettre de le faire.

18:08
Présentateur

Le plan de relance, l'avenir du tissu industriel, on continue à en parler dans un instant. 8h51, d'abord le fil info avec Victoria Koussa.

18:16
Invité

Le Canada suspend à son tour ses vols avec la Grande-Bretagne où circule une nouvelle souche du Covid-19 plus contagieuse après l'Italie, l'Allemagne ou encore la France qui stoppe toute liaison avec l'Angleterre pendant 48 heures. Même les échanges commerciaux, le temps de trouver une stratégie avec les autres pays européens. En attendant, les ressortissants français invités à réaliser un test PCR. Ceux qui veulent rentrer pendant les fêtes, conseil sur France Inter de Clément Beaune, le secrétaire d'État aux Affaires européennes. Même contre cette nouvelle souche, le vaccin contre le Covid-19 reste efficace.

Affirmation de plusieurs experts de l'Union européenne, l'agence du médicament se penche aujourd'hui sur le remède Pfizer-BioNTech. Plusieurs pays espèrent son feu vert avant Noël. A Marseille, l'élection d'un nouveau maire aujourd'hui, une semaine après la démission de l'écologiste Michel Rubirola à cause de problèmes de santé. Son premier adjoint socialiste et grand favori Benoît Payan, le conseil municipal, vote ce matin. On a besoin de rêver, de s'évader. L'appel de l'humoriste Laura Calu sur France Info, dans une tribune, elle réclame avec d'autres artistes la réouverture des salles de spectacle avant le 7 janvier. Le conseil d'État doit trancher et l'examine neuf recours aujourd'hui.

France Info

19:28
Locuteur non identifié

Le 8.30 France Info, Jean-François Aquili, Céline Asselot.

19:34
Présentateur

Et avec Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée en charge de l'industrie, toujours avec nous. Vous vous rendez cet après-midi à Béthune pour une réunion de travail avec les représentants des salariés de l'usine Bridgestone qui va donc fermer ses portes courant 2021. Est-ce que vous avez des bonnes nouvelles à annoncer aux salariés ?

19:51
Invité

Alors déjà, je m'y rends parce que je m'étais engagée à le faire avant la fin de l'année et je tiens mes engagements. Et puis, on a beaucoup avancé depuis quelques semaines. On a beaucoup avancé. On n'a pas trouvé des solutions pour tout le monde et pour le site. Mais on a beaucoup avancé dans trois directions. Première direction, nous avons mis en place une plateforme pour les salariés qui leur permettent d'avoir accès à toutes les offres d'emploi du bassin d'emploi. Et aujourd'hui, 133 salariés ont fait un choix de quitter l'usine de Bridgestone.

20:22
Présentateur

Sur 863 emplois.

20:24
Invité

Tout à fait. Ils ont fait ce choix-là et ils bénéficieront néanmoins du plan social parce qu'il ne nous paraîtrait pas juste qu'ils n'en bénéficient pas. La deuxième chose, c'est que nous avons mandaté un cabinet conseil pour accompagner les acteurs locaux du territoire. Je pense à l'agglomération. Je pense avec l'appui de la région pour trouver tous les projets industriels qui puissent être accompagnés. Des projets qui seraient en fait non connus et sur lesquels des entrepreneurs pourraient se lancer à condition d'avoir un accompagnement. Aujourd'hui, on a au titre du plan de relance 9 projets qui sont déjà accompagnés et j'en annoncerai 3 supplémentaires tout à l'heure.

21:07
Agnès Pannier-Runacher

Vous dites quoi ? Que France Relance, enfin de ce que vous avez dans les cartons, peut concerner les usines comme Bridgestone qui ferme avec l'AS 863 emplois, vous le rappeliez, Céline, sur le carreau ?

21:19
Invité

Mais bien entendu, puisque ce sont des projets qui visent à créer de l'emploi, qui visent à densifier le tissu industriel local et donc à ce titre, qui peuvent permettre d'accueillir des salariés de Bridgestone. Et puis la troisième chose, c'est que nous travaillons à trouver un repreneur pour Bridgestone. Nous y travaillons avec la région, nous y travaillons avec l'agglomération et nous y travaillons avec Bridgestone parce que ça fait partie de ses devoirs. Lorsqu'on ferme une usine, on doit chercher des repreneurs.

Mais comme nous sommes un peu méfiants, nous accompagnons Bridgestone de très très près pour nous assurer que les choses sont faites en temps et en heure et avec l'ambition nécessaire. Nous avons contacté plus de 600 entreprises. Nous avons 24 entreprises qui ont marqué un intérêt pour regarder le dossier et nous en avons 9 qui aujourd'hui regardent de manière plus profonde la situation, qui sont en train de regarder les plans, de regarder les savoir-faire des salariés de l'usine. Et nous continuons à travailler. C'est très concret ce que nous sommes en train de faire. Quand une usine ferme, il faut être capable d'en réinstaller une, il faut être capable de redonner un avenir aux salariés.

Et c'est ce que nous allons faire.

22:27
Présentateur

Mais est-ce que c'est la vocation du plan de relance industriel que de pallier les défaillances de grands groupes étrangers comme le japonais Bridgestone ?

22:34
Invité

La vocation du plan de relance industriel, c'est de permettre d'avoir une industrie plus forte, qui permette de répondre à l'enjeu climatique, qui permette de répondre à la transition écologique et qui réalise sa transition numérique. Aujourd'hui, l'industrie traverse des transformations qui sont peut-être, je n'ai pas le recul historique pour le dire, mais peut-être qu'on considérera comme aussi importante, aussi profonde que la révolution industrielle à la fin du XIXe siècle. Et la crise de la Covid ne doit pas masquer ça.

Ça fait plusieurs années que c'est un mouvement et c'est notre responsabilité, en tant que politique, de faire en sorte d'aider ce mouvement et de faire en sorte que la France industrielle soit gagnante à la sortie.

23:15
Présentateur

Mais comment vous voyez l'année 2021 ? Est-ce qu'il s'agira de réparer les accros, entre guillemets, parce qu'évidemment, il s'agit bien plus que de cela à Bridgestone, mais est-ce qu'il s'agit là d'aller de site en site, d'endroit en endroit, de tissu industriel en tissu industriel

23:29
Invité

pour aller réparer ce qui est réparable ? C'est surtout de faire de la dentelle et d'accompagner les projets et les champions cachés du territoire. Lorsque je vous dis que 4000 entreprises, en moins d'un mois, sont allées au guichet industrie du futur, à tel point qu'on a dû arrêter ce week-end, ce dispositif et baisser le taux de subvention parce que ça chauffait beaucoup plus que ce qu'on imaginait initialement. Encore une fois, dix fois plus que l'enveloppe qu'on avait imaginée pour l'année 2020 et près de deux fois ce qu'on avait considéré pour l'ensemble du plan de relance sur deux ans et demi. Ça veut dire qu'il se passe quelque chose sur le territoire.

Et la confiance, c'est un ingrédient essentiel de la relance.

24:11
Agnès Pannier-Runacher

Une ultime question avec vous à Agnès Pannier-Runacher parce qu'il faut tourner la page, c'est la fin de l'interview. Votre réaction aux tweets antisémites qui ont visé la Miss Provence samedi après son élection en tant que première dauphine de Miss France 2021 ?

24:25
Invité

Je suis stupéfaite et scandalisée. C'est Miss France, on peut en dire ce qu'on veut, c'est une forme de tradition, on peut critiquer la dimension éventuellement sexiste de l'opération, mais en fait, c'est un moment partagé, de plaisir, avec des jeunes femmes venues de toutes nos régions et qui aspirent à être reconnues par les Français. Et c'est une audience qu'on donne à des inconnus qui portent la vie, qui portent la jeunesse. Et de gâcher la fête avec des propos qui sont d'abord illégaux et totalement déplacés,

25:05
Présentateur

franchement, c'est scandaleux. Merci beaucoup Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'industrie, invitée du 830 France Info. Merci à vous, Jean-François Aquili. Je vous dis à demain, restez avec nous sur France Info.

Liaisons interrompues avec le Royaume-Uni, prix des vaccins, attaques antisémites contre une miss... Le "8h30 franceinfo" d'Agnès Pannier-Runacher — Agnès Pannier-Runacher · Pourquijevote